dimanche 30 septembre 2007

Les Equatoriens élisent une assemblée constituante


Les Equatoriens se rendaient aux urnes dimanche pour élire une assemblée constituante sur proposition du président socialiste Rafael Correa qui souhaite dissoudre le Congrès aux mains de la droite et renforcer le pouvoir étatique sur l'économie.

Les électeurs avaient à choisir parmi 3.229 candidats, issus de 497 partis et mouvements politiques, pour désigner les 130 membres de la future assemblée dans les 37.657 bureaux de vote ouverts depuis 07H00 locales (12H00 GMT).

Les instituts de sondages sont unanimes à estimer que ce scrutin sera favorable au gouvernement de Rafael Correa, l'un des principaux alliés du président vénézuélien Hugo Chavez en Amérique latine.

Le parti de M. Correa devrait obtenir entre 65 et 68 sièges et les trois principaux partis d'opposition 38 mandats, selon le dernier sondage de l'institut Market, réalisé sur un échantillon de 7.000 personnes et publié samedi soir.

"Les instituts de sondage nous donnent entre 66 et 72 sièges", soit la majorité absolue, a déclaré à la presse le ministre de l'Intérieur Gustavo Larrea.

La future assemblée constituante sera mise en place le 31 octobre pour une période de 180 jours.

M. Correa qui bénéficie d'une cote de popularité de 55%, juge "corrompu et incompétent" l'actuel Congrès tout-puissant qui a démis trois présidents dans la dernière décennie, et réclame sa dissolution.

La rédaction d'une nouvelle Constitution devrait aussi lui permettre de mettre en oeuvre le "socialisme du 21e siècle", une doctrine qu'il partage avec son ami Chavez. Défavorable au libéralisme mais anti-marxiste, M. Correa prône un rôle accru pour l'Etat notamment dans l'éducation, la santé et le domaine social.

Les observateurs internationaux de l'Organisation des Etats américains (OEA), de la fondation Carter et de l'Union européenne (UE) ont souligné la "complexité" du scrutin et le grand nombre d'indécis qui sont susceptibles de créer des surprises.

Selon l'institut Cedatos-Gallup, 36% des électeurs ne savaient pas encore samedi soir quels candidats choisir et, plus inquiétant, 65% ignoraient que la future assemblée sera chargée d'élaborer une nouvelle Constitution.

"Les élections sont terriblement complexes, mais aussi terriblement démocratiques", a déclaré le président Correa dimanche matin à Quito, où il s'est rendu au siège du Tribunal suprême électoral (TSE), ajoutant qu'il "ne trahirait jamais les idéaux et la confiance du peuple".

L'ancien président Fabian Alarcon, comme les principaux dirigeants de l'opposition de droite, le candidat présidentiel Alvaro Noboa et l'ex-président Lucio Gutierrez, ont accusé le chef de l'Etat d'avoir pour visée un "projet totalitaire en concentrant tous les pouvoirs".

Dimanche, l'ancien chef de la diplomatie Edgar Teran (droite) a dénoncé sur la chaîne de télévision privée Equavisa le projet "néo-communiste" de M. Correa. Cette élection, a-t-il dit, "est une farce, une copie de ce qu'a fait le dictateur Chavez au Venezuela".

Il s'agit de la quatrième élection en moins d'un an en Equateur où le vote est obligatoire. Pour la première fois, l'Etat a intégralement financé la campagne électorale et interdit les subventions privées.

Quelque 30.000 policiers et près de 50.000 militaires étaient mobilisés pour assurer le bon déroulement du scrutin.

La vente d'alcool est interdite dans tout le pays jusqu'à lundi.

Dans ce pays de 13,6 millions d'habitants, 40% des richesses sont aux mains de 10% de la population, selon les chiffres officiels.

Les résultats officiels du scrutin ne seront connus que le 22 octobre, a indiqué le TSE.