
L'opération destinée à récupérer trois otages de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche) a commencé. Trois jets Falcon ont décollé samedi 29 décembre à 9 h 15 (14 h 45 à Paris) de l'aéroport de Santo Domingo, au Venezuela. Selon un fonctionnaire de l'aéroport de Santo Domingo cité par l'AFP, les trois avions ont pris la direction de Caracas, où monteront à bord les émissaires internationaux pour se rendre à Villavicencio, chef-lieu du département colombien de Meta, choisi comme base pour l'opération.
Deux hélicoptères vénézuéliens MI-17 portant l'emblème de la Croix-Rouge sont arrivés, vendredi 28 décembre, à l'aéroport de Villavicencio. Le vice-ministre vénézuélien des relations extérieures, Rodolfo Sanz, faisait partie du voyage. Le reste de la "caravane aérienne humanitaire", avec les représentants de la communauté internationale, devait quitter le Venezuela samedi.
Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a remis son uniforme et son béret rouge de lieutenant-colonel parachutiste pour assister au départ des hélicoptères à Santo Domingo, dans l'Etat frontalier de Tachira. Il était accompagné par l'ancien président argentin Nestor Kirchner, l'un des observateurs internationaux. M. Chavez a invité le cinéaste américain Oliver Stone à suivre les préparatifs aux premières loges. "C'est merveilleux, je n'ai jamais participé à quelque chose de semblable", a déclaré le metteur en scène. "Je suis un fan de Chavez, c'est un grand homme", a-t-il ajouté.
Outre l'Argentine, la Colombie, la France, le Brésil, l'Equateur, la Bolivie, Cuba et la Suisse ont des émissaires présents dans la "caravane". Barbara Hintermann, représentante du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Colombie, a expliqué, vendredi, que les hélicoptères n'effectueraient pas d'opérations après la nuit tombée, par sécurité. Cela remettait donc la suite à samedi. Après avoir dit que l'opération pouvait se faire en une journée, M. Chavez a admis, vendredi, que "ce ne sera pas aussi rapide".
Des proches des otages Clara Rojas, ex-assistante de la sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt, de son fils Emmanuel né en captivité et de l'ex-députée Consuelo Gonzalez de Perdomo, dont la libération a été annoncée le 18 décembre, les attendent à Caracas. D'autres familles de séquestrés aux mains des FARC espèrent des "preuves de vie", après les vidéos saisies récemment à Bogota par les autorités, montrant Ingrid Betancourt affaiblie mais vivante.
JEU DE PISTE
A Villavicencio, le haut commissaire colombien pour la paix, Luis Carlos Restrepo, a inspecté les hélicoptères. Il a fait le déplacement en compagnie du commandant des armées colombiennes, le général Freddy Padilla de Leon. Ensemble, ils doivent veiller à ce qu'il n'y ait aucune interférence militaire. "Le gouvernement du président Alvaro Uribe et les forces militaires ont tout intérêt au retour des séquestrés dans leur foyer et au succès de l'opération", a assuré M. Restrepo.
Le Meta est une région d'implantation traditionnelle des FARC. La visibilité y est réduite à cause de la végétation et des conditions climatiques. La guérilla voulant dissocier le lieu de remise des otages de ses propres campements, cela signifie que les trois otages, dont on attend la libération, ont sans doute été transférés ailleurs depuis plusieurs jours. Pour les hélicoptères de la "caravane humanitaire", cela pourrait impliquer un véritable jeu de piste, avec des rendez-vous successifs pour déjouer toute attaque de l'armée.
"Il y a eu des gestes de bonne volonté des deux parties, souligne Juan Carlos Lecompte, mari d'Ingrid Betancourt. Les FARC procèdent pour la première fois à une libération unilatérale d'otages et le gouvernement colombien a très vite donné son feu vert à la "caravane humanitaire" proposée par Chavez."
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