jeudi 30 août 2007

Hugo Chavez attendu en Colombie pour négocier un accord humanitaire



Le Président Chavez:Il a la confiance des deux camps

La venue à Bogota vendredi du président du Venezuela fait naître un grand espoir parmi les familles d'otages car, après d'innombrables échecs, Hugo Chavez apparaît aujourd'hui comme l'unique médiateur susceptible d'obtenir un accord humanitaire sur leur libération.
La médiation du président Chavez en vue d'un échange de 45 otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, guérilla marxiste), dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, contre 500 guérilleros emprisonnés par les autorités est perçue comme extrêmement positive par les familles des otages, les diplomates et les analystes politiques colombiens.

«Je pense qu'après la rencontre avec les familles d'otages», le 20 août à Caracas, «Hugo Chavez a une très forte volonté» de parvenir à un accord humanitaire, a affirmé à l'AFP Gustavo Moncayo, ancien «marcheur pour la paix» et père d'un soldat détenu par la guérilla.

Après cette rencontre, Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt, s'est déclarée «optimiste et confiante qu'il en sortira quelque chose de positif».

En revanche, de nombreux membres de familles d'otages, comme Mme Pulecio et M. Moncayo, accusent le président colombien Alvaro Uribe de jouer un rôle négatif.

«Chavez, sympathisant des FARC, peut obtenir d'eux ce qu'il désire, car en fermant sa frontière il peut les asphyxier, interrompre toutes les arrivées d'armes, la vente de drogue et les allées et venues de guérilleros», a estimé un diplomate européen qui a requis l'anonymat.

«Les FARC», estime ce diplomate, «ne peuvent rien refuser à Chavez qui ne se lancerait pas dans cette médiation aux implications internationales sans détenir des atouts maîtres».

Jeudi, l'ambassadeur du Venezuela en Colombie, Pavel Rondon, a annoncé à la station privée colombienne Radio Caracol que M. Chavez avait «reçu de la guérilla une nouvelle proposition», dont il n'a pas révélé la teneur.

«Cette médiation a des chances de succès bien supérieures aux précédentes qui ont toutes échoué, parce que Chavez bénéficie de la confiance des deux camps», le gouvernement colombien et la guérilla, a affirmé l'ambassadeur.

Depuis Paris, le président français Nicolas Sarkozy avait appelé mercredi au téléphone M. Chavez pour lui exprimer son soutien à ses démarches pour obtenir la libération d'Ingrid Betancourt et des autres otages.

Mme Betancourt a été enlevée le 23 février 2002 par les FARC, guérilla qui compte 17 000 combattants.

Jeudi, M. Sarkozy a appelé son homologue colombien Uribe pour soutenir la médiation de M. Chavez et les deux hommes «sont convenus de se parler plus souvent», a déclaré à l'AFP un responsable de la présidence colombienne.

À la veille de sa visite à Bogota, le président Chavez a accordé une amnistie à un groupe de 41 paramilitaires colombiens, accusés d'avoir fomenté un putsch contre lui en 2004.

Jeudi après-midi, le président colombien a annoncé que la guérilla remettrait samedi les corps de onze députés provinciaux tués le 18 juin alors qu'ils étaient retenus en otages.

Le représentant du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Yves Heller, a indiqué à l'AFP que son organisation ne «confirmait pas la date» de remise des corps annoncée par M. Uribe. «Nous continuons à tenter de mener à bien cette opération qui dure depuis plus de deux mois», a-t-il ajouté.

Jeudi, des médias colombiens ont émis des réserves quant aux chances de réussite de M. Chavez, estimant que M. Uribe peut faire échouer la médiation.

Ainsi, le quotidien El Tiempo a rapporté qu'Hugo Chavez avait initialement l'intention d'effectuer une visite de deux jours en Colombie et de rencontrer les familles d'otages et de guérilleros emprisonnés, mais que la présidence colombienne avait réduit ce déplacement à une rencontre de six heures vendredi entre les deux chefs d'État.