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dimanche 30 mars 2008

Ingrid Betancourt : l'inquiétant silence des Farc


Paris réquisitionne un avion médicalisé, au cas où l'otage franco-colombienne serait libérée. Mais rien ne permet de croire à une issue imminente.
Depuis vendredi soir, un Falcon 900 médicalisé de la République française se tenait prêt sur un aéroport près de Cayenne en Guyane française. «Des informations concernant l'état de santé d'Ingrid Betancourt ainsi que des déclarations faisant état de possibles tractations à propos de sa libération ont amené le président de la République à décider de prépositionner un avion médicalisé en Guyane», a indiqué l'Élysée. L'avion a dû cependant rentrer hier pour des raisons d'organisation interne du ministère de la Défense.

Dès lundi, un autre appareil se tiendra prêt à prendre la relève. «C'est pour moi l'expression de ce que fait la France pour Ingrid depuis que Nicolas Sarkozy est aux affaires, a salué Fabrice Delloye, l'ex-mari de la Franco-Colombienne. Mais je suis très angoissé. Le gouvernement colombien a présenté un plan dans la précipitation. J'espère que ce n'est pas seulement pour se laver les mains en cas d'issue fatale pour Ingrid.»

Le président colombien Alvaro Uribe tenait samedi son «conseil communautaire» hebdomadaire (rencontre du président avec la population) dans la ville de San Jose de Guaviare. Un symbole fort puisque c'est dans un village de cette région que 200 à 300 guérilleros auraient fait irruption fin février pour faire soigner Ingrid. Dans son discours d'introduction, le président colombien a, à nouveau, réclamé la libération d'Ingrid Betancourt. Puis il a lancé un appel à la désertion aux combattants des Farc : «Nous garantissons la liberté aux guérilleros qui remettront leur otage et nous protégerons leur famille», et rappelé qu'une prime de 100 millions de dollars serait versée dans ce cas. Il a aussi demandé à l'armée de redoubler d'efforts pour localiser les otages, qualifiant cette action «d'humanitaire». Ce renforcement de l'action militaire risque de compliquer encore un peu plus les contacts avec les dirigeants des Farc, indispensables si on veut croire au plan proposé par Alvaro Uribe jeudi, d'échanger des guérilleros emprisonnés contre les otages. Le silence de Hugo Chavez, ces derniers jours, renforce l'impression que la guérilla est coupée de ses canaux de communication depuis la mort de Raul Reyes en Équateur. D'une part, parce qu'il était l'un des seuls à être en relation constante avec l'extérieur et particulièrement avec le président vénézuélien. Et, d'autre part, parce que depuis cette opération, les dirigeants des Farc redoublent de prudence dans leurs communications et leurs mouvements, craignant une nouvelle attaque d'envergure de l'armée colombienne.


Mauvais scénario

Les fragiles espoirs suscités par la proposition d'Uribe présentée jeudi par le haut-commissaire à la Paix, Luis Carlos Restrepo, s'estompent chaque jour un peu plus. Le procureur général de la nation colombienne, Mario Iguaran, a estimé que la loi n'autorise pas à libérer ainsi des prisonniers, surtout s'ils sont accusés de crime contre l'humanité. D'autre part, beaucoup de guérilleros emprisonnés refusent de faire l'objet d'un échange.

En fait, tout dépend des choix que feront les Farc après les rudes coups que lui a infligés l'armée colombienne ces dernières semaines. Soit elles changent de stratégie et se montrent ouvertes à des propositions comme celle de l'ex-otage Luis Heladio Perez. Soit elles se replient dans la forêt pour reconstituer leurs forces. Mais dans ce dernier cas, Ingrid Betancourt pourrait ne pas y survivre. Or il n'y aurait pas plus mauvais scénario pour les Farc que la mort de la Franco-Colombienne. «Il est plus que jamais urgent que la société civile se mobilise, estime Hervé Marro des comités de soutien à Ingrid Betancourt. C'est pour cela que nous organisons dimanche prochain une marche blanche qui partira à 14 h 30 de l'Opéra à Paris.»

Un ancien codétenu d'Ingrid Bétancourt raconte


Alors que l'ex-mari de la franco-colombienne craint qu'elle ne soit déjà morte, Luis Eladio Pérez témoigne de leur détention.

Les stigmates de ses sept années de captivité encore visibles, l’ex-parlementaire raconte à Paris les détails de sa séquestration et analyse les erreurs et les défis de l’échange humanitaire. La mort d’Ingrid Betancourt, explique Pérez, marquerait le début de la fin des Farc et de la politique du président Alvaro Uribe.

"On m’a trompé. Ce jour-là, je me suis rendu dans une zone de la guérilla pour récupérer une fourgonnette que les Farc m’avaient volée et que, selon des informations qu’ils m’avaient fait parvenir, ils voulaient me rendre. Mais quand je suis arrivé sur les lieux, au lieu d’une fourgonnette, je me suis trouvé face à un groupe important de guérilleros. Ils se sont saisis de moi et m’ont emmené, soi disant pour parler avec leurs chefs d’une proposition politique. Et je suis resté là bas sept ans, à attendre…"

Calé dans un fauteuil de l’hôtel Fouquet’s, à Paris, Luis Eladio Pérez revient sur ce 10 juin 2001, quand, alors parlementaire, il est allé se jeter dans la gueule du loup. Ses traits émaciés et son corps décharné trahissent une perte de poids brutale. Il a le regard fatigué et les pieds détruits par les 1500 jours durant lesquels, en guise de punition suite à une tentative d’évasion, il a dû marcher pieds nus sur les chemins accidentés de la jungle. Ses reins ont été endommagés par les innombrables nuits passées à dormir sur la terre humide et sa peau est constellée de traces de tous les parasites et des maladies qui s’acharnent sur les hommes vivant dans la moiteur tropicale.

Il porte, dans un coin de l’âme, la tristesse de ne même pas avoir appris en son temps la mort de sa mère. On pourrait dire que durant les sept années de sa détention par la guérilla colombienne des Farc, la jungle a tout pris à Luis Eladio, sauf son espérance. Durant les cinq dernières années du gouvernement d’Alvaro Uribe, la tentative de négocier un échange d’otages contre des prisonniers subversifs a échoué de nombreuses fois. Fatalité, ou intransigeance? Qu’est ce qui rend Pérez si optimiste aujourd’hui?

"Je veux y croire. J’ai beaucoup de mal à croire le président Uribe, mais je veux y croire. Je lui ai présenté une proposition, et il l’a acceptée. Je l’ai présentée aussi au président français Nicolas Sarkozy et il l’a acceptée, avec toutefois quelques modifications. Je suis très critique vis à vis des Farc mais je reconnais aussi qu’aujourd’hui, ils ont la volonté politique de négocier. En fin de compte, je crois que le succès d’un accord humanitaire tient à la réconciliation des esprits."

Luis Eladio garde jalousement le secret des détails de sa proposition, comme si cela pouvait lui permettre de conjurer la malédiction qui a jusqu’ici pesé sur cette négociation. A peine laisse-t-il échapper que les 39 otages "échangeables" seraient libérés contre un groupe d’environ 500 guérilleros, que cet échange interviendrait dans un pays tiers, et que certains gouvernements étrangers reconnaîtraient l’identité politique des Farc.

