
REFLEXION
Que se passe-t-il en Amérique Latine ?
Par Sylvie Carrasco – Annecy
Pourquoi parler de l’Amérique Latine aujourd’hui ?
Parce que de nombreux observateurs s’accordent pour dire que quelque chose s’y passe depuis le début des années 2000.
Parce que l’année 2006 a été importante et qu’elle est venue confirmer cette opinion par plusieurs processus électoraux.
Avant ces élections successives de 2006, il convient de souligner deux événements importants du fait de leur impact hors des frontières des états concernés et du continent latino-américain lui-même :
a) la crise argentine de 2001.
b) l’élection d’Hugo Chavez au Venezuela.
Lorsque nous pensons ou disons quelque chose se passe en AL, c’est une façon d’avoir conscience d’un changement.
Ce changement pour certains est interprété comme un « virage à gauche », pour d’autres comme l’irruption de nouveaux visages en politique, pour d’autres encore ce qui prévaut c’est l’irruption des populations indigènes comme force sociale et/ou politique, tandis que d’autres préfèrent mettre l’accent sur la montée du populisme.
Essayons de voir ce qu’il en est :
Pour cela, il convient de faire en quelque sorte un rapide état des lieux en nous posant quatre questions :
De quelle(s) gauche(s) parle-t-on lorsque l’on évoque ces changements ?
Quelles ont été certaines des causes de ces changements ?
Sont-ils, peuvent-ils être un espoir dans notre lutte ou résistance contre le capitalisme aujourd’hui renommé libéralisme ?
Quelles sont les limites à ces changements ou les dangers face à eux ?
I - PROCESSUS ELECTORAUX ET CHANGEMENTS :
A. DATES ET NOUVEAUX CHEFS D’ETATS, commentaires :
Juillet 2000 (1) : Venezuela / Hugo Chavez / MVR + coalition
Octobre 2002 : Brésil / I. Lula Da Silva / PT + coalition
Avril 2003 (2) : Argentine / Nestor Kirchner /Péroniste : Coalition
Octobre 2004 (3) : Uruguay / Tabaré Vazquez / Coalition
Décembre 2005(4) : Bolivie / Evo Morales / MAS
Décembre 2005(5) : Chili / Michelle Bachelet / PS + Alliance
Octobre 2006(6) : Brésil / I. Lula Da Silva / Coalition
Novembre 2006 (7) : Equateur / Rafael Correa / Alianza PAIS
Novembre 2006(8) : Nicaragua / Daniel Ortega / FSLN
Décembre 2006 : Venezuela / Hugo Chavez / MVR + coalition
1. Il convient ici de revenir en arrière, en effet H. Chavez est élu pour la première fois en 1998. Respectant ses promesses électorales, il convoque rapidement une Assemblée Constituante. En 1999, une nouvelle constitution est approuvée par référendum marquant ainsi le début de la 5ème République. Dans la logique de ce processus, de nouvelles élections générales sont convoquées et aboutissent à la réélection de H. Chavez en 2000. En 2001, l’opposition se mobilise soutenue par une importante aide matérielle en provenance des Etats-Unis, la production pétrolière et les secteurs en dépendant sont paralysés ce qui entraînent de graves conséquences économiques dans le pays. En 2002, cette même opposition est à l’origine d’une tentative de coup d’Etat qui évince le président pendant une durée de 72 heures, provoquant un vaste mouvement populaire de protestation, les citoyens envahissent le palais présidentiel et exigent le retour d’H. Chavez. Il convient de souligner que le gouvernement espagnol de José María Aznar et l’UE seront les premiers à reconnaître le renversement de Chavez. Le retour à la normalité s’effectue mais l’opposition ne désarme pas et, comme le prévoit la nouvelle Constitution, elle demande la convocation d’un référendum révocatoire, organisant une vaste campagne pour obtenir les signatures nécessaires. Le Conseil électoral soulignent de nombreuses irrégularités ; cependant, afin d’apaiser le pays, H. Chavez décide de convoquer ce référendum qui se tient finalement en 2004 ; une fois encore le vote populaire apporte un large soutien au président. Celui-ci, comme le montre le tableau sera réélu pour un nouveau mandat de six ans en décembre 2006 avec plus de 60% des votes.
