vendredi 29 février 2008

Ingrid Betancourt : «la mort me semble une option douce»


Dans les dernières lettres envoyées à son époux, l'otage franco-colombienne ne cache pas son désespoir extrême.
«Je sens que la vie de mes enfants est en stand by, dans l'espoir que je sois libérée, et leur souffrance quotidienne fait que la mort me semble une option douce.» C'est par ces mots de détresse ultime qu'Ingrid Betancourt (Voir notre dossier) s'exprime dans les dernières lettres écrites à son mari. On ignore toutefois à quelle date Juan Carlos Leconte a reçu ces écrits, révélés jeudi par le site Internet de la chaîne espagnole Cuatro. «Je n'ai envie de rien et je crois que c'est justement la seule chose qui est bien : n'avoir envie de rien», écrit-elle encore depuis son lieu de captivité, dans la forêt, «un matin pluvieux comme (mon) âme».

«Mets-toi en paix avec toi et avec moi (…) je suis fatiguée de souffrir, de porter cette souffrance en moi tous les jours, de me mentir à moi-même et de voir que chaque jour est identique à l'enfer de la veille», peut-on lire encore.

Et Ingrid Betancourt d'ajouter : «Je t'aime autant que cette nuit étoilée en Polynésie (où le couple a passé sa nuit de noces) ».


Etat de santé alarmant

Mercredi, quatre otages des Farc, dont l'un est porteur de nouvelles alarmantes sur l'état de santé de l'otage franco-colombienne, ont été libérés sans contrepartie par les Farc, avant d'être transférés au Venezuela pour y être remis à Hugo Chavez. Le président vénézuélien a depuis proposé une médiation internationale pour parvenir à un terrain d'entente entre son homologue colombien et la rébellion marxiste.

Mais pour l'heure, les Farc excluent toujours toute nouvelle libération unilatérale et réclament un retrait militaire dans le sud du pays, afin d'échanger un groupe d'une quarantaine d'otages, dont Ingrid Betancourt, contre 500 guérilleros emprisonnés.

Luis Eladio Pérez : ''La solution est politique, Monsieur le président Uribe ''


Luis Eladio Pérez a avancé que les 4 ex otages ont une proposition "à formuler aux présidents Uribe, Sarkozy et évidemment au président Chávez", afin d'apporter une solution au conflit colombien. Toutefois il a ajouté que cette proposition sera rendue publique une fois que ces trois personalités en seront informés.
Ces quatre ex sénateurs libérés mercredi par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), ont exprimé devant la presse leur disposition à travailler pour la libération de de tous ceux qui sont restés dans la forêt et pour la paix en Colombie.

Ils ont réitéré leur appel à une solution politique en rejetant catégoriquement une option militaire. L'ex otage Luis Eladio Pérez s'est adressé au chef d'état colombien en ces termes, "la solution est politique, Monsieur le président Uribe", durant la conférence de presse.

"La solution est politique Monsieur le président Uribe", a t-il répété, en signalant que "si il persiste dans cette voie de sauvetage militaire, le président Uribe aura 40 ou 50 cadavres de ces concitoyens d'ici les 8,.9 ou 10 prochaines années" retenues dans la forêt.

Eladio Pérez a estimé que "il est absurde de penser un sauvetage militaire avec des conditions comme celles que nous avions, celà sera un massacre".

Il a avancé que lui et les trois autres otages libérés ont une proposition "à formuler au président Uribe, au président Sarkozy et évidemment au président Chávez". Toutefois il a ajouté que cette proposition sera rendue publique au moment où les trois mandataires en auront pris connaissance.

Otages des Farc: Chávez s'active


Le président vénézuélien propose l'intervention d'un groupe de pays amis. Nicolas Sarkozy se dit, lui, prêt à aller sur place chercher Ingrid Betancourt, qui, pour sa part, réclamerait la reconnaissance politique des Farc.

Initiatives et propositions se multiplient pour obtenir la libération des 41 otages «politiques» des Farc, échangeables contre 500 guérilleros emprisonnés dans le cadre d’un accord humanitaire. Au lendemain de la fin de la captivité de quatre ex-parlementaires colombiens, le président du Venezuela, Hugo Chávez, a proposé qu’un groupe de pays amis latino-américains reçoive des responsables colombiens et des Farc afin de négocier la remise en liberté de tous les détenus de la guérilla.
Dans un message téléphonique à la chaîne de télévision d’Etat VTV, le chef de l'Etat vénézuélien a affirmé que «c’est une idée qui est en train de prendre forme au sein de ce groupe (de pays amis) capable de se former immédiatement et de recevoir un émissaire de Manuel Marulanda (chef des Farc) et un responsable colombien pour commencer à discuter de la libération de tous les otages». Chávez a ajouté que cette option était considérée comme prioritaire par son gouvernement et il a évoqué la création d’un groupe de pays de type «Contadora» (créé en 1983 pour faire face à la situation explosive en Amérique centrale).


Prisonniers de guerre


«Le secrétaire général de l’OEA (Organisation des Etats américains), José Miguel Insulza, est d’accord, et j’ai discuté récemment avec l’un de ses envoyés, l’ex-ministre des Affaires étrangères argentin, Dante Caputo.» Le président vénézuélien compte sur le soutien du Brésil, de l’Argentine, de la France, de l’Equateur, de la Bolivie, de Cuba et de la Suisse. Selon lui, le seul obstacle à la formation de ce groupe est le gouvernement colombien: «Tous sont d’accord sauf (le président colombien Alvaro) Uribe.»

Par ailleurs, selon l’un des otages libérés - Luis Eladio Pérez - qui a pu parler avec Ingrid Betancourt le 4 février alors qu’il se trouvait encore en captivité, l’ex-candidate à la présidentielle colombienne estime que les négociations pour les échanges d’otages en Colombie doivent se dérouler sous l’égide de la Convention de Genève. Il a ainsi affirmé lors de sa première conférence de presse, jeudi à Caracas, que «pour Ingrid, il existe des alternatives politiques […] L'échange doit être réalisé entre prisonniers de guerre en application de la Convention de Genève, avec la condition primordiale que le président colombien Alberto Uribe reconnaisse le statut politique aux Farc». D’après l'ex-otage, Ingrid Betancourt insiste sur le fait que «les civils doivent être exclus du conflit afin de parvenir à une humanisation de la guerre».

Pas d'autre libération unilatérale

Depuis l’Afrique du Sud, où il est en visite, Nicolas Sarkozy, qui a fait de la libération d’Ingrid Betancourt une priorité, a réclamé un «geste humanitaire», tout en mettant en garde la guérilla marxiste qui retient l’otage depuis six ans. «C’est une question de vie ou de mort, d’urgence humanitaire, a dit Sarkozy. Je suis prêt, comme le souhaite le président Chavez, si c’est la condition de sa libération, à aller moi-même à la frontière du Venezuela et de la Colombie chercher Ingrid Betancourt si ce devait être une condition des Farc.» La famille d’Ingrid Betancourt a, elle, lancé jeudi à Paris un appel désespéré pour sauver l’otage «au bord de la mort»,

Mercredi, quatre otages des Farc, dont Luis Eladio Pérez, porteurs de nouvelles alarmantes sur l’état de santé de la Franco-Colombienne, avaient été libérés sans contrepartie par la guérilla marxiste en Colombie, avant d’être transférés au Venezuela pour y être remis au président Hugo Chavez. Depuis, les Farc ont exclu toute nouvelle libération unilatérale et réclament toujours un retrait militaire dans les municipalités de Florida et Pradera (800 km² dans le sud du pays) avant d’entamer des négociations.

La constance de Chavez


Les libérations d'otages successives, rendues possibles par le président vénézuélien, sont les seules intervenues au cours des deux mandats du chef de l'État colombien Uribe.
L'entêtement d'Hugo Chavez a une nouvelle fois porté ses fruits. En obtenant la libération de quatre otages aux mains de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), un mois après celle de l'ex-député Consuelo Gonzalez et de Clara Rojas, la conseillère d'Ingrid Betancourt, le président vénézuélien réaffirme qu'il est devenu un acteur incontournable dans le conflit armé colombien. Ces libérations successives d'otages «politiques» sont les plus importantes réalisées depuis 2001, les seules qui ont eu lieu au cours des deux mandats du président conservateur Alvaro Uribe. Pour la deuxième fois depuis le début de l'année, les télévisions du monde entier ont transmis les images d'otages en pleurs, remerciant des membres du gouvernement vénézuélien tout de rouge vêtus. On peut difficilement imaginer publicité plus efficace pour Hugo Chavez et sa révolution bolivarienne.

La décision du président vénézuélien d'œuvrer à la libération des otages colombiens est typique de sa politique étrangère, fondée sur le coup d'éclat et la défiance. Quand il se propose comme médiateur, il y a plus de six mois, Hugo Chavez soulève un vent d'espoir dans les familles d'otages, mais beaucoup de scepticisme dans les rangs diplomatiques. Certes, le leader de gauche le plus bruyant d'Amérique latine paraît le plus apte à converser avec les Farc. Mais hormis leur opposition aux États-Unis, les guérilleros ne partagent pas grand-chose avec le leader de la révolution bolivarienne. Son mentor Fidel Castro lui aurait même conseillé de maintenir une distance respectueuse avec ces troupes imprévisibles, à l'idéologie douteuse.


L'embarras de Washington

Surtout, la médiation ne paraissait possible qu'avec l'accord d'Alvaro Uribe, qui n'a rien à gagner à voir son voisin réussir là où il échoue. Quand le président colombien décide, en novembre dernier, de mettre fin aux pourparlers entre le gouvernement vénézuélien et la guérilla colombienne, tout le monde est convaincu que Chavez va jeter l'éponge. Il n'en est rien : le «Commandante» veut intervenir en Colombie, même contre l'avis d'Uribe. Il en arrive à geler les relations entre les deux pays, en traitant Uribe, avec lequel il s'entendait bien depuis cinq ans, de marionnette de l'empire américain. «Le dossier des otages est devenu central pour lui, il ne pouvait plus le laisser tomber», confie un des conseillers du président vénézuélien, étonné et quelque peu effrayé de la constance avec laquelle il traite la question.

Hugo Chavez a peu à peu fait de la libération des otages colombiens un des étendards de sa politique étrangère, à côté de la diplomatie pétrolière, qui lui permet de financer des pays ou des mouvements politiques amis, et de s'attacher ainsi leur loyauté. En apparaissant comme le porteur de paix dans un conflit vieux de quarante ans, il affaiblit la rhétorique américaine qui veut le faire passer pour le «principal facteur de déstabilisation» de la région. Les images des retrouvailles des otages avec leurs familles étouffent les critiques. L'espoir d'une libération d'Ingrid Betancourt a fait de Nicolas Sarko-zy l'avocat d'Hugo Chavez en Europe. Aux États-Unis, les familles des trois mercenaires otages des Farc multiplient les appels au président vénézuélien et embarrassent Wa-shington. En Amérique latine, les détracteurs du régime vénézuélien baissent la garde. Le Sénat brésilien, opposé depuis des mois à l'entrée du Venezuela dans le Mercosur, le marché commun d'Amérique du Sud, a changé de discours après la libération des otages.

La stratégie de Chavez n'est pas sans risque. Elle dépend du bon vouloir de guérilleros qui n'ont pas hésité à lui faire faux bond lors des premières négociations. Elle peut surtout conduire à une dangereuse escalade entre la Colombie et le Venezuela, attisée par les États-Unis.

jeudi 28 février 2008

Colombie: nouvelles alarmantes d'Ingrid Betancourt, Sarkozy lance un appel aux Farc


Le président français Nicolas Sarkozy a appelé jeudi les Farc à libérer Ingrid Betancourt et s'est dit prêt, "comme le souhaite", selon lui, le président vénézuelien Hugo Chavez, à aller la chercher lui-même à la frontière entre le Venezuela et la Colombie.


"J'appelle les Farc à libérer sans délai Ingrid Betancourt, c'est une question de vie ou de mort. C'est une question d'urgence humanitaire", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue sud-africain Thabo Mbeki, au Cap. M. Sarkozy a également appelé le président vénézuélien Hugo Chavez à "user de toute son influence" auprès des Forces armées révolutionnaires colombiennes pour sauver la vie d'Ingrid Betancourt, enlevée le 23 février 2002.