Après sa rencontre avec Luis Eladio, le président Uribe a rendu public, il y a deux jours, un décret selon lequel l’accord humanitaire sera effectué quand le groupe armé hors la loi aura libéré les personnes qu’il séquestre. A ce stade, le gouvernement s’engage à libérer sans limite les guérilleros emprisonnés, sans tenir compte du type de délit commis ou de la peine qu’ils ont à purger.

Le silence

"La perte de liberté, c’est ne pas savoir où tu vas… Demander où on t’emmène, et ne pas recevoir de réponse. Les deux premières années, j’ai parcouru sans relâche, avec les guérilleros, les montagnes de Nariño et les terres du Putumayo, au sud du pays, sans connaître notre objectif final. Personne ne m’adressait la parole. C’est alors que j’ai commencé à parler avec les arbres."

Luis Eladio a compris que sa détention durerait longtemps le jour où il a entendu à la radio le commandant des Farc, connu comme le Mono Jojoy, annoncer qu’il l’avaient capturé pour obtenir du Congrès une loi d’échange humanitaire. Parlementaire lui même, Luis Eladia savait pertinemment que jamais le Sénat colombien ne se lancerait dans ce genre de loi et qu’en fin de compte, l’accord humanitaire ne se ferait pas par voie législative, mais bien via un processus de négociation avec l’exécutif. Pourquoi tant d’entêtement de la part des Farc durant toutes ces années?

"Je n’ai jamais eu l’occasion de rencontrer les membres du Secrétariat général des Farc pour en discuter avec eux. J’ai vu seulement une fois le Mono Jojoy qui, vu les circonstances, s’est montré fort aimable. J’étais avec Ingrid Betancourt et il est venu nous voir et nous a demandé de quoi nous manquions. Nous lui avons dressé une liste très longue et insolite de choses, qu’il nous a accordées. Mais lorsque nous avons voulu parler de politique avec lui, il a éludé. Il nous a dit qu’il allait revenir bientôt mais nous ne l’avons plus jamais revu. Dans les jours qui ont suivi, toutes les choses que nous lui avions demandées nous sont parvenues… et quelques autres en plus".

L’évasion

"Il vaut mieux mourir que vivre dans ces conditions. C’est pourquoi nous avons décidé de nous enfuir. C’était une idée d’Ingrid (Betancourt), elle a tout organisé, je ne sais pas comment elle se débrouillait pour élaborer des stratégies et obtenir les choses les plus improbables. Elle s’était inventé des sortes de flotteurs que nous camouflions sous nos vêtements et avec six biscuits, du sucre et trois hameçons en poche, nous nous sommes enfuis. Nous avons nagé en zigzag en descendant le fleuve toute la nuit et le jour nous nous cachions.

"Il paraît qu’ils étaient pas loin de 900 guérilleros à notre recherche. Nous nous nourrissions de poisson cru et nous avons ainsi survécu cinq jours, jusqu’à ce que nous perdions les hameçons. Moi, je commençais à m’effondrer, à cause de mon diabète. Et au sixième jour, on n’en pouvait plus."

Alors ils ont décidé de se rendre. Et les représailles ont commencé. Ils ont passé quatre ans enchaînés à un poteau dans les campements. Et aussi sans chaussures pendant les marches interminables, qui peu à peu ont détruit les pieds de l’un et de l’autre. Luis Eladio a subi trois comas diabétiques, un infarctus et a reçu une aspirine pour tout remède. Ingrid a commencé à sombrer dans la dépression et la maladie. Des maux similaires ont commencé à atteindre les autres prisonniers.

A la fin de l’année dernière, le président vénézuelien Hugo Chavez, tour à tour nommé, puis démis, par son homologue colombien comme médiateur dans la négociation avec les Farc, a demandé instamment à la guérilla de libérer unilatéralement les enfants et les otages malades. Les libérations ont commencé quelques jours plus tard.

"Je crois que c’est le fait que les otages ont commencé à tomber gravement malades qui a poussé les Farc a changer d’attitude. Le grand succès de la médiation de Chavez et de la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, c’est qu’aujourd’hui, les Farc acceptent de faire des gestes politiques, comme celui de notre libération. Leur Secrétariat général abrite sans nul doute deux mouvances, l’une militaire, l’autre politique et c’est cette dernière qui, grâce en partie aux médiateurs, est parvenue à s’imposer."

La marche

"On s’invente des stratégies de survie. Pour exercer mes muscles du visage pendant les deux premières années durant lesquelles je suis resté silencieux, j’utilisais un petit miroir qu’une guérillera m’avait prêté. Avec Ingrid, pour maintenir notre mémoire, on a lu d’innombrables fois 'Don Quichotte' et la Bible, seuls livres dont nous disposions. Pour ne pas que notre intellect s’atrophie, Ingrid nous donnait des cours de français et les trois Américains des cours d’anglais. Et pour pallier nos carences en calcium, Ingrid me dit un jour: 'Lucho (diminutif de Luis, ndt), il faut que nous mangions aussi les arrêtes des poissons', puisqu’en fait c’était le seul aliment vraiment nutritif auquel nous avions droit. Parce que, je vais vous dire une chose, en sept ans j’ai dû manger à peine cinq fruits et six fois de la viande. Alors Ingrid m’a montré comment avaler toute l’arrête de poisson sans qu’elle reste coincée et sans me blesser la gorge."

Le 4 février dernier, Luis Eladio Perez, le plus rebelle des otages des Farc, a entrepris la "marche de la liberté". Quelques jours auparavant, dans l’émission "Les voix des otages", sur une radio colombienne, il avait entendu que les Farc annonçaient sa libération ainsi que celle des ex-parlementaires Gloria Polanco, Orlando Beltrán Cuéllar et Jorge Eduardo Gechem. Il n’en a rien cru jusqu’aux dernières heures avant le départ, quand le commandant lui a ordonné d’emballer ses affaires. En sortant, il a vu Ingrid. Après un an de séparation, cinq minutes lui ont suffit pour se convaincre de l’état de santé alarmant dans lequel elle se trouve.

La libération de Luis Eladio Perez en compagnie de trois autres otages a été précédée de la remise en liberté de deux otages (Clara Rojas et Consuelo Gonzalez), comme gestes unilatéraux de la guérilla. Puis, Raul Reyes, le numéro deux des Farc, en charge des négociations avec les gouvernements étrangers impliqués dans le processus, a été abattu lors d’une incursion de l’armée colombienne sur le sol équatorien et un autre commandant emblématique a été assassiné par l’un de ses hommes de confiance, infiltré par les services secrets colombiens. Les Farc vont-elles poursuivre ces libérations malgré ces deux coups durs?

"Les Farc vont libérer de la même façon Ingrid Betancourt et les trois autres otages 'politiques' qui restent en leur pouvoir. Et le gouvernement colombien devra répondre à ce geste en libérant, en tant que prisonniers politiques, les guérilleros réclamés par les Farc. Ce qui m’inquiète, c’est le triomphalisme qui règne actuellement chez les troupes colombiennes depuis la mort des deux leaders de la guérilla."