2. La crise argentine, comme je l’ai souligné dans l’introduction commence fin 2001. Elle précipite dans la pauvreté et le dénuement une grande partie de la population, seul 11% de la classe moyenne échappera à l’effondrement. Les petits ateliers ferment, certains chefs d’entreprise quittent le pays, d’autres démontent le matériel essentiel dans le processus de production, des ouvriers tentent de s’organiser, les banques ferment leurs portes…Les « cartoneros » et « piqueteros » seront de nouveaux visages dans ce sombre marasme. La révolte populaire avec son slogan « que se vayan todos » (qu’ils s’en aillent tous) dénonce les politiques responsables du désastre et marque une rupture avec les leaders traditionnels, les renvoyant tour à tour. Les élections verront finalement arriver en tête du premier tour deux péronistes : l’un, Carlos Menem, trop bien connu, incarnation de la pire corruption et tenu pour principal responsable de la crise. L’autre, moins connu à l’échelle nationale mais jouissant d’une bonne réputation du fait de son intégrité comme gouverneur de l’état de Santa Cruz en Patagonie. Menem, voyant qu’il n’est pas en situation de remporter le second tour, se retire laissant la place libre à son rival Nestor Kirchner dont la priorité sera de lutter contre la corruption et de rendre possible le redémarrage du pays par une politique pragmatique. Il faut préciser également qu’il œuvre rapidement pour rompre avec les lois de « punto final » qui ne permettaient pas de punir les crimes commis pendant la dictature. En avril dernier, devant la lenteur de certaines affaires, dans un discours retransmis à la télévision, il a même exhorté la population à exiger de la Justice qu’elle fasse son travail et qu’elle cesse de « traîner les pieds ».
3. Tabaré Vazquez représente une coalition de gauche : « Encuentro Progresista-Frente amplio-Nueva mayoría ; il devient le premier président de gauche du pays, rompant ainsi avec l’hégémonie des deux partis traditionnels : Partido Nacional et Partido Colorado qui ont dominé l’histoire politique de l’Uruguay depuis 1830. Cette coalition regroupe les socialistes, communistes, radicaux de gauche, chrétiens démocrates et d’anciens membres du Mouvement pour la Libération Nationale, tupamaros.
4. Evo Morales s’était peu à peu distingué comme leader syndical des paysans petits producteurs de coca (cocaleros) ; d’origine aymara, il incarne cette irruption des indigènes dans la vie politique. Il sera soutenu par les secteurs les plus pauvres de la population qui sont principalement indigènes, or la Bolivie est le pays de la région avec le plus fort taux de population indigène.
5. Au Chili pas de rupture : l’élection de M. Bachelet, candidate du parti socialiste chilien, fait suite à celle de Ricardo Lagos de ce même parti. Michelle Bachelet représente en fait une coalition centriste.
6. La réélection de Lula avait été un moment mise en danger par des scandales de corruption qui ont touché son gouvernement ainsi que par l’accusation de très faibles changements en rapport aux promesses de la campagne électorale antérieures. Les attentes sont donc aujourd’hui accrues, il s’est engagé à accorder une priorité à la lutte contre la pauvreté.
7. R. Correa remporte les élections face à Alvaro Noboa, le magnat de la banane, leader d’une de ces organisations que le pays voudrait voir disparaître le PRIAN, qui plus qu’un parti politique constitue une entreprise électorale organisée autour d’un cacique, une énorme fortune et un puissant holding. Economiste, il a suivi des études en Belgique et aux Etats-Unis et se définit comme un « humaniste chrétien de gauche ». Plutôt inconnu, c’est une chose certaine, il rompt avec ses prédécesseurs et le choix de son gouvernement le prouve : les nouveaux ministres sont des personnalités issues des milieux universitaires, de jeunes professionnels métis des secteurs d’une gauche moderne et des femmes qui occupent des ministères importants. Il reconnaît que pour mener à bien son projet, la participation citoyenne et populaire sera nécessaire et a promis d’en terminer avec la « longue nuit néolibérale ».
