lundi 31 décembre 2007

Maduro à Villacencio


Le chef de la diplomatie Venezuelienne Nicolas Maduro est actuellement à Villacencio.Il demande que chacun prenne patience.

Farc: Silence crispant



La libération des trois otages colombiens retenus par les Farc (les parlementaires Consuelo Gonzalez et Clara Rojas, ainsi que le fils de cette dernière), n'aura pas lieu ce dimanche. Selon le coordinateur de la mission, le point de rencontre choisi pour permettre la remise des captifs, n'a toujours pas été communiqué par la guérilla.
Au centre de toute l'attention médiatique depuis 72 heures, la base colombienne de Villavicencio a été le théâtre d'espoirs à nouveau déçus. Comme samedi à peu près au même moment, (21 heures, heure de Paris), et de la bouche du coordinateur de la mission, Ramon Rodriguez Chacin, l'information tant redoutée est tombée: l'opération Emmanuel, visant à récupérer les trois otages en passe d'être libérés par les Farc, a été reportée à une date ultérieure. "Le temps nous manque pour lancer l'opération et la conclure aujourd'hui même (dimanche)", a déclaré le médiateur. Contrairement à des informations qui ont circulé depuis la mi-journée, le point de rencontre permettant la remise des captifs n'a toujours pas été communiqué par la guérilla. Consuelo Gonzalez, Claras Rojas, ainsi que son fils de quatre ans, né en captivité (voir par ailleurs), restent toujours aux mains des rebelles. Leur libération pourra-t-elle intervenir avant la nouvelle année? Rien pour l'heure ne permet de le dire.

"Pas de délai déterminé"

Car, chaque jour qui passe est vécu comme un renoncement de la part des Farc. Comme un signe, Hugo Chavez, d'habitude bravache, voire provocateur, avait dès samedi soir, ravalé son optimisme. "Si cela devait durer trois, ou quatre, ou cinq jours, pour des raisons de sécurité, cela pourrait s'effondrer et nous devrions penser à autre chose", avait déclaré le leader vénézuélien dans une allocution télévisée. La suite des événements n'a malheureusement pas permis de le contredire, même si dimanche soir, Ramon Rodriguez Chacin a, lui, voulu entretenir l'espoir: "La libération va se produire dans les prochains jours, mais je ne peux pas vous dire quel jour", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il n'y avait pas "de délai déterminé".

Du côté des autorités colombiennes, on a fait montre toute la journée d'une totale collaboration avec la médiation vénézuélienne. Dans ce dossier ultra-sensible, où tout faux-pas diplomatique peut conduire au drame, Bogota a soigné les formes. Sans jamais confirmer avoir reçu un signe des Farc, comme une radio du pays l'avait pourtant hâtivement annoncé, les autorités colombiennes se sont défendues de toute obstruction à l'opération Emmanuel: "Nous continuerons à faciliter les opérations. Nous sommes même disposés à étendre les délais nécessaires à l'opération aérienne sur notre territoire", a déclaré le porte-parole de la présidence, cité par la presse de son pays. Las, à Villavicencio, les deux hélicoptères M-17 et les trois jets Falcon, prêts à récupérer les captifs, sont désespérément restés cloués au sol.

L'interminable attente


Les appareils sont prêts à décoller. Il ne manque que le feu vert des Farc et le lieu de rendez-vous.
Villavicencio

L'opération «Emmanuel» n'en finit plus d'être reportée. Emmanuel, 3 ou 4 ans, né en captivité, est le plus jeune des trois otages dont les Farc ont promis la libération. Devenu le symbole d'une guerre fratricide vieille d'un demi-siècle, l'enfant est le fils d'un guérillero et de Clara Rojas, la collaboratrice d'Ingrid Betancourt. Le 18 décembre, la guérilla a annoncé la prochaine libération de l'enfant et de sa mère, ainsi que de l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez, enlevée en septembre. Les trois captifs doivent être remis à une commission internationale désignée par le président vénézuélien, Hugo Chavez.

Sur le tarmac brûlant de Villavicencio, deux hélicoptères vénézuéliens marqués du sigle de la Croix-Rouge attendent le signal du départ. Les appareils qui iront récupérer les otages dans la jungle sont prêts à décoller. Il ne manque que l'essentiel : les coordonnées exactes du lieu où les Farc remettront les captifs.


Tournure «hollywoodienne»

Samedi soir, la délégation est arrivée à Villavicencio en provenance de Caracas. Face à la rangée de journalistes postés sur la piste du petit aéroport ont défilé les personnalités invitées par Hugo Chavez à assister à cette opération très médiatisée. Aux côtés de la sénatrice colombienne Piedad Cordoba ainsi que des représentants du Venezuela, de l'Argentine, de la France, de la Suisse, de la Bolivie, du Brésil, de l'Équateur et de Cuba, l'arrivée du cinéaste américain Oliver Stone a été très remarquée. «Je représente les secteurs progressistes des États-Unis», a déclaré le réalisateur de Tueurs-nés et de Platoon, invité par Chavez à filmer le retour à la liberté des captifs. Les journalistes colombiens déplorent la tournure «hollywoodienne» de l'opération.

Villavicencio, à 110 kilomètres de Bogota, est la porte de l'Amazonie colombienne, où sont détenus les otages. Les vastes plaines de l'Est sont l'un des principaux théâtres du conflit colombien. Affrontements et raids antidrogue embrasent tous les jours ces régions sauvages où les routes sont rares et les fleuves, les principales voies de circulation. Du moteur de pirogue en panne à la présence d'une patrouille de soldats, de nombreuses contingences peuvent expliquer le retard. «Il s'agit d'une opération complexe et, pour cette raison, nous n'avons pas donné de date», explique depuis Bogota Yves Heller, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), chargé de la logistique de la libération. Le président Chavez s'était donc un peu trop avancé, mercredi, en annonçant que tout serait réglé en vingt-quatre heures. De son côté, le gouvernement d'Alvaro Uribe est toujours disposé à contribuer au bon déroulement de l'opération. «Aucun délai n'a été imposé», a insisté le haut-commissaire à la Paix, Luis Carlos Restrepo, sur la piste de Villavicencio.

