mardi 31 juillet 2007

Défendre Hugo Chavez



Hugo Chavez:On le dit populiste


" Il y a populisme et populisme " Oskar Lafontaine l’explique ainsi : " si écouter le peuple, prendre en compte ce que dit le peuple et défendre ses aspirations légitimes, si c’est ça être populiste, je suis populiste ". Hugo Chavez qui a gagné neuf fois légitimement les élections au Vénézuéla, et s’il est qualifiable de populiste, il défend jusqu’à présent le peuple pauvre et salarié de son pays contre les féodalités, les seigneurs de la finance et du pétrole qui, auparavant, l’écrasaient. Il a mauvaise côte, chez les élites mondialisées, certes et notamment dans la presse française huppée.

Chavez est évidemment l’adversaire de la déferlante libérale, il privilégie éducation et santé, (aidé par 12 000 médecins cubains, ça non plus ça ne fait pas bon effet...) et utilise les gains du pétrole pour les fonds sociaux, il résiste à tous les putschs du patronat vénézuélien... Tout ce qu’il faut pour irriter Bush.

Hugo Chavez est dénoncé comme " le nouveau Satan " par le célèbre télévangéliste Pat Robertson qui a lancé contre lui une " fatwa ", en appelant à l’assassinat du président vénézuélien, qualifié de "terrible danger" pour l’Amérique, lors de son émission religieuse. Fondateur de la Christian coalition et ancien candidat à la présidentielle, Pat Robertson a expliqué que le devoir des Etats-Unis était d’empêcher Chavez de faire du Venezuela "un tremplin pour l’infiltration communiste et l’extrémisme musulman". "Vous savez, je ne connais rien sur cette théorie de l’assassinat, mais s’il croit que nous essayons de le tuer, je pense que nous devrions y aller et le faire, a lancé Pat Robertson. Cela serait beaucoup moins cher que d’entamer une guerre... et je ne pense pas que les livraisons de pétrole cesseront." "Nous n’avons pas besoin d’un autre conflit à 200 milliards de dollars pour nous débarrasser d’un dictateur violent", a-t-il ajouté.

Ironiquement, le Venezuela offre du pétrole aux pays voisins en difficulté et aux victimes du typhon en Louisiane et en Nouvelle Orléans :

Hugo Chavez signait le premier accord bilatéral dans le cadre de Petrocaribe. Cet accord, " augmente les livraisons de pétrole vénézuélien à la Jamaïque de 7 000 à 21 000 barils par jour, avec deux ans de grâce pour les paiements et 1 % d’intérêt. ". Alors que le prix du carburant est supérieur à 60 dollars le baril, la facture pétrolière de cette petite nation antillaise sera financée jusqu’à 40 % soit près d’un milliard de dollars par an.

Chavez a d’autre part mis l’accent sur la pauvreté existant à l’intérieur même... des Etats-Unis et proposé de vendre directement de l’essence aux communautés pauvres organisées de cette nation, ce qui éliminerait les intermédiaires et réduirait les coûts. Chavez a indiqué que l’une des causes de l’actuelle spirale des prix du pétrole réside dans l’agression de l’Irak, "cette guerre immorale et illégale, comme l’a dit le Pape Jean-Paul II". Il a affirmé que le peuple des Etats-Unis a beaucoup à faire pour mettre un terme à cette guerre, et il s’est dit convaincu que le monde sera sauvé grâce à l’action des peuples, y compris le peuple nord-américain.

De quoi se faire haïr de Bush en effet... et de quoi nous motiver pour le défendre contre toute tentative d’assassinat, car nul ne doute que Bush en soit capable...

lundi 30 juillet 2007

Hugo Chavez: le Venezuela renforce sa force militaire pour défendre son pétrole



Puits de pétrole à Macaraïbo

Le président vénézuélien Hugo Chavez a fait savoir dimanche que son pays, en tant que puissance énergétique mondiale, renforce actuellement sa force militaire pour défendre ses richesses et ses ressources naturelles.

"Le Venezuela dispose des plus grandes réserves pétrolières et gazières du monde, et notre pays est en train de développer un modèle énergétique qui fait l'objet de critiques du gouvernement américain", a indiqué M. Chavez dans son émission hebdomadaire retransmise par la radio et la télévision, intitulée "Bonjour président".

Le Venezuela n'est plus une colonie des Etats-Unis, a-t-il souligné dans le programme diffusé depuis l'Etat d'Anzoategui, situé dans la région pétrolière d'Orinoco.

"Les Etats-Unis ressemblent à Dracula et c'est désespérant qu'ils n'aient pas de réserves. Nous renforçons notre capacité économique et militaire pour que personne n'ose venir nous voler", a-t-il ajouté.

Le président a fait remarquer que son gouvernement a promulgué une série de nouvelles lois et mené des politiques dans le but de récupérer des champs pétrolifères vénézuéliens à partir de compagnies étrangères.

"Les ajustements de nos politiques ont rendu les Etats-Unis et des compagnies transnationales nerveux, ce qui a provoqué un coup d'Etat contre mon gouvernement en avril 2002, suivi par l'interruption de l'approvisionnement en pétrole de la fin de 2002 au début de 2003", a-t-il rappelé.

"Dans les décennies à venir, de nouveaux reportages vont faire croire que les réserves pétrolières de certains pays seront épuisées alors que le Moyen-Orient, la Russie et le Venezuela seront les seules contrées à disposer encore de réserves", a-t-il ajouté.

Le Venezuela, le seul pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en Amérique latine, a un quota de 3, 2 millions de barils par jour. Plus de la moitié du pétrole vénézuélien est exportée vers les Etats-Unis.

dimanche 29 juillet 2007

Hugo Chavez jure de continuer "la lutte" de Castro après la mort du leader cubain




Fidel Castro et Hugo Chavez en 2003


Le président vénézuélien Hugo Chavez a promisà son ami proche et allié Fidel Castro qu'il poursuivra le combat du leader cubain contre l'impérialisme américain une fois que le Lider Maximo sera mort.

"Fidel, je m'engage à poursuivre ton combat, ta bataille sans fin. je l'assume. Nous, tes enfants, nous l'assumons" a dit Chavez.

Depuis son accession au pouvoir en 1999, Hugo Chavez a tissé des liens solides avec Castro tout en devenant l'un des critiques les plus virulents de la politique étrangère de Washington dans la région.

Jeudi, le président par intérim de Cuba, Raul Castro, s'est adressé à des dizaines de milliers de Cubains castristes lors des festivités du 26 juillet, admettant que la maladie de son frère Fidel, il y a un an, avait été un coup dur pour le pays, mais que le chaos prédit par l'ennemi américain ne s'était finalement pas matérialisé.

"On aurait difficilement pu imaginer l'épreuve qui nous attendait", a déclaré le plus jeune des frères Castro, âgé de 76 ans, à propos de la maladie de son aîné, tandis qu'il le remplaçait lors des cérémonies commémoratives de la Révolution cubaine de 1959.

Fidel Castro, qui aura 81 ans le mois prochain, prononçait chaque année, à l'occasion de la fête nationale, des discours de plusieurs heures. Mais cette fois, il semble trop malade pour apparaître en personne. Le 31 juillet 2006, il avait annoncé qu'une intervention chirurgicale aux intestins l'obligeait à céder le pouvoir à son frère Raul. Il a entamé depuis la rédaction d'un essai intitulé "Réflexions du commandant en chef" à laquelle il travaille tous les deux ou trois jours, mais ne semble pas prêt de revenir au pouvoir.

Un navire hôpital pour reconquérir l'Amérique Latine



Parcourant les entrailles métalliques de l'USNS Comfort, Carlito, 8 ans, ouvre de grands yeux ronds au passage d'un officier aux bras épais comme des poutrelles. «Je crois bien que c'est la première fois qu'il voit un Noir», bredouille sa mère, une petite valise à la main.


Carlito, comme les milliers de Salvadoriens qui vont se faire soigner par l'équipage du plus grand bateau-hôpital du monde, fierté de la marine américaine, n'en est pas à son premier étonnement. Quand le Comfort est arrivé au port d'Acajutla, sur la côte Pacifique, sa coque blanche ornée de deux croix rouges a attiré toute la ville sur la plage: 272m de long, 70 000 tonnes... «Plus grand que le Titanic», s'est exclamée la presse locale.

À l'intérieur, les records continuent de s'égrener: 1000 chambres, 500 médecins, 12 salles d'opération. De quoi impressionner durablement un pays de six millions d'habitants où le système de santé est en pénurie chronique.

Le Comfort, qui a accompagné les troupes américaines dans le Golfe persique, est également intervenu au large de New York après le 11 septembre. Mais c'est la première fois, soulignent les autorités américaines, qu'il est engagé dans une opération humanitaire à l'étranger. «Cette mission de quatre mois baptisée Amitié et coopération dans les Amériques va toucher 12 pays*, explique Manuel Santiago, directeur de la salle d'urgence. À chaque escale, nous opérons une centaine de personnes, poursuit-il en faisant visiter des chambres vides. Ce sont généralement des gens sans ressources qui traînent depuis des années une hernie ou une cataracte. Ici, tout est gratuit, même les médicaments.»

Le bateau ne fonctionnant qu'à 10% de sa capacité, la performance peut paraître modeste. Dans le centre de santé du port d'Acajutla, où les patients sont triés et examinés, le panorama est en revanche beaucoup plus impressionnant. Des milliers de Salvadoriens, essentiellement des femmes, y font la queue sous un soleil de plomb pour consulter les spécialistes américains.

Pour Margarita, qui est venue avec son fils malade des bronches, c'est une véritable aubaine: «Ici, on ne me donne que des calmants pour le soulager, et j'espère que les gringos vont me prescrire quelque chose de mieux. De toute façon, les hôpitaux publics sont saturés et je n'ai pas les moyens de me payer une consultation privée: ça coûte 35$! Je gagne 5$ par jour à faire des ménages, où voulez-vous que je les trouve?»

À ses côtés, Irline approuve. Bien qu'elle ait les moyens de payer un médecin, elle préfère attendre ici pour soigner les problèmes de peau de sa fille: «Les Américains sont plus compétents, et ils ont la technologie!»

Cette mission humanitaire de l'USNS Comfort fait suite à la tournée de George W. Bush en Amérique latine, en mars dernier, au cours de laquelle le président américain a proposé une intensification de la «diplomatie de la santé». Elle vise aussi, indirectement, à rebâtir les liens avec un continent longtemps méprisé. Oubliant ses sempiternelles leçons sur le libre commerce, George Bush propose une aide directe aux populations défavorisées d'Amérique latine, ce qui n'est pas sans rappeler le Vénézuélien Hugo Chavez, qui arrose tout le continent de ses engrais et de son pétrole subventionné.

Pour Robert Riley, porte-parole de l'ambassade américaine au Salvador, la mission de l'USNS Comfort n'est évidemment pas de contrecarrer la politique expansionniste d'Hugo Chavez ni de redorer le blason des États-Unis dans la région. «L'objectif, c'est clairement l'aide humanitaire, rappelle-t-il. Mais si cette aide s'accompagne d'autres bénéfices pour l'administration américaine, nous n'allons pas les refuser, évidemment.»

