jeudi 31 janvier 2008

Le Bon, La Brute et le Truand : A propos de la couverture médiatique de la visite d’Alvaro Uribe en France, par Romain Migus.


La récente visite du président colombien en France a donné lieu à une couverture médiatique qui s’inscrit dans la droite ligne de ce que l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano nomme "le monde à l’envers".

Le scénario de base, la libération des Otages retenus par la Force Armée Révolutionnaire de Colombie (FARC), tel qu’il est présenté par les entreprises de communication françaises font ressurgir chez le lecteur français, tous les schémas et stéréotypes simplistes du wild, wild West des westerns hollywoodiens : des bandits ont pris en otage des fermiers innocents et leurs familles, heureusement le shérif du coin s’apprête à les libérer. Les bandits dans ce type de film, dont l’orientation politique est à peine voilée, c’est généralement les indiens ou les mexicains, bref ce sont des brutes. Le shérif, quant à lui, est l’archétype du citoyen étasunien dominant : blanc, libéral et désintéressé, entièrement dévoué à la défense du Bien, c’est le Bon. Généralement, le scénario, se complique lorsque apparaît une figure hétéroclite qui vient rappeler au spectateur que tout n’est pas si simple. Ce truand pactise avec tout le monde pour en retirer un bénéfice personnel. De fait, il va gêner le Bon dans son combat pour le Bien, l’Ordre et la Morale.

Le spectateur ne saura jamais pourquoi les indiens prennent des otages (généralement une femme) : ce sont des brutes qui agissent impulsivement. De même, à travers ce moyen de propagande que furent les westerns hollywoodiens, il n’apprendra rien sur la colonisation et l’extermination des Peuples Premiers aux Etats-Unis. Quant au truand, même s’il génère quelque sympathie au début du film, les spectateurs le détesteront rapidement pour son côté roublard et manipulateur. Restent le Bon et la vision réductrice de la société, imposée par le scénariste. Le Bon, à la fin du film, triomphe toujours !

La couverture médiatique de la visite d’Uribe en France rappelle ces schèmes simplistes de la propagande cinématographique. Le Bon, c’est le président colombien Alvaro Uribe aimé par son Peuple qui l’a réélu, comme le souligne Paris-Match [1], avec 62% des voix. Qu’il ne fut réélu qu’avec 28% des citoyens qui ont la chance d’être inscrits sur les listes électorales colombiennes, personne n’en saura rien. Le Bon est le Bon parce qu’il est bon. Point.

Les brutes ne sont désormais plus ces bandits d’indiens et de mexicains. Ils sont toujours des bandits mais depuis le 11 septembre 2001, ce sont aussi des terroristes. Même si la thèse de l’enlèvement comme arme de guerre est fortement condamnable, nous n’apprendrons rien sur la genèse des armées de guérilla en Colombie. Ni sur le massacre des 3000 membres de l’Union Patriotique dont le souvenir force la FARC et l’Armée de Libération Nationale (ELN, par ses sigles en espagnol) à la méfiance pour rendre les armes. Rappeler les conditions sordides de l’emprisonnement des otages sans mentionner les actes de tortures, les massacres et les déportations massives de populations opérés par l’armée colombienne et ses alliés paramilitaires renforce l’évidence : les brutes sont des brutes parce qu’elles sont des brutes. Point.

Quant au Truand, il sera soumis à la force du syllogisme aristotélicien. Puisque le truand se refuse à appeler les brutes par leur nom, et puisque les brutes sont des brutes…pardon, des terroristes, alors le truand est lui-même un terroriste. Point.

Et un terroriste sans scrupule, car, selon Le Monde, la demande d’Hugo Chavez de considérer la FARC et l’ELN comme des groupes belligérants permettrait en fait "aux guérillas colombiennes de trouver un soutien officiel au Venezuela" [2]. Le journal Libération, quant à lui, évoque la possibilité pour le gouvernement vénézuélien de vendre des armes à la FARC [3], dès lors que celle-ci serait considérée comme ce qu’elle est : une armée.

Evidement, cette version moderne du manichéisme des westerns hollywoodiens divisant le conflit entre la bonne vision d’Uribe et la mauvaise gestion du président Chávez ne résiste pas une seconde à une observation objective de la situation politique et militaire en Colombie.

Imaginons un autre scénario où notre Clint Eastwood colombien soit accusé par l’hebdomadaire étatsunien Newsweek dans son édition du 09/08/2004 (publication que l’on ne peut qualifier de brûlot gauchiste) d’avoir maintenu des liens étroits avec le trafiquant de drogue Pablo Escobar et le Cartel de Medellin ; accusation qui s’appuie sur des documents déclassifiés du Pentagone. Imaginons qu’au lieu de défendre la veuve et l’orphelin enlevés par les brutes, celui-ci organise des opérations militaires et bombarde la zone où les otages doivent être libérés, comme l’a révélé Consuelo Gonzalez.

On pourrait même rajouter à ce scénario que le Bon, qui refuse de reconnaître que les brutes disposent d’une véritable armée, a consacré 6.5% de son produit intérieur brut (PIB) en dépenses militaires, en plus de l’aide étasunienne liée au Plan Colombie. C’est une forte somme pour un pays où il n’y a ni guerre ni armée rebelle. A titre de comparaison, le royaume d’Espagne, pourtant engagé dans les guerres d’Iraq et d’Afghanistan en 2003, consacrait pour cette année-là, 1.3% de son PIB aux dépenses militaires.

Imaginons un scénario comme celui-ci, et dans le meilleur des cas, le public aura décroché depuis belle lurette au vue de la complexité du problème, dans le pire des cas, on peut penser que le Bon serait alors considéré comme un bandit de grand chemin.

Il est donc plus commode politiquement pour les entreprises de communication françaises de réduire le conflit colombien et les enjeux d’un accord humanitaire à une vision manichéenne aussi éloignée de la réalité que le président colombien ne l’est de la recherche d’une solution réelle au conflit qui ravage ce pays.

Pour avoir une idée plus claire, il faut déjà admettre que Chavez n’est pas un truand compromis avec la mafia malgré ce que laisse entendre la photo, et la légende qui lui correspond, qui introduit le reportage de Paris-Match consacré à Alvaro Uribe [4]. Il faut aussi reconnaître qu’à la différence de son homologue colombien, il fut confortablement élu lors des élections présidentielles de décembre 2006. A titre d’exemple, Chavez et Uribe ont été élus avec quasiment le même nombre de voix, autour de 7.200.000 voix. A la différence près qu’au Venezuela, il y a 26 millions d’habitants et en Colombie 45.000.000 ; sans compter quelques millions de déplacés qui ont dû fuir hors des frontières de ce pays.

Il faut avoir en mémoire qu’à la différence des manipulations politiciennes d’Uribe faisant modifier la loi approuvant la réélection du président par un Congrès acquis à sa cause, Chavez a proposé cette même modification constitutionnelle en referendum populaire. Referendum perdu et accepté comme tel. Il est aussi nécessaire d’avoir à l’esprit, qu’à la différence du Venezuela, où le spectre audiovisuel est acquis à l’opposition, la Colombie ne dispose d’aucune chaîne critique à l’égard de son président.

Admettons donc que le Bon ne soit pas bon, et que le Truand n’en est pas un. Qu’en est-il des Brutes ? Sont-ils des brutes, ou une armée de brutes ? C’est bien là le cœur du problème.

La FARC existe depuis 48 ans et de multiples rencontres entre cette guérilla et des personnalités internationales du monde politique et économique (notamment avec le président de Wall Street en 1999) avaient régulièrement lieu avant la présidence d’Uribe. Avec la classification de la FARC et de l’ELN comme groupes terroristes après les évènements du 11 septembre 2001, la volonté "d’exterminer" la guérilla s’est substituée à la possibilité de trouver une sortie négociée au conflit colombien. Or ni Alvaro Uribe ni ses prédécesseurs ne peuvent affirmer aucun succès militaire réel lorsqu’ils se sont engagés dans cette voie. Car pour mettre un terme à la guerre, il faut déjà reconnaître qu’il y ait une guerre. Pour négocier la paix, il faut déjà reconnaître des interlocuteurs aptes à la négociation.

Comble de l’absurde, un article de Paolo A. Paranagua dans le Monde datant du 13 août 2007. On y apprend qu’ "à Bogota, trois procureurs enquêteurs spécialisés, au Parquet, dans les droits de l’homme, ont bien voulu répondre à nos questions sous couvert de l’anonymat. Ils estiment que les FARC violent les Conventions de Genève et le droit international humanitaire." [5] Nous ne pouvons que féliciter Paranagua pour avoir respecté l’anonymat de ses sources, parce que dans le cas contraire, ces procureurs spécialisés auraient dû repasser leurs examens puisque les conventions de Genève s’appliquent aux conflits armés, ce qui officiellement n’est pas le cas de la Colombie. Soit il s’agit de Brutes, soit d’une armée participant à un conflit et devant se soumettre aux Conventions de Genève, et avec laquelle une sortie de la guerre est juridiquement possible.