"Je suis prêt, comme le souhaite le président Chavez, si c'est la condition de sa libération, à aller moi-même à la frontière du Venezuela et de la Colombie, chercher Ingrid Betancourt si ce devait être une condition des Farc", a-t-il dit. "La France va rester mobilisée jusqu'à la sortie du dernier otage, je m'y engage personnellement. Mais le sort d'Ingrid relève d'un geste humanitaire et non pas d'un accord humanitaire", a-t-il martelé.

Selon M. Sarkozy, "c'est aujourd'hui très clairement une course contre la montre qui est engagée. Et chacun est devant ses responsabilités. Il y aura ceux qui ont tout fait pour Ingrid et ceux qui porteront la responsabilité de sa mort. On ne peut plus attendre". "La France est engagée pour un accord humanitaire une fois qu'Ingrid Betancourt sera libre", a-t-il précisé.

M. Sarkozy a également indiqué qu'il avait "bien entendu le témoignage de deux otages libérés" par les Farc, "des témoignages accablants de cruauté et de barbarie qui soulèvent le coeur". "Le martyr imposé à Ingrid Betancourt, c'est un martyr qu'ils (les Farc) infligent à la France", a-t-il ajouté. Il a également indiqué s'être entretenu dans la nuit de mercredi à jeudi, alors qu'il était dans l'avion qui le menait du Tchad en Afrique du Sud, avec Mélanie Delloye-Betancourt, la fille d'Ingrid Betancourt, qui lui a fait part de son "angoisse".

Quatre otages des Farc, dont l'un est porteur de nouvelles alarmantes sur l'état d'Ingrid Betancourt, ont été libérés sans contrepartie mercredi par la guérilla marxiste en Colombie, avant d'être transférés au Venezuela pour y être remis au président Hugo Chavez. Les Farc ont toutefois averti qu'elles attendaient désormais un retrait militaire pour procéder à toute nouvelle libération de prisonniers.

Mélanie Delloye, la fille d'Ingrid Betancourt, a dit jeudi être "extrêmement angoissée" après les nouvelles alarmantes sur l'état de santé de sa mère ."C'est extrêmement inquiétant, et je sais que le temps nous est vraiment compté. Maman est vivante, mais je ne sais pas pour combien de temps, et je sais qu'il faut qu'on la sorte de là le plus vite possible", a dit Mélanie Delloye à la radio RTL.

.De son côté, le fils d' Ingrid Betancourt a dit au bord des larmes: "On n'a plus le temps. Maman, l'être que j'ai de plus cher au monde est en train de mourir",

"Si on agit pas très vite, maman va mourir. On est dans une situation d'urgence", a poursuivi Lorenzo Delloye, 19 ans, la voix tremblante, au cours d'une conférence de presse à Paris.

"Ingrid est en train de mourir. Elle est atteinte depuis longtemps d'une hépatite et chaque crise est plus dangereuse que les autres", a déclaré son père Fabrice Delloye, ex-mari d'Ingrid Betancourt.

Il a rappelé par la suite qu'Ingrid Betancourt avait été transportée en 2004 sur un brancard pendant plusieurs mois par les Farc en raison d'une crise aiguë de cette maladie qui s'attaque au foie et peut dégénérer en cancer.

«Ingrid Betancourt est très malade»


Melanie Delloye devant une photo de sa mère, Ingrid Betancourt
Maltraitée par ses ravisseurs, l'otage franco-colombien des Farc souffrirait d'une hépatite B, selon les otages libérés mercredi.
« Elle est très très malade. Elle est épuisée, physiquement et moralement. » Ingrid Betancourt serait dans un état de santé extrêmement préoccupant, selon les déclarations de deux des quatre otages libérés mercredi par les Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC).

Luis Eladio Perez, compagnon de captivité d'Ingrid Betancourt qui le mentionnait dans son dernier message à sa famille comme son confident, dit avoir vu pour la dernière fois la Franco-Colombienne le 4 février dernier pendant quelque minutes. Mais, selon lui, « elle était très très très malade ». « Elle souffre d'une hépatite B récurrente et est proche de la fin », a ajouté Gloria Polanco, autre otage libérée mercredi.

Les deux ex-otages ont insisté sur les conditions de vie d'Ingrid Betancourt. Pour Gloria Polanco, le traitement infligé à l'ancienne candidate à l'élection présidentielle colombienne est « sans pitié ». « Elle est enchaînée, entourée de personnes qui ne lui ont pas rendu la vie facile. Ils ont passé leur colère sur elle », a-t-elle ajouté. Dans la vidéo découverte récemment, Ingrid Betancourt apparaissait enchaînée et extrêmement amaigrie.


Plus de libération unilatérale

Considéré comme l'interlocuteur de choix des FARC depuis quelques mois et sensible à la situation d'Ingrid Betancourt, Hugo Chavez s'est adressé directement au chef des rebelles Manuel Marulanda par l'intermédiaire des caméras de télévision vénézuéliennes. « Je vous demande de changer Ingrid d'endroit. Transportez-la dans un camp près de vous, pendant que nous continuerons à travailler à sa libération définitive », a ainsi déclaré l'homme fort de Caracas. « Je crois que c'est urgent », a conclu Chavez.

Depuis janvier, les rebelles ont libéré six otages sans contrepartie. Mais les Farc ont prévenu que les libérations de mercredi seraient les derniers gestes de bonne volonté « unilatérale ». Dans un communiqué à la radio colombienne Caracol, les Farc ont à nouveau exigé un retrait militaire dans les localités de Pradera et Florida (sud-ouest de la Colombie), un corridor d'approvisionnement stratégique dans les Andes, pour poursuivre les libérations, une condition toujours refusée jusqu'ici par les autorités.

mercredi 27 février 2008

Colombie: quatre nouveaux otages des Farc ont été libérés


Quatre nouveaux otages des guérilleros des Farc (marxistes), d'anciens parlementaires colombiens, ont été libérés mercredi à midi dans le sud-est de la Colombie, a rapporté la chaîne de télévision privée radio Caracol.

Deux hélicoptères vénézuéliens, à l'emblème du CICR, étaient partis mercredi matin de l'aéroport de San Jose del Guaviare (sud-est de la Colombie) pour récupérer dans la jungle les quatre otages libérés par les guérilleros des Farc (marxistes), avait rapporté un photographe de l'AFP sur place.

Les deux appareils étaient partis pour un lieu secret où les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) devaient leur remettre les quatre ex-parlementaires colombiens.

Les hélicoptères qui transportent des délégués du CICR, des médecins, le ministre vénézuélien de l'Intérieur Ramon Rodriguez Chacin, coordinateur de l'opération de sauvetage et la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, doivent après avoir embarqué les otages se rendre à Caracas où ils seront reçus par le président du Venezuela Hugo Chavez.

Le 2 février, les Farc ont proposé de remettre au président du Venezuela Hugo Chavez et à la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, les otages Gloria Polanco, Orlando Beltran et Luis Eladio Perez. Les Farc ont ensuite offert la libération d'un quatrième otage, l'ex-sénateur Jorge Eduardo Gechem qui souffre notamment de problèmes cardiaques et de diabète.

A Bogota, le ministre de la Défense Juan Manuel Santos a assuré que toutes les opérations militaires dans cette zone seront suspendues mercredi jusqu'à 18H00 locales (23H00 GMT) afin de laisser le temps aux rebelles de remettre leurs otages et de s'enfuir dans la forêt.

Colombie: 4 nouveaux otages vont retrouver la liberté grâce à Hugo Chavez



La famille de l'ex congressiste Eladio Pérez demande au gouvernement colombien de respecter sa sécurité


Le conjoint d'Eladio Pérez a estimé que "les FARC, avec cet acte unilatéral, ratifient une volonté politique de s'asseoir à une table de négociation. Nous demandons au gouvernement colombien qu'il prenne acte de ces gestes unilatéraux parce que tout le peuple colombien souhaite la paix et la réconciliation ".

Carolina Pérez, fille de l'ex congressiste colombien Eladio Pérez, un de des quatre otages qui seront libérés par les Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC), a demandé ce lundi au gouvernement colombien "de respecter la sécurité de nos parents et l'occasion qu'ils ont de retourner à la liberté", et qu'ils ne mettent pas en danger leurs vies avec des opérations militaires.

Pour sa part le conjoint de l'ex parlementaire, Ángela de Pérez, a appelé le Gouvernement d'Álvaro Uribe pour que cesse les opérations militaires dans la zone et que l'on garantisse le succès de la libération des quatre détenus.

Lancement de l'opération de libération de quatre otages des Farc


Deux hélicoptères partis d'une base militaire au Venezuela sont arrivés en Colombie où ils doivent récupérer quatre députés retenus pendant des années dans la jungle par les rebelles des Farc, une libération qui marquerait un nouveau succès diplomatique pour le président vénézuélien Hugo Chavez.

Ces hélicoptères aux couleurs de la Croix-Rouge ont décollé d'une base proche de la frontière pour aller chercher ces otages, une femme et trois hommes: Gloria Polanco de Losada, Luis Eladio Perez, Orlando Beltran et Jorge Gechem, dont la santé serait apparemment défaillante.

Leur libération serait un nouveau succès pour Chavez, qui a irrité le président colombien Alvaro Uribe et Washington en demandant une reconnaissance politique des Farc, alors que les Etats-Unis et l'Union européenne les qualifient d'organisation terroriste pratiquant le trafic de cocaïne.

Elle aviverait en outre l'espoir d'un accord sur la mise en liberté d'autres otages, tels que la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, dont le calvaire a attiré l'attention internationale sur le sort des otages détenus depuis des années par les Forces armées révolutionnaires de Colombie.

Les récentes libérations ont été unilatérales et ont été présentées par les combattants comme un geste de bonne volonté envers Chavez, qui espère parvenir à un accord plus large, ce que des analystes jugent peu probable.

Une quarantaine de personnalités politiques et de soldats figurent parmi les centaines d'otages que les Farc détiennent soit dans l'espoir d'en tirer une rançon, soit à des fins politiques.

Opération pour récupérer quatre otages


Deux hélicoptères vénézuéliens aux couleurs du CICR sont partis mercredi pour récupérer quatre otages des Farc

L'appareil a décollé de l'aéroport de San José del Guaviare, dans le sud-est de la Colombie, pour un lieu secret ou la guérilla doit remettre quatre ex-parlementaires colombiens.

La libération de ces trois hommes et une femme serait un nouveau succès pour le président vénézuélien Hugo Chavez.

Le 2 février, les Farc ont proposé de remettre à Hugo Chavez et à la sénatrice colombienne Piedad Cordoba les otages Gloria Polanco, Orlando Beltran et Luis Eladio Perez. Elles ont ensuite offert la libération d'un quatrième otage, l'ex-sénateur Jorge Eduardo Gechem, qui souffre notamment de problèmes cardiaques.

Ces anciens parlementaires font partie du groupe de 43 otages dits "politiques", parmi lesquels trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, que les Farc ont proposé de relâcher en échange de la libération de 500 guérilleros emprisonnés.

Deux autres otages, la parlementaire Consuelo Gonzalez, et Clara Rojas, collaboratrice d'Ingrid Betancourt, ont été libérées par les Farc le 10 janvier, à la suite d'une médiation organisée avec le président vénézuélien Hugo Chavez.

samedi 23 février 2008

LE CHANTAGE DU « FRENCH DOCTOR » KOUCHNER, PETIT TELEGRAPHISTE DE CHAVEZ, INDISPOSE LA COLOMBIE (par Jacques Thomet)



Point de vue:Cette analyse est celle de Jacques Thomet, ancien patron de l'AFP à Bogota.Il éclaire l'enjeu d'un dossier sur lequel Sarkosy voulait se refaire une santé.A ce propos j’ ai vu aujourd’hui dans le métro parisien une affiche pour « exiger immédiatement un accord humanitaire » en Colombie, en 4 par 3 sil vous plait (les grandes pubs sur le quai). Il est clair que l’affaire Bétancourt est franco-française. Elle n’a qu’un rapport lointain avec la Colombie : c’est la rencontre d’intérêts particuliers, ceux de la famille Bétancourt - dont je comprends la détresse, et ceux des médias et des politiques français toujours avides de drames pour étaler leur gluante compassion à géométrie variable.


