mercredi 25 juin 2008

Betancourt : l'action discrète de Dominique de Villepin



En coulisse, Dominique de Villepin reprend du service dans le dossier des otages retenus en Colombie. L'ancien Premier ministre effectue en effet une tournée diplomatique officieuse en Amérique latine. Il a d'abord passé 48 heures à Lima (Pérou), où il était invité par la société de travaux Grana y Montero, qui célébrait son 75e anniversaire. Outre des entretiens avec différents chefs d'entreprises locaux, l'ancien chef du gouvernement français a rencontré, lundi matin, le président péruvien Alan Garcia. Plus tard, après avoir donné une conférence en espagnol, Dominique de Villepin s'est s'envolé vers le Venezuela, où il devait "essayer" de rencontrer le dirigeant Hugo Chavez.

Cette visite privée, dont la tenue effective n'a toujours pas été confirmée, indique que Dominique de Villepin continue de s'intéresser au sort d'Ingrid Betancourt, dont il a été le professeur et l'ami personnel dans les années 1980. L'ancien dauphin de Jacques Chirac s'est beaucoup impliqué dans ce dossier quand il était aux responsabilités. En 2003, alors ministre des Affaires étrangères, il a notamment lancé une opération coup de poing pour tenter de récupérer Ingrid Betancourt . Organisée dans la précipitation, l'expédition avait alors tourné au fiasco.

Le Quai d'Orsay pas informé

Au Quai d'Orsay, on ne cache pas sa stupéfaction. "Nous ne sommes pas informés d'une quelconque mission de Dominique de Villepin sur le dossier Betancourt", confie, mercredi matin, l'entourage de Bernard Kouchner, au point.fr. Au Comité de soutien à Ingrid Betancourt , où l'opération de 2003 a laissé un goût amer, la visite de Dominique de Villepin est accueillie froidement. "C'est un homme politique comme les autres qui se rend là-bas, pour nous, ça ne veut rien dire", affirme ainsi Hervé Marro.

Le déplacement de l'ancien Premier ministre est d'autant plus surprenant que sa gestion du dossier Betancourt avait été ouvertement critiquée par Mélanie Delloye, fille de l'otage, pendant toute la campagne présidentielle de 2007. Les deux interlocuteurs s'étaient d'ailleurs croisés par hasard à RTL le 20 février 2007. Le script de cet échange improvisé est disponible sur le site Internet de Matignon . Au Premier ministre, Mélanie Delloye avait lancé : "Je ne trouve pas que vous avez été déterminé par rapport à ce qui concerne ma mère [...], vous n'avez pas utilisé tous les moyens qui sont à votre disposition."

Cette visite intervient alors que l'ambassadeur de France en Colombie, Jean-Michel Marlaud, a démenti, mardi, toute réactivation des contacts entre la France et les Farc , comme "une source proche de l'Élysée" l'a indiqué le 19 juin. "Concernant la question des nouveaux contacts, il n'y en a pas eu. Il n'y a eu qu'une mauvaise interprétation, parce que nous n'avons pas de nouveaux contacts", a notamment déclaré le diplomate sur la radio colombienne Caracol .