Pour répondre aux conditions de sécurité demandées par le CICR, Bogota s'est engagé à suspendre les opérations militaires dans le secteur où aura lieu la libération. L'ex-ministre de l'Intérieur vénézuélien Ramon Rodriguez Chacin, en contact avec les Farc et chargé de coordonner l'opération «Emmanuel», a déclaré hier qu'il «(n'avait) pas les coordonnées du lieu de rendez-vous car la guérilla a des difficultés à les faire parvenir» mais que la «libération devrait être effective dans les jours qui viennent».

Otages en Colombie: la mission humanitaire demande aux Farc un rendez-vous lundi


La mission envoyée par le Venezuela en Colombie récupérer trois otages des Farc presse la guérilla marxiste de fixer lundi un lieu de rendez-vous pour effectuer cette opération, dont la réalisation s'annonce complexe.

Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) a exhorté la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) à fournir rapidement les coordonnées du lieu, où doit se dérouler la remise de ses prisonniers.

"Mon appel aux Farc, c'est que nous voulons recevoir au plus tôt les coordonnées de l'endroit où se réalisera l'opération", a lancé Barbara Hintermann, chef de la délégation du CICR en Colombie. A l'aéroport de Villavicencio, à 100 km au sud-est de Bogota, où patiente une délégation internationale représentant sept pays, la caravane aéroportée est désormais au complet, après l'arrivée de deux petits hélicoptères, plus maniable dans la jungle colombienne. "Avec toute la logistique, nous sommes prêts à partir à tout moment sur le terrain pour aller chercher les otages", a-t-elle poursuivi.

Difficultés logistiques ou stratégie délibérée: le retard pris dans la libération des trois otages de la guérilla des Farc se prête aux spéculations en Colombie. L'opération de récupération des otages dans la forêt colombienne a été maintes fois reportée depuis l'arrivée des premiers hélicoptères du Comité international de la Croix Rouge (CICR), immobilisés depuis vendredi à l'aéroport de Villavicencio, à 100 km au sud-est de Bogota. Le coordonnateur général de la mission, Ramon Rodriguez Chacin, auquel la guérilla doit fournir le lieu de rendez-vous pour la remise de ses prisonniers, a admis qu'il ne savait toujours pas "où est l'endroit".

En raison du retard accumulé, le gouvernement colombien a accordé un nouveau délai de trois jours, à partir de lundi, pour l'utilisation de son espace aérien. "Le délai réclamé (par le Venezuela) est de 72 heures", a déclaré Cesar Velasquez, porte-parole de la présidence colombienne, affirmant que Bogota était prêt à apporter "toute la collaboration requise" pour le bon déroulement de la mission.

L'opération humanitaire, montée par le président vénézuélien Hugo Chavez sous l'égide du CICR, a été à nouveau retardée dimanche, les Farc n'ayant toujours pas déterminé de point de rencontre. Toutefois, le coordonnateur général de la mission, désigné par M. Chavez, a assuré que leur libération était proche. "L'opération va se réaliser très bientôt, dans un bref délai", a affirmé Ramon Rodriguez Chacin, sans toutefois préciser de date.

Considéré comme le canal de communication entre Caracas et la guérilla, M. Chacin, ancien ministre vénézuélien de l'Intérieur, l'a reconnu sans détour dimanche soir: "Nous ne savons pas où est l'endroit".

M. Chacin a en outre averti que la localisation du lieu de rendez-vous n'avait rien de simple car la guérilla devait prendre des "mesures de sécurité". Les "coordonnées" pourraient aussi bien s'avérer être juste une adresse dans un village ou un hameau (...) et nécessiter des marches avec des haltes ou des traversées nocturnes", a-t-il dit.Un peu plus tôt, le chef de la diplomatie vénézuélienne, Nicolas Maduro, avait promis que le dénouement était "tout près", appelant à une "plus grande patience".

Les trois otages que la guérilla a promis de relâcher en signe de "reconnaissance" envers M. Chavez sont Clara Rojas, proche de l'ex-candidate à la présidence colombienne Ingrid Betancourt, son fils Emmanuel né en captivité, et l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez.

La mission n'est pas sans risque car elle doit se dérouler dans une zone de conflit entre la guérilla, l'armée régulière qui y possède la base d'Apiay et les groupes paramilitaires d'extrême droite, liés au pouvoir.

La région englobe un vaste territoire de plus de 310.000 km2, situé dans le centre et le sud-est du pays, en plein fief de la coca. Cette zone, qui compte peu de routes, comprend en revanche de nombreuses pistes d'atterrissage de fortune, empruntées par les trafiquants de drogue.

dimanche 30 décembre 2007

Libération des otages : nouvelles instructions des Farc



Un policier vénézuélien attend sur le tarmac de l'aéroport de Maiquetia au Venezuela. (AFP)

Ce matin au point mort, l'opération vénézuélienne pour libérer trois otages détenus par les Farc a été rélancée. Le groupe paramilitaire a communiqué les coordonnées du lieu de récupération des prisonniers.

Soulagement pour la mission de sauvetage des trois otages détenus par les Farc. Alors qu'un nouveau report de la libération était évoqué ce matin, le coordinateur de la mission, le Vénézuélien Ramon Rodriguez Chacin, a reçu de la guérilla les coordonnées du lieu de libération des otages.

Le chef de la mission est parti de Caracas et fait actuellement route vers l'aéroport de Villavicencio en Colombie d'où doivent décoller les hélicoptères de la Croix-Rouge chargés d'aller chercher les trois otages dans la jungle. Il est, pour le moment, le seul à détenir ces précieux renseignements.

Dimanche matin, l'inquiétude était grande sur l'issue de la mission qui doit conduire à la libération de Clara Rojas, proche de l'ex-candidate présidentielle Ingrid Betancourt, son fils Emmanuel né en captivité, et l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez.