LE CHANTAGE DU « FRENCH DOCTOR » KOUCHNER, PETIT TELEGRAPHISTE DE CHAVEZ, INDISPOSE LA COLOMBIE (par Jacques Thomet)

La France s’est à nouveau distinguée sous le règne de Nicolas Sarkozy avec une cascade de gaffes commises par son ministre des Affaires étrangères dans ses entretiens avec le président Alvaro Uribe à Bogota. Comme la Colombie n’a rien d’un République bananière, Bernard Kouchner a déclenché un haut-le-cœur général, avant d’être renvoyé dans les cordes par son interlocuteur dans l’affaire Betancourt. Bernard Kouchner a rencontré le chef de l’Etat colombien le jeudi 21 février, au lendemain de ses entretiens à Caracas avec Hugo Chavez. Avant son face à face avec Uribe, Kouchner avait distillé pour la presse le contenu hallucinant de l’argumentaire qu’il allait lui présenter. Le voici, relaté dans les médias :

« Il devait aussi faire valoir à M. Uribe, selon des diplomates français, que c’est dans son intérêt d’avoir derrière lui cette affaire d’otages, qui empoisonne sa vie sur la scène internationale. En cas de décès de Ingrid Betancourt, aujourd’hui très affaiblie, M. Uribe pourrait en outre être tenu pour responsable s’il n’a pas fait les gestes nécessaires à temps, fait valoir la France. M. Kouchner devrait également appeler une nouvelle fois M. Uribe à ne rien faire qui puisse mettre “en danger” la vie des otages, après sa décision d’encercler les zones où la guérilla des Farc les détient.”

Quel chef d’Etat admettrait un tel chantage de la part d’un ministre étranger ? « Le dialogue a été respectueux, mais sans aucune chaleur », relate ce matin le quotidien El Tiempo de Bogota. En d’autres termes, la discussion a atteint les limites de la rupture. Evoquer l’absence de « gestes nécessaires » à une libération immédiate d’Ingrid Betancourt signifie que la France attend de la Colombie qu’elle cède à toutes les exigences des FARC. Cette guérilla narcoterroriste retient près de 800 otages, certains depuis 10 ans, et devra un jour passer devant le tribunal international de La Haye pour crimes contre l’humanité. Les preuves abondent, n’en déplaise au docteur Kouchner qui a oublié de faire un diagnostic préalable. Pour la énième fois, Paris oublie toutes les concessions faites par Bogota pour parvenir à un échange entre 44 otages « politiques », dont Ingrid, et 500 guérilleros incarcérés. Le dernier geste d’Uribe consistait à proposer un territoire de 150 km2 pour un dialogue entre la guérilla, L’Eglise colombienne, et les « trois pays » (Suisse, France, Espagne) dans une zone inhabitée du sud-ouest, près de Cali. Les FARC viennent de rejeter cette offre, et ne veulent ni de l’Eglise ni de l’Espagne dans cette négociation. Cette avancée de Bogota avait été appuyée par Sarkozy. Ce que veulent les guérilleros, c’est l’octroi d’un mini-Etat, sans armée ni police ni justice, pour y faire régner sa loi, avec ses armes, comme elle en a eu l’usufruit de 1998 à 2002, sous la présidence d’Andrés Pastrana. Bernard Kouchner et Nicolas Sarkozy accepteraient-ils que la Colombie exige la même chose en faveur d’un groupe terroriste corse pour libérer une sénatrice française ayant aussi la nationalité colombienne ? !
Exiger des forces de l’ordre colombiennes de ne pas mettre en danger la vie des otages revient à dire : une fois que des personnes sont séquestrées, la guérilla détient le pouvoir, on n’y touche plus, on attend ses instructions pour « négocier » sous la terreur. Tous les jours, des otages sont libérés par l’armée ou la police en Colombie, comme ce fut encore le cas hier jeudi. Le président Uribe ignore comment Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly, avait neutralisé un preneur d’otages dans une école primaire de sa commune en 1993. Uribe aurait pu le rappeler à Kouchner. Eric Schmitt, alias « Human Bomb », avait menacé de se faire sauter avec les enfants otages s’il n’obtenait pas une rançon de 100 millions de francs. Sous les ordres de Sarkozy, le RAID (service spécial de la police) avait encerclé les lieux puis abattu le ravisseur, malgré les risques encourus par les élèves… Mais Uribe a rejeté la requête du ministre français, au nom de ses obligations en sa qualité de président pour lutter contre les groupes en marge de la loi.
Dans sa superbe, Kouchner a proposé à Uribe d’intégrer le Venezuela dans le dialogue avec les FARC, comme s’il était le porte-parole de Chavez, dans une nébuleuse dont ferait partie le Brésil et Cuba. Le président colombien a sèchement apporté une fin de non recevoir à cette demande ahurissante. Occupé par l’indépendance du Kosovo, le ministre français doit ignorer, ou a feint de ne pas savoir, que le président vénézuélien mène une politique agressive contre le gouvernement colombien et pour la légalisation des FARC, qu’il soutient, à l’international. Là encore, il a été refoulé dans son en-but.

Comme je l’ai écrit hier, le drame des otages n’est pas près de s’achever. Ingrid Betancourt sera libérée prochainement, pour aider :

* les FARC, grâce à l’intervention de Paris, à perdre leur label de terroristes et à ouvrir des bureaux partout dans le monde, y compris à l’ONU. Nicolas Sarkozy à remonter dans les sondages grâce à cet « exploit » du retour d’Ingrid.

Les 800 autres otages, dont trois Américains enlevés en février 2003, pourront attendre dix ans de plus, ou davantage s’ils ne meurent pas en captivité, pour bénéficier d’une mesure identique. Ni la France ni Caracas ne leur prêteront le moindre intérêt. Qui en France s’est préoccupé pour Aïda Duvaltier, cette Française décédée en 2006 après cinq années de captivité aux mains de la guérilla. Elle avait pris la place de son mari, malade, comme otage.

Otages en Colombie: Kouchner n'a pas obtenu d'Uribe une nouvelle médiation de Chavez


Les démarches du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner auprès du président colombien Alvaro Uribe pour obtenir le retour de son homologue vénézuélien Hugo Chavez comme médiateur dans le dossier des otages colombiens n'ont pas été couronnées de succès.

Le président Uribe "a catégoriquement refusé de réactiver la médiation de Hugo Chavez" pour la libération des otages et n'a "pas même accepté d'en discuter" avec le ministre français des Affaires étrangères lors de sa visite cette semaine en Colombie, a révélé vendredi à l'AFP un haut fonctionnaire du gouvernement colombien.

"A deux reprises, M. Kouchner a tenté d'évoquer le sujet" du retour du président du Venezuela dans un groupe de médiateurs, "mais le président Uribe lui a clairement répondu qu'il refusait de discuter de cette question", a ajouté le haut fonctionnaire qui a requis l'anonymat.

Lors d'une conférence de presse conjointe jeudi avec le ministre français, le Haut commissaire colombien pour la paix, Luis Carlos Restrepo, avait laconiquement déclaré: "Le thème du Venezuela n'a pas été traité lors de la réunion", illustrant le rejet catégorique opposé aux propositions françaises de réintroduire Hugo Chavez parmi les médiateurs.

Le quotidien national El Tiempo a souligné que dans un premier temps le président Uribe avait "décidé de ne pas recevoir Bernard Kouchner", et titrait vendredi: "Uribe pas n'a accepté le retour d'une médiation de Chavez".

"Les Farc sont entrés dans une dynamique de libérations unilatérales. Ils font cela pour renforcer l'image du président Chavez comme personnage-clef dans les questions humanitaires (...) et pour qu'un groupe de pays fasse pression sur le président Uribe afin qu'il accepte de nouveau la médiation de Chavez", a affirmé vendredi M. Restrepo dans un communiqué.

Fin novembre, Alvaro Uribe avait brutalement mis fin à la médiation dans le dossier des otages de son homologue vénézuélien, le seul qui jusqu'à présent ait réussi à obtenir de la guérilla marxiste des résultats concrets, et depuis les relations entre les deux pays se sont envenimées.

Et afin de prouver que la Colombie est le seul décideur dans l'affaire des otages, le ministre de la Défense colombien Juan Manuel Santos affirmait jeudi soir, alors que Bernard Kouchner se trouvait encore en Colombie, que l'armée avait localisé le lieu de détention de quatre nouveaux otages, des parlementaires que les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont l'intention de libérer.

"Il n'existe aucun risque d'affrontements entre les troupes et les guérilleros", a-t-il précisé vendredi sur radio Caracol (privée), alors que les familles d'otages le suppliaient de ne pas tenter une libération par la force qui mettrait en danger la vie de leurs proches.

"Tout cela est absurde car il s'agit d'une mission humanitaire. Le gouvernement (colombien) veut reprendre l'initiative parce qu'au fond il ne l'a pas. De plus, les autorités ne sont pas contentes que M. Kouchner ait rencontré auparavant Chavez", répond Carlos Lozano, ancien médiateur et directeur du journal communiste Voz.

Miguel Ceballos, le directeur des études politiques de l'Université privée Sergio Arboleda de Bogota, estime pour sa part que "la France a de bonnes intentions, mais qu'elle n'a toujours pas bien compris les divers intérêts en jeu dans l'affaire des otages".

Les Farc souhaitent échanger 43 otages dits "politiques", dont trois Américains et Ingrid Betancourt, contre 500 de leurs guérilleros emprisonnés en Colombie.

mercredi 20 février 2008

Hugo Chavez rend hommage à Fidel Castro


Le président vénézuélien Hugo Chavez a rendu mardi un vibrant hommage à Fidel Castro, après l'annonce de son retrait de la vie politique. "Fidel sera toujours à l'avant-garde. Les gens comme lui ne se retirent jamais", a-t-il déclaré.

"La révolution cubaine ne dépend pas d'une personne, d'une conjoncture ou d'une circonstance", a ajouté le promoteur de la révolution bolivarienne lors de l'inauguration d'un hôpital à Caracas.

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, dernier chef d'Etat à avoir rencontré M. Castro, l'a pour sa part qualifié de "mythe vivant". Mais son retrait du pouvoir "doit être bon pour Cuba" et "il est important pour l'Amérique latine que ce processus se déroule de manière tranquille", a-t-il estimé.

Même attitude de la part de son homologue costa-ricain Oscar Arias. Bien que souvent opposé à sa politique, le prix Nobel de la Paix 1987 a qualifié Fidel Castro de "leader charismatique de Cuba" et de "héros d'une révolution". Il a toutefois estimé que son retrait ne serait pas suivi d'un changement significatif à Cuba tant que le leader cubain serait en vie.

Au Chili, le gouvernement de centre-gauche de la président Michèle Bachelet a souhaité que "le peuple et le gouvernement cubains prennent les décisions qui les conduisent vers un nouvel horizon", après l'éclipse de Fidel Castro, "figure contradictoire" par "l'adhésion et le rejet" qu'il suscite.

Chavez:Tous les révolutionnaires sont des enfants de Castro



"Tous les révolutionnaires de ce continent sont les enfants de Fidel", a déclaré le président vénézuélien après l'annonce mardi de son retrait du pouvoir du Lider maximo.

Le président vénézuélien Hugo Chavez, grand admirateur et proche ami de Fidel Castro, a déclaré mardi 19 février que la décision du leader cubain de renoncer à un nouveau mandat à la tête de son pays démontre que "la révolution cubaine ne dépend pas d'une personne".
Fidel Castro, qui a annoncé son départ du pouvoir mardi, "a démontré au monde et avant tout à l'empire ( les Etats-Unis) que la révolution cubaine ne dépend pas d'une personne", a affirmé le chantre du "socialisme du 21e siècle" et héraut de la gauche radicale sud-américaine.
Castro "restera à l'avant-garde" des révolutions de l'Amérique latine, et "tous les révolutionnaires de ce continent sont les enfants de Fidel", a déclaré Hugo Chavez, autre bête noire des Etats-Unis dans cette région du monde.