8. Le personnage de Daniel Ortega est apparu très controversé dans les années qui ont précédé les élections tant au niveau privé que politique. La division dans son parti était profonde et les prises de position du leader sandiniste sur l’avortement thérapeutique, notamment, ont nourri la plus grande méfiance. Mais il a emporté les élections sur des promesses toutefois favorables aux milieux les plus populaires et les plus défavorisés et du fait du discrédit (corruption et énorme taux de pauvreté) qui pesait sur les précédents présidents.
B. CARACTERISQUES COMMUNUES DE CETTE NOUVELLE GAUCHE :
Pas de lutte armée
Discours cohérent
Elections au suffrage universel respectueux des règles démocratiques confirmé par les observateurs internationaux. Les grands battus de ces derniers scrutins sont les partis traditionnels
Tous souhaitent à leur façon combattre pour une autre Amérique.
Ils manifestent le désir de s’émanciper de la tutelle nord-américaine.
C. POURQUOI CES VICTOIRES ?
Elles émanent en général d’un ras-le-bol des politiques dites traditionnelles.
Un autre facteur a également joué un rôle : Ce que l’on a appelé « le réveil indien » à travers la constitution de mouvements indigènes qui affirment et revendiquent leurs droits. Ils mettent en avant leur identité et s’organisent pour sortir de l’exclusion sociale.
Elles sont aussi le résultat d’une insatisfaction générale devant une pauvreté accrue, des inégalités croissantes et les conséquences catastrophiques des réformes économiques résultant du Consensus de Washington (= discipline budgétaire, privatisations, dérégulations) - le cas d’école est sans doute celui de l’Argentine ( traité par F. Solana dans le film « Mémoire d’un saccage »)-, ces réformes supposaient l’acceptation généralisée du modèle testé durant les dictatures du Cône Sud (Chili, Argentine sont celles que l’on nomme le plus souvent). Elles impliquent un modèle économique néolibéral selon lequel l’Etat ne garantissait aucune protection face à un marché libéré en échange de quoi la croissance économique serait plus grande et plus forte.
Ainsi, une observation de la Banque Interaméricaine de Développement sur les années 90 reconnaît une croissance économique moyenne de la région : + 1,5%, tandis que la pauvreté touche 40% des habitants de l’AL. En Colombie, le néolibéralisme a limité l’action sociale de l’État à tel point que les dépenses publiques sont passées de 40% du PIB dans les années 80 à 12% actuellement.
Elles découlent également des mouvements de protestation contre l’ALCA en Amérique Centrale et dans les pays andins. L’ALCA devait être appliquée à partir de janvier 2005. Il n’en a pas été ainsi. (Depuis 2006, les EE.UU ont opté pour des négociations de traités bilatéraux. Au mois de mars denier, pendant la visite de G.W.Bush en AL, des mouvements populaires hostiles à l’ALCA se sont encore largement exprimés).
D. CONSEQUENCE ET CONSTITUTION DE BLOCS :
Ces nouvelles gauches, comme nous venons de le voir, se sont alimentées de l’échec du Consensus de Washington. A partir du rejet du modèle économique néolibéral, certains ont progressivement élaboré leur identité politique et considérablement consolidé leurs bases sociales. Ainsi, H. Chavez s’est affirmé comme une avant-garde de lutte contre le néolibéralisme et la globalisation existante dans un projet national (Révolution bolivarienne) et des projets à l’échelle du continent (intégration latino-américaine à tous les niveaux : économique, énergétique, sociale, humaine, sportive, politique et culturelle), et à partir de fin 2006, il affirme son choix d’une option « socialiste ».
