mercredi 31 octobre 2007

Chávez go home ! par William Goldnadel



C'est à suivre.Mais qui a dit que Chavez était antisémite .

A ce qu’il paraît, le président vénézuélien, Hugo Chávez, sera bientôt reçu à Paris en raison de son éventuelle entremise dans le règlement de la libération d’Ingrid Betancourt. Suivant en cela un autre «invité», le colonel Kadhafi, réhabilité, lui, pour prix de la libération, finalement, des infirmières bulgares et du médecin palestinien injustement emprisonnés chez lui.

Les pays démocratiques ne font guère la fine bouche dès qu’il s’agit d’otages. Pourtant, la raison d’un Etat ne saurait obscurcir celle des défenseurs de certains principes élémentaires qui fondent, précisément, la démocratie.

Or, il est à craindre, malheureusement, que le Caudillo sud-américain ne continue à faire l’objet de la bienveillance des médias.

Ainsi, qui a osé s’étonner, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, d’une déclaration commune Chirac-Chávez condamnant noblement le terrorisme – alors que le même Chávez n’a jamais cessé de réclamer la libération de son «ami», Ilitch Ramírez Sánchez, dit Carlos, emprisonné en France, justement, pour… terrorisme ?

Qui a condamné l’appui sans réserve du dauphin spirituel de Fidel Castro à l’entreprise nucléaire de son camarade iranien, le président Mahmoud Ahmadinejad, et ses comparaisons récurrentes assimilant les Israéliens aux nazis ?

Le 20 septembre 2006, Hugo Chávez s’est rendu à l’Assemblée générale de l’ONU et, du haut de la tribune, a qualifié le président américain de «tyran», sous les applaudissements : «Hier, le diable est entré ici. Et ça sent encore le soufre.» Qui a crié au manichéisme primaire ?

Le réaliste résigné qui s’exprime se contenterait de bien peu, à savoir, que Hugo Chávez, lauréat du prix Kadhafi des droits de l’homme de la Libye (cuvée 2004), docteur honoris causa de l’université syrienne de Damas, soit traité avec la même sévérité que le yankee Bush, universellement dénoncé par les ligues de défense des droits de l’homme et tous les syndicats antiracistes. Lesquels restent, pour l’heure, toujours aussi placides et silencieux à l’égard des petits tyrans de Caracas, de Khartoum, ou de Téhéran.



© William Goldnadel est Président d’Avocats sans frontières.

lundi 29 octobre 2007

Présidence conjugale



Forte de la popularité de son mari, le chef de l’Etat sortant Néstor Kirchner, Cristina Fernández a dominé la campagne présidentielle argentine.Elle tente d’incarner l’espoir dans un pays à la croissance encore fragile.

Bien serrés, les vingt premiers rangs agitent d’immenses banderoles e drapeaux. Ce qui permet de donner aux télés et aux photographes, coincé sur un podium, l’idée de foule. Mais derrière, le parvis des halles de Bueno Aires est plus que clairsemé. «Kristina presidenta», disent les calicots. Kristina : un mélange de Cristina Fernández, future chef de l’Etat, pour qui une grande majorité d’Argentins a voté hier, et du k de Kirchner, son mari, Néstor, le président sortant. Elu il y a quatre ans, Néstor Kirchner a mis sa popularité au service de sa femme, et prête ainsi le flanc aux accusations de népotisme qui imprègne son parti d’origine, le Parti justicialiste, ou péroniste, du nom de Juan Domingo Perón, le «national-populiste» dont le règne, de 1946 à 1955, a laissé une marque indélébile sur la vie politique du pays.
En cet ultime meeting de campagne, aux halles de Buenos Aires, la petite foule a la ferveur des militants conquis. «Cristina, c’est la garantie de la continuité, c’est une étape de transition qui permet à notre projet national péroniste de gagner du temps, récite Melina, 18 ans, qui vient d’entrer en fac de droit. Ainsi, dans quatre ans, Néstor Kirchner pourra peut-être se présenter à nouveau. C’est le projet qui compte, pas les personnes. Le projet, c’est de défendre les intérêts nationaux contre les antipatriotes.» Melina milite au Mouvement Evita, du nom d’Eva Perón, la première épouse de Perón morte d’un cancer à 33 ans, en 1952. Devenue première dame du pays, l’ancienne actrice s’est totalement impliquée dans le gouvernement de son mari, combattant pour les droits sociaux ou le droit de vote des femmes. Plus d’un demi-siècle plus tard, le péronisme se réclame toujours d’elle, autant sinon plus que de son mari. Avec le temps, et sa disparition précoce, Eva Perón est devenue un véritable mythe, le mythe argentin par excellence. Cristina, nouvelle Evita ?

Sur l’estrade, la future présidente, sûre de sa victoire, ne fait aucune allusion à l’héroïne nationale, se bornant à un hommage aux «femmes argentines» qui doivent continuer à lutter pour «la santé de nos enfants». Lu sans charisme ni passion, le discours dure dix minutes avant que les halles se vident. «Non, ce n’est pas Evita, lance Jorge, un employé municipal de 60 ans. Evita, il n’y en aura jamais qu’une. Mais, comme Evita, Cristina représente l’espoir pour nous les pauvres, les descamisados, les sans-chemise.»

«La presse étrangère aime la comparer à Evita, mais elles n’ont rien à voir, estime l’écrivain journaliste Jorge Lanata, fondateur du quotidien Página/12. Eva Perón était plus combative, beaucoup moins lisse.»

Inflation à deux chiffres

L’intéressée elle-même rejette le parallèle : «Ceux qui le font ont peu d’imagination. Eva Perón est un phénomène qui ne peut se reproduire, lié au contexte de l’époque. A 26 ans, en 1946, Eva Perón vivait dans un pays où les femmes ne votaient pas encore. Le simple fait d’être femme la condamnait à la cuisine et aux enfants. Et malgré tout, elle a réussi à devenir ce qu’elle fut.» Dans sa biographie de la Reine Cristina, la journaliste Olga Wornat écrit que madame Kirchner «admire Eva Perón mais rejette le folklore du parti autour de cette figure historique. Elle ne croit pas que la seule incantation du nom d’Eva Perón suffise pour convaincre».

Les Kirchner, mari et femme, n’aiment pas les médias. Ils ne communiquent pas et vivent presque retranchés depuis quatre ans à la Casa rosada, l’Elysée argentin. Aussi les électeurs ne sauront-ils jamais pourquoi le mari ne s’est pas représenté alors qu’il aurait pu briguer un deuxième mandat. Avec la quasi-certitude d’être réélu. En 2003, Néstor Kirchner est presque un inconnu lorsqu’il arrive au pouvoir suprême par surprise, avec seulement 22 % des voix, mais grâce au retrait de son rival du premier tour, Carlos Ménem.

Aujourd’hui, sa cote de popularité est au plus haut. Il est considéré comme l’artisan de la reprise économique après la grave crise de 2001 qui avait conduit le pays à la faillite. Depuis, l’Argentine surfe sur des taux de croissance de 8 % à 9 % par an. Une récupération encore fragile et menacée par une hausse des prix qui dérange : quand l’institut national des statistiques a voulu annoncer une inflation à deux chiffres, Néstor Kirchner en a tout simplement viré la présidente, dans le meilleur style autoritaire du péronisme.

«Nul ne sait pourquoi Kirchner ne s’est pas représenté, explique Jorge Lanata, il ne s’est jamais expliqué. Il pourrait être très malade, d’un cancer. Il a déjà été opéré, mais là aussi, sans communiquer. L’autre hypothèse, c’est qu’il se place en position de recours si l’Argentine replonge dans la crise, ce qui n’est pas impossible. En attendant, il pourra toujours faire office de chef de cabinet dans l’ombre.» En imposant, en juillet, la candidature de sa femme, par-dessus son propre parti, Néstor Kirchner «témoigne de ce népotisme qui imprègne malheureusement la vie politique argentine, quels que soient les partis», continue l’analyste. «Au niveau national, mais plus encore au niveau local, ajoute le politologue Ricardo Rouvier, le népotisme est une véritable honte pour ce pays. Dans les provinces se sont créées de petites aristocraties de citoyens au-dessus des autres, fondées sur la consanguinité ou l’amitié.» Le cas Kristina n’en serait que l’exemple ultime.

L’intéressée et ses partisans s’en défendent. «Elle a forcément beaucoup appris en étant femme de président, lance Melina. Elle a accumulé des connaissances politiques et institutionnelles et va pouvoir maintenant s’en servir.» D’autant qu’elle avait déjà son propre parcours politique avant même l’arrivée au pouvoir de son mari. Aujourd’hui sénatrice, elle a débuté dans les années 80 comme députée régionale de la province de Santa Cruz (sud), dont Néstor Kirchner fut gouverneur.

Fort de trente ans de mariage, ce couple marche aussi main dans la main politiquement. Un couple étrange : lui, 57 ans, gauche dans ses costumes trop grands, a un physique marqué par un fort strabisme ; elle, 54 ans, au maquillage épais («peinte comme une porte», reconnaît-elle), est toujours tirée à quatre épingles – «Une femme qui a du charme doit toujours démontrer qu’elle est intelligente. On exige de vous un double effort, sinon vous vous faites traiter de stupide et de frivole.»

Qui va gouverner ?

Cristina, mère de deux enfants, est à la fois «généreuse, arrogante, vaniteuse, implacable et fidèle», écrit Olga Wornat. «Il y a une union dans le couple, à la fois politique et matrimoniale. Officiellement, nous n’avons pas en Argentine les mêmes problèmes que la France avec le couple Sarkozy», rigole Ricardo Rouvier. Et le mandat de son mari aurait été aussi un peu le sien. Pour Néstor Kirchner, «c’est une associée, la pièce principale de son échiquier, la personne en qui il a le plus confiance, continue Olga Wornat. Ils se consultent sur tout, plusieurs fois par jour, sur la vie quotidienne comme sur la politique.» «Nul ne doute qu’elle a eu de l’influence sur son mari», estime Ricardo Rouvier. «On me critique sur le fait que j’ai du pouvoir, explique la future présidente. Mais pourquoi n’aurais-je pas le droit d’avoir mon opinion ? Pourquoi mon mari ne pourrait-il pas me consulter ? Nous sommes un couple de militants. Ça fait des années que nous travaillons ensemble. Nous sommes arrivés au pouvoir ensemble, mais au final c’est Kirchner qui décide, c’est le Président qui a le dernier mot.» Plus qu’Evita, son modèle c’est Hillary Clinton : «C’est une femme intelligente et moderne. Elle a aussi été la cible d’attaques lors de la présidence de son mari parce qu’elle entrait dans des débats qui ne sont pas supposés être ceux d’une première dame. Elle a su trouver sa place, non pas indépendante de son mari mais en coexistant avec lui sans l’affronter.»

Pour Jorge Lanata cependant, «le cas de ces deux femmes d’ex-présidents qui se lancent à leur tour dans la course est différent. D’abord parce que Bill Clinton n’est pas actuellement au pouvoir. Ensuite, parce que si Hillary est désignée, ce ne sera pas par son mari, contrairement à ce qui s’est passé ici».

Quoi qu’il en soit, ce sont les électeurs qui auront eu le dernier mot. Et l’ancienne première dame va devenir, sur les traces de sa voisine chilienne Michelle Bachelet, la première présidente élue de l’histoire de l’Argentine. Mais qui va gouverner ? Kristina de Kirchner ou Cristina Fernández ? «Une présidence bicéphale ne peut pas tenir, cela ne peut que mener au chaos», estime Jorge Lanata. Déjà, tout au long d’une campagne apathique, à l’image du meeting des halles de Buenos Aires, Cristina Fernández a dû jouer les équilibristes : assumer le bilan de son mari tout en promettant des changements pour apaiser les mécontentements provoqués notamment par l’inflation grandissante. Slogan : «L’approfondissement du changement». Quel changement ? «La nouveauté du changement, assure-t-elle, ce sera de continuer dans la même direction.»

Cristina Kirchner, la continuité plus le changement



Élue dès le premier tour, ce 28 octobre, l’épouse du chef de l’État sortant prendra ses fonctions le 10 décembre. Si elle ne devrait pas modifier les grandes lignes de la politique actuelle, elle aura les mains plus libres que son prédécesseur sur certains dossiers.

Lettre de Ségolène Royal depuis Buenos Aires



Amigas, Amigos,

Je vous écris de Buenos Aires où je suis arrivée vendredi et où j’ai rencontré Cristina Kirchner, candidate favorite de l’élection présidentielle argentine. Ne soyez pas surpris par la graphie de cette petite lettre depuis l’hémisphère sud : je l’ai tapée pour partie sur un clavier espagnol qui ne comporte pas les mêmes signes et, après transfert sur un “azerty” francophone, les corrections laissent certainement à désirer ¡

Vendredi, donc, arrivée dans cette ville qui est vraiment l’une des plus belles du monde. Les valises sont restées à l’escale de Sao Paulo mais qu’importe ¡ Il faut savoir voyager léger...

J’ai rendez-vous à 17 heures avec Cristina, dans sa résidence privée. Son avance sur les autres candidats est telle que tout le monde la donne gagnante, la seule question étant de savoir si ce sera dès le premier tour ou a l’issue du second.

La campagne s’arrêtant le vendredi, Cristina a prévu de partir jusqu’à dimanche, jour du vote, en Patagonie, la région dont elle a été longtemps l’élue et dont son mari, Nestor Kirchner, a été le gouverneur avant d’être Président de la République argentine. Là-bas, dans la ville de Calafete, a 3.500 km de Buenos Aires, elle a sa maison, ses bases.

Elle a repoussé son départ pour me recevoir et j’en suis très touchée.

Nous nous étions vues en février à Paris lorsque j’étais en campagne, nous avions surtout parlé de la France, je suis heureuse de lui rendre, dans son pays, cette politesse amicale. Cette fois-ci, nous avons surtout parlé de l’Argentine dont je trouve le redressement économique spectaculaire et l’expérience politique de ces dernières années très intéressante dans un monde en pleine recomposition.

Je suis curieuse de voir de plus près comment un pays plein de potentiel mais acculé à la faillite par le dogme du “consensus de Washington” a repris ses affaires en mains en s’affranchissant de cette idéologie ultra-libérale et en redonnant à l’Etat un rôle d’impulsion et de régulation.

C’est un débat qui traverse aujourd’hui toute l’Amérique latine, majoritairement gouvernée à gauche. Des gauches différentes, bien sûr, qui sont loin d’être d’accord sur tout. Mais des gauches qui, pour beaucoup, savant bien que si le marché est un bon serviteur, il est un mauvais maître… Des gauches qui ont tiré les leçons des tentatives de passage en force des années 70 et des coups d Etat qui, sur fond de guerre froide, les ont noyées dans le sang. Des gauches qui ont montré qu’elles sont, plus que la droite, capable d’entraîner l’électorat centriste et de nouer des alliances à vocation majoritaire.

Ces questions, des pays comme l’Argentine, le Chili où je serai demain, le Brésil et bien d’autres se les posent dans ce vaste sous-continent qui est un des laboratoires de notre modernité. Elles nous intéressent directement car ce que nous vivons n’est pas simplement une époque de changements : c’est un changement d’époque. Le monde entier est à la recherche d’un modèle de développement qui conjugue croissance économique, responsabilité et même investissement environnemental, réduction des inégalités et, à l’échelle de la planète, partage plus équitable du pouvoir dans une perspective forcement multipolaire.

J’ajoute que l’Amérique latine s’illustre aussi, ces derniers temps, par l’accès au pouvoir de catégories qui en furent longtemps bannies : les femmes, les Indiens, les syndicalistes, les militants de la “génération sacrifiée” victime de la répression des dictatures militaires. Et se pose, elle aussi, la question des formes que pourrait prendre son intégration régionale et la question du rééquilibrage de sa relation avec les Etats-Unis.

Raison de plus pour aller y voir de près et retrouver Cristina à un moment privilégié où l’histoire est en train de se faire et où nous pouvons parler très librement.

Nous nous embrassons chaleureusement et nous installons côte à côte sur un divan. Je la retrouve comme dans mon souvenir : élégante et déterminée. Je la questionne sur la situation économique de son pays. Nous évoquons la croissance très dynamique de l’Argentine alors qu il y a 5 ans à peine, elle connaissait une crise économique, financière et sociale qui s’était traduite par un effondrement de plus de 11% de son produit intérieur brut, par un endettement record (111 milliards d’euros) sans capacité de remboursement, par une paupérisation massive des couches moyennes et un basculement de 50% de la population en dessous du seuil de pauvreté. Aujourd’hui, la croissance tourne autour de 8%, 2,5 à 3 millions d’emplois ont été recréés, la dette de l’Etat a été restructurée par des mesures rigoureuses qui portent leurs fruits, le prêt jadis accordé par le FMI a été remboursé par anticipation en même temps que le gouvernement de Nestor Kirchner s’affranchissait de cette désastreuse tutelle. La devaluation du peso naa pas debouché sur l’adoption du dollar et, si douloureuse qu’elle ait initialement été, a fouetté l’essor de l’industrie nationale et des investissements en renchérissant le coût des importations.

Bien sûr, Cristina en est très consciente, tout n’est pas réglé. L inflation est forte, les inégalités se sont creusées même si le taux de pauvreté et le chômage ont beaucoup reculé, l’insecurité énergetique reste une faiblesse de l’économie argentine. Comme me l’explique Cristina, le rationnement de l’énergie qu il a fallu imposer aux entreprises après un hiver tres froid, “nous a coûté un point de croissance”. Elle souligne l’importance de cette “équation énergétique” pour l’avenir du pays et ironise sur ceux qui diabolisent Hugo Chavez, le president d’un Venezuela gros producteur de pétrole avec lequel l’Argentine a passé des accords de fourniture : “il faut, me dit-elle en riant, être intelligents ¡” plutôt que dogmatiques, coopérer n’est pas s’aligner et, clin d’oeil aux Européens qui courtisent la Russie, “sur le plan énergetique, Chávez n’est pas pire que Poutine ¡”. Elle souhaite aussi approfondir la cooperation avec le Brésil, premier partenaire énergtique de l’Argentine, et faire valoir aux investisseurs brésiliens que le taux de change leur est favorable.

Quand je l’interroge sur l’inflation, elle reconnait que c’est un vrai problème mais, ajoute-t-elle, “il ne faut pas confondre une inflation sans croissance et une inflation avec croissance, ce n’est pas la même chose”, point de vue certes hétérodoxe pour les adeptes des monnaies fortes a tout prix, y compris au détriment de la croissance et de l’emploi, mais choix politique assumé, même si le gouvernement argentin a gelé les tarifs publics et imposé un contrôle des prix dans la grande distribution. L’évaluation du niveau d’inflation est aujourd’hui vivement débattue en Argentine où certains accusent les statistiques officielles de la sous-estimer. Pour Cristina, le chiffre de 11% d inflation correspond à la réalité. Elle souligne que le chiffre du FMI n’est supérieur que d’un point (12%) et que, “si l’inflation atteignait 20% ou 25%, comme certains l’ont dit pendant la campagne électorale, les gens seraient déjà descendus dans la rue ¡”.

Elle m’explique aussi comment elle souhaite promouvoir, par une négociation tripartite entre l’Etat, les entreprises et les représentants des salaries, ce qu’elle appelle “un nouveau modèle d’accumulation” qui englobe, au delà des salaires et des prix, toutes les dimensions d’une croissance plus équitablement partagée. J y vois des points communs avec ce que, durant ma campagne, j’ai appelé “un nouveau modèle de croissance”.

Visiblement, Cristina n’accepte pas que les grands bailleurs de fonds internationaux ramènent l’Argentine à une situation dont elle s’est arrachée. Elle me dit qu’il n’est pas question, pour elle, d’accepter les conditions mises par le Club de Paris à la renégociation de la dette argentine : l’avis du FMI, c’est à dire le retour sous la tutelle dont l’Argentine n’a eu de cesse de s’affranchir ¡ Ce n’est, me dit-elle, pas admissible économiquement et pas admissible politiquement. L’Argentine a fait de gros efforts de désendettement pour assainir sa situation et récupérer la maitrise de son destin, pas question que le Club de Paris la tire en arrière. Cristina me dit qu elle n’a pas l’intention de se laisser faire, qu’elle est allée discuter avec les Allemand et les Japonais, principaux créanciers de son pays. Elle me dit en riant espérer que Dominique Strauss-Kahn, désormais à la tête du FMI, aura à cœur d’en changer les mœurs et les pratiques impérieuses et ravageuses, son pays en sait quelque chose, pour ceux qui se conforment à ses diktats. Je lui dis que, compte tenu de la personnalité et de l’expérience de DSK, cet espoir me parait fondé.

Nous évoquons également ce préjugé tenace, sous toutes les latitudes, qui veut qu’en matière économique, les femmes politiques soient toujours soupçonnées de moins s y connaitre que leurs homologues masculins. Je lui raconte que c’est arrivé à Angela Merkel jusqu’à ce que les milieux économiques s’aperçoivent qu’elle était fort compétente. Cristina me dit avoir multiplié les contacts avec les chefs d entreprise parce qu’elle sentait bien qu’ils s’inquiétaient de savoir quelle était, sur ces sujets, sa vision des choses. Elle entend poursuivre la bataille pour le redressement économique de l’Argentine que Nestor Kirchner a engagée avec détermination et succès. “Nous avons, me dit-elle, parfaitement intégré les règles macro-économiques de base, cela va de soi. Mais qu’on ne vienne pas me raconter que l’économie est une science exacte, c’est une science sociale et humaine ¡”. Nous nous accordons sur cette idée qu’il n’y a pas de loi d’airain qui priverait la politique de toute marge de manœuvre.

Nous évoquons aussi les perspectives de la croissance mondiale, les déséquilibres de l’économie américaine, les errements du système financier globalisé dont la récente crise des “subprimes” a montré les dangers. Cristina estime que le système a atteint un tel degré de sophistication qu’il échappe a tout contrôle. Les fonds d’investissement, parce qu’ils se soustraient à toute régulation, deviennent un facteur d’instabilité économique, sociale et même politique. Or que se passe-t-il quand une crise se propage ¿ C est l’Etat qui doit limiter les dégâts comme l’a fait, me dit Cristina, le gouvernement anglais en volant au secours d’une de ses grandes banques en perdition. Nous sommes l’une et l’autre bien d’accord que la crise financière de l’été est un avertissement. Il y a urgence à bâtir des mécanismes de régulation. Pour elle comme pour moi, c’est clair : la mondialisation, loin de disqualifier les Etats, appelle de nouvelles formes d’intervention de la puissance publique pour en saisir toutes les opportunités et, en même temps, se protéger des risques d’une financiarisation aveugle et livrée a elle-même.

Au fil de la conversation, nous abordons aussi les questions agricoles, très importantes pour l’Argentine dont les exportations alimentaires (soja, riz, maïs, vin, viande) tirent la croissance, sur fond d’explosion des cours mondiaux et de besoins croissants des marchés émergents de Chine et d’Inde. Cristina a l’habitude de souligner que ces marchés sont une chance pour son pays car il est impossible de ne compter que sur l’Occident “qui exige que nous payons nos dettes mais bloque nos importations en subventionnant sa propre agriculture”.

C’est une question que je me suis souvent posée, je la pose à Cristina : qu’as-tu appris de ton pays au fil de cette campagne ¿ “Je l’ai, me dit-elle, vraiment sillonné dans tous les sens et j’ai découvert en lui, malgré toutes les difficultés qu’il a affrontées et affronte encore, une réserve d’optimisme et une formidable capacité de changement. Un changement qui prend appui sur les résultats de ces quatre dernières années et qui nous pousse à inventer un autre modèle que celui qui a dévasté nos régions et ruiné notre compétitivité. Quand je suis allée, par exemple, dans la région viticole de Mendoza, j’ai été frappée par la rapidité de sa métamorphose : une zone jadis sinistrée par un taux de change peu favorable pour nos exportations et qui est aujourd’hui entièrement reverdie, couverte de vignes qui produisent et exportent un excellent vin”. Pour elle, c’est un exemple parmi d’autres du dynamisme des Argentins et de leur capacité à remonter la pente dès lors que l’Etat lève les obstacles à la croissance.

Nous parlons aussi des questions relatives à la sécurité, qui deviennent, là-bas comme ici, une préoccupation plus forte. Cristina me dit que l’Argentine, comme le Chili et l’Uruguay, jouissent d’un niveau de sécurité appréciable par rapport à des pays comme le Brésil ou le Mexique. Cependant, la société argentine éprouve un sentiment d’insécurité qu’il faut prendre au sérieux et qui a à voir avec l’extrême insécurité sociale des années de crise et avec le trafic de drogue, en particulier d’un sous-produit particulièrement meurtrier de la cocaïne. Je me retrouve dans sa manière d’aborder ces sujets. Sa conviction est qu’on ne peut isoler le traitement de la sécurité du règlement des autres problèmes qui inquiètent les Argentins : “il n y aura pas de sécurité, me dit-elle avec conviction, sans résoudre les problèmes d’emploi, d’éducation, de santé, de justice, de corruption”. Comme moi, elle pense que tout se tient.

Nous parlons de nos expériences respectives de campagne et je lui demande son pronostic. Prudente, elle me répond : “j’ai mené beaucoup de campagnes électorales et je sais qu’on n a jamais gagné une élection avant six heures du soir ¡ Il faut d’abord compter et recompter tous les bulletins de vote avec humilité…”.

Nous plaisantons des remarques machistes que nous avons, l’une et l’autre, essuyées en campagne. Nous nous souvenons d’Angela Merkel et de Michelle Bachelet qui, elles non plus, n’avaient pas été épargnées. Cristina me dit que tout cela l’atteint peu, qu’elle a déjà une longue expérience politique, qu’elle a été élue députée et sénatrice bien avant que son mari soit Président de la République. Elle me dit qu’elle a décidé une fois pour toutes d’être elle-même : une femme politique à part entière, qui assume et sa féminité et sa combativité. Nous tombons d’accord sur le fait que, face à ces combats d’arrière-garde, mieux vaut ne pas s’abaisser à répondre aux attaques.

Je ne peux pas tout vous raconter ici par le menu car, en une heure d’entretien, nous avons parlé de bien des choses : des droits des femmes, en particulier de l’accès à la contraception, du fait que l’Argentine n’est pas un Etat laique au sens où, en France, nous l’entendons, des droits de l’homme et de tout le travail mémoire et de justice accompli sur les années de dictature. De choses plus personnelles aussi, comme la façon dont nos enfants ont vécu nos campagnes. Cela m’a amusée car ce que son fils a demandé une fois à Cristina – “est ce qu’un jour on sera enfin seuls ¿2 -, un de mes fils ou une de mes filles aurait pu me le dire dans les mêmes termes¡

Cristina m’a aussi interrogée sur la France et sur les perspectives de la gauche. Nous avons plaisanté sur l’étrange fascination que semble exercer M. Bush sur un certain type d’hommes politiques européens : Aznar, Berlusconi, auxquels cela n a pas porté bonheur. Un autre aussi, peut-être, plus près de nous... J’ai été frappée de ce qu’elle m’a dit sur la violence du rejet dont les Etats-Unis font aujourd’hui l’objet dans toute l’Amérique latine. Un rejet, selon elle, plus fort encore que celui des années 60 ou 70. C’est le triste résultat de l’administration américaine, alors même que Bill Clinton avait réussi à redresser l’image de son pays.

C’était un échange franc, amical. Je l’ai remerciée d’avoir, dans la dernière ligne droite de sa campagne, pris le temps de cette conversation. Nous nous sommes embrassées et souhaité bonne chance.

J’ai repensé, en la quittant, à cette phrase de Borgès, immense écrivain argentin, dont j’avais emporté un livre et qui exprime “la conviction que le combat peut être une fête”. Cela me va.

J’ai eu, depuis, d’autres passionnantes rencontres que je vous raconterai, notamment avec la Centrale des Travailleurs Argentins, une organisation syndicale indépendante, pluraliste, combative, dont j’ai rencontré la direction nationale, aguerrie dans les années de lutte contre la dictature. Leur démarche d’affiliation individuelle des travailleurs précaires et de ceux de l’économie informelle, très développée en Argentine, m’a paru extrêmement intéressante mais je vous raconterai tout ça un eu plus tard car là, j’ai rendez-vous avec les Mères de la Place de Mai.

Hasta luego ¡

Ségolène Royal

Buenos Aires

Argentine : Cristina Kirchner fait mieux que Ségolène



En étant élue hier soir dès le 1er tour de l’élection présidentielle argentine, Cristina Kirchner remplace son mari à la tête du pays. Un véritable plébiscite au pays des gauchos qui a dû faire une envieuse : Ségolène Royal, présente sur place pour soutenir son amie argentine.


Mais comment font-elles ? Voilà ce qu’a dû se dire Ségolène Royal, en voyage à Buenos Aires pour assister au triomphe de la nouvelle présidente argentine. Déjà présente au Chili en Janvier 2006 pour assister à la victoire de Michelle Bachelet Ségolène Royal doit chercher le remède miracle. Une femme socialiste présidente, c’est possible mais pour l’instant, cela se limite à l’Amérique Latine. En remportant facilement l’élection avec 43,55% des voix, Cristina Fernandez de Kirchner succède à son mari Nestor Kirchner. Une élection programmée tant l’opposition fut incapable de s’unifier. D’autre part, les bons résultats économiques de Nestor Kirchner lui ont facilité la tâche.

Après Nestor, Cristina. Cela veut-il dire que l’Argentine s’enfonce dans une monarchie ? Que dire alors des Etats-Unis qui après Bush père et fils risque d’avoir les Clintons, maris et femmes ? Qui connaît aujourd’hui cette femme toujours tapi dans l’ombre de son mari, Nestor Kirchner ? Un Nestor Kirchner qui en 4 ans de présidence est toujours aussi peu connu sur la scène internationale ? Que sait-on d’elle mis à part son goût pour les vêtements de luxe et sa collection de chaussures ?

Tout d’abord il s’agit d’une femme politique plus ou moins aguerrie puisqu’elle est sénateur de l’état de Buenos Aires depuis 2005 après avoir été législatrice du même état depuis 1989. Tout comme Hillary Clinton, elle est avocate de formation et rencontra son mari sur les bancs de l’université. Il est d’ailleurs amusant de voir de nombreuses similitudes entre Hillary et Cristina. Les conseillers de Mme Kirchner ont mis en avant dans cette campagne son expérience de la politique plutôt que son rôle de première dame, ce qui est exactement la même stratégie qu’Hillary. Christina Kirchner est d’ailleurs une admiratrice d’Hillary Clinton et elle verrait d’un bon œil un rapprochement entre les 2 pays si Mme Clinton arrive au pouvoir. Il faut dire que l’Argentine ne compte pratiquement plus sur la scène internationale. Avec son mari, le pays a connu des années d’isolement, que lui-même justifia en évoquant la grave crise intérieure connue par l’Argentine entre 1998 et 2002. A défaut des remboursements requis par le monde entier afin d’honorer ses bons publics et ses contrats rompus, privée de sources de financement externe et positionnée contre le FMI, l’Argentine fut poussée à une alliance avec le président vénézuélien et antiaméricain, Hugo Chavez. Ce dernier aida l’Argentine à effacer une partie de sa dette et à l’approvisionner à bon marché en matière de pétrole. Pourtant, Chavez compte de nombreux ennemis en Argentine, surtout parmi la communauté juive. Chavez est considéré comme un anti-sémite et ses relations avec l’Iran sont très critiquées. Il semblerait que Cristina Kirchner souhaite prendre ses distances avec Chavez car la communauté juive est très influente en Argentine. Ses récents voyages en Europe, en Suisse et en France, aux Etats-Unis et au Canada prouve sa volonté de sortir l’Argentine de son isolement. La Chavez-dépendence n’est pas sa tasse de thé même si elle est parfois obligée de ménager le président vénézuélien. Elle a récemment légitimé la demande d’incorporation de Chavez au MERCOSUR, le marché commun sud-américain, en déclarant qu’il était un démocrate. Des propos qui peuvent prêter à sourire puisque dans la foulée, elle le compare sans hésiter au président russe Vladimir Poutine, confronté aujourd’hui à de vives critiques internationales.

Au niveau intérieur, Cristina Kirchner a du pain sur la planche. Le gouvernement de Nestor Kirchner a été rongé par les scandales de corruptions avec les démissions successives du ministre de l’économie et du ministre de l’environnement. L’actuel ministre de la défense est dans le collimateur de la justice suite à des ventes d’armes illégales. Au niveau énergétique, la crise se poursuit avec de régulière coupures de courant dans les provinces les plus reculées. L’équation énergétique de l’Argentine ne peut pas être résolue sans la présence du Venezuela et il est amusant de voir que Cristina Kirchner aura besoin de Chavez comme l’Europe de Poutine.

Au niveau économique, le problème de l’inflation est récurrent avec plus de 12%. Il ne faudrait pas que la situation économique se détériore alors que l’Argentine compte 12 millions de pauvres sur une population totale de 38 millions. La croissance est au ralenti après 4 années à plus de 8% et le travail au noir touche 42% des habitants.

Alors que nous réserve Cristina Kirchner ? Et si sa présidence était un leurre ? Ou un coup monté avec son mari ? Certains hauts fonctionnaires du gouvernement disent à mots couverts que le retrait de Nestor Kirchner est purement stratégique. L’ambition de l’actuel chef de l’Etat serait de gouverner le pays pendant seize ans en échangeant tous les quatre ans son fauteuil présidentiel avec sa femme. Il faut savoir que la loi argentine interdit au président élu d’être candidat à deux mandats successifs mais l’autorise toutefois à se présenter deux fois. L’argentine aurait alors droit au couple Kirchner jusqu’en 2019. N’est-ce pas Hugo Chavez qui serait jaloux ?

dimanche 28 octobre 2007

A suivre:Bolivie: Evo Morales décide de créer une compagnie d'aviation populaire




Le président bolivien Evo Morales a décidé de créer une compagnie d'aviation d'Etat (BOA) destinée à l'ensemble de la
population et non seulement à "l'élite", annonce vendredi la presse locale. L'objectif de la création de cette compagnie d'aviation est de proposer la transport aérien à l'ensemble de la population et pas seulement à l'élite, a expliqué M Javier Garcia, le directeur de Général de l'aéronautique civile (DGAC). "L'aviation ne doit plus être seulement destinée à l'élite; aujourd'hui, elle est exclusivement pour certains secteurs, or, il faut qu'elle soit au service de tout le monde, ou au moins de la majorité" de la population, a déclaré M Garcia en soulignant que c'était l'objectif principal de la création
de la compagnie aérienne.
Selon le décret présidentiel la compagnie bolivienne d'Aviation (BOA) sera co-responsable des conventions sur le transport aérien international de passagers, du fret et du courrier.
Le vice-ministre des transports sera chargé de la constitution de l'entreprise et de l'achat ou de la location des appareils.
Le président socialiste Evo Morales veut remplacer la compagnie privée Lloyd Aéreo Boliviano (LAB), qui a cessé ses activités depuis mars dernier en laissant un passif de 140 millions de dollars après la fuite de son principal propriétaire, M Ernesto Asbun.
Depuis trois ans la LAB n'offrait plus à ses passagers qu'un service irrégulier à bord d'appareils vétustes.
Peuplée de 9 millions d'habitants la Bolivie est le pays le plus pauvre de l'Amérique du sud.

7 accords signés à Caracas



L’Algérie et le Venezuela ont signé sept accords et mémorandums d’entente portant sur des domaines de coopération économique et culturelle, à l’issue des travaux de la 2e session de la Commission mixte intergouvernementale de coopération tenue à Caracas, a-t-on appris hier, auprès des membres de la délégation algérienne.
Les deux parties ont ainsi conclu un mémorandum d’entente de coopération dans le domaine énergétique, entre les compagnies nationales d’hydrocarbures, Sonatrach et PDVSA, ainsi qu’un accord entre cette dernière compagnie et l’Institut algérien du pétrole (IAP), portant sur la formation et le recyclage de 420 techniciens vénézuéliens, dont 102 techniciens seront pris en charge "totalement" par l’Algérie, précise-t-on.
En outre, les deux pays ont signé d’autres accords dans les domaines des collectivités locales, de la culture, de l’industrie et de la communication, ajoute-t-on. Il s’agit d’un accord d’amitié et de coopération entre la wilaya d’Alger et l’Alcade Metroplitain de Caracas, d’un mémorandum d’entente dans le domaine de la Communication, d’un programme d’échanges culturels entre les deux pays, pour les années 2008-2010 et, enfin, d’un accord de coopération entre l’institut algérien de Normalisation (IANOR) et le service autonome vénézuélien pour la normalisation et la qualité (SENCAMER), précise-t-on encore.
La cérémonie de signature de ces accords, qui s’est déroulée au palais présidentiel de Miraflores, a été présidée du côté vénézuélien par le Président Hugo Chavez Frias et du côté algérien, par le ministre de l’Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, co-président de la Commission mixte intergouvernementale, indique-t-on de même source. Au cours de son séjour à Caracas, M. Khelil a été reçu par le Président Chavez, le vice-Président de la République, Jorge Rodriguez ainsi que par les ministres en charge de l’Energie, et des Mines, les Industries Basiques et minières et les Sciences et technologies.
Au cours des travaux de la Commission Intergouvernementale mixte, les experts des deux pays ont examiné d’une "manière approfondie" l’état de la coopération bilatérale, notamment dans les domaines énergétique, économique, commercial, financier et culturel, et les perspectives de son développement, souligne-t-on.
Ils ont à cette occasion, réaffirmé "la volonté" des deux pays de "poursuivre et d’accélérer" la mise en œuvre des projets de coopération retenus lors de la 2ème session du Comité de suivi de la première session de la commission mixte tenue à Alger, en mai 2006, et d"élargir" le champ de coopération à de nouveaux domaines "jusque-là non encore explorés", relève-t-on.
La première session de la Commission intergouvernementale mixte algéro-vénézuelienne s’est tenue à Alger, les 30 et 31 janvier 2002, à l’issue de laquelle les deux parties ont signé six accords de coopération, rappelle-t-on.

samedi 27 octobre 2007

La dette du Venezuela à l’égard de Cuba


Voilà un une réponse intéressante d'Hugo Chavez face aux critiques oligarches de l'opposition très faible au Vénézuéla. Ce qui est intéressant, c'est de voir les priorités vénézuéliennes et cubaines et de les comparer à celles de nos soit-disants, gouvernements canadien et états-unien. Comme j'adore dire, à chacun ses priorités! Bonne lecture!


Une polémique est entretenue par les médias atlantistes à propos des tarifs préférentiels que le Venezuela a accordé à Cuba en matière pétrolière : il s’agirait d’un détournement des ressources nationales vénézuéliennes par le président Chavez pour soutenir son homologue cubain et ami, Fidel Castro. En réalité, les intérêts vénézuéliens n’ont pas été lésés, car cette faveur compense les services offerts par La Havane à Caracas. Les échanges entre les deux pays sont fondés sur le besoin et l’utilité réciproques et non au regard de l’offre et de la demande du marché global.

L’oligarchie vénézuelienne ne cesse de critiquer le président Chávez pour l’aide pétrolière qu’il fournit au gouvernement de La Havane. En effet, Cuba reçoit 98 000 barils de pétrole par jour à des tarifs préférentiels. Pourtant, l’île des Caraïbes est loin d’être la seule nation à bénéficier de ces accords favorables. La plupart des pays de la région tels que Haïti, la Jamaïque ou le Nicaragua profitent également de cette politique solidaire. La capitale britannique ainsi que plusieurs municipalités étasuniennes jouissent aussi de la générosité vénézuelienne sans susciter autant de controverses.

Chávez a personnellement répondu à ces attaques lors de son programme télévisé Aló, Presidente, le 30 septembre 2007. Selon lui, la dette contractée par les Vénézueliens à l’égard de Cuba est bien plus importante que l’aide énergétique fournie à l’île des Caraïbes. « Ceux qui m’accusent d’offrir du pétrole à Cuba sont des insensés. Si l’on faisait les comptes, bolivar par bolivar, centime par centime… ». Le président vénézuelien a rappelé que 30 000 médecins cubains travaillent depuis plus de 5 ans dans le pays de manière bénévole et gratuite. Il a affirmé que les professionnels de la santé cubains ont sauvé plus de vies en cinq ans que les médecins vénézueliens durant toute l’histoire sanitaire du Venezuela. « Cela n’a pas de prix », a-t-il souligné. « Qu’est-ce qui vaut plus, en termes objectifs, les barils de pétrole que nous vendons à Cuba ou cela ? », a-t-il questionné.

Actuellement, près de 9 millions de personnes bénéficient des soins fournis par les médecins cubains, qui ont réalisé au total plus de 60 millions de consultations à travers le pays. Les missions de santé Barrio Adentro ont permis à tous les Vénézueliens de bénéficier d’un accès universel et gratuit aux soins. Le développement de la médecine préventive a permis de sauver 1 153 enfants en 2007, selon le Ministère de la Santé.

Grâce à la présence médicale cubaine et à la volonté politique de Chávez, 6 nouveaux hôpitaux sont en train de se construire à Barinas, Mérida, Guárico, Miranda, Apure et dans la capitale. Barrio Adentro en est actuellement à sa quatrième phase. Le gouvernement compte investir la somme de 800 millions d’euros (2,5 milliards de bolivars) dans le Système public de santé.

Chávez a également annoncé une revalorisation salariale de 60 % pour les médecins vénézueliens travaillant pour l’État, à partir du 1er novembre 2007. « Je sais que les salaires des médecins ont été oubliés […]. Ce n’est que justice pour ceux qui travaillent pour la santé des Vénézueliens », a-t-il déclaré. Il a également souligné que la hausse du prix du pétrole avait rendu possible cet effort financier. Le Collège des médecins du Venezuela n’a évidemment pas manqué d’exprimer sa satisfaction. Le salaire minimum pour un médecin débutant de l’administration publique sera désormais de 822 euros par mois, ce qui est un revenu extraordinairement élevé pour un pays du Tiers-monde. Les enseignants n’ont pas été en reste. Le ministère de l’Education nationale a décidé de revaloriser les salaires à hauteur de 40 % à partir du 1er novembre 2007 également.

À l’opposé, le président Bush a mis son veto à la législation adoptée par le Congrès destinée à ouvrir l’accès aux soins pour les enfants pauvres, en raison de la nécessaire austérité budgétaire, alors que des milliards de dollars sont dépensés dans l’occupation illégitime et meurtrière de l’Irak. Deux visions de la société s’affrontent entre Chávez et Bush : le bien-être des plus démunis d’un côté et les profits des multinationales de l’autre.

Pour lutter contre la consommation excessive d’alcool et de tabac et réduire ainsi les problèmes de santé de la population, le gouvernement vénézuelien a décidé d’augmenter la taxe sur les liqueurs à 50 % et à 70 % sur les paquets de cigarettes. « Nous sommes l’un des pays qui consomme le plus de whisky », a-t-il regretté. Les ventes de bière en pleine rue seront désormais interdites. Tout cet arsenal de mesures fait partie de la politique préventive promue par le gouvernement afin d’améliorer l’état de santé des Vénézueliens.

Cuba et le Venezuela ont de nouveau renforcé leur intégration régionale en signant pas moins de 14 accords de partenariat économique le 15 octobre 2007. Lors de son discours, Hugo Chávez a réitéré son admiration pour Cuba, au grand dam de l’opposition vénézuelienne : « Fidel est un père pour notre peuple. Cuba est un exemple pour notre Révolution. Le Venezuela aime Cuba, notre peuple aime le peuple cubain et a une dette de gratitude à son égard ». Puis, s’adressant à ses détracteurs, il a questionné : « Combien un pays devrait payer pour avoir à disposition presque 30 000 médecins, infirmières, ophtalmologues et chirurgiens-dentistes 24 heures sur 24, à travers tout le territoire […] ? Qu’on me réponde! ».

L’intégration entre Cuba et le Venezuela est un modèle à suivre par le reste du continent. C’est le seul moyen de se prémunir contre les menaces émanant de Washington, d’accéder à une véritable indépendance et d’améliorer le niveau de vie des populations.


Salim Lamrani

vendredi 26 octobre 2007

La Russie et le Venezuela signeront pour 8 mds USD de contrats (vice-président vénézuélien)




Une série de contrats pour un montant total de 8 milliards de dollars seront signés à l'issue d'une réunion de la commission intergouvernementale russo-vénézuélienne, a annoncé jeudi le vice-président vénézuélien Jorge Rodríguez, cité par des médias locaux.
"Les relations entre la Russie et le Venezuela se renforcent de jour en jour, surtout dans le domaine de l'énergie en ce qui concerne l'extraction et le raffinage de pétrole et de gaz. Cette dynamique est due au fait que nos relations se fondent sur la pluralité des vues et sur le respect des principes d'indépendance et de souveraineté", a-t-il déclaré.
Selon M. Rodríguez, la 4e session de la commission intergouvernementale russo-vénézuélienne de haut niveau permettra d'examiner une douzaine de grands projets conjoints. Cette commission compte six groupes de travail - électricité, pétrole, industrie, culture, commerce et coopération régionale - ainsi qu'un conseil de chefs d'entreprise.
Le Venezuela vient d'accueillir une délégation de chefs d'entreprise, la plus importante depuis plusieurs années, représentant 66 secteurs de l'économie.
Vendredi, le président vénézuélien Hugo Chávez et le vice-premier ministre russe Alexandre Joukov, qui conduit la délégation russe, participeront aux travaux de la commission et en dresseront le bilan.

La réforme controversée de Chavez au Venezuela




Le Parlement vénézuélien a approuvé hier une réforme controversée de la Constitution qui prévoit un renforcement des pouvoirs du président Hugo Chavez, l'instauration d'une «économie socialiste» et la censure de la presse en «état d'exception».

Le Parlement, acquis au Parti socialiste uni de Chavez (PSUV), demandera aujourd'hui au Conseil national électoral (CNE) de convoquer un référendum pour ratifier le texte. Le vote aurait lieu le 2 décembre.

Le pays, déjà polarisé autour du projet bolivarien de Chavez, promet de s'enfoncer encore plus dans la division d'ici là. Le vote d'hier, à 161 voix sur 167, s'est déroulé alors que la police s'était érigée en mur entre étudiants pro et anti-Chavez devant le parlement.

L'opposition de droite, atterrée depuis son échec de 2004 pour destituer Chavez et qui a boycotté les législatives de 2005, s'est ranimée autour de la réforme constitutionnelle.

Des milliers d'étudiants d'opposition ont marché mardi sur le parlement, où des milliers d'étudiants pro-Chavez les attendaient de pied ferme.

«Vous ne pouvez pas réformer nos droits», a lancé Stalin Gonzalez, de la Fédération des étudiants de l'Université centrale. «Votre Constitution prive le peuple de ses droits fondamentaux», a-t-il dit, avant de remettre une pétition aux députés.

«Ce sont les enfants de l'oligarchie et ils ont refusé toutes nos invitations à débattre de la réforme, qui fait avancer le processus révolutionnaire au Venezuela», a dit un étudiant de l'Université bolivarienne.

L'aspect le plus médiatisé de la réforme touche l'article 230 de la Constitution de 1999 qui permet à Hugo Chavez de porter son mandat de six à sept ans, et de se représenter indéfiniment.

Aux 30 articles que Chavez voulait amender, les élus en ont ajouté 30 autres. L'un d'eux, l'article 337, a suscité les vives critiques de Human Rights Watch et de Reporters sans frontières: la réforme votée suspendrait les droits à l'information, à un avocat, et à un procès en cas d'«état d'urgence».

Critiques internes

Deux alliés de Chavez qui n'ont pas rejoint le PSUV, le Parti communiste et Podemos ont aussi critiqué l'amendement de l'article 337. Podemos a jugé que la réforme était trop substantielle pour être votée à l'Assemblée nationale, et qu'il fallait, pour cela, convoquer une Assemblée constituante.

Toutes ces parties, de droite comme de gauche, entendent s'adresser à la Cour suprême et au Conseil national électoral pour faire valoir leurs objections. L'opposition de droite n'a pas encore décidé si elle boycottera ou non le referendum, qu'elle souhaite voir remis à février 2008.

D'autres articles amendés prévoient cependant, entre autres, de renforcer les conseils communaux et de leur octroyer 5% du budget national, de ramener l'âge du vote de 18 à 16 ans, de bannir la discrimination basée sur l'orientation sexuelle, d'imposer la parité des sexes dans la fonction publique, de réduire la semaine de travail de 44 à 36 heures.

Chavez estime Bush «proche de l'asile d'aliénés» avec son projet antimissile




Le président vénézuélien Hugo Chavez a estimé jeudi que son homologue américain George W. Bush «était proche de l'asile d'aliénés», alors qu'il commentait ses propos sur l'«urgence» à doter l'Europe d'un bouclier antimissile.

«Cette fois le président des États-Unis menace de Troisième guerre mondiale, mais avec des armes atomiques. Il est bon pour l'asile d'aliénés, je crois qu'il est proche de l'asile», a déclaré M. Chavez sur la chaîne de télévision publique.

Mardi, le président américain avait souligné «l'urgence» de doter l'Europe d'un bouclier antimissile et ce, malgré l'opposition de la Russie, arguant que l'Iran serait en mesure de frapper toute l'Europe et les États-Unis d'ici 2015.

M. Bush avait également invoqué la semaine dernière le risque d'un troisième conflit à échelle mondiale pour justifier que l'Iran renonce à ses activités nucléaires les plus sensibles.

«Une fois de plus je demande au président des États-Unis qu'il retire ses troupes d'Irak», a également insisté Chavez, qui a soutenu en outre que le prix du pétrole augmenterait jusqu'à atteindre les 100 dollars le baril en raison des «tentatives impérialistes de déstabilisation» des pays producteurs de pétrole.

Bête noire de Washington en Amérique latine, Chavez est l'un des rares chefs d'État à soutenir le programme nucléaire de Téhéran.

Le mois dernier, Chavez avait reçu au Venezuela son homologue iranien M. Mahmoud Ahmadinejad, pour lequel il avait d'ailleurs annulé son déplacement à l'Assemblée générale de l'ONU.

Lors de cette visite à Caracas, la troisième depuis son accession au pouvoir en 2005, M. Ahmadinejad avait travaillé avec M. Chavez à des projets dans le secteur de l'énergie, au grand dam de Washington.

L'Iran et le Venezuela, tous deux membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), ont déjà conclu des accords économiques d'un montant de 8 milliards de dollars, portant essentiellement sur l'énergie et le pétrole.

lundi 22 octobre 2007

Hugo Chavez boycotte le FMI et la Banque Mondiale





Le Venezuela n’assistera pas aux prochaines réunions du Fond Monétaire International et de la Banque Mondiale, que le président de gauche Hugo Chavez accuse d’être soumis aux intérêts de Washington.

L’annonce a été faite par le ministère vénézuélien des finances ce samedi.

Chavez avait plus tôt cette année promis de retirer ce pays de l’OPEP du FMI.

Mais il a plus tard fait machine arrière quand les responsables du gouvernement se sont rendus compte que cette décision pourraient affecter des milliards de dollars de la dette extérieure vénézuélienne.

Rodrigo Cabezas, le ministre des finances vénézuélien, ira à Washington ce dimanche pour assurer la promotion de la Banque du Sud, un organisme de crédit que Chavez est en train de mettre en place comme contrepoids aux organismes financiers basés à Washington.

« Ces présentations seront effectuées par... Rodrigo Cabezas et l’équipe qui l’accompagne, en même temps qu’auront lieu les réunions annuelles du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale dont le Venezuela ne se préoccupera pas, » a déclaré dans un communiqué le ministère de finances.

Chavez critique fréquemment la BM et le FMI comme défendant les intérêts commerciaux américains en imposant des accords de libre-échange et des plans d’ajustement aux pays en voie de développement.

Dirigeant socialiste, Chavez est en phase avec le mécontentement qui s’est développé en Amérique Latine vis-à-vis du FMI, surtout après l’effondrement de l’économie de l’Argentine en 2001 dont beaucoup dans la région ont rendu l’organisme de prêts responsable.

Les critiques accusent Chavez de gaspiller des milliards de dollars de revenus pétroliers dans des dépenses massives [des programmes sociaux et d’infrastructures considérables - N.d.T] sans avoir réduit la dépendance du pays par rapport au pétrole.

Hugo Chavez s'en prend à l'Eglise


Le président vénézuélien, Hugo Chavez, s'en est pris dimanche, dans une émission télévisée, à l'Eglise du Venezuela qui l'a accusé d'autoritarisme.



"Les évêques vénézuéliens affirment que la réforme constitutionnelle est moralement inacceptable. En fait, c'est eux qui sont moralement inacceptables. Nous avons honte pour les évêques que nous avons", a déclaré Hugo Chavez, qui a jugé nécessaire de se prononcer sur la lettre ouverte de la conférence des évêques catholiques du Venezuela, malgré sa maladie et l'ajournement de son émission dominicale "Allo président" où il intervient en direct.

Dans une lettre portant sur le projet de référendum constitutionnel de Chavez prévu pour décembre, l'Eglise catholique appelle les électeurs vénézuéliens à mesurer le poids de la "décision difficile" qui les attend.

"La réforme proposée a été présentée comme un instrument pour donner plus de pouvoir au peuple. Elle offre une journée de travail moins longue et propose aux travailleurs du secteur commercial une sécurité sociale. Cependant, elle vise surtout à accentuer la concentration du pouvoir entre les mains du président et conduira à l'autoritarisme dans le pays", lit-on dans la lettre ouverte.

Dans le cadre de la réforme, le leader vénézuélien propose de prolonger le mandat présidentiel de six jusqu'à sept ans et de permettre au chef de l'Etat d'être réélu autant de fois qu'il le souhaite.