Après un nouveau report de l'opération attendue vendredi puis samedi, Hugo Chavez a lui-même laissé planer dimanche la menace d'un éventuel échec. «Dans le cas où l'opération durerait trois, quatre, cinq jours de plus pour des raisons de sécurité, cette opération pourrait s'effondrer et il faudrait alors penser à une autre», a asséné samedi soir le chef d'Etat vénézuélien, qui a lancé cette mission sous l'égide du Comité international de la Croix Rouge (CICR).

Hugo Chavez, qui «espère» que la seconde phase de la mission «se déroulera dimanche ou lundi», a mis en garde la guérilla marxiste contre des «opérations de harcèlement», faisant allusion à l'«appareil technologique» des Etats-Unis au-dessus de la forêt colombienne.

«Avec leurs espions, leurs avions, ils cherchent la déstabilisation et la guerre. Ils ne veulent pas la paix et se moque d'une vie humaine», a clamé le dirigeant socialiste, selon qui «des gens misent sur un échec» de la mission.

Appel d'Oliver Stone

«Nous avons été très discrets et prudents. Nous vous demandons de comprendre que c'est une opération très délicate», a également déclaré le vice-ministre vénézuélien des Affaires étrangères Rodolfo Sanz, sur le tarmac de l'aéroport, placé sous haute surveillance.

Plusieurs observateurs étrangers sont arrivés sur place, dont des représentants de la France et de la Suisse. L'ancien président argentin Nestor Kirchner, délégué de son pays, a assuré que l'opération n'était pas une «pantomime médiatique».

Invité par la mission, le cinéaste américain Oliver Stone, qui travaille sur un documentaire sur l'Amérique latine, a lancé un appel aux Farc en faveur de la libération des otages, affirmant que le «temps du changement» était venu.

Baptisée «Opération Emmanuel», la mission de récupération, doit se dérouler dans une zone de conflit entre la guérilla, l'armée régulière qui y possède la base d'Apiay et les groupes paramilitaires d'extrême droite, liés au pouvoir.
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La Colombie dans l’attente de la libération



Les trois otages des FARC qui doivent être libérés passeront encore quelques heures en captivité. Le président vénézuelien, Hugo Chavez, espère que la libération interviendra ce dimanche soir ou lundi.
Les délégués internationaux sont arrivés samedi en fin d'après-midi pour superviser la mission humanitaire. Mais les FARC n'ont toujours pas fourni les coordonnées du lieu de rendez-vous où doit se dérouler la remise des prisonniers. Le président Chavez est entouré d'experts internationaux tout aussi importants dans le processus de libération.

Chavez craint un échec de la mission



La mission humanitaire chargée de rapatrier trois otages des Farc attend dimanche en Colombie le feu vert de la guérilla pour partir à leur recherche, mais le président vénézuélien Hugo Chavez a laissé planer la menace d'un éventuel échec.
L'opération, lancée par M. Chavez sous l'égide du Comité international de la Croix Rouge (CICR), a subi un nouveau report la veille, les Farc n'ayant fourni aucun lieu de rendez-vous pour la remise de leurs prisonniers.

"Dans le cas où l'opération durerait trois, quatre, cinq jours de plus pour des raisons de sécurité, cette opération pourrait s'effondrer et il faudrait alors penser à une autre", a asséné le chef d'Etat vénézuélien, samedi soir à la télévision.

Les émissaires de la mission, représentant sept pas latino-américains et européens, dont la France et la Suisse, avaient auparavant rejoint à l'aéroport de Villavicencio, à 100 km au sud de Bogota, les hélicoptères portant le sigle du CICR, qui doivent aller chercher les otages.

"Nous avons été très discrets et prudents. Nous vous demandons de comprendre que c'est une opération très délicate", a déclaré le vice-ministre vénézuélien des Affaires étrangères Rodolfo Sanz, lors d'un point-presse sur le tarmac de l'aéroport, placé sous haute surveillance.

L'ancien président argentin Nestor Kirchner, délégué de son pays, a assuré que l'opération n'était pas une "pantomime médiatique".

Invité par la mission, le cinéaste américain Oliver Stone, qui travaille sur un documentaire sur l'Amérique latine, a lancé un appel aux Farc en faveur de la libération des otages, affirmant que le "temps du changement" était venu.

M. Chavez, qui "espère" que la seconde phase de la mission "se déroulera dimanche ou lundi", a mis en garde la guérilla marxiste contre des "opérations de harcèlement", faisant allusion à l'"appareil technologique" des Etats-Unis au-dessus de la forêt colombienne.

"Avec leurs espions, leurs avions, ils cherchent la déstabilisation et la guerre. Ils ne veulent pas la paix et se moque d'une vie humaine", a clamé le dirigeant socialiste, selon qui "des gens misent sur un échec" de la mission.

Les otages, que la guérilla a promis de relâcher par "reconnaissance" envers M. Chavez, sont Clara Rojas, proche de l'ex-candidate présidentielle Ingrid Betancourt, son fils Emmanuel né en captivité, et l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez.

Baptisée "Opération Emmanuel", la mission de récupération, doit se dérouler dans une zone de conflit entre la guérilla, l'armée régulière qui y possède la base d'Apiay et les groupes paramilitaires d'extrême droite, liés au pouvoir.

Ramon Rodriguez Chacin, coordinateur de l'opération humanitaire, s'est montré très prudent samedi, jugeant qu'il était impossible de dire quel jour aurait lieu la libération des trois otages.

"Nous avons l'espoir que cela va se faire très rapidement mais il serait trop risqué de faire le moindre pronostic", en raison de ces circonstances "très difficiles", a-t-il dit.

Les coordonnées du lieu de remise des otages "ne seront communiquées à la Croix-Rouge et aux pilotes que lorsqu'ils seront en vol", a précisé cet ancien ministre vénézuélien de l'Intérieur, considéré comme un canal de communication entre Caracas et la guérilla.

