
Les familles des otages colombiens détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont réagi avec colère jeudi à la décision du président Alvaro Uribe de mettre fin à la médiation de Hugo Chavez avec les rebelles, que beaucoup considéraient comme le meilleur espoir d'obtenir un accord humanitaire d'échange de prisonniers.
Alors que la famille et les proches de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, détenue par les FARC parmi environ 45 prisonniers politiques, avaient réagi en France avec "consternation" à la décision de M. Uribe, une cinquantaine de personnes se sont réunies jeudi sur la place Bolivar à Bogota, près du palais présidentiel, pour protester contre la mise à l'écart du président vénézuélien dans ce dossier.
M. Uribe a mis fin mercredi à la mission de M. Chavez, débutée cet été, en raison d'un contact direct qu'aurait eu le président vénézuélien avec le commandant en chef de l'armée colombienne, ce qui lui avait été formellement interdit. Il a également mis un terme au rôle de la sénatrice de l'opposition de gauche Piedad Cordoba, intermédiaire entre M. Chavez et les autorités colombiennes.
Parmi les proches des otages colombiens qui protestaient contre la décision de M. Uribe se trouvait José Uriel Perez, dont le neveu, Luis Alfonso Beltran, a été enlevé par les rebelles suite à une attaque contre sa base militaire en mai 1998, à quelque 420 kilomètres au sud de Bogota.
"Nous avons pensé que c'était très courageux, ce qu'ont fait le président Chavez et la sénatrice Cordoba en trois mois, comparé à ce que le gouvernement a échoué à faire en 10 ans", a déclaré le vieil homme, dont la voix se noyait par moments dans les cris des autres manifestants.
Les yeux tristes tournés dans la direction du palais présidentiel, M. Perez a murmuré: "rien ne touche ce gouvernement. Pas les morts, ni notre deuil, ni la douleur avec laquelle vivent les familles des otages".
Parmi les familles rassemblées jeudi place Bolivar, on analysait les raisons pour la mise à l'écart de M. Chavez, soit sa conversation téléphonique avec le général colombien, comme un simple prétexte dont s'est emparé M. Uribe pour se débarrasser de l'encombrant leader socialiste.
"Le gouvernement voulait donner le coup de grâce à ce processus", a estimé M. Perez, se demandant combien d'années il devrait encore attendre le retour de son neveu.
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire