dimanche 30 septembre 2007

Cuba prépare une nouvelle phase d'ouverture aux investissements étrangers



Cuba prépare actuellement une nouvelle phase d'ouverture à des investissements étrangers, mais "sans commettre les erreurs du passé", a confirmé samedi à la presse la ministre de l'Investissement étranger, Marta Lomas.


Le 26 juillet, le président cubain intérimaire, Raul Castro - aux commandes du pays depuis l'accident de santé de son frère Fidel en juillet 2006 - avait déjà annoncé que des "changements structurels" dans l'économie cubaine étaient "à l'étude", dont des investissements étrangers.

Il avait à cette occasion indiqué que le pays envisageait un nouveau recours à des investissements étrangers tout en prévenant qu'il s'agissait de ne pas "répéter les erreurs du passé".

Ces erreurs, selon Mme Lomas, ont été de réaliser de "petits investissements", de n'avoir pas mieux sélectionner les associations, les propositions qui génèrent du capital-travail comme en demande le pays - et non de la technologie et du marché.

"Aujourd'hui, nous nous trouvons dans des conditions qui nous permettent d'augmenter l'investissement", a déclaré la ministre, se félicitant des bons résultats des entreprises du pays en 2006 et soulignant que "ce premier semestre (2007), avait été très bon".

"Nous étudions ce que nous pouvons faire avec de l'investissement", a-t-elle indiqué, "la ligne étant que soit réalisé ce qui fait défaut au pays, comme complément au développement".

Le ministère de l'Investissement étranger étudie avec le reste des organismes d'Etat les besoins avant de présenter des propositions aux entrepreneurs, début de 2008.

Pour l'heure, des associations sont recherchées dans le secteur du tourisme pour des investissements extra-hôteliers, a ajouté la ministre.

"Nous voulons développer aussi une partie de l'infrastructure hôtelière avec de l'investissement étranger: (pour) des parcours de golf, des parcs thématiques", a-t-elle précisé.

Raul Castro avait bien souligné que Cuba choisirait "des entrepreneurs sérieux" à l'étranger et "sur des bases juridiques bien définies qui préservent le rôle de l'Etat et la prédominance de la propriété socialiste".

"On ne doit pas s'attendre à des changements spectaculaires", avait toutefois prévenu le cadet de Fidel.

Assemblée constituante élue en Equateur : Rafael Correa a cherché le plébiscite



Les 130 membres de l'Assemblée constituante élus le 30 septembre en Equateur doivent dans les huit mois élaborer une nouvelle Constitution. L'ambition du président Rafael Correa est que la nouvelle charte offre aux 13,9 millions d'Equatoriens, dont un tiers d'Amérindiens, le "socialisme du 21e siècle" cher à son allié vénézuélien Hugo Chavez.

L'élection de la Constituante sera "notre victoire finale sur le néolibéralisme" prédisait il y a quelques jours Rafael Correa. En menaçant de démissionner si son mouvement Alliance Pays ne dominait pas la nouvelle assemblée, il a cherché le plébiscite.

Le dernier sondage lui attribuait au moins 66 élus, soit la majorité absolue. De quoi aller de l'avant vers un socialisme qui, ne cesse-t-il de préciser, sera "équatorien" malgré les liens avec Hugo Chavez.

Vainqueur de la présidentielle en novembre 2006 et du référendum d'avril 2007 qui a ouvert la voie à la Constituante, le président Correa reste très populaire dans un pays qui compte 60% de pauvres. Il a pu doubler l'aide aux plus démunis, passée de 15 à 30 dollars par mois, grâce à la flambée des prix du pétrole. L'Equateur en est le 5e producteur latino-américain avec 540.000 barils quotidiens.

Son appui à l'unité sud-américaine, le refus de proroger au delà de 2009 l'utilisation par les Etats-Unis de la base aérienne de Manta, la volonté de renégocier les contrats avec les multinationales et son opposition aux "ingérences" du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale confèrent à Rafael Correa une image d'homme nouveau qui éclipse les vieux partis de droite et de gauche, considérés comme corrompus par la majorité des Equatoriens.

Mais l'autoritarisme de Rafael Correa illustre l'éternelle difficulté d'équilibrer justice sociale et libertés.

Des groupes de civils violents se réclamant de lui ont conditionné ces derniers mois des décisions de députés et de la justice. En outre, comme ses homologues de gauche bolivien Evo Morales et vénézuélien Hugo Chavez, le président Correa insulte et menace la presse, dont il inscrit les critiques à son égard dans un "complot impérialiste" permanent.

Sur le même registre du complot, le 3 août dernier à l'Académie de guerre, Rafael Correa invitait l'armée équatorienne à défendre son "gouvernement citoyen" contre "des grèves, des attentats, de fausses accusations et de nouveaux scandales [des accusations de corruption lors de transactions avec le Venezuela visent l'actuel ministre de l'Economie, le socialiste Ricardo Patiño; ndlr] que préparent des groupes qui savent que les citoyens vont vaincre le 30 septembre". L'analyste militaire Luis Hernandez, colonel à la retraite, répliquait alors que "les forces militaires ne sont pas l'armée particulière d'un président ou d'un parti politique".

Enfin, Rafael Correa estime que l'élection de l'Assemblée constituante autorise la liquidation immédiate de l'actuel Congrès (Parlement monocaméral) qu'il ne domine pas pour n'y avoir pas présenté de candidats aux législatives de 2006.

Discrédité aux yeux de nombreux Equatoriens et qualifíé "d'égout" par Rafael Correa, le Congrès fut néanmoins élu légitimement sous l'oeil d'observateurs internationaux. En mars dernier, 57 de ses 100 députés, opposés au monopole présidentiel sur le projet d'Assemblée constituante, furent destitués et remplacés par leurs suppléants sur décision du Tribunal suprême... électoral! Une décision appuyée par Rafael Correa, quoique peut-être sans précédent dans les annales universelles de la démocratie.

Les Equatoriens élisent une assemblée constituante


Les Equatoriens se rendaient aux urnes dimanche pour élire une assemblée constituante sur proposition du président socialiste Rafael Correa qui souhaite dissoudre le Congrès aux mains de la droite et renforcer le pouvoir étatique sur l'économie.

Les électeurs avaient à choisir parmi 3.229 candidats, issus de 497 partis et mouvements politiques, pour désigner les 130 membres de la future assemblée dans les 37.657 bureaux de vote ouverts depuis 07H00 locales (12H00 GMT).

