
Le gouvernement de facto du Honduras a rétabli le couvre-feu à compter de jeudi, entre 00H00 (05H00 GMT) et 05H00 locales, pour prévenir des "désordres" de la part de groupes fidèles au chef de l'Etat destitué Manuel Zelaya, selon un communiqué officiel.
"Le gouvernement de la République, en raison des menaces permanentes et déclarées de groupes cherchant à provoquer des troubles et des désordres dans certaines parties de notre pays et pour assurer la sécurité et la protection de l'ensemble des personnes et des biens, a décidé de rétablir le couvre-feu", indique le texte.
Les autorités en place depuis le renversement du président Zelaya le 28 juin avaient immédiatement instauré un cessez-le-feu avant de le suspendre le 12 juillet. Des partisans du président destitué, qui ont organisé plusieurs manifestations depuis son renversement, ont annoncé une série d'actions jeudi telle que l'occupation des rues, dans diverses régions du pays.
Dans son communiqué, le gouvernement demande "la compréhension de la population hondurienne" et l'appelle à "se conformer à cette disposition, adoptée dans le but de protéger la sécurité des personnes et des biens et d'assurer l'ordre et la paix sociale".
Le président de facto au Honduras, Roberto Micheletti, s'est dit mercredi disposé à renoncer au pouvoir si le président destitué Manuel Zelaya n'y revient pas.
"Je suis prêt à prendre cette décision, pour la paix et la tranquillité dans le pays, à la condition, que cela soit bien établi, que l'ex-président Zelaya ne revienne pas", a déclaré M. Micheletti en conférence de presse.
M. Micheletti, président du Congrès, a été désigné à la tête de l'Etat le 28 juin, peu après l'arrestation, l'envoi en exil et la destitution de M. Zelaya, élu en novembre 2005. M. Micheletti est "préoccupé", a-t-il déclaré, par des rumeurs sur un projet de retour de M. Zelaya au Honduras samedi "par la frontière sud" et à l'aide d'un "groupe armé", pendant une deuxième réunion de médiation à San Jose de Costa Rica chez le président Oscar Arias.
M. Micheletti a précisé qu"il ne se rendrait pas personnellement à la réunion de médiation samedi à San Jose. Mais les deux camps, le sien et celui de M. Zelaya, ont donné la composition de leurs délégations respectives pour ce rendez-vous. Une première réunion, vendredi dernier, avait tourné court quand M. Micheletti avait quitté San Jose après un entretien avec M. Arias mais sans attendre la rencontre prévue avec M. Zelaya.
M. Micheletti a demandé à la population de "ne pas s'engager dans des actions violentes", après l'appel lancé mardi par M. Zelaya à "l'insurrection du peuple" contre les nouvelles autorités au Honduras.