Voie ouverte pour Raul Castro
Après près d'un demi-siècle passé à la tête de Cuba, le seul leader qu'ait connu le régime communiste de l'île, aujourd'hui âgé de 81 ans, a annoncé son retrait mardi dans une longue lettre à l'organe officiel "Granma". Toujours pas remis de sa grave opération intestinale de l'été 2006, il dit tirer les conséquences de son "état de santé critique".
Son retrait ouvre la voie à son frère cadet Raul, qui assume "provisoirement" ses prérogatives depuis son intervention chirurgicale. (avec AP)

Kouchner en Colombie, les FARC proposent de libérer un 4e otage


La guérilla colombienne des FARC a proposé au président Hugo Chavez de libérer un quatrième parlementaire colombien dans les prochains jours ou prochaines semaines, a annoncé mercredi le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner à Caracas.

"Le président Chavez nous a dit qu'il y aurait un quatrième otage qui serait liberé et non pas seulement trois et nous sommes très heureux de ça", a déclaré le ministre français à l'issue d'une rencontre avec Hugo Chavez.

Interrogé sur l'identité du quatrième otage, M. Kouchner a déclaré qu'il revenait au président Chavez de le dire et ajouté que "c'est un parlementaire". Cet otage s'ajouterait à la liste des trois anciens parlementaires colombiens, Gloria Polanco, Luis Eladio Perez et Orlando Beltran, que les Forces armées révolutionnaires de Colombie se sont engagées au début du mois à libérer afin de les remettre au président Chavez.

Depuis cette annonce, les proches de ces parlementaires se sont rendus au Venezuela. "La libération des otages des Farc (...) doit se produire dans quelques jours ou dans quelques semaines" a précisé le chef de la diplomatie française avant de saluer le "rôle important" joué par le président Chavez "dans les libérations et peut-être dans d'autres libérations".

Bernard Kouchner, est arrivé mercredi au Venezuela et doit se rendre jeudi Colombie pour y rencontrer le président Alvaro Uribe, dans le cadre d'un voyage portant sur le sort des otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, détenue par la guérilla des Farc depuis bientôt six ans.

Mercredi de Bogota, l'épouse d'un ex-sénateur, Jorge Eduardo Gechem, otage des Farc depuis six ans, avait annoncé qu'il était sur le point d'être libéré. Il "va être relâché très prochainement", avait affirmé Lucy de Gechem, déclarant avoir été avertie par la sénatrice colombienne d'opposition Piedad Cordoba, ancienne médiatrice auprès des Farc.

"Dès que le gouvernement vénézuélien m'en donnera l'autorisation, nous partirons en famille" à Caracas, a souligné Lucy de Gechem.

Les Farc, en conflit avec les autorités colombiennes depuis 1964, réclament la libération de 500 guérilleros emprisonnés contre celle d'un groupe d'une quarantaine d'otages, des personnalités politiques et militaires, dont Ingrid Betancourt. Les Farc ont libéré le 10 janvier dernier l'ancienne collaboratrice d'Ingrid Betancourt Clara Rojas, et l'ex-parlementaire Consuelo Gonzalez.

mardi 19 février 2008

Obama et McCain : le retrait de Castro n'annonce pas un Cuba libre


"Les Etats-Unis doivent être préparés à commencer à prendre des mesures pour normaliser les relations" avec Cuba si un "changement démocratique significatif" intervient, a cependant ajouté le candidat démocrate, après l'annonce de la démission du "Lider Maximo".

Le retrait de Fidel Castro est insuffisant pour faire de Cuba un pays libre, ont estimé, mardi 19 février, les présidentiables américains Barack Obama et John McCain. Le candidat démocrate Barack Obama a cependant plaidé pour un début de normalisation avec l'île en cas de "changement démocratique significatif".

Pas plus de liberté

"La liberté du peuple cubain n'est pas encore atteinte, et les frères Castro ont clairement l'intention de garder la main sur le pouvoir", a affirmé le républicain John McCain, en passe de remporter l'investiture de son parti.
Bien que plus nuancée, la réaction du candidat à l'investiture démocrate Barack Obama à l'annonce du retrait de Fidel Castro n'est cependant pas plus optimiste : "Le retrait de Fidel Castro est une première étape essentielle, mais il est tristement insuffisant pour apporter la liberté à Cuba". "L'avenir de Cuba devrait être déterminé par le peuple cubain et non par un régime successeur anti-démocratique", a-t-il ajouté.

Vers une normalisation des relations

Le sénateur de l'Illinois a appelé en outre à la libération rapide de "tous les prisonniers de conscience" pour marquer la rupture avec le passé.
"Si le régime cubain commence à ouvrir Cuba à des changements démocratiques significatifs, les Etats-Unis doivent être préparés à commencer à prendre des mesures pour normaliser les relations et assouplir l'embargo des cinquante dernières années", a précisé Barack Obama, estimant que "la liberté du peuple cubain est une cause qui devrait rassembler les Américains".

Une transition démocratique inévitable

"La transition démocratique de Cuba est inévitable", a estimé pour sa part John McCain, estimant qu'"avec la démission de Fidel Castro, le peuple cubain a une occasion d'avancer et de continuer à pousser en attendant l'heure où il sera véritablement libre".
"L'Amérique peut et doit hâter le démarrage de la liberté à Cuba", conclut le candidat républicain. Il appelle, comme Barack Obama, à la libération de tous les prisonniers politiques, à la légalisation de tous les partis politiques, syndicats et médias, et à l'organisation d'élections sous surveillance internationale.

Fidel Castro: "Ma santé, un secret d'Etat"


Message du Commandant en chef au peuple de Cuba et aux amis du monde

Je ne peux inventer de bonnes nouvelles, car ce ne serait pas éthique, et si les nouvelles étaient mauvaises, le seul qui en tirerait profit est l’ennemi. Dans la situation spécifique de Cuba, en raison des plans de l’empire, mon état de santé devient un secret d’État qui ne peut être constamment divulgué et les compatriotes doivent le comprendre. Je ne peux tomber dans le cercle vicieux des paramètres de santé qui, tout au long de la journée, évoluent constamment.

Je peux dire que c’est une situation stable, mais l’évolution réelle de l’état de santé requiert le passage du temps.

Le plus que je pourrais dire est que la situation demeurera stable durant plusieurs jours avant de pouvoir rendre un verdict.

Je suis très reconnaissant à nos compatriotes et à de nombreuses personnes dans le monde pour tous les messages reçus.

Je suis désolé d’avoir causé tant de préoccupation et de dérangement aux amis du monde entier.

Moralement, je me sens parfaitement bien.

L’important est que dans le pays tout marche et marchera parfaitement bien.

Le pays est préparé pour sa défense par les Forces armées révolutionnaires et le peuple.

Nos compatriotes sauront tout en temps voulu, comme lors de ma chute à Villa Clara.

Il faut lutter et travailler.

Le 1er août 2006, 17h30.
(Lu à la télévision cubaine au nom de Fidel Castro)

LE POUVOIR A RAOUL.SA DECLARATION




Proclamation du Commandant en chef au peuple de Cuba

A cause des énormes efforts réalisés pour visiter la ville argentine de Cordoba, participer à la Réunion du MERCOSUR, à la clôture du Sommet des peuples dans la ville historique de Cordoba et à la visite à Altagracia, la ville où a vécu le Che dans son enfance et assister dans la foulée à la commémoration du 53e anniversaire de l’assaut des casernes Moncada et Carlos Manuel de Céspedes, le 26 juillet 1953, dans les provinces de Granma et d’Holguin, des jours et des nuits de travail continuel sans à peine dormir ont donné lieu à ce que ma santé, qui a résisté à toutes les épreuves, soit soumise à un stress extrême et se brise. Cela m’a provoqué une crise intestinale aiguë avec un saignement permanent qui m’a obligé à affronter une opération chirurgicale compliquée. Tous les détails de cet accident de santé figurent dans les radiographies, endoscopies et matériels filmés. L’opération m’oblige à rester au repos plusieurs semaines, éloigné de mes responsabilités et charges.

Comme notre pays se trouve menacé dans des circonstances comme celle-ci par le gouvernement des Etats-Unis, j’ai pris les décisions suivantes:

1) Je délègue à titre provisoire mes fonctions comme Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba au Second secrétaire, le camarade Raul Castro Ruz.

2) Je délègue à titre provisoire mes fonctions comme Commandant en chef des héroïques Forces armées révolutionnaires au camarade mentionné plus haut, le général d’armée Raul Castro Ruz.

3) Je délègue à titre provisoire mes fonctions comme Président du Conseil d’Etat et du Gouvernement de la République de Cuba au Premier vice-président, le camarade Raul Castro Ruz.

4) Je délègue à titre provisoire mes fonctions comme promoteur principal du Programme national et international de Santé publique au membre du Bureau politique et ministre de la Santé publique, le camarade José Ramon Balaguer Cabrera.

5) Je délègue à titre provisoire mes fonctions comme promoteur principal du Programme national et international d’Education aux camarades José Ramon Machado Ventura et Esteban Lazo Hernandez, membres du Bureau politique.

6) Je délègue à titre provisoire mes fonctions comme promoteur principal du Programme national de la Révolution énergétique à Cuba et de collaboration avec d’autres pays dans ce domaine au camarade Carlos Lage Davila, membre du Bureau politique et Secrétaire du Comité exécutif du Conseil des ministres.

Les fonds correspondant à ces trois programmes, Santé, Education et Energie devront continuer à être gérés et traités en priorité, comme je l’ai fait personnellement, par les camarades Carlos Lage Davila, Secrétaire du Comité exécutif du Conseil des ministres, Francisco Soberon Valdés, Ministre président de la Banque centrale de Cuba, et Felipe Pérez Roque, ministre des Relations extérieures qui m’ont accompagné dans ces tâches et devront constituer une commission dans ce but.

Notre glorieux Parti communiste, appuyé par les organisations de masse et tout le peuple, a la mission d’assumer la tâche assignée dans cette proclamation.

Le sommet du Mouvement des pays non-alignés, qui doit avoir lieu du 11 au 16 septembre, devra recevoir la plus grande attention de l’Etat et de la nation cubaine pour se tenir avec un maximum d’éclat à la date prévue.

Je demande à tous que le 80e anniversaire de ma naissance, que des milliers de personnalités ont si généreusement voulu célébrer le 13 août prochain, soit reporté au 2 décembre de cette année, 50e anniversaire du Débarquement du Granma.

Je demande au Comité central du parti et à l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire l’appui le plus ferme à cette proclamation.

Je n’ai pas le moindre doute que notre peuple et notre Révolution lutteront jusqu’à la dernière goutte de sang pour défendre ces idées et mesures ainsi que d’autres qui soient nécessaires pour sauvegarder ce processus historique.

L’impérialisme ne pourra jamais écraser Cuba.

La Bataille d’idées continuera d'aller de l’avant.

Vive la Patrie!
Vive la Révolution!
Vive le socialisme!
Toujours jusqu'à la victoire!

Fidel Castro Ruz

Commandant en chef,
Premier secrétaire du Parti et président des Conseils d’Etat et de ministres de la République de Cuba.

31 juillet 2006
18h22
(Lu à la télévision cubaine au nom de Fidel Castro)

Fidel Castro, révolutionnaire du XXe siècle, se retire


Après 49 années au pouvoir, le dirigeant cubain Fidel Castro, qui a érigé aux portes des Etats-Unis un Etat communiste né dans les maquis de la Sierra Maestra et tenu tête à dix locataires de la Maison blanche, a annoncé mardi qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat présidentiel.

Héros pour certains, dictateur selon d'autres, Castro, charismatique et fougueux, reconnaissable à sa barbe et à son uniforme vert olive, n'a plus été vu en public depuis 19 mois et n'exerce plus la réalité du pouvoir depuis qu'il a confié les rênes à son frère Raul le 31 juillet 2006. Provisoirement.

Opéré aux intestins pour une maladie jamais explicitée, Fidel Castro s'est lentement remis de l'intervention. Dans un message publié mardi par le quotidien communiste Granma, il annonce mardi que sa condition physique ne lui permet pas de poursuivre sa charge de président du Conseil d'Etat et de chef des armées.

Le provisoire devient définitif.

"A mes chers compatriotes, qui m'ont fait l'immense honneur ces derniers jours de m'élire au parlement, je vous informe que je n'aspirerai ni n'accepterai, je répète, que je n'aspirerai ni n'accepterai la charge de président du Conseil d'Etat et de commandant en chef", écrit le "Comandante en jefe" dans un message publié sur le site internet du quotidien communiste.

DE LA MONCADA À LA SIERRA MAESTRA

Arrivé au pouvoir à Cuba en 1959, Fidel Castro a mené tambour battant une révolution qui a inspiré des mouvements gauchistes dans le monde entier. Près d'un demi-siècle plus tard, le Lider Maximo, qui a multiplié ces derniers mois les articles sur la marche du monde, se pose encore en défenseur d'une orthodoxie communiste menacée d'extinction.

"Le socialisme ou la mort": voilà ce que Castro oppose, à la fin des années 80 et au début des années 90, à la chute du communisme dans les pays d'Europe de l'Est.

Face à la dégradation de la situation économique et à une douloureuse baisse du niveau de vie des Cubains, cet orateur hors pair a toutefois dû introduire des réformes nécessaires au salut de son île, menacée de banqueroute. C'est le début de la "période spéciale".

PUISSANCE NON ALIGNÉE

Officiellement né dans le village de Biran, près de Mayari, dans l'est de Cuba, le 13 août 1926 - certains biographes situent sa naissance un an plus tôt - Castro est le fils d'un immigré espagnol ayant fait fortune dans la culture de la canne à sucre.

Après une scolarité catholique chez les jésuites, il étudie le droit à La Havane, où il prend part à une vie politique parfois violente. Il s'engage rapidement dans des activités clandestines visant au renversement de la dictature de droite de Fulgencio Batista.

En 1953, l'attaque de La Moncada, une caserne militaire, lui vaut d'être condamné à 30 ans de prison. Bénéficiant d'une amnistie, il est libéré dès 1955 et gagne le Mexique, où il prépare l'invasion de l'île avec d'autres exilés cubains.

En décembre 1956, Castro et 81 compagnons d'armes regagnent l'île à bord du Granma. Le débarquement tourne à la catastrophe. Seuls douze "barbudos", dont Castro, son frère et Ernesto Che Guevara, survivent. Lorsqu'ils arrivent dans les maquis de la Sierra Maestra, ils n'ont en tout et pour tout que sept fusils. Mais ils parviennent à mobiliser.

En 1958, les rebelles repassent à l'offensive - cette fois avec succès. Le 1er janvier 1959, Batista quitte précipitamment Cuba, et un gouvernement provisoire est formé, où Castro, à l'âge de 32 ans, devient chef des forces armées, puis Premier ministre.

Une fois arrivé au pouvoir, Castro entreprend de faire de Cuba une puissance non-alignée. Son projet: une révolution politique, économique et sociale.

Par ses choix radicaux, le Lider Maximo s'aliène Washington, qui suspend en 1961 ses relations diplomatiques avec La Havane. Naturellement, Castro se tourne alors vers Moscou.

Il autorise en octobre 1962 l'installation sur son sol de missiles soviétiques. La confrontation qui s'ensuit avec les Etats-Unis, alors dirigés par John F. Kennedy, conduit le monde au bord d'un conflit mondial.

COQUILLAGE TRUFFÉ D'EXPLOSIFS

Dès le début, l'aversion des Américains pour ce régime si diamétralement opposé à leurs conceptions politiques, conduit Washington à comploter contre Castro, avec l'aide de la CIA.

En 1961, plus d'un millier d'exilés cubains entraînés par la CIA débarquent dans la Baie des Cochons. L'opération est un échec cuisant, mais les services secrets continuent de réfléchir à des moyens - plus ou moins sérieux - de l'éliminer.

Un rapport spécial du Sénat des Etats-Unis, en 1975, révèle que les services secrets américains ont envisagé, un temps, de verser dans ses chaussures un produit chimique qui déclencherait la chute de sa barbe, ce qui aurait grandement entamé son charisme.

Parmi les autres subterfuges envisagés: lui faire livrer des cigares empoisonnés, ou placer un coquillage bourré d'explosifs sur son lieu de plongée habituel.

Castro affirme avoir survécu à 600 projets d'assassinats ourdis par la CIA ou les exilés cubains.

"Je suis vraiment heureux d'atteindre 80 ans. Je ne m'y attendais pas, pas plus que d'avoir un voisin - la plus grande puissance mondiale - qui essaie chaque jour de me tuer", a-t-il déclaré le 21 juillet 2006 lors d'un sommet des présidents d'Amérique latine.

"L'HISTOIRE M'ABSOUDRA"

Alors que, un an et demi plus tard, il s'efface du premier rang, Castro bénéficie d'un soutien international renouvelé et entretient d'excellentes relations avec de nombreux dirigeants d'Amérique du Sud, notamment le président du Venezuela Hugo Chavez, comme lui très hostile à George Bush.

En envoyant près de 20.000 médecins cubains soigner les plus pauvres, d'abord au Venezuela, et jusqu'au Pakistan, en Indonésie et au Timor-Oriental, le dirigeant cubain a encore élargi le cercle de ses amis et supporters.

Pour la jeunesse altermondialiste, Castro et "le Che" sont devenus des icônes de la révolution.

Mais dans son propre pays, Castro est accusé par ses opposants d'avoir soumis les onze millions de Cubains à la pauvreté collective dans un Etat policier.

Chaque jour, des candidats à l'exil remplissent les files d'attente devant les ambassades étrangères.

Arrivé au crépuscule de sa vie, Castro a tenté de répondre aux insuffisances les plus criantes du régime qu'il a fondé - des logements délabrés, des transports publics insuffisants, les pannes d'électricité, la corruption - tout en refusant de laisser s'exprimer ses détracteurs. L'argent et le pétrole à bas coût fournis par son ami Chavez ainsi que les prêts chinois ont permis au régime cubain de garder la tête hors de l'eau.

Une intervention chirurgicale à l'intestin a contraint le Lider Maximo à déléguer le pouvoir à son frère Raul, de cinq ans son cadet, le 31 juillet 2006, pour la première fois depuis son accession au pouvoir. Son état de santé ne cesse depuis d'alimenter les spéculations. Selon des responsables américains, il serait atteint d'un cancer en phase terminale.

Certains anciens parmi les fidèles, tel Mario Bruqueta, qui a combattu à ses côtés dans la Sierra Maestra, s'inquiète de l'avenir, quand l'"irremplaçable" chef aura disparu. Selon lui, "le peuple cubain est plus fidéliste que communiste."

"L'Histoire m'absoudra", lançait Castro lors de son procès pour l'attaque de La Moncada.

Castro renonce à la Présidence


Fidel Castro renonce officiellement à la présidence de Cuba. Après des ennuis de santé et une convalescence interminable, le Lider Maximo a fini par jeter l’éponge.

Après près d’un demi siècle d’un règne sans partage, le Lider Maximo Fidel Castro prend sa retraite politique. « Je n’aspirerai ni n’accepterai - je répète - je n’aspirerai ni n’accepterai la charge de Président du Conseil d’Etat et de Commandant en chef », écrit le président cubain dans l’édition électronique de « Granma », l’organe officiel du régime.

Fidel Alejandro Castro Ruz est né le 13 août 1926. Il a dirigé l’île de Cuba depuis la révolution cubaine de 1958-1959 qui a renversé la dictature du général Fulgencio Batista.

Fidel Castro, le Dr Ernesto Guevara (dit « le Che ») et son frère le lieutenant Raúl ont par la suite donné à la révolution, nationaliste au départ, une orientation pro-soviétique et « marxiste-léniniste » au début des années 1960, au moment de son affrontement avec les administrations américaines successives de l’époque. Suite à la révolution, Castro instaura progressivement un régime qualifié de dictatorial par certains ou de Socialisme d’État par le discours officiel, régime fortement étatique et dirigé par un parti unique, avec une liberté de la presse très limitée.

Il a d’abord occupé la charge de premier ministre de la République de Cuba de 1959 à 1976 puis assume, depuis le 2 décembre 1976, celle de président du Conseil d’État (chef de l’État) et de président du Conseil des ministres (chef du gouvernement) de cet État. Il est également le premier secrétaire du Parti communiste cubain depuis sa refondation en 1965. Président à vie, Castro aura connu dix présidents des États-Unis : Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon, Ford, Carter, Reagan, G.H. Bush, Clinton et G. W. Bush.

Le 19 février 2008, Fidel Castro annonce officellement qu’il renonce au pouvoir.
Né à Birán, près de Mayarí, dans la province de Holguín (anciennement appelée Provincia de Oriente), le 13 août 1926, Fidel Castro a passé ses toutes premières années dans la ferme d’une famille aisée mais fort compliquée. Fils de Ángel Castro y Argiz, immigrant galicien analphabète, devenu riche propriétaire terrien, et de sa cuisinière créole, Lina Ruz González, alors que Don Angel est encore marié et le divorce impossible avec son épouse délaissée. Quatre enfants naissent hors mariage, Fidel est le 3e et Raul le 4e. Fidel, enfant illégitime, est placé à l’âge de 5 ans à Santiago de Cuba, et ne sera baptisé, de père inconnu, qu’en janvier 1935. Il ne sera reconnu officiellement par son père, et prendra le nom de Castro, qu’en décembre 1943. Raul, de 4 ans plus jeune, est en fait lui-même un demi-frère, la mère de Fidel l’ayant eu d’un sergent, métissé chinois et mulâtre, qu’Angel Castro Ruz a reconnu néanmoins, après la prononciation du divorce avec sa première femme.

Études et recrutement par les services secrets soviétiques

Fidel suit ses études chez les jésuites et notamment au collège Belén de La Havane. Il entre en 1945 à l’université de La Havane et en sort diplômé en droit en 1950. Une théorie contestée émet l’hypothèse qu’il serait devenu vers 1948 un agent rémunéré par le KGB durant sa période estudiantine. Il participe à des bandes d’étudiants armés dont les opinions politiques sont non communistes, et se trouve à plusieurs reprises mêlé à des meurtres, lors de règlements de comptes entre bandes ou personnalités rivales. En avril 1948, il participe au Bogotazo, émeutes de Bogota qui firent 3 000 morts, orchestrées par des mouvances d’extrême gauche contre la création de l’OEA, l’Organisation des États américains dont le congrès fondateur se tenait dans cette ville. L’étendue du rôle de Fidel Castro dans ces événements est sujette à débat.

Mariage et opposition à Batista

En octobre 1948, il épouse sa première femme, Mirta Diaz Balart, de famille bourgeoise de l’Oriente, comme Batista et Castro, et dont le frère sera… ministre de l’intérieur de Batista. Ils passent leur lune de miel à New-York. Le mariage ne durera que quelques années. De 1950 à 1952, il se consacre au droit, puis se présente au Parlement pour le « Parti orthodoxe ». Mais le coup d’État du général Fulgencio Batista, qui renverse le gouvernement de Carlos Prío Socarrás, annule ces élections. Castro attaque Batista en justice, l’accusant d’avoir violé la constitution, mais sa demande est jugée irrecevable.

Organisation de la lutte armée et exil

Castro organise alors une réaction armée en attaquant la caserne de Moncada le 26 juillet 1953, mais celle-ci est un désastre. Quatre-vingt des assaillants sont tués, et Castro est arrêté et condamné à 15 ans de prison. C’est à cette occasion qu’il rédige « L’Histoire m’acquittera » discours passionné défendant son action et explicitant ses thèses politiques. Libéré lors d’une vague d’amnistie en mai 1955, il s’exile au Mexique puis aux États-Unis avec son frère Raúl, d’où il réorganise la résistance à Batista. On les appelle le Mouvement du 26 juillet. À cette époque, Castro se définit comme un adepte de la philosophie jeffersonienne et adhère à la formule Lincoln de coopération entre le capital et le travail. En 1959, il affirme au U.S. News and World Report qu’il n’a l’intention de nationaliser aucune industrie.