*Belize, Salvador, Guatemala, Nicaragua et Panama en Amérique centrale; Colombie, Équateur, Guyana, Surinam et Pérou en Amérique du Sud; Haïti et Trinidad-et-Tobago dans les Antilles.

vendredi 27 juillet 2007

Menaces contre Hugo Chavez



Hugo Chavez lors d'un discours à la Nation
Le ministre des Affaires étrangères vénézuélien, Nicolas Maduro, a affirmé mercredi que le président des États-Unis George W. Bush «avait donné des ordres contre» le président Hugo Chavez dont la vie serait en danger.

«Chaque jour qui passe, les menaces contre la vie du "comandante" Hugo Chavez se font plus dangereuses (...) Nous savons de bonnes sources, de sources directes que Bush a donné des ordres contre le président Chavez et contre la paix des Vénézuéliens», a précisé M. Maduro au cours de cérémonie de célébration du 440e anniversaire de la fondation de la capitale Caracas.

Chavez, qui a développé une alliance très soudée avec Cuba, entretient, à l'instar de son vieux mentor Fidel Castro, une forte confrontation verbale avec le gouvernement de Bush et soutient régulièrement que la CIA oeuvre à son élimination.

mercredi 25 juillet 2007

L'idéologie du bolivarisme




Le président vénézuélien Hugo Chavez fait dans le monde entier la propagande des idées de Simon Bolivar, libérateur de l’Amérique latine du joug espagnol. Même le nom du pays a été modifié en 2000, il s’appelle maintenant la République bolivarienne du Venezuela. Hugo Chavez se considère comme un nationaliste et un révolutionnaire du genre de Simon Bolivar.

Attaché aux principes de l’idéologie du "bolivarisme", Hugo Chavez conduit son pays depuis dix ans sur la voie des réformes sociales. L’une des principales mesures qu’il a prises a été d’établir un contrôle sur l’extraction du pétrole, ce qui a augmenté de plusieurs milliards de dollars les recettes provenant de la vente de combustible. La plus grande part des pétrodollars est consacrée au secteur social. Hugo Chavez a mis en oeuvre une réforme foncière fondamentale prévoyant l’octroi de crédits et de terres aux paysans. Tout l’enseignement, même universitaire, est devenu gratuit, les dépenses pour l’enseignement sont passées de 3 à 7% du PIB. L’introduction de l’assistance médicale gratuite a permis de réduire considérablement la mortalité infantile. Tout cela est observé dans un pays où 80% de la population vivait jusqu’à ces derniers temps dans une réelle misère !

L’objectif principal de la politique extérieure d’Hugo Chavez est de réunir les pays d’Amérique du Sud au sein d’une union économique et politique, indépendante vis-à-vis de l’hégémonie des Etats-Unis. Le dernier plan grandiose prévoit l’édification du socialisme au Venezuela. A cette fin, Hugo Chavez a introduit dans le pays un système d’administration présidentielle directe. Le leader vénézuélien est certain que ces pouvoirs extraordinaires lui permettront de réaliser une révolution socialiste du XXIe siècle.

Au cours de la cérémonie officielle d’investiture d’Hugo Chavez au poste de président du pays pour la période de 2007 à 2013, contrairement à la tradition, il a déplacé l’écharpe présidentielle de l’épaule droite à l’épaule gauche, afin de souligner ses convictions.

Prononçant un discours devant l’assistance, Hugo Chavez a confirmé son orientation vers l’édification du "socialisme vénézuélien", il a déclaré qu’il avait l’intention de nationaliser les réseaux énergétiques et les télécommunications du pays, et pris plusieurs initiatives visant à transformer le Venezuela en un pays dont la voix serait entendue sur le continent sud-américain, mais aussi au-delà de ses limites.

Hugo Chavez a récemment annoncé la création de 200 "entreprises socialistes" dans des secteurs stratégiques aussi importants que l’agriculture, les industries agro-alimentaire, légère, chimique, automobile et électronique. Son objectif est de réduire les importations et de passer à l’autosuffisance totale. Hugo Chavez a également annoncé le lancement de la fabrication des premiers ordinateurs, téléphones portables, automobiles et deux-roues, dont l’assemblage est effectué au Venezuela avec l’assistance technique de la Chine et de l’Iran.

Le 1er mai, conformément à la loi adoptée sur la nationalisation, les exploitations pétrolières où travaillent les compagnies américaines ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips, la compagnie britannique British Petroleum, la société française Total et la compagnie norvégienne Statoil ont été placées sous la gestion de la corporation pétro-gazière publique Petroleos de Venezuela (PDVSA). Cette corporation contrôlera environ 60% des titres des actifs pétroliers, alors que les compagnies étrangères peuvent conserver des paquets d’actions minoritaires. Selon Hugo Chavez, l’ère de la privatisation du pétrole vénézuélien s’est achevée, et le Venezuela a rétabli son contrôle sur ce secteur stratégique d’importance primordiale.

Hugo Chavez s’efforce de mettre fin au retard et à la dépendance du Venezuela vis-à-vis des Etats-Unis, mais pas seulement. Pour atteindre cet objectif, le président vénézuélien oeuvre en vue de créer une Communauté bolivarienne prévoyant une coopération politique, mais aussi économique, entre autres, la construction de gazoducs et d’oléoducs transatlantiques, et le programme d’exploitation des gisements de pétrole et de gaz du bassin de l’Orénoque. L’activité internationale et les réserves de pétrole assurent au Venezuela une place sans équivalent dans l’arène régionale.

Pendant la guerre froide, sur le continent américain, seul Fidel Castro était considéré comme ennemi juré des Etats-Unis. A présent, ces leaders sont nombreux, qui plus est sans le soutien de l’URSS disparue. Les points de vue antiaméricains sont partagés, dans telle ou telle mesure, par Evo Morales en Bolivie, Lula da Silva au Brésil, Nestor Kirchner en Argentine, Tabaré Vasquez en Uruguay, et même par Michelle Bachelet au Chili, pays traditionnellement pro-américain. Quoi qu’il en soit, le Venezuela se considère comme la locomotive de l’intégration latino-américaine. "L’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud sont des continents tout à fait différents", répète Hugo Chavez.

Aspirant à la prospérité du Venezuela et au renforcement du bloc antiaméricain mondial, le président Hugo Chavez ne se borne pas au cadre de l’Amérique latine. Le prestige du pays riche en pétrole et de son leader s’accroît rapidement dans d’autres régions, en premier lieu en Asie et au Proche-Orient.

Le Venezuela est devenu l’un des principaux fournisseurs de combustible à la Chine. Les deux pays prévoient de construire trois raffineries de pétrole sur le territoire chinois et une flotte de pétroliers. Un accord syro-vénézuélien signé à Damas prévoit la création d’une compagnie mixte pour construire des raffineries de pétrole sur le territoire de la Syrie, qui exporte actuellement du brut à perte. Le président du Venezuela a fait preuve de sa volonté d’aider Damas à redresser cette situation. En réponse, Bachar al-Assad a placé Hugo Chavez parmi les "principaux amis du monde arabe".

Chavez a récemment lancé un nouveau défi à l’Amérique. Du haut de la tribune de la 14e Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement du Mouvement des non-alignés, il a déclaré que chaque Etat, y compris le Venezuela, devait avoir le droit aux programmes nucléaires. Selon lui, le Venezuela est intéressé par le développement du nucléaire civil, dans la mesure où il doit se préparer au moment où les réserves de pétrole s’épuiseront.

Les rapports entre le Venezuela et la Russie se développent également. De grandes compagnies minières russes participent à l’exploitation de gisements d’hydrocarbures au Venezuela. Des contrats bilatéraux de livraison d’armements pour 3 milliards de dollars ont été conclus au cours de la visite d’Hugo Chavez en Russie en juillet 2006. Ces ententes ont suscité une tempête d’indignation à Washington. Mais les Etats-Unis n’ont pu empêcher la transaction russo-vénézuélienne.

Hugo Chavez considère la Russie comme un puissant pôle du monde multipolaire. Séjournant à Moscou en 2001, il a prononcé une phrase traduisant le fond de son approche : "La Russie s’élève sur les espaces de l’Eurasie pour assurer un équilibre dans le monde. Nous avons besoin d’une Russie forte pour parvenir à l’égalité". Hugo Chavez et son équipe manifestent nettement leur aspiration à conférer une dynamique positive aux rapports avec la Russie. Sur le plan politique, des pourparlers et des consultations intenses ont lieu régulièrement à divers niveaux. Le Venezuela est objectivement intéressé aux hautes technologies que la Russie possède dans les secteurs militaires. Les acquis du Venezuela dans la pétrochimie peuvent en retour être employés avec succès en Russie.

La composante politique du dialogue russo-vénézuélien est également importante. Le Venezuela, de même que ses nombreux voisins dans la région, partage la façon dont la Russie aborde les problèmes cruciaux de l’ordre mondial contemporain, il soutient entièrement la conception russe du monde multipolaire. Moscou et Caracas coopèrent en outre au sein des organisations internationales, pour l’essentiel, à l’ONU.

Bolivarisme et Socialisme dans le Venezuela d'Hugo Chavez






Hugo Chavez s’efforce de mettre fin au retard et à la dépendance du Venezuela vis-à-vis des Etats-Unis, mais pas seulement. Pour atteindre cet objectif, le président vénézuélien oeuvre en vue de créer une Communauté bolivarienne prévoyant une coopération politique, mais aussi économique, entre autres, la construction de gazoducs et d’oléoducs transatlantiques, et le programme d’exploitation des gisements de pétrole et de gaz du bassin de l’Orénoque. L’activité internationale et les réserves de pétrole assurent au Venezuela une place sans équivalent dans l’arène régionale.

Pendant la guerre froide, sur le continent américain, seul Fidel Castro était considéré comme ennemi juré des Etats-Unis. A présent, ces leaders sont nombreux, qui plus est sans le soutien de l’URSS disparue. Les points de vue antiaméricains sont partagés, dans telle ou telle mesure, par Evo Morales en Bolivie, Lula da Silva au Brésil, Nestor Kirchner en Argentine, Tabaré Vasquez en Uruguay, et même par Michelle Bachelet au Chili, pays traditionnellement pro-américain. Quoi qu’il en soit, le Venezuela se considère comme la locomotive de l’intégration latino-américaine. “L’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud sont des continents tout à fait différents”, répète Hugo Chavez.

Aspirant à la prospérité du Venezuela et au renforcement du bloc antiaméricain mondial, le président Hugo Chavez ne se borne pas au cadre de l’Amérique latine. Le prestige du pays riche en pétrole et de son leader s’accroît rapidement dans d’autres régions, en premier lieu en Asie et au Proche-Orient.

Le Venezuela est devenu l’un des principaux fournisseurs de combustible à la Chine. Les deux pays prévoient de construire trois raffineries de pétrole sur le territoire chinois et une flotte de pétroliers. Un accord syro-vénézuélien signé à Damas prévoit la création d’une compagnie mixte pour construire des raffineries de pétrole sur le territoire de la Syrie, qui exporte actuellement du brut à perte. Le président du Venezuela a fait preuve de sa volonté d’aider Damas à redresser cette situation. En réponse, Bachar al-Assad a placé Hugo Chavez parmi les “principaux amis du monde arabe”.

Chavez a récemment lancé un nouveau défi à l’Amérique. Du haut de la tribune de la 14e Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement du Mouvement des non-alignés, il a déclaré que chaque Etat, y compris le Venezuela, devait avoir le droit aux programmes nucléaires. Selon lui, le Venezuela est intéressé par le développement du nucléaire civil, dans la mesure où il doit se préparer au moment où les réserves de pétrole s’épuiseront.