Après que les troupes colombiennes ont violé le territoire du voisin équatorien afin d’éliminer Reyes, le président Uribe a déclaré à la presse qu’il avait donné la priorité à une solution militaire. Alors que se passera-t-il si le gouvernement décide finalement de tenter un sauvetage militaire des otages?

"Tout le monde mourra. C’est ce que j’ai dit au président Uribe, et je lui ai dit aussi que les Farc, loin d’être en déroute, sont au contraire plus fortes que jamais. Ils ont beaucoup d’argent, et disposent de plus d’hommes et de territoire qu’avant."

La liberté

"On a marché sans s’arrêter 230km durant 14 jours. Une douzaine de guérilleros me surveillaient et j’étais sans cesse convaincu que nous étions encerclés. Cette impression s’est transformée en certitude quand j’ai entendu le chef de l’armée colombienne lui-même, le général Padilla, annoncer à la radio qu’ils nous avaient localisés. J’ai eu peur, non de mourir, mais que la guérilla n’interrompe l’opération et ne me réexpédie dans la montagne."

Luis Eladio raconte que, durant ces deux semaines de marche vers la liberté, sa plus grande impatience était qu’Hugo Chavez, à qui les Farc avaient décidé de remettre les quatre otages, reçoive rapidement les instructions de la guérilla. Plus vite il aurait la localisation des otages, plus vite il agirait et plus grande serait la pression internationale pour éviter un échec de l’opération.

"Cela faisait environ trois ans que nous ne nous étions pas vus.. et tout d’un coup, comme ça, au beau milieu de la jungle, ils étaient là tous les trois, Gloria, Orlando et Jorge Eduardo. Quelle joie immense de nous revoir, qui plus est pour être libérés. Après les larmes, sont venues les blagues…

'Ah comme t’as l’air vieux et moche... et toi alors... Dis donc Glorita t’as pas un peu honte de te montrer dans un état pareil...'

"Evidemment, je continuais à craindre que tout se casse la figure, et c’est pourquoi, quand on a vu arriver les hélicoptères vénézueliens mais qu’ils n’atterrissaient pas, je me suis mis à courir paniqué vers le centre de la clairière en faisant des gestes avec les mains et en hurlant que nous étions là, qu’ils ne nous laissent pas en plan… Maintenant, quand je revois ces images, je ne peux pas m’empêcher de pleurer."

L'avenir

Comment conjurer la peur après tant d’échecs? Comment parvenir à restaurer la confiance entre deux ennemis qui négocient au milieu de tirs croisés et qui s’accusent mutuellement de trahison?

Les échecs répétés sont dûs à un bras de fer politique. Ni le président Uribe, ni les Farc ne veulent perdre. Je crois que le secret c’est de leur retirer la table pour qu’ils arrêtent, et de leur présenter une proposition dans laquelle les deux sortent gagnants. Les Farc ne vont pas poursuivre les libérations 'gratuites' comme la nôtre, mais en même temps ils savent qu’ils ne peuvent pas courir le risque de restituer des cadavres."

La presse colombienne a révélé que ces derniers temps, Ingrid Betancourt a été conduite à quatre reprises dans des dispensaires pour recevoir des soins, dans l’impénétrable département de Guaviare. La dernière fois, c’était justement le 27 février, au moment où Luis Eladio et les trois autres otages étaient libérés. Ce jour-là, un guérillero s’est approché du curé du hameau et lui a dit: "Mon père, priez pour nous et priez pour Ingrid parce qu’elle va très mal."

"Vous voulez que je vous dise quelque chose? La mort d’Ingrid, ce serait le début de la fin des Farc, mais aussi, et le gouvernement colombien doit avoir bien ceci en tête, elle pourrait signifier le début de la fin de la politique du président Alvaro Uribe."

samedi 29 mars 2008

Farc: Un Falcon pour Betancourt


Il s'est discrètement posé vendredi soir à 21h20 heure locale (1h20 samedi heure de Paris) sur l'aéroport de Rochambeau, près de Cayenne, avant de se garer sur la base militaire voisine. Depuis, le Falcon 900 de la République Française est en stand-by, à portée d'ailes de la Colombie. L'annonce par le président colombien, jeudi, de l'hypothèse d'une libération de guérilleros des Farc si Ingrid Betancourt était libérée, conjuguée aux informations alarmantes sur l'état de santé de la franco-colombienne, ont conduit les autorités françaises à "pré-positionner" un appareil "au cas où...".
"Nous n'avons pas d'informations sur un dénouement imminent ou non, mais nous voulons mettre toutes les chances de notre côté", confirmait-on samedi à l'Elysée. Le rôle de Paris pourrait être déterminant si l'on en croit Alvaro Uribe. En lançant un appel à la désertion aux ravisseurs d'Ingrid Betancourt, le président colombien a en effet indiqué hier que la France pourrait également accueillir ces déserteurs des Farc.

Les nouvelles sur Betancourt ne sont pas bonnes, dit Kouchner


Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a déploré les informations inquiétantes sur la santé d'Ingrid Betancourt et a salué l'initiative du gouvernement colombien, qui a proposé de libérer des guérilleros en échange de sa libération.

"J'ai des nouvelles qui ne sont pas bonnes", a-t-il déclaré en marge d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept à Brdo (Slovénie). "J'espère que les nouvelles sur la santé d'Ingrid Betancourt ne sont pas médicalement justes."

Les autorités colombiennes ont confirmé jeudi que la sénatrice franco-colombienne, âgée de 46 ans et détenue depuis février 2002 par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), était gravement malade, atteinte du virus de l'hépatite B et souffrant de malnutrition.

Le chef de la diplomatie française a toutefois émis l'espoir que l'offre du président colombien Alvaro Uribe de libérer sans délai plusieurs centaines de guérilleros des Farc en échange d'Ingrid Betancourt serait acceptée par les insurgés.

"J'ai noté très positivement l'attitude du président Uribe", a dit Kouchner en soulignant qu'il n'y a "rien de précis mais des bruits concordants" faisant espérer sa libération.

Ingrid Betancourt: Trop tard?


La proposition de Bogota consistant à échanger les guérilleros détenus contre la libération des 39 otages "politiques" des Farc, dont Ingrid Betancourt, n'a fait que raviver les inquiétudes de l'entourage de la Franco-colombienne. Les nouvelles sur l'état de santé d'Ingrid Betancourt sont telles que Fabrice Delloye, son ex-mari, craint qu'elle ne soit déjà morte.

La mine grave, Bernard Kouchner a fait part samedi de son extrême inquiétude concernant Ingrid Betancourt. "J'ai des nouvelles qui ne sont pas bonnes", a déclaré le ministre des Affaires étrangères en marge du sommet européen de Brdo en Slovénie. "J'espère que les nouvelles sur la santé d'Ingrid Betancourt ne sont pas médicalement justes", a-t-il ajouté semblant ne pas trop y croire.

