mercredi 15 juillet 2009

Honduras: couvre-feu rétabli, Micheleti prêt à renoncer au pouvoir


Le gouvernement de facto du Honduras a rétabli le couvre-feu à compter de jeudi, entre 00H00 (05H00 GMT) et 05H00 locales, pour prévenir des "désordres" de la part de groupes fidèles au chef de l'Etat destitué Manuel Zelaya, selon un communiqué officiel.

"Le gouvernement de la République, en raison des menaces permanentes et déclarées de groupes cherchant à provoquer des troubles et des désordres dans certaines parties de notre pays et pour assurer la sécurité et la protection de l'ensemble des personnes et des biens, a décidé de rétablir le couvre-feu", indique le texte.

Les autorités en place depuis le renversement du président Zelaya le 28 juin avaient immédiatement instauré un cessez-le-feu avant de le suspendre le 12 juillet. Des partisans du président destitué, qui ont organisé plusieurs manifestations depuis son renversement, ont annoncé une série d'actions jeudi telle que l'occupation des rues, dans diverses régions du pays.

Dans son communiqué, le gouvernement demande "la compréhension de la population hondurienne" et l'appelle à "se conformer à cette disposition, adoptée dans le but de protéger la sécurité des personnes et des biens et d'assurer l'ordre et la paix sociale".

Le président de facto au Honduras, Roberto Micheletti, s'est dit mercredi disposé à renoncer au pouvoir si le président destitué Manuel Zelaya n'y revient pas.

"Je suis prêt à prendre cette décision, pour la paix et la tranquillité dans le pays, à la condition, que cela soit bien établi, que l'ex-président Zelaya ne revienne pas", a déclaré M. Micheletti en conférence de presse.

M. Micheletti, président du Congrès, a été désigné à la tête de l'Etat le 28 juin, peu après l'arrestation, l'envoi en exil et la destitution de M. Zelaya, élu en novembre 2005. M. Micheletti est "préoccupé", a-t-il déclaré, par des rumeurs sur un projet de retour de M. Zelaya au Honduras samedi "par la frontière sud" et à l'aide d'un "groupe armé", pendant une deuxième réunion de médiation à San Jose de Costa Rica chez le président Oscar Arias.

M. Micheletti a précisé qu"il ne se rendrait pas personnellement à la réunion de médiation samedi à San Jose. Mais les deux camps, le sien et celui de M. Zelaya, ont donné la composition de leurs délégations respectives pour ce rendez-vous. Une première réunion, vendredi dernier, avait tourné court quand M. Micheletti avait quitté San Jose après un entretien avec M. Arias mais sans attendre la rencontre prévue avec M. Zelaya.

M. Micheletti a demandé à la population de "ne pas s'engager dans des actions violentes", après l'appel lancé mardi par M. Zelaya à "l'insurrection du peuple" contre les nouvelles autorités au Honduras.

Chavez demande à Obama de durcir sa position sur la crise au Honduras


Le président vénézuélien Hugo Chavez a appelé les Etats-Unis à faire pression en faveur de la chute des instigateurs du coup d'Etat au Honduras.

Dimanche, au cours de son émission télévisée hebdomadaire, Chavez a vivement conseillé au président des Etats-Unis, Barack Obama, de durcir sa position contre le gouvernement hondurien par intérim de Roberto Micheletti. Chavez a demandé à Obama de prouver qu'il ne soutenait pas le coup d'Etat au Honduras, en retirant les troupes américaines basées là-bas. Les Etats-Unis comptent toujours 600 soldats stationnés à la base aérienne de Soto Cano. Chavez a déclaré que son gouvernement ne reconnaîtrait aucun gouvernement généré par le coup d'Etat, pas même un gouvernement qui proviendrait des élections organisées par le gouvernement d'interim. Chavez a également déclaré que le président évincé Manuel Zelaya retournerait bientôt au Honduras de manière étonnante.