Les rapports entre le Venezuela et la Russie se développent également. De grandes compagnies minières russes participent à l’exploitation de gisements d’hydrocarbures au Venezuela. Des contrats bilatéraux de livraison d’armements pour 3 milliards de dollars ont été conclus au cours de la visite d’Hugo Chavez en Russie en juillet 2006. Ces ententes ont suscité une tempête d’indignation à Washington. Mais les Etats-Unis n’ont pu empêcher la transaction russo-vénézuélienne.

Hugo Chavez considère la Russie comme un puissant pôle du monde multipolaire. Séjournant à Moscou en 2001, il a prononcé une phrase traduisant le fond de son approche : “La Russie s’élève sur les espaces de l’Eurasie pour assurer un équilibre dans le monde. Nous avons besoin d’une Russie forte pour parvenir à l’égalité”. Hugo Chavez et son équipe manifestent nettement leur aspiration à conférer une dynamique positive aux rapports avec la Russie. Sur le plan politique, des pourparlers et des consultations intenses ont lieu régulièrement à divers niveaux. Le Venezuela est objectivement intéressé aux hautes technologies que la Russie possède dans les secteurs militaires. Les acquis du Venezuela dans la pétrochimie peuvent en retour être employés avec succès en Russie.

La composante politique du dialogue russo-vénézuélien est également importante. Le Venezuela, de même que ses nombreux voisins dans la région, partage la façon dont la Russie aborde les problèmes cruciaux de l’ordre mondial contemporain, il soutient entièrement la conception russe du monde multipolaire. Moscou et Caracas coopèrent en outre au sein des organisations internationales, pour l’essentiel, à l’ONU.

mardi 24 juillet 2007

Elire le leader qui lui plait





Le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé qu'il déposerait prochainement un nouveau projet de loi au parlement, permettant au président d'être réélu sans limitation du nombre de mandats.

"Dans ce cas, si le peuple ne vote pas pour moi, je partirai. Je ne resterai pas en poste, je l'ai toujours dit. Je ne vais pas me mettre à pleurer si on me rejette", a-t-il déclaré dimanche lors de l'émission de télévision "Allo président".

"Si le peuple vénézuélien dit "ça suffit, va-t-en", eh bien je partirai", a-t-il ajouté.

"Aujourd'hui, Dieu merci, le peuple a fait son choix et je resterai chef de l'Etat pour les 9 années à venir, si le peuple se prononce pour le nouveau projet de loi, alors je pourrai prolonger la durée de mon mandat jusqu'en 2021", a-t-il poursuivi.

Le président vénézuélien est actuellement élu au suffrage universel direct tous les 6 ans. Il est en même temps chef de l'Etat et du gouvernement. Le chef de l'Etat peut être réélu pour un second mandat.

Hugo Chavez avait déjà promis de réviser la constitution du Venezuela après son élection au poste de président le 3 décembre 2006.

"Je pense qu'il est nécessaire de réviser la constitution du pays. Cela concernera tout d'abord le mandat présidentiel. Nous n'avons pas le droit de priver le peuple de la possibilité d'élire un leader qui lui plaît, quatre, cinq ou six fois", avait-il déclaré.

Il y a quelques temps l'assemblée nationale vénézuélienne avait accordé les pleins pouvoirs à son président, lui permettant ainsi d'être lui-même à l'initiative de projets de loi.

La nouvelle loi l'autoriserait à éditer un décret conduisant à une nationalisation totale de l'économie du pays, de l'énergie et des télécommunications.

Castro : L'interminable convalescence




Un an après sa première intervention chirurgicale, passée "entre la vie et la mort", Fidel Castro semble durablement affaibli, aux prises avec une interminable convalescence.

Le leader cubain, qui aura 81 ans le 13 août, est toujours confiné dans une chambre d'hôpital et l'origine du mal dont il souffre --ou se remet-- reste un mystère.
Depuis un passage "entre la vie et la mort", dira-t-il, le président peut recevoir des visiteurs et des collaborateurs, suivre la télévision, lire, et, depuis quatre mois, rédiger des chroniques dans la presse officielle. L'annonce, au soir du 31 juillet 2006, de son accident de santé avait révélé une "opération complexe" en réponse à une "crise intestinale aiguë" accompagnée de "saignements abondants": une hémorragie intestinale, dont les causes étaient d'autant moins identifiées que Fidel Castro prévenait que sa santé était désormais couverte par le secret d'Etat, pour déjouer "les plans de l'impérialisme" américain. Le 4 septembre, il levait un coin du voile, indiquant qu'il avait perdu 19 kg en 34 jours, mais que "le pire était passé" et qu'on lui avait retiré les derniers points de suture. Et à la mi-septembre, il recevait à son chevet une dizaine de dignitaires étrangers à l'occasion du sommet des Non-alignés. Pourtant, malgré l'embellie, un silence total de 40 jours s'en suit: la rumeur, à La Havane comme à l'étranger, le donne cette fois pour moribond. Le 28 octobre, il réapparaît dans une vidéo pour démentir. Mais sa prestation, accompagnée d'exercices incertains devant la caméra, laisse au contraire l'image d'un homme très affaibli. Et un profond malaise dans la population.
De nouveau, un silence complet de 33 jours s'abat, alourdi par son absence spectaculaire au défilé militaire du 2 décembre: pour John Negroponte, le "patron" du renseignement américain, plus de doutes: la vie de Castro se compte désormais "en mois, pas en années". Mais dans un communiqué pour le nouvel an, Fidel fait savoir que la bataille "est loin d'être perdue", même si son rétablissement sera "long". En janvier, nouveau mois de silence, la rumeur s'emballe. Dans les milieux diplomatiques à La Havane, on commence à évoquer ses funérailles. Le quotidien espagnol El Pais qualifie son état de "très grave", avec force détails, tandis que nombre de Cubains échafaudent déjà "l'après-Fidel". Le 30 janvier, coup de théâtre: Fidel Castro réapparaît, souriant, visiblement en meilleure forme, aux côtés de son ami et allié Hugo Chavez, le président vénézuélien. Et le survêtement a remplacé les pyjamas. Entre temps, le médecin espagnol José Luis Garcia Sabrido, seul praticien étranger à l'avoir approché, a écarté l'hypothèse d'un cancer parlant d'un "processus bénin accompagné d'une série de complications", après l'avoir examiné fin décembre.
Il faudra attendre le 24 mai pour en savoir (un peu) davantage: ce jour-là, Fidel Castro révèle pour la première fois avoir subi "pas une, mais plusieurs opérations". "Elles n'ont pas eu de succès initial", écrit-il encore pour expliquer "(sa) convalescence prolongée", précisant que "durant plusieurs mois (il a) dépendu d'intravéneuses et de sondes" pour son alimentation. Signe tangible d'amélioration, outre quelque 30 chroniques envoyées à la presse et un entretien télévisé d'une heure, il a reçu ces derniers mois un haut dirigeant chinois, le numéro un vietnamien Nong Duc Manh, le président bolivien Evo Morales, son ami Hugo Chavez et Daniel Ortega du Nicaragua. Et chaque fois, hormis le Chinois, plusieurs heures durant. Mais pour y croire, les Cubains attendent qu'il troque son survêtement pour son uniforme vert olive de toujours. Comme si, tant que l'illustre convalescent resterait assigné à sa chambre d'hôpital, le danger guetterait encore.

lundi 23 juillet 2007

Venezuela : Hugo Chavez n'est pas un dictateur, mais expulsera quiconque le critiquera



Le président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré dimanche qu'il expulserait du pays tout responsable international en visite officielle qui le critiquerait.

"Combien de temps allons-nous permettre qu'une personne -de quel pays que ce soit- vienne dans notre maison pour dire qu'il existe une dictature ici, que le président est un tyran, et que personne n'y fait rien", a-t-il déclaré à l'occasion de son allocution télévisuelle hebdomadaire.

"Aucun étranger, quel qu'il soit, ne peut venir ici et nous attaquer. Quiconque vient, nous devons l'expulser de ce pays", a-t-il asséné.

Non, vraiment, Chavez n'a rien d'un dictateur...

Ses déclarations interviennent à la suite d'une visite de Manuel Espino, président du parti conservateur mexicain, lors de laquelle il a publiquement reproché à Chavez de vouloir prolonger son mandat présidentiel indéfiniment.

Ludivine Brouilliard

samedi 21 juillet 2007

La Banmujer, une banque unique au monde, pour les femmes et par des femmes



"Le Venezuela peut se vanter de posséder la seule banque nationale féminine au monde, la Banmujer. Fondée et dirigée par des femmes, elle n'a pratiquement que des femmes pour clientes".

Dans le monde entier, le milieu bancaire a toujours été un territoire masculin, discriminatoire envers les femmes, clientes ou employées, ces dernières n'ayant que rarement l'occasion de faire leur chemin parmi les cadres. Rien de tel à la banque Banmujer ou "Banque féminine pour le développement du Venezuela", puisque seules des femmes peuvent y travailler.

L'idée de créer un tel établissement est apparue il y a dix ans, lors d'une conférence internationale sur les femmes où l'on débattait des moyens à mettre en œuvre pour les aider à s'adapter au monde de la finance, totalement dominé par les hommes. La conclusion générale de ces réunions était que, puisque ce sont les hommes qui décident, les femmes passent toujours en second ; et celles des pays en voie de développement sont particulièrement touchées par cette discrimination. Il fallait changer tout cela en commençant par changer les mentalités.

Et "le seul moyen de changer le monde est de changer la vie des femmes. Car, sans droits économiques, elles n'ont pas d'autres droits", explique Nora Castaneda, la présidente de la Banmujer, citée par le quotidien britannique, qui l'a rencontrée lors de l'un de ses passages à Londres. "Les hommes sont contents que leurs femmes gagnent de l'argent, mais, quand ces dernières se mettent à gagner plus qu'eux, ils se sentent menacés. Cela conduit souvent à la violence conjugale car ils veulent exercer leur autorité. La peur et la soumission que cela engendre empêchent les femmes de se lancer dans une activité professionnelle ou dans la création d'entreprise", affirme Mme Castaneda.

Depuis qu'elle a ouvert ses portes, en 2001, la banque a proposé 51 000 crédits à des femmes qui ont créé des coopératives de nettoyage, des entreprises de mode, des salons de coiffure ou encore des fabriques de bonbons. Soixante-dix d'entre elles se sont même rassemblées pour ouvrir un centre de vacances écologique qui rencontre de plus en plus de succès auprès des Européens. Quant aux hommes, ils ne peuvent accéder à un prêt que s'ils travaillent avec des femmes et si leur projet est dirigé par une femme ; ils sont très peu nombreux puisqu'ils ne représentent que 4 % de la clientèle de la banque.

"La banque n'a qu'un seul bureau, à Caracas", poursuit le quotidien, mais des femmes en font la promotion dans tout le pays, et l'on peut en voir certaines, habillées en femmes d'affaires, parcourir les régions les plus reculées de l'Amazonie afin de proposer des prêts à d'autres femmes. Elles font d'une pierre deux coups, car, "en plus de parler finance, elles font passer des messages sur la sexualité, la contraception et tous les sujets qui touchent à la condition féminine", explique Nora Castaneda.