Les instituts de sondages sont unanimes à estimer que ce scrutin sera favorable au gouvernement de Rafael Correa, l'un des principaux alliés du président vénézuélien Hugo Chavez en Amérique latine.

Le parti de M. Correa devrait obtenir entre 65 et 68 sièges et les trois principaux partis d'opposition 38 mandats, selon le dernier sondage de l'institut Market, réalisé sur un échantillon de 7.000 personnes et publié samedi soir.

"Les instituts de sondage nous donnent entre 66 et 72 sièges", soit la majorité absolue, a déclaré à la presse le ministre de l'Intérieur Gustavo Larrea.

La future assemblée constituante sera mise en place le 31 octobre pour une période de 180 jours.

M. Correa qui bénéficie d'une cote de popularité de 55%, juge "corrompu et incompétent" l'actuel Congrès tout-puissant qui a démis trois présidents dans la dernière décennie, et réclame sa dissolution.

La rédaction d'une nouvelle Constitution devrait aussi lui permettre de mettre en oeuvre le "socialisme du 21e siècle", une doctrine qu'il partage avec son ami Chavez. Défavorable au libéralisme mais anti-marxiste, M. Correa prône un rôle accru pour l'Etat notamment dans l'éducation, la santé et le domaine social.

Les observateurs internationaux de l'Organisation des Etats américains (OEA), de la fondation Carter et de l'Union européenne (UE) ont souligné la "complexité" du scrutin et le grand nombre d'indécis qui sont susceptibles de créer des surprises.

Selon l'institut Cedatos-Gallup, 36% des électeurs ne savaient pas encore samedi soir quels candidats choisir et, plus inquiétant, 65% ignoraient que la future assemblée sera chargée d'élaborer une nouvelle Constitution.

"Les élections sont terriblement complexes, mais aussi terriblement démocratiques", a déclaré le président Correa dimanche matin à Quito, où il s'est rendu au siège du Tribunal suprême électoral (TSE), ajoutant qu'il "ne trahirait jamais les idéaux et la confiance du peuple".

L'ancien président Fabian Alarcon, comme les principaux dirigeants de l'opposition de droite, le candidat présidentiel Alvaro Noboa et l'ex-président Lucio Gutierrez, ont accusé le chef de l'Etat d'avoir pour visée un "projet totalitaire en concentrant tous les pouvoirs".

Dimanche, l'ancien chef de la diplomatie Edgar Teran (droite) a dénoncé sur la chaîne de télévision privée Equavisa le projet "néo-communiste" de M. Correa. Cette élection, a-t-il dit, "est une farce, une copie de ce qu'a fait le dictateur Chavez au Venezuela".

Il s'agit de la quatrième élection en moins d'un an en Equateur où le vote est obligatoire. Pour la première fois, l'Etat a intégralement financé la campagne électorale et interdit les subventions privées.

Quelque 30.000 policiers et près de 50.000 militaires étaient mobilisés pour assurer le bon déroulement du scrutin.

La vente d'alcool est interdite dans tout le pays jusqu'à lundi.

Dans ce pays de 13,6 millions d'habitants, 40% des richesses sont aux mains de 10% de la population, selon les chiffres officiels.

Les résultats officiels du scrutin ne seront connus que le 22 octobre, a indiqué le TSE.

Hugo Chavez et Ahmadinejad s'unissent contre Bush




Producteurs de pétrole et antiaméricains, l'Iran et le Venezuela se rapprochent. Le président iranien se rend à Caracas pour la troisième fois en deux ans.
L'AXE antiaméricain qui unit depuis deux ans l'Iran et le Venezuela se consolide. Alors que son pays est de nouveau menacé de sanctions au Conseil de sécurité des Nations unies, Mahmoud Ahmadinejad a quitté New York et l'enceinte de l'ONU pour la Bolivie, puis pour Caracas, où il vient chercher le soutien de son ami Hugo Chavez. C'est déjà la troisième visite du président iranien au Venezuela, depuis son élection en 2005. Il sera, cette fois encore, accueilli avec un tapis rouge. Car si les pays occidentaux en ont fait leur bête noire, Hugo Chavez voit en Ahmadinejad « une personne respectueuse de la paix internationale et un être humain extraordinaire ».
Les deux hommes, qui s'appellent mutuellement « frère », ont beaucoup en commun. Anciens militaires reconvertis en chefs d'État populistes, prétendant tous deux promouvoir une pensée révolutionnaire, ils jouent un rôle clé au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Ils partagent en outre, et surtout, de virulentes positions antiaméricaines.
Dans un moment de forte tension sur le dossier nucléaire, le pouvoir iranien tente de rompre sa solitude diplomatique en affichant devant les médias le soutien dont il bénéficie sur le continent sud-américain. En 2005, Caracas avait en effet voté contre une résolution condamnant le programme nucléaire iranien. « Nous nous tiendrons au côté de l'Iran à tout moment et dans n'importe quelle circonstance », a promis Chavez, qui affirme depuis lors son soutien au programme nucléaire iranien.
Le président vénézuélien, qui s'est récemment emparé du dossier des otages des Farc en Colombie (avec le soutien de Paris, qui y voit une chance de progresser vers la libération d'Ingrid Betancourt), utilise cette nouvelle occasion (la visite d'un trublion international) pour imposer son pays comme un acteur sur la scène mondiale. En même temps, il espère renforcer sa légitimité à l'intérieur du pays, où des voix dénoncent sa « révolution bolivarienne » et les atteintes aux droits de l'homme.
Coopération économique
Ensemble, Caracas et Téhéran ont pris la tête d'un front antiaméricain qu'ils espèrent étendre à la planète. Avec Mahmoud Ahmadinejad, Hugo Chavez veut construire un « axe du Bien » destiné à faire contrepoids à « l'impérialisme américain ». Les deux chefs d'État ont promis d'unir leurs efforts, diplomatiques et économiques, « pour mettre en échec » cet impérialisme. Pour donner corps à cet « axe de l'unité », Caracas et Téhéran ont considérablement renforcé leur coopération économique, notamment dans le domaine énergétique et surtout pétrolier. Les deux pays ont déjà souscrit trente-trois accords de coopération, pour un montant de 8 milliards de dollars. Cette fois, leur rencontre devrait aussi être largement nourrie de conversations diplomatiques et politiques.

vendredi 28 septembre 2007

Washington appuie la médiation Chavez sur les otages des FARC




De Caracas à New York en passant par Paris, les otages de la guérilla colombienne mobilisent la communauté internationale. Médiateur officiel, le président vénézuélien, Hugo Chavez, a créé la surprise en invoquant, mardi 25 septembre, la collaboration de son homologue américain George Bush pour obtenir la libération des otages. "Les Etats-Unis peuvent aider, beaucoup aider", a déclaré M. Chavez.
Le président vénézuélien a confirmé qu'il recevrait, le 8 octobre à Caracas, un émissaire des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Mardi, aux Nations unies, le président Nicolas Sarkozy s'est entretenu avec son homologue colombien, Alvaro Uribe, du sort de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, otage depuis soixante-sept mois. M. Uribe a évoqué la possibilité que des congressistes américains assistent à la réunion du 8 octobre.