La proposition du président Chávez de reconnaître la FARC et l’ELN comme force belligérante s’inscrit dans la volonté du gouvernement vénézuélien de contribuer à la recherche de la paix, tant espérée par le Peuple colombien. Cette proposition appuyée par Amnesty International, a pour but de jeter les bases d’un échange humanitaire et d’un accord de paix entre deux forces militaires qui combattent depuis près de cinquante ans. Réduire la perspective humanitaire de Caracas au scénario du Bon, de la Brute et du Truand tel que nous l’ont exposé les media français, est une tergiversation malsaine qui légitime le recours aux atrocités de la guerre que prônent Alvaro Uribe et son gouvernement.

Pour en finir avec la guerre qui ensanglante la Colombie depuis la mort de Jorge Eliécer Gaitán, la seule solution est une négociation, dont la reconnaissance des groupes guérilleros n’est que le premier pas. Privilégier cette option, lancée par le président Hugo Chávez, délivrerait le Peuple Colombien, prisonnier depuis trop longtemps des prétentions belliqueuses de ses gouvernements. Que cela plaise aux media français, ou non !

Une issue pour la Colombie



Olivier Abel, Michel Agier, Noam Chomsky, Orlando Fals Borda, Alain Caillé, Arturo Escobar, Nancy Fraser, Victor Juan Gelman, Pierre Hassner, François Houtart, Yvon Le Bot, Michel Molitor, Manuel Moncayo, Michel Serres, Laura Restrepo, Juan Manuel Roca, Boaventura de Sousa Santos, Philippe Texier, Alain Touraine, etc.


Nous, intellectuels et citoyens progressistes, attachés à la démocratie autant qu’à la justice sociale, nous qui plaidons pour qu’émergent des sociétés émancipées de toutes les formes de violence (politique, économique, sociale, culturelle) et défendons le droit des populations à construire des alternatives face aux dangers d’un capitalisme sans entrave, nous qui aimons la Colombie pour y vivre au quotidien, nous qui l’avons fuie, nous qui y avons des amis ou ne la connaissons que de loin, nous voulons dire notre douleur et notre honte devant le sort fait aux séquestrés et, à travers eux, devant l’ampleur de la tragédie humanitaire colombienne, qui asphyxie la population civile et bafoue les principes élémentaires de la dignité humaine.

Nous tenons d’abord à exprimer notre condamnation sans appel de la pratique de la séquestration, pratiquée par les Farc, les autres guérillas, les paramilitaires, certains éléments de la force publique et la délinquance de droit commun. La séquestration est par elle-même un crime atroce, menant à l’épuisement physique et à la mort sociale des personnes concernées. En outre, en raison des conditions d’insalubrité ou de l’intensification du conflit, elle expose directement ces personnes à une mort définitive. Rien, absolument rien ne peut la justifier. Il en va de même pour toutes les exactions (attentats, menaces, assassinats, massacres) exercées à l’encontre de la société civile, par des groupes armés illégaux, mais aussi des membres de la police et des forces armées légales, dont les stratégies exclusivement guerrières les ont conduits à pervertir leur projet politique et éthique initial.


. Nous condamnons avec une fermeté identique l’attitude irresponsable et inacceptable du gouvernement colombien. Son refus de reconnaître l’existence du conflit armé et d’y appliquer les principes du droit international humanitaire, la chape de plomb qu’il fait peser sur les familles des otages en évoquant régulièrement la perspective d’opérations militaires, les insultes qu’il adresse aux membres de l’opposition démocratique, constitués en cible potentielle ou réelle des groupes paramilitaires, les accointances de ceux-ci avec les narcotrafiquants et les dirigeants politiques – dans un contexte où l’appareil judiciaire n’est pas en mesure de conférer aux principes de vérité, de réparation intégrale et de non-répétition des exactions la moindre traduction concrète –, enfin l’échec d’une politique de «sécurité démocratique», incapable de garantir la vie aux plus déshérités alors qu’elle cherche à légitimer ses actions en s’abritant derrière le motif fallacieux d’une «guerre contre le terrorisme», tous ces éléments pointent l’immense responsabilité du pouvoir actuel et appellent une condamnation de même nature.

.Nous condamnons enfin les politiques de certains membres la Communauté internationale, en particulier celle du gouvernement étasunien qui, avec les Plans «Colombie», «Patriote» et «Consolidation», donne à ce régime les moyens logistiques et financiers d’une guerre atroce. De son côté, l’Union européenne ne cesse de se voiler la face devant une réalité humanitaire désastreuse, au nom d’intérêts économiques indiscutés – visibles très récemment dans les négociations engagées avec la Communauté Andine. Or cette réalité-là est têtue, ainsi que le montrent les rapports de la Commission des droits de l’homme de l’ONU sur la situation colombienne depuis des années. Faut-il en effet rappeler que la Colombie compte plus de 3.000 séquestrés – dont un peu moins d’un tiers détenu par les Farc – 30.000 victimes de disparition forcée – essentiellement par l’action des groupes paramilitaires –e t 3,9 millions de déplacés ? Faut-il rappeler que ce pays est, avec le Soudan, celui qui connaît le plus grand nombre de déplacés au monde, que 60% de la population y vit en dessous du seuil de pauvreté et qu’il est le théâtre d’injustices sociales et culturelles insupportables ?

oilà pourquoi nous exigeons une mobilisation immédiate de toutes les voix démocratiques qui en Colombie comme en Amérique du Sud, dans l’Union européenne comme aux Etats-Unis, peuvent contribuer au sauvetage des otages et à la mise en place de l’accord humanitaire, étapes nécessaires à la construction d’une solution non-violente et négociée au conflit. A cette fin, nous demandons publiquement : .Que les Farc libèrent immédiatement et sans condition tous les otages civils en leur possession, qu’il s’agisse des otages économiques ou politiques. Précisons que ces derniers ne sont échangeables contre aucune rançon, ne sont pas concernés par un éventuel accord humanitaire et dépendent entièrement de la bonne volonté de leurs geôliers. Devant l’extrême douleur des familles, les Farc doivent faire preuve de responsabilité politique et de cohérence éthique. Ils doivent démontrer leur capacité à créer les conditions d’un dénouement, sans lesquelles leur lutte n’a absolument aucun sens. S’il était prévu jusqu’ici que ce geste soit une contrepartie à l’accord humanitaire, il peut aussi l’anticiper : les récentes vidéos et lettres des otages politiques sont un appel désespéré pour que des mesures soient prises sans délai. Logiquement, cette exigence de libération vaut pour tous les acteurs responsables de séquestration.

.Que le gouvernement fasse preuve d’une responsabilité analogue, abandonne définitivement l’hypothèse d’un sauvetage militaire et jette les bases d’un accord humanitaire permettant l’échange de prisonniers (guérilleros incarcérés contre policiers et militaires séquestrés). Il faut souligner à cet égard la logique juridique et morale d’un tel accord : encadré par le droit international, il vise à régler pacifiquement et momentanément l’échange de prisonniers en temps de guerre. Il traduit donc l’insertion d’une logique de non-violence dans une situation de violence structurelle. Dans cet esprit, aucune des perspectives disponibles ne doit être négligée, à condition toutefois que les négociations en vue de la libération des otages ne soient pas indéfiniment instrumentalisées au service de stratégies guerrières.

.Que la Communauté internationale fasse preuve d’un engagement sans relâche au service de la paix et des droits humains en Colombie, théâtre de la plus grande tragédie humanitaire du continent latino-américain depuis le second conflit mondial.

Trois demandes spécifiques sont ici à l’ordre du jour: le maintien non-révocable du bureau de l’ONU sur place et l’accroissement de ses moyens d’action ; l’envoi d’un délégué permanent de l’Union européenne, permettant de renforcer l’impact de la diplomatie européenne vis-à-vis l’accord humanitaire ; le développement de divers mécanismes contraignant l’Etat colombien à garantir aux associations ayant intenté des recours auprès de la Cour interaméricaine des droits de l’homme de voir ces actions menées à terme. Là encore, ces éléments sont à considérer comme les premières étapes de la reconstruction d’un système judiciaire entièrement indépendant, capable de mettre un terme aux crimes commis par les parties en conflit et de répondre à la demande des associations de victimes de se voir reconnaître un droit inaliénable à la vérité, à la réparation intégrale et à la non-répétition des exactions.

u-delà, c’est au peuple colombien qu’il appartiendra de dessiner la voie politique lui permettant de renouer avec la justice sociale et de rejeter les diverses formes de violence qui s’expriment sur son territoire. armi les preuves de vie des otages parvenues récemment à la presse et au monde, l’une a particulièrement retenu l’attention : celle qu’Ingrid Betancourt adresse à sa mère. Bouleversante par son mélange d’intimité et d’universalité, d’épuisement et de résistance morale, les mots qu’elle contient sont comme des traits d’union entre victimes anonymes et reste du monde. L’auteur y cite Albert Camus. Le meilleur moyen de lui faire écho est sans doute de poursuivre la lecture de l’auteur de L’Etranger. Et de s’arrêter sur ces mots : «La tyrannie totalitaire ne s’édifie pas sur les vertus des totalitaires, mais sur les fautes des libéraux» (A. Camus, Actuelles I). En Colombie, le visage des séquestrés comme celui des autres victimes de crimes inacceptables sont le reflet de toutes nos entraves à agir. Il est plus qu’urgent d’inverser le cours des choses, si l’idée d’humanité peut encore avoir un sens pour nous.

Cet appel a été initié par les Pr. Leopoldo Múnera (UNC, Colombie), Matthieu de Nanteuil (UCL, Belgique), Alfredo Gomez-Muller (ICP, France). Il bénéficie de l’appui institutionnel de Planeta Paz, organisation non gouvernementale d’appui aux mouvements populaires colombiens pour la paix, et la Ficib (Fédération internationale des Comités Ingrid Betancourt), organisation non gouvernementale de soutien aux victimes de la séquestration en Colombie. Il a été signé par plus de 300 intellectuels du monde entier, dont les noms figurent ci-dessous. Pour appuyer cette initiative et signer la pétition internationale:



Allemagne

Jona Burghardt, poète Klaus Meschkat, Pr. univ. de Hanovre, membre conseil scientif. Attac Allemagne Tobías Burghardt, poète

Grande-Bretagne

Brian Nissen, artiste et sculpteur Jenny Pearce, Pr. d’Univ. Sarah Lucy Cooper, représentant du Comité des droits humains auprès de l’Angleterre et du Pays de Galles Julia Buxton, chercheuse qualifiée, département des études de paix, Univ. de Bradford Anna Bull, éditeur, Pr. histoire italienne et sciences politiques, Univ. de Bath Ana Cardigan, journaliste et écrivain indépendant

Argentine

Alberto Szpunberg, poète, prix internat. Antonio Machado. Alexis Papazia, Pr. univ. de Buenos Aires Andrea Pochak, Pr. Univ. Buenos Aires, Palerme et de Comahue Carlos Ariel Schwab, acteur et producteur de TV Claudia Delgado, chercheuse Florencia Tola, chercheuse, Conseil National de Rech. Scientif. et Techn. José Miguel Abad, psychologue, univ. de San Buenaventura, siège Medellín Juan Gelman, poète et prix Cervantes 2007 Lorena Isabel Córdoba, anthropologue, Univ. de Buenos Aires Malena Cirasa, poète Mariel Estrada, journaliste culturel Mirta Clara, psychologue, familles du massacre de Margarita Belén, nomination Mille femmes pour le Prix Nobel de la Paix, 2005 Pablo Alabarces, sociologue, Univ. de Buenos Aires. Rafael Wainer, anthropologue Ricardo Luis Crisorio, Pr. Univ. de La Plata. Sergio Eduardo Centurión, Pr. Univ. Nationale de Río Cuarto Teuco Castilla, poète

Belgique

Bérengère Marques-Pereira, Pr. sociologie, univ. libre de Bruxelles Christian Georges, avocat et médiateur Christiane Daem, secrétaire générale du CERCAL, Univ. Libre de Bruxelles Els Witte, Pr. histoire, recteur honoraire de la Vrije Universiyeit Brussel, membre de l’Academie Royale de Belgique François Houtart, Pr. anthropologie, univ. cathol. de Louvain Fredéric Debuyst, Pr. sociologie, univ. cathol. de Louvain Luz Stella Garcia Ocampo, chercheuse associée, univ. Libre de Bruxelles, directrice de la Revue Panoramica Latinoamérica. Michel Monitor, Pr. sociologie, ex vice-recteur Univ. cathol. de Louvain

Brésil

Ana Mercedes Sarria Icaza, Pr. sociologie, UNILASALLE Evelina Dagnino, doctorant et chercheuse, Univ. de Campinas. Marcus Aurelio Taborda de Oliveira, Pr. Univ. Fédérale de Parana Paulo Albuquerque, Pr. Univ. Fédérale de Rio Grande do Sul Colombie Adriana González Gil, Pr. Univ. de Antioquia. Adriana Leaño, avocat, univ. Nationale de Colombie Alberto Arcila G, sociologue Alejandro José López Cáceres, écrivain Alfonso Insuasty Rodríguez, doctorant et chercheur, univ. de San Buenaventura Alfredo Aguirre López, président regional de la Corporación Nuevo Arco Iris Alfredo Gómez Muller, Pr. philosophie, Institut catholique de Paris, promoteur de la déclaration Alfredo Molano, sociologue et écrivain Alonso Correa, Pr. univ. Nationale de Colombie Alvaro Delgado, chercheur au Cinep Álvaro Posada Díaz, pédiatre, Pr. d’université Alvaro Suescún Toledo, écrivain Amparo Osorio, poète Ana María Ospina, politologue, univ. nationale de Colombie Ana Mercedes Sarria Icaza, Pr. sociologie, Unilasalle, Rio Grande do Sul, Brasil Andrea Echeverri Jaramillo, écrivain, Pr. univ. des Andes et univ. Jorge Tadeo Lozano Andrés Acosta, membre du Programme pour la Paix, Cinep Ángel Tolosa Pontón, membre de Planeta Paz Ángela García, poète Aníbal Tobón, directeur de théâtre et journaliste Antonio Javier Jaramillo Alzate, doctorant, univ. de Antioquia. Antonio Mora Vélez, écrivain Arturo Escobar, Pr. anthropologie, univ. de Caroline du Nord, Etats-Unis. Association des Travailleurs Comfama Astrid Flórez, doctorante, univ. de La Salle.Astrid Helena Vallejo R., Pr. univ. de Antioquia Augusto Pacheco, artiste Beatriz Londoño Toro, Pr. droit , univ. del Rosario Beatriz Sierra Almanza, histoire de l’art Beatriz Tabera González, étudiante et salariée de l’univ. de Antioquia Bernardo Correa, Pr. philosohie, univ. National de Colombie Blanca Cecilia Nieva, Pr. Univ. National de Colombie Camilo Andrés Fajardo, G. S. J. Camilo Borrero, Pr. Univ. National de Colombie Camilo Esteban Bernal Sarmiento, assesseur de justice. Carlos Agudelo, sociologue, IHEAL-CREDAL, univ. Paris-III Camilo Esteban Bernal Sarmiento, assesseur de justice, membre du Centre intern. Pour la justice transitionnelle, programme Colombie Carlos Alberto Giraldo G., Pr. univ. de Antioquia. Carlos Gaviria Díaz, président du Pôle démocratique alternatif Carlos Iván Pacheco Sánchez, médecin épidémiologue Carlos Salamanca, architecte, Dr. Anthropologie EHESS, Paris Carlos Salgado, directeur de Planeta Paz. Carlos Vásquez Z, écrivain et professeur d’univ. Carlos Vidales, historien. Carmiña Navia Velasco, écrivain, professeur d’Univ. Catalina Holguín, écrivain. Cecilia Hernández, traductrice. Celedonio Orjuela Duarte, poète

Clara Munar, Pr. Univ. Nationale de Colombie. Claudia Cecilia Ramírez Cardona, avocate, défenseur des droits de l’homme et du droit des femmes. Claudia Giron, psychologue, Pr. invitée Univ. Javeriana, directrice du Mouvement des victimes des crimes d’Etat

Claudia Marcela Polanía Sagra, Pr. Univ. Medellin Claudia Mosquera, Pr. Univ. Nationale de Colombie Claudia Vélez, politologue. Consuelo Ahumada, Pr. Univ. Javieriana. Consuelo Gómez Serrano, Pr. Univ. Nationale de Colombie. Consuelo Treviño, écrivain

Dalila María Pulgarín Tabares, Organisation sociale étudiante et mouvement des victimes AVE FENIX de Puerto Berrío, Magdalena Medio. Daniel García-Peña, ex Haut Commissaire pour la Paix Danilo Rojas, Pr. droit, Univ. Nationale de Colombie Darío Villegas, artiste plastique et poète. David Lozano, Pr. Univ. Nationale de Colombia. Diana Magali López, journaliste et communicatrice sociale. Diana Marcela Gómez Correal, anthropologue et historienne, membre de l’Organisation des fils et filles pour la mémoire et contre l’impunité. Diana Patricia Torres, étudiante en travail social. Diego Hernández, avocat, Univ. Nationale de Colombie. Dora Cardona Rivas, Pr. Univ. Nationale de Colombie Doris Gómez Osorio, politologue, sp. de communication sociale et politique. Doris Lamus Cañabate, doctorante et chercheuse, IEP-UNAB, co-fondatrice de la Fondation Femme et Avenir, Bucaramanga. Dumar David Guevara Zurriago, économiste, Univ. de Los Llanos. Edgar Ardila, Pr. Univ. Nationale de Colombie. Edgar Montenegro, leader syndical, ex candidat à la Mairie de Bogota. Edgar Novoa, Pr. Univ. Nationale de Colombie Eduardo Noreña Betancur, Pr. administration des entreprises, Univ. de Medellín

Edwin Cruz, politologue. Elsa Blair Trujillo, Pr. Univ. de Antioquia. Emira Garcés, Pr. bilogoie Univ. Nationale de Colombia. Emma Rodríguez, doctorante, Univ. del Valle. Enrique Santos Molano, écrivain et journaliste, président de Pen Internacional Colombia

Ernesto McCausland, écrivain et journaliste. Esteban Elías Correa Posada, Q. F. de la Univ. de Antioquia.

Fabio Jurado Valencia, Pr. de la Univ. Nationale de Colombie. Fabio Martínez, écrivain Pr. Univ.

Fanny Villamizar, infirmière. Federico Aguilar Acosta, journaliste. Fernanda Ramírez, religieuse et pédiatre

Fernando Puerta Ortiz, Pr. associé Univ. Nationale de Colombie. Fernando Quintero, membre de Planeta Paz. Fernando Rendón, poète, directeur du Festival Inter. de Poésie de Medellín. Fernando Torres Duque, association des asilés et réfugiés en Espagne

Carmen Emilia Cubillos Cruz, association des asilés et réfugiés en Espagne

Francisco Leal Buitrago, Pr. sciences po, Univ. Nationale de Colombie et Univ. des Andes

Frank David Bedoya Muñoz, historien

Gabriel Ignacio Gómez, Pr. Univ. de Antioquia

Gabriel Jaime Franco, poète

Germán E. Reyes Forero, représentant à la chambre du Pôle démocratique alternatif

Germán Umaña. Pr. Univ. Nationale de Colombie

Giovanni Pulido Riveros, cinéaste

Oscar Mauricio Jiménez Peña, doctorante en Santé publique, Univ. de Alicante

Gloria Amparo Rodríguez, Pr. droit, Univ. Nationale del Rosario

Gloria Rincón Bonilla, Pr. Univ. del Valle

Gonzalo Medina Pérez, journaliste, Pr. Univ. de Antioquia.

Gonzalo Ospina Cifuentes, Pr. Univ. de Antioquia

Graciliana Moreno Echavarría, membre du Réseau métropolitain des femmes et de la Fondation Femmes et avenir

Gregorio Mesa, doctorant, Univ. Nationale de Colombie

Gregorio Saldarriaga, Pr. histoire Univ. de Antioquia. Guillermo Martínez González, poète, romancier, éditeur

Gustavo Montañez Gómez, ex recteur de l’Univ. Distrital Francisco José de Caldas et ex vice-recteur general de l’Univ. Nationale de Colombie

Harold González, étudiante en psychologie, Univ. del Valle

Héctor Gallo, directeur de la Nouvelle école lacanienne de Medellin, Pr. Univ. de Antioquia

Helena Espinosa, médecin

Heriberto Lopez Perez, écrivain, coordinateur de la Revue Panoramica Latinoamérica

Hernán Darío Correa, sociologue

Hernan Jiménez, architecte, Univ. de Buenos Aires, de l’Univ. pilote de Colombie et de l’Univ. Javeriana

Hernando Franco D’laytz, Pr. Univ. Versailles-Saint Quentin.

Hernando Salcedo, Pr. Univ. Externe de Colombie

Hernán Mira Fernández, Pr. Univ. de Antioquia

Hugo Buitrago, Pr. d’Univ. et coordinateur du Projet national Ecole, déplacement forcé et politiques publiques

Humberto Vélez Ramírez, Pr. sciences po., Univ. del Valle

Imelda Daza Cotes, Pr. économie, Univ. Jönköping de Suède

Isabel Ortiz, psychopédagogue, directrice de la Fondation Femmes et avenir

Iván Darío Álvarez, marionnettiste, Théâtre de marionnettes La Libélula Dorada

Iván Darío Pineda Londoño, économiste agricole Ivonne Wilches, membre de Planeta Paz.

J. Mario Arbeláez, poète

Jaime López Castro, Pr. Univ. de Antioquia.

Jairo Maya Betancourt, poète, magistrat à la retraite Jenny Beltrán, doctorante

Jimy Londoño Lara, gestionnaire d’assurance

Jineth Ardila, éditrice

Johana Roldán, avocate J

ohn Jairo Zapata Vasco, Pr. Univ. de Antioquia.

Jorge Coronel López, économiste et Pr. d’Univ.

Jorge Humberto Granados Rocha, économiste, chercheur en agronomie et environnement

Jorge Mejia Martinez, ex secrétaire du gouvernement de Antioquia (2004-2007)

Jorge Zapata, sociologue

José Antonio Gómez, PhD., Institut Alexandre Von Humboldt en développement durable

José David Martínez, ingénieur agro-industriel

José Fernando Saldarriaga Montoya, Pr. sociologie, Univ. Autonónoma Latinoamericana de Medellín Juan Alberto Cortés Gómez, philosophe, chercheur au COPAL, Univ. Nationale de Colombie

Juan Carlos Gardeazábal Rodríguez, assistant de recherche Centre International pour la justice transitionnelle

Juan Carlos Tabares C., étudiante en journalisme, Univ. de Antioquia

Juan Diego Mejía, écrivain

Juan E. Rendón Ángel, étudiante en philosophie, Univ. de Antioquia

Juan Guillermo Duque, Pr. langues, Univ. Nationale de Colombie et Univ. Libre de Bogota

Juan José Cañas Restrepo, historien, Univ. Nationale de Colombie

Juan Manuel Roca, poète et prix Lezama Lima 2007. Julíán Malatesta, poète et Pr. d’Univ.

Juliana Millán, anthropologue, membre de Planeta Paz

Julio Gaitán, Pr. droit, Univ. del Rosario

Laura Restrepo, écrivain, prix Alfaguara de Novela 2004, prix France Culture, prix de la critique française et de la meilleure nouvelle étrangère publiée en France, 1998

Laura Rugeles, chercheuse en agronomie, Univ. de Bogotá Jorge Tadeo Lozano

León Gil, poète Leopoldo Múnera Ruiz, Pr. sciences po., Univ. Nationale de Colombie, promoteur de la déclaration

Liliana Bodenmann Hoyos, éducatrice

Liliana Múnera Montes, chercheuse au Cinep

Lina María Ochoa Mejía, psychanalyste

Lisandro Duque, cinéaste et éditorialiste

Lucía Botero Espinosa, Pr. médecine vétérinaire, Univ. Nationale de Colombie

Lucila Reyes Sarmiento, avocate, Pr. d’Univ.

Luís Alfredo Aguirre López, membre de la Corporación Nuevo Arco Iris

Luis Carlos Castillo, Pr. Univ. del Valle

Luis Fernando Restrepo Morales, membre de la Corporación Nuevo Arco Iris.

Luis Guillermo Perez, avocat, secrétaire general de la FIDH pour les Amériques

Luz Eugenia Sierra, éditrice

Luz María Londoño F., chercheuse associée, Institut d’études regionales, Univ. de Antioquia

Luz Piedad Caicedo Delgado, anthropologue, membre de la Corporación Humanas – Centre regional des droits humains et de la justice de genre

Manuel Fernando Quinche Ramírez, Pr. droit, Univ. del Rosario

Manuel Hernández Benavides, écrivain, Pr. Univ des Andes et Univ. Central

Marcela Rodríguez Arango, Pr. Univ. Santo Tomas Marco Raúl Mejía, éducateur

Margarita Carrillo Díazgranados, écrivain

María Eugenia Arango Rojas, doctorante en médecine, Univ. de Antioquia

María Eugenia Casanova, médecin

María Eugenia Pico, doctorante, Univ. de Caldas

María Fernanda Ramírez B., Pr. Univ. Eafit

María Helena Céspedes, poète

María Isabel Borrero, communicatrice sociale

María Teresa Arcila E, Pr. Univ. de Antioquia

María Teresa Cifuentes Traslaviña, Pr. associée, Univ. Distrital

María Teresa Pinto, Pr. Univ. del Valle.

Mario Bernardo Figueroa, Pr. Univ. Nationale de Colombie

Mario Salazar, ingénieur agronome

Marjorie Gómez Palacio, directrice, association nationale des infirmières de Colombie

Marta Renza, écrivain, traductrice

Martha Cecilia Orozco de Amézquita, Pr. Univ. Nationale de Colombie

Martha Fonseca, Pr. Univ. Nationale de Colombie

Martha Ligia Parra, journaliste, comunicatrice sociale Martín Salas, poète

Maureén Maya Sierra, écrivain

Mauricio Archiva, Pr. Univ. Nationale de Colombie

Miguel Ángel Vargas, travailleur culturel, Paris.

Miguel Gamboa, Pr. Univ. de Vienne, Autriche

Milciades Púa, doyen de la Faculté des sciences humaines et sociales, Univ. réformée de Baranquilla

Milton Rengifo, assesseur parlementaire

Mónica Uscátegui, architecte, ergonome

Mónica Zambrano, ergonome

Natalia Gamboa Olarte, historienne, Univ. Nationale de Colombie

Natalia Jaramillo, spécialiste en développement

Nataly Montoya Restrepo, juriste, Univ. Eafit

Octavio Quintero, journaliste et écrivain

Olga Cecilia Díaz, doctorant en développement, Univ. Pédagogique Nationale

Olga L. González, sociologue, Groupe Actualités Colombie, EHESS, Paris

Olimpo Oliver, Pr. Univ. Nationale de Colombie

Omar Francisco Ortiz Forero, poète, écrivain

Omar Huertas Díaz, Pr. droit pénal, Univ. Javeriana Orlando Fals Borda, sociologue, Pr. Univ. Nationale de Colombie

Oscar Delgado, Pr. Univ. del Rosario

Oscar Javier Carbonell Valderrama, avocat, membre de la Commission Colombienne des Juristas

Oscar Mejía Quintana, Pr. Univ. Nationale de Colombia

Pablo Emilio Angarita Cañas, directeur du Groupe interdisciplinaire de recherche sur les conflits et les violences, Univ. de Antioquia.

Patricia López, directeur des doctorats, Univ. Pédagogique Nationale

Patricia Ramírez Parra, chercheuse, Institut d’études regionales, Univ. de Antioquia

Rafael Ávila Penagos, Pr. Univ. Pédagogique Nationale Rafael Baena, journaliste

Rafael Espinosa, écrivain

Rincón Bonilla Gloria Soy, Pr. de l’Ecole des sciences du langage de l’Univ. del Valle

Robinson Quintero Ossa, poète et essayiste

Rodolfo Arango, Pr. Univ. des Andes

Rodrigo Uprimny Yépez, Pr. droit, Univ. Nationale de Colombie

Rómulo Bustos Aguirre, poète et Pr. d’Univ.

Ruben Dario Gomez Arias, Pr. Groupe d’Epidémiologie, Univ. de Antioquia.

Samuel Jaramillo, poète, romancière, économiste

Samuel Vásquez Castrillón, écrivain et dramaturge Santiago Espinosa, journaliste de Arcadia et de La Hoja de Bogotá

Santiago Mutis, poète et essayiste

Saúl Franco, Pr. médecine et santé publique, Univ. Nationale de Colombie

Soraya Hoyos, sociologue et photographe

Tania Pérez Bustos, doctorante, sciences de l’éducation, Univ. Pédagogique Nationale

Tatiana Rincón, Pr. Univ. del Rosario.

Thania López, sociologue, déplacé et réfugié

Valentina Restrepo Ospina, étudiante en droit

Víctor de Currea-Lurgo, Pr. Univ. de Deusto, Pays Basque, Espagne

Víctor López Rache, poète

Víctor Manuel Moncayo, Pr. et ex recteur de l’Univ. Nationale de Colombia

William Moreno, Pr. Univ. de Antioquia

Winston Licona Calpe, Pr. principal, directeur du programme Extensión y Proyección Social

Alpher Rojas Carvajal, analyste politique, directeur académique de l’Institut détudes stratégiques Colombia Plural, membre de la Commission nationale des droits humains

Yazmín Muñoz Cárdenas, communicatrice sociale Yolanda Aponte, communicatrice sociale

Yoana Fernanda Nieto, historienne et communicatrice sociale


Costa Rica

Arnobio Maya Betancourt, éducateur et sociologue.

Chili

Carlos Calvo, directeur du doctorat en éducation, Univ. de La Serena

Juan Cameron, poète Raúl Zurita, poète

Manuel Ortega, Pr. Univ. du Chili

Cuba

Alberto Rodríguez Tosca, écrivain et poète

Salvador

Mario Noel Rodríguez, poète

Roberto Rubio Fabián, directeur de Funde

Jorge Dalton, cinéaste

Espagne

Ana Manero Salvador, Pr. Univ. Carlos III de Madrid Camino Villanueva, membre de Aide en action – Espagne

Claudia Elena Clavijo Guevara, chercheuse en sciences sociales

Cristina Gómez Jonson, doctorant, Univ. Complutense de Madrid

David Delgado Montaldo, sociologue, Univ. de Barcelona

Francisco Beltrán Llavador, Pr. Univ. de Valencia

Javier Gómez-Montero, directeur du séminaire Langues et littératures latines, de la CAU à Kiel

Joaquín Herrera Flores, directrice du programme Droits humains et développement, Univ. Pablo de Olavide de Sevilla

José Devís Devís, Pr. Univ. de Valencia

Josu Perales, communicatrice

María de Lourdes Uquillas Loaiza, éditrice à l’Agence EFE

María José Fariñas Dulce, Pr. Univ. Carlos III de Madrid, assesseur au cabinet de Rodríguez Zapatero

Miguel Villalón, Pr. Univ. de Valencia.

Etats-Unis

Joanne Rappaport, anthropologue, chercheuse à la Georgetown University

Noam Chomsky, linguiste et philosophe, Pr. au MIT Nancy Fraser, philosphe, Pr. à la New School for social Research, New York

Finlande

Eira Stenberg, poète et écrivain

France

Alain Caillé, sociologue, Pr. Univ. Paris X, fondateur et directeur de la Revue du MAUSS

Fred Poché, Pr. Univ. cathol. d’Angers

Genevièvre Fraisse, directrice de recherches en arts, philosophie et esthétique, Univ. Paris VIII

Dominique Meda, philosophe et sociologue, chercheuse au Centre d’Etudes de l’Emploi

Hadi Rizk, Pr. de la Chaire Supérieure de Philosophie au Lycée Henri IV.

Jacques Bastin, directeur de l’ONG Solidarité Socialiste

Jean-Claude Bourdin, Pr. Univ. de Poitiers

Jean-Louis Laville, sociologue, Pr. au CNAM, co-directeur du LISE-CNRS

Matthieu de Nanteuil, sociologue, Pr. Univ. cathol. de Louvain, promoteur de la déclaration

Michel Asier, Anthropologue, directeur de recherche à l’EHESS et à l’IRD

Michel Lallement. sociologue, Pr. au CNAM, co-directeur du LISE-CNRS

Michel Serres, philosophe, professeur à la Stanford University

Olivier Abel, philosophe et théologien, Faculté de théologie protestante de Paris

Philippe Texier, Magistrat à la Cour de Cassation (Francia), président du Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU

Pierre Hassner, Pr. sciences po. Institut d’Etudes Politiques de Paris

Sakis Athanasios Páppous, Pr. de UFR STAPS, Univ. Montpellier I

Yvon Le Bot, sociologue, CNRS

Guinée Bissau

Iancuba Jola NDjai, secrétaire exécutif d’AIFA-PALOP

Italie

Silvano Teseo, coordinateur au Centre d’études Antonio Guasch, pour le développement rural intégral

Méxique

Ander Azpirin, sculpteur

Carlos Payán Volver, fondateur et directeur de “La jornada” de México

José Ángel Leyva, écrivain

Morgan Quero, Pr. Univ. Autonome de Mexico

Oralba Castillo Nájera, maestra

Pérou

Aída García Naranjo Morales, chercheur au CEDAL, Projet Genre et développement

Alfonso Cotera Fretel, directeur eréseau d’Economie solidaire du Pérou

Andrés Guerrero, chercheur honoraire, University of Saint Andrews, Ecosse

Carlos Alonso Bedoya Bonelli, coordinateur national de Jubileo Perou

Carlos Ureña Ganoso, Pr. psychologie, consultant pour l’UNESCO

Carmen Amaro Condor, familles du massacre «La Cantuta»

Carmen Oyague Velazco, familles du massacre «La Cantuta»

Carolina Huamán Oyague, familles du massacre «La Cantuta»

Constantino Carvallo Rey, conseil national de l’Education, directeur du Collège Les Rois rouges

Francisco Soberón G., directeur de l’Association pour les Droits humains, ex secrétaire exécutif de la Coordination nationale des droits humains

Gisela Ortíz Perea, familles du massacre «La Cantuta» Guillermo Rochabrún S., Pr. sociologie, Pontif. Univ. Católica del Perú

Imelda Vega-Ceteno B., vice-présidente de l’Assemblée sociale des Etudes regionales andines «Bartolomé de Las Casas»

Isabel Yepez del Castillo, Pr. développement, Univ. cathol. de Louvain, directrice du GRIAL

Javier Diez Canseco Cisneros, ex sénateur de la República, ex congresista de la République Javier Torres Seoane, secrétaire exécutif, coordinateur national pour les droits humains

Jorge Acevedo Rojas, directeur exécutif de la coordination nationale de la radio

Juan Miguel Jugo Viera, directeur exécutif de l’APRODEH

Luis Felipe Zegarra Russo, Pr. théologie, directeur du département de Théologie de la Pontif. Univ. Católica del Perú

Mabel Sarco, traductrice

Manuel Burga, ex recteur de la Univ. Mayor de San Marcos, historien péruvien distingué

Manuel Piqueras Luna, sociologue et écrivain, ex député de la République

Matilde Ureta de Caplansky, psychanalyste

Miguel Rubio Zapata, directeur du groupe culturel “Yuyachkani”

Pedro Ferradas Mannucci, sociologue et directeur ITDG-Perou

Raida Condor Saez, familles du massacre de la «La Cantuta»

Rocío Silva Santisteban Manrique, écrivain

Rolando Ames Cobián, coordinateur de la spécialisation en sciences politiques de la Pontif. Univ. Católica del Perú, ex membre de la Commission Vérité et Réconciliation

Rosa Villarán de la Puente, secrétaire exécutif de Mouvement des citoyens pour la non-répétition des exactions (PQNSR)

Salomón Lerner Febres, recteur émérite de la Pontifica Univ. Católica del Perú, ex président de la Commission Vérité et Réconciliation

Sigfredo Chiroque Chunga, éducateur

Sofía Macher, ex membre de la Commission Vérité et Réconciliation

Teresa Diana Barsanti Senén, assesseur de AFEDEPROM-Madre Coraje

Verushka Villavicencio Vinces, journaliste spécialisée en droits des enfants

Jose Ignacio Tavara Martin, Pr. de la Pontif. Universidad Católica del Perú

Portugal

Boaventura de Sousa Santos, Pr. sociologie, Univ. de Coimbra et du Winsconsin

José Carlos Marques, poète et éditeur

Suède

Bengt Berg, écrivain

Gunnar Svensson, écrivain et poète

Víctor Rojas, écrivain et traducteur

Zoltan Tiroler, écrivain

Suisse

Didier Berdoz, médecin, chef de clinique de la Policlinique Médicale Universitaire de Lausanne

Marie Vannotti, Psychiatre de Liaison, Policlinique Médicale Universitaire de Lausanne

Patrick Bodenmann, Médecin associé, responsable Unité des Populations Vulnérables Policlinique Médicale Universitaire de Lausanne

Turquie

Erkut Tokman, poète et écivain

Uruguay

Alfredo Fressia, poète

Ana María Bidegain, Pr. de la Florida International Univ.

Margarita Mariño Moraes, Femmes d’Uruguay

Soledad González, productrice culturelle

Venezuela

Adhely Rivero, poète, directrice de la revue Poésie, responsable du département de littérature, Univ. de Carabobo

Benito Mieses, poète

Celsa Acosta Seco, poète

César Seco, poète

Enrique Hernández-D’Jesús, poète

Gonzalo Ramírez, poète

Hermes Vargas, poète

Leonardo Ruiz, poète

Rafael Leonardo Uzcátegui, journaliste et éditeur

Rosanna Emperatriz Marín Leal, artiste scénique et poète

Salvador Méndez, étudiante

Simón Petit, étudiant

Solcire Pérez, écrivain et Pr. d’Univ.

Waffi Sailg, poète.

mardi 29 janvier 2008

Astrid Betancourt: «Je porte Ingrid dans mon coeur»


Astrid Betancourt (46 ans) a quelques mois de plus qu'Ingrid, que l'on a vue très amaigrie sur des images diffusées en novembre dernier
Astrid et Ingrid Betancourt, les deux soeurs très proches n'ont que quelques mois de difference d'âge

Astrid, dans quel état d'esprit êtes-vous aujourd'hui?Cette fin d'année 2007 a été la fois très douloureuse et empreinte d'espoir. La preuve de la survie d'Ingrid n'a pas été un soulagement pour moi. J'ai toujours su qu'elle était en vie. En revanche, j'ai eu un choc terrible lorsque je l'ai vue aussi affaiblie ! Aujourd'hui, je la porte dans mon coeur en ressentant une urgence extrême.

L'espoir est tout de même là...
Je suis aussi pleine d'espoir car la libération de Clara et de Consuelo prouve que l'implication du président Chavez, les actions de la Communauté Internationale, l'action déterminée du Président Sarkozy et celle de la diplomatie française- François Fillon et Rama Yade- auprès de plusieurs chefs d'Etat du monde et du continent latino-américain, ainsi que l'extraordinaire mobilisation de la FICIB (Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt) portent leurs fruits.

Parlons espoir et intuition. A quelle date présentez-vous la libération de votre soeur?Je pourrais dire le 27 avril 2008. C'est le jour de l'anniversaire de mon père (aujourd'hui décédé) et John Pinchao, séquestré par les FARC s'est évadé ce même jour, l'année dernière. Etant dans le même campement que ma soeur, il nous a donné de ses nouvelles... et ceci a été précieux.

Le Président Uribe veut visiblement s'allier les pays qui agissent pour la libération des otages comme la France, l'Espagne et la Suisse. Pourquoi est-ce si important pour lui aujourd'hui?
L'opinion internationale devient très importante pour lui car lors de la campagne politique intérieure, il a été sérieusement éclaboussé.

Vous-même, Astrid Betancourt, vous n'avez pas répondu à l'invitation de rencontrer le Président colombien la veille de son entretien à l'Elysée, pourquoi?Le but du président Uribe était celui de redorer son blason. Je ne voulais pas me laisser instrumentaliser alors que, durant deux ans et demi ma mère, Yolanda Betancourt, lui a demandé audience et qu'il n'a pas daigné la recevoir.

L'ex-mari de votre soeur porte tout d'un coup au Président Uribe une confiance et une estime inattendues...Je pense qu'il faut garder de la distance par rapport aux paroles du Président Uribe. On juge un homme sur des actes et non sur des paroles surtout quand les paroles ont été contraires aux actes depuis 6 ans. Cela ne veut pas dire qu'on ne puisse pas applaudir de vrais gestes et leur donner une reconnaissance retentissante lorsqu'ils se réaliseront mais pas avant!

Dans quelle mesure la captivité de votre soeur a changé votre vie?La captivité de ma soeur a complètement changé ma vie ! Ma propre vie a été mise entre-parenthèse, une autre vie s'est superposée à la mienne. Les conséquences sont compliquées : je me sens coupable de ne pas accorder suffisamment de temps à mes enfants. Mon couple s'en ressent aussi évidemment. Et ne parlons pas de ma vie professionnelle que j'ai dû réduire au minimum vital sans pouvoir utiliser ma capacité pour la développer. Je suis en sommeil. Mais je ne me pose pas de questions. Je le fais par amour et par devoir.

L'homme avec qui vous partagez votre vie depuis 7 ans, Daniel Parfait, directeur des Amériques, au Quai d'Orsay, peut suivre les négociations de près...Daniel est un homme dont j'admire et respecte son intelligence supérieure. Sa contribution à la cause de ma soeur est extraordinaire par sa capacité d'analyse, sa connaissance des FARC et de la singularité « colombienne « mais aussi par son indéfectible engagement.

Clara Rojas et Consuelo Gonzales sont toutes les deux apparues en excellente santé, au contraire de votre soeur, terriblement amaigrie et affaiblie, une inégalité de traitement?Le contraste est terrible! Les conditions de détention de ma soeur ne sont pas les mêmes, elles sont beaucoup plus sévères. J'ai l'impression que du fait de ses tentatives d'évasion elle est traitée comme les prisonniers de guerre et se trouve dans un campement d'hommes.

Lorsque les deux otages ont été libérés, elles ont embrassé leurs geôliers, étonnant, non?!C'est peut-être complètement surréaliste mais au milieu de l'horreur, des complicités se créent et il se peut que malgré la perte de liberté, un sentiment de remerciements naisse du fait de traitements plus «cléments». Et leurs geôliers étaient des femmes, je crois.

Seules deux femmes interviennent dans les négociations: Micheline Calmy-Rey et aujourd'hui le nouveau Secrétaire d'Etat, Rama Yade. Que pensez-vous de son action?Rama Yade est arrivée avec un regard neuf et elle fait preuve d'une grande disponibilité et d'une analyse très aiguisée. De plus, elle est dotée d'un sens de l'humanité hors du commun. Elle a un engagement en tant qu'être humain et en tant que femme. Rama Yade possède, tout à la fois, la capacité de raisonnement, l'intuition et l'habileté. Je rends aussi hommage à Micheline Calmy-Rey qui oeuvre depuis longtemps dans la discrétion. Toutes deux sont déterminées.»

Vous êtes reçue le 29 janvier par la Ville de Genève, qu'attendez-vous de cette visite en Suisse?J'ai répondu à l'invitation de Manuel Tornare à une réunion de jeunes car je m'attache à sensibiliser la jeunesse aux drames humanitaires. J'aimerais aussi demander à la Communauté Internationale de reprendre de la distance par rapport au récent discours d'Uribe. Qu'elle ne relâche pas en exigences ; qu'elle ne s'égare pas : il faut deux personnes pour négocier ; des concessions doivent être faites : des vies humaines dont celle d'Ingrid sont en danger! Ne pas négocier avec les FARC c'est condamner les otages à la mort ou à la séquestration à perpétuité qui est la mort en vie. Maintenir les opérations militaires de sauvetage c'est libérer des cadavres!

CUBA • Préparez-vous aux colères du ciel !


Lázaro Cuesta, prêtre suprême de la Santería

Les babalaos, les prêtres de la santería [une religion syncrétique très pratiquée à Cuba, voir Repères] réunis en tenue blanche traditionnelle, ont présenté le 31 décembre dernier la Lettre de l'année, un édit par lequel ils rendent publiques leurs prédictions pour les douze prochains mois. Mais pour la première fois les membres de la Commission organisatrice de la Lettre de l'année, l'un des deux groupes du pays qui rendent les oracles, ont révélé leurs augures au cours d'une conférence de presse organisée à la maison de la culture de la Vieille Havane. "Cela signifie que nous avons enfin un espace", commente Lázaro Cuesta, membre de la Commission.
Selon les prédictions de l'Ifá (l'Etre suprême), 2008 sera donc gouverné par Oggún, dieu de la Guerre et du Fer, représenté par saint Pierre dans le panthéon chrétien. Oggún sera accompagné de Yemayá, divinité de l'Eau, mère de la religion yoruba et équivalent de la Vierge de Regla pour les chrétiens. Selon Victor Betancourt, l'un des prêtres de cette commission, des catastrophes climatiques se produiront en 2008 – il en a vu le signe annonciateur, Iwori Rete, et c'est la première fois qu'il le rencontre en vingt et un ans de pratique. Il affirme que "le défi à relever ne sera pas politique ou social, mais viendra de la nature". "Les problèmes politiques ont une solution, mais, lorsque le défi est posé par la nature, les choses sont un peu plus difficiles, poursuit-il. L'humanité n'a pas aujourd'hui la capacité ni les moyens d'affronter une catastrophe mondiale."
Les rituels pratiqués par les mille prêtres de la Commission laissent aussi prévoir des maladies cutanées et neurologiques, des dérèglements du système nerveux et une augmentation du nombre de vols avec violences. A en croire les babalaos, les moins de dix-huit ans auront des comportements inappropriés. L'émigration augmentera, ainsi que les déplacements à l'intérieur du pays. Il y aura des problèmes de logement et des usurpations de droits et de fonctions par la violence et la duperie.
Pour Lázaro Cuesta, la Lettre de l'année donne aussi place à des "espérances parce qu'il est possible de prendre des mesures pour éviter les désastres". D'après lui, la présence d'Oggún comme divinité régnante indique que la force de l'intelligence aidera à "vaincre les obstacles et les difficultés".
Le Conseil des prêtres majeurs de l'Ifá de l'Association culturelle yoruba de Cuba a quant à lui publié sa lettre de façon indépendante. Comme la Commission, il prévoit des "changements climatiques" et conseille de "prendre des mesures pour réduire les inondations et les dégâts provoqués par la montée de la mer et ses conséquences". Selon ce groupe, 2008 sera gouverné par le signe Igouri Ogbem, qui certes annonce des difficultés, mais pas "insurmontables".
Ce procédé divinatoire est utilisé depuis des milliers d'années par le peuple yoruba du Nigeria et a été importé en Amérique par les esclaves originaires de cette partie d'Afrique. Cuba est l'un des pays où la religion yoruba est le plus enracinée et où les anciennes traditions sont le mieux conservées.
Au début de l'année, une file de personnes attendaient à la porte de l'Association yoruba de Cuba dans l'espoir d'obtenir une copie de la Lettre de l'année. Car, que ce soit par foi ou par curiosité, de nombreux Cubains (et parmi eux autant d'hommes que de femmes) lisent et relisent la Lettre de l'année. L'intérêt pour les prédictions transcende les frontières entre les ethnies, les religions, les classes sociales et les niveaux d'éducation. "C'est un phénomène social et culturel", explique l'ethnologue cubaine Natalia Bolívar. "C'est quelque chose que nous avons dans le sang, qui nous appartient et que nous offrons au monde, un avertissement sur ce qui peut nous faire du mal."
Pour l'anthropologue et historienne María I. Faguaga, "la Lettre de l'année fait partie intégrante de la culture cubaine et montre le caractère pragmatique de tous ceux qui sont nés dans ce pays. La majorité de la population cubaine tient compte de ces prophéties."

Otages en Colombie : un accord humanitaire reste la «priorité»


Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, a affirmé mardi à Paris qu'un accord avec la guérilla pour la libération des otages restait «la priorité» de Bogota, assurant que l'encerclement des otages ordonné par Uribe n'était qu'une «solution possible».
«C'est une solution possible. Notre priorité reste la médiation de l'Eglise» pour un échange entre 43 otages dits «politiques», dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, et 500 guérilleros, réclamé par la guérilla marxiste des Farc, a affirmé M. Santos.

«Nous sommes prêts à participer à l'échange» humanitaire, a déclaré le ministre devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

Il était notamment interrogé sur l'ordre donné samedi par le président Alvaro Uribe à l'armée et à la police de localiser et encercler les zones où les Farc détiennent leurs otages.

Paris a appelé lundi Bogota à la «retenue» et à ne rien faire qui puisse mettre «en danger» la vie des otages.

«M. Uribe veut trouver une issue à ce problème (...) Au lieu de lancer une opération militaire, il a dit qu'on pourrait organiser une espèce de blocus, encercler les otages et demander à la communauté internationale si elle veut intervenir», a expliqué M. Santos.

«C'est une solution supplémentaire. Si nous savions où les otages se trouvent, on agirait sans doute différemment», a-t-il dit, affirmant que les moyens actuels de renseignements ne permettaient pas de percer la jungle opaque colombienne.

Le ministre colombien, qui s'est présenté en «ami d'Ingrid Betancourt» avec laquelle il a travaillé trois ans, a répété qu'il jugeait «absolument inacceptable» la situation des otages, estimant que Bogota entendait «y mettre un terme le plus tôt possible».

Cette audition intervient également une semaine après une tournée de M. Uribe, venu chercher le soutien des Européens dans sa politique de fermeté vis-à-vis des Farc, s'affirmant décidé à «écraser» la guérilla, en rébellion contre les autorités colombiennes depuis 1964.

Dans une contre-offensive diplomatique au président vénézuélien de gauche Hugo Chavez, M. Uribe, soutenu par l'administation du président américain George W. Bush, a demandé aux Européens de ne pas accéder à la demande d'Hugo Chavez de rayer les Farc de la liste des organisations terroristes.

Les relations entre Bogota et Caracas se sont nettement tendues depuis que M. Chavez, qui a obtenu des Farc la libération de l'ex-assistante d'Ingrid Betancourt, Clara Rojas, et de l'ancienne parlementaire Consuelo Gonzalez, a reconnu aux Farc le statut de «belligérants» le 17 janvier.

M. Santos s'est refusé à commenter les propos du président vénézuélien Hugo Chavez qui a accusé la Colombie et les États-Unis de préparer un plan visant à provoquer une situation de «guerre» avec le Venezuela.

«Nous avons vis-à-vis du peuple vénézuélien beaucoup de respect. Je préfère ne pas faire de commentaire. Je ne veux pas répondre à ces accusations», a-t-il déclaré.

lundi 28 janvier 2008

Alvaro Uribe, président colombien : "Nous sommes prêts à permettre aux FARC de négocier"


C'est pour chercher du soutien dans sa lutte contre le terrorisme que le président colombien Alvaro Uribe est venu en Europe. Dans son collimateur, les Farc, les forces armées révolutionnaires colombiennes, qui détiennent toujours 750 otages, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt. Pour le chef d'état colombien, il faut que les Farc déposent les armes et acceptent de négocier.

Interview exclusive EuroNews.

Sergio Cantone, EuroNews : Président Uribe, bienvenue sur EuroNews. Alors, quand pensez-vous qu'Ingrid Betancourt et les autres otages des Farc pourront-être libérés ?

Álvaro Uribe, président colombien :
Il y a quarante-trois autres citoyens qui ont été kidnappés avec Ingrid Betancourt. La guerilla dit qu'ils peuvent être échangés, mais ces dix dernières années, 750 Colombiens enlevés par les Farc ne sont pas rentrés chez eux. Beaucoup de ces otages ont été assassinés, récemment onze députés régionaux ont été tués. Notre politique de sécurité a rendu beaucoup plus efficace le combat contre les kidnappings. Nous avons connu des années avec 3.000 enlèvements, cette année il y en a eu 230. Nous faisons tous les efforts humanitaires nécessaires pour ramener chez eux les otages, mais nous devons être vigilants et ne pas encourager les enlèvements avec ces efforts humanitaires.

EuroNews :
Quel est votre sentiment après votre entretien avec Javier Solana ?

Álvaro Uribe :
Très bon ! Parce que sans hésiter une fois encore, il a apporté son entier soutien à la Colombie. Ici en Europe, les choses sont claires car vous avez fait l'expérience du nazisme, et ce que les Farc font avec les otages colombiens est comme ce qu'ont fait les nazis avec les juifs. Vous pouvez donc comprendre...

