samedi 25 décembre 2010

un député d'opposition élu condamné pour complicité d'homicide


Un député élu d'opposition, José Sanchez, a été condamné à 19 ans de prison pour complicité d'homicide au Venezuela, à deux semaines de l'entrée en fonction du nouveau Parlement et à l'issue d'un procès entaché d'irrégularités selon l'opposition, a rapporté jeudi la presse.


L'affaire survient en plein regain de tension entre adversaires et partisans du président socialiste Hugo Chavez, alors que l'assemblée sortante, d'où l'opposition est quasiment absente en raison de son boycottage des législatives de 2005, a adopté une série de lois cruciales ces derniers jours. Les 67 députés d'opposition élus aux législatives de septembre, qui feront leur entrée au Parlement le 5 janvier, ont notamment accusé mercredi M. Chavez d'être l'auteur d'un coup d'Etat, après le vote d'une loi octroyant au président le pouvoir de légiférer par décret pendant 18 mois. Hugo Chavez a riposté mercredi en accusant ses adversaires d'"appeler à la rébellion" et de vouloir créer une situation comparable à celle qui avait précédé le coup d'Etat avorté dont il avait été la cible en 2002. José Sanchez a notamment été reconnu coupable mercredi soir de "complicité d'homicide qualifié et de complicité de privation illégitime de liberté" dans le cadre de la mort d'un agent présumé des services de renseignement vénézuéliens en 2007, selon le quotidien El Universal.

Deux lois renforcent le contrôle de l'Etat sur les médias


L'Assemblée nationale du Venezuela a approuvé lundi soir deux lois renforçant le contrôle de l'Etat sur les médias et interdisant pour la première fois certains contenus sur l'internet, provoquant la colère de l'opposition qui dénonce une atteinte à la liberté d'expression.
Les textes ont été approuvés en urgence par l'actuelle chambre dominée par le parti socialiste du président Hugo Chavez, quinze jours avant l'entrée en fonctions du nouveau parlement issu des élections de septembre, où l'opposition possèdera 40% des sièges.
Ils amplifient les restrictions imposées aux médias audiovisuels par une loi de 2004 et soumettent désormais les sites internet aux mêmes obligations.
Les administrateurs de pages internet seront "responsables de l'information et du contenu" publiés sur leurs sites et chargés de "limiter, sans délai, la diffusion de messages" faisant "l'apologie du crime", visant à "déstabiliser la société" ou "contestant les autorités légitimement établies".
La loi prévoit, en cas d'infraction, des amendes équivalant à "10% des revenus avant impôt de l'année précédente" et la "suspension du service" pour "72 heures d'affilée". En cas de récidive, la licence de diffusion pourra être retirée.
Le député d'opposition Ismael Garcia a dénoncé "une violation absolue de la Constitution, de la liberté d'expression et du libre exercice de la communication dans le pays".
Sa collègue Pastora Medina évoque une incitation à la "censure, l'autocensure".
"Le droit à l'information, à la communication, l'accès aux médias est pleinement garanti dans la Constitution et dans cette loi", a répondu le député socialiste Earle Herrera.
L'autre texte adopté réduit de 25 à 15 ans la durée maximale des licences de diffusion audiovisuelles et interdit les investissements étrangers dans les médias hertziens et communautaires et la production nationale audiovisuelle.
Ces réformes s'incrivent dans un contexte de tension croissante entre le pouvoir et les médias critiques.
En 2007, la chaîne RCTV a perdu sa licence hertzienne, pour avoir soutenu une tentative de putsch contre Chavez en 2002, et Globovision, elle aussi très dure à l'égard du régime, fait l'objet de plusieurs procédures judiciaires.

Journal de bord d’un certain Hugo Chavez


En 2010 le Venezuela a remporté de nombreuses victoires dans sa transformation structurelle : la démocratie participative vient d’être renforcée par de nouvelles lois qui multiplient le pouvoir des conseils communaux et des communes dans l’État ; la loi sur l’université, autre exemple, resserre ses liens avec ces organisations citoyennes.

La CEPAL, organisme de l’ONU qui mesure les progrès économiques et sociaux en Amérique Latine, a fait l’éloge en novembre du Venezuela “en tête, avec l’Argentine, le Brésil et la Bolivie, de la réduction de l’inégalité et de la pauvreté pour les dix dernières années”.