La médiation pour le Honduras tarde à produire des effets


Levée du couvre-feu, nomination d'un ministre des affaires étrangères plus présentable que le précédent qui avait insulté le président des Etats-Unis, Barack Obama : le gouvernement au pouvoir depuis le coup d'Etat qui a renversé le président Manuel Zelaya, le 28 juin, s'efforce de présenter une image normalisée du Honduras et de rompre son isolement international.
Le président de facto, Roberto Micheletti, s'est dit prêt à reprendre le dialogue engagé, jusqu'à présent sans résultats, sous l'égide du président costaricain, Oscar Arias. Il a déclaré que M. Zelaya pourrait bénéficier d'une amnistie s'il rentrait au Honduras et se soumettait à la justice. Les autorités l'accusent de corruption et d'avoir tenté de violer la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

"Alors que nous restons ouverts au dialogue, ils nous trompent pour instaurer un régime terroriste", a affirmé M. Zelaya, lundi 13 juillet, au Nicaragua. De passage à Saint-Domingue, vendredi, il avait assuré qu'il rentrerait au Honduras cette semaine et s'était félicité "du message extrêmement positif envoyé par le président américain", qui a fermement condamné le coup d'Etat. M. Zelaya avait tenté de rentrer au pays le 5 juillet. Les militaires honduriens avaient empêché l'avion vénézuélien à bord duquel il se trouvait de se poser à l'aéroport de Tegucigalpa.

Selon Silvia Ayala, une députée qui appartient à l'équipe de négociateurs de M. Zelaya, "le seul but du gouvernement de fait est de gagner du temps". Proche allié de M. Zelaya, le président du Venezuela, Hugo Chavez, a durement critiqué la médiation, qualifiée de "piège pour la démocratie".

Une partie des militaires honduriens "n'est pas engagée dans le coup", selon M. Chavez, qui a appelé M. Obama à prendre des mesures concrètes contre les putschistes : suspension de leurs visas américains, gel de leurs avoirs bancaires et fermeture de la base militaire de Palmerola que les Etats-Unis maintiennent au Honduras.

M. Chavez a accusé le gouvernement de "Goriletti" (surnom qu'il a donné à M. Micheletti) d'avoir expulsé deux équipes de télévision vénézuéliennes. La télévision nationale hondurienne consacre une grande partie de sa programmation à dénoncer "l'ingérence de Chavez" et ses liens avec M. Zelaya. Les programmes des stations de radio et de télévision sont fréquemment interrompus par des messages de M. Micheletti.

AGGRAVATION DE LA PAUVRETÉ
Le Front de résistance contre le coup d'Etat, qui organise des manifestations quotidiennes pour le retour de M. Zelaya, a annoncé un durcissement de ses actions si les négociations traînent en longueur. Le député Marvin Ponce, du parti Unification démocratique (UD, gauche), a dénoncé l'assassinat de deux militants de son parti, Roger Bados et Ramon Garcia, au cours du week-end.

L'activité commerciale a repris timidement à Tegucigalpa, mais les écoles sont toujours paralysées par la grève du principal syndicat des enseignants. Favorable au coup d'Etat, le patronat a annoncé un gel des prix des produits de première nécessité pour atténuer l'impact des sanctions économiques internationales. Près du tiers du budget hondurien dépend de l'aide étrangère. Or, plus de 200 millions de dollars de crédits ont été suspendus.

Troisième pays le plus pauvre des Amériques, le Honduras a été durement touché par la crise mondiale, notamment par la baisse des transferts des émigrés (moins 8 % au premier semestre). Selon des économistes, les réserves ne permettront pas de tenir plus de six mois, et la pauvreté, qui touche 70 % de la population, risque encore de s'aggraver.

Conflit du Honduras : Chavez critique Obama


Le pays s'enfonce dans l'impasse politique après l'échec de la médiation du Costa Rica. L'initiative, défendue par Washington, a été qualifiée de «grossière erreur» par le président du Venezuela.

La situation semble se normaliser à Tegucigalpa, la capitale hondurienne. Le président par intérim Roberto Micheletti a levé le couvre-feu et les démonstrations pro ou anti-Zelaya réunissent de moins en moins de manifestants. Mais plus de deux semaines après la destitution et l'exil forcé de Manuel Zelaya, la situation politique est dans une impasse. La médiation du président du Costa Rica, Oscar Arias, prix Nobel de la paix pour son rôle dans les règlements des conflits en Amérique centrale dans les années 1980, n'a pas permis de rapprocher les points de vue. Roberto Micheletti et Manuel Zelaya ont refusé de se rencontrer à San José, la capitale du Costa Rica, jeudi, et les négociateurs se sont séparés vendredi sur une vague promesse de se retrouver en cette fin de semaine.

Roberto Micheletti a certes quelque peu assoupli sa position. Il a notamment remplacé son ministre des Affaires étrangères, Enrique Ortez Colindres, qui avait qualifié Barack Obama de «petit Noir qui ne sait même pas où est Tegucigalpa». Après avoir affirmé pendant la première semaine de sa prise de pouvoir que «la place de Zelaya, comme tous les délinquants, est en prison», il envisage désormais de lui accorder une amnistie.

Manuel Zelaya a, de son côté, entendu les appels du département d'État américain à changer de stratégie, après son rocambolesque survol en avion de la capitale hondurienne dimanche 5 juillet, une équipée peu appréciée à Washington. «Il doit y avoir de meilleurs moyens (pour revenir au pouvoir)» avait déclaré Hillary Clinton à l'issue d'un entretien avec le président déchu.

Plus de deux mois après la très médiatique poignée de main entre Barack Obama et Hugo Chavez au sommet des Amériques de Trinité-et-Tobago, Washington peine à définir une réponse appropriée au coup d'État hondurien du 28 juin dernier. L'Administration américaine a trouvé en Chavez et ses alliés des «partenaires compliqués». Si tous s'accordent pour condamner le putsch, les soupçons et l'animosité contre «l'empire yankee» perdurent.


Sanctions économiques
Ainsi Chavez a estimé que les négociations de San José, soutenues activement par Washington, étaient «une erreur grossière». En appelant Washington à évacuer leur base militaire de Palmerola au Honduras, il a interpellé le président Obama : «Faites-le et montrez ainsi que vous ne soutenez pas le coup d'État.»

Le président bolivien Evo Morales, fidèle allié de Chavez, a accusé le commandement militaire des États-Unis d'être derrière le coup d'État : «Je dispose d'informations selon lesquelles l'empire, par le biais du commandement sud des États-Unis, a fait le coup d'État au Honduras.»

La seule réaction coordonnée porte pour l'instant sur l'économie : les États-Unis ont bloqué une partie de leur aide au Honduras. Le Venezuela a suspendu ses livraisons de pétrole à prix subventionnés. La Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement ont gelé 200 millions de dollars de crédits.

Honduras : le gouvernement intérimaire décrète un couvre-feu


Le gouvernement intérimaire mis sur pied au Honduras après le coup d'Etat du 28 juin a décrété mercredi un nouveau couvre-feu de minuit à 5 heures, après l'appel à manifester lancé par les partisans du président renversé, Manuel Zelaya. "Etant donné les menaces brandies ouvertement par des mouvements qui cherchent à semer le trouble et le désordre (...) et afin de protéger la population et ses biens, le gouvernement a décidé d'imposer un couvre-feu à partir de minuit", annonce la présidence dans un communiqué lu à la télévision publique.
Rafael Allegria, qui pris la tête de la contestation après le coup d'Etat, avait promis un peu plus tôt de bloquer les accès à Tegucigalpa, jeudi et vendredi, pour réclamer le rétablissement de Manuel Zelaya dans ses fonctions, avant la reprise, prévue samedi, des négociations entamées sous l'égide du Costa Rica.

Le président déchu, a-t-il déclaré, "a appelé le peuple hondurien à la mobilisation et le peuple répond". "Nous appelons au rétablissement urgent des institutions, de la Constitution et du président Zelaya", a-t-il ajouté. Roberto Micheletti, que le Congrès a nommé à la présidence après le putsch, a quant à lui à nouveau proposé de renoncer à ses fonctions "au nom de la paix, mais seulement à condition que Zelaya ne revienne pas".

