lundi 31 décembre 2007

Maduro à Villacencio


Le chef de la diplomatie Venezuelienne Nicolas Maduro est actuellement à Villacencio.Il demande que chacun prenne patience.

Farc: Silence crispant



La libération des trois otages colombiens retenus par les Farc (les parlementaires Consuelo Gonzalez et Clara Rojas, ainsi que le fils de cette dernière), n'aura pas lieu ce dimanche. Selon le coordinateur de la mission, le point de rencontre choisi pour permettre la remise des captifs, n'a toujours pas été communiqué par la guérilla.
Au centre de toute l'attention médiatique depuis 72 heures, la base colombienne de Villavicencio a été le théâtre d'espoirs à nouveau déçus. Comme samedi à peu près au même moment, (21 heures, heure de Paris), et de la bouche du coordinateur de la mission, Ramon Rodriguez Chacin, l'information tant redoutée est tombée: l'opération Emmanuel, visant à récupérer les trois otages en passe d'être libérés par les Farc, a été reportée à une date ultérieure. "Le temps nous manque pour lancer l'opération et la conclure aujourd'hui même (dimanche)", a déclaré le médiateur. Contrairement à des informations qui ont circulé depuis la mi-journée, le point de rencontre permettant la remise des captifs n'a toujours pas été communiqué par la guérilla. Consuelo Gonzalez, Claras Rojas, ainsi que son fils de quatre ans, né en captivité (voir par ailleurs), restent toujours aux mains des rebelles. Leur libération pourra-t-elle intervenir avant la nouvelle année? Rien pour l'heure ne permet de le dire.

"Pas de délai déterminé"

Car, chaque jour qui passe est vécu comme un renoncement de la part des Farc. Comme un signe, Hugo Chavez, d'habitude bravache, voire provocateur, avait dès samedi soir, ravalé son optimisme. "Si cela devait durer trois, ou quatre, ou cinq jours, pour des raisons de sécurité, cela pourrait s'effondrer et nous devrions penser à autre chose", avait déclaré le leader vénézuélien dans une allocution télévisée. La suite des événements n'a malheureusement pas permis de le contredire, même si dimanche soir, Ramon Rodriguez Chacin a, lui, voulu entretenir l'espoir: "La libération va se produire dans les prochains jours, mais je ne peux pas vous dire quel jour", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il n'y avait pas "de délai déterminé".

Du côté des autorités colombiennes, on a fait montre toute la journée d'une totale collaboration avec la médiation vénézuélienne. Dans ce dossier ultra-sensible, où tout faux-pas diplomatique peut conduire au drame, Bogota a soigné les formes. Sans jamais confirmer avoir reçu un signe des Farc, comme une radio du pays l'avait pourtant hâtivement annoncé, les autorités colombiennes se sont défendues de toute obstruction à l'opération Emmanuel: "Nous continuerons à faciliter les opérations. Nous sommes même disposés à étendre les délais nécessaires à l'opération aérienne sur notre territoire", a déclaré le porte-parole de la présidence, cité par la presse de son pays. Las, à Villavicencio, les deux hélicoptères M-17 et les trois jets Falcon, prêts à récupérer les captifs, sont désespérément restés cloués au sol.

L'interminable attente


Les appareils sont prêts à décoller. Il ne manque que le feu vert des Farc et le lieu de rendez-vous.
Villavicencio

L'opération «Emmanuel» n'en finit plus d'être reportée. Emmanuel, 3 ou 4 ans, né en captivité, est le plus jeune des trois otages dont les Farc ont promis la libération. Devenu le symbole d'une guerre fratricide vieille d'un demi-siècle, l'enfant est le fils d'un guérillero et de Clara Rojas, la collaboratrice d'Ingrid Betancourt. Le 18 décembre, la guérilla a annoncé la prochaine libération de l'enfant et de sa mère, ainsi que de l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez, enlevée en septembre. Les trois captifs doivent être remis à une commission internationale désignée par le président vénézuélien, Hugo Chavez.

Sur le tarmac brûlant de Villavicencio, deux hélicoptères vénézuéliens marqués du sigle de la Croix-Rouge attendent le signal du départ. Les appareils qui iront récupérer les otages dans la jungle sont prêts à décoller. Il ne manque que l'essentiel : les coordonnées exactes du lieu où les Farc remettront les captifs.


Tournure «hollywoodienne»

Samedi soir, la délégation est arrivée à Villavicencio en provenance de Caracas. Face à la rangée de journalistes postés sur la piste du petit aéroport ont défilé les personnalités invitées par Hugo Chavez à assister à cette opération très médiatisée. Aux côtés de la sénatrice colombienne Piedad Cordoba ainsi que des représentants du Venezuela, de l'Argentine, de la France, de la Suisse, de la Bolivie, du Brésil, de l'Équateur et de Cuba, l'arrivée du cinéaste américain Oliver Stone a été très remarquée. «Je représente les secteurs progressistes des États-Unis», a déclaré le réalisateur de Tueurs-nés et de Platoon, invité par Chavez à filmer le retour à la liberté des captifs. Les journalistes colombiens déplorent la tournure «hollywoodienne» de l'opération.

Villavicencio, à 110 kilomètres de Bogota, est la porte de l'Amazonie colombienne, où sont détenus les otages. Les vastes plaines de l'Est sont l'un des principaux théâtres du conflit colombien. Affrontements et raids antidrogue embrasent tous les jours ces régions sauvages où les routes sont rares et les fleuves, les principales voies de circulation. Du moteur de pirogue en panne à la présence d'une patrouille de soldats, de nombreuses contingences peuvent expliquer le retard. «Il s'agit d'une opération complexe et, pour cette raison, nous n'avons pas donné de date», explique depuis Bogota Yves Heller, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), chargé de la logistique de la libération. Le président Chavez s'était donc un peu trop avancé, mercredi, en annonçant que tout serait réglé en vingt-quatre heures. De son côté, le gouvernement d'Alvaro Uribe est toujours disposé à contribuer au bon déroulement de l'opération. «Aucun délai n'a été imposé», a insisté le haut-commissaire à la Paix, Luis Carlos Restrepo, sur la piste de Villavicencio.

Pour répondre aux conditions de sécurité demandées par le CICR, Bogota s'est engagé à suspendre les opérations militaires dans le secteur où aura lieu la libération. L'ex-ministre de l'Intérieur vénézuélien Ramon Rodriguez Chacin, en contact avec les Farc et chargé de coordonner l'opération «Emmanuel», a déclaré hier qu'il «(n'avait) pas les coordonnées du lieu de rendez-vous car la guérilla a des difficultés à les faire parvenir» mais que la «libération devrait être effective dans les jours qui viennent».

Otages en Colombie: la mission humanitaire demande aux Farc un rendez-vous lundi


La mission envoyée par le Venezuela en Colombie récupérer trois otages des Farc presse la guérilla marxiste de fixer lundi un lieu de rendez-vous pour effectuer cette opération, dont la réalisation s'annonce complexe.

Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) a exhorté la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) à fournir rapidement les coordonnées du lieu, où doit se dérouler la remise de ses prisonniers.

"Mon appel aux Farc, c'est que nous voulons recevoir au plus tôt les coordonnées de l'endroit où se réalisera l'opération", a lancé Barbara Hintermann, chef de la délégation du CICR en Colombie. A l'aéroport de Villavicencio, à 100 km au sud-est de Bogota, où patiente une délégation internationale représentant sept pays, la caravane aéroportée est désormais au complet, après l'arrivée de deux petits hélicoptères, plus maniable dans la jungle colombienne. "Avec toute la logistique, nous sommes prêts à partir à tout moment sur le terrain pour aller chercher les otages", a-t-elle poursuivi.

Difficultés logistiques ou stratégie délibérée: le retard pris dans la libération des trois otages de la guérilla des Farc se prête aux spéculations en Colombie. L'opération de récupération des otages dans la forêt colombienne a été maintes fois reportée depuis l'arrivée des premiers hélicoptères du Comité international de la Croix Rouge (CICR), immobilisés depuis vendredi à l'aéroport de Villavicencio, à 100 km au sud-est de Bogota. Le coordonnateur général de la mission, Ramon Rodriguez Chacin, auquel la guérilla doit fournir le lieu de rendez-vous pour la remise de ses prisonniers, a admis qu'il ne savait toujours pas "où est l'endroit".

En raison du retard accumulé, le gouvernement colombien a accordé un nouveau délai de trois jours, à partir de lundi, pour l'utilisation de son espace aérien. "Le délai réclamé (par le Venezuela) est de 72 heures", a déclaré Cesar Velasquez, porte-parole de la présidence colombienne, affirmant que Bogota était prêt à apporter "toute la collaboration requise" pour le bon déroulement de la mission.

L'opération humanitaire, montée par le président vénézuélien Hugo Chavez sous l'égide du CICR, a été à nouveau retardée dimanche, les Farc n'ayant toujours pas déterminé de point de rencontre. Toutefois, le coordonnateur général de la mission, désigné par M. Chavez, a assuré que leur libération était proche. "L'opération va se réaliser très bientôt, dans un bref délai", a affirmé Ramon Rodriguez Chacin, sans toutefois préciser de date.

Considéré comme le canal de communication entre Caracas et la guérilla, M. Chacin, ancien ministre vénézuélien de l'Intérieur, l'a reconnu sans détour dimanche soir: "Nous ne savons pas où est l'endroit".

M. Chacin a en outre averti que la localisation du lieu de rendez-vous n'avait rien de simple car la guérilla devait prendre des "mesures de sécurité". Les "coordonnées" pourraient aussi bien s'avérer être juste une adresse dans un village ou un hameau (...) et nécessiter des marches avec des haltes ou des traversées nocturnes", a-t-il dit.Un peu plus tôt, le chef de la diplomatie vénézuélienne, Nicolas Maduro, avait promis que le dénouement était "tout près", appelant à une "plus grande patience".

Les trois otages que la guérilla a promis de relâcher en signe de "reconnaissance" envers M. Chavez sont Clara Rojas, proche de l'ex-candidate à la présidence colombienne Ingrid Betancourt, son fils Emmanuel né en captivité, et l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez.

La mission n'est pas sans risque car elle doit se dérouler dans une zone de conflit entre la guérilla, l'armée régulière qui y possède la base d'Apiay et les groupes paramilitaires d'extrême droite, liés au pouvoir.

La région englobe un vaste territoire de plus de 310.000 km2, situé dans le centre et le sud-est du pays, en plein fief de la coca. Cette zone, qui compte peu de routes, comprend en revanche de nombreuses pistes d'atterrissage de fortune, empruntées par les trafiquants de drogue.

dimanche 30 décembre 2007

Libération des otages : nouvelles instructions des Farc



Un policier vénézuélien attend sur le tarmac de l'aéroport de Maiquetia au Venezuela. (AFP)

Ce matin au point mort, l'opération vénézuélienne pour libérer trois otages détenus par les Farc a été rélancée. Le groupe paramilitaire a communiqué les coordonnées du lieu de récupération des prisonniers.

Soulagement pour la mission de sauvetage des trois otages détenus par les Farc. Alors qu'un nouveau report de la libération était évoqué ce matin, le coordinateur de la mission, le Vénézuélien Ramon Rodriguez Chacin, a reçu de la guérilla les coordonnées du lieu de libération des otages.

Le chef de la mission est parti de Caracas et fait actuellement route vers l'aéroport de Villavicencio en Colombie d'où doivent décoller les hélicoptères de la Croix-Rouge chargés d'aller chercher les trois otages dans la jungle. Il est, pour le moment, le seul à détenir ces précieux renseignements.

Dimanche matin, l'inquiétude était grande sur l'issue de la mission qui doit conduire à la libération de Clara Rojas, proche de l'ex-candidate présidentielle Ingrid Betancourt, son fils Emmanuel né en captivité, et l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez.

Après un nouveau report de l'opération attendue vendredi puis samedi, Hugo Chavez a lui-même laissé planer dimanche la menace d'un éventuel échec. «Dans le cas où l'opération durerait trois, quatre, cinq jours de plus pour des raisons de sécurité, cette opération pourrait s'effondrer et il faudrait alors penser à une autre», a asséné samedi soir le chef d'Etat vénézuélien, qui a lancé cette mission sous l'égide du Comité international de la Croix Rouge (CICR).

Hugo Chavez, qui «espère» que la seconde phase de la mission «se déroulera dimanche ou lundi», a mis en garde la guérilla marxiste contre des «opérations de harcèlement», faisant allusion à l'«appareil technologique» des Etats-Unis au-dessus de la forêt colombienne.

«Avec leurs espions, leurs avions, ils cherchent la déstabilisation et la guerre. Ils ne veulent pas la paix et se moque d'une vie humaine», a clamé le dirigeant socialiste, selon qui «des gens misent sur un échec» de la mission.

Appel d'Oliver Stone

«Nous avons été très discrets et prudents. Nous vous demandons de comprendre que c'est une opération très délicate», a également déclaré le vice-ministre vénézuélien des Affaires étrangères Rodolfo Sanz, sur le tarmac de l'aéroport, placé sous haute surveillance.

Plusieurs observateurs étrangers sont arrivés sur place, dont des représentants de la France et de la Suisse. L'ancien président argentin Nestor Kirchner, délégué de son pays, a assuré que l'opération n'était pas une «pantomime médiatique».

Invité par la mission, le cinéaste américain Oliver Stone, qui travaille sur un documentaire sur l'Amérique latine, a lancé un appel aux Farc en faveur de la libération des otages, affirmant que le «temps du changement» était venu.

Baptisée «Opération Emmanuel», la mission de récupération, doit se dérouler dans une zone de conflit entre la guérilla, l'armée régulière qui y possède la base d'Apiay et les groupes paramilitaires d'extrême droite, liés au pouvoir.
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La Colombie dans l’attente de la libération



Les trois otages des FARC qui doivent être libérés passeront encore quelques heures en captivité. Le président vénézuelien, Hugo Chavez, espère que la libération interviendra ce dimanche soir ou lundi.
Les délégués internationaux sont arrivés samedi en fin d'après-midi pour superviser la mission humanitaire. Mais les FARC n'ont toujours pas fourni les coordonnées du lieu de rendez-vous où doit se dérouler la remise des prisonniers. Le président Chavez est entouré d'experts internationaux tout aussi importants dans le processus de libération.

Chavez craint un échec de la mission



La mission humanitaire chargée de rapatrier trois otages des Farc attend dimanche en Colombie le feu vert de la guérilla pour partir à leur recherche, mais le président vénézuélien Hugo Chavez a laissé planer la menace d'un éventuel échec.
L'opération, lancée par M. Chavez sous l'égide du Comité international de la Croix Rouge (CICR), a subi un nouveau report la veille, les Farc n'ayant fourni aucun lieu de rendez-vous pour la remise de leurs prisonniers.

"Dans le cas où l'opération durerait trois, quatre, cinq jours de plus pour des raisons de sécurité, cette opération pourrait s'effondrer et il faudrait alors penser à une autre", a asséné le chef d'Etat vénézuélien, samedi soir à la télévision.

Les émissaires de la mission, représentant sept pas latino-américains et européens, dont la France et la Suisse, avaient auparavant rejoint à l'aéroport de Villavicencio, à 100 km au sud de Bogota, les hélicoptères portant le sigle du CICR, qui doivent aller chercher les otages.

"Nous avons été très discrets et prudents. Nous vous demandons de comprendre que c'est une opération très délicate", a déclaré le vice-ministre vénézuélien des Affaires étrangères Rodolfo Sanz, lors d'un point-presse sur le tarmac de l'aéroport, placé sous haute surveillance.

L'ancien président argentin Nestor Kirchner, délégué de son pays, a assuré que l'opération n'était pas une "pantomime médiatique".

Invité par la mission, le cinéaste américain Oliver Stone, qui travaille sur un documentaire sur l'Amérique latine, a lancé un appel aux Farc en faveur de la libération des otages, affirmant que le "temps du changement" était venu.

M. Chavez, qui "espère" que la seconde phase de la mission "se déroulera dimanche ou lundi", a mis en garde la guérilla marxiste contre des "opérations de harcèlement", faisant allusion à l'"appareil technologique" des Etats-Unis au-dessus de la forêt colombienne.

"Avec leurs espions, leurs avions, ils cherchent la déstabilisation et la guerre. Ils ne veulent pas la paix et se moque d'une vie humaine", a clamé le dirigeant socialiste, selon qui "des gens misent sur un échec" de la mission.

Les otages, que la guérilla a promis de relâcher par "reconnaissance" envers M. Chavez, sont Clara Rojas, proche de l'ex-candidate présidentielle Ingrid Betancourt, son fils Emmanuel né en captivité, et l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez.

Baptisée "Opération Emmanuel", la mission de récupération, doit se dérouler dans une zone de conflit entre la guérilla, l'armée régulière qui y possède la base d'Apiay et les groupes paramilitaires d'extrême droite, liés au pouvoir.

Ramon Rodriguez Chacin, coordinateur de l'opération humanitaire, s'est montré très prudent samedi, jugeant qu'il était impossible de dire quel jour aurait lieu la libération des trois otages.

"Nous avons l'espoir que cela va se faire très rapidement mais il serait trop risqué de faire le moindre pronostic", en raison de ces circonstances "très difficiles", a-t-il dit.

Les coordonnées du lieu de remise des otages "ne seront communiquées à la Croix-Rouge et aux pilotes que lorsqu'ils seront en vol", a précisé cet ancien ministre vénézuélien de l'Intérieur, considéré comme un canal de communication entre Caracas et la guérilla.

Outre les trois otages libérables, les Farc détiennent encore plus de 40 prisonniers dit "politiques", dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, dont elles proposent l'échange contre environ 500 guérilleros incarcérés.

samedi 29 décembre 2007

M. Chavez lance l'opération de récupération de trois otages des FARC en Colombie




L'opération destinée à récupérer trois otages de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche) a commencé. Trois jets Falcon ont décollé samedi 29 décembre à 9 h 15 (14 h 45 à Paris) de l'aéroport de Santo Domingo, au Venezuela. Selon un fonctionnaire de l'aéroport de Santo Domingo cité par l'AFP, les trois avions ont pris la direction de Caracas, où monteront à bord les émissaires internationaux pour se rendre à Villavicencio, chef-lieu du département colombien de Meta, choisi comme base pour l'opération.



Deux hélicoptères vénézuéliens MI-17 portant l'emblème de la Croix-Rouge sont arrivés, vendredi 28 décembre, à l'aéroport de Villavicencio. Le vice-ministre vénézuélien des relations extérieures, Rodolfo Sanz, faisait partie du voyage. Le reste de la "caravane aérienne humanitaire", avec les représentants de la communauté internationale, devait quitter le Venezuela samedi.

Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a remis son uniforme et son béret rouge de lieutenant-colonel parachutiste pour assister au départ des hélicoptères à Santo Domingo, dans l'Etat frontalier de Tachira. Il était accompagné par l'ancien président argentin Nestor Kirchner, l'un des observateurs internationaux. M. Chavez a invité le cinéaste américain Oliver Stone à suivre les préparatifs aux premières loges. "C'est merveilleux, je n'ai jamais participé à quelque chose de semblable", a déclaré le metteur en scène. "Je suis un fan de Chavez, c'est un grand homme", a-t-il ajouté.

Outre l'Argentine, la Colombie, la France, le Brésil, l'Equateur, la Bolivie, Cuba et la Suisse ont des émissaires présents dans la "caravane". Barbara Hintermann, représentante du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Colombie, a expliqué, vendredi, que les hélicoptères n'effectueraient pas d'opérations après la nuit tombée, par sécurité. Cela remettait donc la suite à samedi. Après avoir dit que l'opération pouvait se faire en une journée, M. Chavez a admis, vendredi, que "ce ne sera pas aussi rapide".

Des proches des otages Clara Rojas, ex-assistante de la sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt, de son fils Emmanuel né en captivité et de l'ex-députée Consuelo Gonzalez de Perdomo, dont la libération a été annoncée le 18 décembre, les attendent à Caracas. D'autres familles de séquestrés aux mains des FARC espèrent des "preuves de vie", après les vidéos saisies récemment à Bogota par les autorités, montrant Ingrid Betancourt affaiblie mais vivante.

JEU DE PISTE

A Villavicencio, le haut commissaire colombien pour la paix, Luis Carlos Restrepo, a inspecté les hélicoptères. Il a fait le déplacement en compagnie du commandant des armées colombiennes, le général Freddy Padilla de Leon. Ensemble, ils doivent veiller à ce qu'il n'y ait aucune interférence militaire. "Le gouvernement du président Alvaro Uribe et les forces militaires ont tout intérêt au retour des séquestrés dans leur foyer et au succès de l'opération", a assuré M. Restrepo.

Le Meta est une région d'implantation traditionnelle des FARC. La visibilité y est réduite à cause de la végétation et des conditions climatiques. La guérilla voulant dissocier le lieu de remise des otages de ses propres campements, cela signifie que les trois otages, dont on attend la libération, ont sans doute été transférés ailleurs depuis plusieurs jours. Pour les hélicoptères de la "caravane humanitaire", cela pourrait impliquer un véritable jeu de piste, avec des rendez-vous successifs pour déjouer toute attaque de l'armée.

"Il y a eu des gestes de bonne volonté des deux parties, souligne Juan Carlos Lecompte, mari d'Ingrid Betancourt. Les FARC procèdent pour la première fois à une libération unilatérale d'otages et le gouvernement colombien a très vite donné son feu vert à la "caravane humanitaire" proposée par Chavez."

Chavez offre à Oliver Stone un billet pour l'opération Emmanuel en Colombie



Le réalisateur américain Oliver Stone apportera la touche hollywoodienne dans la mission de libération de trois otages des Farc en Colombie, baptisée opération Emmanuel: il a été invité par le président vénézuélien Hugo Chavez à assister à la mission.

"C'est merveilleux, je n'avais jamais fait ça. Je suis fier d'en faire partie", a déclaré vendredi le réalisateur de "Platoon", "Né un 4 juillet", "JFK" et "Tueurs nés".

"Je souhaite que (la mission) réussisse", a-t-il ajouté devant un cortège de journalistes sur le tarmac de l'aéroport de Santo Domingo (Venezuela), point de départ de l'opération aéroportée montée par le Venezuela pour la libération de Clara Rojas, de son fils Emmanuel et de l'ex-parlementaire colombienne Consuelo Gonzalez.

Le cinéaste ne tarit pas d'éloges au sujet de M. Chavez: "C'est un grand homme, je suis son fan".

M. Chavez a ironisé sur la présence d'un "émissaire du président américain George W. Bush", aux côtés des émissaires officiels européens et latino-américains, dont l'ex-président argentin Nestor Kirchner.

M. Stone a ri volontiers, d'autant qu'il critique régulièrement la politique de M. Bush.

Au Venezuela, M. Stone tourne actuellement un documentaire et n'a pas précisé s'il filmerait l'opération de récupération des trois otages.

Auteur d'un documentaire sur le président cubain Fidel Castro, "Looking for Fidel", Oliver Stone vient d'obtenir l'autorisation de Téhéran pour en tourner un autre sur le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Oliver Stone s'affiche au côté de Hugo Chavez au lancement de l'opération de libération des otages des FARC




Le réalisateur américain Oliver Stone a fait l'éloge de Hugo Chavez vendredi, alors qu'il accompagnait le président vénézuélien lors du lancement de la mission censée extraire ce week-end trois otages que les rebelles colombiens des FARC ont accepté de libérer.

Se tenant au côté de Hugo Chavez lorsque deux hélicoptères ont décollé d'une base aérienne de l'ouest du Venezuela pour se rendre en Colombie afin de chercher les otages, il a déclaré qu'il travaille actuellement sur un documentaire et qu'il espère pouvoir suivre l'opération dans la jungle colombienne.

"Je réalise un documentaire sur l'Amérique latine et également sur l'Amérique du Nord", a-t-il déclaré à la presse. Il a ajouté qu'il comptait participer à la mission, qu'il a qualifié de "processus magnifique, important".

"J'espère que ça marchera. Je suis tout à fait pour", a-t-il déclaré. "Je n'ai jamais participé à une chose pareille. Je suis très fier d'en faire partie".

Le réalisateur oscarisé de "Platoon", également auteur d'un documentaire sur le leader cubain Fidel Castro en 2003, a loué M. Chavez, un "grand homme" dont il compte parmi les "fans".

Encourageant M. Stone a converser avec les journalistes, M. Chavez lui a déclaré en anglais avec un fort accent: "les filles veulent te voir"! Il a également taquiné le réalisateur, l'élevant au rang d'"envoyé" du président américain George W. Bush.

"Il existe quelques bons Américains", a rétorqué M. Stone. "C'est pour cela que je suis là, pour vous le rappeler".

M. Chavez, qui avait révélé la présence de M. Stone au Venezuela jeudi, a dit ne pas savoir si le réalisateur comptait se pencher sur les otages des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) dans son prochain film.

"Il se déplace pour faire des recherches. Il dit qu'il veut connaître et apprendre en profondeur l'histoire de ces pays", a déclaré le président vénézuélien. "C'est un anti-impérialiste, Oliver Stone. C'est un homme bien".

L'opération de libération des trois otages doit avoir lieu ce week-end. Il s'agirait de l'ancienne parlementaire Consuelo Gonzalez, Clara Rojas, collaboratrice de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, également détenue par les FARC, et le jeune fils de Mme Rojas, Emmanuel, né en détention.

Les deux hélicoptères vénézuéliens MI-172 de fabrication russe portant l'emblème de la Croix-Rouge et le drapeau vénézuélien sont arrivés vendredi à Villavicencio, en Colombie. Ils devaient attendre les instructions qui leur seront données dans la journée de samedi. Une fois le feu vert donné, les deux appareils s'envoleront pour la jungle, à destination d'un lieu qui sera tenu secret jusqu'au dernier moment pour des raisons de sécurité. AP

Lancement de l'opération pour récupérer trois otages des Farc en Colombie


L'opération visant à récupérer trois prisonniers des Farc a démarré vendredi en Colombie, avec l'arrivée des hélicoptères envoyés depuis le Venezuela dans l'espoir de rapatrier samedi les otages libérables de la guérilla marxiste.

Les deux hélicoptères MI-17, portant le sigle du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ont atterri peu avant 17h00 (22h00 GMT) à l'aéroport de Villavicencio, placé sous haute surveillance, à 100 km au sud-est de Bogota.

Située au pied de la cordillère orientale des Andes, cette localité doit servir de base logistique à la mission internationale, montée par le président vénézuélien Hugo Chavez, auquel les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) se sont engagées à remettre ses otages.

A bord des appareils de fabrication russe, de couleur blanche et orange, le vice-ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Rodolfo Sanz, ainsi que des délégués du CICR, ont été reçus par l'émissaire du gouvernement colombien, le Haut commissaire à la paix, Luis Carlos Restrepo.

"Espérons que tout se déroulera avec succès pour le bien des relations entre la Colombie et le Venezuela", a déclaré M. Sanz à son arrivée, précisant qu'il ne pouvait fournir aucun détail.

De son côté, M. Restrepo a souhaité que l'opétation débute avec "une grande discrétion" afin de récupérer Clara Rojas, l'assistante de l'ex-candidate présidentielle Ingrid Betancourt, son fils Emmanuel, et l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez, dont la libération a été annoncée il y a 10 jours.

L'émissaire colombien avait auparavant assuré que Bogota n'imposerait pas de délai pour la libération des trois otages, contredisant les propos du secrétaire de la présidence selon lequel l'opération devait s'achever dimanche soir au plus tard.

L'arrivée des hélicoptères, qui ont décollé de l'aéroport vénézuélien de Santo Domingo, à 500 km de là, en présence de M. Chavez, constitue la première phase de l'opération.

"La première phase consiste à s'approcher de l'objectif, la deuxième sera (l'opération) de récupération", a expliqué avant leur départ le président Chavez, vêtu d'un uniforme militaire et coiffé d'un béret rouge.

"La deuxième phase doit commencer samedi. Espérons pouvoir terminer l'opération" le jour même, a-t-il ajouté.

Ces mêmes appareils devront ainsi, dans un deuxième temps, aller chercher les otages au point de rendez-vous fixé par la guérilla.

"Nous sommes en attente de remplir cette mission. Nous pouvons sortir demain (samedi), mais cela dépend de nombreux facteurs, dont le climat", a averti la délégué du CICR en Colombie, Barbara Hintermann.

Actuellement réunie au Venezuela, la délégation internationale, composée d'émissaires de sept pays européens et latino-américains, rejoindra l'aéroport de Villavicencio, à bord d'avions Falcon, après le démarrage de la seconde phase.

Une fois libérés, les otages feront escale à Villavicencio, où les attendront les Falcon pour les transporter au Venezuela. Ils seront ensuite reconduits en Colombie avec les membres de leur famille, qui les attendent depuis jeudi à Caracas.

Le président vénézuélien a averti qu'il n'avait "pas encore reçu les coordonnées du lieu" de rencontre avec les Farc, en raison des "mauvaises conditions météorologiques" dans la région.

La mission de récupération n'est pas sans risque car elle doit se dérouler dans une zone de conflit entre la guérilla, l'armée régulière et les groupes paramilitaires d'extrême droite, liés au pouvoir.

vendredi 28 décembre 2007

l'"opération Emmanuel" se fait attendre




L'opération "humanitaire" destinée à récupérer les trois otages dont les FARC ont promis la libération tarde à démarrer. La mission très médiatisée proposée par le président vénézuélien Hugo Chavez, avec l'accord de Bogota, semblait ralentie vendredi par des détails logistiques et des raisons de sécurité, et son coup d'envoi pourrait n'être donné que durant le week-end.

Chavez a baptisé cette délicate mission "opération Emmanuel", du prénom de l'enfant né en détention d'une otage, Clara Rojas, collaboratrice de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, et semble-t-il d'un rebelle des FARC.

La guérilla s'est engagée à remettre aux autorités vénézuéliennes le garçonnet, âgé d'environ trois ans, sa mère ainsi qu'une parlementaire, Consuelo Gonzalez. Les deux femmes ont été enlevées il y a près de six ans par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), en même temps qu'Ingrid Betancourt, ex-candidate à l'élection présidentielle colombienne.

Selon les modalités décrites par le président vénézuélien, l'opération devrait se dérouler selon un scénario précis. Deux hélicoptères vénézuéliens MI-17 de fabrication russe doivent décoller de Santo Domingo, du côté vénézuélien de la frontière, à destination de Villavicencio, ville du centre de la Colombie transformée en base aérienne coordinatrice de l'opération.

Avant leur décollage de Santo Domingo, les hélicoptères doivent être inspectés par le président Chavez en personne. Une fois à Villavicencio, où des dizaines de journalistes, photographes et équipes de télévision attendent le coup d'envoi de l'opération, les deux appareils repartiront pour la jungle, à destination d'un lieu qui sera tenu secret jusqu'au dernier moment pour des raisons de sécurité.

A bord de ces hélicoptères, portant l'emblème de la Croix-Rouge à la demande des autorités colombiennes, se trouveront des observateurs internationaux de France, de Suisse et de six pays latino-américains, dont l'ancien président argentin Nestor Kirchner, le chef des négociateurs colombiens Carlos Luis Restrepo et des représentants du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Après avoir promis une libération pour jeudi soir, le président vénézuélien espérait désormais récupérer les otages dans la journée de vendredi (en soirée heure française). "Nous espérons les secourir et les libérer dans les heures qui viennent", a-t-il déclaré vendredi à la mi-journée en s'adressant aux troupes vénézuéliennes à Caracas, coiffé à nouveau pour l'occasion du béret rouge de ses années d'armée.

Pour des raisons de sécurité, a expliqué Hugo Chavez, les guérilleros ont exigé que les pilotes vénézuéliens ne soient informés qu'une fois en vol de leur(s) destination(s). Pour éviter de fournir trop d'informations aux autorités colombiennes, les FARC pourraient en effet donner plusieurs lieux de rencontre potentiels.

La lenteur du processus de libération des deux femmes et de l'enfant montre le niveau de complexité logistique requise par les FARC afin de laisser filtrer le moins d'informations possibles sur leurs camps, leurs combattants et les lieux de détention de leurs otages. Ce qui explique que, malgré l'empressement de Chavez, l'opération pourrait n'avoir lieu que durant le week-end.

Les guérilleros, "par dessus tout, veulent s'assurer que cette opération -ou les informations sur eux qui pourraient en être déduites-ne puissent pas être utilisées militairement par le gouvernement (colombien)", a expliqué Alfredo Rangel, directeur de la Fondation pour la Sécurité et la Démocratie, groupe de réflexion basé à Bogota.

Selon toute vraisemblance, les trois otages ont été emmenés loin de leur(s) habituel(s) camp(s) de détention en vue de leur libération, a ajouté cet expert.

L'évacuation des otages des Farc




Chavez a déclaré à des journalistes jeudi soir que le premier hélicoptère arriverait en Colombie vendredi après-midi.

"Vers 15h00 locales les hélicoptères décolleront avec leurs équipages, l'un d'entre eux avec du matériel médical. C'est l'avant-garde de l'opération", a-t-il dit.

Le plan prévoit qu'un convoi aérien, marqué aux couleurs de la Croix-Rouge, se rende dans la ville de Villavicencio, située dans le centre de la Colombie, au pied des Andes.

Des hélicoptères prendront alors la direction d'un camp rebelle pour récupérer les otages et les ramener à Villavicencio ou les conduire directement en territoire vénézuélien.

Des émissaires étrangers prendront part à l'opération, dont l'ancien président argentin Nestor Kirchner. Ils sont arrivés jeudi dans la capitale vénézuélienne, Caracas, avec des proches des otages.

La mission pourrait prendre du temps en raison de la difficulté du terrain et des conditions météo incertaines dans le secteur où les Farc leurs otages.

"Les termes de l'opération ont fait l'objet d'un accord, mais cela reste une opération difficile", a déclaré un haut responsable de l'armée colombienne à Reuters, en requérant l'anonymat.

PROBLÈMES LOGISTIQUES

Les Farc se livrent depuis 40 ans à une guérilla contre le pouvoir colombien financée depuis 20 ans par les revenus du trafic de cocaïne.

Chavez, à qui la guérilla marxiste colombienne se dit prête à remettre les otages, avait déclaré que l'opération pourrait être bouclée avant la fin de la journée de jeudi, mais des responsables de la Croix-Rouge ont fait état de problèmes logistiques et de sécurité à régler.

"Nous avons obtenu le feu vert des Farc pour participer à l'opération. Maintenant nous travaillons sur les questions de logistique", a déclaré Yves Heller, porte-parole du CICR en Colombie.

Les Farc avaient annoncé ce mois-ci qu'elles étaient prêtes à remettre les otages à Chavez ou à quelqu'un qu'il désignerait.

Il s'agirait d'un triomphe diplomatique pour Chavez, coutumier de virulentes diatribes contre Washington.

Le président colombien Alvaro Uribe avait mis fin brutalement le mois dernier à la médiation menée par Chavez avec les Farc mais ce dernier a poursuivi les discussions avec la guérilla colombienne qui dit vouloir remettre les otages au président vénézuélien ou à une personne désignée par ses soins.

Les Farc, qui séquestrent des centaines de personnes, ont dit le 18 décembre qu'elles se préparaient à libérer Clara Rojas - collaboratrice d'Ingrid Betancourt enlevée en même temps qu'elle en février 2002 -, son fils Emmanuel, conçu et né en détention, et la parlementaire colombienne Consuelo Gonzalez, kidnappée en 2001.

La libération des trois otages pourrait créer des conditions favorables pour un échange avec d'autres prisonniers des Farc, notamment la sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt ainsi que trois ressortissants américains capturés par les guérilleros en 2003.

mercredi 26 décembre 2007

Uribe rallie le pont aérien de Chávez


Farc. Le président colombien accepte l’idée d’une «caravane aérienne» pour récupérer les otages.

Dans l’affaire des trois otages colombiens dont on attend la libération depuis plus d’une semaine, une percée inattendue a eu lieu hier soir. Le président colombien, Alvaro Uribe, a fait savoir qu’il acceptait les modalités proposées quelques heures plus tôt par le président vénézuélien, Hugo Chávez, devant permettre la libération des trois otages des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie). «Le gouvernement de Colombie donne son feu vert à la mission humanitaire et désigne comme représentant Luis Carlos Restrepo», peut-on lire dans un courrier adressé par le chef de la diplomatie colombienne Fernando Araújo à son homologue vénézuélien Nicolas Maduro.
Idé

Falcon. Plus tôt dans la journée, Chávez avait proposé à Bogotá de former une «caravane aérienne humanitaire», d’avions et d’hélicoptères, qui partiraient du Venezuela pour aller récupérer en Colombie les trois prisonniers dès aujourd’hui. «Tout est déjà prêt, la caravane peut décoller dès que nous aurons l’accord des autorités colombiennes. Les otages pourraient être à Caracas [aujourd’hui, ndlr].» Le 18 décembre, les Farc avaient annoncé leur libération unilatérale : la députée Consuelo González de Perdomo, 57 ans, enlevée en septembre 2001; Clara Rojas, 44 ans, amie et collaboratrice politique de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, enlevée avec elle en février 2002 ; ainsi que le fils de Clara Rojas, Emmanuel, qu’elle a eu, il y a plus de trois ans, avec un des guérilleros chargés de la surveiller. Les Farc, qui se disent proches de Chávez, avaient annoncé ne vouloir rendre ces otages qu’au président vénézuélien, en un geste de remerciement après ses tentatives de médiation, entre août et novembre, quand Uribe y a mis fin. Les Farc détiennent 45 otages politiques, militaires et policiers, qu’ils veulent échanger contre 500 de leurs membres emprisonnés.

La «caravane aérienne humanitaire» serait composée de plusieurs avions de type Falcon et d’hélicoptères vénézuéliens qui se rendraient à Villavicencio, la capitale de la région de Meta, au sud de la capitale Bogotá. De là, les hélicoptères partiraient dans une zone proche de Villavicencio tenue secrète, où les Farc remettraient les trois otages, qui repartiraient en direction de Caracas. La «caravane aérienne» serait siglée du Comité international de la Croix-Rouge qui serait du voyage, ainsi que six «émissaires» internationaux de pays qui appuient l’initiative : la France, Cuba, l’Equateur, la Bolivie, l’Argentine et le Brésil.

«Transparente». Mardi, Hugo Chávez a parlé au téléphone avec Nicolas Sarkozy, «là-bas, en Egypte», qui, depuis son élection, s’est fortement investi pour la libération d’Ingrid Betancourt. «Il m’a donné tout de suite son accord, a indiqué Chávez, je lui ai dit que je souhaitais qu’Ingrid Betancourt fasse partie du prochain groupe d’otages libérés.» Côté français, l’émissaire dans la «caravane aérienne» serait l’ambassadeur en Colombie. «Nous voulons une opération publique et transparente, a souligné le Vénézuélien, pas une opération clandestine . Je continuerai à me battre pour la libération de tous les otages, et la fin du conflit en Colombie.»

L’implication publique de pays d’Amérique latine, notamment les poids lourds que sont le Brésil et l’Argentine, ainsi que de la France a apparemment poussé le président colombien à faire un geste. Furieux d’avoir été mis à l’écart par Uribe, Hugo Chávez souhaitait revenir au premier plan dans la médiation, comme le souhaitent les Farc. C’est chose faite. L’opération de récupération des otages devrait, selon Chávez, pouvoir commencer dès aujourd’hui.

( Le gouvernement d' Uribe n'offre pas de perspective de paix )


Juan Carlos Tanus, coordinateur de l’Association des Colombiens au Venezuela.

Votre association est investie en faveur d’un accord humanitaire. Comment réagissez-vous à l’annonce des FARC de libérer trois de leurs otages ?

Juan Carlos Tanus. C’est une grande joie. Ces libérations sont le fruit des efforts réalisés par les médiations du président Hugo Chavez et de la sénatrice Piedad Cordoba, et des mouvements pour la paix nationaux et internationaux. C’est un geste de bonne volonté mais aussi le produit d’une pression internationale cumulée pour résoudre enfin le conflit colombien. Aujourd’hui, nous partageons également la tristesse des Colombiens dont les proches sont toujours détenus. Il ne faut pas désespérer car ces futures libérations sont porteuses de promesses.

Les médiations de Hugo Chavez et de Piedad Cordoba comptent-elles ?

Juan Carlos Tanus. Indiscutablement. Elles reflètent également l’échec du projet de « sécurité démocratique » du président Alvaro Uribe. Ces cinq dernières années, vingt-six détenus aux mains des insurgés ont été assassinés. Excepté pour deux personnes, le ministre des Affaires étrangères, Fernando Araujo, et le sous-lieutenant de la police nationale, Jhon Pinchao, toutes les autres opérations militaires pour sauver les otages ont échoué. Durant quatre-vingt-dix-huit jours, les médiations de la sénatrice Cordoba et du président Chavez ont démontré que la concertation est possible. Ou du moins, la première étape de ce que pourrait être une initiative de paix, à savoir l’accord humanitaire…

Comment construire durablement la paix en Colombie ?

Juan Carlos Tanus. La paix, ce n’est pas l’absence des fusils. Les insurgés pourraient se démobiliser, rendre leurs armes, avancer leurs revendications, mais s’il n’y a pas de réponse en termes d’éducation, de santé, de logement, de travail, de meilleures conditions de vie, alors il n’y aura pas la paix. Durant la période de la violence, les guérilleros qui se sont réinsérés ont été assassinés. Dans les années quatre-vingt-dix, sept mille six cents hommes, issus de plus de cinq groupes d’insurgés, se sont démobilisés. Mais il n’y a pas eu la paix. Au contraire. Les zones où ils opéraient sont devenues des labo- ratoires de conflit. Le président Uribe n’a pas fait avancer d’un pas le dossier du social. La Colombie est le pays qui, aujourd’hui, compte le plus fort taux de personnes déplacées, le nombre le plus élevés de syndicalistes assassinés et d’indigènes persécutés. Le gouvernement d’Uribe n’offre pas de perspective de paix.

Dans ces conditions, - comment l’accord humanitaire pourrait-il voir le jour ?

Juan Carlos Tanus. Nous voulons croire qu’au travers ces trois restitutions, un rapprochement vers la paix pourrait s’amorcer. L’accord humanitaire est un pas vers des tables de négociations. Un moment clé, au sens où il permet aux parties en conflit de s’asseoir autour d’une table. Il ne s’agit pas pour Uribe de changer la Constitution ni pour les insurgés de faire des efforts surhumains. Selon les conventions internationales, l’accord humanitaire est un échange de prisonniers qui a lieu en période de guerre. Même si le président Uribe refuse de reconnaître le caractère belligérant des insurgés, et les FARC, le statut de président à Uribe. Les insurgés sont une composante politique, et Alvaro Uribe, le président qui dirige et légifère. Selon nous, ce sont les intérêts humains, la collectivité, le peuple colombien qui doivent primer.

Comment les choses vont-elles désormais évoluer ?

Juan Carlos Tanus. Dans la mesure où les pressions internationales avancent, les acteurs devront céder. Car ni l’État n’élimine la guérilla ni la guérilla ne parvient à anéantir le gouvernement. Dans cette guerre, les principaux perdants sont les civils. Il faut insister dans cette voie et jeter des ponts. Chavez ne doit pas baisser la garde. La sénatrice Piedad, en dépit des menaces, doit poursuivre son engagement en faveur de l’accord humanitaire. La pression, on le sait, est une forme de lobbying. Il faut sortir enfin de la spirale de la guerre.

Quel crédit accordez-vous aux articles de presse affirmant qu’Ingrid Betancourt se trouverait au Venezuela, ou encore faisant état de camps d’entraînements des FARC sur ce sol ?

Juan Carlos Tanus. Il est inévitable que le conflit colombien s’infiltre en territoire vénézuélien. Personne ne peut méconnaître qu’il y a par exemple perméabilité du narcotrafic, des secteurs paramilitaires et des insurgés. Quant à l’existence de campements de la guérilla, j’en doute. Le Venezuela est un petit pays où la garde nationale est importante. La nouvelle aurait été connue depuis longtemps. Il en va de même concernant le fait qu’Ingrid et d’autres otages seraient en zone vénézuélienne. Selon moi, ce sont des spéculations. Au coeur de toute guerre, on trouve toujours une guerre de désinformation

Chavez va s’exprimer sur la libération des otages des FARC


Le président vénézuélien fera le point cet après-midi sur la libération annoncée, puis retardée, de trois otages de la guérilla colombienne. Une allocution qui donne espoir aux familles.


"Je suis très heureuse. Le moment semble se rapprocher, d’après ce que je comprends." La mère de Clara Rojas, l’une des otages qui doit être libérée, est confiante. "Avec cette annonce, nous espérons que (la libération) soit demain ou après-demain."

Toutes les familles ne sont certes pas aussi optimistes. Mais l’annonce d’allocution d’Hugo Chavez, à 16h30 heure de Paris, prouve que le président vénézuelien, ancien médiateur avec les FARC, dispose de nouvelles informations sur la libération des trois otages. Une libération annoncée la semaine dernière mais qui ne s’est pas concrétisée depuis.
Le 18 décembre dernier, la guérilla marxiste avait annoncé que Clara Rojas, la principale collaboratrice d’Ingrid Bétancourt, son fils de trois ans, et la parlementaire colombienne Consuelo Gonzalez allaient être relâchés et remis au président vénézuelien. Depuis, plus rien. La date de Noël avait été annoncée pour leur libération, puis celle de l’Epiphanie.

Jusque là, les autorités vénézuéliennes observaient un silence total sur l’affaire, pour ne pas compromettre la libération. Elles estiment cependant que les opérations militaires que mènent depuis des années l’armée colombienne sur les régions contrôlées par les Farc pourraient retarder le processus.

L’armée colombienne reconnaît que ses opérations continuent normalement mais nie avoir lancé une mission destinée à contrarier la remise en liberté des trois otages.

La libération d’Ingrid Betancourt, elle, n’est toujours pas évoquée. La députée franco-colombienne, qui est depuis 6 ans détenue par les FARC, a fêté hier ses 46 ans.

Farc : les déclarations très attendues de Chavez



Le président vénézuélien doit s'exprimer cet après-midi sur la libération des trois otages. Il s'est entretenu mardi soir avec Nicolas Sarkozy.
La libération de trois otages retenus par les Farc en Colombie est-elle imminente? Après avoir été évincé de la médiation par le président colombien Alvaro Uribe le 22 novembre dernier, Hugo Chavez revient sur le devant de la scène. Le président vénézuélien doit s'exprimer cet après-midi sur la remise en liberté de Clara Rojas, une amie d'Ingrid Betancourt, de son fils et de l'ancienne parlementaire Consuelo Gonzalez, trois otages dont la guérilla armée avait annoncé la libération prochaine la semaine dernière.

Mardi soir, Hugo Chavez a appelé Nicolas Sarkozy «pour évoquer la question des trois otages», a affirmé l'Elysée qui n'a pas révélé le contenu de la conversation.

Pour les familles de ces trois otages, l'impatience est à son comble. «Je suis très heureuse. Le moment semble se rapprocher, d'après ce que je comprends», a déclaré Clara Gonzalez, la mère de Clara Rojas. «Avec cette annonce, nous espérons que (la libération,ndlr) soit demain ou après-demain», a-t-elle poursuivi lors d'un entretien qu'elle a accordé à la radio colombienne Caracol.

Dimanche dernier, sous couvert de l'anonymat, un fonctionnaire de la présidence vénézuélienne a déclaré que les trois personnes seraient libres «avant la fin de l'année». Mais le quotidien vénézuélien Vea, proche du pouvoir, a suggéré qu'à défaut de Noël, il faudrait peut-être attendre le jour de l'Epiphanie, le 6 janvier.

mardi 25 décembre 2007

Otages / Colombie: Chavez doit parler mercredi


Le président vénézuélien Hugo Chavez va donner demain, mercredi, une conférence de presse pour expliquer les modalités de la libération des trois otages de la guérilla colombienne des Farc dont Clara Rojas fait partie.
La libération, attendue rapidement, a pris du retard. La communauté internationale s'attendait à un "geste" avant Noël mais les FARC n'ont toujours pas précisé de date éventuelle à l'heure actuelle.

lundi 24 décembre 2007

Du retard dans la libération annoncée des otages colombiens


Qui retarde la libération de trois otages prisonniers de la guérilla colombienne des Farc ? Les rebelles d’extrême gauche qui les détiennent, comme l’assure le gouvernement colombien ? Ou Bogota, comme l’affirme le Venezuela et les proches de certains otages?

«Les rois mages»
Annoncé comme quasi certain pour Noël par Hugo Chavez, le retour de Clara Rojas, bras droit d’Ingrid Betancourt, de son petit garçon de 3 ans né en captivité, et de l'ex-parlementaire colombienne Consuelo Gonzalez, semble désormais reculé à une date inconnue.

Samedi à Caracas, la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, médiatrice officielle en compagnie du président vénézuélien Hugo Chavez, avant que cette mission ne leur soit retirée par le président colombien Alvaro Uribe, affirmait ne pouvoir donner aucune indication de date: «Ce qui est sûre, c’est que les Farc vont les libérer. Mais je ne sais ni où, ni comment, ni quand, ni même si ça sera avant la fin de l’année».

Le quotidien vénézuélien Vea, proche du pouvoir, a affirmé dimanche que «la remise des otages est difficile» et qu'«il est possible que ce soient les Rois Mages et non l'enfant Jésus qui apportent les trois personnes libérées». Traduire, au lieu du 25 décembre, le 6 janvier.

Opérations de l'armée selon les médiateurs
Pourquoi un tel retard ? Des problèmes de sécurité, explique Piedad Cordoba. La capture des trois membres présumés des Farc qui étaient en possession de «preuves de vies», vidéos et lettres d’otages – dont Ingrid Betancourt, serait un précédent fâcheux : avant d’être interceptés par les services colombiens, ces messages devaient être livrés à Hugo Chavez. «Il y a un facteur qui joue contre» nous, a encore affirmé samedi la sénatrice colombienne : «Il y a de nombreuses opérations [de l’armée colombienne] (...) et ils ne vont pas les suspendre, cela pourrait retarder (la libération) jusqu'à ce que les conditions de sécurité soient réunies pour les otages».

Hugo Chavez a expliqué qu'il allait travailler à l'élaboration d'une «formule» de libération, pour que la sécurité des otages ne soit pas menacée, une opération «délicate» selon lui. «Nous allons continuer d’essayer de libérer le reste des otages et d’aller vers un processus de paix. Mais nous avons peu de moyens parce que le gouvernement colombien n’en a pas la volonté.»

Pas de présence particulière de l'armée selon l'AFP

Bogota a rejeté ces accusations. Dimanche, le Haut commissaire colombien pour la paix Luis Carlos Restrepo a nié que le gouvernement ait lancé des opérations militaires «destinées à empêcher les personnes séquestrées de retrouver la liberté».

Selon les journalistes de l’AFP présents dimanche sur les lieux possibles d’échanges d’otages, dans la province d’Apure — à la frontière entre le Venezuela et la Colombie, à 500 km au sud-est de Caracas — ou dans l'Etat voisin de Barinas, il n'y avait pas de présence militaire particulière.

samedi 22 décembre 2007

Chavez présente de nouveaux objectifs de pétro caribe



Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a affirmé ce vendredi qu’il existe une dynamique en marche à l’intérieur de Petrocaribe et présenté au débat les nouveaux objectifs de ce mécanisme de coopération énergétique régionale à l’inauguration ici de son 4e Sommet.

Il a indiqué en premier lieu l’implantation de la raffinerie de cette ville, à 250 kms au sud-est de La Havane, comme le premier centre de traitement et de stockage de bruts de l’organisme en dehors du Venezuela.

La raffinerie de Cienfuegos va fabriquer des carburants qui seront ensuite distribués dans les Caraïbes, a-t-il confirmé après avoir annoncé que près d’un demi-million de barils de pétrole vénézuélien avaient déjà été transportés ici.

C’est pourquoi il a remercié les travailleurs cubains et vénézuéliens qui en moins d’un an ont réussi à remettre sur pied l’usine, construite avec une technologie de l’ancienne Union soviétique en 1990.

Un autre objectif envisage la création d’un fonds pour financer des projets de sources d’énergie solaire, géothermique et éolienne, dans les pays de la région, grâce à des prêts aux entreprises mixtes constituées.

Petrocaribe inclura une liste de produits et de services locaux des nations membres comme mécanisme de compensation du paiement de la facture pétrolière, lequel commencerait à être mis en place par les pays à la fin du délai de grâce en 2008, a expliqué Chavez.

Pour cela, a-t-il continué, on prendra exemple sur l’expérience accumulée par le Venezuela dans le maniement de la facture pétrolière avec Cuba, l’Argentine et l’Uruguay, durant les dernières années.

Que la dette, au lieu d’être un poids devienne un autre mécanisme de libération pour lutter contre les asymétries et impulser le modèle de développement des pays signataires de Petrocaribe, a plaidé le dirigeant sud-américain.

Un nouvel espace économique caribéen pourrait sortir de cette politique de commerce équitable dans la région, lequel pourrait constituer un exemple pour le monde entier, a-t-il affirmé.

Chavez a annoncé que la facture accumulée de la dette des États de Petrocaribe pour l’achat du brut vénézuélien s’élève cette année à 1 milliard 166 millions de dollars et qu’elle s’élèvera pour 2010 à 4 milliards 566 millions.

Je le dis seulement pour démontrer le potentiel existant pour créer du développement avec ces traités de commerce équitable, a-t-il indiqué.

Si l’on suit la voie prévue pour le respect d’un tel engagement financier les paiements (en biens et services) devraient atteindre les 100 millions de dollars en 2010, 222 millions en 2013 et 500 millions en 2018, a-t-il signalé.

D’autres objectifs inhérents à la dynamique du pacte de coopération énergétique prévoient la formation d’un mécanisme de fidéicommis, la création de deux comités pour accepter les demandes de projets, ainsi que la consolidation du secrétariat de Petrocaribe, a-t-il ajouté.

Le président vénézuélien a salué la présence au Sommet du ministre de la Défense du Honduras, Aristides Mejia, dont le président, Manuel Zelaya, a demandé l’intégration à Petrocaribe.

Sommet pétrolier à Cuba, avec Raul Castro, Hugo Chavez...et Naomi Campbell


Raoul Castro et Hugo Chavez

Raul Castro, chef de l'Etat cubain par interim, et Hugo Chavez, président du Venezuela, ont dirigé vendredi le IVe sommet pétrolier des Caraïbes, dit Petrocaribe, suivi à distance par Fidel Castro, absent pour maladie depuis près de 17 mois, a constaté l'AFP.

"Tu as été brillant, et pas seulement dans ton propos d'ouverture, mais aussi durant la réunion", a déclaré le vieux leader cubain, âgé de 81 ans, dans un message à Hugo Chavez à la rencontre qui a réuni à Cienfuegos (260 km au sud-est de La Havane) 12 chefs d'Etat et de gouvernement de la région.

Invitée-surprise du sommet, Naomi Campbell, le top model britannique d'origine jamaïcaine, a visité un complexe de maisons préfabriquées jouxtant la raffinerie de Cienfuegos et offert à Cuba par Hugo Chavez.

La "reine du glamour", qui a été reçue récemment par le président vénézuélien à Caracas, avait réalisé en 1998 "son rêve dorée" de rencontrer Fidel Castro au Palais de la révolution à La Havane.

Petrocaribe est un projet impulsé depuis 2005 par le Venezuela, première puissance pétrolière d'Amérique latine, dans le cadre de la "solidarité" régionale pour un "développement durable".

Devant le président haïtien René Préval, Daniel Ortega du Nicaragua ou Leonel Fernandez de la République dominicaine, Hugo Chavez a assuré que "le Venezuela continue d'être menacé par l'impérialisme" américain.

"Les Caraïbes ont toujours été en endroit stratégique d'un point de vue géopolitique", a déclaré de son côté Hugo Chavez, avant de s'en prendre à "l'impérialisme" et au "grand capital".

Raul Castro, qui avait délaissé son uniforme de général pour une tenue civile décontractée, a dénoncé pour sa part les Etats-Unis, "le pays le plus gaspilleur (d'énergie) et le plus polluant", avant de voir dans le sommet "un pas décisif" dans les efforts d'intégration régionale.

Les deux dirigeants devaient ensuite inaugurer la raffinerie de Cienfuegos, un "dinosaure" de l'ère soviétique rénové sur fonds vénézuéliens.

Petrocaribe fournit à prix préférentiels 102.000 barrils/jours de pétrole vénézuélien à ses 14 pays membres, plus 92.000 b/j à Cuba en vertu d'accord bilatéraux entre les deux alliés.

Cuba fournit en échange au Venezuela quelque 35.000 médecins et paramédicaux, instituteurs et entraîneurs sportifs.





Hugo Chavez et Raul Castro posent pour la photo officielle du sommet Petrocaribe à Cuba.

Petrocaribe coûte 1,166 milliard de dollars au Venezuela, a révélé Hugo Chavez, et la dette des pays membre à l'égard du Venezuela atteindra en 2010 4,5 milliards de dollars, a-t-il indiqué, avant de proposer qu'elle soit remboursée en troc ou en services.

Le dirigeant vénézuélien, arrivé mercredi à Cuba, avait eu deux heures et demi jeudi d'"entretien fraternel" avec Fidel Castro jeudi, sur la situation internationale et la coopération énergétique entre les deux pays.

Les pays adhérents sont Antigua y Barbuda, les Bahamas, Belize, Cuba, la Dominique, la Grenade, le Guyana, la Jamaïque, la République dominicaine, Saint Kitts et Nevis, Sainte Lucie, Saint Vincent et les Grenadines, le Surinam, le Venezuela, Haïti et le Nicaragua.

Le Guatemala, le Honduras y assistent en observateurs et les Barbades et Trinidad et Tobago comme invités.

vendredi 21 décembre 2007

PETROCARIBE ET L’ ALBA


La raffinerie de Cienfuegos permettra à Cuba de réduire largement sa dépendance des importations de combustible pour le transport routier « Il faut dans le monde beaucoup de PETROCARIBES pour que les peuples souffrent moins » • Le prix du pétrole est fixé à New York et à Londres. Les spéculateurs et les marchés d’avenir exercent une influence pernicieuse • Cuba et l’Argentine ont chacune une parcelle à exploiter dans le bassin de l’Orénoque

PAR LISANKA GONZALEZ SUAREZ ET GABRIEL MOLINA

L’ACCORD énergétique de Caracas et les missions Robinson et Barrio Adentro permettent d’équilibrer la balance commerciale entre le Venezuela et le Cuba, mais aussi d’offrir des soins médicaux gratuits à 17 millions de personnes.

L’ex-président de l’OPEP et de PDVESA et actuel ambassadeur du Venezuela à Cuba, Ali Rodriguez Araque, réfute les accusations proférées par certains médias qui rangent ces échanges avec l’île et d’autres pays de la région sous l’étiquette de subventions ou de cadeaux. Dans une interview concédée à Granma international, il montre que les avantages sont réciproques.

« Le Venezuela a un marché stable pour la vente de son pétrole. Nos ennemis tiennent des propos de boutiquiers : ils prétendent que nous profitons des richesses dont nous disposons pour imposer des conditions à ceux qui ont besoin de produits énergétiques, quel que soit le destin des peuples concernés. C’est justement cette mentalité qui a le plus contribué à diviser l’Amérique latine ce qui permet à l’oligarchie créole et la grande oligarchie mondiale de la dominer ainsi plus facilement. Nous sommes en présence de principes, d’idées, de valeurs en tous points opposés ; ce n’est pas seulement un problème commercial, comme le prétendent nos ennemis. »

UN GRAND CENTRE DE DISTRIBUTION DANS TOUTE LA CARAIBE

A propos des éléments qui pourraient faire l’objet d’analyses lors des prochains sommets de PETROCARIBE et de l’ALBA, ainsi que de l’importance de la raffinerie inaugurée quelques jours après dans la région centrale de Cuba, Rodriguez qui a été aussi secrétaire général de l’OPEP a souligné. « Il vaut la peine de signaler que la matérialisation de la remise en état de la raffinerie de Cienfuegos répond tout à fait à l’esprit de ces initiatives. Il ne s’agit plus de discours ni de bonnes intentions mais de réalisations. Ce que cette raffinerie représente pour Cuba c’est, en tout premier lieu, une usine dotée d’une technologie de pointe qui devrait garantir au pays, sur de longues années, un bon approvisionnement en produits raffinés --essence et dérivés-- : 65 000 barils par jour dans une première phase. Ajoutons que 50% du pétrole peut encore servir à élaborer un combustible plus lourd. L’agrandissement de la raffinerie est déjà à l’étude pour qu’elle puisse arriver à ce qu’on appelle la conversion profonde : tirer un maximum de produits du baril de pétrole, de sorte qu’il n’en reste que du charbon, qui a aussi son utilité. Il s’agit de rentabiliser la raffinerie.

« Cuba réduira ainsi fortement ses importations de carburant destiné au transport routier ; une raffinerie de qualité permet en outre d’envisager l’installation sur place d’une usine de pétrochimie. On peut commencer à travailler avec du gaz importé du Venezuela : les capacités de stockage de Matanzas seront restaurées, de même que l’oléoduc qui relie le port de Matanzas à Cienfuegos. Et à partir de là, on pourra créer à Cuba un grand centre de distribution pour toutes les Caraïbes. Ceci a l’avantage de réduire les coûts.

Les avantages sont énormes. On peut même songer à fermer des raffineries anciennes qui sont très polluantes et ont un faible rendement. Cette raffinerie de Cienfuegos est réellement un grand pas en avant. On fera la même chose au Nicaragua, à la Jamaïque (où une raffinerie est en cours d’agrandissement), de sorte que ces pays n’aient plus à payer le combustible aux prix actuels. »

Le Venezuela, pour sa part, a trouvé un marché stable où écouler sa production. Ce qui fait que les deux parties sont bénéficiaires. »

IL EST ABSURDE QUE LE VENEZUELA COMPTE PLUS D’UN MILLION ET DEMI D’ANALPHABETES AU 21e SIECLE

Parmi le antécédents de cette intégration figure l’Accord de San José, se rappelle Ali Rodriguez ; le Venezuela et le Mexique s’engageaient par là à exporter en Amérique centrale et dans les Caraïbes jusqu’à 120 000 barils de pétrole, mais il ne s’agissait pas de financer la facture pétrolière, tout juste de fournir des crédits à hauteur de 20% de la facture : le problème fondamental restait donc la facture, surtout à partir du moment où les prix ont flambé. C’est alors qu’a surgi l’Accord énergétique de Caracas, qui prenait le relais d’autres contrats qui s’étaient heurtés à des difficultés. A partir de 2002, plusieurs accords concernant le brut ont été signés, dont un en vertu duquel le Venezuela fournirait à l’île la technologie permettant d’améliorer la récupération des bruts lourds et d’autres matières ; c’est alors que la question de la raffinerie de Cienfuegos a été sérieusement envisagée, puis complétée.

« Les conversations portaient aussi, à l’époque, sur la stratégie du Venezuela face aux problèmes sociaux, dont l’analphabétisme ; avec les structures héritées de la quatrième République, on se proposait d’alphabétiser 16 000 personnes par an, ce qui était bien peu ; on a donc dû concevoir un programme spécial pour régler le problème dans le laps de temps le plus court possible. Il était franchement absurde qu’au 21e siècle, un pays doté de ressources comme le Venezuela compte encore plus d’un million et demi d’analphabètes. C’est ainsi qu’a vu le jour la Mission Robinson, qui a permis de résoudre le problème rapidement avec le solide soutien de Cuba.

« Parallèlement commençait la mission Barrio Adentro, avec un petit groupe de médecins cubains, dans la capitale du pays. Ceci a donné lieu à une protestation du Collège des médecins de Caracas, totalement dominé par des secteurs très réactionnaires, mais la population a réagi très favorablement et a même protégé les médecins. A partir de là a eu lieu tout un processus qui a abouti à la présence, au Venezuela, de milliers de professionnels cubains de la santé ainsi qu’à la gratuité des soins médicaux pour 17 millions de personnes, parmi les secteurs les plus pauvres du pays, de même que la gratuité de cent vingt médicaments. Bien d’autres accords concertés dans d’autres secteurs permettent d’équilibrer la balance entre nos deux pays.

« Bien entendu, les prix du pétrole sont tels que le déséquilibre joue toujours en faveur du Venezuela, mais comme pour l’Accord énergétique de Caracas, un pourcentage de la facture pétrolière est financée selon le prix du pétrole et les intérêts : il s’agit d’un pourcentage stable qui n’est pas soumis aux fluctuations de la valeur de l’argent ». Ceci implique à son avis une hausse considérable des échanges entre les deux pays.

L’ambassadeur développe l’idée de l’intégration. Elle repose, dit-il, sur quatre grands postulats : entre nous, il doit y avoir complémentarité et non concurrence, solidarité et coopération et non imposition, et surtout respect strict de la souveraineté de l’autre pays. « Tout ceci a permis de faire monter la valeur des échanges entre le Venezuela et Cuba ; bien sûr que ces échanges sont assortis de bénéfices, mais une bonne affaire est une bonne affaire quand les deux partenaires en bénéficient, et pas seulement l’un d’entre eux. Tel est le schéma gagner-gagner que nous appliquons non seulement avec Cuba mais aussi avec des pays de l’ALBA et même d’autres.

PETROCARIBE ET PETROSUR: DE L’ENERGIE POUR LES PAUVRES

« C’est dans ce cadre qu’a surgi l’idée de PETROCARIBE, qui permet d’approvisionner en pétrole un ensemble de pays, ceux qui, sans une formule souple comme celle-ci pour le paiement de la facture, ne pourraient avoir accès à l’énergie qu’au prix d’énormes sacrifices, compte tenu des coûts élevés du pétrole.

« L’idée de PETROSUR surgit dans d’autres conditions, car cet accord regroupe des pays producteurs comme la Bolivie, et d’autres qui ont stabilisé leur production par rapport à leur consommation, comme c’est le cas du Brésil. Des accords ont aussi été passés avec l’Equateur et le Nicaragua, C’est une politique qui tend à s’élargir, en raison des avantages qu’elle offre. »

Voilà pourquoi Ali Rodriguez considère que l’initiative a atteint très rapidement son objectif et offre en outre d’excellentes perspectives. Il faut tenir compte, ajoute-t-il, de l’expérience accumulée en matière de processus d’intégration en Amérique latine.

« Certains ont échoué et d’autres se sont heurtés à de grandes résistances. C’est le cas de l’accord de Cartagena, un excellent accord qui a débouché sur le pacte Andin, puis sur la formation de la Communauté andine, mais qui a été freiné par la présence encore forte de la vision néolibérale de l’intégration. Après l’échec de l’ALCA, intervenu à l’issue de la réunion de Mar del Plata, on a assisté à d’autres tentatives de manœuvres par le biais des Traités de libre échange ou TLC, que les Etats-Unis ont signés avec la Colombie, le Pérou, etc… C’est ce qui a motivé que le Venezuela se retire de la Communauté andine.

« MERCOSUR voit le jour lorsque le néolibéralisme est à son apogée ; il est donc inspiré d’une conception néolibérale. Les changements qui sont intervenus au sein des gouvernements de plusieurs des pays membres ont ouvert la voie à des échanges d’opinions sur les objectifs et les procédures conduisant à l’intégration du marché. On en est là. Je dirais même que la vision du Venezuela s’est heurtée à des difficultés ; concrètement, deux pays ont réagi, le Brésil en particulier, et cela se reflète au niveau de l’approbation des accords par les Parlement respectifs, mais il s’agit d’une idée qui fait son chemin, parce qu’elle ne se limite pas exclusivement aux pays de la Caraïbe ou aux pays membres de l’ALBA ; il s’agit d’une conception associée à la réunification de notre Amérique. »

Le schéma actuel d’intégration a-t-il quelque chose à voir avec celui de la Communauté européenne ? Il s’agit de deux conceptions très différentes, affirme catégoriquement l’ambassadeur. « L’Union européenne est une union de pays capitalistes, de pays qui ont choisi le capitalisme comme voie de développement. Pour PETROCARIBE et l’ALBA, il s’agit essentiellement de s’allier pour avancer ensemble dans la voie du développement, contrairement au capitalisme et surtout à sa version néolibérale, qui a engendré de grandes souffrances dans ces pays.

« Théoriquement, si les gigantesques et puissantes corporations du Nord entrent en libre concurrence avec nos économies encore faibles, on sait déjà quel sera le résultat. Pour nous, il ne s’agit pas de nous concurrencer. La concurrence aboutit nécessairement au monopole, ceci est une loi historique.

LA PROSPERITE POUR TOUS

« C’est ce qu’on peut observer dans le développement économique mondial. Prenons le cas de l’économie mondiale pétrolière, que je connais un peu : les plus puissantes entreprises du monde fusionnent et on voit ainsi naître des monopoles aux proportions fantastiques ; dans les télécommunications ou l’informatique, l’hyperconcentration du capital est encore plus rapide et donne lieu à des monopoles impressionnants. Voilà à quoi conduit la concurrence. Telle est la loi historique qui régit le mouvement du capitalisme dans un pays et dans le monde. A mesure que ce processus avance il se produit une plus grande concentration des richesses et, en même temps, une aggravation de la pauvreté dans le monde

« C’est ainsi que s’est imposée la pire contradiction du monde actuel : une grande concentration de richesses au Nord et une extension énorme de la pauvreté au Sud ; d’où le déplacement incontrôlable des populations du Sud vers le Nord, une véritable marée humaine, ce qui donne lieu à des conflits graves au sein des pays du Nord. Aux Etats-Unis il y a 40 millions de pauvres ; ce pays qui a construit sa prospérité sur l’immigration rejette actuellement toute immigration. Après avoir bombardé de critiques le Mur de Berlin, voilà que les Etats-Unis construisent un mur infiniment plus long. Ces problèmes existent aussi en Europe ; la pauvreté augmente dans un pays aussi prospère que l’Allemagne. On brûle des voitures pendant des semaines dans les banlieues pauvres de France, pour dénoncer la discrimination. Le conflit commence donc à éclater à l’intérieur des pays les plus prospères.

« Que proposons-nous face à ce schéma de concurrence, à cette espèce de darwinisme économique où le plus fort dévore le plus faible ? Un projet permettant, à partir de formules différentes qui sont à portée de la main et qui ouvrent la voie à la prospérité pour tous.

L’ALBA AVEC L’ARGENTINE ET LE BRESIL

« En avril 2003, président de Pétroles du Venezuela (PVDSA), je me trouvais à Montevideo où on procédait à l’agrandissement de la raffinerie de la capitale. Le président Chavez m’appelle et me dit de gagner rapidement l’Argentine, où la nation tout entière est au bord de la crise énergétique. La solution m‘est apparue dans toute sa simplicité : le Venezuela est une grande puissance énergétique avec d’énormes excédents exportables et pourtant, nous n’avions jamais vendu de pétrole à l’Argentine. Nous avons signé un accord et, en quinze jours, pour la première fois dans toute l’histoire de nos relations, les premiers cargos vénézuéliens touchaient les côtes argentines. Nous nous sommes rendu compte de l’évidence : l’Argentine et une grande puissance agricole, avec des excédents exportables. Autrement dit, nous nous complétons parfaitement. Le Venezuela a même envoyé des pétroliers dans les chantiers navals argentins, au lieu de les envoyer dans le Nord pour les travaux d’entretien, et cela a permis de réactiver les chantiers navals argentins, pratiquement paralysés, avec près de deux mille chômeurs.

« Voilà ce que c’est que le schéma gagner-gagner : c’est aussi ce que nous faisons avec Cuba, la Bolivie, le Nicaragua, et même avec d’autres pays qui ne font pas partie de l’ALBA. Cela se fait avec le Brésil et nous commençons, timidement encore, avec des nations des Caraïbes et d’Amérique centrale. Si nous avons certaines facilités dans un secteur économique spécifique et qu’un autre pays en a besoin, nous pouvons coopérer ; s’il existe des perspectives de développement, tant mieux, et sinon, nous le faisons par solidarité.

« Il existe des nations des Caraïbes qui, suite à leurs politiques néo-libérales, ont vu chuter abruptement leurs revenus au titre des exportations. L’un d’eux que je ne citerai pas a vu ses exportations de sucre et de banane chuter de cent à huit millions de dollars.

Comment peut-il payer le prix du pétrole au niveau où il est ? Pour nous, ce n’est pas un sacrifice de contribuer à résoudre le problème et de conjurer une crise qui serait dévastatrice. Aujourd’hui, aucune société ne peut fonctionner sans énergie, et pour la payer, il faut parfois sacrifier tout le reste.

CREER D’AUTRES MECANISMES DE FIXATION DES PRIX ENTRE PRODUCTEURS ET CONSOMMATEURS

Comment l’accélération des prix du brut influence-t-elle l’économie mondiale ? Granma international demande son avis à l’ambassadeur sur la question :

« Il y a des problèmes dont il faut tenir compte, car certaines mesures sont entre les mains de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ; d’autres, en revanche, lui échappent. L’OPEP a contribué, c’est indiscutable, à la stabilisation du marché en augmentant la production lorsque les prix montent parce que l’approvisionnement est insuffisant, ou en diminuant la production lorsqu’il y a des excédents de pétrole sur le marché. Dans le pétrole, les investissements coûtent cher. Prospecter, extraire, transporter, raffiner, mettre sur les marchés : tout cela coûte très cher et implique qu’il ait un prix déterminé. Par exemple aux Etats-Unis, où il y a 600 000 puits, certains doivent fermer quand les prix baissent –ils ont été des centaines de milliers à fermer en 1970-- ; aujourd’hui, ces installations ne sont pas exploitables quand le prix approche les 18 dollars.

« Ce qui détermine le prix du pétrole n’est pas seulement l’offre, mais aussi des facteurs tels que la consommation. Fidel a raison : il y a beaucoup de gaspillage d’énergie. Avec 5% de la population mondiale, les Etats-Unis consomment 25% de l’énergie aujourd’hui produite dans le monde. Il faut prendre des mesures tendant à l’efficience énergétique, éliminer le gaspillage, rationaliser la consommation, de sorte que les sources d’énergie, surtout celles qu s’épuisent comme le pétrole, puissent durer plus longtemps.

Mais il y a un autre facteur, pernicieux entre tous, qui détermine le prix du pétrole. Ce sont les dits marchés d’avenir. Le prix du pétrole, ce n’est pas l’OPEP qui le fixe, il est fixé à New York et à Londres ; par conséquent, quand les spéculateurs estiment que le prix va monter, que la demande va monter, que les réserves diminuent aux Etats-Unis, ils achètent des contrats, de sorte que si, par exemple, les ventes réelles sont de l’ordre de 85-86 millions de barils, sur les marchés d’avenir on en négocie 140, 160, 180 millions, et les prix montent artificiellement . C’est cela qui détermine le prix. De la même manière, quand les spéculateurs voient venir une chute des prix, ils commencent à vendre des contrats et les prix se dépriment énormément ; autrement dit, ils capturent des bénéfices par la voie de la spéculation, chaque fois que l’occasion se présente. Les marchés d’avenir tiennent compte également de problèmes qui n’ont rien d’économique : les conflits du Moyen-Orient par exemple, qui font monter les prix.

L’OPEP OCCUPE 40% DU MARCHE PETROLIER

Une anecdote donne un peu de piquant à l’explication : « Le 11 septembre, jour de la chute des Tours jumelles, j’étais sorti déjeuner de mon bureau de l’OPEP. A mon retour, le prix avait grimpé de 5 dollars. A peine ai-je émis la déclaration de l’OPEP offrant aux présidents des garanties, etc. etc. il est redescendu, de 4 dollars.

« En 1972 le prix du baril tournait autour de 50 – 60 dollars, avec la crise du Moyen-Orient, mais il y a eu une explosion de la demande aux Etats-Unis et le prix a bondi à 81 dollars. Naturellement, il y a eu une énorme pénurie d’énergie, de là la fondation de l’Agence internationale de l’énergie et le recours à d’autres sources, comme l’énergie nucléaire, devenue commercialement exploitable ; L’OPEP a connu une lente récupération ; autrefois, elle occupait les deux tiers du marché mondial et après cette crise, elle est passée à un tiers : on en est actuellement à 40% de la production pétrolière mondiale. Elle a beaucoup appris de cette expérience, c’est pourquoi elle suit une politique de stabilisation des prix. Si les prix étaient régis exclusivement par l’offre et la demande, ils se stabiliseraient à un niveau nettement inférieur au niveau actuel ; en outre, l’excès en matière de prix a aussi des effets négatifs pour les producteurs et les exportateurs.

« J’estime pour ma part qu’il convient de proposer aujourd’hui un grand accord entre producteurs et consommateurs, de créer de nouveaux mécanismes de fixation des prix qui reflèteront mieux la relation entre l’offre et la demande, de sorte que les pays en développement aient moins à en souffrir et n’aient pas autant de mal à mettre en route leur économie. Il faut beaucoup de PETROCARIBES dans le monde pour que ces peuples souffrent moins. »

En ce qui concerne les possibilités présentes et futures du Bassin des Caraïbes, Ali Rodriguez estime que l’avenir est prometteur pour l’île : « Les Etats-Unis et le Mexique ont réussi à augmenter un peu leur production grâce à ce bassin du golfe du Mexique. Cuba a eu du succès. La zone qui lui revient est vierge ; faisant partie de la même formation géologique, elle doit contenir du pétrole, et c’est ce que pensent ceux qui y investissent : personne n’est assez fou pour investir là où il risque de ne rien trouver ; or, je dirais que les investissements consentis jusqu’à maintenant sont appréciables. »

Selon un communiqué de PVDSA, sa filiale CVP et l’entreprise cubaine CUPET « ont débuté des explorations dans six blocs dans la zone économique cubaine dans le Golfe du Mexique ».

Dans notre cas, ce schéma s’accompagne d’autres mécanismes : Cuba a déjà une parcelle à explorer au Venezuela, l’Argentine a aussi sa parcelle. L’un des principes qui régissent notre politique en la matière est de diversifier les investissements, et de diversifier aussi les marchés. C’est quelque chose que José Marti avait d’ailleurs vu clairement : diversifier les marchés, diversifier les sources de financement, car nous ne pouvons pas dépendre d’un seul ou de deux. »

Ali Rodriguez, un paysan devenu ministre

IL n’est guère facile de retrouver, derrière cet homme simple mais aux manière raffinées qui semble être né pour la diplomatie, le paysan qu’il était avant de devenir travailleur et cadre du secteur pétrolier, puis guérillero. Toutes ces facettes demeurent pourtant présentes en Ali Rodriguez Araque, qui a choisi la voie tracée par Bolivar.

L’ambassadeur de la République bolivarienne à Cuba est né dans une région dont la capitale est Mérida, une ville qui a pour devise : « Personne ne peut cacher la ville érigée sur la montagne. » De paysan, le voici transformé en ministre. Après avoir séjourné dans plusieurs villes et avoir été témoin, dans l’Etat de Lara, d’une terrible catastrophe naturelle, il a entrepris des études de droit et d’économie. C’est à cette époque qu’il a compris que le secteur pétrolier constituait un élément déterminant pour comprendre le Venezuela. Il s’est donc lancé dans des études sur le pétrole, avec d’excellents professeurs dont un, venu d’Allemagne, qui avait lu Le Capital de la première à la dernière page. Son engagement politique et idéologique le conduisit à la guérilla.

De 1983 à 1999, il a été membre du Congrès de la République du Venezuela, où il a présidé la commission pour l’énergie et les mines de la Chambre des députés, de 1994 à 1997. Lorsque Hugo Chavez a remporté les élections, il a été nommé ministre de l’Energie et des Mines. Il a été élu sénateur au Congrès de la République par l’Etat de Bolivar pour la période 1999-2004.

Nommé président de la Conférence de l’OPEP, il devenait secrétaire général de l’Organisation dès l’année suivante. De retour dans son pays en 2002, il a assumé la présidence de PDVSA, jusqu’en 2004 où il a été désigné ministre des Relations extérieures de la République. En octobre 2006, il a été nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République bolivarienne au Venezuela auprès du gouvernement de la République de Cuba. On lu doit plusieurs ouvrages sur le thème de la politique énergétique.

Cordoba confirme



La sénatrice d'opposition colombienne Piedad Cordoba a confirmé jeudi devant un groupe de journalistes, lors de son retour des États-Unis à Bogota, qu'un haut fonctionnaire du gouvernement colombien a donné des ordres pour l'assassiner au Venezuela.


«Il ne s'agit pas de menaces, mais il s'agit d'un ordre provenant d'un haut fonctionnaire du gouvernement pour m'assassiner à Caracas», a indiqué Piedad Cordoba qui a joué un rôle de médiatrice aux côtés du président du Venezuela Hugo Chavez.

Mme Cordoba a par ailleurs nié avoir accusé le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos d'être ce haut fonctionnaire.

«Je souhaiterai connaître le nom de celui qui +en messe-basse+ a déclaré que le ministre de la Défense était ce haut fonctionnaire», a ajouté la sénatrice.

Depuis les premières accusations de la sénatrice le 19 décembre à Washington, les dirigeants du gouvernement colombien accusent Mme Cordoba de «diffamer» le pays.

Mme Cordoba avait été mandatée en août par le président colombien Alvaro Uribe pour assurer avec M. Chavez une médiation dans l'affaire des otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), la principale organisation de guérilla d'extrême gauche colombienne.

Avant que le président colombien Alvaro Uribe ait mis fin de manière brutale à sa médiation le 21 novembre ainsi qu'à celle du président Chavez, elle s'était engagée à oeuvrer à un accord permettant la libération de 45 otages détenus par les FARC, dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, en échange de celle de 500 guérilleros.

jeudi 20 décembre 2007

Au Venezuela, des policiers et soldats se préparent à recevoir les otages des FARC


Des unités spéciales de la police et de l'armée vénézuéliennes sont prêtes à recevoir les otages que les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont promis de remettre au président Hugo Chavez.
Ces unités attendent l'ordre de Hugo Chavez pour accueillir les otages colombien, a assuré Pedro Carreno à l'Associated Press.

Les FARC ont annoncé leur intention de libérer la directrice de campagne d'Ingrid Betancourt Clara Rojas, son fils Emmanuel né il y a trois ans pendant sa détention et qui aurait été conçu avec un guérillero, ainsi que Consuelo Gonzalez, ancienne parlementaire enlevée en septembre 2001. La date et le lieu de leur libération n'ont toutefois pas été annoncés clairement.

"Avec nos unités opérationnelles, (...) nous mettrons en oeuvre des actions pour garantir la sécurité et la vie non seulement des personnes enlevées qui vont être libérées, mais aussi de ceux qui vont les remettre", a dit Pedro Carreno.

La police et l'armée protégeront les émissaires des FARC impliqués dans cette libération, afin que "cela ne tourne pas comme quand ils ont apporté des preuves de vie". Le mois dernier, les autorités colombiennes ont en effet arrêté trois personnes soupçonnées d'avoir collaboré avec les FARC qui ont fourni des images vidéo et des lettres de plusieurs otages, dont Ingrid Betancourt.

La libération de 3 otages des Farc est en cours, affirme l'ex-mari d'Ingird Bétancourt


La libération des trois otages dont la guérilla colombienne des Farc a annoncé l'élargissement "est en cours", a affirmé mercredi l'ex-mari d'Ingrid Betancourt Fabrice Delloye, citant des informations d'un émissaire, espérant les voir arriver très vite au Venezuela. Evènement

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"C'est vrai (...) qu'ils ont quitté le périmètre de sécurité des Farc et donc ils sont en mouvement, il faut les attendre", a-t-il ajouté sur la station de la radio privée Europe 1. "Les informations que nous avons reçues ce sont celles que j'ai eues personnellement avec un émissaire qui connaît les Farc et qui les a rencontrées récemment", a indiqué M. Delloye.

Cet émissaire a confirmé "que la libération était en cours", a-t-il ajouté dans le cadre de la journée spéciale Ingrid Betancourt d'Europe 1, de Radio France Internationale et de la chaîne internationale de langue française TV5 Monde. M. Delloye a dit espérer que Clara Rojas allait "vite apparaître, normalement au Venezuela en compagnie de son enfant et en compagnie de la sénatrice Consuelo Gonzalez".

Les Farc se sont engagées, dans un message rendu public mardi soir, à libérer trois otages, dont l'ancienne collaboratrice d'Ingrid Betancourt, Clara Rojas, enlevée avec elle le 23 février 2002, et son fils né en captivité. "Je n'ai pas d'informations supplémentaires" concernant la libération de ces otages, a dit de son côté le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner. "Il faut être prudent, mais nous avons vraiment l'impression que quelque chose s'est débloqué", a-t-il ajouté.

"La manière dont les Farc ont félicité le président vénézuélien Hugo Chavez de son initiative font que les contacts entre le président Chavez et les Farc doivent se faire en ce moment pour que les Vénézuéliens sachent dans quelle zone" pourrait se faire la libération, a-t-il ajouté.

Le président Chavez a mené une médiation pour obtenir la libération des otages brutalement interrompue par le président Alvaro Uribe fin novembre. Des responsables français et la famille Betancourt ont à nouveau insisté mercredi sur le rôle incontournable de M. Chavez dans ce dossier.

De son côté, le haut commissaire colombien pour la paix, M. Luis Carlos Restrepo, a une nouvelle fois rejeté la demande des Farc d'une zone démilitarisée pour échanger 45 otages dits "politiques", dont Ingrid Betancourt, contre 500 guérilleros. "Nous allons continuer à insister de manière raisonnable pour créer une +zone de rencontre+ car nous ne pouvons accepter une démilitarisation qui laisserait aux mains de Farc des citoyens qui vivraient sur le territoire concerné", a affirmé Luis Carlos Restrepo, selon une traduction d'Europe 1.

Mélanie Delloye, fille d'Ingrid Betancourt et de Fabrice Delloye, s'est alors directement adressée à M. Restrepo, affirmant que "le monde entier a les yeux sur le président colombien" Alvaro Uribe. Elle a demandé à M. Uribe d'agir pour les otages "qui sont en train de pourrir dans la jungle". "J'espère que le président colombien va comprendre qu'après le geste des Farc, c'est à son tour de tout gagner à faire un geste", a-t-elle dit.

mercredi 19 décembre 2007

Hugo Chavez veut ouvrir la tombe de Simon Bolivar


Simon Bolivar, le père de l'indépendance latino-américaine, est l’idole d’Hugo Chavez. Mais le président vénézuélien doute de l'authenticité de la dépouille gardée au Panthéon national... et des résultats de l'autopsie menée au XIXème siècle sur ces restes. La solution: ouvrir sa tombe!


Le sarcophage contenant les restes de Simon Bolivar, icône de l’indépendance latino-américaine, va être ouvert. Le président vénézuélien, Hugo Chavez, doute de l’authenticité de la dépouille conservée au Panthéon national de Caracas depuis le XIXème siècle.

Le gouvernement va donc autoriser "l’ouverture immédiate de cet autel sacro-saint", a déclaré Hugo Chavez, ce lundi, dans son discours de commémoration, pour le 177e anniversaire de la mort de Bolivar. Ce dernier est son idole absolue, au point de renommer le Venezuela en 1999 en "République bolivarienne du Venezuela".

"Pourvu que ces restes soient bien ceux de Bolivar!", s’est exclamé le président vénézuélien, au cours de son discours-fleuve de 5 heures. "Mais j’ai des doutes. Nous avons le devoir moral de lever cette inconnue. (…) C’est une enquête à la fois politique et historique."

De quoi est-il mort?
Car si les restes ne sont pas ceux du "Libérateur", voilà qui fausse considérablement les résultats de l’autopsie menée sur le corps ! A l’époque, les médecins avaient conclu que Simon Bolivar était décédé des suites de la tuberculose. Et d’après les textes historiques officiels, il mourut entouré de ses proches.

Mais pourrait-il avoir été assassiné? Et par qui? D’après Hugo Chavez, la tuberculose ne l’aurait pas foudroyé ainsi en quelques semaines. Il s’appuie sur une lettre signée du "Libérateur", quelques mois à peine avant sa mort, et dans laquelle il expose nombre de projets. Hugo Chavez compte donc "réviser" les résultats de l’autopsie grâce aux "avancées scientifiques du XXe et du XXIe siècle".

Bolivar, leader de l’indépendance de plusieurs pays de la région au début du XIXème siècle (Venezuela, Colombie, Pérou, Equateur, Bolivie et Panama), mourut en 1830, à Santa Marta, en Colombie. Ce pays rétrocéda la dépouille en 1842 à Caracas, la capitale du Venezuela. Une dépouille incomplète : on ne retrouva jamais son crâne.

Chavez se moque d'Uribe et de Juan Carlos


Le président vénézuélien Hugo Chavez s'est réjouit mardi de l'annonce de la libération de trois otages de la guérilla des FARC et s'est moqué de son homologue colombien Alvaro Uribe, dans le cadre d'une cérémonie mardi à l'Université de la République d'Uruguay.

"Nous avons reçu la nouvelle de la part du secrétariat des FARC (à propos desquels nous ne céderons jamais au chantage visant à les déclarer comme groupe terroriste) de la libération d'un groupe de personnes", a déclaré M. Chavez pendant son allocution à Montevideo en marge du sommet du Mercosur qui s'est terminé mardi. M. Chavez a lu le communiqué des FARC, dans lequel l'organisation annonce la libération prochaine de trois otages, dont Clara Rojas, la collaboratrice de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt. Le chef de l'Etat vénézuélien a rappelé que les FARC ont demandé à ce que les prisonniers lui soient remis personnellement ou bien à une personne de son choix.

Uribe fustigé
Devant les représentants diplomatiques cubains, vénézuéliens, équatoriens et boliviens, M. Chavez a fustigé le roi d'Espagne Juan Carlos et le président colombien Alvaro Uribe. "Récemment à Santiago, le masque est tombé et le roi m'a dit : pourquoi tu ne te tais pas (...) et maintenant il devra s'excuser", a dit M. Chavez en faisant allusion à un incident verbal avec Juan Carlos. "Mais le masque est tombé aussi pour le président de la Colombie (...) et il s'est révélé tel qu'il est, et il faut le dire sans détour: une marionnette impérialiste", a-t-il dit.

Alvaro Uribe prêt à "récompenser" les FARC




Le président colombien propose la création d'un fonds de 100 millions de dollars pour inciter les Farc à libérer des otages.

Le président colombien Alvaro Uribe a proposé, mercredi 19 décembre, la création d'un fonds de 100 millions de dollars pour récompenser et offrir une protection juridique aux membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie, qui accepteraient de libérer des otages comme Ingrid Betancourt.

"Ceux qui s'occupent de Betancourt par exemple"

"Pour les guérilleros qui libèreraient les otages, je pense à ceux qui s'occupent d'Ingrid Betancourt par exemple, s'ils se démobilisent et libèrent Mme Betancourt, et bien nous allons les récompenser, nous allons obtenir une protection juridique et je propose donc un fond de 100 millions de dollars pour ces personnes", a déclaré Alvaro Uribe dans une interview diffusée sur Europe-1 mercredi et enregistrée mardi depuis Bogota.

Impasse sur la zone de rencontre

Dans leur communiqué annonçant la libération de trois otages dont Clara rojas, proche d'Ingrid Betancourt, les FARC avaient rejeté catégoriquement le plan proposé par le président Uribe, portant sur la création d'une "zone de rencontre" pour négocier un échange dit humanitaire entre 500 guérilleros et un groupe de 45 otages, dont trois Américains et Ingrid Betancourt.
Les rebelles jugeaient "improvisée" et "inacceptable" cette proposition pour "dialoguer avec ce menteur de (...) Restrepo dans des lieux éloignés, clandestins et inhospitaliers, dans un délai de 30 jours".

Chavez, Morales, Fernandez taclent les EU


En réponse à la polémique déclenchée par les accusations d'un procureur américain selon lequel le Venezuela a tenté d'introduire 800 000 dollars dans une valise en Argentine, afin de financer la campagne électorale de Cristina Fernandez de Kirchner (qui vient d'être élue présidente), Hugo Chavez a dénoncé les Etats-Unis, qui cherchent, selon lui, "à saboter un processus démocratique légitime". "Nous devons avertir l'empire que s'il cherche à renverser ce gouvernement légitime, cela provoquera un séisme qui ébranlera les Amériques", a ajouté le président vénézuélien, au cours du sommet du Mercosur en cours à Montevideo, capitale de l'Uruguay. Ses propos ont été relégués par le président bolivien Evo Morales."Il serait bon que les Etats-Unis conseillent à leur ambassadeur de faire de la diplomatie, pas de la politique", a-t-il raillé. Quant à Fernandez, elle n'a pas nommé directement les Etats-Unis mais a laissé entendre qu'ils cherchaient à jouer une influence dans la région par des "opérations sales, de la politique sale".

mardi 18 décembre 2007

Hugo Chavez étudie les moyens de récupérer les otages des Farc


Le président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré mardi qu'il étudiait les moyens à mettre en oeuvre pour récupérer les trois otages dont la guérilla colombienne a annoncé la libération.

"Il y a quelques minutes, j'ai reçu le communiqué des Farc, j'étais prêt à une libération d'otages (...) Cela ressemble à un beau cadeau de Noël", a-t-il dit lors d'une réunion du Mercosur en Uruguay.
"Espérons qu'Uribe n'en sait rien, parce qu'Uribe est capable de tenter de bloquer cette libération", a-t-il ajouté en allusion au président colombien Alvaro Uribe, qui lui a brièvement confié, avant de le lui retirer le mois dernier, un mandat de négociations avec les Farc.

Dans un communiqué repris par l'agence de presse cubaine Prensa Latina, les Farc annoncent que Clara Rojas, l'ex-directrice de campagne d'Ingrid Betancourt, son fils Emmanuel et la parlementaire Consuelo Gonzalez seront remis à Chavez ou à toute personne désignée par le président vénézuélien.

Colombie: les FARC annoncent la libération de l'assistante d'Ingrid Betancourt


La guérilla des FARC a fait mardi un geste spectaculaire avec l'annonce de la libération de trois otages dont Clara Rojas , l'assistante d'Ingrid Betancourt, tout en opposant une fin de non-recevoir aux dernières propositions du président colombien Alvaro Uribe.

Le secrétariat des Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC), organe dirigeant de la guérilla marxiste, affirme avoir donné pour instruction de relâcher Clara Rojas, son fils Emmanuel, conçu en captivité avec un guérillero, ainsi qu'une parlementaire colombienne, Consuelo Gonzalez.

"L'ordre de les libérer en Colombie a déjà été donné", selon un communiqué publié mardi à La Havane par l' agence de presse cubaine Prensa Latina.

Avocate de 44 ans, Clara Rojas était la directrice de campagne de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, candidate écologiste à la présidentielle en Colombie, quand elles ont été enlevées le 23 février 2002 par les FARC près de Florencia, à 600 km au sud de Bogota.

Selon les FARC, il s'agit d'"un geste de reconnaissance envers les familles des otages", le président vénézuélien Hugo Chavez et la sénatrice colombienne d'opposition Piedad Cordoba, anciens médiateurs dans ce dossier, dont la mission a été annulée fin novembre par Bogota.

Les trois otages devraient être remis au dirigeant vénézuélien ou à la personne de son choix, selon Prensa Latina.

M. Chavez, qui participait mardi à Montevideo au sommet du Mercosur, le marché commun sud-américain, a confirmé avoir "reçu le communiqué des FARC". "J'étais prévenu d'une possible libération ou du fait que les FARC pouvaient annoncer la libération d'un groupe de personnes", a-t-il dit.

Le gouvernement colombien s'est de son côté interrogé sur la véracité du communiqué des FARC, en relevant que le texte est daté du 9 décembre.

"Dans des occasions antérieures les FARC ont aussi annoncé des libérations de personnes qui n'ont été suivies d'aucun effet", a souligné à Bogota le Haut commissaire colombien pour la paix Luis Carlos Restrepo.

A Paris, la Fédération des comités de soutien à Ingrid Betancourt (FICIB) a qualifié d'"excellente nouvelle" la libération de Mme Rojas. Le président français Nicolas Sarkozy s'est "réjoui" de l'annonce mais en "attend la confirmation", selon un communiqué de l'Elysée.

La mère d'Ingrid Betancourt a demandé pour sa part aux FARC de "prendre en compte le fait que (sa) fille souffre tellement". "Qu'ils fassent quelque chose pour Ingrid", a déclaré Yolanda Pulecio, à la télévision publique vénézuélienne VTV.

Lorenzo Delloye, le fils de l'otage, a souligné sur VTV le rôle "très important" du Venezuela. "Désormais, le gouvernement de Colombie doit répondre favorablement", a-t-il dit, tout en appelant la communauté internationale à "faire pression" sur Bogota.

Dans leur communiqué, les FARC ont rejeté catégoriquement le plan proposé par le président Uribe, portant sur la création d'une "zone de rencontre" pour négocier un échange dit humanitaire entre 500 guérilleros et un groupe de 45 otages, dont trois Américains et Mme Betancourt.

Les rebelles ont jugé "improvisée" et "inacceptable" cette proposition pour "dialoguer avec ce menteur de (...) Restrepo dans des lieux éloignés, clandestins et inhospitaliers, dans un délai de 30 jours".

La guérilla a en revanche tenu à remercier M. Chavez pour "l'effort colossal accompli comme médiateur" qualifiant d'"acte de barbarie diplomatique" l'annulation de sa mission par M. Uribe.

Cette décision revenait aussi, selon eux, "à claquer la porte au nez du président (français) Nicolas Sarkozy, des chefs d'Etat sud-américains solidaires ainsi que des familles des prisonniers de guerre des deux camps qui pressentaient que la fin de leurs angoisses approchait".

Uribe compare les Farc à Hitler et critique Sarkozy


Le président colombien Alvaro Uribe, hier, lors d'un discours dans une école militaire à Bogota (Reuters).


Le président colombien explique que son pays agit «comme la France agirait si elle avait un nouveau Hitler». L'Elysée annonce que «des agents sont entrés en contact avec les Farc».
La libération d’Ingrid Betancourt et des 44 autres otages «politiques» est encore loin d’être assurée, à en croire les dernières déclarations du président colombien Alvaro Uribe et des Farc.


Hier, dans un discours, le président colombien, habitué des déclarations tonitruantes, a comparé les Farc…à Hitler. Alvaro Uribe s’est adressé à l'opinion française, lui demandant de comprendre que la Colombie agissait «comme la France agirait si elle avait un nouveau Hitler. Les otages sont dans un état semblable à celui des prisonniers des camps de concentration», a-t-il lancé, comme le relate le quotidien colombien El Tiempo.

Le président Uribe critique au passage Nicolas Sarkozy : «De quel droit nous demande-t-il d'être tolérant avec le terrorisme ?», demande le président colombien.

Alavaro Uribe a toutefois affirmé qu'il «partageait et respectait» la demande de Nicolas Sarkozy adressée au chef de la guérilla des Farc Manuel Marulanda de libérer la franco-colombienne Ingrid Betancourt et les otages qu'il détient.

«Sarkozy réclame la libération d'Ingrid Betancourt. Nous, comme citoyens de Colombie, réclamons la libération de tous les otages», a tenu a affirmer le président colombien. «Nous faisons tout pour éradiquer la pratique de l'enlèvement», a-t-il aussi tenu à préciser.

L'Elysée se montre prudent

Si Alvaro Uribe affime une nouvelle fois qu'il est prêt à procéder à un échange de 45 otages contre 500 guérilleros emprisonnés, il a cependant renouvelé son refus de démilitariser deux municipalités du sud-ouest du pays.

Problème, c’est une exigence préalable des Farc. Via l’agence de presse Anncol, qui leur est proche, un message non attribué l’a rappelé hier : pour obtenir l’échange, «il est nécessaire d'avoir un espace approprié (…), l'évacuation (autrement dit la démilitarisation) de (villages) de Florida et Pradera pendant 45 jours».

Mais ce matin, l'Elysée s'est montré prudent face à cette «réaction attribuée aux Farc». «Pour l'instant nous ne l'attribuons pas à (leur chef) M. Marulanda parce que c'est un message sibyllin, ambigu et surtout anonyme», a déclaré David Martinon, porte-parole de l'Elysée, lors de son point presse hebdomadaire. «Donc il nous est difficile de l'imputer, de l'attribuer très directement à Marulanda», a-t-il ajouté. «Pour nous ça ne vaut pas réponse de Manuel Marulanda, à qui le message est adressé», a encore insisté le porte-parole.

David Martinon a par ailleurs confirmé que des contacts directs ont été établis entre Paris et la guérilla des Farc. «Oui, nous avons des agents qui sont entrés en contact avec les Farc», a-t-il dit. «Ce sont des gens remarquables qui prennent des risques personnels, il est hors de question qu'on en dise plus sur eux».

Sarkozy demande l'aide du président Argentin

Dans un autre communiqué faisant suite à l’intervention de Nicolas Sarkozy, les Farc l’ont appelé a plus d’impartialité. «Une médiation internationale ne doit pas favoriser une partie ou une autre, sous peine de perdre sa crédibilité», dit le mouvement tout en jugeant «louable» l'initiative du président. «Mais un échange est un échange. Tout accord international sur ce sujet doit le reconnaître», ajoutent les Farc.

Ces mises en garde des Farc n’ont pas empêché Nicolas Sarkozy de demander hier l'aide de son homologue argentin Nestor Kirchner pour obtenir la libération d’Ingrid Betancourt. «Pour atteindre mon objectif, j'ai l'appui de tous les Français. J'ai également besoin de votre soutien. Je vous en serais, tout comme l'ensemble de mes compatriotes, très reconnaissant», écrit le président français dans une lettre en espagnol, traduite par l'AFP.

La publication de cette lettre intervient à quelques jours de la cérémonie d'investiture de la présidente argentine élue, Cristina Kirchner, épouse du président actuel, qui prend lundi ses fonctions.

lundi 17 décembre 2007

Ortega accuse Uribe de condamner de fait Betancourt à mort


Le président nicaraguayen, Daniel Ortega, a accusé samedi son homologue colombien Alvaro Uribe de condamner à mort de fait l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt en suspendant les discussions avec ses ravisseurs des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).


La veille, la Colombie avait reproché à Ortega d'avoir traité de "cher frère" le chef des Farc, Manuel Marulanda.

Le Nicaragua et la Colombie se disputent aussi de petites îles dans les Caraïbes.

Accusant son homologue vénézuélien d'outrepasser son mandat, Uribe a mis fin le mois dernier aux efforts de médiation déployés par Hugo Chavez pour tenter d'obtenir la libération de Betancourt et d'autres otages.

"Il (Uribe) condamne Ingrid Betancourt à mort, voilà ce qu'il fait", a dit Ortega lors d'une conférence de presse.

Chavez et Lula signent d'importants accords de coopération


Le président vénézuélien Hugo Chavez et son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ont signé jeudi à Caracas neuf accords de coopération dans le domaine énergétique, industriel et agricole, peu avant un sommet du marché commun sud-américain Mercosur.



Venu pour une brève visite de travail à Caracas accompagné de quelque deux cents hommes d'affaires brésiliens, le président Lula a souligné devant la presse que les relations commerciales de son pays avec le Venezuela, .

Parmi les accords bilatéraux figure la construction d'une raffinerie de pétrole d'une capacité de 200.000 barils de brut par jour dans l'État de Pernambouc (nord-est du Brésil), a précisé M. Chavez.

Le président vénézuélien a également confirmé le projet de la compagnie publique brésilienne Petrobras d'exploiter un champ de pétrole dans le bassin de l'Orénoque, au Venezuela, où 100.000 barils de brut lourd doivent être extraits par jour.

Les deux présidents ont signé ces accords quelques jours avant le prochain sommet du Mercosur, prévu les 17 et 18 décembre à Montevideo. Le Venezuela a rejoint en 2006 ce marché commun sud-américain, mais son adhésion ne sera pas pleine tant que les parlements du Brésil et du Paraguay ne l'ont pas ratifiée.

L'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay sont membres du Mercosur, le Chili y a un statut d'observateur.

Le Brésil est le troisième partenaire commercial du Venezuela qui a importé des biens et services brésiliens pour 3,8 milliards de dollars entre janvier et octobre 2007, soit 29% de plus que pour la même période de l'année précédente.

En revanche, les importations du Brésil provenant du Venezuela n'ont atteint que 296 millions de dollars, en baisse de 44% par rapport à 2006.

Hugo Chavez fait livrer du fuel gratuitement dans des quartiers défavorisés des Etats-Unis


Le président vénézuélien Hugo Chavez a fait livrer vendredi du fuel gratuit à des habitants de quartiers défavorisés de New-York. C'est la troisième année consécutive que la compagnie pétrolière Citgo Petroleum offre son précieux combustible à des Américains pauvres. "C'est un cadeau qui va du coeur du peuple vénézuélien au coeur du peuple américain", a déclaré le président de la compagnie, Alejandro Granado. Le programme prévoit de livrer 380 litres de fuel à plus de 200'000 familles défavorisées américaines, dans 23 Etats, soit une dépense de plus de 100 millions de dollars.

Curieux "Dictateur", Hein, Mâme Chabot?



Dans "Le Journal du Dimanche" de ce matin, Michèle Stouvenot (dont la cocasserie déclenche dans le cours des repas de famille dominicaux d'irrépressibles fous rires, car chacun(e) y va au dessert de sa michèlestouvenoterie) consacre naturellement sa tribune au séjour parisien du colonel Kadhafi.

(Plutôt qu'à la guerre sociale où s'est lancé le gouvernement.)

Non moins naturellement, elle en profite pour caqueter que Chavez, Hugo, est un (abominable) "dictateur".

Ainsi va dans ce pays la presse dominante, qui ment et qui, jour après jour, substitue sa vérité à la réalité.

"Les dictateurs ne savent pas se tenir", écrit Michèle Stouvenot.

(Rires.

Sacrée Michèle.

Comment qu'elle est caustique.)

La preuve: "Hugo Chavez, a poussé la chansonnette sur le perron de l'Elysée, (et) Kadhafi a fait chanter notre président'.

(Rires.

Impayable Michèle.)

Dès lors, tu l'auras compris: Chavez = Kadhafi.

Ca n'a l'air de rien, n'est-ce pas?

C'est lâché comme ça, en passant, comme une évidence qui, par définition, n'aurait plus à être démontrée - comme un théorème: Chavez est dictateur comme le sire est triste, et le coquin, fieffé.

C'est devenu un clicheton parmi d'autres: nous sommes prié(e)s de gober, sans (nous) poser de questions, que Chavez est un dictateur.

Or: non.

Dans la vraie vie, qui n'a certes aucune espèce de rapport, même lointain, avec les menteries effrontées des journaleux dominants, le Venezuela est incontestablement une véritable démocratie - où le processus électoral est nettement plus euphorisant qu'aux Etats-Unis, par exemple.

Question à Michèle Stouvenot: est-ce que Chavez a imposé par le haut son projet de réforme constitutionnelle - à la façon de Sarkozy corrigeant par un "mini-traité" le vote qui en 2005 n'a pas eu l'heur de lui plaire?

Ou est-ce que Chavez, en véritable démocrate, a au contraire soumis ce projet à un référendum?

Réponse B: Chavez, en véritable démocrate, a soumis ce projet à un référendum.

Question à Michèle Stouvenot: est-ce que Chavez a gagné ce référendum par la force des baïonnettes, comme l'avait pronostiqué dans "Le Figaro" l'ahurissant Alain-Gérard Slama - qui bien évidemment ne présentera aucune excuse pour avoir si terriblement divagué?

Ou est-ce que Chavez a perdu ce référendum?

Réponse B, derechef: Chavez a perdu son référendum.

C'est d'ailleurs (et ce n'est bien sûr pas (du tout) anodin) l'argument que Nicolas Sarkozy oppose désormais aux journaleux qui du bout des lèvres lui demandent s'il n'en fait pas un peu trop, dans la diplomatie du chéquier tyrannique, et qui, fielleux, mêlent Chavez à Kadhafi et Jintao: "Ah ben dites, hé, mâme Chabot, curieux "dictateur", hein, que ce Chavez, qui organise un référendum, et le perd".

En d'autres termes: les tristes mainates qui dans leurs pauvres canards ne cessent de répéter (après l'avoir lu chez le voisin) que Chavez est un abominable caudillo ouvrent devant Sarkozy un boulevard où il s'engouffre, pour se dédouaner à peu de frais de ses mauvaises fréquentations, en brodant sur le thème: "Ah ben, hé, mâme Chabot, vous dites que j'en fais un peu trop avec les dictateurs, genre Chavez - mais Chavez est pas du tout un dictateur, mâme Chabot, et par conséquent vous ne pouvez pas dire que j'en fais trop avec les dictateurs, CQFD, mâme Chabot".

C'est pervers, hein?

Mais ça marche.

(Sarkozy n'a soumis aucune de ses (laides) "réformes" à un référendum.

Sarkozy, au contraire, saute à pieds joints sur l'expression (démocratique) de notre volonté majoritaire, quand elle n'est pas conforme à ses desseins: il rectifie ainsi par son "mini-traité" notre NON d'il y a deux ans - et naturellement nous sommes fondé(e)s à supposer que le procédé fera jurisprudence.

D'une certaine manière, c'est une atteinte assez velue à la démocratie - pas vrai?

(Est-ce que tu imagines ce que diront nos journaleux, si Hugo Chavez fait demain la même chose?)

Mais, tu as noté: quand Sarkozy fredonne un air (entraînant) de son copain Johnny, Michèle Stouvenot s'abstient de lancer de la bonne grosse vanne sur le gars qui "pousse la chansonnette sur le perron de l'Elysée".

(Rires.

Cette Michèle, quand même.))





PS (qui n'a rien à voir).
Salut et merci à celles et ceux de La Gryffe: "A bien marré hier souar".

jeudi 13 décembre 2007

MARADONA SOUHAITE SE FAIRE TATOUER LE PORTRAIT DE CHAVEZ


L'ancien international argentin Diego Maradona, légende du football, souhaite ajouter un portrait du président vénézuélien Hugo Chavez à sa collection de tatouages à l'effigie d'illustres révolutionnaires.

"J'aimerais vraiment avoir une espèce de tatouage Chavez", a-t-il déclaré mercredi à la presse à l'occasion d'un match de gala.

Le promoteur de la "révolution bolivarienne" viendrait ainsi rejoindre le guérillero argentin Ernesto "Che" Guevara et le dirigeant cubain Fidel Castro, respectivement visibles sur l'épaule droite et la jambe gauche du "Pibe de Oro", que certains considèrent comme le plus grand joueur de l'histoire.

mercredi 12 décembre 2007

Chavez change l'heure au Venezuela



Les 27 millions de Vénézuéliens se sont réveillés dans un nouveau fuseau horaire hier matin - et cela n'a rien à voir avec le changement d'heure automnal ou la dérive des continents.
Quelques jours après avoir encaissé une défaite référendaire crève-coeur, le président Hugo Chavez vient d'ordonner un changement d'heure au Venezuela, en créant un nouveau fuseau horaire établi 30 minutes plus tôt que l'ancien.

Selon Chavez, cette modification permettra aux écoliers de se lever en même temps que le soleil, et leur donnera quelques minutes additionnelles de clarté après la fin des cours. «C'est une mesure qui a des bienfaits pour toute la population, c'est prouvé scientifiquement», a-t-il déclaré.

C'est d'ailleurs le ministre des Sciences et de la Technologie, Hector Navarro, qui a fait le point sur le changement d'heure dimanche. «Le cerveau humain est conditionné par la lumière du soleil», a-t-il dit, durant un long discours visant à expliquer le changement.

La décision de Chavez place le Venezuela à 30 minutes de ses voisins, ce qui isole davantage le pays et pose une multitude de problèmes pour les Bourses et les échanges internationaux.

Selon le président de l'Association des lignes aériennes du Venezuela, Roberto Pulido, le geste de Chavez donne du fil à retordre aux compagnies aériennes et aux voyageurs.

«Le changement va affecter plusieurs vols, et plusieurs compagnies aériennes n'ont pas encore changé leur horaire. Cela va entraîner des coûts additionnels, parce qu'il faut mettre à jour tous nos systèmes», a-t-il dit.

La décision de créer un nouveau fuseau horaire a été accueillie plutôt froidement dans les rues de Caracas, où les habitants se sont dits étonnés de la démarche du président. «C'est typique de Chavez de vouloir changer des choses pour rien, a confié une ménagère de Caracas au journal local El Universal. Notre président aime montrer qu'il est le patron. Je pense que le changement d'heure ne fera aucune différence dans la vie des enfants ou de quiconque», a-t-elle dit.

Annoncée par décret le 27 novembre, la nouvelle du changement d'heure était passée largement inaperçue au Venezuela, où la question du référendum constitutionnel demandé par Chavez dominait l'actualité. Ce n'est qu'en fin de semaine que les journaux y ont donné de l'importance.

Le changement d'heure survient au moment où Chavez durcit le ton envers ses opposants, qui ont remporté une victoire à l'arraché lors du référendum du 2 décembre.

Ayant d'abord accepté sa défaite avec honneur et résignation, Hugo Chavez a semblé plus combatif la semaine dernière, accusant ses opposants de «ne pas savoir quoi faire de leur victoire» et affirmant son désir de gouverner «de manière plus autoritaire» à l'avenir.

«Vous avez une dette envers moi», a dit Chavez, s'adressant au peuple vénézuélien, qui l'a «laissé tomber» lors du référendum où il cherchait à acquérir plus de pouvoirs.

Chavez doit écouter la base


Entretien avec Stalin Pérez Borges

Interrogé par Aporrea sur les résultats du référendum du dimanche 2 décembre 2008, le Coordinateur National de l'Union Nationale des Travailleurs (UNT) et éditeur du journal MAREA Clasista y Socialista, Stalin Pérez Borges, a tiré un premier bilan sur ce qui s'est passé. Il expose aussi les propositions qui sont débattues dans son secteur syndical et ouvrier; propositions qui font partie intégrante du débat qui se déroule au niveau des travailleurs et du peuple qui soutient le «processus bolivarien».

Quelles sont vos premières réflexions sur les résultats de dimanche ?

L'opposition et la droite vont tenter d'utiliser leur triomphe pour s'opposer plus à fond au processus révolutionnaire et à toute tentative d'avancer vers le socialisme. L'écart entre les votes était faible, mais ce résultat – obtenu de justesse ou que l’on pourrait qualifier de victoire à la Pyrrhus – leur donne toutefois plus de confiance et leur permet de croire qu'ils vont pouvoir gagner contre Chavez en d'autres occasions, afin de vaincre et mettre un terme au processus révolutionnaire entamé depuis 1989 [allusion au caracazo : soulèvement populaire de février 1989 contre la politique d’austérité du social-démocrate Carlos-Andrés Pérez]. L'opposition et la droite vont essayer de profiter d'une possible crise dans les rangs bolivariens ou d'en provoquer une. Mais même si les critiques peuvent entraîner un tel danger, il est indispensable, pour nous qui sommes engagés dans ce processus, de les formuler.

Les fonctionnaires du gouvernement et du Comando Zamora [du nom d’un des dirigeants révolutionnaires de la guerre fédérale qui dura de 1859 à 1863; se trouve à la tête de cette structure qui a mené la campagne électorale Jorge Rodriguez, l’actuel vice-président du Venezuela] sont très contestés par les bases de la révolution, et je suppose également par le président Chavez.

De toute manière, nous voyons que beaucoup de compatriotes qui ne sont compromis dans aucun secteur du pouvoir souhaitent fermement la poursuite et l'approfondissement du processus.

J'espère que la base du PSUV [Parti socialiste uni du Venezuela, lancé par Chavez en avril 2007 et auquel ont adhéré les membres de MAREA Classista, comme courant politique] et des mouvements sociaux feront beaucoup de propositions pour sortir de cette situation difficile. Je crois qu'il est nécessaire que Chavez – qui est certainement en train de réfléchir en ce moment à ce qu'il faut faire – se mette à l'écoute de la base et des véritables directions, qui doivent prendre un rôle actif pour la mise en œuvre d'un changement profond.

Pourquoi dites-vous que le Comando Zamora est contesté ?

Pour plusieurs raisons. D'une part, il a conservé une attitude triomphaliste jusqu'au dernier jour de la campagne, et cette équipe est restée à l'écart de la situation réelle que vivait le pays. C'est ce qui se passe lorsque les autorités et les individus qui ont le pouvoir de décider, mais qui ne reflètent que leurs propres milieux, au lieu de refléter les sentiments réels de la base, visent à consolider leurs positions. Par ailleurs, aucune des grandes organisations sociales engagées dans le processus n'a été consultée lorsque le Comando Zamora a été constitué, ni plus tard, lorsqu'il a commencé à fonctionner. Les vrais dirigeants de la base, qui se trouvent dans le PSUV, n'ont pas été écoutés. En ce qui concerne le mouvement syndical, par exemple, seuls deux représentants de la FSBT [Front socialiste bolivarien du travail] ont été inclus, alors que cette fédération représente le courant le plus contesté et le plus bureaucratique.

Dans ces conditions était impossible de bien organiser la campagne, de manière à ce qu'elle reflète réellement les opinions et les sentiments de la base. Beaucoup de ceux qui étaient à la tête de la campagne du OUI agissaient de manière tellement bureaucratique, du haut de leurs fonctions, qu'il leur a été impossible de convaincre toute une partie de la base même des partisans de Chavez de voter en faveur du OUI.

Ne trouvez-vous pas que les militants du PSUV ont également joué un rôle très actif dans la campagn ?

Je pense effectivement que la majorité des militants se sont engagés. Et je profite de votre question pour saluer et féliciter les porte-parole, délégués et militants honnêtes du PSUV qui pendant tous ces mois, et surtout pendant la dernière étape de la campagne, se sont sacrifiés au quotidien pour que le OUI l'emporte. On a pu voir cela dans tout le pays, ce qui a été très positif.

Dans ma remarque précédente, je faisais plutôt référence au fait que dans un certain sens, le Comando Zamora a coupé les ailes à cette force et à cette capacité d'initiative de la base, ne lui permettant pas de prendre leur envol.

C'est ainsi qu'ils ont conservé les rôles d'organisation et de décision pour des couches restreintes au sommet, alors qu'en bas la base se démenait sans avoir accès ni aux décisions ni aux interventions sur le déroulement de la campagne. C'est cela qui ne va plus. Et la lamentable défaite de dimanche doit au moins servir à lancer un débat en vue de susciter un changement profond.

Le Congrès du PSUV va démarrer en 2008. Cet événement devrait devenir un espace démocratique, où chacun aura l'entière liberté de donner son avis, de proposer et d'exprimer des divergences. Les délégués, les porte-parole, doivent être les véritables acteurs de l'organisation de ce Congrès. C'est ce que nous proposons depuis MAREA Clasista, pour éviter la répétition de ce qui s'est passé avec le Comando Zamora.

Chavez a déclaré qu'il fallait travailler davantage, que nous ne sommes pas encore mûrs pour le socialisme, que ce n'était peut-être pas le bon moment pour introduire la réforme. Quel est votre avis à ce sujet ?

Chavez est en train d'assumer dignement la défaite de dimanche. Il va sûrement recevoir toutes sortes de conseils, y compris de la part des lobbies et de différents groupes d'intérêt.

En ce qui concerne le socialisme, nous ne pouvons ignorer que nous avons été plus de 4 millions de personnes à l'avoir accompagné en votant OUI. C'est une quantité importante et solide. Mais il est également évident que la propagande médiatique de la droite a convaincu un secteur de la base chaviste. Ce qui montre bien la faiblesse d'un secteur qui n'a pas non plus appuyé les propositions allant dans le sens d'une plus grande concentration de pouvoirs sur le Président. Nous avions tiré la sonnette d'alarme sur cet aspect dans un document que nous avons présenté à l'Assemblée Nationale. La désignation de vice-présidents depuis Miraflores [palais présidentiel], le fait d'augmenter le pourcentage de voix nécessaire pour la convocation de différents types de référendums et d'autres articles allant dans le même sens n'ont pas convaincu. Ces propositions ont donné des arguments en faveur la campagne menée par la droite.

Mais, pour revenir au thème du socialisme, je crois que le pire que nous puissions faire est d'accuser le peuple [de ne pas être prêt pour le socialisme]. Hier je lisais dans Aporrea qu'un compatriote avait écrit: «ceux qui ne sont pas prêts pour le socialisme, ce sont les fonctionnaires» et je suis totalement d'accord avec cette déclaration.

Le Président peut bien expliquer l'importance du socialisme à longueur de journée, mais les gens du peuple ne vont pas comprendre cela de manière abstraite. Il y a toute une série de contradictions qui font qu'un secteur important de la population est agacé et finit par ne plus voir l'intérêt d'aller voter pour les propositions de réforme. En effet, on leur parle de socialisme mais ils voient des fonctionnaires qui roulent en Hummer [voiture quatre-quatre qui est un dérivé de l’engin militaire américain]; ils voient que le Ministre du Travail [José Ramon Rivero] et son inspectorat frappent les syndicalistes qui ne sont pas favorables à leur courant, sans se soucier du coup que cela porte aux droits collectifs des travailleurs; ils continuent à vivre à flanc de colline [dans les «bidonvilles»], dans la précarité et sans lait pour les gamins. Tout cela fait qu’un grand secteur s’est fâché et a fini par ne pas aller voter pour les propositions de réformes constitutionnelles; d'autant que personne n'a pris le temps de leur bien expliquer ce que cela signifiait; en tenant compte de cela, on ne peut pas en conclure qu’ils n’auraient pas terminé par rejoindre le projet socialiste.

Pour aborder un autre thème, que proposez-vous de faire avec les mesures sociales contenues dans le projet de réforme ?

Nous avons accompli un énorme effort dans la campagne pour le OUI. Nous avons organisé un Acto Internacional le 28 novembre 2007, sans compter, durant les derniers jours, une série d'autres activités comme des communiqués de presse et des visites de régions, tout cela justement parce que nous étions conscients de l'importance des avancées sociales contenues dans la proposition de réforme.

Maintenant, nous pensons qu'il est très important d'avancer rapidement pour concrétiser ces avancées sociales, justement parce que si la révolution a permis d'avancer, il reste encore toute une série de problèmes sociaux à résoudre et la base a besoin de réponses et de solutions.

Nous appelons tous les travailleurs et travailleuses, tout le peuple pauvre du pays, à se mobiliser avec nous sur des revendications telles que les six heures de travail par jour, la régularisation des travailleurs informels [dans le sens de leur insertion dans le système de sécurité social, etc.], la mise en place de la rétroactivité des prestations sociales, les revendications relatives au pouvoir populaire, la garantie pour les familles de leur logement principal, pour ne citer que quelques exemples.

Ces mesures pourraient être appliquées par le biais de la Ley Habilitante [loi présentée en janvier 2007 et permettant de donner force de loi à des décrets présidentiels, cela pour une période se limitant à 18 mois] ou par toute autre voie qui bénéficierait du soutien populaire.

Sur ces questions nous ne pouvons accepter le sabotage de la droite. Celle-ci voudra maintenant lier les mains à Chavez – lequel ne peut pas non plus permettre de se laisser entraver – ou d'assujettir certaines de ces mesures à un quelconque accord avec le patronat, comme propose de le faire Fedecamaras [organisation patronale] en ce moment.

Des organisations sociales comme les nôtres sont déjà en train de débattre de ces questions. Certaines proposent de récolter massivement des signatures sur certains de ces thèmes pour leur donner un soutien populaire. Il convient que nous cherchions tous ensemble la voie, mais l'objectif doit être de légaliser et d'appliquer les conquêtes sociales dont nous avons besoin.

Certains problèmes resteront en suspens, mais nous ne pouvons nous permettre d'afficher de la faiblesse. L'accaparement de nourriture et de lait et d'autres sabotages est déjà perpétré et ils pourraient se multiplier pour tenter d'affaiblir le processus. Il faut que nous interrompions cela en mettant entre les mains des Conseils communaux les entreprises accapareuses, car la vie et l'alimentation de la population sont une priorité.

Pour revenir à la question du bilan, comment résumeriez-vous ce qu'il faut faire maintenant ?

En premier lieu il faut ouvrir un débat approfondi et large dans la base auquel devraient prendre part les dirigeants classistes et populaires, les porte-parole et les délégués du PSUV, les mouvements sociaux. Je suis sûr que tous ces secteurs pourraient fournir les meilleures solutions et propositions à débattre avec le Président.

Hier j'ai vu le débat de l'Assemblée Nationale (AN) où même Tascon [Luis Tascon, ancien dirigeant du principal parti politique soutenant Chavez : le MVR – Moivimiento V (Quinta ) Republica – qui a adhéré au PSUV; Tascon en a été exclu en novembre 2007] a dénoncé, à juste titre, le fait que dans le PSUV qu'il y ait des exclusions et des élites de pouvoir.

Mais ce débat ne doit pas se limiter à l'AN. Il faut être clair, les secteurs de l'Etat et du gouvernement chargés des tâches et des décisions présentent de mauvais bilans et portent une lourde responsabilité dans la défaite subie, et il faut donc qu'ils partent.

Les ministres, par exemple, en sont le premier maillon. Les syndicalistes de base veulent un changement urgent dans le Ministère du travail, parce que c'est lui qui est à l'origine de tant d'abus, y compris des agressions contre des syndicats ou la méconnaissance de directives démocratiquement votées. Il en va de même pour d'autres secteurs. Nous proposons donc à tous les compatriotes qui ont pris part honnêtement et de manière conséquente au processus que nous participions ensemble à un débat.

Nous devrions organiser des forums et rassembler des propositions, et que nous les présentions ensuite à Chavez, qui a maintenant la responsabilité d'écouter attentivement. Nous devons également nous maintenir dans la rue pour obtenir de nouvelles conquêtes et rester alertes face à toute tentative de l'opposition.

Pour conclure, que pouvez-vous nous dire sur la situation syndicale ?

Nous traversons indubitablement un moment difficile. D'une part, le Ministre du Travail et la FSTB essayent de liquider l'Union Nationale de Travailleurs [UNT]. Par ailleurs, les secteurs syndicaux qui l'animent n'arrivent pas encore à coordonner leur fonctionnement et leurs actions. Nous devons nous réunir pour trouver un accord qui permette à l'UNT de fonctionner et pour et organiser rapidement les élections. C'est surtout nous qui devons nous atteler à cela, les secteurs qui avons agi unitairement en juillet: notre courant, la CTR (Comité des travailleurs révolutionnaires), les éducateurs bolivariens, les secteurs syndicaux du PC (Parti communiste), la CUTV (Centrale unitaire des travailleurs vénézuéliens). J'insiste sur le fait qu'il faut que nous prenions position de manière à pouvoir démarrer la nouvelle année avec un processus de réorganisation, de légitimation et d'unité syndicale entre tous les secteurs qui sommes partie prenante du processus révolutionnaire.

Depuis MAREA Clasista et des composantes de CCURA (Courant classiste, unitaire, révolutionnaire et autonome de l’UNT), nous allons entamer une ronde de dialogue avec tous ces secteurs pour échanger des opinions sur ces questions. (Traduction A l’Encontre)

(12 décembre 2007)

lundi 10 décembre 2007

Sept pays d'Amérique latine créent une alternative aux institutions financières internationales avec la Banque du Sud





Le vénézuélien Hugo Chavez et les chefs d'Etat de six autres pays d'Amérique latine ont fondé dimanche une nouvelle banque de développement régionale censée faire concurrence aux institutions financières internationales existantes, considérées comme trop influencées par Washington.

Avec sept milliards de dollars de capital initial, ses partisans estiment que la Banco del Sur, ou Banque du Sud, pourra proposer des prêts aux pays sud-américains à des conditions moins strictes que celles imposées par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque de développement interaméricaine.

Les dirigeants argentin, bolivien, brésilien, équatorien, paraguayen, uruguayen et vénézuélien ont signé l'acte fondateur lors d'une cérémonie dimanche à Buenos Aires, présidée par le chef d'Etat argentin Nestor Kirchner et son épouse Cristina Fernandez, qui héritera de son poste lundi

vendredi 7 décembre 2007

Venezuela: après son échec, Chavez affirme qu'il partira, mais pas sa révolution


Après l'échec de sa réforme, le président socialiste du Venezuela, Hugo Chavez, affiche un esprit de revanche, affirmant que la fin se son dernier mandat en 2013 ne sera pas celle de "sa révolution".

Malgré sa défaite, M. Chavez, un allié proche de Cuba qui entretient des relations exécrables avec les Etats-Unis, n'a pas l'intention de changer le "cap politique et économique de la révolution".

Il a tancé ses militants qui n'avaient pas voté en sa faveur au référendum. "Vous avez une dette envers moi, avec la patrie, avec l'avenir", a-t-il lancé lors d'un discours jeudi devant des milliers de partisans, à Caracas.

La réforme, rejetée par 51% des voix dimanche, aurait conféré au chef de l'Etat, si elle avait été acceptée, le droit se présenter indéfiniment à la présidentielle, alors qu'il est actuellement frappé par la limitation des mandats.

"La réforme n'a pas été approuvée, donc je dois quitter le gouvernement en 2013 et travaillerai sans relâche jusqu'au dernier jour", a concédé M. Chavez, dont le ton acerbe égratigne son image de beau joueur, forgée après le scrutin.

Au lendemain de sa diatribe contre la "victoire de merde" de ses opposants, le pays s'interrogeait jeudi sur les intentions du président, élu depuis 1999 à la tête de ce pays riche en pétrole.

"On a pu croire d'abord qu'il avait opéré un repli stratégique, mais il donne désormais l'impression de vouloir passer en force", estime le politologue Ignacio Avalos, dans un entretien à l'AFP.

Ce professeur à l'Université centrale du Venezuela (UCV), qui a supervisé le scrutin du référendum pour une ONG appelée "Ojo electoral" (oeil électoral), estime que M. Chavez n'en a "visiblement pas tiré les leçons".

Son mutisme de plusieurs heures, au soir du scrutin, alimente une forte polémique au Venezuela, où une partie de la presse l'accuse de n'avoir admis sa défaite que sous la contrainte des généraux.

Ex-proche de M. Chavez et nouveau leader de l'opposition, l'ancien général Raul Baduel, qui jouit d'un certain prestige dans l'armée, a mis jeudi en garde le régime contre sa volonté de "confisquer" la victoire du "non" au référendum.

Dans son éditorial, le quotidien El Universal, qui a fait campagne contre lui, estime que Chavez "continue sa fuite en avant, incapable d'assimiler ce que le pays a voulu lui dire".

Plusieurs témoins ont raconté dans la presse que le président, convaincu de sa victoire, était sonné et furieux après sa défaite, accusant son entourage de l'avoir "trompé" et "menti" sur la situation.

"Au lieu de se reconnecter avec le pays, il persiste. Il n'écoute pas les gens qui l'alertent sur la pénurie d'aliments ou l'insécurité. Comme si c'était un problème mineur pour ses grands desseins", souligne M. Avalos.

Appelant le pays à "s'emparer de son initiative et à la modifier afin de faciliter sa compréhension", le président vénézuélien a fait implicitement allusion à une pétition populaire pour remettre en selle sa réforme.

La loi stipule en effet qu'une réforme constitutionnelle doit être mise à l'étude, si une pétition en ce sens recueille au moins 15% de l'électorat, soit 2,4 millions de personnes.

Disposant jusqu'à la mi-2008 des pleins pouvoirs, octroyés par le parlement, M. Chavez pourrait aussi convoquer un scrutin, en vue d'élire une assemblée constituante, chargée d'établir une nouvelle Constitution.

"Son problème, c'est qu'il ne prend pas le temps de réfléchir. C'est une machine de travail qui dort peu, s'alimente mal, fume et boit beaucoup de café", confie à l'AFP, sous couvert d'anonymat, le proche d'un ex-ministre.

mardi 4 décembre 2007

Hugo Chavez: la paradoxale défaite des néoconservateurs



Par Gaël Brustier (Chercheur en sciences politiques)

Dans quel camp est la déception après la victoire du non à la réforme constitutionnelle préconisée par Hugo Chavez? Avec près de 51% des voix et 4,5 millions de voix, l’opposition vénézuelienne profite à la fois de la démobilisation des Chavistes qui étaient sur le pont depuis neuf ans et d’une stratégie légaliste impulsée par Teodoro Pettkoff, ancien ministre du gouvernement de droite de Rafaël Caldera.

A l’extérieur du pays, un certain nombre de détracteurs du président Chavez doivent pourtant être embarrassés. Leur schéma de pensée les avait incités à présenter ce référendum comme "joué d’avance" et comme une étape dans la "dérive totalitaire" du "dictateur populiste". A-t-on déjà vu un dictateur perdre une élection à 300000 voix? A ce compte, beaucoup de pays aimeraient avoir un dictateur comme Hugo Chavez!

Pas de nouvelle étape dans la Révolution bolivarienne

Les raisons de la défaite de la gauche vénézuélienne sont multiples. D’abord, les Vénézuéliens sont très satisfaits de la Constitution de 1999. Il est rare de parcourir un pays dans lequel les plus humbles peuvent citer les articles de leur Constitution et les invoquer face aux autorités locales pour faire respecter le droit social, environnemental ou les libertés individuelles.

La Constitution "bolivarienne" de 1999 avait été abrogée par Pedro Carmona lors de son éphémère coup d’Etat d’avril 2002. L’opposition d’alors vouait aux gémonies ce texte constitutionnel, censé donner le pouvoir aux "singes", c'est-à-dire aux noirs et aux pauvres (qui sont souvent curieusement les mêmes).

Le pays est d’ailleurs plutôt satisfait de son sort: 42% des Vénézuéliens pensent que la situation présente est meilleure qu’il y a deux ans, 23% pensent qu’elle est identique et 31% pensent que la situation s’est détériorée. Dans ce contexte, il était audacieux de la part d’Hugo Chavez de vouloir proposer d’aller plus loin…

D’autant que la première préoccupation des citoyens vénézuéliens est, pour 51% d’entre eux, l’insécurité, endémique il est vrai. La réforme de la police (divisée depuis le gouvernement Carlos Andrés Pérez en plus de 110 polices locales) devrait, théoriquement, permettre d’y remédier mais, en attendant d’éventuels progrès, les citoyens ont appliqué un principe de précaution: pas de nouvelle étape dans la Révolution bolivarienne sans avoir réglé les problèmes concrets des citoyens…

Les modérés sortent de leur réserve

Près de 58% sont néanmoins satisfaits de l’état du pays, on pourrait donc se demander pourquoi le non l’a emporté… Un indice permet de saisir ce qui s’est passé ce dimanche 2 décembre au Venezuela: le taux de "modérés" dans la société a bondi de 6 points en un an quand celui des "chavistes" et des "anti-chavistes" a décru sensiblement.

La position du Général Baduel, longtemps proche de Chavez, défenseur de la Constitution de 1999 mais hostile à l’actuelle révision, a encouragé ces "modérés" à rester chez eux. Dans le même temps, les chavistes, mobilisés en permanence et un peu las, se sont moins rendus aux urnes pour une élection qui leur semblait acquise… L’opposition s’est, quant à elle, puissamment mobilisée.

On peut voir le processus social au Vénézuela comme un lent processus de pacification des relations internes après des siècles d’économie coloniale et de domination d’une caste blanche. Voilà au moins une "révolution" qui ne fait pas couler le sang… De quoi faire peur à plus d’un!

Savonarole déconfit

Qui est perdant en effet? Hugo Chavez a perdu le référendum, c’est indéniable et, au fond, ce n’est pas grave pour lui ni pour son pays. Mais ses détracteurs du Nord sont eux-mêmes embarrassés. Une gauche radicale de gouvernement au pouvoir, ce n’est pas forcément la dictature! Cette démonstration électorale gêne ceux qui professent une inébranlable foi dans une vision néoconservatrice du monde.

