
Deux jours après avoir réaffirmé à la tribune des Nations unies ses ambitions nucléaires, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a effectué jeudi une visite éclair en Bolivie reconnaissant avec son hôte, Evo Morales, le droit à l'emploi civil de l'énergie nucléaire.
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M. Ahmadinejad, qui est arrivé vers 15H00 GMT à La Paz, est reparti pour Caracas vers 19H00 GMT à bord d'un avion vénézuélien.
Dans une déclaration conjointe, les deux présidents ont réaffirmé le "droit des pays à développer l'énergie nucléaire civile dans le cadre du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires", soulignant qu'il s'agit "d'un moyen de contribuer significativement au développement économique et technologique de ces pays".
M. Ahmadinejad a également salué "le peuple vaillant et travailleur de Bolivie" tandis que M. Morales a insisté sur le pacifisme de son gouvernement et souligné que "l'Iran lui avait offert une aide sans limite".
Passant outre la colère et la suspicion de Washington, Evo Morales a accueilli avec les honneurs militaires le président de la République islamique d'Iran.
Un peu plus tôt jeudi, le porte-parole de la présidence française David Martinon a fait savoir que la France "ne croit pas" M. Ahmadinejad quand il affirme que les activités nucléaires de l'Iran sont "pacifiques".
"Tout le monde sait que ce programme est à visée militaire", a déclaré M. Martinon devant la presse.
Mercredi, les Etats-Unis avaient fermement rejeté l'affirmation du président Ahmadinejad et continuent d'oeuvrer avec leurs partenaires pour imposer des sanctions plus contraignantes à l'Iran.
"Le président iranien se trompe complètement s'il croit que la communauté internationale va oublier le fait que son pays poursuit contre la volonté du Conseil de sécurité de l'ONU, son programme de recherche nucléaire" avait déclaré Nicholas Burns, le numéro trois du département d'Etat.
Samedi, l'ambassadeur des Etats-Unis à La Paz, Philip Goldberg, avait fait part au président bolivien de l'inquiétude de Washington quant au rapprochement de la Bolivie et l'Iran, dont les relations diplomatiques ont été récemment rétablies.
Evo Morales est un proche allié du président vénézuélien Hugo Chavez avec lequel il partage l'admiration de Fidel Castro et entretient également des relations conflictuelles avec les Etats-Unis.
M. Ahmadinejad, qui est venu à la tête d'une délégation de trente-cinq personnes, a signé avec M. Morales une série de conventions d'aide et de coopération portant sur l'énergie, les hydrocarbures, les micro-entreprises, les mines et le secteur agro-industriel.
L'escale de quelques heures du chef d'Etat iranien apparaît comme hautement symbolique, illustrant le resserrement des liens entre l'Iran, la Bolivie et le Venezuela - où il est attendu jeudi soir - en une sorte de front commun anti-Etats-Unis.
Les médias boliviens et l'opposition libérale n'ont pas caché certaines inquiétudes quant à l'intérêt que pourrait porter l'Iran aux gisements d'uranium et de lithium de Bolivie. Ces gisements se trouvent, selon les spécialistes, dans la zone du gigantesque désert de sel de Uyuni à 600 km au sud de La Paz.
L'opposition libéral, qui détient la majorité au sénat, a déjà affirmé qu'elle refuserait de voter des accords portant sur des matières pouvant servir au développement du nucléaire iranien.
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