"Quand Hugo Chávez a été élu, en 1998, il avait lancé au peuple : ‘Apportez-moi des solutions, pas des problèmes'. Nous lui avons proposé de créer une banque nationale spécialisée dans les petits prêts, qui tout en aidant financièrement les Vénézuéliennes, défendrait leurs droits ; et il a accepté", se souvient la présidente de la Banmujer, qui a été nommée par Chávez à ce poste.

"Notre but est de prêter aux femmes de petites quantités d'argent à court terme, en moyenne 1 000 dollars, et de faire d'elles des entrepreneuses." La plupart ont réussi. Nombreuses sont celles qui ont pu rembourser leur emprunt plus vite que dans le délai des quatre ans prévus et qui ont eu la possibilité de faire appel à un nouveau crédit dont le taux d'intérêt s'élève à 1 % par mois.

Malgré ce succès, on constate aujourd'hui que très peu de femmes issues des milieux les plus pauvres ont eu accès à la Banmujer. Nora Castaneda reste cependant confiante. "Nous sommes en train de créer une économie au service des êtres humains ; ce ne sont pas les êtres humains qui sont au service de l'économie", dit-elle en guise de conclusion.

Anne Collet

Harper en Haïti : Une aide respectueuse



Stephen Harper, qui a relativement peu voyagé à ce jour, est venu se rendre compte de la situation générale en Haïti, tant au plan de la sécurité que des progrès sociaux et démocratiques. Au cours d'une conférence de presse au palais présidentiel en compagnie du président haïtien René Préval, visiblement marqué par sa visite à Cité Soleil, il s'est laissé aller à un constat rempli d'émotions.

«On parle beaucoup de l'amélioration de la sécurité en Haïti ces derniers temps, a commenté M. Harper. Mais il est bien évident, lorsque vous visitez un quartier comme Cité Soleil, que beaucoup de gens ici ont des vies très difficiles. On réalise alors les grands défis auxquels ces gens, nos frères humains, doivent faire face quotidiennement. Ces défis sont énormes. Cela sort de l'ordinaire. Je pense que les Canadiens peuvent être très fiers de l'aide qu'ils ont offerte pour améliorer la sécurité ou encore la situation médicale.»

Le premier ministre s'est rendu compte, de son propre aveu, qu'il y avait beaucoup à faire en Haïti. «C'est important pour nous, pour tous ceux qui ont leur propre famille, en tant qu'humains, de donner l'espoir d'une vie meilleure à ces gens. Nous voulons tous voir ces gens jouir de certaines des bonnes choses dont nous jouissons dans notre pays.»

Le cortège de M. Harper, entouré d'un dispositif de sécurité sans précédent, s'est d'abord enfoncé dans le foisonnement humain de Cité Soleil, à travers les petites ruelles boueuses bordées de taudis rouillés et d'édifices en ruine, encore marqués par les impacts de balles laissés par les récents combats entre les autorités et les bandes armées qui terrorisaient, voici peu, le bidonville.

«Vous revenez d'un quartier que personne ne vous aurait laissé visiter il y a quelque mois», lui a lancé le président René Préval à son arrivée au palais présidentiel. Grâce aux efforts de la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (MINUSTAH), quelque 500 membres de bandes armées ont été arrêtés et neutralisés. Cité Soleil, depuis peu, vit dans une plus grande tranquillité et le gouvernement a pu commencer à fournir des services à la population, à commencer par la collecte des déchets.

M. Harper s'est rendu à l'hôpital Sainte-Catherine-Labouré, en partie financé par le Canada, où il a pu constater la rusticité des installations. Le premier ministre s'est mêlé à une centaine de femmes qui étaient là pour faire vacciner leurs poupons. Il a été ému de recevoir une corbeille de fruits de deux petites filles de 4 ans, Guerda Morace et Isenia Moimène. Leurs mamans sont porteuses du virus du sida mais, grâce aux interventions du personnel médical de l'hôpital, les deux petites sont nées sans le virus.

Hier, touché par tant de misère, Stephen Harper a annoncé que la présence du Canada en Haïti sera continue. Il est d'ailleurs en faveur de la prolongation au-delà du mois d'octobre de la mission de la MINUSTAH, dans le cadre de laquelle 46 policiers canadiens travaillent à former la police nationale haïtienne. En tout, le Canada a annoncé une contribution de 520 millions de dollars pour la période allant de 2006 à 2011. Après les États-Unis, le Canada a consolidé ainsi sa position de deuxième donateur en Haïti.

Le président haïtien, René Préval, a louangé pour sa part le soutien du gouvernement du Canada. «Ce sera une visite courte, a-t-il dit, une visite de docteur, comme nous disons ici. Mais vous avez pu constater, cher docteur, que le malade ne se porte pas plus mal. () Notre pays, Haïti, est en convalescence, toujours faible, très faible. Mais il faut que nous prenions garde à une rechute.»

Les pays donateurs s'accordent à dire que la situation s'est sensiblement améliorée en Haïti depuis 18 mois. La sécurité s'accroît, l'État peut investir dans ses communautés les plus défavorisées, leur offrir des services tout en jugulant l'inflation (elle est passée de 42% à 8%) et certains leviers économiques.

«Les grands chantiers devant nous, a dit M. Préval à M. Harper, sont le renforcement de l'État de droit, de l'économie et du social. Je puis assurer le peuple haïtien qu'il peut continuer à compter sur l'appui de votre pays. Il faut la sécurité pour les investissements, mais aujourd'hui on peut parler d'investissements parce que la sécurité est revenue.»

Le président haïtien a aussi souligné que l'aide du Canada est «respectueuse»: «C'est une aide qui tient compte de ce que Haïti veut. Ce n'est pas une aide arrogante. C'est une aide qui discute avec nous et qui n'hésite pas, elle-même, à se remettre en question et à nous demander notre avis.»A méditer.

Chili et Venezuela:Mythes et réalités de la course aux armements



Le récent voyage du président Hugo Chavez en Russie a été perçu comme faisant partie d’une course aux armements à laquelle s’attellerait le dirigeant bolivarien. Toutefois, les faits indiquent que le Venezuela est très en deçà des deux principaux alliés de Washington, la Colombie et le Chili, en matière d’achat d’armes.

Bien que le Venezuela fasse les gros titres, il n’est certainement pas le pays à l’avant-garde en matière d’acquisition d’armements. Au cours des dernières années, le Chili a acheté des armes pour 2,785 milliards de dollars, le Venezuela pour 2,2 milliards. Le Brésil, fort à la traîne, occupe la troisième place, avec des achats pour 1,342 milliard de dollars. Un rapport récent de la revue spécialisée Military Power Review [1] affirme que le pays transandin est passé de la quatrième à la troisième position dans le classement sud-américain de la « capacité militaire », prenant ainsi la place de l’Argentine et s’approchant du Pérou qui continue à occuper le second rang.

Le Venezuela est monté lui aussi d’une place mais continue d’être à une distance considérable des pays les plus puissants militairement. Si on observe les dépenses en Défense comme pourcentage du Produit Intérieur Brut (PIB), le Chili occupe là aussi la première position, avec 3,8% en 2005, suivi de la Colombie avec 3,7%, un pays qui a bénéficié en plus d’une abondante aide militaire des Etats-Unis qui se monte à 3 milliards de dollars depuis 2001 pour le Plan Colombie et le Plan Patriote. En 2005, le Venezuela se situait encore très loin, avec 1,6% du PIB consacré aux dépenses militaires, un chiffre très proche de la moyenne du pays avant l’arrivée de Hugo Chavez au gouvernement.

Armes et cuivre

L’augmentation permanente du prix du cuivre, parallèlement à celle du pétrole, qui entre 2002 et 2006 a crû sur le marché international de 400%, explique en grande partie ce que l’institut Nueva Mayoría [2] d’Argentine analyse comme un « processus massif mais graduel » de réarmement au cours des 15 dernières années, qui s’est accéléré depuis 2003. Dans son rapport « Rearme : los casos paradigmáticos de Chile y Venezuela y su impacto regional » (« Réarmement : les cas paradigmatiques du Chili et du Venezuela et leur impact régional »), le centre d’études susmentionné affirme que le ministère de la Défense chilien dispose d’une grande autonomie au moment de dessiner sa politique grâce à la Loi secrète du cuivre qui destine un pourcentage des exportations du métal aux forces armées.

Dans la dernière décennie, l’armée chilienne a réduit son personnel de 120 mille à 40 mille effectifs et s’est réorganisée en créant 8 brigades donnant la priorité à la mobilité et à la puissance de feu. Le Chili a acquis 100 tanks lourds, 28 avions F-16 pourvus de missiles AMRAAN et des missiles [à guidage] laser air-air inédits jusqu’à aujourd’hui dans la région. Plus impressionnant encore a été l’achat de deux sous-marins modernes Scorpene franco-allemands en plus de 8 frégates missiles, des avions de patrouille maritimes et des navires pétroliers. « Des médias spécialisés ont conclu qu’en prenant en compte les tailles relatives des PIB du Brésil et du Chili, ce dernier destine six fois plus de ressources économiques à l’équipement militaire que la principale puissance de la région », affirme Nueva Mayoría.

Le Venezuela se défend

Alors que le Chili entretient d’excellentes relations avec les Etats-Unis, son principal fournisseur d’armes sophistiquées qu’ils réservent uniquement à leurs alliés, Caracas est la cible, depuis 2006, d’un embargo de la superpuissance en armes, pièces détachées et pièces de rechange à usage militaire. Israël et la Suisse pourraient se joindre à ce boycott. Depuis la réalisation de manoeuvres navales dans les Caraïbes en mai 2006 par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, c’est l’alerte générale au pays de Chavez puisque ce sont les plus grandes manoeuvres effectuées dans la région depuis la crise des missiles avec Cuba en 1962. En août de cette même année, on a appris que la Direction du renseignement national (DNI, Director of National Intelligence) des Etats-Unis avait créé un poste particulier pour des taches de renseignement et des opérations spéciales pour Cuba et le Venezuela.

Depuis lors, Caracas s’est lancée dans l’achat d’armements mais a dû s’adresser à d’autres pays qui n’ont pas de bonnes relations avec Washington, notamment la Russie, la Chine et l’Iran, mais aussi l’Espagne. Plus de 52 mille fusils AK-103, sur les 100 mille achetés à la Russie pour remplacer les FAL belges qui datent des années 50, ont déjà été livrés. De plus, le Venezuela cherche à acheter des missiles anti-aériens M1 Tor (similaires à ceux que vient d’acquérir l’Iran), 24 chasseurs bombardiers SU-30, 30 hélicoptères de transport et d’attaque MI-35, tout cela en Russie, une demi douzaine de corvettes et une dizaine d’avions de transport espagnols.

Jusqu’à aujourd’hui, le Venezuela a dépensé environ 3 milliards de dollars en armes et on spécule maintenant sur le fait qu’il pourrait acquérir entre 5 et 9 sous-marins conventionnels (diesel-électriques). Selon des analystes militaires, les sous-marins, même s’ils ne sont pas de dernière génération, « constituent une menace potentielle pour une quelconque opération navale ou amphibie », comme l’a montré la guerre des Malouines (1982), quand un seul et vieux sous-marin argentin créa d’énormes difficultés aux forces britanniques.