Jeudi, le médiateur colombien pour les droits de l'Homme, Wolmar Perez, avait donné des informations alarmistes, expliquant que l'état de santé de l'otage franco-colombienne était "délicat". Ingrid Betancourt, prisonnière de la guérilla colombienne depuis six ans, souffrirait en effet d'une hépatite B, d'une maladie de la peau transmise par des piqûres d'insectes et de malnutrition. Au point que les Farc ont tenté de lui prodiguer des soins dans leurs propres dispensaires à quatre reprises. Des déclarations bientôt suivies par la signature, par le président colombien Alvaro Uribe, d'un décret qui permettrait la libération d'Ingrid Betancourt et des 38 autres otages "politiques" contre celle des guérilleros des Farc détenus dans les geôles de Bogota.

Une manoeuvre de Bogota?

Un geste apparemment spectaculaire et susceptible d'aboutir enfin au résultat tant espéré mais qui n'a pas provoqué d'enthousiasme dans l'entourage d'Ingrid Betancourt. Si souvent déçu, celui-ci reproche notamment aux autorités colombiennes d'avoir empêché début mars la libération de leur proche à cause de bombardements sur des positions des Farc. "J'ai noté très positivement l'attitude du président Uribe", a déclaré pour sa part Bernard Kouchner mais le patron du Quai d'Orsay s'est montré très prudent soulignant qu'il n'y a "rien de précis mais des bruits concordants" faisant espérer la libération d'Ingrid Betancourt.

Le décret d'Alvaro Uribe serait en effet loin de lever tous les obstacles juridiques à une telle opération selon le procureur général de Colombie, Mario Iguaran. Pour l'ex-mari d'Ingrid Betancourt, cette proposition colombienne qui sent l'improvisation, ne serait qu'une manoeuvre visant à se protéger en cas de mauvaise nouvelle. Fabrice Delloye se demande si les autorités colombiennes ne sont pas plus informées qu'elles ne veulent bien le dire sur l'état de santé réel de l'otage la plus célèbre des Farc. Au point d'imaginer le pire. "J'ai peur qu'Ingrid Betancourt soit en train de mourir ou soit déjà morte", déclare-t-il.

vendredi 28 mars 2008

"Les Farc redoutent la mort d'Ingrid Betancourt"




Après la proposition du gouvernement colombien, sommes-nous près d'une sortie de crise et de la libération d'Ingrid Bétancourt ?



- La proposition du gouvernement colombien de relâcher unilatéralement des guérilleros si Ingrid Betancourt était libérée constitue une avancée considérable. Cela modifie la donne de l'échange humanitaire. Le gouvernement colombien fait une offre qui passe outre la demande des Farc de libérer les territoires de Florida et Pradera, près de Cali, pour procéder à un échange négocié. Pour une seule otage, il passe l'éponge sur les condamnations de quelques centaines de guérilleros détenus dans les prisons colombiennes. Mais cette accélération tend à prouver que l'état d'Ingrid est jugé très préoccupant par les services de renseignements colombiens. Comme si le président Uribe ne voulait pas être accusé d'être responsable d'une issue tragique...

L'état de santé de l'otage franco-colombienne peut-il inciter les Farc à la libérer rapidement ? Sont-ils prêts à aller jusqu'au bout de leurs revendications quitte à laisser mourir leur principale otage ?

- Les Farc ne peuvent que redouter le décès éventuel d'Ingrid Betancourt. Elles ont certes montré, par le passé, qu'elles ne craignaient pas de voir mourir ou de sacrifier leurs otages, mais la fin tragique d'Ingrid, devenue un symbole international et même national, serait une catastrophe politique pour un mouvement déjà mal en point et qui a perdu beaucoup de terrain, beaucoup d'hommes et de chefs historiques. Les Farc devraient donc tout faire pour éviter sa mort. Mais cela ne veut pas dire que la guérilla s'apprête à la libérer. Sans Ingrid, morte ou vive, leur cause deviendrait presque invisible. Ils vont sans doute tout faire pour la maintenir en vie en la faisant soigner.
Y a-t-il eu des pressions du gouvernement français pour que Bogota propose enfin de négocier un échange ou est-ce qu'Alvaro Uribe, le président colombien, a, de son propre chef, compris que le temps de la négociation était venu ? [Le Quai d'Orsay a appelé vendredi en début d'après-midi les Farc à saisir l'offre de Bogota, ndlr]

- Depuis six ans, on a pu constater que l'influence de la France en Colombie était très réduite. Alvaro Uribe, comme les Farc, ont souvent fait semblant de répondre aux invitations ou aux injonctions de la diplomatie française, mais, en vérité, ils agissaient toujours en fonction de leur intérêt dans le conflit intérieur et régional de la Colombie. Cette fois, c'est sans doute les renseignements collectés par les autorités colombiennes qui ont provoqué la proposition de la libération de tous les guérilleros contre Ingrid. Uribe entend faire porter la responsabilité de la dégradation de sa santé sur les vrais responsables : ses ravisseurs. Et il y a fort à parier que si une catastrophe devait arriver, les Farc tenteraient d'en imputer la responsabilité au gouvernement colombien.

Chavez et Lula à Recife pour discuter sécurité régionale et énergie


Le président vénézuélien Hugo Chavez a rencontré mercredi à Recife, dans le nord-est du Brésil, son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pour consacrer un projet commun aux deux puissances pétrolières et étudier les moyens d'empêcher de nouvelles crises régionales.

Cette rencontre entre Hugo Chavez, chef de file de la gauche radicale en Amérique latine, et Lula, l'ancien syndicaliste représentant la gauche modérée sur le sous-continent, intervient à un moment où les relations des deux pays sont au beau fixe.

"Les relations entre le Brésil et le Venezuela n'ont pas été aussi bonnes depuis longtemps", a assuré à l'AFP l'ambassadeur du Venezuela à Brasilia Julio Garcia Montoya, alors que celles-ci ont connu une période houleuse l'an dernier.

Le président vénézuélien a assuré mardi, au cours d'une conférence de presse, que "le dialogue avec Lula ne s'était jamais refroidi". "Nous sommes chaque jour plus proches et le dialogue est productif, plus chaleureux", a-t-il dit.

Dès son arrivée à Recife, Hugo Chavez a déclaré soutenir l'initiative brésilienne d'un "Conseil de sécurité sud-américain". Cette idée a été avancée pour éviter la répétition de crises comme celle déclenchée début mars par un raid militaire colombien en territoire équatorien.

"C'est une proposition extraordinaire", s'est-il exclamé devant la presse.

Pour Maria Teresa Romerao, professeur de relations internationales à l'Université centrale du Venezuela, "le Brésil joue la carte d'un rapprochement avec le Venezuela et se présente en même temps comme un interlocuteur important entre la région et les Etats-Unis", tandis que le bouillant président vénézuélien est la bête noire de Washington.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a dit, à l'occasion d'une brève visite à Brasilia le 13 mars, ne pas être opposée à la proposition brésilienne.

Avant un entretien suivi d'un dîner de travail, les deux présidents devaient visiter le chantier de la raffinerie de pétrole Abreu e Lima, un projet de 4 milliards de dollars qui traîne depuis des années.

Ce complexe, détenu à 60% par le géant brésilien Petrobras et à 40% par son équivalent vénézuélien PDVSA, sera doté d'une capacité de production de 200.000 barils par jour.

Mais las d'attendre l'accord du Venezuela, Petrobras a commencé les travaux en septembre dernier.

Le Brésil n'a pas caché qu'il espérait signer un accord mercredi. "Nous espérons pouvoir finaliser les négociations et signer le contrat d'association entre Petrobras et PDVSA à l'occasion de la rencontre des présidents", a déclaré le porte-parole de la présidence brésilienne Marcelo Baumbach.

Le président vénézuélien tentera par ailleurs de convaincre le Sénat brésilien, troublé par son style virulent, de ratifier l'entrée de son pays dans le Mercosur, le marché commun du cône sud (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay).

Avant de regagner Caracas, M. Chavez se rendra jeudi dans deux Etats pauvres du nord du pays, l'Etat amazonien de Para et celui de Maranhao qui s'est montré intéressé par les programmes vénézuéliens d'alphabétisation et de santé.

Farc contre Betancourt?


Jeudi soir, les autorités colombiennes ont peut-être fait un pas décisif en vue de la libération d'Ingrid Betancourt. Longtemps réticent, le président Alvaro Uribe a effectivement signé un décret prévoyant la libération de plusieurs centaines de guérilleros des Farc emprisonnés en échange de l'otage franco-colombienne, dont l'état de santé suscite les plus vives inquiétudes.

Il s'agit peut-être du décret de l'espoir. L'espoir d'un retour à la vie pour Ingrid Betancourt. Jeudi soir, Alvaro Uribe a en effet proposé un deal sans précédent aux Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie), leur promettant la libération de plusieurs centaines de guérilleros emprisonnés en échange de l'otage franco-colombienne, laquelle se trouve actuellement, selon certaines sources, dans un état de santé alarmant. "Les bases juridiques d'un échange humanitaire sont jetées et nous avons réduit autant que possible les exigences", a ainsi commenté Luis Carlos Restrepo, haut commissaire colombien à la paix, devant la presse, suite à la décision présidentielle. "Le gouvernement s'est joint à l'appel national et international pour sauver Ingrid Betancourt. Nous ne pouvons pas courir de risques dans cette affaire et il n'y a plus de temps à perdre", a-t-il ajouté.

Yolanda Pulecio: "Cela pourra sauver Ingrid"

Or, du temps, la Colombie semblait pourtant en avoir beaucoup perdu ces dernières semaines. En éliminant, sur le territoire équatorien qui plus est, le numéro 2 de la rébellion marxiste, Raul Reyes, Bogota avait fait montre d'une attitude des plus rigides et incompatible avec toute discussion au sujet du sort des otages. Pire, Juan Carlos Lecompte, le mari d'Ingrid Betancourt, rejoint par le président équatorien, Rafael Correa, avait indiqué que son épouse était sur le point d'être libérée avant le funeste bombardement du 1er mars. Depuis, la pression s'était donc accrue sur les épaules du gouvernement colombien. Pression d'autant plus forte que jeudi, Wolmar Perez, médiateur colombien pour les droits de l'homme, avait confirmé que l'otage-symbole des Farc souffrait de malnutrition et d'infections dermatologiques. Elle serait également atteinte d'une hépatite B, comme l'avaient déclaré les quatre derniers captifs libérés par la guérilla, à la fin du mois de février. Face à ces alarmantes révélations, Alvaro Uribe a donc enfin décidé de lâcher du lest.

"La libération immédiate de Betancourt serait suffisante pour que nous considérions que l'échange humanitaire est en cours, et dans ce cadre, nous suspendrions de manière conditionnelle les condamnations des membres du groupe de guérilla concernés par cet accord", a encore avoué Luis Carlos Restrepo jeudi soir. Très ambitieux, le plan présidentiel prévoit même que tous les guérilléros peuvent être libérés, quelle que soit la peine prononcée contre eux ou le délit pour lequel ils ont été condamnés. Il s'agit pour le gouvernement d'appliquer un "mécanisme spécial, exceptionnel qui doit être mis en relation avec un acte humanitaire de la part des Farc, c'est-à-dire avec la libération immédiate de quelques otages", Ingrid Betancourt en tête. "Dieu veut que ce que nous avons tant demandé soit enfin fait. C'est positif et cela pourra sauver Ingrid", a déjà réagi, citée par le quotidien colombien El Tiempo, Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt. A condition toutefois que les Farc répondent favorablement à l'appel d'Alvaro Uribe.

jeudi 27 mars 2008

Betancourt: Santé "très délicate"



La santé d'Ingrid Betancourt, retenue par les Farc depuis plus de six ans, est "très délicate". Wolmar Perez, le médiateur colombien des droits de l'Homme, a confirmé ce jeudi sur une radio nationale que l'état physique de l'otage franco-colombien, atteinte d'une hépatite B, s'est "détérioré". Il a également lancé un appel aux Farc pour la libérer.
Alors que l'armée colombienne affirmait ne pas détenir de nouvelles informations sur Ingrid Betancourt, le médiateur des droits de l'Homme a révélé ce jeudi que la santé de l'ancienne sénatrice était "très délicate". L'otage franco-colombienne, détenue par les Farc depuis six ans, souffre d'hépatite B, de leishmaniose, une maladie de la peau transmise par des piqûres d'insectes et de malnutrition. Pour ce haut fonctionnaire, l'état physique d'Ingrid Betancourt "n'est pas différent de celui des enfants en Somalie". "L'information dont nous disposons, du moins jusqu'au mois de février, c'est que son état est très délicat, que ses conditions physiques et sa santé se sont détériorées", a -t-il dit.

A tel point que les Farc l'ont amenée dans des dispensaires situés dans la province méridionale de Guaviare, contrôlée par les guérilleros, pour la faire soigner. Wolmar Perez a précisé que le gouvernement colombien avait pris contact avec les autorités de la région pour lui faire parvenir des médicaments.
A ces déclarations, le clan Betancourt réagit avec circonspection, indiquant qu'il n'avait pas connaissance que Wolmar Perez ait travaillé sur le dossier de la Franco-colombienne.

Betancourt aurait été libérée sans le raid colombien en Equateur

Quoi qu'il en soit, Wolmar Perez a ensuite lancé un appel aux guérilléros: "La libération immédiate des otages est urgent parce que c'est ce qu'exige le droit international humanitaire". Les Farc ont libéré six de leurs otages depuis le début de l'année, à la suite de la médiation du président vénézuélien Hugo Chavez. Il y a une dizaine de jours, le mari d'Ingrid Betancourt, Juan Carlos Lecompte, avait affirmé que les rebelles l'auraient libérée elle aussi si l'armée colombienne n'avait pas mené le 1er mars un raid en Equateur dans lequel le numéro deux de la guérilla a été tué.

Cette opération transfrontalière avait déclenché une grave crise diplomatique entre la Colombie, l'Equateur et le Venezuela, qui avaient déployé des troupes à leur frontière. Le président équatorien, Rafael Correa, avait révélé peu après le raid meurtrier que son pays avait été proche d'un accord avec les Farc portant sur la libération de douze otages, dont Ingrid Betancourt.

lundi 24 mars 2008

Chavez stigmatise l'interventionnisme américain


Les Etats-Unis sont le plus grand interventionniste du monde", a déclaré le président vénézuélien Hugo Chavez réitérant que la politique de l'establishment américain reposait sur l'ingérence dans les affaires intérieures des pays indépendants. "L'administration Bush sème la discorde entre le peuple et les responsables des gouvernements indépendants, appliquant ainsi sa politique interventionniste pour assurer ses propres intérêts et réprimer les Etats indépendants.", a ajouté Hugo Chavez. Pour le président vénézuélien, le soutien sans ambages de Washington à un nombre des gouverneurs des Etats boliviens proclamant leur indépendance, est une ingérence flagrante dans les affaires boliviennes et il a blâmé une telle politique. "Le peuple et le gouvernement boliviens ne permettront pas aux Etats-Unis de parvenir à leurs objectifs néfastes en Amérique latine.", a ponctué Hugo Chavez.

dimanche 23 mars 2008

Betancourt: la France joue "un rôle crucial" dans le nouveau plan de libération


L'ex-otage Luis Eladio Perez a affirmé jeudi à l'AFP que la France jouait un "rôle crucial" dans le plan qu'il est venu présenter au président Nicolas Sarkozy pour la libération de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt détenue par la guérilla des Farc.

L'ex-sénateur a indiqué que dans la première version de son plan figurait l'idée d'un accueil "en territoire français -en Guyane, en Martinique-" de guérilleros emprisonnés en Colombie que la France pourrait échanger avec les Farc contre des otages, dont Ingrid Betancourt.

"Mais cette idée que j'avais avancée a été enrichie et modifiée à la demande du gouvernement français", a souligné M. Perez, libéré récemment par la guérilla marxiste à la demande du président vénézuélien Hugo Chavez.

Il commentait l'entretien accordé à l'hebdomadaire Paris-Match où il évoquait l'accueil en France, "en Guyane par exemple" de guérilleros de haute importance pour les Farc qui seraient échangés "directement entre la France et la guérilla". "Il a été réalisé une semaine avant ma visite à Paris", a-t-il souligné.

"La France va jouer un rôle crucial. Mais pour que ça marche, il faut un peu de discrétion", a-t-il réaffirmé, "ne serait-ce que parce qu'il faut qu'il (le plan) soit présenté au président (colombien) Alvaro Uribe et à Hugo Chavez", a-t-il estimé.

M. Perez, qui doit quitter la France dimanche, a affirmé qu'il devait rencontrer M. Uribe lundi et M. Chavez "la semaine prochaine".

Les Farc veulent échanger 39 otages dits "politiques" aux mains de la guérilla, dont Ingrid Betancourt et trois Américains, contre la libération de quelque 500 guérilleros emprisonnés.

M. Perez, qui a passé plus de six ans aux mains des Farc, a répété qu'il était "très optimiste" quant à une libération prochaine d'Ingrid Betancourt et qu'il était "certain" que M. Uribe accepterait son plan.

Du côté de la guérilla, il s'est de nouveau dit "sûr de la volonté des Farc de négocier" la libération des otages, en dépit selon lui "de positions divergentes" au sein de la guérilla, l'aile militaire semblant hostile à une négociation politique avec M. Uribe.

Selon des sources proches du dossier, le plan de M. Perez comprendrait plusieurs étapes: une reconnaissance politique des Farc, la suppression de la guérilla de la liste européenne des organisations terroristes et une proposition d'asile permettant l'accueil de guérilleros libérés sur le territoire français.

Ingrid Betancourt, ancienne candidate à la présidentielle colombienne, a été enlevée le 23 février 2002, et est apparue très amaigrie et déprimée dans une vidéo et une lettre reçues en décembre par sa famille.

Ingrid Betancourt pourrait être libérée en territoire français


'ex candidate à la présidentielle colombienne Ingrid Betancourt, également de nationalité française, pourrait être libérée en France, comme l'informe ce samedi à radio Caracol de Bogota, qui cite un article du journal argentin Clarín.
Selon Caracol, cette proposition a été porté au président français Nicolás Sarkozy, par l'ex sénateur Luis Eladio Pérez, qui avance un plan pour concrétiser l'échange humanitaire en Colombie.
Ce plan d'échange se produirait en Guyane française ou en Martinique, deux territoires français de l'outre-mer, et est déjà en connaissance des FARC.
Dans ce processus d'échange, le président Sarkozy est disposé à donner un traitement « différent » aux FARC, ajoute le rapport, qui ne spécifie pas s'il s'agit d'accorder le statut de belligérance à la guérilla.
Cette semaine l'ex sénateur Luis Eladio Pérez, discutera de cette proposition avec les présidents du Vénézuéla, Hugo Chavez, et de la Colombie, Álvaro Uribe, pour conclure les derniers détails.

mercredi 19 mars 2008

"Noël Saez [négociateur français] se sent responsable"


Dans le cadre des négociations pour la libération d'Ingrid Betancourt, un appel téléphonique satellitaire de l'équipe de négociateurs français à Raul Reyes, numéro deux de la guérilla des FARC, aurait permis à l'armée colombienne de localiser ce dernier et de l'abattre le 1er mars. La sénatrice colombienne Piedad Cordoba, bien en cour à Paris et alliée du président vénézuélien Hugo Chavez, le déclare dans une interview exclusive à l'hebdomadaire colombien Cambio.

Piedad Cordoba fut associée par Hugo Chavez et les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie, marxistes) aux deux récentes libérations d'un total de six otages de cette guérilla. La sénatrice colombienne accompagnait le président Chavez lors de sa dernière visite à Paris, le 21 novembre 2007. Quant à Raul Reyes, il était le principal interlocuteur de la France dans les tractations visant à faire libérer la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, otage des FARC depuis le 23 février 2002.

Revenant pour l'hebdomadaire Cambio sur l'attaque qui a permis à l'armée colombienne de tuer Raul Reyes et une vingtaine de ses proches dans un camp des FARC au nord de l'Equateur, Piedad Cordoba croit que le gouvernement du président colombien Alvaro Uribe avait choisi un moment clé pour mener ce raid meurtrier qui a provoqué une vive tension régionale.

EXTRAITS DE L'INTERVIEW DE PIEDAD CORDOBA :

# [Question de Cambio] Pourquoi dites-vous que le gouvernement [colombien] a cherché un moment clé pour tuer Raul Reyes? Est-ce réellement si facile de choisir un moment déterminé alors qu'il [Raul Reyes] était poursuivi sans résultat depuis des années?

[Piedad Cordoba] "La mort s'est produite deux ou trois jours après une réunion à Panama entre le commissionnaire [gouvernemental colombien pour la Paix] Luis Carlos Restrepo, Daniel Parfait, ex-ambassadeur de France en Colombie et époux actuel de la soeur [Astrid] d'Ingrid Betancourt, et Noël Saez, assesseur du gouvernement français.

A mon entendement, la réunion eut lieu pour que Restrepo leur communique que le gouvernement [colombien] les autorisait à parler avec Reyes pour voir comment on pouvait obtenir la libération d'Ingrid. La libération d'Ingrid commençait déjà à être envisagée".


