
Le Président du Pérou Alan Garcia
Il est absolument désolant de penser que les bruits de botte entre la Colombie et le Venezuela risquent effectivement de se transformer en escalade qui pourrait déboucher sur le pire. La guerre, entre deux pays si proches qu'ils ont le même fondateur, un métis né au Venezuela, qui donna toute sa mesure en Colombie. Sous l'égide de Simon Bolivar, les deux pays ne firent qu'un, avec le Panama et l'Equateur en prime: la Gran Colombia.
Les connivences des FARC avec Chavez, ou de Chavez avec les FARC, sont d'une telle évidence stratégique que les révélations de l'ordinateur de Raul Reyes, confirmées par les spécialistes d'Interpol, n'ont fait que sortir au grand jour ce que tous les observateurs de l'ombre et autres spécialistes des guerres secrêtes subodoraient depuis longtemps. La Colombie de Uribe est comme une verrue dans l'Amérique andine gauchisante de Chavez. Une verrue qui clignote comme un phare, car non seulement elle est un coin libéral enfoncé dans ce bout de continent s'loignant lentement mais sûrement de l'économie de marché, mais le développement et l'amélioration des conditions de la vie quotidienne y sont bien meilleures et plus rapides que dans les terres chavistes. Alors même que la Colombie n'a pas de pétrole et doit affronter les rebéllions armées. Les Vénézueliens qui de plus en plus manquent de produits de première nécessité et s'enfoncent lentement mais sûrement dans la pénurie communiste sont idéalement placés pour le savoir.
Penser une seconde que Chavez, qui lui-même a commencé sa carrière politique par un coup d'Etat militaire, se contente de rester les bras croisés en observant les efforts d'une guérilla visant à renverser son principal ennemi et rival, guérilla dont il accueille les chefs à bras ouverts en les traitant de "frères d'armes" et de "Combattants de la Liberté", c'est faire preuve d'un rare aveuglement ou d'une sacrée dose de mauvaise foi. Ils sont assez rares les pseudo journalistes qui osent encore risquer ce genre de fariboles, indépendamment de tout ce que l'on peut dire ou écrire sur l'histoire des manipulations et de la guerre secrète.
Les plus grands journaux européens, El Païs, le Monde, ont eu accès aux informations trouvées dans les ordinateurs de Reyes et quelle que soit leur opinion auparavant, certainement pas uribiste dans le cas de la correspondante du Monde à Bogota, Marie Delcas, leurs conclusions furent limpides. Chavez est mouillé. Jusqu'à la moëlle. Et autant la divergence idéologique fondamentale entre Al Qaïda et Saddam Hussein sautait aux yeux de tous les observateurs éclairés, jettant de sérieux doute sur les soi-disant preuves brandies à l'ONU par Washington, autant la convergence de vues et d'intérêt ente Chavez et les FARC est claire, nette et sans bavure.
Le constater et l'admettre ne fait pourtant pas avancer le schmilblick. Comment éviter l'escalade, qui ne profiterait à personne ? La France de Sarkozy et Fillon est sérieusement discréditée dans cette histoire. On ne gère pas un pays et ses relations internationales comme on gère un parti politique, en jouant des muscles. Or c'est toute l'expérience que possède Paris en la matière, ce qui lui vaut de se vautrer dans le ridicule. Autre membre de la triplette des négociateurs, l'Espagne est rejetée par le Venezuela, depuis l'accrochage de Juan Carlos, qui n'a jamais aimé les militaires putchistes, avec le parachutiste de Caracas. Reste la Suisse, qui jusqu'à présent a su rester discrète. Qu'elle continue son travail pour les otages. Et si intermédiation il doit y avoir entre les gouvernements, laissons plutôt faire les diplomates brésiliens. Eux peuvent réellement avoir du poids sur place, et de la légitimité auprès des deux gouvernements.
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