Accueil

un député d’opposition élu condamné pour complicité d’homicide

Un député élu d’opposition, José Sanchez, a été condamné à 19 ans de prison pour complicité d’homicide au Venezuela, à deux semaines de l’entrée en fonction du nouveau Parlement et à l’issue d’un procès entaché d’irrégularités selon l’opposition, a rapporté jeudi la presse.

L’affaire survient en plein regain de tension entre adversaires et partisans du président socialiste Hugo Chavez, alors que l’assemblée sortante, d’où l’opposition est quasiment absente en raison de son boycottage des législatives de 2005, a adopté une série de lois cruciales ces derniers jours. Les 67 députés d’opposition élus aux législatives de septembre, qui feront leur entrée au Parlement le 5 janvier, ont notamment accusé mercredi M. Chavez d’être l’auteur d’un coup d’Etat, après le vote d’une loi octroyant au président le pouvoir de légiférer par décret pendant 18 mois. Hugo Chavez a riposté mercredi en accusant ses adversaires d'”appeler à la rébellion” et de vouloir créer une situation comparable à celle qui avait précédé le coup d’Etat avorté dont il avait été la cible en 2002. José Sanchez a notamment été reconnu coupable mercredi soir de “complicité d’homicide qualifié et de complicité de privation illégitime de liberté” dans le cadre de la mort d’un agent présumé des services de renseignement vénézuéliens en 2007, selon le quotidien El Universal.

 

Deux lois renforcent le contrôle de l’Etat sur les médias

L’Assemblée nationale du Venezuela a approuvé lundi soir deux lois renforçant le contrôle de l’Etat sur les médias et interdisant pour la première fois certains contenus sur l’internet, provoquant la colère de l’opposition qui dénonce une atteinte à la liberté d’expression.
Les textes ont été approuvés en urgence par l’actuelle chambre dominée par le parti socialiste du président Hugo Chavez, quinze jours avant l’entrée en fonctions du nouveau parlement issu des élections de septembre, où l’opposition possèdera 40% des sièges.
Ils amplifient les restrictions imposées aux médias audiovisuels par une loi de 2004 et soumettent désormais les sites internet aux mêmes obligations.
Les administrateurs de pages internet seront “responsables de l’information et du contenu” publiés sur leurs sites et chargés de “limiter, sans délai, la diffusion de messages” faisant “l’apologie du crime”, visant à “déstabiliser la société” ou “contestant les autorités légitimement établies”.
La loi prévoit, en cas d’infraction, des amendes équivalant à “10% des revenus avant impôt de l’année précédente” et la “suspension du service” pour “72 heures d’affilée”. En cas de récidive, la licence de diffusion pourra être retirée.
Le député d’opposition Ismael Garcia a dénoncé “une violation absolue de la Constitution, de la liberté d’expression et du libre exercice de la communication dans le pays”.
Sa collègue Pastora Medina évoque une incitation à la “censure, l’autocensure”.
“Le droit à l’information, à la communication, l’accès aux médias est pleinement garanti dans la Constitution et dans cette loi”, a répondu le député socialiste Earle Herrera.
L’autre texte adopté réduit de 25 à 15 ans la durée maximale des licences de diffusion audiovisuelles et interdit les investissements étrangers dans les médias hertziens et communautaires et la production nationale audiovisuelle.
Ces réformes s’incrivent dans un contexte de tension croissante entre le pouvoir et les médias critiques.
En 2007, la chaîne RCTV a perdu sa licence hertzienne, pour avoir soutenu une tentative de putsch contre Chavez en 2002, et Globovision, elle aussi très dure à l’égard du régime, fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires.