samedi 8 mars 2008

Chavez : "Les Farc doivent rendre les armes..."


Campement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Cette guérilla enrôle aussi des femmes


Face aux Farc, Hugo Chavez hausse le ton. Du moins, en apprence. Vendredi, le président vénézuélien a en effet appelé la guérilla à "rendre les armes, former un parti politique et ne plus tuer". Plus encore, il a également demandé aux Farc "d'humaniser la guerre et de ne pas utiliser les enlèvements comme arme de guerre". Une exigence inédite de la part d'un des rares médiateurs acceptés par la guérilla. Et une manoeuvre qui permet à Chavez de conserver toute sa respectabilité sur la scène internationale, sans se désolidariser du combat idéologique des Farc, assez proche du sien .

Le chef d'Etat vénézuelien s'exprimait en marge du sommet des chefs d'État latino-américains du Groupe de Rio, qui s'est ouvert vendredi à Saint-Domingue. Un sommet secoué par la crise entre la Colombie et ses voisins d'Équateur et du Venezuela , depuis l'incursion, le 1er mars, de l'armée colombienne en territoire équatorien, "sans que les autorités équatoriennes n'en aient été informées", a admis Alvaro Uribe vendredi.

Ambassades fermées, déploiement de troupes aux frontières, les tensions sont exacerbées entre les trois pays. Lors du sommet, Hugo Chavez a d'ailleurs refusé d'asseoir aux côtés de ses homologues Alvaro Uribe (Colombie) et Rafael Correa (Équateur). Le président colombien a pour sa part évité de rencontrer ses deux rivaux en déclinant toute figuration sur la photo officielle du sommet, prise avant l'ouverture des débats.

Dans ce climat, Hugo Chavez tient donc à faire savoir qu'il reste incontournable dans la gestion du dossier des Farc. Avec ou sans Raul Reyes. La mort, le 1er mars, du n°2 des Farc et principal interlocuteur de la guérilla avec la communauté internationale avait douché de nombreux espoirs. Au moment où il a été tué, Reyes était, semble-t-il, en train de négocier la libération d'une dizaine d'otages, dont Ingrid Betancourt . Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait ainsi estimé que sa mort n'était pas une "bonne nouvelle" . Vendredi soir, l'armée colombienne a annoncé avoir tué un autre membre du secrétariat des Farc, Ivan Rios. Pas sûr que ce soit une meilleure nouvelle pour une libération des otages.