Même s’il n’est pas adéquat de parler d’une course régionale aux armements, ce qui est sûr c’est que Chavez semble être en train d’élaborer une stratégie de défense. De l’expérience en Irak il a tiré l’enseignement de l’importance des milices armées pour développer une guerre asymétrique face à une possible invasion. D’où l’achat massif de fusils que le Venezuela pourrait être en condition de fabriquer si les négociations pour installer une usine dans le pays réussissent. En parallèle, s’il opte pour l’achat de sous-marins, il peut être en train d’indiquer que son pays se prépare à un éventuel blocus maritime qui pourrait interrompre les exportations de pétrole.

Dans tous les cas, il convient de prendre les données antérieures avec des pincettes. Le Venezuela dépend autant de ses exportations de pétrole que les Etats-Unis des importations de ce pays. Les importations de brut vénézuélien sont passées de 15,2 milliards de dollars en 2001 à 34 milliards en 2005. Le Venezuela est déjà le troisième exportateur de pétrole aux Etats-Unis, dépassant ainsi l’Arabie saoudite.

vendredi 20 juillet 2007

Petro Caribe Un quota de 14.000 barils de pétrole par jour destiné à Port-au-Prince



Le Président Haitien René Garcia Préval à gauche avec le Président Hugo Chavez



Installations pétrolières à Caracas


L’Assemblée Nationale vénézuélienne (Parlement) a approuvé successivement écoulé les accords énergétiques signés par Caracas avec Haïti et la Bolivie dans le cadre du programme PetroCaribe.

L’entente à caractère ouvert, conclue avec Haïti sur la base des principes fondateurs de l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), prévoit une livraison quotidienne de 14.000 barils de pétrole. Le document approuvé par les parlementaires à une forte majorité souligne que la signature d’accords de ce type avec des pays non membres de l’ALBA est autorisée.Le gouvernement haïtien ne prévoit pas de baisser le prix du carburant.

Les prix de pétrole sont à la hausse en Haiti. Le gouvernement haïtien ne prévoit pas la baisse du prix de l'essence à la pompe, c'est ce qu'avait déclaré le président René Préval à sa descente d'avion en provenance de Washington samedi 23 juin 2007. Les syndicats des chauffeurs de transport en commun, ne sont pas du même avis que le gouvernement. Ils pensent que l'Etat devrait consentir une perte sur chaque gallon de gazoline vendue. Des mesures d'accompagnement vont être prises pour remédier à cette situation, a encore déclaré le chef de l'Etat.

jeudi 19 juillet 2007

Passe d'armes à la Barbade sur Cuba



Stephen Harper et le Premier Ministre Barbadien Owen Arthur hier à Bridgetown (Barbade)

Le premier ministre Stephen Harper s'est aventuré sur le terrain miné des relations avec Cuba pour la première fois, jeudi, ce qui l'a placé en opposition légère avec son hôte barbadien.

M. Harper est dans la région des Caraïbes pour faire la promotion de son programme de démocratie, de marchés libres et de libre-échange pour l'hémisphère. Il a déclaré que le Canada est prêt à entreprendre des négociations pour conclure un accord de libre-échange avec les 15 pays membres du Marché commun des Caraïbes, le Caricom.

Mais quand on lui a demandé s'il avait l'intention de visiter Cuba, le plus grand pays de la région et une de ses économies les plus importantes, M. Harper a déclaré que cela n'était pas le cas. Il a souligné que les gouvernements canadiens ont fréquemment "exprimé certaines préoccupations concernant la gouvernance et les droits de l'Homme à Cuba".

Le premier ministre barbadien Owen Arthur a répondu en déclarant que Cuba a le droit de choisir sa propre voie.

Il a déclaré que des "relations civilisées" entre pays civilisés ne sont pas basées sur des leçons de morale mais sur "le respect de la souveraineté des peuples et la non-ingérence et le droit des peuples à choisir des voies alternatives pour leur développement".

M. Arthur essaie d'inclure Cuba dans la communauté des nations des Caraïbes. Le président cubain Fidel Castro est de son côté déterminé à ce que l'île qu'il dirige depuis 1959 n'en fasse pas partie.

Lors d'un discours prononcé en fin d'après-midi après s'être entretenu avec 11 dirigeants des Caraïbes, M. Harper a lancé un plaidoyer en faveur du libre-échange.

"Je sais qu'il existe dans la région un certain scepticisme face au libre-échange, a-t-il dit. Mais honnêtement, il n'y a pas de meilleur moyen d'améliorer le niveau de vie à long terme. Et votre région suit un sentier bien balisé en se dirigeant vers la formation d'un seul bloc commercial."

M. Arthur s'est réjouit de cette annonce, en soulignant que la région est prête pour le libre-échange depuis 2001. Il a dit que sa région s'attendait à la conclusion d'un accord commercial moderne avec le Canada, qui n'inclurait pas uniquement le commerce de biens et services, mais aussi un mécanisme de règlement des différends commerciaux. M. Arthur a ajouté qu'il veillerait aussi à ce que la Barbade ne se transforme pas en paradis fiscal pour de riches Canadiens.

Les deux chefs de gouvernement ont aussi discuté de la situation difficile que vit Haïti, la prochaine escale de Stephen Harper avant son retour au Canada. Le premier ministre Arthur estime que d'y envoyer de l'argent ne suffit pas car Haïti ne dispose pas des institutions nécessaires pour faire bon usage de ces ressources.

Bolivar sous le feu des mensonges


Par Maxime Vivas

La crainte de radoter nous vient à toujours citer le mot de Pierre Bourdieu sur le phénomène de la « circulation circulaire de l’information ». Mais le constat est d’actualité. Ainsi, une source politique ayant lancé le bobard de la fermeture par Hugo Chavez de la chaîne de télévision RCTV, les journalistes, qui se lisent entre eux, le répètent en boucle jusqu’à ne plus douter eux-mêmes de sa véracité. Dame ! C’est écrit partout : donc, c’est vrai !

Jeudi. Dans un taxi qui nous ramène des studios de VTV (Venezola de TeleVision) où nous venons de participer à une émission en direct, Thierry Deronne, vice-président de Vive TV me fait écouter un message sur son portable. C’est le correspondant français d’une station de radio allemande qui lui demande de bien vouloir le rappeler pour répondre aux deux questions suivantes : « Que pensez-vous de la fermeture de RCTV par Chavez et des menaces de fermeture de Globavision ? »

Analyse : deux questions au contenu faux et une ignorance du dossier révélée par l’erreur sur le nom de GlobOvision. N’apprend-on pas dans les écoles de journalisme, pour un dossier conflictuel, à se renseigner auprès des différents protagonistes avant de recueillir les avis de témoins ? Si le journaliste en question l’avait fait, ses questions auraient été différentes. La même mésaventure est arrivée à Benjamin Durand, un Français qui dispense des cours dans une école de cinéma de Caracas et à qui une journaliste de RFI pose des questions si manifestement semblables à celles que l’opposition anti-chaviste auraient posées qu’il refuse de répondre, lui conseillant d’étudier d’abord le dossier.

Rappelons les faits :

Le 28 mai, la licence autorisant la chaîne de télévision vénézuélienne RCTV à émettre par voie hertzienne expirait et n’a pas été renouvelée. Mais RCTV peut disposer du câble, du satellite, d’Internet, comme des centaines de chaînes à travers le monde.

Par la vertu du pilonnage mondial des médias essentiellement aux mains des puissances d’argent, ce non renouvellement s’est transformé en « fermeture » d’une télévision, sonnant le glas de toute liberté d’expression au Venezuela, accélérant une dérive autoritaire, voire dictatoriale.

Marcel Granier, le patron de RCTV, oubliant à Caracas son arrogance folle, son mépris des lois et ses préventions contre les résultats du suffrage universel, s’est précipité en Europe, agneau innocent que le loup prétend dévorer alors qu’il se désaltérait dans le courant d’une onde pure. Dans les couloirs du parlement européen à Strasbourg où il rencontra un Robert Ménard (patron de RSF) aussi primesautier qu’un croque-mort, il appela au sauvetage de la démocratie et de la liberté.

Ce parlement réunit alors une coalition de partis de droite et d’extrême droite pour voter une résolution à coloration Ménardo-Graniériste. L’affaire fut difficile cependant car, sur 785 députés, 65 seulement étaient présents. 43 se laissèrent embarquer dans cette galère (portés par un élan politicien nourri d’informations erronées) tandis que 22 députés de gauche votaient contre.

Plusieurs articles ont déjà circulé sur le Net, énumérant les cas de non renouvellement de licences, voire les brutales suspensions en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique latine. Nul d’entre nous n’en avait entendu parler. Aucune indignation planétaire n’avait envahi nos médias. L’Europe n’en souffla mot. RSF ne hurla pas. Aucun parti politique ne lança ses troupes dans la rue. Aucun opposant ne tira à balles réelles contre des policiers désarmés. Aucun gouvernement responsable de la répartition (non extensible) du spectre hertzien ne vit des télés de son pays montrer des manifestants appelant à son renversement. Aucune télé ne publia des montages d’images faisant voisiner le chef d’Etat incriminé avec un leader d’Al-Qaida. Aucune ne nous montra l’attentat dont fut victime le pape Jean-Paul II avec un commentaire laissant entendre que son président n’était à l’abri de rien (« Soyez sûr que cela ne s’arrêtera pas ici »). Aucune ne laissa ses journalistes ou invités dire n’importe quoi (exemple : « Chavez va répliquer en faisant manifester les « hordes » des « ranchos » (bidonvilles) », ou encore : « Il faut éviter que le Venezuela devienne une Cuba où les chrétiens sont pourchassés pour être tués ») [1]. CNN en espagnol n’informa pas l’Amérique latine en utilisant des images (anciennes mais plus spectaculaires) d’une manifestation au Mexique. Nulle jeunesse dorée ne sortit des Universités catholiques pour descendre sur le pavé. Bref, jamais, nulle part, le non renouvellement d’une licence ne fut ainsi mondialement médiatisé, politiquement exploité au-dedans et au-dehors du pays, suscitant un déferlement d’informations tronquées ou mensongères, de trucages d’images, d’appels implicite au coup d’Etat et à tirer sur le chef de l’Etat.

Et nos beaux esprits européens, drapés dans la cape liliale de leur amour pour la liberté d’expression (mais pas pour autant de la vérité ), les fervents défenseurs de la démocratie, se vautrent dans cette fange, marionnettes agitées par des fils made in USA, bernés par un Marcel Granier que les lois françaises auraient conduit en prison dès le 15 avril 2002 (lendemain du coup d’Etat) et par un Robert Ménard, patron d’une organisation dont les effectifs sont squelettiques et dont les ressources internes sont inférieures à celles qui lui proviennent des USA, via des organisations écrans de la CIA [2].

Ajoutons qu’il existe une distorsion flagrante entre les idées de la population (63 % ont voté pour Chavez en décembre 2006) et le positionnement politique extrême de la plupart des médias qui se substituent ouvertement aux partis d’opposition [3].

Des étudiants, chauffés à blanc par la télévision, encouragés par les réactions de la presse étrangère, réécrivent, peut-être sans le savoir, un sinistre scénario rôdé au Chili en 1973. Cette année-là, les Universités privées, la Fédération des Etudiants de l’Université Catholique appelèrent à défendre la liberté d’apprendre contre l’instrument « marxiste de politisation des consciences » qu’ils combattirent dans la rue contre le pouvoir de l’Unité Populaire de Salvador Allende.

L’attribution du canal hertzien de RCTV à la nouvelle chaîne (TVES) devrait réjouir les hommes de bonne volonté : elle réduit le divorce politique entre les médias et la population, le déséquilibre entre les secteurs médiatiques privé et public, elle offre un espace de culture et d’éducation à un pays où l’analphabétisme vient à peine d’être éradiqué.

