
Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, a affirmé mardi à Paris qu'un accord avec la guérilla pour la libération des otages restait «la priorité» de Bogota, assurant que l'encerclement des otages ordonné par Uribe n'était qu'une «solution possible».
«C'est une solution possible. Notre priorité reste la médiation de l'Eglise» pour un échange entre 43 otages dits «politiques», dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, et 500 guérilleros, réclamé par la guérilla marxiste des Farc, a affirmé M. Santos.
«Nous sommes prêts à participer à l'échange» humanitaire, a déclaré le ministre devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
Il était notamment interrogé sur l'ordre donné samedi par le président Alvaro Uribe à l'armée et à la police de localiser et encercler les zones où les Farc détiennent leurs otages.
Paris a appelé lundi Bogota à la «retenue» et à ne rien faire qui puisse mettre «en danger» la vie des otages.
«M. Uribe veut trouver une issue à ce problème (...) Au lieu de lancer une opération militaire, il a dit qu'on pourrait organiser une espèce de blocus, encercler les otages et demander à la communauté internationale si elle veut intervenir», a expliqué M. Santos.
«C'est une solution supplémentaire. Si nous savions où les otages se trouvent, on agirait sans doute différemment», a-t-il dit, affirmant que les moyens actuels de renseignements ne permettaient pas de percer la jungle opaque colombienne.
Le ministre colombien, qui s'est présenté en «ami d'Ingrid Betancourt» avec laquelle il a travaillé trois ans, a répété qu'il jugeait «absolument inacceptable» la situation des otages, estimant que Bogota entendait «y mettre un terme le plus tôt possible».
Cette audition intervient également une semaine après une tournée de M. Uribe, venu chercher le soutien des Européens dans sa politique de fermeté vis-à-vis des Farc, s'affirmant décidé à «écraser» la guérilla, en rébellion contre les autorités colombiennes depuis 1964.
Dans une contre-offensive diplomatique au président vénézuélien de gauche Hugo Chavez, M. Uribe, soutenu par l'administation du président américain George W. Bush, a demandé aux Européens de ne pas accéder à la demande d'Hugo Chavez de rayer les Farc de la liste des organisations terroristes.
Les relations entre Bogota et Caracas se sont nettement tendues depuis que M. Chavez, qui a obtenu des Farc la libération de l'ex-assistante d'Ingrid Betancourt, Clara Rojas, et de l'ancienne parlementaire Consuelo Gonzalez, a reconnu aux Farc le statut de «belligérants» le 17 janvier.
M. Santos s'est refusé à commenter les propos du président vénézuélien Hugo Chavez qui a accusé la Colombie et les États-Unis de préparer un plan visant à provoquer une situation de «guerre» avec le Venezuela.
«Nous avons vis-à-vis du peuple vénézuélien beaucoup de respect. Je préfère ne pas faire de commentaire. Je ne veux pas répondre à ces accusations», a-t-il déclaré.
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