Chaleureux et optimiste, M. Chavez a reçu les familles des trois Américains aux mains des FARC, mardi, au palais présidentiel de Miraflores, à Caracas. Capturés en 2003 dans le sud de la Colombie, où ils participaient aux opérations antidrogue, les Américains font partie du groupe de 45 otages que les FARC veulent échanger contre les guérilleros emprisonnés.

Le nouvel ambassadeur américain à Bogota, William Brownsfield, a assuré que son gouvernement "voit d'un bon oeil la démarche de tout individu, gouvernement ou organisation qui puisse contribuer à la libération rapide et sûre des otages". Cette reconnaissance du rôle de M. Chavez a été d'autant plus remarquée que M. Brownsfield, auparavant en poste à Caracas, y avait entretenu des relations tendues avec le chef de l'Etat vénézuélien.

"VICTOIRE POLITIQUE"

Autre surprise, le diplomate américain a invité les FARC à "présenter des propositions concrètes" au gouvernement des Etats-Unis. "L'implication de Washington peut modifier la donne et faire enfin bouger les choses", estime l'analyste Alfredo Rangel.

L'optimisme reste pourtant mesuré. Ni les FARC, ni Bogota n'ont modifié leur position. A New York, le président Uribe a rappelé qu'il ne "démilitariserait jamais" les deux municipalités rurales exigées par les FARC pour négocier un "échange humanitaire". Pour la première fois, la France s'est montrée compréhensive sur ce point. "C'est une question de souveraineté", a admis M. Sarkozy.

"De toute leur histoire, les FARC n'ont jamais été officiellement reçues par un chef d'Etat étranger. La réunion du 8 octobre constitue pour eux une victoire politique sans précédent", note Rafael Pardo. Ancien ministre colombien de la défense, il juge que les FARC, "objet de tant de sollicitude internationale", vont être tentées de faire monter les enchères.

Marie Delcas

Ahmadinejad en Bolivie


Deux jours après avoir réaffirmé à la tribune des Nations unies ses ambitions nucléaires, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a effectué jeudi une visite éclair en Bolivie reconnaissant avec son hôte, Evo Morales, le droit à l'emploi civil de l'énergie nucléaire.

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M. Ahmadinejad, qui est arrivé vers 15H00 GMT à La Paz, est reparti pour Caracas vers 19H00 GMT à bord d'un avion vénézuélien.

Dans une déclaration conjointe, les deux présidents ont réaffirmé le "droit des pays à développer l'énergie nucléaire civile dans le cadre du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires", soulignant qu'il s'agit "d'un moyen de contribuer significativement au développement économique et technologique de ces pays".

M. Ahmadinejad a également salué "le peuple vaillant et travailleur de Bolivie" tandis que M. Morales a insisté sur le pacifisme de son gouvernement et souligné que "l'Iran lui avait offert une aide sans limite".

Passant outre la colère et la suspicion de Washington, Evo Morales a accueilli avec les honneurs militaires le président de la République islamique d'Iran.

Un peu plus tôt jeudi, le porte-parole de la présidence française David Martinon a fait savoir que la France "ne croit pas" M. Ahmadinejad quand il affirme que les activités nucléaires de l'Iran sont "pacifiques".

"Tout le monde sait que ce programme est à visée militaire", a déclaré M. Martinon devant la presse.

Mercredi, les Etats-Unis avaient fermement rejeté l'affirmation du président Ahmadinejad et continuent d'oeuvrer avec leurs partenaires pour imposer des sanctions plus contraignantes à l'Iran.

"Le président iranien se trompe complètement s'il croit que la communauté internationale va oublier le fait que son pays poursuit contre la volonté du Conseil de sécurité de l'ONU, son programme de recherche nucléaire" avait déclaré Nicholas Burns, le numéro trois du département d'Etat.

Samedi, l'ambassadeur des Etats-Unis à La Paz, Philip Goldberg, avait fait part au président bolivien de l'inquiétude de Washington quant au rapprochement de la Bolivie et l'Iran, dont les relations diplomatiques ont été récemment rétablies.

Evo Morales est un proche allié du président vénézuélien Hugo Chavez avec lequel il partage l'admiration de Fidel Castro et entretient également des relations conflictuelles avec les Etats-Unis.

M. Ahmadinejad, qui est venu à la tête d'une délégation de trente-cinq personnes, a signé avec M. Morales une série de conventions d'aide et de coopération portant sur l'énergie, les hydrocarbures, les micro-entreprises, les mines et le secteur agro-industriel.

L'escale de quelques heures du chef d'Etat iranien apparaît comme hautement symbolique, illustrant le resserrement des liens entre l'Iran, la Bolivie et le Venezuela - où il est attendu jeudi soir - en une sorte de front commun anti-Etats-Unis.

Les médias boliviens et l'opposition libérale n'ont pas caché certaines inquiétudes quant à l'intérêt que pourrait porter l'Iran aux gisements d'uranium et de lithium de Bolivie. Ces gisements se trouvent, selon les spécialistes, dans la zone du gigantesque désert de sel de Uyuni à 600 km au sud de La Paz.

L'opposition libéral, qui détient la majorité au sénat, a déjà affirmé qu'elle refuserait de voter des accords portant sur des matières pouvant servir au développement du nucléaire iranien.

mercredi 26 septembre 2007

Otages en Colombie : Washington peut aider à résoudre la crise, estime Chavez


Le Président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré mardi que Washington pouvait aider à la résolution de la crise des otages en Colombie dans laquelle les membres des Forces armées révolutionnaires (FARC) veulent échanger 45 de leurs otages, dont trois Américains, contre 500 prisonniers des FARC détenus par Bogota.