Sans l’agitation artificielle et purement politique qui a entouré la naissance de TVES, on aurait parlé d’une décision utile à la paix civile. Quoi qu’il en soit, c’est bien ainsi qu’elle sera vue par l’Histoire.

Un important changement de politique étrangère


Ce changement de politique étrangère devant se traduire par une présence plus marquée du Canada en Amérique latine alors qu'il a affirmé que son gouvernement souhaitait développer de nouveaux partenariats politiques et commerciaux autour de ce qu'il qualifié de "modèle canadien" de développement.

Dans le cadre d'un discours prononcé à Santiago, au Chili, M. Harper a affirmé que l'Amérique latine était parfois présentée comme faisant face à deux choix difficiles, le capitalisme pur et dur à l'américaine et l'autoritarisme de gauche du président vénézuélien Hugo Chavez.
"Bien entendu, cela n'a aucun sens", a-t-il déclaré en présence d'un auditoire constitué de quelque 500 personnes des milieux d'affaires.
"L'existence même du Canada démontre que ce soi-disant choix est faux, a-t-il ajouté. Les structures politiques du Canada diffèrent beaucoup de celles des Etats-Unis.
"Nos valeurs culturelles et nos modèles sociaux sont fondés sur des forces uniques, et nous faisons nos propres choix politiques qui répondent à nos besoins."

Les propos de M. Harper ont été accueillis par les applaudissements soutenus des gens d'affaires et les éloges de la présidente du Chili, Michelle Bachelet, qui a affirmé qu'"après vous avoir entendu, nous savons sans aucun doute pourquoi notre relation progresse".

Le premier ministre a prononcé son allocution à la suite de la conclusion d'une entente visant à accroître les liens économiques, politiques et sociaux avec le Chili.

Il s'agissait de la deuxième annonce en autant de jours faite dans la région au sujet de la libéralisation des échanges commerciaux entre le Canada et des partenaires d'Amérique latine. Lundi, M. Harper a annoncé le début de négociations sur le libre-échange entre le Canada, la Colombie et le Pérou.

Souvent accusé d'épouser les politiques américaines, M. Harper a souligné les différences existant à ses yeux entre les modèles du Canada et des Etats-Unis.

Le premier ministre a fait valoir que le modèle canadien faisait la promotion de la liberté, de la démocratie, des droits de la personne et de l'économie de marché. Il a précisé qu'il se démarquait du modèle américain par ses politiques de cohésion sociale, comme le régime universel de soins de santé, la péréquation et d'autres institutions progressistes.

M. Harper a également ajouté que pour jouer un tel rôle en Amérique latine, le Canada avait besoin de partenaires, et il a assuré ses interlocuteurs, du même souffle, que le Canada n'avait ni la tradition ni les capacités de conquérir ou dominer ses partenaires.

"Ce que nous pouvons faire est d'utiliser nos ressources et notre bonne volonté, de concert avec ceux avec qui nous avons des liens historiques et des intérêts importants, afin de bâtir un hémisphère plus démocratique, plus prospère et plus sécuritaire pour l'ensemble des citoyens

mercredi 18 juillet 2007

Harper courtise l'Amérique latine



Qualifiant le controversé président colombien Alvaro Uribe d'allié et de démocrate, le premier ministre Stephen Harper a inauguré sa tournée de l'Amérique du Sud, lundi, en annonçant l'ouverture de négociations de libre-échange avec la Colombie et le Pérou.

M. Harper a aussi déclaré que le Canada et la Colombie négocieront une entente pour éliminer la double imposition.

L'intention de négocier une entente de libre-échange avec la Colombie et le Pérou avait été annoncée la semaine dernière, mais la révélation que les négociations ont débuté cette semaine en a surpris plusieurs.

Les groupes de défense des droits de la personne et les organisations non gouvernementales de la Colombie ont immédiatement condamné ces pourparlers, estimant que le libre-échange ne servira qu'à appauvrir encore davantage les quelque 46 millions d'habitants du pays.

«À travers le pays, 30 000 (personnes) ont été détenues ou sont disparues depuis 10 ans, on compte trois millions de réfugiés internes, des milliers qui ont été tués, donc comment peut-on dire: «OK, il y a tout ce sang qui coule, mais les affaires passent en premier?'«, a demandé Lilia Solano, la directrice du Projet justice et vie.
Mais M. Harper, qui effectuait la première visite officielle d'un premier ministre canadien en Colombie, a rejeté ces critiques et les préoccupations que la Colombie, vue par certains comme le pays le plus violent de l'hémisphère occidental, ne soit pas un bon choix pour la signature d'un accord commercial.

Se tenant aux côtés de M. Uribe après plus de deux heures de discussions, M. Harper a souligné que le président avait eu le courage de faire face au passé et a déclaré que la Colombie se trouve sur le chemin de la démocratie et de la réconciliation nationale.

Des problèmes persistent, a-t-il reconnu, mais cela n'est pas un prétexte suffisant pour isoler la Colombie. «Quand nous voyons un pays comme la Colombie qui a décidé de s'occuper de ses problèmes sociaux, politiques et économiques, qui veut épouser la liberté économique et la démocratie politique et les droits de la personne et le développement social, alors nous voulons l'aider, a dit M. Harper.

«Nous sommes ici pour vous encourager et vous aider. Nous ne vous demanderons pas de régler tous vos problèmes sociaux, politiques et de droits de la personne avant d'engager avec vous des relations commerciales. Ce serait une position ridicule.»

Le président Uribe est actuellement embourbé dans un scandale qui a vu une dizaine de membres de son gouvernement, et même son cousin, être accusés d'entretenir des liens avec les violentes milices d'extrême-droite. M. Uribe a dit tenter de faire la lumière sur ces allégations, tout comme sur l'assassinat récent de deux politiciens.

M. Harper a affirmé avoir évoqué la question des droits de la personne lors de ses entretiens avec M. Uribe.

Le voyage d'une semaine de Stephen Harper comporte aussi des étapes au Chili, à la Barbade et à Haïti, ce qui vient rehausser l'intérêt du gouvernement conservateur envers l'Amérique latine.

Les échanges commerciaux entre le Canada et cette région ont grimpé de 78 pour cent au cours des trois dernières années. La Colombie est le troisième marché en importance pour les exportations canadiennes sur ce continent, notamment pour le blé, les pièces automobiles, le papier journal et l'aluminium.

Les entreprises canadiennes ont aussi investi en Colombie quelque 2 milliards $ dans les secteurs des hydrocarbures, des mines et des services.

La 3° voie pour l'Amérique du Sud



Dans le cadre d'un discours prononcé à Santiago, au Chili, M. Harper a affirmé que l'Amérique latine était parfois présentée comme faisant face à deux choix difficiles, le capitalisme pur et dur à l'américaine et l'autoritarisme de gauche du président vénézuélien Hugo Chavez.

«Bien entendu, cela n'a aucun sens», a-t-il déclaré en présence d'un auditoire constitué de quelque 500 personnes des milieux d'affaires.

«L'existence même du Canada démontre que ce soi-disant choix est faux, a-t-il ajouté. Les structures politiques du Canada diffèrent beaucoup de celles des États-Unis.

«Nos valeurs culturelles et nos modèles sociaux sont fondés sur des forces uniques, et nous faisons nos propres choix politiques qui répondent à nos besoins.»

Les propos de M. Harper ont été accueillis par les applaudissements soutenus des gens d'affaires et les éloges de la présidente du Chili, Michelle Bachelet, qui a affirmé qu'«après vous avoir entendu, nous savons sans aucun doute pourquoi notre relation progresse».
Le premier ministre a prononcé son allocution à la suite de la conclusion d'une entente visant à accroître les liens économiques, politiques et sociaux avec le Chili.
Il s'agissait de la deuxième annonce en autant de jours faite dans la région au sujet de la libéralisation des échanges commerciaux entre le Canada et des partenaires d'Amérique latine.
Lundi, M. Harper a annoncé le début de négociations sur le libre-échange entre le Canada, la Colombie et le Pérou.
Souvent accusé d'épouser les politiques américaines, M. Harper a souligné les différences existant à ses yeux entre les modèles du Canada et des États-Unis.
Le premier ministre a fait valoir que le modèle canadien faisait la promotion de la liberté, de la démocratie, des droits de la personne et de l'économie de marché. Il a précisé qu'il se démarquait du modèle américain par ses politiques de cohésion sociale, comme le régime universel de soins de santé, la péréquation et d'autres institutions progressistes.
M. Harper a également ajouté que pour jouer un tel rôle en Amérique latine, le Canada avait besoin de partenaires, et il a assuré ses interlocuteurs, du même souffle, que le Canada n'avait ni la tradition ni les capacités de conquérir ou dominer ses partenaires.

Le canada voudrait être une 3° voie entre Bush et Chavez



En présence de la présidente du Chili, Michelle Bachelet, et de gens d'affaires, le premier ministre a livré son message. «Le Canada est déterminé à jouer un plus grand rôle au sein des Amériques et dans les Caraïbes.»

M. Harper estime que «les Amériques sont aujourd'hui à un point tournant», que certains pays, comme le Chili, accèdent aux développements social et politique alors que d'autres se tournent vers des politiques économiques régressives, une allusion à peine voilée au gouvernement vénézuélien de Hugo Chavez.

«Certains dans l'hémisphère sont portés à croire que leurs seuls «Certains dans l'hémisphère sont portés à croire que leurs seuls choix se limitent - si j'ose dire - à un retour au syndrome du nationalisme économique, à l'autoritarisme politique et à la lutte des classes ou à celui de devenir exactement comme les États-Unis. Tout cela, bien sûr, n'a aucun sens. L'existence même du Canada prouve que ces choix sont de mauvais choix.»

Trois piliers

«Nous allons d'abord asseoir et promouvoir nos valeurs fondamentales de liberté, de démocratie, de respect des droits de la personne et de la primauté du droit, a-t-il précisé. Ensuite, nous allons construire une économie forte et durable grâce à l'accroissement du commerce et des investissements tout en mettant à la disposition des citoyens de l'hémisphère davantage de moyens de se réaliser. Enfin, nous allons nous donner les moyens de faire face ensemble aux nouveaux défis sécuritaires, aux désastres naturels et aux pandémies.»

Le premier ministre Harper avait déjà indiqué en février, et au sommet du G8 le mois dernier en Allemagne, son intention d'affermir les liens du Canada avec ses «voisins» d'Amérique latine et des Caraïbes. Le choix du Chili pour annoncer en détail cette nouvelle politique est hautement symbolique. Le Chili est aujourd'hui le grand partenaire du Canada en Amérique latine, la clé en quelque sorte d'une percée commerciale dans la région. En 2006, le Canada se classait au premier rang pour les nouveaux investissements au Chili qui ont atteint au cours de cette seule année 11 milliards de dollars.

Et hier, M. Harper et Mme Bachelet ont célébré, au cours d'une rencontre bilatérale, le 10e anniversaire du Traité de libre-échange Canada-Chili, «une réussite», ont-ils dit, en signant un nouvel accord de partenariat élargi dans les domaines de l'énergie, de l'éducation, de l'environnement, de la lutte contre les changements climatiques et de l'agriculture.

