
Fidel Castro a exprimé mardi ses craintes d'un assassinat du président du Venezuela Hugo Chavez, sur ordre de "l'empire" américain ou de "l'oligarchie", et a apporté son soutien à son allié dans l'altercation qui l'a opposé au roi d'Espagne Juan Carlos à Santiago du Chili.
"Vu les circonstances actuelles et la victoire idéologique de grande portée" de M. Chavez, "un assassin à la solde de l'empire, un oligarque avili par les reflexes semés par la machine publicitaire impériale, ou un homme perturbé mentalement, pourrait mettre min à sa vie", écrit Fidel Castro dans une "réflexion" publiée dans la presse officielle.
"Il est impossible de se défaire de l'impression que l'empire et l'oligarchie font de leur mieux pour mener Chavez dans un cul-de-sac et à portée d'un coup de feu", ajoute le vieux dirigeant cubain, éloigné du pouvoir par la maladie depuis plus de 15 mois.
Commentant le retour du président vénézuélien à Caracas après le sommet ibéro-américain de Santiago du Chili et sa volonté de se mêler à la foule, Fidel Castro conseille à son allié de "continuer à lutter en courant des risques, mais de ne pas jouer tous les jours à la roulette russe ou à pile ou face".
A Santiago "s'est produit un "Waterloo idéologique quand le roi d'Espagne a demandé à Chavez de façon abrupte: 'Pourquoi tu ne te tais pas ?'", a estimé Fidel Castro.
"A cet instant, tous les coeurs d'Amérique latine ont vibré. Le peuple vénézuélien (...) a frémi en vivant de nouveau les jours glorieux de Bolivar", a ajouté le président cubain, qui avait toujours ménagé jusque là le roi d'Espagne avec qui il entretient des relations cordiales.
Le sommet ibéro-américain s'est terminé samedi à Santiago sur une vive altercation entre le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero, et Hugo Chavez, qui, depuis son arrivée, avait traité de "fasciste" à maintes reprises le prédécesseur conservateur de M. Zapatero, José Maria Aznar.
Le roi Juan Carlos avait tenté d'arrêter le président vénézuélien en lui demandant, visiblement furieux, de se taire.
Ce samedi à Santiago "restera dans l'histoire de notre Amérique comme le jour de la vérité", a encore estimé le dirigeant cubain dans son article titré "Le débat du sommet".
"Les murs, la distance et le temps ont été abolis. Cela semblait irréel. Jamais un dialogue pareil n'avait eu lieu entre chefs d'Etat et de gouvernement qui, dans leur quasi-totalité, représentaient des pays pillés durant des siècles par le colonialisme et l'impérialisme", a-t-il ajouté.
Mardi, dans un premier article sur le sujet, Fidel Castro avait soutenu la "critique dévastatrice" de Hugo Chavez contre l'Europe au sommet, sans faire d'allusion à l'incident entre le président vénézuélien et le roi d'Espagne
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