Le chef de la guerilla

Le 2 décembre 1956, il rentre clandestinement à Cuba, avec 82 autres exilés dont Che Guevara, sur le navire de plaisance Granma dans la Province Orientale (au sud-est de Cuba). Au moment où Castro et ses hommes débarquent, l’armée de Batista les attendait. Après quelques jours de combats, seuls 12 des 82 hommes engagés ont survécu. Ils se réfugient dans la Sierra Maestra d’où ils mènent une guérilla contre l’armée de Batista. Ils sont alors soutenus par le gouvernement américain qui leur fournit de l’argent et des armes. Ce dernier commet une erreur stratégique en ne les repoussant pas à la mer : il déclare que personne ne survit dans la Sierra Maestra, mais Castro et ses hommes le démentent dans les faits. Parmi les survivants se trouvent Che Guevara, Raul Castro et Camilo Cienfuegos.

Soutien des États-Unis et prise du pouvoir

Gagnant le soutien populaire, le mouvement regroupe bientôt 800 hommes. Le mouvement révolutionnaire est d’ailleurs très populaire aux États-Unis, Le New York Times et CBS envoient leurs reporters, Castro apparaît alors comme un héros de la démocratie. Le Gouvernement des États-Unis, gêné par la brutalité du régime de Batista, retire l’aide militaire américaine qu’il lui apportait et commence à voir en Castro une alternative à Batista. Le 24 mai 1958, Batista envoie dix-sept bataillons (plus de 10 000 hommes) contre Castro lors de l’Opération Verano. Bien qu’en infériorité numérique, Castro remporte des victoires, aidé en cela par des désertions massives dans l’armée de Batista. Au cours de la contre-offensive de l’automne 1958, les forces révolutionnaires prennent Santiago de Cuba, la deuxième ville du pays, et Santa Clara. Le 31 décembre 1958, alors que la situation est très incertaine, Batista fuit le pays avec 40 millions de dollars vers la République dominicaine, puis l’Espagne de Franco. Au 1er janvier 1959, Castro et le président élu Carlos Rivero Agüero survolent le pays et les forces castristes prennent La Havane le 8 janvier 1959. Le crédit de Castro auprès de la population cubaine est énorme ; à cette époque il passe encore pour un modéré et un démocrate. Un premier gouvernement temporaire est mis en place, associant toutes les forces d’opposition à Batista. Ce gouvernement a pour mission de préparer des élections dans les 18 mois. Cuba devra cependant affronter l’opposition croissante des États-Unis aux réformes nationalistes que Castro veut amener dont la nationalisation des industries clés afin de redonner au peuple Cubain les ressources nécessaires à son développement. Rapidement il sera confronté à un choix déterminant, soit renoncer aux réformes nationalistes désirées ou s’orienter vers la nationalisation complète de l’industrie et des banques et le socialisme. Refusant de renoncer à la libération de son pays de la tutelle des grands groupes financiers et industriels américains, le gouvernement de Castro s’orientera vers le socialisme.

Instauration du régime communiste

Castro est avant tout un homme de pouvoir, très vite, il comprend que la seule force organisée à Cuba, qui survit dans le chaos de la Révolution, est le Parti Communiste. Il passe aussitôt une alliance avec lui, qui accepte d’autant plus vite que celui-ci avait fait preuve de beaucoup de passivité pendant que Castro menait sa guérilla. Castro donne immédiatement des gages sérieux au PC : nationalisation des secteurs-clés de l’économie, l’énergie et l’industrie sucrière, tout en organisant des procès rapides suivis d’exécutions d’anciens partisans de Batista, agents des forces armées ou de police ainsi que de l’oligarchie.

Castro au pouvoir

Les États-Unis reconnaissent très rapidement le nouveau régime, et Fidel Castro devient premier ministre en février. Mais une tension se développe alors qu’il commence à exproprier des industries américaines telles que United Fruit, proposant une compensation uniquement fondée sur la taxe foncière que ces dernières s’étaient arrangées pour maintenir artificiellement basse. En avril 1959, Castro rencontre le vice-président Richard Nixon à la Maison Blanche. On raconte qu’Eisenhower évita Castro, prétextant une partie de golf, pour laisser Nixon discuter avec lui et déterminer s’il était communiste. La politique économique de Castro avait inquiété Washington, qui pensait qu’il avait fait allégeance à l’Union Soviétique. Suite à cette rencontre, Nixon expliqua que Castro était naïf mais pas forcément communiste. Il n’est alors qu’un réformateur humaniste et explique : « Le capitalisme sacrifie l’homme… Le communisme sacrifie les droits de l’Homme. »

Ce n’est qu’en 1960 qu’il se rapproche de Mikoyan et entame un net virage vers le régime russe. En février 1960, Castro signe un accord avec l’URSS pour l’achat de pétrole suite au refus des raffineries américaines expropriées implantées à Cuba de le lui fournir. Les États-Unis suspendent peu après les relations diplomatiques avec l’île. À la grande inquiétude de l’administration Eisenhower, Cuba resserre progressivement les liens avec l’Union Soviétique. Nombre de conventions sont signées entre Fidel Castro et Nikita Khrouchtchev concernant une aide substantielle en matière économique et militaire.

Lider Maximo

Seuls ses détracteurs (et la presse française) utilisent cette expression qui n’est jamais employée à Cuba. Le surnom de Fidel Castro utilisé par ses partisans à Cuba et dans toute l’Amérique Latine est « El Comandante » ou plus simplement « Fidel ».

Le débarquement manqué de la Baie des cochons

Les États-Unis soutiennent en matériel et en entraînement les exilés cubains anti-castriste qui préparent un débarquement à Cuba.

Une guerre du renseignement menée avec le KGB, les services cubains et des agents doubles au sein des exilés permet au régime castriste d’être informé longtemps à l’avance de la préparation de ce débarquement. Alors que le débarquement est imminent, Fidel Castro déclare le 17 avril 1961 la nature « socialiste » de sa révolution.

Le débarquement de la Brigade 2506, composée de 1 400 exilés cubains financés et entraînés par la CIA, sous la direction des agents Grayston Lynch et William Robertson a lieu sur la côte sud de Cuba, à la plage Girón appelée la Baie des Cochons.

La CIA pense que le débarquement va provoquer un soulèvement populaire contre Castro. Or, il n’en est rien, et les forces débarquées sont capturées, alors que le Président Kennedy retire au dernier moment son soutien à l’opération. Deux navires de la marine américaine, venus en support, sont coulés par l’aviation cubaine et neuf personnes sont exécutées suite à cet échec.

Castro, présent personnellement sur le champ de bataille, y gagne une popularité supplémentaire auprès des Cubains.

Le 2 décembre de cette même année, lors d’une intervention télévisée, Castro se définit comme un « marxiste-léniniste » et annonce que Cuba adopte le communisme. Pendant les années soixante, plusieurs autres tentatives de moindre ampleur sont menées. Les exilés cubains, financés et équipés par la CIA, tentent d’imiter la révolution castriste, formant des guérillas qui opèrent en particulier dans la Sierra de Escambray une région proche de Trinidad. Mais le régime cubain est désormais doté en armes lourdes venues du bloc de l’est, la guérilla est quadrillée par les forces révolutionnaires castristes et même si un faible taux de la population de la région a apporté un soutien à cette « guerre de bandit », ils furent finalement arrêtés. Il est indéniable que le commandante a toujours bénéficié d’un soutien populaire important, ceci expliquant pourquoi la population ne se soulèvera jamais.

La crise des missiles de Cuba

Dans ses mémoires, Khrouchtchev raconte qu’il était en vacances en Crimée le 17 avril 1961 lorsqu’il eut l’idée de placer des missiles à Cuba afin de dissuader les États-Unis d’agresser l’île ou directement l’URSS. Ayant consulté l’État-major soviétique, il rencontra en juillet une délégation cubaine conduite par Raul Castro afin d’en préciser les modalités. Des missiles balistique à moyenne portée R-12 devaient être déployés sur le sol cubain, mais les États-Unis découvrirent la construction des installations lance-missile le 15 octobre 1962, avant le déploiement des armes. Le gouvernement américain, considérant l’installation d’armes nucléaires soviétiques à 90 miles de Miami comme une agression et une menace directe contre la sécurité des États-Unis, annoncèrent publiquement leur découverte et mirent en place une quarantaine autour de Cuba, susceptible d’arrêter tout navire à destination de l’île. Dans une lettre que Castro adressa à Khrouchtchev le 27 octobre 1962, il lui demanda de réagir par la force nucléaire si Cuba venait à être envahie. Mais le premier secrétaire rejeta l’idée. Les militaires soviétiques présents à Cuba furent cependant autorisés à utiliser des armes tactiques nucléaires en cas d’attaque américaine.

Khrouchtchev accepta finalement de retirer les lance-missiles en échange d’une promesse américaine de ne pas envahir Cuba et du retrait de leurs missiles Jupiter de Turquie. À la suite de cet évènement, les États-Unis ne tentèrent plus d’invasion de Cuba, mais leurs relations restèrent tendues, notamment via l’embargo, et la CIA aurait continué de soutenir nombre de projets d’assassinat (638 selon le général Fabian Escalante, ancien chef des services secrets cubain) pendant les années qui suivirent.

Lors d’une conférence à La Havane en janvier 1992, Robert McNamara, l’ancien secrétaire à la Défense américaine, « a demandé à Castro s’il savait qu’il y avait des armes nucléaires soviétiques à Cuba, si, dans ces circonstances, il aurait quand même déclenché une attaque en cas d’invasion américaine, et s’il était conscient de ce qui se passerait alors pour La Havane. Castro a répondu « oui » aux deux premières questions en ajoutant qu’il avait compris que Cuba aurait dans ce cas disparu de la carte ».

Interventions militaires extérieures

Dès les années 1960, Cuba soutint de façon plus ou moins discrète des mouvements de guérillas communistes en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Afrique mais à partir de 1975, l’armée cubaine intervint de façon directe dans des conflits sur ce dernier continent.

Cuba envoya en été 1975 des conseillers militaires au MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola) qui avait pris le pouvoir en Angola lors de son indépendance.

En novembre, en réponse à l’intervention militaire sud-africaine sur le sol angolais, des unités régulières sont déployées : il y aura jusqu’à 50 000 hommes en permanence, et 300 000 soldats cubains auront été présents en 13 années de conflit. Cette aide militaire de Cuba à l’Angola est connue comme l’« Operación Carlota ».

L’armée cubaine disposait de son propre état-major et constituait en fait la principale force militaire du MPLA avec des régiments d’artillerie et des blindés engagés, tandis que les forces du MPLA constituaient l’infanterie chargée des ratissages, etc. L’URSS s’était chargée du pont aérien, et a également fourni des avions MiG-21 avec des pilotes à l’armée cubaine.

La présence cubaine en Angola a eu en fait deux temps, le premier fut immédiatement après l’indépendance de l’Angola (en fait les premiers hommes, habillés en touristes, arrivèrent un peu avant) et fut décisive pour battre les milices soutenues par le Zaïre, les États-Unis et l’Afrique du Sud qui tentèrent de chasser le MPLA dès l’indépendance du pays. La colonne qui attaquait par le nord fut vite battue et le Zaïre préféra se retirer du conflit. Au sud la progression fut plus lente, mais l’armée angolaise et les cubains finirent par récupérer le terrain envahi. Des pourparlers de paix eurent alors lieu, où Cuba ne fut pas présente, qui reconnaissaient l’indépendance de l’Angola, l’Afrique du Sud se compromettait à ne plus soutenir de mouvements subversifs en Angola, et les cubains se retiraient progressivement.

Le deuxième temps a lieu lorsque les forces cubaines se sont presque entièrement retirées[réf. nécessaire], l’armée sud-africaine pense pouvoir profiter de l’occasion et lance une offensive de grande ampleur à partir de la Namibie. En janvier 1988, la bataille de Cuito Cuanavale oppose 20 000 soldats angolais et 5 000 soldats cubains à 7 000 soldats de l’armée sud-africaine et 10 000 combattants de l’UNITA. Cette bataille, qui constitue la plus importante engagée sur le continent africain depuis la Seconde Guerre mondiale, se solde par un échec relatif de toutes les forces engagées, en dépit des proclamations de victoire des uns et des autres, et marque les limites de la solution militaire. Au nombre impressionnant de soldats angolais et cubains tués répond l’absence de conquête territoriale de l’UNITA qui échoue à prendre la ville aux Cubains.