"Le gouvernement des Etats-Unis peut beaucoup nous aider", a dit Hugo Chavez lors d'une rencontre au palais présidentiel de Miraflores, a Caracas, avec les familles des trois otages américains. "Le président Bush, plaise à Dieu, peut nous aider", a-t-il ajouté.

"Nous comptons sur les institutions des Etats-Unis" pour faciliter l'échange d'otages contre des prisonniers des FARC", a poursuivi Chavez. "Le président français Nicolas Sarkozy va rencontrer son homologue américain George W. Bush aujourd'hui et demain et ils vont certainement aborder le sujet", a-t-il encore affirmé.

Le chef de l'Etat vénézuélien a précisé qu'il avait "de bons amis" aux Etats-Unis qui pourraient apporter leur aide dans la résolution de la crise, citant notamment l'ex-président Jimmy Carter, les acteurs Sean Penn et Kevin Spacey, ainsi que le cinéaste Oliver Stone, à qui il a proposé de tourner un documentaire sur les familles des otages américains retenues par les FARC. Hugo Chavez a annoncé en outre qu'il rencontrerait le président colombien, Alvaro Uribe, après son entrevue avec le Numéro 2 des FARC, Raul Reyes, prévue le 8 octobre prochain, en vue d'un accord humanitaire.

"Je verrai le président Uribe entre le 8 et le 12 octobre", a ajouté le président vénézuélien. Hugo Chavez a confirmé qu'il rencontrerait Nicolas Sarkozy, avec qui il s'est déjà entretenu trois fois au téléphone, en novembre, à Paris.

Les trois américains Marc Gonsalves, Thomas Howe et Keith Stannsen, collaborateurs du Département d'Etat américain, sont détenus par les FARC (marxistes) depuis le mois de février 2003 après que celles-ci eurent abattu l'avion à bord duquel ils effectuaient une mission anti-drogue.

Les Etats-Unis détiennent deux chefs guérilleros, "Sonia" et "Simon Trinidad", dont la libération est exigée par les FARC dans le cadre d'un échange de 500 guérilleros contre 45 otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et les trois Américains.

Mme Cordoba s'est rendue à la fin de la semaine dernière aux Etats-Unis pour y rencontrer les familles américaines. La sénatrice s'était également rendue à Washington pour organiser une éventuelle réunion entre une délégation du Congrès américain et M. Chavez dans le cadre de sa médiation. Accompagnée de l'ambassadeur vénézuélien Bernardo Alvarez, la sénatrice doit retourner à Bogota mercredi et s'entretenir avec le haut commissaire pour la paix, Luis Carlos Restrepo. Mme Cordoba devrait se rendre à nouveau aux Etats-Unis jeudi, selon son porte-parole.

Douze proches des otages américains, Mme Cordoba, deux représentants de chefs guérilleros des FARC emprisonnés aux Etats-Unis ainsi que le président de la Conférence épiscopale de Colombie, Mgr Luis Augusto Castro et Yolanda Pulencio, mère d'Ingrid Betancourt, ont participé à la rencontre.

La visite à Caracas des proches des otages américains doit également donner le coup d'envoi d'une campagne internationale baptisée "Une ouverture pour l'échange". Yolanda Pulencio, mère d'Ingrid Betancourt enlevée en février 2002, et le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Nicolas Maduro, doivent participer à l'événement.

Lundi soir, l'ambassadeur américain à Bogota William Brownfield a annoncé que le gouvernement américain était disposé à écouter les conditions "concrètes" posées par les FARC pour la libération de leurs ressortissants.

lundi 24 septembre 2007

Hugo Chavez remet les pendules à l'heure



Réformateur infatigable, Hugo Chavez a décidé lundi de passer à "l'heure vénézuélienne", une heure propre à son pays, afin d'augmenter les capacités de travail des citoyens.

Le président vénézuélien prévoit de reculer les montres du pays, en marche sur la voie du "socialisme du 21e siècle", d'une demi-heure. Ainsi, la différence avec l'heure de Greenwich (GMT) ne sera plus de 4h comme elle l'est actuellement, mais de 4h30.

Selon le chef de l'Etat vénézuélien, ce changement est absolument nécessaire, pour "améliorer le métabolisme des Vénézuéliens le matin". Il estime également que cela permettra "aux écoliers de se réveiller avec la lumière du jour et de rester couchés tant qu'il fait noir".

Anticipant la réaction possible de la communauté internationale, M. Chavez a déclaré aux journalistes qu'il lui était complètement égal qu'on le prenne pour un fou après sa proposition. "Qu'ils disent ce qu'ils veulent", a-t-il ajouté.

De nombreux Vénézuéliens estiment que reculer les montres d'une demi-heure est une bonne mesure. Cependant, la précipitation avec laquelle cette décision a été prise et le manque d'informations introduisent des doutes quant à la nécessité de mettre en place cette innovation dès ce lundi.

Le compagnon d'armes du leader vénézuélien, Luis Marcano Gonzalez, vice-ministre de la Planification, s'était lui-même prononcé en faveur d'une date postérieure.

"Il serait préférable que le changement d'heure du Venezuela ne survienne que deux ou trois semaines après la date indiquée au préalable. Mais tout est entre les mains du président", a-t-il fait savoir.

Les pays limitrophes n'ont fait part d'aucune réaction jusqu'à présent.

Un peu plus tôt, Hugo Chavez avait déposé un nouveau projet de réformes constitutionnelles au parlement, afin qu'il y soit discuté. Il avait en particulier proposé d'accorder au chef de l'Etat la possibilité d'être réélu sans limitation du nombre de mandats, de faire passer la durée du mandat présidentiel de six à sept ans et de limiter la journée de travail à six heures.

Il a en outre proposé de créer un quatrième pouvoir, sous forme de conseils de communes, pour représenter les simples citoyens du Venezuela.

Selon lui, la nouvelle mesure devrait permettre "d'ouvrir une nouvelle ère dans la construction du socialisme au Venezuela" et de prévenir "un glissement du pays vers le capitalisme".

Le président vénézuélien a également changé le nom de l'Etat, ainsi que le drapeau et les armoiries d'Etat. Ce pays d'Amérique latine s'appelle aujourd'hui la République bolivarienne du Venezuela.

M. Chavez a de plus fait modifier le galop du cheval blanc sur les armoiries nationales. Il est désormais tourné vers la gauche et non plus vers la droite comme auparavant, afin de montrer l'orientation politique du pays.

Selon les observateurs, sa capacité à adopter des décisions peu ordinaires et à les mettre en oeuvre, ainsi que la continuité avec laquelle il s'y attache, devraient aider le président Chavez à rentrer dans l'histoire de son pays et de toute l'Amérique latine, en tant que président-réformateur.

samedi 22 septembre 2007

Prospection et raffinage au programme




Les présidents du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva et du Venezuela Hugo Chavez ont ratifié jeudi à Manaus des projets énergétiques binationaux: la construction d'une raffinerie au Brésil et la prospection du champ Carabobo dans le bassin de l'Orénoque au Vénézuela.

L'intention, ont confirmé les deux présidents à l'issue d'une réunion de plusieurs heures, est de créer deux entreprises mixtes dès la fin décembre.

La première donnera à PDVSA 40% de la raffinerie Abreu e Lima en construction au nord-est du Brésil et l'autre donnera 40% à Petrobras dans le champ Carabobo du bassin pétrolifère de l'Orénoque où se trouvent d'énormes réserves de brut extra lourd.

Le Brésil a donné le coup d'envoi à la construction de la raffinerie Abreu et Lima ce mois-ci sans le Venezuela. Petrobras a indiqué qu'elle avait envoyé les documents pour la création de ces entreprises mixtes et qu'elle attendait encore une réponse.

«Si l'association (avec PDVSA) ne se confirme pas, Petrobras poursuivra seule le projet et raffinera du pétrole lourd brésilien», avait alors dit Petrobras.

Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, a expliqué jeudi qu'il y avait des problèmes techniques pour conclure le projet, comme le pré-raffinage du brut extra lourd que produit le Venezuela.

Lula a assuré à la fin de la réunion qu'il «n'y avait pas de dispute entre les deux pays» ni «d'intrigue ou de rumeur qui empêche le Brésil d'approfondir cette relation stratégique avec le Venezuela».

Après plusieurs frictions au cours des derniers mois entre les deux pays, la principale avec le Sénat brésilien qui doit encore approuver l'entrée du Venezuela dans le Mercosur, Lula et Chavez ont décidé de se réunir régulièrement, tous les trois mois. La première de ces réunions a été fixée à la seconde semaine de décembre au Venezuela.

«Le Venezuela exprime sa volonté de faire partie du Mercosur», a souligné Chavez qui peu avant avait dit aux journalistes qu'il ne «supplierait ni ne ramperait» pas pour entrer dans le bloc économique.

Lula a souhaité que l'approbation du Brésil ait lieu le plus tôt possible.

Dans le domaine énergétique les deux présidents se sont mis d'accord pour demander un projet d'ingénierie pour la construction du dénommé Gazoduc sud qui devra relier la région vénézuélienne de Guiria à Manaus (en Amazonie Brésilienne) et le nord-est du Brésil.

«L'énergie a été le thème dominant de la réunion», a souligné le ministre brésilien des Affaires étrangères.

Les relations Lula-Chavez




Les relations entre les deux exécutifs sont au beau fixe.Les deux présidents n'avaient pas eu de tête-à-tête depuis des mois, alors que la presse évoquait leur rivalité pour le leadership régional, sur fond de concurrence entre pétrole vénézuélien et biocarburants brésiliens.

La rencontre entre Hugo Chavez et les FARC s’amorce




Colombie . La guérilla et le président vénézuélien pourraient tenir une réunion bilatérale le 8 octobre. À condition que le gouvernement colombien soit d’accord.
Le choix même de la date est en soi un symbole. Dans une vidéo remise à Piedad Cordoba, sénatrice libérale colombienne et médiatrice d’un éventuel accord humanitaire entre la guérilla et les autorités colombiennes, et retransmise, mardi, à la télévision vénézuélienne, Raul Reyes, le chef de la diplomatie des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), a proposé au président vénézuélien Hugo Chavez la tenue d’une première réunion bilatérale le 8 octobre prochain, décrétée journée du guérillero, quarante ans, jour pour jour, après l’assassinat du célèbre commandant, Ernesto Che Guevara.

deux missives

de la guérilla

Profitant de cette occasion, Hugo Chavez a donné lecture de deux missives de la guérilla colombienne signées respectivement de la main du chef historique des FARC, Manuel Marulanda et de Raul Reyes, confirmant leur souhait de parvenir à un accord humanitaire. « Chez les FARC, il existe, monsieur le président, la disposition en vue de faciliter l’échange de prisonniers aux mains des FARC », a rapporté le chef de l’État vénézuélien.

Près d’un demi-siècle depuis le début du conflit colombien, les négociations sont-elles enfin sur les rails ? Depuis le 20 août dernier, date à laquelle, le président Hugo Chavez a accepté d’oeuvrer à un accord humanitaire à même d’aboutir à la libération des 47 prisonniers politiques détenus aux mains des FARC, parmi lesquels figure la Franco-Colombienne, Ingrid Betancourt, contre cinq cents guérilleros emprisonnés dont Sonia et Simon Trinidad, extradés aux États-Unis ; le dossier semble en bonne voie.

les FARC disposées à accueillir Chavez

Reste à déterminer le lieu de la fameuse rencontre. Selon Piedad Cordoba, celle-ci pourrait se tenir au Venezuela. Raul Reyes, dans un entretien accordé à Anncol, a confirmé que les FARC étaient disposées à accueillir le président Hugo Chavez sur le territoire colombien, comme indiqué par le commandant Manuel Marulanda dans sa lettre. Les yeux se tournent désormais du côté de Bogota. Lors de leur entretien, le président colombien, Alvaro Uribe, a certifié à son homologue qu’il avait son aval pour mener à bien les pourparlers avec la guérilla, tout en excluant l’éventualité de démilitariser une zone, en l’occurrence les municipalités de Pradera et Florida.

Depuis, et en dépit des pressions politiques et celles de l’opinion publique, les autorités n’ont pas bougé d’un iota. Le gouvernement « ne peut autoriser des paradis d’impunité où les terroristes peuvent éviter l’action de la justice, l’action des forces institutionnelles de l’État », a cru expliquer, mardi, Alvaro Uribe pour justifier son intransigeance. Et ce, au risque de compromettre le dialogue naissant. Or, faute d’une zone sécurisée, on voit mal comment le chef de l’État vénézuélien pourrait dialoguer avec les forces insurgées et in fine, aboutir à un échange de prisonniers. L’idée même d’une rencontre sur le sol vénézuélien pourrait être compromise en raison de l’attitude de Bogota. En recevant la direction des FARC, le président vénézuélien restituerait de fait aux FARC le statut de force belligérante. Un statut qu’Alvaro Uribe s’est efforcé de détruire, en s’alignant sur la politique états-unienne et européenne, afin d’étiqueter les FARC de narcoterroristes et de conforter par là même sa stratégie militaire.

Cathy Ceïbe

La Banque du Sud sera lancée en Novembre



Le Président équatorien Rafael Correa

Après avoir discuté avec le président équatorien Rafael Correa, le président vénézuelien Hugo Chavez a annoncé qu’ils avaient décidé de lancer la Banque du Sud en novembre prochain, malgré l’absence d’un consensus de tout les pays impliqués. Dans une interview, le président Correa a expliqué que « certains pays veulent passer à l’action rapidement, comme l’Argentine, le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur (...) Ce que nous avons décidé parmi ceux qui veulent accélérer, c’est d’avancer et qu’ensuite les autres nous suivront et seront les bienvenus, mais nous ne pouvons pas aller au rythme des plus lents. »

Correa et Chavez faisaient clairement référence au fait que le gouvernement brésilien de Lula da Silva traîne le pied, à cause des pressions qu’exerce la Banco Santander et d’autres spéculateurs internationaux pour que le Brésil sabote la Banque du Sud. Chavez a dit que Lula était prêt à commencer en Novembre, mais que si le Brésil « n’est pas prêt à ce moment-là, nous continuerons quand même. »

Selon Chavez, la crise financière actuelle prouve qu’il est nécessaire de bâtir des mécanismes pour protéger les nations contre les effets de la crise, et que la Banco del Sur pourrait être l’un d’eux. Puis il a dit « Ce qui se passe aux Etats-Unis est peut être le premier signal d’un tremblement de terre financier (...) on doit être préparé au pire. »

jeudi 20 septembre 2007

Piedad Córdoba :"Seul Hugo Chávez peut trouver un accord avec les FARC"



Luis Carlos Restrepo



"Il y a de nombreuses personnes qui veulent voir cette négociation échouer", indique la législatrice.

La sénatrice colombienne Piedad Córdoba a demandé de la prudence dans l’évaluation de la possibilité que le président du Venezuela, Hugo Chávez rencontre le plus haut gradé de la guerrilla des FARC, Manuel Marulanda Vélez, alias "Tirofijo".
déclarations ont été faites dans le cadre d’une interview exclusive accordée ce jour à BBC Mundo au cours de laquelle elle a évoqué le rôle du président (vénézuélien) qu’elle a qualifié comme étant "peut-être la seule personne pouvant obtenir un accord humanitaire" des rebelles des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (Farc).

Córdoba, une législatrice fortement opposée au président Álvaro Uribe a été désignée par le gouvernement de Colombie en tant "facilitatrice" de ces négociations. Elle a par la suite proposé Chávez comme "observateur" international du processus.

Le chef d’état vénézuelien a indiqué que sa fonction s’est désormais transformée en celle de médiateur, et en tant que tel il est disposé à se déplacer dans la jungle colombienne pour parler personnellement avec le commandant des FARC.

Ce commentaire a été fait ce dimanche au cours de son émission radio "Aló Presidente" durant laquelle il a informé qu’il avait reçu une lettre de "Tirofijo" dans laquelle il alléguait des problèmes de santé (l’empêchant) de se rendre au Venezuela.

" Je suis disposé à me rendre dans la jungle profonde pour discuter avec Marulanda si le gouvernement colombien l’approuve, si Uribe le considère approprié ", a indiqué Chávez. Mais ce lundi, le haut commissaire pour la paix, Luis Carlos Restrepo, a soutenu que Bogotá n’a reçu aucune demande à ce sujet et que le gouvernement de Uribe "ne considère pas qu’une éventuelle proposition allant dans ce sens soit viable ".

Dans un communiqué, Restrepo a rappelé qu’il y a cinq jours il a rendu visite à Chávez à Caracas et à cette occasion "le soutien du gouvernement colombien à une rencontre du président Chávez avec un délégué des FARC en territoire vénézuélien a été réitéré".

Proposition inédite

Au cours de son entretien avec la BBC ce mercredi, la sénatrice Piedad Córdoba a indiqué que la possibilité que Chávez se rende en Colombie pour une réunion de cette nature n’a jamais été négociée.

"Il n y a eu aucun rapprochement personnel pour vérifier quelles peuvent être les conditions actuelles de l’accord humanitaire et la possibilité d’une réunion avec les membres du commando des FARC", a déclaré la législatrice.

Elle a également lancé un appel à la prudence dans l’analyse des possibilités de rencontres de ce genre chaque fois qu’il y a "des personnes ayant intérêt à ce que ce processus échoue".

D’autre part, elle a estimé qu’il existe des coïncidences qui font que Chávez est " peut-être la seule personne pouvant obtenir un accord humanitaire du fait de l’influence qu’il a sur les parties ".

"Pas parce que le président Chávez est lié aux FARC, mais parce qu’il y a des coïncidences du point de vue de la conception politique de ce que doivent être les pays d’Amérique Latine", a-t-elle précisé.

Soutien français

La législatrice a partagé sa réflexion sur l’importance de la relation économique entre le Venezuela et la Colombie pour le rôle de médiateur de Chávez. "Il existe des intérêts très importants, par exemple, dans le gazoduc qui passerait par la Colombie", a-t-elle affirmé, avant d’ajouter de suite:

"Et l’importance du fait que le président Uribe, étant actuellement le président de la CAN (Communauté Andine des Nations), la réintégration du président Chávez donnerait une dynamique différente à la communauté andine".

La sénatrice Córdoba considère de plus que la participation de Chávez au processus de négociation de cet accord humanitaire est très bien vue par la majorité de la population colombienne.

Ses déclarations ont également coïncidé avec un autre appui de taille au chef de l’état vénézuélien, cette fois en provenance du président français Nicolas Sarkozy.

Un communiqué de la Chancellerie (française) à Caracas, a indiqué que le président français "a confirmé son soutien à l’action menée par le président Chávez en vue de l’échange humanitaire en Colombie".

Les négociations visent à la libération par les FARC de 45 des otages qu’ils détiennent, parmi lesquels l’ex candidate à la présidence Ingrid Betancourt et trois citoyens américains.

En échange, le gouvernement de Álvaro Uribe s’engagerait à libérer quelques 500 membres du groupe guerrillero détenus dans les prisons colombiennes.