Ces derniers mois le gouvernement bolivarien a récupéré des entreprises immobilières aux mains de mafias qui escroquaient la classe moyenne, indemnisé leurs victimes, nationalisé au bénéfice des travailleurs et des usagers des entreprises ou des banques pratiquant la fraude.

Les récentes inondations qui ont privé de toit des dizaines de milliers de familles donnent un coup de fouet à la politique du logement et à la réforme agraire (24000 hectares remis aux petits producteurs du Zulia en décembre) tandis que Hugo Chavez demande aux révolutionnaires de se “radicaliser à gauche et de travailler au sein du peuple, dans la rue, dans les quartiers, main dans la main”.

Les grands groupes médiatiques (les propriétaires de El Pais, du Monde, de Libération, etc..) ont occulté cette transformation, pour ne parler que d’un article de la Constitution qui permet de décréter des mesures d’urgence en matière économique et sociale …preuve de la “dictature”.

Déjà, en 2007, lorsque le président Chavez avait usé du même article, le choeur médiatique avait martelé la même interprétation. Un simple suivi montre pourtant que les décrets de cette époque ne visaient qu’à accélérer le développement économique et social (nationalisations de l’électricité, sidérurgie, cimenterie, etc..). * Comptons sur les mêmes journalistes pour éviter tout suivi sur les mesures à venir…

La Russie octroie une aide humanitaire au Venezuela



Un avion du ministère russe des Situations d'urgence a transporté 30 tonnes de fret humanitaire destiné aux victimes des inondations à Venezuela, rapporte mercredi la chaîne de télévision pan-latino-américaine TeleSUR.
70 tentes, 2.000 couvertures, deux générateurs électriques et des pompes ont été transportés au Venezuela à bord d'un avion de fret Il-76, a annoncé aux journalistes le chargé d'affaires russe à Caracas Vladimir Tokmakov.
"C'est dans le malheur qu'on connaît ses amis, et la Russie a toujours été une amie fidèle du Venezuela", a indiqué le diplomate russe.
"Bien que nous n'avons pas demandé l'aide internationale afin de lutter contre les conséquences de la catastrophe, la Russie nous a envoyé une aide humanitaire, ce qui témoigne de nos excellentes relations avec Moscou", a déclaré le directeur national de la Protection civile du Venezuela Luis Dias Curbelo.
Les inondations provoquées par les pluies diluviennes qui se poursuivent au Venezuela depuis novembre ont jusqu'à présent touché 130.000 personnes et fait 30 morts.

Dispersion d'une manifestation d'étudiants au Venezuela


La Garde nationale vénézuélienne a fait usage jeudi de canons à eau et tiré des balles en caoutchouc pour disperser des centaines d'étudiants qui manifestaient à Caracas contre une nouvelle loi renforçant le contrôle de l'Etat sur les universités.

Cette mesure, adoptée aux premières heures de la journée, fait partie d'une série de textes législatifs soumis à l'Assemblée nationale pour consolider la "révolution bolivarienne" du président Hugo Chavez avant l'installation, en janvier, du nouveau Parlement.

Les étudiants reprochent à ce texte d'accorder trop de prérogatives aux pouvoirs publics, de chercher à promouvoir "l'idéologie socialiste" et de servir à pénaliser les universités autonomes qui sont depuis longtemps des foyers d'opposition au chef de l'Etat.

Jeudi, un demi-millier d'étudiants ont convergé vers le centre de la capitale, certains brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Nous n'obéirons pas à votre loi !" et "J'échangerai bien Noël contre la liberté".

Les manifestants se sont heurtés aux gardes nationaux casqués en tenue antiémeute, paralysant brièvement la circulation sur une grande voie de circulation.

La chambre sortante, dominée par des élus "chavistes", a adopté ces derniers jours une série de lois permettant au gouvernement de nationaliser les banques, de réprimer les critiques sur la Toile et empêchant les élus de voter contre leurs propres partis.