Outre les trois otages libérables, les Farc détiennent encore plus de 40 prisonniers dit "politiques", dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, dont elles proposent l'échange contre environ 500 guérilleros incarcérés.

samedi 29 décembre 2007

M. Chavez lance l'opération de récupération de trois otages des FARC en Colombie




L'opération destinée à récupérer trois otages de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche) a commencé. Trois jets Falcon ont décollé samedi 29 décembre à 9 h 15 (14 h 45 à Paris) de l'aéroport de Santo Domingo, au Venezuela. Selon un fonctionnaire de l'aéroport de Santo Domingo cité par l'AFP, les trois avions ont pris la direction de Caracas, où monteront à bord les émissaires internationaux pour se rendre à Villavicencio, chef-lieu du département colombien de Meta, choisi comme base pour l'opération.



Deux hélicoptères vénézuéliens MI-17 portant l'emblème de la Croix-Rouge sont arrivés, vendredi 28 décembre, à l'aéroport de Villavicencio. Le vice-ministre vénézuélien des relations extérieures, Rodolfo Sanz, faisait partie du voyage. Le reste de la "caravane aérienne humanitaire", avec les représentants de la communauté internationale, devait quitter le Venezuela samedi.

Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a remis son uniforme et son béret rouge de lieutenant-colonel parachutiste pour assister au départ des hélicoptères à Santo Domingo, dans l'Etat frontalier de Tachira. Il était accompagné par l'ancien président argentin Nestor Kirchner, l'un des observateurs internationaux. M. Chavez a invité le cinéaste américain Oliver Stone à suivre les préparatifs aux premières loges. "C'est merveilleux, je n'ai jamais participé à quelque chose de semblable", a déclaré le metteur en scène. "Je suis un fan de Chavez, c'est un grand homme", a-t-il ajouté.

Outre l'Argentine, la Colombie, la France, le Brésil, l'Equateur, la Bolivie, Cuba et la Suisse ont des émissaires présents dans la "caravane". Barbara Hintermann, représentante du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Colombie, a expliqué, vendredi, que les hélicoptères n'effectueraient pas d'opérations après la nuit tombée, par sécurité. Cela remettait donc la suite à samedi. Après avoir dit que l'opération pouvait se faire en une journée, M. Chavez a admis, vendredi, que "ce ne sera pas aussi rapide".

Des proches des otages Clara Rojas, ex-assistante de la sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt, de son fils Emmanuel né en captivité et de l'ex-députée Consuelo Gonzalez de Perdomo, dont la libération a été annoncée le 18 décembre, les attendent à Caracas. D'autres familles de séquestrés aux mains des FARC espèrent des "preuves de vie", après les vidéos saisies récemment à Bogota par les autorités, montrant Ingrid Betancourt affaiblie mais vivante.

JEU DE PISTE

A Villavicencio, le haut commissaire colombien pour la paix, Luis Carlos Restrepo, a inspecté les hélicoptères. Il a fait le déplacement en compagnie du commandant des armées colombiennes, le général Freddy Padilla de Leon. Ensemble, ils doivent veiller à ce qu'il n'y ait aucune interférence militaire. "Le gouvernement du président Alvaro Uribe et les forces militaires ont tout intérêt au retour des séquestrés dans leur foyer et au succès de l'opération", a assuré M. Restrepo.

Le Meta est une région d'implantation traditionnelle des FARC. La visibilité y est réduite à cause de la végétation et des conditions climatiques. La guérilla voulant dissocier le lieu de remise des otages de ses propres campements, cela signifie que les trois otages, dont on attend la libération, ont sans doute été transférés ailleurs depuis plusieurs jours. Pour les hélicoptères de la "caravane humanitaire", cela pourrait impliquer un véritable jeu de piste, avec des rendez-vous successifs pour déjouer toute attaque de l'armée.

"Il y a eu des gestes de bonne volonté des deux parties, souligne Juan Carlos Lecompte, mari d'Ingrid Betancourt. Les FARC procèdent pour la première fois à une libération unilatérale d'otages et le gouvernement colombien a très vite donné son feu vert à la "caravane humanitaire" proposée par Chavez."

Chavez offre à Oliver Stone un billet pour l'opération Emmanuel en Colombie



Le réalisateur américain Oliver Stone apportera la touche hollywoodienne dans la mission de libération de trois otages des Farc en Colombie, baptisée opération Emmanuel: il a été invité par le président vénézuélien Hugo Chavez à assister à la mission.

"C'est merveilleux, je n'avais jamais fait ça. Je suis fier d'en faire partie", a déclaré vendredi le réalisateur de "Platoon", "Né un 4 juillet", "JFK" et "Tueurs nés".

"Je souhaite que (la mission) réussisse", a-t-il ajouté devant un cortège de journalistes sur le tarmac de l'aéroport de Santo Domingo (Venezuela), point de départ de l'opération aéroportée montée par le Venezuela pour la libération de Clara Rojas, de son fils Emmanuel et de l'ex-parlementaire colombienne Consuelo Gonzalez.

Le cinéaste ne tarit pas d'éloges au sujet de M. Chavez: "C'est un grand homme, je suis son fan".

M. Chavez a ironisé sur la présence d'un "émissaire du président américain George W. Bush", aux côtés des émissaires officiels européens et latino-américains, dont l'ex-président argentin Nestor Kirchner.

M. Stone a ri volontiers, d'autant qu'il critique régulièrement la politique de M. Bush.

Au Venezuela, M. Stone tourne actuellement un documentaire et n'a pas précisé s'il filmerait l'opération de récupération des trois otages.

Auteur d'un documentaire sur le président cubain Fidel Castro, "Looking for Fidel", Oliver Stone vient d'obtenir l'autorisation de Téhéran pour en tourner un autre sur le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Oliver Stone s'affiche au côté de Hugo Chavez au lancement de l'opération de libération des otages des FARC




Le réalisateur américain Oliver Stone a fait l'éloge de Hugo Chavez vendredi, alors qu'il accompagnait le président vénézuélien lors du lancement de la mission censée extraire ce week-end trois otages que les rebelles colombiens des FARC ont accepté de libérer.

Se tenant au côté de Hugo Chavez lorsque deux hélicoptères ont décollé d'une base aérienne de l'ouest du Venezuela pour se rendre en Colombie afin de chercher les otages, il a déclaré qu'il travaille actuellement sur un documentaire et qu'il espère pouvoir suivre l'opération dans la jungle colombienne.

"Je réalise un documentaire sur l'Amérique latine et également sur l'Amérique du Nord", a-t-il déclaré à la presse. Il a ajouté qu'il comptait participer à la mission, qu'il a qualifié de "processus magnifique, important".

"J'espère que ça marchera. Je suis tout à fait pour", a-t-il déclaré. "Je n'ai jamais participé à une chose pareille. Je suis très fier d'en faire partie".

Le réalisateur oscarisé de "Platoon", également auteur d'un documentaire sur le leader cubain Fidel Castro en 2003, a loué M. Chavez, un "grand homme" dont il compte parmi les "fans".

Encourageant M. Stone a converser avec les journalistes, M. Chavez lui a déclaré en anglais avec un fort accent: "les filles veulent te voir"! Il a également taquiné le réalisateur, l'élevant au rang d'"envoyé" du président américain George W. Bush.

"Il existe quelques bons Américains", a rétorqué M. Stone. "C'est pour cela que je suis là, pour vous le rappeler".

M. Chavez, qui avait révélé la présence de M. Stone au Venezuela jeudi, a dit ne pas savoir si le réalisateur comptait se pencher sur les otages des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) dans son prochain film.

"Il se déplace pour faire des recherches. Il dit qu'il veut connaître et apprendre en profondeur l'histoire de ces pays", a déclaré le président vénézuélien. "C'est un anti-impérialiste, Oliver Stone. C'est un homme bien".

L'opération de libération des trois otages doit avoir lieu ce week-end. Il s'agirait de l'ancienne parlementaire Consuelo Gonzalez, Clara Rojas, collaboratrice de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, également détenue par les FARC, et le jeune fils de Mme Rojas, Emmanuel, né en détention.

Les deux hélicoptères vénézuéliens MI-172 de fabrication russe portant l'emblème de la Croix-Rouge et le drapeau vénézuélien sont arrivés vendredi à Villavicencio, en Colombie. Ils devaient attendre les instructions qui leur seront données dans la journée de samedi. Une fois le feu vert donné, les deux appareils s'envoleront pour la jungle, à destination d'un lieu qui sera tenu secret jusqu'au dernier moment pour des raisons de sécurité. AP

Lancement de l'opération pour récupérer trois otages des Farc en Colombie


L'opération visant à récupérer trois prisonniers des Farc a démarré vendredi en Colombie, avec l'arrivée des hélicoptères envoyés depuis le Venezuela dans l'espoir de rapatrier samedi les otages libérables de la guérilla marxiste.

Les deux hélicoptères MI-17, portant le sigle du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ont atterri peu avant 17h00 (22h00 GMT) à l'aéroport de Villavicencio, placé sous haute surveillance, à 100 km au sud-est de Bogota.

Située au pied de la cordillère orientale des Andes, cette localité doit servir de base logistique à la mission internationale, montée par le président vénézuélien Hugo Chavez, auquel les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) se sont engagées à remettre ses otages.

A bord des appareils de fabrication russe, de couleur blanche et orange, le vice-ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Rodolfo Sanz, ainsi que des délégués du CICR, ont été reçus par l'émissaire du gouvernement colombien, le Haut commissaire à la paix, Luis Carlos Restrepo.

"Espérons que tout se déroulera avec succès pour le bien des relations entre la Colombie et le Venezuela", a déclaré M. Sanz à son arrivée, précisant qu'il ne pouvait fournir aucun détail.

De son côté, M. Restrepo a souhaité que l'opétation débute avec "une grande discrétion" afin de récupérer Clara Rojas, l'assistante de l'ex-candidate présidentielle Ingrid Betancourt, son fils Emmanuel, et l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez, dont la libération a été annoncée il y a 10 jours.

L'émissaire colombien avait auparavant assuré que Bogota n'imposerait pas de délai pour la libération des trois otages, contredisant les propos du secrétaire de la présidence selon lequel l'opération devait s'achever dimanche soir au plus tard.

L'arrivée des hélicoptères, qui ont décollé de l'aéroport vénézuélien de Santo Domingo, à 500 km de là, en présence de M. Chavez, constitue la première phase de l'opération.

"La première phase consiste à s'approcher de l'objectif, la deuxième sera (l'opération) de récupération", a expliqué avant leur départ le président Chavez, vêtu d'un uniforme militaire et coiffé d'un béret rouge.

"La deuxième phase doit commencer samedi. Espérons pouvoir terminer l'opération" le jour même, a-t-il ajouté.

Ces mêmes appareils devront ainsi, dans un deuxième temps, aller chercher les otages au point de rendez-vous fixé par la guérilla.

"Nous sommes en attente de remplir cette mission. Nous pouvons sortir demain (samedi), mais cela dépend de nombreux facteurs, dont le climat", a averti la délégué du CICR en Colombie, Barbara Hintermann.

Actuellement réunie au Venezuela, la délégation internationale, composée d'émissaires de sept pays européens et latino-américains, rejoindra l'aéroport de Villavicencio, à bord d'avions Falcon, après le démarrage de la seconde phase.

Une fois libérés, les otages feront escale à Villavicencio, où les attendront les Falcon pour les transporter au Venezuela. Ils seront ensuite reconduits en Colombie avec les membres de leur famille, qui les attendent depuis jeudi à Caracas.

Le président vénézuélien a averti qu'il n'avait "pas encore reçu les coordonnées du lieu" de rencontre avec les Farc, en raison des "mauvaises conditions météorologiques" dans la région.

La mission de récupération n'est pas sans risque car elle doit se dérouler dans une zone de conflit entre la guérilla, l'armée régulière et les groupes paramilitaires d'extrême droite, liés au pouvoir.

vendredi 28 décembre 2007

l'"opération Emmanuel" se fait attendre




L'opération "humanitaire" destinée à récupérer les trois otages dont les FARC ont promis la libération tarde à démarrer. La mission très médiatisée proposée par le président vénézuélien Hugo Chavez, avec l'accord de Bogota, semblait ralentie vendredi par des détails logistiques et des raisons de sécurité, et son coup d'envoi pourrait n'être donné que durant le week-end.

Chavez a baptisé cette délicate mission "opération Emmanuel", du prénom de l'enfant né en détention d'une otage, Clara Rojas, collaboratrice de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, et semble-t-il d'un rebelle des FARC.

La guérilla s'est engagée à remettre aux autorités vénézuéliennes le garçonnet, âgé d'environ trois ans, sa mère ainsi qu'une parlementaire, Consuelo Gonzalez. Les deux femmes ont été enlevées il y a près de six ans par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), en même temps qu'Ingrid Betancourt, ex-candidate à l'élection présidentielle colombienne.

Selon les modalités décrites par le président vénézuélien, l'opération devrait se dérouler selon un scénario précis. Deux hélicoptères vénézuéliens MI-17 de fabrication russe doivent décoller de Santo Domingo, du côté vénézuélien de la frontière, à destination de Villavicencio, ville du centre de la Colombie transformée en base aérienne coordinatrice de l'opération.

Avant leur décollage de Santo Domingo, les hélicoptères doivent être inspectés par le président Chavez en personne. Une fois à Villavicencio, où des dizaines de journalistes, photographes et équipes de télévision attendent le coup d'envoi de l'opération, les deux appareils repartiront pour la jungle, à destination d'un lieu qui sera tenu secret jusqu'au dernier moment pour des raisons de sécurité.

A bord de ces hélicoptères, portant l'emblème de la Croix-Rouge à la demande des autorités colombiennes, se trouveront des observateurs internationaux de France, de Suisse et de six pays latino-américains, dont l'ancien président argentin Nestor Kirchner, le chef des négociateurs colombiens Carlos Luis Restrepo et des représentants du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Après avoir promis une libération pour jeudi soir, le président vénézuélien espérait désormais récupérer les otages dans la journée de vendredi (en soirée heure française). "Nous espérons les secourir et les libérer dans les heures qui viennent", a-t-il déclaré vendredi à la mi-journée en s'adressant aux troupes vénézuéliennes à Caracas, coiffé à nouveau pour l'occasion du béret rouge de ses années d'armée.

Pour des raisons de sécurité, a expliqué Hugo Chavez, les guérilleros ont exigé que les pilotes vénézuéliens ne soient informés qu'une fois en vol de leur(s) destination(s). Pour éviter de fournir trop d'informations aux autorités colombiennes, les FARC pourraient en effet donner plusieurs lieux de rencontre potentiels.

La lenteur du processus de libération des deux femmes et de l'enfant montre le niveau de complexité logistique requise par les FARC afin de laisser filtrer le moins d'informations possibles sur leurs camps, leurs combattants et les lieux de détention de leurs otages. Ce qui explique que, malgré l'empressement de Chavez, l'opération pourrait n'avoir lieu que durant le week-end.

Les guérilleros, "par dessus tout, veulent s'assurer que cette opération -ou les informations sur eux qui pourraient en être déduites-ne puissent pas être utilisées militairement par le gouvernement (colombien)", a expliqué Alfredo Rangel, directeur de la Fondation pour la Sécurité et la Démocratie, groupe de réflexion basé à Bogota.

Selon toute vraisemblance, les trois otages ont été emmenés loin de leur(s) habituel(s) camp(s) de détention en vue de leur libération, a ajouté cet expert.

L'évacuation des otages des Farc




Chavez a déclaré à des journalistes jeudi soir que le premier hélicoptère arriverait en Colombie vendredi après-midi.

"Vers 15h00 locales les hélicoptères décolleront avec leurs équipages, l'un d'entre eux avec du matériel médical. C'est l'avant-garde de l'opération", a-t-il dit.

Le plan prévoit qu'un convoi aérien, marqué aux couleurs de la Croix-Rouge, se rende dans la ville de Villavicencio, située dans le centre de la Colombie, au pied des Andes.

Des hélicoptères prendront alors la direction d'un camp rebelle pour récupérer les otages et les ramener à Villavicencio ou les conduire directement en territoire vénézuélien.

Des émissaires étrangers prendront part à l'opération, dont l'ancien président argentin Nestor Kirchner. Ils sont arrivés jeudi dans la capitale vénézuélienne, Caracas, avec des proches des otages.

La mission pourrait prendre du temps en raison de la difficulté du terrain et des conditions météo incertaines dans le secteur où les Farc leurs otages.

"Les termes de l'opération ont fait l'objet d'un accord, mais cela reste une opération difficile", a déclaré un haut responsable de l'armée colombienne à Reuters, en requérant l'anonymat.

PROBLÈMES LOGISTIQUES

Les Farc se livrent depuis 40 ans à une guérilla contre le pouvoir colombien financée depuis 20 ans par les revenus du trafic de cocaïne.

Chavez, à qui la guérilla marxiste colombienne se dit prête à remettre les otages, avait déclaré que l'opération pourrait être bouclée avant la fin de la journée de jeudi, mais des responsables de la Croix-Rouge ont fait état de problèmes logistiques et de sécurité à régler.

"Nous avons obtenu le feu vert des Farc pour participer à l'opération. Maintenant nous travaillons sur les questions de logistique", a déclaré Yves Heller, porte-parole du CICR en Colombie.

Les Farc avaient annoncé ce mois-ci qu'elles étaient prêtes à remettre les otages à Chavez ou à quelqu'un qu'il désignerait.