Le 20 juillet 1988, un accord en 14 points est trouvé entre l’Afrique du Sud, l’Angola et Cuba. Parmi ceux-ci, la mise en œuvre de la résolution 435 prévoyant des élections en Namibie sous le contrôle des Nations unies en contre-partie du repli du contingent cubain. Le protocole de Genève est signé le 5 août et le 22 août, l’accord de paix est signé entre l’Angola et l’Afrique du Sud à Ruacana. Le 22 décembre, par l’accord de Brazzaville, un calendrier sur la mise en œuvre de la résolution 435 et celui du retrait cubain d’Angola est ratifié par tous les participants au conflit.

Le soutien à Cuba contre la politique d’Apartheid sera reconnu par Nelson Mandela dès 1990 lors de sa libération puis plus tard quand, premier président noir d’Afrique du Sud, Cuba sera le premier pays où il se rendra en visite officielle.

Cuba a également envoyé des troupes en Éthiopie en 1977, à partir du moment où la junte militaire dirigé par Mengistu Haile Mariam avait décidé de s’allier à l’URSS.

Dans les années 1980, plusieurs milliers de conseillers militaires furent envoyés pour soutenir le gouvernement sandiniste du Nicaragua.

Les relations avec le Canada et Trudeau

En 1976, Pierre Elliott Trudeau (P.E.T), alors premier ministre du Canada fit à Cuba l’une des premières visites d’État d’un leader occidental pendant l’embargo imposé par les États-Unis. Ce qui est étrange en raison des différends idéologiques des deux hommes. Il apporta 4 millions de dollars d’aide canadienne et offrit un prêt de 10 millions supplémentaires. Dans son discours, Trudeau déclara : « Longue vie au commandant en chef Fidel Castro. Longue vie à l’amitié cubano-canadienne. » L’amitié entre les deux hommes se poursuivit après le retrait du premier ministre de ses fonctions et Trudeau se rendit à de nombreuses reprises sur l’île dans les années 1980 et 1990. Castro fit le déplacement au Canada en 2000 à Montréal (Québec) pour assister à ses funérailles. Ce fut d’ailleurs l’une des très rares fois où Castro n’a pas revêtu son traditionnel uniforme militaire vert pour une fonction officielle.

Les problèmes des demandeurs d’asile

Le 28 mars 1980, un bus de demandeurs d’asile s’écrasa contre les portes de l’ambassade péruvienne à La Havane. Plus de 10 000 Cubains entrèrent dans l’ambassade en 48 heures. Le 20 avril, Castro annonça que tous ceux qui le souhaitaient pouvaient quitter le pays via le port de Mariel à La Havane. Les exilés cubains se mirent à naviguer vers Mariel formant ce qui fut appelé la « flottille de la liberté ». Selon les gardes-côtes américains, 124 776 Cubains avaient quitté le pays lorsque Castro ferma les vannes le 26 septembre.

Bien que la plupart des Cubains qui quittèrent l’île pendant cette période aient été des demandeurs d’asile réels, Castro en profita pour expulser 20 000 citoyens criminels. Cet épisode a inspiré un jeune scénariste américain, Oliver Stone, pour un remake à succès, Scarface, réalisé par Brian De Palma en 1983 d’après un film de Howard Hawks de 1932.

Les critiques contre les États-Unis


Fidel Castro se livre à de virulentes critiques contre la politique américaine d’embargo et les tentatives fréquentes de renversement de son gouvernement. Il condamne aussi la mainmise des entreprises américaines sur les pays en voie de développement et même la politique de santé publique des États-Unis. Récemment, il a également sévèrement critiqué la politique migratoire de son voisin qui empêche les émigrés cubains de rendre visite à leur famille dans l’île. Il s’oppose aussi à l’attitude des pays développés vis-à-vis des pays en voie de développement, regrettant le poids croissant du service de la dette extérieure. Il accuse les États-Unis d’avoir eux-mêmes organisé les attentats du 11 septembre et affirme que le Pentagone a été touché avec un missile et non avec un avion détourné[9].

Nombreuses sont les accusations dont les États-Unis font l’objet. Pendant la Guerre froide, ils ont provoqué de nombreuses attaques secrètes et mortelles contre Cuba afin d’affaiblir le pays et par là même, de faire tomber le gouvernement Castro. En 1971, une épidémie de peste porcine africaine fut importée par des organisations anti-castristes soutenues par la CIA, ce qui fut révélé par la presse américaine en 1977. Les Cubains durent euthanasier la moitié de leurs porcs pour enrayer la maladie. En 1981, une épidémie de dengue tua 188 personnes ce qu’une enquête internationale, conduite peu après, attribua aux Américains. En 1988, le procès du leader d’Omega 7, Eduardo Arocena, pour le meurtre du diplomate cubain Félix García en apporta de nouvelles preuves. D’autres pathologies telles que la mycète du tabac ou le smut de la canne à sucre leur furent attribuées, tout comme les tentatives répétées d’assassinat de leaders cubains, qui seraient au nombre de 638 d’après le livre de Fabian Escalante, ancien des services cubains.

Après la fin de la guerre froide


En 1989, Castro prend ouvertement parti contre l’évolution des pays « socialistes » vers l’économie de marché et la démocratie libérale. Cette année là est également organisé un procès contre le général Ochoa, héros de la Guerre d’Angola accusé de trafic de drogue. De toute évidence, ce procès a été truqué : les accusations ne tiennent que si Castro était lui-même au courant et fermait les yeux sur une source importante de devises ; d’autre part, la DEA américaine projetait d’enlever le général Abrantès, ministre de l’Intérieur pour le traduire en justice, parce qu’il était accusé également de trafic de drogue. Castro a préféré fusiller le premier à la fin du procès tandis que l’autre est mort en prison une année après qu’il eut commencé à purger sa peine dans des circonstances non claires. Le vrai problème est politique, car le général Ochoa était favorable aux réformes de Gorbatchev et était en position de tenter un coup d’État militaire.

En 1998, Jean-Paul II fait une visite officielle à Cuba. Castro démontre ainsi qu’il n’est pas aussi anti-clérical que le laisse dire ses détracteurs.

Alternative bolivarienne pour les Amériques

Hugo Chávez, président du Venezuela, et Castro, ont entamé, en avril 2005, la mise en œuvre de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), renforçant la coopération entre les deux pays.

Les problèmes de santé et la question de la succession

Le 31 juillet 2006, suite à une crise intestinale aigüe, Castro cède temporairement ses pouvoirs à son frère Raúl Castro. Il est récemment apparu à la télévision cubaine, visiblement fragilisé, affirmant que sa récupération de l’intervention chirurgicale qu’il avait subie se passait bien. Des doutes persistent néanmoins quant au véritable état de santé du leader cubain. Selon des rapports des services de renseignement américains, Castro serait atteint d’un cancer en phase terminale. Cependant, le 30 janvier 2007, la télévision vénézuélienne diffuse une vidéo en contradiction avec les déclarations américaines, vidéo qui aurait été tournée trois jours auparavant. On y voit Castro debout, s’entretenant avec Hugo Chavez. Sur cette vidéo, il semble en regain de forme et parait avoir repris du poids par rapport à la dernière vidéo d’octobre 2006.

Le 20 avril 2007, après plusieurs mois d’éloignement de ses fonctions, Fidel Castro a reçu à La Havane une délégation officielle chinoise de haut niveau. La durée de la rencontre (une heure) ainsi que les photos parues dans la presse locale semblent confirmer l’évolution positive de l’état de santé du leader cubain.

Le 6 juin 2007, Fidel Castro a fait sa grande réapparition, après plus d’un an d’absence, lors d’une interview de 52 minutes à la télévision nationale cubaine. « Tout ce que je puis dire à mes compatriotes, c’est que je fais maintenant ce que je dois faire et rien de plus, il n’y a aucun secret », a déclaré le leader cubain qui avait fait lui-même de sa santé un « secret d’État » dans son communiqué au lendemain de l’annonce de sa première opération. « Il n’y a aucun secret d’État », a-t-il répété, avant de viser « l’espionnage » américain en assurant qu’« avec leurs satellites, ils vérifient n’importe quelle personne qui se présente à l’entrée de (ma) porte ». Alors que les responsables cubains répètent depuis plusieurs mois qu’il reviendra prochainement aux affaires, le chef de l’État cubain n’a fait aucune allusion à la question, consacrant l’essentiel de l’entretien à rendre hommage au Viêt Nam, un « pays-frère » allié de Cuba.

Depuis le 29 mars 2007, Fidel Castro signe des articles politiques publiés dans la presse officielle cubaine. Son allié le président vénézuélien Hugo Chavez affirme régulièrement que l’état de santé du leader cubain est bonne et dément des spéculations sur sa mort. Enfin, le 21 septembre 2007, plus de trois mois après sa dernière prestation télévisée, Fidel Castro réapparait sur le petit écran pour démentir ces rumeurs. « Eh bien, je suis là. Il est moribond, il est mort, il va mourir après-demain. Eh bien, personne ne sait quel jour il va mourir » a plaisanté le leader cubain au terme de l’entretien d’une heure.

La plupart des analystes politiques s’accordent alors à dire que les possibilités d’un retour au pouvoir de Fidel sont extrêmement minces et qu’il est beaucoup plus probable qu’il prenne un rôle de « patriarche » vigilant et que Raúl se présente à sa place à la présidence du pays lors des élections de 2008 (au plus tard le 5 mars). Mais le 2 décembre 2007, le leader cubain est choisi comme candidat à l’Assemblée nationale en vue des élections du 20 janvier 2008 ce qui lui permet théoriquement de se présenter au scrutin présidentiel.

Puis, le 18 décembre 2007, Castro laisse entendre qu’il est prêt à abandonner formellement le pouvoir. « Mon devoir élémentaire consiste à ne pas m’accrocher à des fonctions et à ne pas non plus faire obstacle à l’émergence de personnes plus jeunes, » écrit-il dans une lettre adressée au peuple cubain.

Dans un texte publié le 24 janvier 2008 à la première page des quotidiens cubains, l’ancien révolutionnaire a dévoilé pour la première fois quelques détails sur cet épisode douloureux de sa vie. Quand je suis tombé gravement malade la nuit du 26 et à l’aube du 27 juillet, j’ai pensé que ce serait la fin, écrit-il. Tandis que les médecins luttaient pour ma vie, le conseiller en chef du Conseil d’Etat a lu sur mon insistance le texte et j’ai dicté les changements à apporter, poursuit-il, faisant référence à ses mémoires.

Le 19 février 2008, Fidel Castro annonce dans l’édition électronique de Granma (organe officiel du régime) qu’il renonce à la présidence de Cuba.

La politique économique

Castro consolida son contrôle sur le pays en nationalisant les industries et en expropriant aussi bien les Cubains que les non-cubains et en mettant en place des politiques sociales. Nombre de Cubains, à cause des expropriations, quittèrent l’île, la plupart pour Miami, en Floride, où ils constituèrent une importante communauté anti-castriste. À cause de la politique des blocs durant la guerre froide, et à cause de l’embargo établi par les États-Unis, Cuba devint de plus en plus dépendant des échanges commerciaux avec l’URSS et le bloc de l’Est, qui représentèrent environ 50% de son PNB réel, dont une aide importante sous la forme de prix surévalués. La dissolution de l’Union soviétique en 1991 eut de sévères répercussions sur l’économie du pays.

Les sanctions économiques contre Cuba, interdisant notamment aux touristes américains de s’y rendre, sont présentées par les castristes comme un facteur majeur dans les troubles économiques de l’île. A contrario, les défenseurs de l’embargo répondent que celui-ci n’est le fait que des États-Unis et que Cuba reste libre de commercer avec les autres pays. Cependant, les États-Unis tentent d’empêcher les filiales étrangères des compagnies américaines de commercer avec Cuba et imposent des sanctions aux compagnies étrangères qui font des bénéfices sur des propriétés nationalisées sans compensation. Ils restreignent également leurs propres échanges avec les petits pays qui traitent avec Cuba.

