jeudi 19 juillet 2007

Passe d'armes à la Barbade sur Cuba



Stephen Harper et le Premier Ministre Barbadien Owen Arthur hier à Bridgetown (Barbade)

Le premier ministre Stephen Harper s'est aventuré sur le terrain miné des relations avec Cuba pour la première fois, jeudi, ce qui l'a placé en opposition légère avec son hôte barbadien.

M. Harper est dans la région des Caraïbes pour faire la promotion de son programme de démocratie, de marchés libres et de libre-échange pour l'hémisphère. Il a déclaré que le Canada est prêt à entreprendre des négociations pour conclure un accord de libre-échange avec les 15 pays membres du Marché commun des Caraïbes, le Caricom.

Mais quand on lui a demandé s'il avait l'intention de visiter Cuba, le plus grand pays de la région et une de ses économies les plus importantes, M. Harper a déclaré que cela n'était pas le cas. Il a souligné que les gouvernements canadiens ont fréquemment "exprimé certaines préoccupations concernant la gouvernance et les droits de l'Homme à Cuba".

Le premier ministre barbadien Owen Arthur a répondu en déclarant que Cuba a le droit de choisir sa propre voie.

Il a déclaré que des "relations civilisées" entre pays civilisés ne sont pas basées sur des leçons de morale mais sur "le respect de la souveraineté des peuples et la non-ingérence et le droit des peuples à choisir des voies alternatives pour leur développement".

M. Arthur essaie d'inclure Cuba dans la communauté des nations des Caraïbes. Le président cubain Fidel Castro est de son côté déterminé à ce que l'île qu'il dirige depuis 1959 n'en fasse pas partie.

Lors d'un discours prononcé en fin d'après-midi après s'être entretenu avec 11 dirigeants des Caraïbes, M. Harper a lancé un plaidoyer en faveur du libre-échange.

"Je sais qu'il existe dans la région un certain scepticisme face au libre-échange, a-t-il dit. Mais honnêtement, il n'y a pas de meilleur moyen d'améliorer le niveau de vie à long terme. Et votre région suit un sentier bien balisé en se dirigeant vers la formation d'un seul bloc commercial."

M. Arthur s'est réjouit de cette annonce, en soulignant que la région est prête pour le libre-échange depuis 2001. Il a dit que sa région s'attendait à la conclusion d'un accord commercial moderne avec le Canada, qui n'inclurait pas uniquement le commerce de biens et services, mais aussi un mécanisme de règlement des différends commerciaux. M. Arthur a ajouté qu'il veillerait aussi à ce que la Barbade ne se transforme pas en paradis fiscal pour de riches Canadiens.

Les deux chefs de gouvernement ont aussi discuté de la situation difficile que vit Haïti, la prochaine escale de Stephen Harper avant son retour au Canada. Le premier ministre Arthur estime que d'y envoyer de l'argent ne suffit pas car Haïti ne dispose pas des institutions nécessaires pour faire bon usage de ces ressources.