Pour illustrer cette évolution, il faut souligner que Hugo Chavez a été élu après une insurrection populaire contre le Plan d’ajustement structurel du FMI ( « el Caracazo » en 1989), insurrection sévèrement réprimée par son rival Carlos Andres Pérez. Cette répression sera en grande partie à l’origine du « coup d’Etat » d’H. Chavez en 1992. Ce même rival, lors des élections qui suivront a toutefois dénoncé les économistes en poste à la Banque Mondiale comme « responsables de génocide de travailleurs, paiement du totalitarisme économique » et le FMI comme « une bombe à neutrons qui tuait les gens mais laissait les immeubles debout ».
En ce qui concerne Lula dont la position est souvent qualifiée d’orthodoxe, il s’est engagé dans sa dernière campagne à promouvoir la justice sociale (programme faim zéro).
H.Chavez, E. Morales et R. Correa affirment tous trois leur préoccupation pour la souveraineté nationale qui inclut le contrôle de l’exploitation des ressources naturelles de leur pays (pétrole et gaz). C’est sur cette base commune qu’ils se retrouvent unis.
Parallèlement, tous les nouveaux élus affirment leur intérêt pour développer des initiatives de coopération ou d’action conjointe tant au niveau politique qu’économique ; les rapprochements, les réunions, les sommets sont extrêmement nombreux depuis des mois et les projets foisonnent dans les accords économiques déjà existant et dans d’autres nouveaux qui, certes, semblent parfois se télescoper. Les pays de la zone mettent ainsi en place des projets et des entités dont ils sont les seuls acteurs. Certains sont virtuelles comme l’ ALCSA (Área de Libre Comercio Suramericana), d’autres reposent davantage sur des rassemblements populaires et citoyens comme la ASC (Alianza Social Continental), d’autres sont interétatiques comme l’ ALBA, le MERCOSUR et le Banco del Sur, CAN… Ils traduisent une claire volonté de s’unir mais en même temps cette diversité met en évidence la difficulté de constituer des blocs solides et clairement orientés.
A un autre niveau, l’intégration latino-américaine constitue le cheval de bataille d’H. Chavez aujourd’hui, le projet multilatéral qui l’incarne est l’ALBA (Bolivie, Cuba, Venezuela et Nicaragua très récemment). De même, cette intégration latino-américaine représente un objectif prioritaire de la chaîne télévisée TELESUR ( Argentine, Brésil, Venezuela, Cuba). Dans ces deux cas, on peut parler d’initiatives qui unissent très solidement les partenaires mais nous constatons qu’ils ne sont pas les mêmes dans l’une et l’autre. Le même constat s’applique pour les autres entités existantes.
Au niveau financier, on a remarqué cette année des stratégies communes face aux organismes financiers internationaux : l’Argentine et le Brésil ont remboursé leur dette et ont même anticipé leur paiement. L’Equateur a annoncé son intention de faire de même, quant au Venezuela, il a annoncé qu’il quittait le FMI et la BM.
Enfin, sur le terrain de la contestation sociale, durant les deux dernières années se sont déroulées de spectaculaires manifestations à Porto Alegre, Caracas, BB.AA, Cochabamba et Cuzco pour s’opposer aux politiques néolibérales ; et il existe des mouvements sociaux réels dans les milieux populaires au Mexique, en Argentine, en Equateur, au Pérou et au Brésil.
II. LES LIMITES :
Face à cette tendance protéiforme, la droite conserve ses bastions au Mexique (2006), en Colombie (2006) et au Pérou (2006). Les deux premiers pays, fidèles alliés alignés sur la politique de Washington constituent un frein important à la montée de la gauche surtout stratégiquement. Ce sont des pays liés au narcotrafic, la Colombie a des frontières très instables, les pénétrations au Venezuela, en Equateur sont très fréquentes ; l’armée américaine est directement impliquée dans le Plan Colombie qui constitue un important facteur de déstabilisation de la zone.