Otages en Colombie: le médiateur Hugo Chavez franchit un premier obstacle





Le président vénézuélien Hugo Chavez a franchi un premier obstacle dans sa médiation pour la libération des otages retenus par les FARC en obtenant une première rencontre le 8 octobre au Venezuela avec un dirigeant du mouvement rebelle colombien.

"En principe, la négociation se déroulera au Venezuela. Cela a bien été accepté par le président (colombien) Alvaro Uribe, et les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) ont également accepté que cela se passe là", a déclaré mercredi à Radio Caracol (privée) la sénatrice colombienne Piedad Cordoba.

L'étape suivante, a précisé Mme Cordoba, désignée par Bogota comme intermédiaire dans le dossier des otages, sera d'obtenir des Etats-Unis l'autorisation de rencontrer deux chefs guérilleros "Sonia" et "Simon Trinidad", emprisonnés aux Etats-Unis et dont la libération est exigée par la guérilla.

"Simon Trinidad", alias de Ricardo Palmeras, a été arrêté en 2004 en Equateur et extradé en 2005 aux Etats-Unis où il est jugé pour l'enlèvement en Colombie des Américains Marc Gonsalves, Thomas Howe et Keith Stannsen.

La sénatrice a indiqué qu'elle rencontrera vendredi à Washington des sénateurs démocrates, puis se rendra en Floride pour s'entretenir avec les familles des trois Américains retenus en otages par la guérilla colombienne depuis février 2003.

Juan Carlos Lecompte, le mari de l'otage Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, estime que la prochaine négociation au Venezuela, entre Hugo Chavez et des porte-parole des FARC annoncée mardi, "sera un pas gigantesque".

"L'important est de commencer et j'applaudis ces négociations", poursuit-il ajoutant: "c'est la première fois en cinq ans et demi que je suis optimiste".

Toutefois, M. Lecompte est conscient "qu'il s'agira de négociations difficiles, tortueuses et longues".

Ingrid Betancourt a été enlevée le 23 février 2002. Elle fait partie avec les trois Américains du groupe de 45 otages que la guérilla, forte de 17.000 combattants, entend échanger, dans le cadre d'un accord humanitaire, contre 500 rebelles emprisonnés, dont le commandant "Simon Trinidad".

Ce premier succès de Chavez intervient alors que les FARC et le président Alvaro Uribe affichent régulièrement des positions inflexibles et incompatibles.

Ainsi, les FARC estiment "indispensable" l'établissement d'une zone démilitarisée pour permettre l'échange humanitaire entre otages et guérilleros détenus par les autorités colombiennes et soutiennent qu'une rencontre entre Chavez et le chef historique de la guérilla, Manuel Marulanda, ne peut avoir lieu que sur le territoire colombien.

De son coté, le président Uribe répète inlassablement son hostilité à toute forme de zone démilitarisée et refuse catégoriquement qu'une rencontre entre Marulanda et Chavez puisse se dérouler sur son territoire.

"Pour l'instant les deux adversaires campent sur leurs positions, de crainte d'être amenés à faire de trop importantes concessions", estime un diplomate européen qui a requis l'anonymat.

"Les FARC ne peuvent pas tout refuser à Chavez au risque de perdre leurs alliés du camp progressiste en Amérique latine. Et Uribe ne peut apparaître aux yeux des Européens comme un obstacle absolu à la paix, un conservateur aux positions intransigeantes, alors que ses relations avec les démocrates américains sont au plus bas", poursuit-il.

Mercredi, le vice-président Francisco Santos a demandé à la sénatrice Cordoba et au président Chavez d'être "plus discrets" sur ces négociations qui, selon lui, "ne peuvent se dérouler publiquement devant les micros des journalistes".

mercredi 19 septembre 2007

Entretien avec E. Lander






Le Venezuela sous Chavez : quel changement social, quelle démocratie ?

« Nationalisations » dans le secteur de l’électricité, du pétrole et des télécommunications, construction du Parti socialiste uni du Venezuela, non renouvellement de la concession d’une chaîne de télévision d’opposition, renforcement du pouvoir présidentiel et développement d’un « pouvoir populaire », proposition de réforme constitutionnelle devant conduire le Venezuela vers le « socialisme du XXIe siècle », etc. Ladite révolution bolivarienne progresse mais l’action d’Hugo Chavez continue de susciter la polémique et des analyses antagonistes, souvent outrancières, qui occultent ou simplifient différents aspects de ce processus de changement.
Nous publions ci-dessous une interview du sociologue vénézuélien Edgardo Lander réalisée par la revue Mouvements. Il partage avec nous sa vision de ladite révolution bolivarienne, ses forces et ses faiblesses en prenant relativement ses distances de la guerre de propagande et de contre-propagande qui entoure le sujet.



Démocratie et pluralisme dans le processus de changement vénézuélien

— Quelle est votre analyse de l’affaire de la « fermeture » [1] par le président Hugo Chavez de la chaîne de télévision privée RCTV (Radio Caracas Televisión), présentée dans toute la presse occidentale comme une intolérable atteinte à la liberté d’expression ?

Je dirais tout d’abord que, selon les normes constitutionnelles et légales en vigueur au Venezuela – pas seulement celles du gouvernement en place – les ondes hertziennes appartiennent à l’État qui les organise comme une concession à l’usage d’entreprises privées, de l’État ou d’autres groupements tels que radios ou télévisions communautaires. Dans le cas présent, la concession de RCTV, renouvelée pour la dernière fois il y a vingt ans, arrivait à terme et l’État devait décider s’il fallait la renouveler pour vingt ans de plus ou non. Pour placer cette situation dans un contexte sociopolitique plus général, il est important de comprendre le rôle joué par la majeure partie des médias privés ces dernières années. Avec la crise de l’ordre des partis politiques du régime antérieur (Acción Democrática, COPEI, etc.), les médias se sont convertis en principaux instruments d’opposition au gouvernement. Le problème n’est pas qu’ils soient des instruments de l’opposition, mais il faut voir quel type d’opposition, quel type d’actions cette opposition mène. Ces dernières années, l’entreprise RCTV s’était engagée dans des activités qu’on peut appeler golpistas, putschistes, c’est-à-dire de collaboration directe à la préparation d’un coup d’État. On a affaire à une chaîne de télévision qui s’est ouverte en toute impunité aux membres des forces armées qui ont lancé des appels à d’autres militaires pour qu’ils se soulèvent contre Chavez.

