mercredi 21 novembre 2007

Alvaro Uribe met fin à la médiation d'Hugo Chavez en Colombie




Le président colombien Alvaro Uribe a mis fin mercredi de manière inattendue aux efforts de médiation d'Hugo Chavez pour obtenir la libération des otages détenus par les Farc en l'accusant d'outrepasser ses attributions.
Cette décision douche les espoirs placés par les familles des otages, dont les proches d'Ingrid Betancourt, dans les négociations entreprises par le chef de l'Etat vénézuélien.
"Le président de la République a mis fin à la médiation du président Hugo Chavez", a déclaré le gouvernement dans un communiqué.

Dans la journée, Chavez s'est entretenu avec le chef de l'armée Mario Montoya et lui a demandé des informations sur les otages, a expliqué le gouvernement. Il a ainsi enfreint un accord passé avec Uribe selon lequel seuls les deux présidents discuteraient du dossier.

"C'est un important recul pour un éventuel échange d'otages, mais Uribe n'avait pas le choix", a estimé Pablo Casas, un analyste du groupe de réflexion Sécurité et démocratie.

"On ne peut accepter que le président d'un autre pays demande directement des informations à votre plus haut gradé. C'est complètement contraire au protocole", a-t-il ajouté.

La décision est tombée alors qu'Uribe avait encore décrit mercredi soir la médiation du président Chavez comme le meilleur espoir de libération des otages des Farc.

Chavez avait été invité en août par la Colombie à tenter d'obtenir un accord d'échange entre les otages de la rébellion et des guérilleros emprisonnés. Alvaro Uribe lui avait donné lundi jusqu'à la fin de l'année pour réussir sa médiation.

Le président vénézuélien s'est rendu à Paris en début de semaine où il a affirmé que les Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) apporteraient bientôt "une preuve de vie" d'Ingrid Betancourt.

La sénatrice franco-colombienne a été enlevée en février 2002 par les rebelles marxistes qui n'ont fourni aucune preuve qu'elle est encore en vie depuis 2003.