Si en Colombie, Alvaro Uribe jouit d’un appui populaire réel (encore que récemment son gouvernement affronte un fort mouvement de protestation populaire des lycéens, étudiants et enseignants), la situation reste confuse au Mexique où la tension ne décroît pas véritablement et se manifeste sur plusieurs fronts. Le pays semble être coupé en deux (mouvement très important à Oaxaca pendant presque six mois, réprimé sévèrement, grande agitation au moment des élections et forte contestation du résultat des élections autour de Lopez Obrador ; il y a peu, agitation dans le Guerrero et le Michoacan du fait du narcotrafic ; des attaques et la mort de plusieurs policiers en plein Mexico DF, attaques également liées au narcotrafic). Au Pérou, l’opposition indigène et populaire contre les accords bilatéraux avec les EE.UU s’est également manifestée.
Au Venezuela, on ne peut oublier la tentative de coup d’Etat contre H. Chavez en 2002 appuyée par les EE.UU et l’UE (notamment l’Espagne de JM Aznar) et amplement orchestrée par les médias de droite et préalablement par les grands du pétrole. Aujourd’hui, suite à la décision du non renouvellement de Licence de la chaîne de télévision privée RCTV, l’opposition s’est ressaisie avec le soutien des pays occidentaux.
D’autre part, il est clair que la politique sociale d’H. Chavez déplaît à la classe dirigeante qui s’est livrée et se livre encore à un sabotage économique réel en refusant de produire ou d’investir. La seule réponse possible est l’expropriation et avec elle l’inévitable accusation d’autoritarisme, ce qui freine les secteurs les plus réformateurs du mouvement bolivarien.
En Bolivie, l’insurrection à caractère indépendantiste dans la région de Sta Cruz –zone riche de production de gaz- cherchait à déstabiliser profondément le pays.
L’Equateur a également vécu une situation de grave crispation juste après la prise de pouvoir de R. Correa du fait d’une tentative de blocage du processus de convocation d’une Assemblée Constituante, aujourd’hui acquise mais après que des députés de l’opposition décident de fuir en Colombie où ils ont demandé l’asile politique.
Si les EE.UU semblent reculer dans certains projets d’intégration comme le PPP ou l’ALCA, il n’en reste pas moins que Washington en optant pour des traités bilatéraux cherchent à diviser et à affaiblir les accords multilatéraux que les pays d’AL pourraient développer entre eux. D’autre part de façon plus discrète, ils poursuivent l’impulsion du très ambitieux projet IIRSA (Intégration de l’infrastructure Régionale Sud-américaine) qui est étroitement lié à l’ALCA.
Ce mois-ci (juin 2007), un responsable de la CEPAL (Commission économique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes) souligne une tendance à définir des stratégies nationales.. Tout ceci constitue un frein réel face aux initiatives précédemment citées
CONCLUSION :
Tout n’est donc pas gagné en matière de conquête d’égalité et d’une vie meilleure pour les peuples de l’AL. L’AL bouge effectivement, cette gauche qui bouge tente de s’unir mais elle demeure protéiforme ; elle semble toutefois avoir décidé d’obtenir un véritable changement, elle s’y emploie dans les nombreux mouvements populaires qui s’y expriment et constituent autant d’exemples dignes de respect de notre part, elle s’y est aussi employé en remettant son destin collectif entre les mains d’hommes et de femmes qui cherchent de nouvelles voies et devraient obtenir notre soutien, certes, emprunt d’une vigilance constructive, plutôt que de faire l’objet de dénigrement, d’attaques et de critiques destructrices résultant d’une incapacité à concevoir que le monde tourne selon un modèle différent de celui qui régit l’Occident. La Fraternité et l’Egalité n’y demeurent plus que figées dans la pierre des frontons de nos mairies et de nos écoles.
Il faut souhaiter que la volonté de s’unir l’emporte et que l’idée du « pan-américanisme » qui était chère à Bolivar se concrétise par le renforcement du Mercosur en créant un marché commun des Amériques et une nouvelle forme d’expression économique. On a bien l’impression que les peuples d’Amérique Latine se trouvent à une croisée de chemins : vont-ils enfin parvenir à écrire eux-mêmes leur destin et leur histoire ? Les laissera-t-on gagner une véritable indépendance qui leur a été volée il y a deux cents ans ?