Il s'agirait d'un triomphe diplomatique pour Chavez, coutumier de virulentes diatribes contre Washington.

Le président colombien Alvaro Uribe avait mis fin brutalement le mois dernier à la médiation menée par Chavez avec les Farc mais ce dernier a poursuivi les discussions avec la guérilla colombienne qui dit vouloir remettre les otages au président vénézuélien ou à une personne désignée par ses soins.

Les Farc, qui séquestrent des centaines de personnes, ont dit le 18 décembre qu'elles se préparaient à libérer Clara Rojas - collaboratrice d'Ingrid Betancourt enlevée en même temps qu'elle en février 2002 -, son fils Emmanuel, conçu et né en détention, et la parlementaire colombienne Consuelo Gonzalez, kidnappée en 2001.

La libération des trois otages pourrait créer des conditions favorables pour un échange avec d'autres prisonniers des Farc, notamment la sénatrice franco-colombienne Ingrid Betancourt ainsi que trois ressortissants américains capturés par les guérilleros en 2003.

mercredi 26 décembre 2007

Uribe rallie le pont aérien de Chávez


Farc. Le président colombien accepte l’idée d’une «caravane aérienne» pour récupérer les otages.

Dans l’affaire des trois otages colombiens dont on attend la libération depuis plus d’une semaine, une percée inattendue a eu lieu hier soir. Le président colombien, Alvaro Uribe, a fait savoir qu’il acceptait les modalités proposées quelques heures plus tôt par le président vénézuélien, Hugo Chávez, devant permettre la libération des trois otages des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie). «Le gouvernement de Colombie donne son feu vert à la mission humanitaire et désigne comme représentant Luis Carlos Restrepo», peut-on lire dans un courrier adressé par le chef de la diplomatie colombienne Fernando Araújo à son homologue vénézuélien Nicolas Maduro.
Idé

Falcon. Plus tôt dans la journée, Chávez avait proposé à Bogotá de former une «caravane aérienne humanitaire», d’avions et d’hélicoptères, qui partiraient du Venezuela pour aller récupérer en Colombie les trois prisonniers dès aujourd’hui. «Tout est déjà prêt, la caravane peut décoller dès que nous aurons l’accord des autorités colombiennes. Les otages pourraient être à Caracas [aujourd’hui, ndlr].» Le 18 décembre, les Farc avaient annoncé leur libération unilatérale : la députée Consuelo González de Perdomo, 57 ans, enlevée en septembre 2001; Clara Rojas, 44 ans, amie et collaboratrice politique de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, enlevée avec elle en février 2002 ; ainsi que le fils de Clara Rojas, Emmanuel, qu’elle a eu, il y a plus de trois ans, avec un des guérilleros chargés de la surveiller. Les Farc, qui se disent proches de Chávez, avaient annoncé ne vouloir rendre ces otages qu’au président vénézuélien, en un geste de remerciement après ses tentatives de médiation, entre août et novembre, quand Uribe y a mis fin. Les Farc détiennent 45 otages politiques, militaires et policiers, qu’ils veulent échanger contre 500 de leurs membres emprisonnés.

La «caravane aérienne humanitaire» serait composée de plusieurs avions de type Falcon et d’hélicoptères vénézuéliens qui se rendraient à Villavicencio, la capitale de la région de Meta, au sud de la capitale Bogotá. De là, les hélicoptères partiraient dans une zone proche de Villavicencio tenue secrète, où les Farc remettraient les trois otages, qui repartiraient en direction de Caracas. La «caravane aérienne» serait siglée du Comité international de la Croix-Rouge qui serait du voyage, ainsi que six «Ã©missaires» internationaux de pays qui appuient l’initiative : la France, Cuba, l’Equateur, la Bolivie, l’Argentine et le Brésil.

«Transparente». Mardi, Hugo Chávez a parlé au téléphone avec Nicolas Sarkozy, «là-bas, en Egypte», qui, depuis son élection, s’est fortement investi pour la libération d’Ingrid Betancourt. «Il m’a donné tout de suite son accord, a indiqué Chávez, je lui ai dit que je souhaitais qu’Ingrid Betancourt fasse partie du prochain groupe d’otages libérés.» Côté français, l’émissaire dans la «caravane aérienne» serait l’ambassadeur en Colombie. «Nous voulons une opération publique et transparente, a souligné le Vénézuélien, pas une opération clandestine . Je continuerai à me battre pour la libération de tous les otages, et la fin du conflit en Colombie.»

L’implication publique de pays d’Amérique latine, notamment les poids lourds que sont le Brésil et l’Argentine, ainsi que de la France a apparemment poussé le président colombien à faire un geste. Furieux d’avoir été mis à l’écart par Uribe, Hugo Chávez souhaitait revenir au premier plan dans la médiation, comme le souhaitent les Farc. C’est chose faite. L’opération de récupération des otages devrait, selon Chávez, pouvoir commencer dès aujourd’hui.

( Le gouvernement d' Uribe n'offre pas de perspective de paix )


Juan Carlos Tanus, coordinateur de l’Association des Colombiens au Venezuela.

Votre association est investie en faveur d’un accord humanitaire. Comment réagissez-vous à l’annonce des FARC de libérer trois de leurs otages ?

Juan Carlos Tanus. C’est une grande joie. Ces libérations sont le fruit des efforts réalisés par les médiations du président Hugo Chavez et de la sénatrice Piedad Cordoba, et des mouvements pour la paix nationaux et internationaux. C’est un geste de bonne volonté mais aussi le produit d’une pression internationale cumulée pour résoudre enfin le conflit colombien. Aujourd’hui, nous partageons également la tristesse des Colombiens dont les proches sont toujours détenus. Il ne faut pas désespérer car ces futures libérations sont porteuses de promesses.

Les médiations de Hugo Chavez et de Piedad Cordoba comptent-elles ?