Cuba est la deuxième destination touristique des Caraïbes la plus prisée (derrière la République dominicaine) ce qui lui apporte des devises étrangères vitales. L’île reçoit également d’importants subsides (on les estime à 850 millions de dollars) de la part de cubains exilés qui en envoient à leur famille ou à leurs amis. En échange de personnel médical, Cuba reçoit également du pétrole en provenance du Venezuela, suite à la suppression du canal d’alimentation de l’Europe de l’Est.

Ces dernières années, Castro a encouragé le développement de la biotechnologie pour soutenir l’économie cubaine et trouver des substituts à la dépendance extérieure cubaine en matière de produits de santé. Cette politique a fait craindre un développement d’armes biologiques par Cuba. Aussi, en 2002, l’un des objectifs de la visite de l’ancien président Carter était-elle de visiter les sites d’ingénierie génétique. Depuis, l’île a bénéficié des exportations de technologie médicale et de la croissance du tourisme à but sanitaire.

Les systèmes d’éducation et de santé cubains

La communication du régime castriste à propos des réalisations économiques et sociales met un fort accent sur deux domaines phares : l’éducation et la santé. À Cuba, chacun peut accéder aux soins et à l’éducation. Durant la période castriste, ces deux domaines montrent des statistiques officielles très bonnes, parmi les meilleures d’Amérique latine et dans le peloton de queue des pays développés. En 2000, après un demi siècle de castrisme, les taux officiels cubains se sont améliorés tant pour l’alphabétisation (96%) que pour la mortalité infantile (0,9%). Le PNB par habitant, lui, est devenu médiocre et place Cuba parmi les pays pauvres ou relativement pauvres.

Selon les statistiques de l’UNESCO, le taux d’instruction de base à Cuba est l’un des plus élevés d’Amérique latine. Le taux d’alphabétisation cubain a progressé de 76% à 96% en 1961. La campagne d’alphabétisation engagée par Fidel Castro a été concentrée sur les campagnes, notamment celles de la province Oriente où le niveau d’éducation était de l’ordre de 50% avec un fort taux d’immigrés venant notamment de Haïti. Lors d’un discours à l’automne 1960 devant les Nations unies, Fidel Castro annonça que Cuba serait « le seul pays qui pourra dire, après quelques mois, qu’il ne possède plus un seul illettré ». Près de 270 000 professeurs et étudiants furent envoyés à travers le pays pour apprendre à lire et à écrire à ceux qui le souhaitaient. Les personnes qui terminaient leur cycle d’études étaient encouragées à envoyer une lettre à Fidel Castro comme test. Le musée national de l’instruction cubaine conserve 700 000 de ces courriers. La télévision cubaine diffuse, en plus des programmes de divertissement, des cours du second degré pour la population adulte.

L’opposant cubain Jacobo Machover relativise les réussites du système éducatif cubain. Selon lui, « l’éducation massifiée, gratuite et accessible à tous, tient davantage de l’endoctrinement que de l’acquisition des savoirs. Et les élèves contribuent eux-mêmes à leur propre entretien, obligés qu’ils sont de participer à des travaux agricoles non rémunérés en effectuant des séjours prolongés à « l’école de la campagne ». Le système castriste a fondé un enseignement à plusieurs vitesses, avec l’existence de vocacionales, réservées en théorie aux meilleurs élèves, en pratique aux enfants des dirigeants du Parti. Quant à l’université, elle est interdite à tous ceux qui n’ont pas un dossier révolutionnaire à toute épreuve. Les séances de critiques et d’autocritiques publiques, à la suite desquelles les étudiants accusés d’attitudes « déviantes » ou de « diversionnisme idéologique » font l’objet d’une exclusion immédiate, sont monnaie courante. Pour tous, privilégiés ou non, l’apprentissage du « matérialisme dialectique et historique » est de règle ».

Le système de santé s’affiche d’excellente qualité. En reconnaissance de ses efforts, Fidel Castro fut le premier chef d’État à recevoir la médaille de la Santé Pour Tous décernée par l’organisation mondiale de la santé (OMS). La mortalité infantile est la plus basse de la région, avec toutefois un fort taux d’avortements, notamment pour raison médicale. La majeure partie du travail effectué par Cuba en matière de santé a porté sur l’enfance. Les média cubains mettent fréquemment en avant la différence entre les enfants cubains et ceux de Bogotá, Los Angeles, Buenos Aires, les « pueblos jóvenes » du Pérou, ou les favelas du Brésil. Tous les enfants cubains ont le droit d’acheter un litre du lait par jour à un prix abordable jusqu’à l’âge de 7 ans. L’espérance de vie à Cuba est officiellement à peine inférieure à celle des États-Unis en 2002, et est la plus élevée de toute l’Amérique latine. L’espérance de vie est passée de moins de 60 ans en 1959 à 73 ans en 2004, montrant l’amélioration des conditions de vie depuis le début du XXe siècle.

Environ 20 000 médecins ont été envoyés par Cuba auprès de 60 pays du tiers monde.

Une image populaire

Contrairement à de nombreux chefs d’État, il n’a été représenté que deux fois sur un timbre. La première fois en 1974, en commémoration de la visite de Leonid Brejnev, puis en 1999, sur un timbre commémorant le 40e anniversaire de la Révolution. Le régime a plutôt encouragé l’admiration envers le héros de l’indépendance, José Martí ou les martyrs de la révolution tels que Camilo Cienfuegos et surtout Che Guevara. Apparaissant rarement en public sans son uniforme militaire, Castro est connu pour ses discours fleuves qui durent souvent plusieurs heures et contiennent nombre de données et références historiques. Il a pour tradition de clôturer ses discours par son slogan « la Patrie ou la mort, nous vaincrons ! ».

Son surnom de « líder máximo », qui n’est plus guère utilisé à Cuba, est une contraction de « líder máximo de la Revolución Cubana ». Les Cubains lui préfèrent le surnom de « Comandante ».

En France, son amitié et sa caution restent revendiquées par des hommes et des femmes politiques socialistes, en particulier Jack Lang et Danielle Mitterrand.

De nombreuses personnalités de carrure internationale, revendiquent leur amitié envers le « comandante », de l’acteur américain Danny Glover, en passant par Desmond Tutu, Nelson Mandela ou bien Rigoberta Menchu…

Son image est néanmoins ternie à l’étranger par le nombre de 30 000 opposants politiques qui sont morts emprisonnés dans les geôles cubaines, parmi lesquels le plus célèbre est le poète catholique Pedro Luis Boitel. Beaucoup d’écrivains furent également persécutés leur vie durant sans pouvoir quitter librement Cuba, comme Reinaldo Arenas (qui parvint à s’enfuir en tant qu’homosexuel mais se suicida aux États-Unis), José Lezama Lima ou Virgilio Piñera.

Contestations

Plus d’un million de Cubains ont quitté le pays depuis son arrivée au pouvoir, pour des raisons politiques et/ou économiques. Plusieurs milliers d’entre eux se sont engagés dans des organisations plus ou moins aidées par le gouvernement des États-Unis, en vue de le renverser ou du moins de contester son régime, les actions violentes des années 1960 ayant échoué.

Des dissidents cubains ont déposé une requête devant l’Audience nationale, la plus haute instance de la justice espagnole le vendredi 14 octobre 2005 pour demander l’inculpation de Fidel Castro pour génocide, crimes contre l’humanité, torture et terrorisme.

Les prisonniers politiques

Depuis 1959, certains cubains opposés au processus révolutionnaire sont entrés dans la clandestinité et ont instauré un climat de terreur avec attentats et sabotages qui ont coûté la vie à près de 4000 personnes, ont connu la prison. L’un des plus célèbre est Armando Valladares qui a raconté son expérience dans « Against All Hope ». Il s’avèrera que Valladares, qui fut condamné pour terrorisme et qui s’était fait passé pour un poète paralytique, était en réalité en parfaite santé. Il obtiendra par la suite la nationalité étasunienne et deviendra ambassadeur de Ronald Reagan auprès des Nations unies. Au fur et à mesure de l’emprise totale du pouvoir révolutionnaire sur Cuba, le nombre de prisonniers politiques a décru. La situation de guerre permanente que subissait Cuba explique également ces précautions du régime afin de garantir sa sécurité. Après la chute du Mur de Berlin et la dissolution de l’Union soviétique, le régime castriste a considérablement réduit sa répression politique (la guerre froide étant terminée) pour se concentrer sur les problèmes économiques et obtenir des pays occidentaux y compris les États-Unis d’Amérique des aides financières et humanitaires.

Selon un rapport publié le 10 janvier 2005 par la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN), 294 prisonniers politiques sont encore enfermés à Cuba, contre 317 début 2004. Selon ce rapport, en 2004, au moins 21 personnes ont été emprisonnées pour des motifs politiques. Il rappelle également que le gouvernement cubain continue de refuser l’accès aux prisons au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et à la Commission des droits de l’homme de l’ONU.

Fortune


En 2003, le magazine américain Forbes estime la fortune de Fidel Castro à « au moins 110 millions de dollars. En 2004 à 150 millions ; puis, en 2005, à 550 millions de USD. Et enfin en 2006, à 900 millions de dollars américains, mais ce calcul relève « plus de l’art que de la science ». Jusqu’ en 2003, le magazine se contentait d’attribuer, de manière arbitraire, une partie du PIB cubain, environ 10%, à Fidel Castro. Pour l’année 2006, la valeur des entreprises d’État a été comptabilisée comme relevant de sa fortune personnelle. Celui-ci a démenti ces révélations et affirme qu’il ne gagne que l’équivalent de 40 USD par mois, il s’est par ailleurs engagé à quitter ses fonctions si la preuve est apportée qu’il possède une telle fortune. Il est à signaler que Castro roule dans une vieille mercedes des années 1980 et son »jet" privé est un viel iliouchine qui n’est plus en fabrication depuis les années 1970. S’il est aussi riche que le magazine Forbes le déclare, il ne le montre guère.

Problèmes familiaux

Alina Fernández, une des filles naturelles de Fidel Castro, a fui Cuba en 1993 et ne cesse de s’opposer publiquement à son père et à sa politique. Elle est installée depuis 2001 à Miami.

Au total, au moins cinq membres de sa famille se sont installés à Little Havana, le quartier cubain de cette ville : deux de ses filles et trois de ses petits-enfants, qui mènent une vie en général loin des médias.

Fidel Castro entretient une relation avec Marita Lorenz, une Américaine d’origine allemande, avec laquelle il eut un fils mort-né. Elle fut chargée par la CIA de l’empoisonner mais renonça à son projet par amour pour le dictateur. Dans ses mémoires Marita Lorenz indique :

« Je ne pouvais supporter son admiration pour Adolf Hitler. Il m’avoua un jour qu’il avait lu Mein Kampf et souhaitait que je l’aide à acquérir une détermination idéologique comparable […]. »

Distinctions

1961 Prix Lénine de la Paix

1963 Héros de l’Union soviétique

1972 et 1986 Ordre de Lénine

1976 Ordre somalien

1977 Ordre de Jamaïque

1980 Prix Dimitrov (Bulgarie)

1982 Etoile d’or (Viêt Nam)

1986 Ordre de la Révolution d’octobre

En 1998, il reçoit le très controversé Prix Kadhafi des droits de l’Homme de la Libye. En 2007, il a reçu un prix similaire d’une association d’anciens de la Stasi nostalgiques de la RDA

En 2004, il reçoit l’Ordre de Saint André des mains du patriarche Bartholomée Ier de l’église orthodoxe de Constantinople, la plus haute distinction de son patriarcat, « en signe de bénédiction et comme symbole de justice et de fermeté »

En 2007, il est décoré de la Médaille Amilcar Cabral, plus haute distinction de la République de Guinée Bissau, par le président João Bernardo Vieira, en reconnaissance de la solidarité et de la contribution cubaine avec le pays africain.