Pendant la tentative de coup d’État du 11 avril 2002, les médias ont produit des images de personnes, présentées comme des hommes armés de Chavez, qui auraient été vues en train de tirer sur des manifestants pacifiques. On a montré des images de morts en les présentant comme la preuve que le gouvernement Chavez tirait contre ces manifestants pacifiques. Mais il a été prouvé ensuite que ces images étaient le résultat d’un montage total et que les personnes armées tiraient sur un détachement hautement armé de la police métropolitaine qui participait au coup d’État et se dirigeait vers le palais présidentiel. La manifestation de l’opposition se déroulait à quelques centaines de mètres de là et n’avait rien à voir avec ces faits. Les manifestants ont été tués par des francs-tireurs qui participaient au coup d’État, c’était un stratagème pour justifier le putsch. Au Venezuela et à l’échelle internationale, on a utilisé ces images comme une justification du coup d’Etat contre un gouvernement criminel qui tuait son propre peuple alors qu’en réalité, c’était un montage. Les images n’avaient pas été filmées par RCTV, mais c’est RCTV qui a fabriqué le montage et l’a diffusé à plusieurs autres chaînes, au Venezuela et internationalement. Le reportage a même gagné le prix du Prince des Asturies, mais tout était faux. [2]

La force des médias dans le monde contemporain est telle qu’ils sont capables de créer des faits, de fabriquer la réalité. Dans ce cas, la réalité a été créée avec d’évidentes intentions politiques, et pour beaucoup de gens dans le monde c’était « la » vérité, même s’il a été possible, plus tard, de prouver que c’était une fabrication. On se demande quel pays d’Europe permettrait à une grande chaîne de télévision de participer directement à un coup d’État contre l’ordre constitutionnel, en fabriquant des images d’assassinats de masse par l’État. Évidemment, ce ne serait pas tolérable. L’État vénézuélien aurait pu en toute légitimité fermer cette chaîne au moment du coup d’Etat, mais il a opté pour une forme plus simple d’un point de vue légal, qui consistait à ne pas renouveler sa licence au moment de son expiration, presque cinq ans plus tard.

— Mais on dit que beaucoup de Vénézuéliens, y compris beaucoup d’électeurs de Chavez, ont été déçus par la fermeture de cette chaîne, qui était source pour eux de divertissement, avec ses telenovelas et ses matchs sportifs, etc. De ce point de vue, Chavez n’a-t-il pas commis une erreur politique ?

Différentes sortes de problèmes se posent. D’abord, la question du contrôle oligopolistique des moyens de communication alors que les ondes sont censées appartenir à tous. Ensuite, la question de savoir si ces médias peuvent violer la loi impunément. On peut ensuite se poser la question de la manière dont la « fermeture » s’est effectuée et des explications données par le gouvernement. Autre question encore : quelles étaient les options disponibles, sachant que les médias font partie de la société contemporaine et que nous sommes en démocratie, qu’il faut tenir compte de la construction pluraliste de la sphère publique ?

Il y a aussi la question du divertissement qu’on ne peut pas oublier. Certains prétendent que les médias doivent être en permanence un instrument pédagogique et politisé, mais ce n’est pas possible, cela va à contre-courant d’une culture populaire bien installée, contre les attentes des gens. Il y a une culture de télévision qui s’est constituée ces cinquante dernières années. Au Venezuela comme ailleurs, quand les gens allument la télévision, c’est en général pour se divertir, regarder des telenovelas et les matchs de sport, des choses qu’on peut estimer frivoles, mais la télévision c’est cela ! Faire de la télévision un instrument pédagogique, une chose toujours sérieuse, c’est enlever aux gens une de leurs sources de divertissement. Cette chaîne captait, selon certaines sources, 40 % du public des téléspectateurs, un pourcentage très élevé. Ce n’était pas seulement pour des raisons politiques, puisqu’une grande partie de cette audience venait des couches populaires qui soutiennent massivement le gouvernement de Chavez.

On a annoncé que la place de RCTV sur les ondes allait être prise par une nouvelle chaîne de service public. Or, la création d’une chaîne publique plurielle, qui intéresse et divertit réellement les gens, n’est pas chose facile. Cela ne dépend pas uniquement de la volonté politique, mais aussi de la capacité de création et de production, et cela dépend également du talent dont on dispose. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. Il y a eu, au départ, beaucoup d’improvisation. La chaîne commence en suscitant des attentes très élevées. Elle commence avec une programmation de 24 heures sur 24, ce qui paraît absurde, car on aurait pu attendre d’une nouvelle chaîne plus de modestie, qu’elle commence par exemple avec une programmation de prime time et qu’elle ajoute d’autres programmes par la suite.

Créer une chaîne publique qui ne soit pas une chaîne gouvernementale exigerait un cadre institutionnel qui rende possible une certaine autonomie par rapport aux instances gouvernementales. Il faudrait aussi de l’autonomie financière. Mais l’appui financier de cette nouvelle chaîne vient essentiellement de l’État et elle diffuse une propagande qui donne à cette chaîne une coloration très gouvernementale, avec une propagande qui ressemble à celle des autres médias de l’État, en faveur des initiatives du gouvernement. Il est difficile dès lors de voir comment on fera de cette chaîne quelque chose de différent. C’est très compliqué. La chaîne principale de l’État, le Canal 8, la traditionnelle chaîne publique au Venezuela, fait quelques efforts pour organiser des vrais débats, inviter des gens de l’opposition, mais il y a aussi un autre contenu qui apparaît comme l’image-miroir du ton agressif des chaînes privées. Certaines émissions font véritablement de l’agitation politique, de façon sectaire. Cela ne contribue pas à l’ouverture d’un espace de débat plus large, plus tolérant, plus démocratique, puisqu’on reste dans le même registre sectaire de certaines chaînes privées. Il y a là un grave problème, qui montre les difficultés d’apprentissage du débat démocratique, puisqu’il n’est pas vraiment possible qu’une chaîne de l’État s’exprime sur le même ton que la droite la plus agressive.

— Chavez lui-même et son gouvernement ont-ils la volonté de créer un espace public plus démocratique ?

C’est une question qui n’a pas été posée au Venezuela avec suffisamment de sérieux et de clarté. Elle ne passe pas seulement par les médias, même si c’est largement une question des médias. Le processus de changement au Venezuela se présente toujours comme un processus non violent et démocratique. Dans l’actuel débat sur la réforme constitut