
Le président américain George W. Bush a continué mardi à hausser le ton contre le régime du président vénézuélien Hugo Chavez en invoquant pour la première fois ouvertement une enquête sur les liens entre Caracas et la guérilla marxiste colombienne.
Dans un discours à Jacksonville (Floride, sud-est), M. Bush n'a pas cité nommément Hugo Chavez, sa bête noire en Amérique latine. Mais il a évoqué une enquête menée par les Colombiens sur la possibilité de relations allant au-delà de simples rencontres à Caracas entre des responsables vénézuéliens et des membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).
"Récemment, quand les forces colombiennes ont tué un des plus importants dirigeants des Farc, elles ont découvert des dossiers sur ordinateur qui suggèrent l'existence de liens entre le régime vénézuélien et les Farc encore plus étroits que nous ne le pensions", a dit M. Bush.
"Les responsables colombiens enquêtent sur ces liens, mais qu'une chose soit claire: les Etats-Unis soutiennent fermement, ils sont fermement au côté de la Colombie dans son combat contre les terroristes et les seigneurs de la drogue", a-t-il dit.
La secrétaire d'Etat de M. Bush, Condoleezza Rice, a déjà déclaré la semaine passée que les Etats-Unis se pencheraient sur les liens entre les responsables vénézuéliens et les Farc, que les Etats-Unis considèrent comme une organisation terroriste. Mais c'est la première fois que M. Bush soulève publiquement cette affaire.
M. Bush s'était déjà livré à l'une de ses plus virulentes attaques contre le gouvernement de Caracas le 12 mars, à la veille d'un voyage de Mme Rice en Amérique latine.
Ce réquisitoire suivait de près la grave crise entre la Colombie, l'un des plus sûrs alliés sud-américains des Etats-Unis, et l'Equateur et le Venezuela d'autre part.
M. Chavez, chef de file du fort courant anti-américain parcourant l'Amérique du sud, s'était joint au gouvernement de gauche équatorien pour dénoncer un raid mené le 1er mars par l'armée colombienne de l'autre côté de la frontière avec l'Equateur contre les Farc. M. Chavez avait ordonné l'envoi de troupes à la frontière entre le Venezuela et la Colombie, faisant craindre une escalade, avant la résolution de la crise.
Depuis, les Colombiens enquêtent sur le contenu d'ordinateurs saisis au cours de l'attaque qui a tué notamment le numéro deux des Farc, Raul Reyes.
Au plus fort de la crise, le directeur de la police colombienne a accusé le Venezuela d'avoir versé 300 millions de dollars aux Farc.
Un tel soutien poserait la question pour Washington de l'inscription du Venezuela sur la liste des Etats soutenant le terrorisme, au côté d'autres parias aux yeux du gouvernement américain: la Corée du Nord, Cuba, l'Iran, le Soudan et la Syrie. Une telle décision serait susceptible d'envenimer les rapports diplomatiques mais aussi économiques en Amérique latine.
"Le régime de Caracas s'est répandu en attaques contre l'Amérique, il a fait alliance avec Cuba, il a rencontré des dirigeants des Farc", a dit M. Bush mardi.
M. Bush a abordé la question vénézuélienne pour essayer à nouveau de vaincre les résistances du Congrès américain à la ratification d'un accord de libre échange conclu avec le gouvernement colombien. Cet accord est "notre manière de signaler notre soutien ferme au président (Alvaro) Uribe", qui s'est montré un "partenaire inébranlable" des Etats-Unis, a-t-il dit.
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