Michelle Bachelet, la présidente d'un gouvernement progressiste de gauche au Chili, symbolise la nouvelle Amérique latine de plus en plus démocratique et respectueuse des droits de la personne. Michelle Bachelet a été détenue et torturée par la dictature de Pinochet en 1975 et son père, le général Alberto Bachelet, est mort en 1974 aux mains des bourreaux de la junte militaire pour avoir soutenu le gouvernement Allende.

Pour le premier ministre Harper, cette nouvelle politique est un changement radical qui est la conséquence normale de deux initiatives du gouvernement conservateur de Brian Mulroney: l'adhésion à l'ALENÀ et l'adhésion du Canada à l'Organisation des États américains en 1989. «Pendant des siècles, a-t-il affirmé, la politique étrangère du Canada a toujours été enracinée dans nos relations avec les empires français et anglais; elle s'est toujours définie comme étant liée à l'Europe. () La nouvelle perspective que nous dévoilons est cette fois enracinée dans notre géographie. Nous sommes, en fait, un pays des Amériques.»

Pour preuve de ce nouvel engagement, a souligné Stephen Harper, «le Canada est de retour dans le grand jeu des négociations commerciales. Nous avons entamé lundi dernier des négociations de libre-échange avec la Colombie, le Pérou et la République dominicaine. Nous demeurons déterminés également à négocier un accord avec le quatuor d'Amérique centrale, soit le Salvador, le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua».

Déjà, a rappelé le chef du gouvernement hier, les investissements canadiens dans les Amériques atteignent 100 milliards de dollars, «une somme qui est plus que le double des investissements canadiens en Asie».

La Banque de Nouvelle-Écosse à Santiago

Plus tôt dans la journée, le premier ministre canadien s'était rendu à une nouvelle succursale de la Banque de Nouvelle-Écosse à Santiago pour changer 60$ en pesos chiliens. Il a été reçu par nul autre que le PDG de la Banque Scotia, Richard Waugh, qui a fait état de l'essor de la Banque au Chili et ailleurs en Amérique latine. La Banque de Nouvelle-Écosse compte en effet 56 succursales au Chili et quelque 1500 employés.

M. Waugh a déclaré aux journalistes hier que l'essor de la BNE au Chili devait beaucoup au libre-échange et au «modèle canadien». «Nous avons ce grand avantage ici, a-t-il dit, d'être Canadiens. Nous ne sommes pas une puissance militaire ou politique, ce qu'apprécie beaucoup l'Amérique latine. Nous sommes la démonstration des effets positifs de la transparence et de la démocratie. Tout cela nous permet d'oeuvrer sur un pied d'égalité avec nos partenaires. Les portes s'ouvrent plus facilement pour nous.»

lundi 16 juillet 2007

Venezuela : plus je lis les menteurs, plus j’aime Bolivar




L'auteur de ''une obsession nommée Hugo'' avec une étudiante africaine de Bruxelles Micheline Kwaku au colloque Menaibuc le 7 Juillet dernier à Paris( Maison des Mines )


par Maxime Vivas


Un sujet d’étonnement, quand on lit la presse opposée à la montée des résistances en Amérique latine, est l’évacuation de toute pensée élaborée qui pourrait convaincre de leur nocivité. Seul le mensonge est attelé à ce labeur.

Après tout, des discussions philosophiques, éthiques pourraient opposer les partisans de Chavez et ses adversaires. La place existe pour confronter des approches différentes, des conceptions politiques antagonistes, sur la gestion des affaires publiques, sur les choix économiques, sociaux, culturels, sur la vision du rôle des Etats-Unis dans la région, sur ce que doit être la démocratie, sur ce que devrait être, ou ne pas être, le socialisme, sur les vertus ou les tares du néolibéralisme dans ce pays.

Hélas !, les penseurs qui situeraient le débat à ce niveau, qui le tireraient vers le haut, ont laissé la place à des falsificateurs de faits, à des truqueurs de vérité, à des faussaires ou, dans le meilleur des cas, à des paresseux qui ressassent sans vérifier.

A quoi assistons-nous depuis des années ?

A la répétition quasi machinale d’informations provenant d’une source unique dont il faudrait se méfier comme de la peste. Quelle est cette source ? La presse vénézuélienne. Qui sont ses patrons ? Pour l’essentiel, des oligarques immensément riches qui vivent une partie de l’année aux Etats-Unis et dont la vocation pour l’information est aussi forte que celle de Serge Dassault, Arnaud Lagardère ou de Patrick Lelay. Parfois, le décervelage s’appuie sur des instituts de sondage vénézuéliens. Nombre de ces derniers appartiennent aux patrons de presse.

La quasi totalité des chaînes de télévision vénézuéliennes sont privées. Elles sont hostiles à un gouvernement choisi par le peuple avec une grande constance (onze élections consécutives remportées par les tenants de la révolution bolivarienne). Neuf grands quotidiens nationaux sur dix sont dans l’opposition. Ces télés et ces journaux se sont substitués pour la plupart aux partis politiques de droite en complète déconfiture. Ce sont pourtant leurs « informations » et uniquement celles-là, que nos médias reprennent à l’envi.

Ce panurgisme est suicidaire pour notre presse déjà (et pour cela ?) assez discréditée et, par suite, en mauvaise santé.

Dans leur grande masse, les médias vénézuéliens ont participé au coup d’Etat d’avril 2002. Quelques-uns, au premier rang desquels la chaîne RCTV, ont joué un rôle moteur dans son déclenchement. Ces faits (et non cette « opinion ») n’ont plus à être démontrés. Jusqu’aux Etats-Unis, on trouve des journaux qui ont honnêtement écrit là-dessus. Voir le Los Angeles Times du 30 mai 2007. « Hugo Chavez contre RCTV » par Bart Jones. http://www.latimes.com/news/opinion/commentary/la-oe-jones30may30,1,5553603.story

Les médias putschistes ont menti, menti, menti tout au long du putsch. Ils n’ont pas cessé ensuite. Au contraire.

Avant, pendant, après le putsch, et sans désemparer jusqu’à aujourd’hui, une chaîne comme RCTV s’est mise dans une situation où elle n’aurait pas tenu une heure en France. La liste de ses manquements à la loi est telle que son patron serait en prison, accompagné par une partie de son équipe. Manquements ? Oui, par centaines ! Des manquements qu’aucun média ne se permettrait en France, et couvrant des domaines divers : loi sur la publicité pour le tabac et l’alcool dans les stades, protection de l’enfance, images subliminales, appels à la désobéissance civile... Ajoutons-y le refus arrogant, réitéré, de tout dialogue de RCTV avec la Conatel, l’équivalent de notre CSA. Plus de vingt fois convoquée en 2006, RCTV n’a jamais répondu.

Or, que lisons-nous en France ? Des articles de journalistes informés auprès des différents protagonistes ? Pas du tout. Seules les versions des ex-putschistes nous parviennent, c’est-à-dire celles des adversaires de la légalité démocratique, celles des ennemis du suffrage universel, celles des félons. Même sur des sites internet attachés à la vérité, le bourrage de crâne se taille une place.

L’avalanche des mensonges déversés partout est telle que la fatigue nous vient à l’idée de démonter toutes ces fumisteries. Il faudrait n’avoir que ça à faire.

D’autant plus que, pour chacune, on doit développer, tant le lecteur est a priori incrédule devant une autre information qui dément celle qu’il a reçue cent fois déjà et qui lui a appris le contraire.

Si un explorateur revient d’Amazonie et réussit à publier dans nos journaux que, là-bas, dans la forêt profonde, l’eau boue à 80°, que les mygales s’accouplent avec les serpents et que les Indiens mangent un de leur bébé sur deux, si ces bobards sont ensuite repris mille fois dans les médias, ils convaincront une partie des lecteurs, non parce qu’ils sont crédibles, mais parce qu’ils sont répétés.

Mais ils resteront des mensonges.

S’agissant du Venezuela, nous en sommes là.

Chavez a instauré un parti unique ? Mensonge !

Il modifie la Constitution pour être président à vie ? Mensonge !

Il a fermé la dernière chaîne de télévision d’opposition ? Mensonge !

Il empêche RCTV d’émettre par d’autres voies ? Mensonge !

Son incurie provoque des pénuries alimentaires ? Mensonge !

Il n’a pas été invité à la Douma lors de sa visite à Moscou ? Mensonge !

Poutine lui a fait un affront ? Mensonge !

On en citerait mille encore, on s’égosillerait à répéter : Mensonge ! Mensonge ! Mensonge !

En voici un nouveau, pourtant, sur lequel je m’arrête un peu : « RCTV n’a pas repris ses émissions parce que son matériel lui a été volé par l’Etat ». Sous-entendu : « Nous n’avons pas affaire à un Etat de droit, mais à une mafia dictatoriale ».

La vérité est la suivante : la concession pour émettre par voie hertzienne a été accordée à RCTV par un précédent gouvernement, il y a vingt ans. Le contrat stipule que les installations nécessaires seront construites par Radio Caracas C.A. à ses seuls frais. Tant le terrain, comme les tours et constructions qui s’y installent resteront propriété exclusive de la République.

Pourquoi cette disposition ? Pour que, en cas d’attribution de la fréquence à une autre chaîne, il n’y ait pas rupture dans les émissions. Chavez n’a rien volé, il a rendu à la nation deux biens qui lui appartenaient : la fréquence hertzienne et les moyens d’en user. En conformité avec la loi et les termes d’un contrat signé par ses prédécesseurs.

RCTV n’a pu émettre entre le 28 mai et juillet ? Mais elle a délibérément refusé de se tourner vers les canaux par satellites et par câble, d’abord pour bien marquer qu’elle ne respecterait pas la décision souveraine de l’Etat, qu’elle le ferait plier, et ensuite parce que sa victimisation nécessitait une fermeture volontaire. Dès qu’il est apparu qu’elle avait perdu la partie, RCTV a pris ses dispositions pour émettre (par câble, à ce jour). Elle aurait pu le faire avant, ayant été avertie dès décembre 2006.

RCTV n’est pas une chaîne de télé comme les nôtres, c’est un fer de lance de la droite la plus radicale du Venezuela. Son patron, Marcel Garnier, peut supporter des mois d’interruption sans que ses finances en soient plus affectées que les vôtres quand vous achetez une baguette de pain. Il possède, en totalité ou en partie, quarante radios et chaînes télévisées, en plus de RCTV.

Sur Agoravox, Daniel Duquenal, qui s’est spécialisé dans la critique du gouvernement vénézuélien, parle de « vengeance politique », de « haine politique de Chavez », de « projet totalitaire » tendant vers la « répression pure et simple ». Nous sommes là dans le domaine de l’opinion. Acceptons-là comme élément d’un débat.

Hélas, il étaie cette opinion par des faits mensongers, souvent basés sur l’émotionnel. En vrac : Chavez a fermé RCTV (faux). RCTV n’a pas été capable depuis plus d’un mois de retrouver un espace de diffusion (un mois ? Mais elle a bénéficié de près de six mois) ni de recevoir les revenus nécessaires pour pouvoir maintenir son personnel (Des subventions, peut-être ? Malgré l’immense fortune du patron de RCTV). Chavez veut faire payer des impôts supplémentaires à RCTV (il s’agit d’arriérés, RCTV ayant coutume de se soustraire impunément à l’impôt. RCTV doit au fisc 1,5 milliard de dollars de bolivares, soit 700 000 dollars).