EuroNews :
Peur-être devriez-vous faire attention avec une telle comparaison, vous ne pensez pas que c'est un petit peu exagéré ?

Álvaro Uribe :
Comment pouvez-vous avoir l'impression que c'est exagéré ? Vous n'avez pas vu les photos d'Ingrid Betancourt ? Vous ne savez pas que les membres des forces de sécurité colombiennes kidnappés par les Farc il y a dix ans sont enfermés dans des cages ou attachés avec des chaînes ? Et qu'ils doivent traîner les autres derrière simplement pour quitter le groupe pour leurs besoins ?

EuroNews :
Selon l'opinion publique, le nazisme est le mal absolu, et il est impossible de négocier avec le mal absolu. C'est comme si vous disiez que vous ne négocierez jamais avec les Farc.

Álvaro Uribe :
Au sein du mal absolu que constituent les Farc, il y a beaucoup de gens innocents qui reconnaissent leur erreur. Et de fait, sous notre gouvernement, plus de 10.000 militants des Farc se sont démobilisés. L'année dernière, 2.700 personnes se sont démobilisées et cette année 137 militants ont rendu les armes. Nous sommes aussi durs avec les terroristes que généreux avec ceux qui en font partie, si tant est qu'ils s'émancipent du terrorisme.

EuroNews :
Pour l'Union Européenne, les Farc doivent rester sur la liste noire des organisations terroristes...

Álvaro Uribe :
C'est leur problème. Quand les Farc changeront leur comportement, le gouvernement colombien sera le premier à leur faciliter les étapes vers la paix. Comment ? Eh bien nous sommes prêts à reconnaître leur négociateur, lever les mandats d'arrêt et leur permettre de négocier. Mais nous ne devons pas nous tromper au sujet de leur statut et conférer un statut politique à un groupe violent qui agit contre la démocratie, l'Europe comprend cela. De plus les Farc ont perdu le contrôle de leur territoire. Ils n'ont pas de système judiciaire et il serait impossible de les reconnaître dans un pays avec une justice démocratique et indépendante, qui se renforce tous les jours, comme la Colombie. Ce groupe n'a aucun respect pour les droits de l'homme ou même le droit humanitaire, ce qui aurait été de nature à réduire leur cruauté.

EuroNews :
La Colombie a du décider entre deux options. La première était de suivre la proposition américaine d'acheter des armes et de renforcer l'armée pour combattre les Farc, et la seconde, venue de l'Union européenne, était de tenter l'apaisement avec la guerrilla. Vous avez choisi la première option. Pensez-vous que cela a fonctionné ?

Álvaro Uribe :
Pourquoi cela s'est-il passé? A cause de mon élection et de ce qu'elle a entraîné ? La rébellion du peuple colombien contre cinquante ans de souffrance ? Il ne faut pas oublier qu'on a donné aux Farc une chance de paix; pendant plus de trois ans ils ont eu la chance de pouvoir régner sur une zone libre de la taille de la Suisse. Ensuite, mon gouvernement a commencé cette politique appelée "sécurité à partir de la démocratie". Et ça a renforcé l'état, ça a marché. Nous avons réduits les assassinats de moitié au moins, même s'il y a encore beaucoup à faire. Nous avons réduit le nombre d'enlèvements de 85%. L'année dernière, aucune mairie n'a été détruite, et nous en avons reconstruit 196. Nous avons reconstruit 8.000 maisons, nous avons mis en prison les chefs paramilitaires. Nous avons rendu à l'état le monopole du combat contre les groupes paramilitaires.

EuroNews :
Que pensez-vous de l'attitude du président Chavez envers l'Amérique latine en général, pas seulement durant cette crise ?

Álvaro Uribe :
Ma seule réponse est un message de respect et d'affection envers le peuple frère du Vénézuéla.

EuroNews :
Il a réussi à isoler la Colombie en créant un groupe de pays sud-américains qui...

Álvaro Uribe :
Je veux exprimer ma gratitude à tous les pays dans le monde qui nous ont apporté leur soutien : le soutien que nous avons reçu de la France, le soutien que la Colombie vient de recevoir de l'Union européenne.

EuroNews :
Vous êtes une démocratie, c'est vrai, mais une démocratie plutôt isolée en Amérique du Sud...

Álvaro Uribe :
Une démocratie...

EuroNews :
Parce qu'il semblerait qu'il y a une sorte de course qui rassemble beaucoup d'importants pays sud-américains, comme l'Argentine, pour se rallier aux positions de Chavez plutôt qu'aux positions colombiennes. Que se passe t-il en Amérique latine ?

Álvaro Uribe :
Je ne joue pas à ce jeu, mon cher ami. Ma seule réponse à votre insistance sera de renouveler mon message d'affection et de respect au peuple frère du Vénézuéla, et de réaffirmer les valeurs démocratiques de la Colombie. Nous nous battons pour soutenir l'Eglise catholique, pour soutenir le combat complexe mené par l'Eglise catholique de façon à établir une zone de rencontre avec les deux délégués de la France, de l'Espagne et de la Suisse. Nous nous battons pour mettre en place la mission médicale internationale pour éviter que les conditions de santé des otages n'empirent. Nous devons penser à la libération d'Ingrid Betancourt et des autres otages. Nous devons penser aux 750 otages colombiens qui ne sont pas rentrés chez eux depuis dix ans.

EuroNews :
Merci beaucoup Président.

Álvaro Uribe :

dimanche 27 janvier 2008

Le mal colombien


La libération récente de Clara Rojas et Consuelo Gonzalez, retenues en otage durant des années par la guérilla des FARC, a rappelé la situation douloureuse que connaît la Colombie: un état d'exception permanent aux racines profondes.

Ce devait être le cœur d'un Etat puissant, réunissant les anciennes colonies espagnoles d'Amérique latine comme les Etats-Unis avaient rassemblé, quelques décennies plus tôt, les anciennes colonies anglaises d'Amérique du Nord. Mais le rêve du «libérateur» Simon Bolivar a tourné au cauchemar. La République de Grande Colombie, créée en 1819, a non seulement été beaucoup plus petite que prévu, elle a rapidement éclaté en plusieurs morceaux. Et près de deux siècles plus tard, sa principale composante, la République de Colombie, reste l'un des Etats les plus faibles du continent. Incapable de régner sur son territoire. Incapable de s'imposer à ses habitants.

Quel gâchis! Le pays aligne les atouts: une population nombreuse (la troisième d'Amérique latine, derrière le Brésil et le Mexique); un potentiel agricole exceptionnel; une industrie moderne; une élite formée aux meilleures universités; des institutions démocratiques rarement remises en question (à l'échelle du sous-continent). Mais voilà. Comme l'a rappelé récemment la libération de Consuelo Gonzalez et Clara Rojas, deux femmes séquestrées durant des années par un groupe armé, il présente parallèlement quelques tares fâcheuses: un état permanent de guerre civile, de violence et de non-droit.

Comment se fait-il? Comment expliquer que, deux cents ans après son indépendance, un Etat puisse demeurer aussi chétif? Comment expliquer que la démocratie et le développement ne suffisent pas à assurer un minimum d'ordre et de concorde au sein d'une société?

La réponse tient en peu de mots. Le premier est «division».

Cette histoire-là commence par de la géographie. Une géographie caractérisée par l'étendue (plus d'un million de km2), le vide (dans la moitié orientale du pays, couverte de savanes et de jungles, la densité humaine descend jusqu'à un habitant au km2) et le morcellement (la cordillère des Andes s'y déploie en trois branches principales et en innombrables rameaux). Résultat: la Colombie s'est développée comme un archipel de populations, souvent très éloignées - voire isolées - les unes des autres.

Bien sûr, les moyens modernes de communication ont effacé certaines distances. Mais le passé pèse encore très lourd dans les consciences et dans les habitudes. Et le passé, c'est un particularisme farouche. Bolivar était bien seul à rêver d'unité. L'écrasante majorité des créoles souhaitaient seulement être maîtres chez eux, c'est-à-dire dans leur vallée ou sur leur bout de plaine. La geste glorieuse du général a pu laisser croire que la Colombie était née d'une guerre d'indépendance. En réalité, elle a résulté d'une myriade de guerres d'émancipation. Et, par la suite, faute de centre politique et de moyens de transport efficaces, les pouvoirs locaux ont prospéré à leur guise. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le pays était presque devenu une fiction: les neuf provinces qui le composaient avaient chacune sa monnaie, ses douanes et son armée.

Or, ce temps-là n'est pas tout à fait révolu. Comme en témoigne un recours désinhibé à ce qui représente en principe une prérogative de l'Etat: la force armée. Face à la guérilla, de nombreux notables se sont encore récemment sentis autorisés à lever des armées personnelles, les tristement célèbres groupes paramilitaires, afin de défendre leurs intérêts. Et pour cause: les autorités colombiennes, incapables d'assurer leur sécurité, les ont laissé faire quand