vendredi 28 septembre 2007

Washington appuie la médiation Chavez sur les otages des FARC




De Caracas à New York en passant par Paris, les otages de la guérilla colombienne mobilisent la communauté internationale. Médiateur officiel, le président vénézuélien, Hugo Chavez, a créé la surprise en invoquant, mardi 25 septembre, la collaboration de son homologue américain George Bush pour obtenir la libération des otages. "Les Etats-Unis peuvent aider, beaucoup aider", a déclaré M. Chavez.
Le président vénézuélien a confirmé qu'il recevrait, le 8 octobre à Caracas, un émissaire des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Mardi, aux Nations unies, le président Nicolas Sarkozy s'est entretenu avec son homologue colombien, Alvaro Uribe, du sort de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, otage depuis soixante-sept mois. M. Uribe a évoqué la possibilité que des congressistes américains assistent à la réunion du 8 octobre.

Chaleureux et optimiste, M. Chavez a reçu les familles des trois Américains aux mains des FARC, mardi, au palais présidentiel de Miraflores, à Caracas. Capturés en 2003 dans le sud de la Colombie, où ils participaient aux opérations antidrogue, les Américains font partie du groupe de 45 otages que les FARC veulent échanger contre les guérilleros emprisonnés.

Le nouvel ambassadeur américain à Bogota, William Brownsfield, a assuré que son gouvernement "voit d'un bon oeil la démarche de tout individu, gouvernement ou organisation qui puisse contribuer à la libération rapide et sûre des otages". Cette reconnaissance du rôle de M. Chavez a été d'autant plus remarquée que M. Brownsfield, auparavant en poste à Caracas, y avait entretenu des relations tendues avec le chef de l'Etat vénézuélien.

"VICTOIRE POLITIQUE"

Autre surprise, le diplomate américain a invité les FARC à "présenter des propositions concrètes" au gouvernement des Etats-Unis. "L'implication de Washington peut modifier la donne et faire enfin bouger les choses", estime l'analyste Alfredo Rangel.

L'optimisme reste pourtant mesuré. Ni les FARC, ni Bogota n'ont modifié leur position. A New York, le président Uribe a rappelé qu'il ne "démilitariserait jamais" les deux municipalités rurales exigées par les FARC pour négocier un "échange humanitaire". Pour la première fois, la France s'est montrée compréhensive sur ce point. "C'est une question de souveraineté", a admis M. Sarkozy.

"De toute leur histoire, les FARC n'ont jamais été officiellement reçues par un chef d'Etat étranger. La réunion du 8 octobre constitue pour eux une victoire politique sans précédent", note Rafael Pardo. Ancien ministre colombien de la défense, il juge que les FARC, "objet de tant de sollicitude internationale", vont être tentées de faire monter les enchères.

Marie Delcas