Et puis ceci que j’ai déjà évoqué : « Tous les équipements de transmissions de RCTV ont été séquestrés par le gouvernement... simple confiscation de la part du gouvernement de Chavez qui établit le dangereux précèdent juridique de donner à l’état le « droit » de saisir tout bien privé dont l’Etat a simplement besoin, quelle que soit la raison de ce besoin. Bref, le vol légalisé en faveur de l’Etat. » Nous avons là un beau mensonge pour amener un jugement abrupt.

Et encore : « Il y a les déficiences maintenant chroniques de certaines denrées alimentaires » (Les services officiels chargés de l’approvisionnement n’en finissent pas de découvrir des stocks cachés, la pénurie étant organisée : une grève patronale d’un type nouveau et cruel).

Enfin, pour le même polémiste, ceux qui n’adhèrent pas au « parti unique du chavismo » (faux, ce parti se veut « uni », pas « unique ») « seront désormais des citoyens de seconde classe, voire des ennemis de la nation, des suppôts de l’impérialisme » (belle invention qui ne se base sur rien de rien !).

Chavez honni du monde entier ? « Même le parlement russe, la Douma n’a pas voulu le recevoir la semaine dernière, alors que Poutine ne le recevait que d’une façon « privée » pour ne pas avoir à lui donner les honneurs d’une visite officielle ».

La vérité est que Chavez a été invité à la Douma. Il y a fait un discours (pas à la tribune mais dans une salle annexe). Pourquoi ? Parce que le règlement de la Douma, sauf rarissimes exceptions, interdit que des chefs d’Etat s’y expriment en tribune. Y déroger pour Chavez, c’était irriter inutilement Washington à la veille d’un sommet avec le président George W. Bush.

Voici ce que dit RFI (Stefanie Schüler 29/6/207 ) : « Il a été accueilli par Vladimir Poutine dans sa résidence de campagne à Novo-Ogarevo, près de Moscou. Lequel Poutine « sera reçu, le 1er et 2 juillet, par George W. Bush dans sa résidence familiale à Kennebunkport, dans le Maine. Un honneur qu’aucun autre dirigeant ne s’est encore jamais vu accorder ». Affront ici, honneur là-bas ?

On pourrait faire ainsi cent pages qui démontreraient que les adversaires de la révolution bolivarienne ont besoin de l’à-peu-près, de l’insinuation, du mensonge pour la combattre.

Et ça, c’est finalement réjouissant (Cette remarque finale est une « opinion ». Optimiste).

Maxime Vivas

samedi 14 juillet 2007

Autour du barbecue : Du vent

Notre confrère Michel Vastel de canoe info commente en ces termes les visites en Europe et en Amérique latrine et aux caraIbes des Premiers Ministres canadiens et québecois.En résumé:du vent .

Jean Charest en France et en Bavière, Stephen Harper en Colombie, au Chili, dans les Caraïbes et en Haïti, nos premiers ministres profitent de l'été pour se faire commis voyageurs. Mais l'un et l'autre n'ont guère que de belles paroles à vendre.

La semaine a débuté à Paris pour le premier ministre du Québec. Comme toujours lorsqu'il s'agit d'un premier ministre libéral, l'accent était mis sur les relations économiques plutôt que politiques. C'est comme cela que Jean Charest s'est fait le promoteur d'une «alliance transatlantique» entre l'Europe et le Canada. On ne sait pas s'il en avait parlé au premier ministre du Canada - le premier intéressé! - ni même à ses homologues des autres provinces. À ce stade-ci, on a l'impression qu'il cherchait surtout l'appui des Français et de l'influent État de la Bavière en Allemagne.

L'idée d'un traité commercial avec l'Europe refait surface de temps à autre de ce côté-ci de l'Atlantique. Pierre Trudeau y voyait une «troisième voie» pour réduire notre dépendance vis-à-vis des Etats-Unis. Mais nos échanges avec notre grand voisin du sud n'ont cessé d'augmenter et les Européens ne nous prennent pas au sérieux. Le Québec, et même le Canada, offrent un intérêt marginal par rapport aux grands marchés européens et asiatiques.

Enfin, Jean Charest aura toujours essayé! Un groupe de travail aura même été créé avec la France qui, dans un premier temps, étudiera un projet d'entente sur l'immigration et la mobilité de la main d'oeuvre. Le premier ministre du Québec pense notamment à ouvrir le marché européen aux professionnels québécois mais il lorgne surtout du côté de l'immense réservoir de professionnels de la santé que représente l'Europe. Mais de même que le gouvernement du Québec ne peut prendre de tels engagements internationaux sans la permission d'Ottawa, de même il ne peut être certain d'accélérer l'arrivée de médecins et de spécialistes étrangers au Québec sans la bonne volonté de Ordres professionnels et du Collège des médecins en particulier... C'est loin d'être acquis!

Bref, un beau voyage sans histoire, qui donne quelques articles positifs et surtout de belles images dans la cour de l'Élysée ou à Matignon, mais peu de conséquences pour l'avenir. La multinationale Rio Tinto, qui vient d'acheter Alcan, aura bien plus d'influence sur l'avenir du Québec que l'ensemble du voyage de Jean Charest en Europe.

C'est un peu comme la semaine que le premier ministre canadien passera en Amérique latine à partir de demain. Aux deux extrémités de cette semaine, les étapes seront difficiles: en Colombie, où Stephen Harper voudrait bien entamer des discussions sur un accord de libre échange, et en Haïti où il parlera surtout de démocratie. «Cette visite permettra au Canada de créer de nouveaux partenariats au sein des Amériques et de renforcer ses liens avec l'Amérique latine et les Caraïbes, a dit Stephen Harper. Par cet engagement accru, le Canada pourrait réaliser de véritables progrès dans d'importants dossiers comme la sécurité, la gouvernance démocratique et la prospérité économique...»

Mais on ne peut s'empêcher de penser que si la Colombie est le principal exportateur de cocaïne, Haïti est la principale plaque tournante pour son commerce vers les Etats-Unis. Voilà un terrain bien dangereux pour le premier ministre du Canada. C'est pourquoi les diplomates canadiens donneront une façade honorable à ce voyage avec les étapes intermédiaires du Chili et de la Barbade pour un mini Sommet avec les chefs des gouvernements des Caraïbes.

«Nous souhaiterions que le 'modèle canadien' soit une alternative viable au modèle vénézuélien» a osé dire un haut fonctionnaire canadien lors d'une rencontre avec la presse. Il est bien certain que le régime d'Hugo Chavez dérange beaucoup plus la Maison blanche que le régime conservateur de Stephen Harper. Notre premier ministre serait-il en mission pour le président George W. Bush? Bien sûr que non, protestent les diplomates canadiens.

N'empêche que le Canada aimerait bien passer pour le bon garçon des Amériques, très différent des États-Unis, de même qu'en Afrique, il se présente vierge de tout passé colonial, très différent de la France et de la Grande Bretagne donc. C'est incidemment une autre troisième voie que Pierre Trudeau avait tentée en multipliant les visites au Mexique et à Cuba.

Beau sujet de conversation d'été autour du barbecue! Mais attendez que l'automne parlementaire rattrape nos premiers ministres, vous verrez que les belles images de ces visites officielles à l'étranger seront vite rangées sur la plus haute tablette de leur bureau...

vendredi 13 juillet 2007

Caraïbes-Amérique Latine:des eaux dangereuses

Des ONG, une quarantaine rassemblées au sein du Groupe d'orientation politique pour les Amériques (GOPA), organisme créé par le Conseil canadien pour la coopération internationale (CCCI), se sont réjouies hier du renouveau d'intérêt du Canada pour l'Amérique latine et les Caraïbes.


Elles ont salué l'engagement pris par le premier ministre Harper à Heiligendamm, en Allemagne, lors du sommet du G8 le mois dernier, de s'occuper davantage de «nos voisins d'Amérique». Mais elles ont du même coup servi une mise en garde à Stephen Harper, à la veille de son départ; exhortant le premier ministre à ne pas oublier d'accorder la priorité aux droits de l'homme lorsqu'il s'agira de discuter d'échanges commerciaux, d'investissements, d'aide au développement et à la démocratie, en particulier en Colombie, au Chili et en Haïti. M. Harper s'envole dimanche pour Bogota en Colombie, où il rencontre lundi le président Alvaro Uribe. Il visitera ensuite le Chili, la Barbade et Haïti.

Les ONG s'inquiètent vivement du fait notamment que le premier ministre Harper souhaite conclure un accord de libre-échange avec la Colombie alors que «des liens étroits existent dans ce pays entre l'État, le conflit armé en cours, l'économie de la drogue, une piètre gouvernance et les violations des droits de l'homme», selon Alex Neve, président de la section canadienne d'Amnistie internationale.

«Ce n'est pas le moment de conclure un accord commercial», a déclaré hier Teresa Healy, du Congrès du travail du Canada (CTC).

En conférence de presse hier, Amnistie internationale, le CTC, l'Initiative Halifax et le CCCI ont rappelé que le Congrès américain avait rejeté toute négociation de libre-échange avec la Colombie en raison de la catastrophe humanitaire qui y sévit, notamment les nombreuses exécutions sommaires perpétrées par les forces de sécurité, les disparitions, les déplacements forcés, les assassinats de syndicalistes et les liens de plusieurs membres du Congrès de la Colombie avec les paramilitaires.

Le Canada a annoncé le 7 juin dernier qu'il ouvrait des négociations en vue de conclure un accord de libre-échange avec Bogota et son partenaire andin, le Pérou. Hier, Amnistie internationale et les ONG ont demandé à M. Harper de suspendre ces négociations bilatérales.

Au gouvernement, on s'est voulu rassurant sur cette question. «Il est important de se rappeler, a affirmé un haut responsable gouvernemental, que ce voyage n'est pas un voyage de libre-échange. C'est un voyage pour tisser des liens dans la région, pour insister sur nos valeurs communes, sur la démocratie, sur la justice. C'est un voyage qui a pour objectif le travail de coopération avec de nouveaux et d'anciens partenaires.»

Responsabilisation

La responsabilisation des entreprises minières canadiennes en Amérique latine est également au coeur des inquiétudes des organisations humanitaires et de défense des droits de l'homme. Plus du tiers des investissements mondiaux dans l'industrie minière en Amérique latine et dans les Caraïbes, soit 37%, proviennent de sociétés inscrites en Bourse au Canada. Et trop souvent, affirme le GOPÀ dans sa lettre au premier ministre, «les conflits et les violations des droits de l'homme sont liés aux projets miniers canadiens». Le groupe demande donc à M. Harper de s'assurer que les compagnies minières canadiennes en Colombie, au Pérou et au Chili ne violent pas les droits de l'homme et les normes environnementales.

En Haïti, où le premier ministre Harper doit rencontrer le président René Préval, la situation continue d'être «désastreuse», selon le président d'Amnistie internationale. «Et cela malgré la présence forte des 8000 soldats de la force de sécurité de l'ONU, ajoute Alex Neve. La pauvreté demeure extrême, l'insécurité sévit partout, les violations des droits de l'homme sont permanentes et le catalogue des besoins humanitaires urgents s'allonge. La visite du premier ministre est une occasion majeure de démontrer que l'engagement du Canada envers Haïti demeure ferme et que son gouvernement est disposé à intensifier son aide pour stabiliser ce pays, dit-il, notamment en ce qui concerne le désarmement des milices et des malfaiteurs et le besoin absolu d'une réforme de tous les aspects du système de justice.»