L'intéressé a lancé lundi un ultimatum au gouvernement intérimaire. "Si, au plus tard à la prochaine réunion, cette semaine à San José, au Costa Rica, ils n'ont pas appliqué les résolutions, alors je considèrerai cette médiation comme un échec", a-t-il prévenu sans plus de détails, évoquant les textes en faveur de sa réintégration adoptés par l'ONU et par l'Organisation des Etats américains.

jeudi 9 juillet 2009

Crise politique au Honduras: les rivaux acceptent de dialoguer, pas de négocier


Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, retrouve pour la première fois les autorités qui l'ont évincé du pouvoir le 28 juin, lors d'une première réunion de médiation jeudi à San Jose, sous l'égide du chef d'Etat costaricien Oscar Arias, prix Nobel de la Paix.
Rien n'est gagné pour M. Arias, récompensé en 1987 pour avoir pacifié l'Amérique centrale après des années de guerre civile, et qui compte étaler ce premier contact sur deux jours.

M. Zelaya et son adversaire Roberto Micheletti ont déclaré l'un et l'autre qu'ils n'avaient pas l'intention de «négocier», seulement «dialoguer», lors de ce rendez-vous.

Les États-Unis ont joué un rôle central dans cette initiative, alors que l'avant-scène était occupée jusqu'alors par l'Organisation des États américains (OEA), qui a exclu de ses rangs le Honduras le week-end dernier. Hillary Clinton, la secrétaire d'État, l'a confié mardi après avoir reçu M. Zelaya à Washington pour sceller l'accord sur le rendez-vous à San José: «Mon équipe et moi avons travaillé très dur, ces neuf derniers jours, pour parvenir à un processus de médiation», a-t-elle déclaré à la chaîne télévisée vénézuélienne privée Globovision.


Depuis le renversement de M. Zelaya, les deux camps ont les yeux tournés vers les États-Unis, très présents au Honduras, comme en témoignent les enseignes commerciales en ville et leur base aérienne de Soto Cano, à 80 km de la capitale, Tegucigalpa.

Même si ce rendez-vous est un premier geste, après dix jours de dialogue de sourds, les deux rivaux partent à San José en traînant les pieds.

M. Zelaya, qui n'a pas obtenu de Mme Clinton l'assurance officielle d'un retour au pays en tant que «président», a averti qu'il partait «non pas pour négocier», mais pour «planifier la sortie du pays des putschistes».

Il s'est en outre plaint mercredi que les «putschistes» empêchent son ministre de la Présidence, Enrique Flores, de le rejoindre à San Jose.

«Ce qui va se passer au Costa Rica débute mal, car ils veulent m'imposer la délégation qui leur convient pour négocier», a-t-il déploré dans un entretien à la chaîne internationale Telesur, basée au Venezuela.

«Nous n'allons rien négocier, nous allons dialoguer», a annoncé de son côté M. Micheletti, soulignant qu'il n'accepterait pas le rétablissement de M. Zelaya dans ses fonctions.

M. Micheletti martèle depuis le 28 juin que la destitution de M. Zelaya n'a pas été «un coup d'Etat» mais «une succession constitutionnelle».

Mais ce message n'a pas convaincu la communauté internationale, qui a unanimement condamné son «coup d'État» et a manifesté son soutien à M. Zelaya, arrêté au saut du lit par des militaires qui l'ont jeté dans un avion à destination du... Costa Rica.

Le président Arias lui-même, avant son choix comme médiateur, avait déclaré que le Costa Rica envisageait de rompre les relations diplomatiques avec le Honduras si M. Zelaya n'était pas rétabli dans ses fonctions.

Mardi, M. Micheletti, qui a décrété un couvre-feu et suspendu plusieurs libertés fondamentales, a bien tenté de lâcher du lest en évoquant une éventuelle «amnistie» de son adversaire par le Congrès.

Mais une amnistie «politique» seulement, ce qui épargnerait à M. Zelaya l'accusation de haute trahison, tout en restant poursuivi pour corruption et autres délits.

