Le président du Venezuela Hugo Chavez est arrivé vendredi à Bogota pour tenter de convaincre son homologue colombien Alvaro Uribe d'accepter un échange entre 45 otages détenus par la guérilla des FARC, dont Ingrid Betancourt, et 500 guérilleros emprisonnés.
"Je viens avec ma foi, avec mon optimisme (...) pour contribuer au thème de l'accord humanitaire, au thème de la recherche de la paix, de la paix pour tous", a lancé M. Chavez, vêtu de sa traditionnelle chemise rouge, à sa descente d'avion, accueilli par le chef de la diplomatie colombienne Fernando Araujo.
M. Chavez, arrivé dans la matinée à l'aéroport militaire de Bogota, était ensuite attendu dans la propriété présidentielle de Hato Grande, dans les faubourgs de la capitale, pour un entretien de plusieurs heures avec M. Uribe.
A 11H25 locales (16H25 GMT), les deux dirigeants se sont réunis avec leurs délégations respectives. Les ministres des affaires étrangères du Venezuela Nicolas Maduro et de Colombie Fernando Araujo, le Haut commissaire colombien pour la paix Carlos Restrepo et la sénatrice colombienne d'opposition Piedad Cordoba étaient présents lors de ces conversations.
Avant l'arrivée du président Chavez, M. Uribe avait annoncé que les discussions se dérouleraient "en toute sincérité et en toute fraternité", tout en réitérant son refus de créer une zone démilitarisée, une condition exigée par la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) pour réaliser l'échange.
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a souhaité vendredi que cette médiation soit "au moins utile", après que le président Nicolas Sarkozy eut appelé ces derniers jours les deux dirigeants au téléphone.
M. Chavez, qui se réclame de la gauche révolutionnaire comme les FARC, "peut apporter sa touche personnelle bien qu'il soit lui-même très controversé. Mais après tout, toutes les bonnes volontés sont accueillies et il faut faire flèche de tout bois", a a déclaré M. Kouchner à la radio France Info.
L'intervention de M. Chavez est perçue comme extrêmement positive par les familles des personnes retenues en otages, ainsi que par les diplomates et les analystes politiques colombiens.
L'ambassadeur du Venezuela en Colombie, Pavel Rondon, avait annoncé la veille que M. Chavez avait "reçu de la guérilla une nouvelle proposition", dont il n'a pas révélé la teneur.
"Cette médiation a des chances de succès bien supérieures aux précédentes qui ont toutes échoué, parce que M. Chavez bénéficie de la confiance des deux camps", le gouvernement colombien et la guérilla, avait affirmé le diplomate.
Les familles d'otages estiment également que la médiation de M. Chavez peut jouer un rôle décisif pour dénouer cette situation qui perdure depuis des années, compte tenu de sa forte influence sur les FARC. Mais nombre d'entre eux demeurent très sceptiques quant à la volonté de M. Uribe de parvenir à un échange.
"Plusieurs d'entre nous ont décidé de garder un silence total afin de ne rien faire qui puisse compromettre la médiation du président Chavez", a déclaré à l'AFP Yolanda Pulecio, la mère de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, ex-candidate écologiste à la présidentielle colombienne, otage depuis plus de 5 ans.
A l'issue de son entretien avec M. Uribe, M. Chavez devait rencontrer des représentants de familles d'otages ainsi qu'un groupe de patrons de presse, a indiqué à l'AFP un diplomate vénézuélien.
A l'origine, M. Chavez souhait effectuer une visite de deux jours à Bogota mais cette dernière a été écourtée à la demande de la présidence colombienne, a indiqué le quotidien national El Tiempo.
Quelque 6.000 soldats et policiers ont été mobilisés pour cette visite.
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