[Daniel Parfait dirige actuellement le département Amériques du ministère français des Affaires étrangères. Il pourrait être déplacé prochainement et devenir ambassadeur au Mexique. Noël Saez, ex-consul de France à Bogota et agent de la DGSE -Direction générale de la sécurité extérieure- est l'émissaire habituel de Paris auprès des FARC; ndlr].

# Et en quoi cela est-il en relation avec l'attaque du camp [des FARC, le 1er mars]?

"Les Français ont appelé Reyes par téléphone satellitaire [probablement pour fixer le rendez-vous autorisé par Bogota; ndlr] et c'est là qu'ils l'ont écouté [Piedad Cordoba veut sans doute dire "localisé"; ndlr]. Saez a même dit ces derniers jours à l'un de mes amis qu'il se sentait responsable de la mort de Reyes, car il croyait que c'est suite à son appel que le chef guérillero a été localisé".
...
# Comment croyez-vous que va évoluer le dossier des libérations [d'otages des FARC]?

"Je veux être optimiste, mais il y aura des difficultés. Bien que le principal interlocuteur [de Hugo Chavez] soit au sein des FARC Ivan Marquez, Reyes était une personne clé pour l'accord humanitaire [sur un échange d'otages, dont Ingrid Betancourt, contre des guérilleros emprisonnés; ndlr]. Mais Uribe voulait l'empêcher et en conséquence, je ne crois pas qu'il y aura davantage de libérations. Le Secrétariat [commandement collectif des FARC; ndlr] croit qu'on a tendu un piège à Reyes. Construire maintenant la confiance est très difficile. Même si le président Uribe souhaite maintenant s'asseoir pour dialoguer, les FARC pensent qu'il s'agit d'une stratégie pour les localiser et les tuer".


Piedad Cordoba ne partage donc pas l'optimisme de Luis Eladio Pérez, ancien sénateur colombien et ex-otage des FARC, qui a exposé le 18 mars à Paris au président français Nicolas Sarkozy un plan pour activer la libération des séquestrés. La sénatrice admet par ailleurs l'existence d'une "crise interne" au sein de la guérilla.

Quant à l'équipe de négociateurs français dont un appel imprudent aurait abouti à la mort de Raul Reyes et à la paralysie de pourparlers favorables à Ingrid Betancourt, l'un au moins de ses membres était déjà impliqué dans la rocambolesque et vaine tentative de libération de la Franco-Colombienne de juillet 2003 au Brésil.

Le 5 mars dernier, c'est à un appel satellitaire de Hugo Chavez à Raul Reyes que la chaîne colombienne RCN-Radio, citant le renseignement militaire colombien, attribuait la localisation du chef rebelle, suivie de l'attaque dans laquelle il a péri.

Bush continue à hausser le ton contre Chavez



Le président américain George W. Bush a continué mardi à hausser le ton contre le régime du président vénézuélien Hugo Chavez en invoquant pour la première fois ouvertement une enquête sur les liens entre Caracas et la guérilla marxiste colombienne.

Dans un discours à Jacksonville (Floride, sud-est), M. Bush n'a pas cité nommément Hugo Chavez, sa bête noire en Amérique latine. Mais il a évoqué une enquête menée par les Colombiens sur la possibilité de relations allant au-delà de simples rencontres à Caracas entre des responsables vénézuéliens et des membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).



"Récemment, quand les forces colombiennes ont tué un des plus importants dirigeants des Farc, elles ont découvert des dossiers sur ordinateur qui suggèrent l'existence de liens entre le régime vénézuélien et les Farc encore plus étroits que nous ne le pensions", a dit M. Bush.

"Les responsables colombiens enquêtent sur ces liens, mais qu'une chose soit claire: les Etats-Unis soutiennent fermement, ils sont fermement au côté de la Colombie dans son combat contre les terroristes et les seigneurs de la drogue", a-t-il dit.

La secrétaire d'Etat de M. Bush, Condoleezza Rice, a déjà déclaré la semaine passée que les Etats-Unis se pencheraient sur les liens entre les responsables vénézuéliens et les Farc, que les Etats-Unis considèrent comme une organisation terroriste. Mais c'est la première fois que M. Bush soulève publiquement cette affaire.

M. Bush s'était déjà livré à l'une de ses plus virulentes attaques contre le gouvernement de Caracas le 12 mars, à la veille d'un voyage de Mme Rice en Amérique latine.

Ce réquisitoire suivait de près la grave crise entre la Colombie, l'un des plus sûrs alliés sud-américains des Etats-Unis, et l'Equateur et le Venezuela d'autre part.

M. Chavez, chef de file du fort courant anti-américain parcourant l'Amérique du sud, s'était joint au gouvernement de gauche équatorien pour dénoncer un raid mené le 1er mars par l'armée colombienne de l'autre côté de la frontière avec l'Equateur contre les Farc. M. Chavez avait ordonné l'envoi de troupes à la frontière entre le Venezuela et la Colombie, faisant craindre une escalade, avant la résolution de la crise.

Depuis, les Colombiens enquêtent sur le contenu d'ordinateurs saisis au cours de l'attaque qui a tué notamment le numéro deux des Farc, Raul Reyes.

Au plus fort de la crise, le directeur de la police colombienne a accusé le Venezuela d'avoir versé 300 millions de dollars aux Farc.

Un tel soutien poserait la question pour Washington de l'inscription du Venezuela sur la liste des Etats soutenant le terrorisme, au côté d'autres parias aux yeux du gouvernement américain: la Corée du Nord, Cuba, l'Iran, le Soudan et la Syrie. Une telle décision serait susceptible d'envenimer les rapports diplomatiques mais aussi économiques en Amérique latine.

"Le régime de Caracas s'est répandu en attaques contre l'Amérique, il a fait alliance avec Cuba, il a rencontré des dirigeants des Farc", a dit M. Bush mardi.

M. Bush a abordé la question vénézuélienne pour essayer à nouveau de vaincre les résistances du Congrès américain à la ratification d'un accord de libre échange conclu avec le gouvernement colombien. Cet accord est "notre manière de signaler notre soutien ferme au président (Alvaro) Uribe", qui s'est montré un "partenaire inébranlable" des Etats-Unis, a-t-il dit.

dimanche 16 mars 2008

Chavez et Uribe prévoient de se rencontrer bientôt et font voeu 'd'éviter toute agression'



Les présidents du Venezuela et de Colombie ont promis jeudi soir de mettre leurs différends de côté, quelques jours après la grave crise diplomatique qui les a opposés.

Les gouvernements d'Hugo Chavez à Caracas et d'Alvaro Uribe à Bogota ont publié des communiqués indiquant que les deux chefs d'Etat s'étaient entretenus par téléphone et s'étaient mis d'accord pour se rencontrer rapidement.

Un communiqué vénézuélien indique que les deux présidents ont insisté sur "leur volonté de collaborer pour éviter toute agression".

Il s'agit d'une grande avancée après les accusations et les insultes récemment échangés.

Il y a moins de deux semaines, Hugo Chavez a traité son homologue colombien de "menteur", de "criminel" et de "mafieux".