Juan Carlos Tanus. Indiscutablement. Elles reflètent également l’échec du projet de « sécurité démocratique » du président Alvaro Uribe. Ces cinq dernières années, vingt-six détenus aux mains des insurgés ont été assassinés. Excepté pour deux personnes, le ministre des Affaires étrangères, Fernando Araujo, et le sous-lieutenant de la police nationale, Jhon Pinchao, toutes les autres opérations militaires pour sauver les otages ont échoué. Durant quatre-vingt-dix-huit jours, les médiations de la sénatrice Cordoba et du président Chavez ont démontré que la concertation est possible. Ou du moins, la première étape de ce que pourrait être une initiative de paix, à savoir l’accord humanitaire…

Comment construire durablement la paix en Colombie ?

Juan Carlos Tanus. La paix, ce n’est pas l’absence des fusils. Les insurgés pourraient se démobiliser, rendre leurs armes, avancer leurs revendications, mais s’il n’y a pas de réponse en termes d’éducation, de santé, de logement, de travail, de meilleures conditions de vie, alors il n’y aura pas la paix. Durant la période de la violence, les guérilleros qui se sont réinsérés ont été assassinés. Dans les années quatre-vingt-dix, sept mille six cents hommes, issus de plus de cinq groupes d’insurgés, se sont démobilisés. Mais il n’y a pas eu la paix. Au contraire. Les zones où ils opéraient sont devenues des labo- ratoires de conflit. Le président Uribe n’a pas fait avancer d’un pas le dossier du social. La Colombie est le pays qui, aujourd’hui, compte le plus fort taux de personnes déplacées, le nombre le plus élevés de syndicalistes assassinés et d’indigènes persécutés. Le gouvernement d’Uribe n’offre pas de perspective de paix.

Dans ces conditions, - comment l’accord humanitaire pourrait-il voir le jour ?

Juan Carlos Tanus. Nous voulons croire qu’au travers ces trois restitutions, un rapprochement vers la paix pourrait s’amorcer. L’accord humanitaire est un pas vers des tables de négociations. Un moment clé, au sens où il permet aux parties en conflit de s’asseoir autour d’une table. Il ne s’agit pas pour Uribe de changer la Constitution ni pour les insurgés de faire des efforts surhumains. Selon les conventions internationales, l’accord humanitaire est un échange de prisonniers qui a lieu en période de guerre. Même si le président Uribe refuse de reconnaître le caractère belligérant des insurgés, et les FARC, le statut de président à Uribe. Les insurgés sont une composante politique, et Alvaro Uribe, le président qui dirige et légifère. Selon nous, ce sont les intérêts humains, la collectivité, le peuple colombien qui doivent primer.

Comment les choses vont-elles désormais évoluer ?

Juan Carlos Tanus. Dans la mesure où les pressions internationales avancent, les acteurs devront céder. Car ni l’État n’élimine la guérilla ni la guérilla ne parvient à anéantir le gouvernement. Dans cette guerre, les principaux perdants sont les civils. Il faut insister dans cette voie et jeter des ponts. Chavez ne doit pas baisser la garde. La sénatrice Piedad, en dépit des menaces, doit poursuivre son engagement en faveur de l’accord humanitaire. La pression, on le sait, est une forme de lobbying. Il faut sortir enfin de la spirale de la guerre.

Quel crédit accordez-vous aux articles de presse affirmant qu’Ingrid Betancourt se trouverait au Venezuela, ou encore faisant état de camps d’entraînements des FARC sur ce sol ?

Juan Carlos Tanus. Il est inévitable que le conflit colombien s’infiltre en territoire vénézuélien. Personne ne peut méconnaître qu’il y a par exemple perméabilité du narcotrafic, des secteurs paramilitaires et des insurgés. Quant à l’existence de campements de la guérilla, j’en doute. Le Venezuela est un petit pays où la garde nationale est importante. La nouvelle aurait été connue depuis longtemps. Il en va de même concernant le fait qu’Ingrid et d’autres otages seraient en zone vénézuélienne. Selon moi, ce sont des spéculations. Au coeur de toute guerre, on trouve toujours une guerre de désinformation

Chavez va s’exprimer sur la libération des otages des FARC


Le président vénézuélien fera le point cet après-midi sur la libération annoncée, puis retardée, de trois otages de la guérilla colombienne. Une allocution qui donne espoir aux familles.


"Je suis très heureuse. Le moment semble se rapprocher, d’après ce que je comprends." La mère de Clara Rojas, l’une des otages qui doit être libérée, est confiante. "Avec cette annonce, nous espérons que (la libération) soit demain ou après-demain."

Toutes les familles ne sont certes pas aussi optimistes. Mais l’annonce d’allocution d’Hugo Chavez, à 16h30 heure de Paris, prouve que le président vénézuelien, ancien médiateur avec les FARC, dispose de nouvelles informations sur la libération des trois otages. Une libération annoncée la semaine dernière mais qui ne s’est pas concrétisée depuis.
Le 18 décembre dernier, la guérilla marxiste avait annoncé que Clara Rojas, la principale collaboratrice d’Ingrid Bétancourt, son fils de trois ans, et la parlementaire colombienne Consuelo Gonzalez allaient être relâchés et remis au président vénézuelien. Depuis, plus rien. La date de Noël avait été annoncée pour leur libération, puis celle de l’Epiphanie.

Jusque là, les autorités vénézuéliennes observaient un silence total sur l’affaire, pour ne pas compromettre la libération. Elles estiment cependant que les opérations militaires que mènent depuis des années l’armée colombienne sur les régions contrôlées par les Farc pourraient retarder le processus.

L’armée colombienne reconnaît que ses opérations continuent normalement mais nie avoir lancé une mission destinée à contrarier la remise en liberté des trois otages.

La libération d’Ingrid Betancourt, elle, n’est toujours pas évoquée. La députée franco-colombienne, qui est depuis 6 ans détenue par les FARC, a fêté hier ses 46 ans.

Farc : les déclarations très attendues de Chavez



Le président vénézuélien doit s'exprimer cet après-midi sur la libÃ