Les "néocons" ont en effet des airs de Savonarole déconfit. Pour eux, il ne peut y avoir de soutien critique à Chavez puisque, par amalgames, ils n’hésitent pas à le comparer à Ahmadinejad (au motif que des accords industriels ont été signés entre l’Iran et le Vénézuela), expliquant ainsi que Chavez est antisémite (donc nazi). Ce faisant, quelqu’un qui manifeste son soutien à la Gauche vénézuelienne ou qui critique l’hyper-puissance américaine devient un nazi qui s’assume plus ou moins…

Cette vision manichéenne du monde, professée par d’anciens gauchistes passés à droite (André Glucksmann en France notamment) dont la violence verbale laisse pantois, doit faire place à l’analyse et à la critique. Analyse de l’évolution de l’Amérique latine, cet "extrême-Occident" qui vit joyeusement et crânement sa nouvelle insoumission au Nord. Critique du rapport malsain et de l’inconscient colonial que nous entretenons toujours ici, en Europe, avec le Sud… Le temps des colonies est fini. Au Sud, tout le monde le sait. Au Nord, on feint encore de l’ignorer…

La défaite d'Hugo Chavez accélère la recomposition de l'opposition vénézuélienne


eureux ou abattus, tous fatigués par la longue nuit électorale, les Vénézuéliens débattaient, lundi 3 décembre, des conséquences de la première défaite électorale d'Hugo Chavez en neuf ans de pouvoir. "Nous avons démontré qu'Hugo Chavez n'est pas imbattable", jubile Xiomara, étudiante en droit à l'Université centrale de Caracas. A 1 heure, en pleine nuit, elle a explosé de joie en apprenant la courte victoire du "non" au référendum sur le projet de réforme constitutionnelle. "Nous avons perdu une bataille, mais nous avons remporté une victoire morale", soupire de son côté Olga Velazquez, assistante sociale.



Dans l'après-midi, le chef de l'Etat - qui s'exprime par téléphone sur une télévision - admet une erreur d'appréciation "stratégique" de sa part. "Nous ne sommes peut-être pas mûrs pour entamer un projet socialiste sans peur. Le Venezuela n'était pas prêt pour le socialisme", explique-t-il. Il rappelle que 3 millions d'électeurs - sur les 7,2 millions qui avaient voté pour sa réélection en décembre 2006 - se sont abstenus dimanche. Entre-temps, l'opposition a gagné 300 000 voix. "Plus que la progression de l'opposition, c'est l'abstention qui a pénalisé le chef de l'Etat", confirme Jose Vicente Gil, de l'institut de sondage Datanalisis. Les "chavistes critiques", qui ne voulaient pas de la réforme, sont restés chez eux.

Dans les rangs des militants chavistes, l'heure de l'autocritique a sonné. "Chavez a détruit son propre parti au profit d'un grand parti unifié de la majorité dont personne ne voulait", pointe l'un. "Comment avons-nous laissé les étudiants des universités publiques virer à l'opposition ?", s'interroge un autre. Javier Zambrano, professeur à l'université, juge pour sa part qu'Hugo Chavez, accaparé par ses ambitions internationales, s'est coupé de sa base.


"TROISIÈME BLOC"


Dans les pages du quotidien d'opposition El Nacional, le vice-ministre des relations extérieures, Vladimir Villegas, tire les leçons de l'échec : "On ne peut sous-estimer les dissidences internes, le débat d'idées. Le silence hypocrite fait plus de mal que la critique", dit-il.

Selon le haut fonctionnaire, Hugo Chavez a besoin de gens qui "lui disent les choses en face". "La défaite est saine pour la révolution, affirme M. Villegas. Nous devons toucher les classes moyennes et gouverner pour elles. Comme l'a dit Fidel Castro (à Hugo Chavez), il n'y a pas 4 millions d'oligarques au Venezuela."

Les deux "traîtres" qui avaient appelé à voter "non" au référendum se sont exprimés lundi. Selon Ismael Garcia, député du parti Podemos (social-démocrate), les résultats confirment l'existence d'un "troisième bloc politique", né de la "dissidence qui traverse verticalement toute la société, des classes aisées aux bases chavistes". Pour sa part, le général Baduel, ex-ministre de la défense chaviste, qui avait comparé le projet de réforme à un "coup d'Etat", a appelé de ses voeux un "large pacte social qui mette fin une fois pour toutes à la polarisation du pays".

"Jusqu'à présent, la grande force de Chavez, c'était la nullité de son adversaire. Mais la recomposition de l'opposition et l'apparition de nouveaux leaders sont en train de changer les choses", juge Teodoro Petkoff, opposant et directeur du quotidien Tal Cual. Le leader étudiant Ricardo Sanchez précise : "Nous sommes là pour assurer la relève générationnelle, mais les partis politiques doivent assumer leurs responsabilités historiques."

L'opposition tente d'"administrer la victoire avec mesure", comme Hugo Chavez le lui a suggéré dans la nuit. "Chavez terminera son mandat constitutionnel fin 2012", insiste Manuel Rosales, candidat présidentiel malheureux en 2006. Le maire local de Caracas, Leopoldo Lopez, l'une des figures montantes de l'opposition, explique : "Le "non" n'a gagné que d'une courte marge. Nous ne pouvons ni ne voulons imposer un projet qui l'emporte sur celui du gouvernement. L'heure est à la réconciliation nationale."

Dans le fief de Chavez, le référendum est terminé, pas la révolution


Continue avec Chavez ! «. Le référendum s'est achevé au Venezuela, mais les pancartes ne sont pas près d'être retirées dans le quartier du «23 de Enero» à Caracas, fief du dirigeant socialiste, où ses partisans refusent de se résigner à la défaite.
L'échec du «Comandante» a fait l'effet d'un coup de massue dans cette banlieue misérable où il avait voté dimanche, grand enchevêtrement d'immeubles et masures en brique surplombant la capitale. Ses habitants l'ont toujours plébiscité depuis son élection en 1999.

«Comment les gens ont-ils pu voter contre Chavez ? Je n'arrive vraiment pas à comprendre», affirme à l'AFP Cilia Alfonsa, énergique bout de femme de 66 ans, qui s'occupe d'un centre pour handicapés.

Avant de se ressaisir aussitôt. «Référendum ou non, personne n'arrêtera notre président. Il est là pour toujours», prévient-elle à l'adresse des «traîtres à la patrie».

La réforme socialiste de la Constitution, qu'une très courte majorité de Vénézuéliens ont rejetée dimanche, a profondément divisé le pays, y compris les quartiers pauvres, où vit la moitié de la population.

Devant une barre d'immeubles délabrés, un barbecue de fortune sur lequel grille une poignée de saucisses réunit un petit groupe de riverains, en plein débat sur le référendum.

«Toi, je ne veux plus te voir chez moi. Jamais ! «, lance à un voisin Nora Rojas, 39 ans, après avoir appris qu'il avait voté pour le «non».

«Le président est un homme merveilleux. Ils nous a tellement donné. Et ces idiots l'ont abandonné», confie cette vendeuse, encore vêtue d'un T-shirt de la campagne électorale.

«Pour moi, ce fut un choc. Je n'arrête pas de pleurer depuis. Je ne me sens pas bien», ajoute-t-elle, au bord des larmes.

Cela n'émeut guère Daniel Marero, 44 ans, l'un des habitants à avoir choisi le «non». «J'ai toujours voté pour Chavez et je continuerai. Mais cette réforme, je ne la sentais pas», dit-il.

Selon ce conducteur de transports en commun, la refonte constitutionnelle, qu'il connaît par coeur, risquait de «concentrer trop de pouvoir dans les mains» du chef de l'État, un ex-officier putchiste de 53 ans et grand ami de son mentor cubain Fidel Castro.

M. Chavez, qui a admis que les électeurs n'étaient «peut-être pas mûrs», a remobilisé ses partisans lundi à la télévision officielle, les exhortant à «poursuivre la construction du socialisme».

Le message a été entendu dans ce quartier de plus de 60 000 habitants, qui entretient une longue tradition de lutte sociale et dont le nom (23 janvier) évoque le renversement du dernier dictateur du pays, Marcos Perez Jimenez, en 1958.

«Personne n'a remporté le référendum car les deux camps sont à égalité. Alors la révolution doit continuer comme avant», clame Sergio Reyes, patron d'un comité «chaviste» local, qui réalise des fresques murales à la gloire des grands noms de la gauche latino-américaine.

Ce pharmacien de 64 ans montre avec fierté les innombrables portraits de Chavez, Castro ou du guérillero argentin Che Guevara, qui ont transformé le quartier en un musée vivant. Une des fresques représente la Cène, dans une version remaniée puisqu'on y découvre Jésus entre Mao et Karl Marx.

«En fait, en perdant le référendum, Chavez a gagné. Car il a montré que c'était un vrai démocrate à tous ceux qui l'accusaient d'être un dictateur», assure-t-il.

Fidel Castro a félicité son allié vénézuélien pour sa «dignité» et son «éthique» manifestées en reconnaissant sa défaite électorale de manière «courageuse et sage».

«Cher Hugo: je t'adresse mes félicitations révolutionnaires», a dit le vieux leader de 81 ans, éloigné du pouvoir par la maladie depuis 16 mois, dans un message diffusé lundi soir à la télévision cubaine.

lundi 3 décembre 2007

Premier revers électoral pour Hugo Chavez



A une courte majorité, Hugo Chavez a perdu sur le referendum constitutionnel .Il s'est incliné devant le verdict des urnes.

dimanche 2 décembre 2007

Référendum au Venezuela : fermeture officielle des bureaux de vote


Les bureaux de vote ont officiellement fermé dimanche au Venezuela après un référendum sur la réforme constitutionnelle lancée par le président Hugo Chavez , visant à instaurer un Etat socialiste et à renforcer ses pouvoirs, ont annoncé les autorités.
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Toutefois, la loi électorale autorise la poursuite des opérations de vote dans les bureaux où de longues files d'attente n'ont pas permis à l'ensemble des électeurs d'avoir accompli leur devoir civique.

"Une fois de plus, le Venezuela a montré au monde entier qu'il était un pays démocratique", a déclaré la présidente du Conseil national électoral Tibisay Lucena, se félicitant de la forte participation.

Quelque seize millions de Vénézuéliens étaient invités à choisir d'adopter ou non cette réforme , qui autoriserait M. Chavez à se présenter sans limite de mandats à la présidentielle et à censurer la presse en cas de crise.

Venezuela: "Hitler pourrait être le patron de CNN", estime Chavez


Le président vénézuélien Hugo Chavez a accusé CNN de fascisme, en affirmant samedi que "Hitler pourrait être le patron" de la chaîne américaine.

"Hitler pourrait être le patron de CNN", a déclaré M. Chavez, qui accuse la chaîne d'avoir lancé un "appel au meurtre" contre lui, avant le référendum de dimanche sur sa réforme constitutionnelle.

Le régime vénézuélien accuse CNN d'avoir lancé un appel au meurtre contre le chef de l'Etat, alors que la chaîne d'information américaine a invoqué une erreur technique.

Durant la conférence de presse, M. Chavez a montré le reportage incriminé de la chaîne, diffusé il y a quelques jours et consacré à la crise diplomatique entre le Venezuela et la Colombie. Les images des deux dirigeants apparaissent accompagnées d'un bandeau portant l'inscription "qui l'a tué ?".

"Qui peut croire que c'est une erreur", a affirmé le président, en montrant également une émission de CNN, où sa photo est juxtaposée à celle du terroriste Ben Laden dans le fond de l'image derrière le présentateur.

M. Chavez, qui a accusé les Etats-Unis de mener une "tyrannie médiatique mondiale (...) pour imposer son idéologie au monde entier", a confirmé son intention d'engager des poursuites contre la chaîne d'information.

La direction de CNN, qui s'est excusée après l'incident, a affirmé que le bandeau concernait en fait la mort d'un joueur de football américain et avait été glissé par erreur dans le reportage.

Otages en Colombie : Chavez n'a pas renoncé à sa médiation




Le président vénézuélien Hugo Chavez a affirmé samedi qu'il n'avait pas renoncé à son rôle de médiateur en faveur des otages de la guérilla colombienne des FARC, estimant qu'il pouvait "aider" à leur libération.

"Je n'ai pas fermé la porte et je ne la ferme pas encore, car je crois que je peux aider à libérer" les otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, a déclaré M. Chavez, au cours d'une conférence de presse à Caracas.

M. Chavez a également annoncé avoir reçu une nouvelle lettre du chef des FARC, Manuel Marulanda, dans laquelle ce dernier "n'écarte pas la possibilité de discuter" avec lui au Venezuela.

Le président vénézuélien a également réaffirmé que le chef guérillero était prêt à "accepter de libérer un premier groupe d'otages avant la fin de l'année", si son homologue colombien l'avait autorisé à se rendre en Colombie dans le cadre de sa médiation.

Le 22 novembre, le président colombien Alvaro Uribe avait mis fin à la médiation de M. Chavez, mandaté depuis trois mois pour favoriser un échange dit humanitaire entre 500 guérilleros emprisonnés et un groupe d'otages dont trois Américains et Mme Betancourt.

Le chef de l'Etat vénézuélien avait vivement réagi, en décidant de geler les relations avec la Colombie, excluant d'entretenir "tout contact" avec son président.

"Je crois qu'il n'y a aucune volonté, du côté d'Uribe. Uribe croit pouvoir défaire militairement les FARC, a déclaré M. Chavez, tout en soulignant qu'il ne partageait pas lui-même cette opinion.

En revanche, le dirigeant vénézuélien a estimé que la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avait "rempli sa part" durant la médiation qu'il menait pour obtenir des preuves que les otages étaient toujours en vie.

M. Chavez a ainsi affirmé que les preuves, récemment rendues publiques par le gouvernement colombien, étaient celles que les FARC tentaient de lui faire parvenir.

Il a en outre accusé la France de naïveté pour avoir mis au crédit du gouvernement colombien, et non de sa médiation, la remise de ces preuves.

"Quelqu'un a dit à Paris que les preuves avaient été envoyées par une voie totalement différente (...) Qu'ils ne soient pas ingénus à Paris", a-t-il dit, précisant n'avoir "pas encore repris contact" avec le gouvernement français depuis la suspension de sa médiation.

Référendum au Venezuela : Chavez joue gros



C'est quitte ou double pour le président du Venezuela. Hugo Chavez n'a jamais perdu un seul scrutin depuis son élection en 1999, mais cette fois, le référendum qu'il organise ce dimanche pour réformer la Constitution est risqué. Les tout derniers sondages prédisaient un résultat très serré entre le "oui" et le "non".

La réforme, qui prévoit pas moins de 69 amendements, vise avant tout à permettre à Hugo Chavez de briguer autant de mandats présidentiels qu'il le voudra dans l'avenir. Le président vénézuélien a dramatisé l'enjeu du référendum. Il accuse les Etats-Unis de favoriser la contestation et menace de stopper leur approvisionnement en pétrole.

Jeudi dernier, l'opposition à la réforme constitutionnelle a organisé sa plus importante démonstration de force. Les défenseurs des droits de l'Homme ont aussi donné de la voix car l'une des nouvelles mesures voulues par Chavez devrait permettre de censurer les médias.(notamment lorsqu'ils lancent des appels au meurtre).

samedi 1 décembre 2007

Otages en Colombie: "ici, nous vivons comme des morts" écrit Ingrid Bétancourt


Ici nous vivons comme des morts", raconte l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, détenue depuis plus de cinq ans par la guérilla colombienne des Farc, dans une lettre à sa famille, selon des extraits diffusés samedi à la presse.

"Je vais mal physiquement. Je ne me suis pas réalimenté, j'ai l'appétit bloqué, les cheveux me tombent en grandes quantités", dit l'otage dans une lettre de 12 pages adressée à sa mère Yolanda Pulecio et dont des extraits ont été diffusés samedi à Paris par les comités de soutien à Ingrid Betancourt .

"J'aime la France avec mon coeur, car j'admire la capacité de mobilisation d'un peuple qui, comme disait Camus, sait que vivre, c'est s'engager", dit-elle plus loin. "Toutes ces années ont été terribles mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans l'engagement qu'ils nous ont apporté à nous tous qui ici, vivons comme des morts", ajoute-t-elle.

La lettre fait partie des preuves de vie des otages fournies par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), dont une vidéo, diffusées vendredi par les autorités colombiennes. La famille d'Ingrid Betancourt a accueilli vendredi avec émotion et inquiétude la diffusion d'images de l'otage, soulignant "l'urgence" d'une libération tandis que le président Nicolas Sarkozy promettait de "redoubler d'efforts". . L'ex-candidate à la présidentielle colombienne, enlevée en février 2002, apparaît sur une vidéo très amaigrie, immobile, le visage et les yeux baissés.

Ingrid Betancourt a adressé à sa famille une lettre de 12 pages de "désespoir et de solitude", a affirmé vendredi à l'AFP son fils Lorenzo, après avoir pris connaissance du contenu du texte par sa grand-mère Yolanda Pulecio.

Elle n'en peut plus. Il faut la secourir. On sent qu'elle ne va pas tenir très longtemps", a déclaré Lorenzo Delloye. . "C'est tout d'abord une lettre de désespoir de femme qui crie au secours mais malgré tout une mère qui nous aime", a-t-il ajouté. "Elle dit qu'elle se sent terriblement seule, perdue dans cette jungle", a-t-il dit.

"Cette lettre nous montre que maman n'en peut plus comme tous les autres (otages)... qui sont au fond de la jungle en train de mourir tous les jours un peu plus", a ajouté peu après sa soeur Mélanie à la chaîne de télévision France 2. "Si on ne fait pas tout pour qu'ils reviennent le plus vite possible à la maison, on va les perdre dans cette jungle", a-t-elle dit, au bord des larmes.

Comme le reste de la famille, Lorenzo Delloye s'est montré très sceptique concernant les déclarations du président colombien Alvaro Uribe qui a affirmé vendredi qu'Ingrid Betancourt avait été "torturée". "Je demande à M. Uribe de nous fournir les preuves de ce qu'il affirme. C'est inacceptable de lancer ce type d'information sans preuve", a-t-il lancé, appelant la guérilla des Farc et M. Uribe à s'entendre et à engager les négociations pour la libération des otages. "Il faut que le président Uribe comprennent que les otages se sentent seuls et qu'ils meurent de solitude et de désespoir", a-t-il dit.

Ingrid Betancourt est "désespérée" et "souffre", a assuré son mari, Juan Carlos Lecompte, vendredi, après avoir lu la lettre envoyée par sa femme. La Lettre est "cent pour cent personnelle" et la lire a été quelque chose de "très fort", a confié M. Lecompte aux journalistes. "Ce n'est pas pour la presse. Elle est désespérée et souffre beaucoup, elle parle de ses enfants", a-t-il ajouté, devant l'insistance des journalistes. "Ca vient du plus profond d'elle-même", a-t-il lâché. "Elle me dit qu'elle m'aime comme au jour de notre mariage" a-t-il confié, en expliquant que la lettre, de 12 pages écrite en "toute petites" lettres, contenait des messages pour chaque membre de la famille.

Ingrid Betancourt le remercie pour les messages qu'il lui envoie par le biais d'émissions radios et dans lesquels il lui raconte comment vont ses enfants. M. Lecompte a estimé que sa femme avait dû mettre au moins "deux jours" pour écrire la lettre, qui est datée du 22 octobre. "L'écriture est indiscutablement la sienne", a-t-il assuré.



"Nous sommes extrêmement émues, avec maman, nous sommes très, très, très émues de voir ces images de ma soeur", a dit de son côté Astrid Betancourt. "C'est une image triste de ma soeur, mais elle est vivante", a-t-elle ajouté. "C'est une preuve de vie. Mais je suis très inquiet. Elle est extrêmement maigre et extrêmement fatiguée. Cela montre qu'il y a urgence à la sortir de là", a souligné l'ex-mari d'Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye.

La famille et les Comités de soutien à Ingrid Betancourt et la Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (Ficib) ont demandé à l'unisson une relance immédiate des discussions pour la libération des otages détenus par les Farc, qui mènent une rébellion contre les autorités colombiennes depuis 1964. Les Farc demandent la libération de 500 des leurs contre celle de 46 otages dits "politiques", dont Ingrid Betancourt et trois Américains.

M. Sarkozy s'est réjoui vendredi de ces preuves de vie, affirmant qu'elles encourageaient la France à "redoubler d'efforts". "Il y a encore une longue route pour qu'on obtienne sa libération", a-t-il prévenu, ajoutant qu'il devait s'entretenir avec M. Uribe "dans les heures qui viennent".