À Tegucigalpa, les partisans du président évincé ont encore manifesté mercredi matin dans la capitale. L'autre camp a un programme de rassemblements «tournants» dans différentes villes de province.

mercredi 8 juillet 2009

Chavez joue un rôle-clé dans la crise au Honduras


Grand pourfendeur du coup d'État au Honduras, le président vénézuélien Hugo Chavez joue un rôle clé dans la crise politique qui secoue depuis une semaine le pays d'Amérique centrale, où sa vision d'un front de gauche radical divise profondément la population.Omniprésent, le nom de celui qui se considère comme le fils spirituel du leader cubain Fidel Castro fait figure tantôt de modèle, tantôt d'épouvantail dans les manifestations organisées à Tegucigalpa depuis le renversement du président Manuel Zelaya.

«Nous ne sommes pas le Venezuela, nous ne voulons pas être Cuba», peut-on lire sur les banderoles brandies par les adversaires du dirigeant déchu.

Dès le début de la crise, le président vénézuélien a incarné la ligne la plus dure, appelant l'Amérique latine à «donner une leçon» au nouveau gouvernement hondurien.


Alors que l'Organisation des États Américains (OEA) se réunit samedi à Washington pour entériner l'exclusion du Honduras, Chavez est le seul dirigeant à avoir ouvertement appelé l'ONU à une intervention militaire.

«Chavez lui-même s'est chargé de créer la polémique», affirme à l'AFP le député démocrate-chrétien Ramon Velasquez, estimant que l'alliance de Zelaya avec Chavez est à l'origine de son éviction.

Selon lui, la crise hondurienne met en jeu «le futur de la démocratie en Amérique latine» et l'équation est simple: «ou nous nous opposons à la menace extérieure qui vient de Chavez ou nous laissons nos nations succomber au populisme».

Au pouvoir depuis 2006, Zelaya, un magnat de l'industrie du bois, élu sous les couleurs conservatrices, a dérouté son propre parti en ralliant brutalement l'an dernier l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), le club anti-libéral fondé par le Venezuela et Cuba.

Comme Chavez et ses alliés bolivien Evo Morales et équatorien Rafael Correa, Zelaya a tenté d'organiser un référendum pour modifier la Constitution et pouvoir se représenter à la tête du pays, lorsque les militaires l'ont contraint à l'exil.

Ses partisans affirment que le président vénézuélien a servi de prétexte aux auteurs du coup d'État.

«C'est sûr que Chavez a un comportement plutôt particulier, mais on peut dire que derrière tout ça, il y a une campagne pour générer la peur et la panique», affirme la députée de gauche, Doris Guttierez.

L'adhésion du Honduras à l'Alba a valu à Zelaya une popularité inédite auprès des couches populaires, qui ne voient pas d'un bon oeil son éventuel retrait.

Le pétrole bon marché et les crédits fournis par le Venezuela lui a permis de financer des programmes sociaux, sur le modèle de Chavez, en faveur des pauvres, la majorité de la population de ce pays de près de 8 millions d'habitants. En représailles au coup d'État, l'aide a été coupée.

«Il y a une politique agressive contre la présence de Chavez et beaucoup de secteurs veulent démanteler les programmes en faveur des plus pauvres sous prétexte qu'ils sont importés du Venezuela», signale Mme Guttierez.

L'intérêt manifesté pour le Honduras par le président vénézuélien, champion auto-proclamé de l'«anti-impérialisme», recèle aussi une valeur symbolique importante, car ce pays a servi de base arrière aux États-Unis contre les guérilla de gauche dans les années 80.

«Chavez va exploiter au maximum ce qui s'est passé au Honduras», estime le politologue colombien Vicente Torrijos, professeur de l'Institut de relations internationales de l'Université Rosario de Bogota.

Selon cet expert, la tournure prise par la crise politique et le soutien unanime apporté à Zelaya par la communauté internationale a donné au dirigeant vénézuélien «l'espoir que le continent finisse par adopter son modèle».