Le texte le plus controversé est la "loi d'habilitation" accordant à Chavez le pouvoir de gouverner par décret le premier producteur d'"or noir" d'Amérique latine pendant les 18 mois à venir, soit jusqu'à six mois avant la prochaine échéance présidentielle.

dimanche 19 décembre 2010

Chavez refuse le nouvel ambassadeur US


Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a annoncé aujourd'hui qu'il n'autoriserait pas l'entrée dans son pays du nouvel ambassadeur des Etats-Unis désigné par Washington, Larry Palmer, qu'il a accusé d'avoir "manqué de respect" envers son gouvernement.

"Monsieur Palmer n'entrera pas ici", a lancé Hugo Chavez lors d'une réunion devant des nouveaux adhérents du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV, au pouvoir), qu'il préside, retransmise à la télévision d'Etat VTV.

"S'il vient, il faudra l'attraper à (l'aéroport international de) Maiquetia. (Le ministre vénézuélien des affaires étrangères) Nicolas (Maduro), tu lui apporteras un café de ma part et par la même occasion, bye bye. Il ne peut pas entrer dans ce pays", a poursuivi Hugo Chavez, chef de file de la gauche radicale latino-américaine.

Hugo Chavez a ajouté qu'il avait communiqué "par écrit" la position de son gouvernement à Washington, avec qui les relations sont traditionnellement très tendues.

samedi 18 décembre 2010

Au Mexique, l'évasion massive d'une prison proche des États-Unis


Au moins 141 détenus se sont évadés, jeudi, d'une prison de Nuevo Laredo, ville du nord-est du Mexique, frontalière avec les États-Unis, ce qui représente l'une des plus grandes évasions de ces dernières années, a-t-on annoncé, vendredi, de source officielle. "Ce sont 141 détenus qui se sont évadés de la prison de Nuevo Laredo", a indiqué lors d'une conférence de presse Antonio Garza, responsable de la sécurité publique de l'État de Tamaulipas. Les prisonniers évadés ont été "aidés par du personnel de la prison. Il n'y a aucun doute là-dessus", a encore déclaré Antonio Garza à la radio Grupo Formula.

Les responsables de la prison semblent s'être doutés d'une possible évasion lors d'un appel des détenus jeudi soir, mais même à ce moment-là "personne n'a fait état de l'évasion jusqu'à ce que le nombre (des manquants) ait bien été vérifié", a-t-il ajouté. Le directeur du centre d'exécution des peines de Nuevo Laredo est porté disparu, mais il ne manque aucun autre membre du personnel, a-t-il également révélé. Un fonctionnaire de la prison avait auparavant fait état de la fuite de 159 détenus. Ils sont sortis, "semble-t-il, par la porte principale", a-t-il indiqué sous couvert de l'anonymat.

Guerre des cartels

Cette évasion est l'une des plus importantes de ces dernières années, mais elle n'est pas isolée. Les détenus "achètent" souvent des complicités au sein de l'encadrement carcéral, en versant des pots-de-vin. En septembre, 85 prisonniers avaient ainsi réussi à s'échapper d'une prison de Reynos, autre ville proche de la frontière américaine située dans le Tamaulipas. Environ 200 détenus se sont évadés des prisons de cet État du nord-est du Mexique entre janvier et septembre, selon le secrétaire à la Sécurité publique du Tamaulipas, Antonio Garza. Cette zone est depuis le début de l'année le théâtre d'une lutte acharnée entre le cartel du Golfe et ses anciens alliés, les Zetas, selon le gouvernement.

La "guerre des cartels" pour le contrôle du marché local et du trafic de drogue vers les États-Unis, premier consommateur mondial de cocaïne, a fait plus de 30.200 morts, entre règlements de comptes et affrontements avec les forces de l'ordre, depuis l'arrivée au pouvoir du président Felipe Calderon il y a quatre ans. Le dirigeant conservateur a fait de la lutte contre les cartels une priorité nationale, déployant plus de 50.000 soldats en renfort de la police, mais la violence ne cesse d'augmenter. De janvier à novembre, 12.456 assassinats ont ainsi été enregistrés dans le pays, a reconnu, jeudi, le procureur général du Mexique, Arturo Chavez, sorte de ministre de la Justice. Il a toutefois souligné qu'au moins 10 des 24 narcotrafiquants les plus recherchés du pays avaient été tués ou arrêtés. Le gouvernement offre jusqu'à 30 millions de pesos (1,8 million d'euros) en échange d'informations permettant de les mettre hors d'état de nuire.