Aujourd'hui, les deux dirigeants prévoient de renforcer leurs relations, après qu'une opération militaire de Bogota contre un campement de FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) en Equateur le 1er mars ait mis le feu aux poudres.

vendredi 14 mars 2008

Terrorisme : Chavez


Le président vénézuélien, Hugo Chavez, utilise sa vaste fortune pétrolière pour financer le terrorisme dans son propre jardin», estime un membre du Congrès dans une lettre au président Bush.

Un soutien avéré du président vénézuélien aux Farc colombiennes pourrait valoir à Caracas de rejoindre la liste noire de Washington. Le pétrole pourrait cependant calmer les ardeurs antiterroristes.

Le Venezuela rejoindra-t-il Cuba, l'Iran, la Corée du Nord, la Syrie et le Soudan sur la liste des pays accusés par le département d'État américain de «parrainer» le terrorisme ? Deux membres républicains du Congrès en ont fait la demande.

Dans une lettre au président Bush en date du 6 mars, Connie Mack estime que «le président vénézuélien, Hugo Chavez, utilise sa vaste fortune pétrolière pour financer le terrorisme dans son propre jardin». Le représentant de la Floride fait allusion au raid colombien du 1er mars dans un camp rebelle situé au-delà de la frontière équatorienne.

L'épisode avait déclenché une minicrise diplomatique. Mais il avait surtout abouti à l'élimination d'un haut responsable des Forces armées révolutionnaires de Colombie, Raul Reyes, et à la saisie d'ordinateurs dont la mémoire pourrait contenir la preuve de liens entre le régime de Chavez et les Farc, auxquelles le président vénézuélien aurait promis 300 millions de dollars. Selon le secrétaire d'État américain adjoint, Tom Shannon, l'analyse en cours des données semble indiquer «un degré de dialogue et de discussions entre des membres du gouvernement du Venezuela et des Farc qui a besoin d'être expliqué», mais à ce stade du processus, «ce serait une erreur d'en tirer des conclusions hâtives».

Ileana Ros-Lehtinen, autre républicaine de Floride siégeant à la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, a de son côté attiré l'attention de la secrétaire d'État Condoleezza Rice sur un projet pétrolier et gazier de coentreprise irano-vénézuélien qui pourrait être en violation des sanctions contre Téhéran. Elle lui suggère de considérer si «les activités du Venezuela avec l'Iran et son soutien aux Farc franchissent le seuil légal selon lequel le régime de Chavez peut être désigné comme un État parrainant le terrorisme ou une nation sanctuaire».

1,5 million de barils par jour

Les Farc figurant sur la liste américaine des organisations terroristes, la preuve de leur financement par une puissance étrangère violerait la résolution 1373 des Nations unies. Le Conseil de sécurité l'avait adoptée après les attentats du 11 septembre 2001 pour demander aux États de ne fournir «aucune forme de soutien, actif ou passif, aux entités ou aux personnes impliquées dans des actes terroristes».

George Bush haussa le ton contre Hugo Chavez lorsque le président vénézuélien dépêcha des troupes à la frontière colombienne après le raid du 1er mars. Mais il hésitera devant d'éventuelles sanctions, auxquelles personne n'a rien à gagner : les États-Unis sont le plus gros acheteur de pétrole vénézuélien. Un arrêt des importations 1,5 million de barils par jour attiserait encore la flambée des prix.

Des sanctions sur la fourni­ture de matériel militaire existent déjà depuis que le Venezuela a expulsé, en 2005, des agents américains de la lutte contre les stupéfiants. Quant à la lutte contre le terrorisme, Chavez a beau jeu de reprocher à Washington son refus de livrer un militant anticastriste accusé d'un attentat contre un avion cubain où 73 personnes avaient trouvé la mort au Venezuela en 1976.
.In LE FIGARO

Amérique latine: Chavez et Uribe enterrent la hache de guerre


Le président vénézuélien Hugo Chavez et son homologue colombien Álvaro Uribe ont convenu jeudi lors d'un entretien téléphonique de se rencontrer prochainement afin de passer en revue leurs relations suite au règlement pacifique de la crise.

"Les leaders des deux pays ont convenu de rétablir au niveau habituel les relations diplomatiques, politiques et économiques entre la Colombie et le Venezuela, et se sont dit prêts à coopérer afin de ne tolérer aucune agression de groupes violents contre les deux pays, qu'elle que soit leur origine", lit-on dans une déclaration du ministre vénézuélien de l'Information Andres Izarra destinée à la presse.

Bogota et Caracas ont rompu leurs relations diplomatiques après un raid lancé par l'armée colombienne contre la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en territoire équatorien. Au cours de cette opération militaire, le numéro deux des FARC Raul Reyes ainsi que 25 autres rebelles ont été éliminés.

En réponse, l'Equateur et le Venezuela ont décidé de dépêcher leurs troupes à la frontière avec la Colombie.

Auparavant, Hugo Chavez avait ordonné la reprise des liaisons commerciales transfrontalières et le retrait des troupes massées dans la zone.

L'ensemble des tanks et 10 bataillons motorisés sont actuellement retirés des régions de Zulia et Tachira (ouest du Venezuela). Des hélicoptères russes Mi-26T sont utilisés pour transporter les 9.000 soldats déployés dans cette zone.

jeudi 13 mars 2008

Une mission pour Betancourt




télégramme:Une mission médicale internationale a été envoyé hier soir en Colombie dans le but de prodiguer des soins à Ingrid Betancourt .Cette décision de faire partir la mission a été prise par la commission européenne.

mardi 11 mars 2008

Colombie: Les Farc au plus mal


Selon les médias vénézuéliens, Joaquín Gómez, propulsé au rang de porte-parole des Farc après la mort de Raul Reyes, aurait été gravement blessé lors d'un affrontement. Une nouvelle qui intervient après le décès d'un autre chef rebelle, Ivan Rios, tué par l'un de ses propres soldats. Ce dernier affirme aujourd'hui que la guérilla ne libèrera jamais Ingrid Betancourt.

Nouveau coup dur pour les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Après la mort de Raul Reyes, leur numéro deux, et celle d'Ivan Rios, l'un des sept membres de l'instance dirigeante de la guérilla, c'est Joaquín Gómez, nommé porte-parole du mouvement après la mort de Reyes, qui se trouve dans un état grave.

Selon les médias vénézuéliens, le chef rebelle aurait été gravement blessé lors d'un affrontement et serait actuellement soigné dans une clinique située à la frontière entre la Colombie et le Venezuela. Mardi en fin d'après-midi, les autorités colombiennes n'avaient pas encore confirmé cette information. Reste que la stratégie d'affaiblissement de la guérilla, prônée par Bogota, semble porter ses fruits.

Et ce d'autant plus qu'en sus de ces récents coups durs, les Farc apparaissent désormais divisées. Vendredi, Ivan Rios a été tué par l'un de ses propres soldats, surnommé "Rajos" et également connu sous le nom de Pablo Montoya. Pour prouver son geste, ce dernier a envoyé aux autorités colombiennes la main du chef rebelle ainsi que sa carte d'identité, son passeport et son ordinateur personnel. Mais les circonstances exactes de ce décès et les raisons qui ont poussé Rajos à agir demeurent obscures.

La rançon sera-t-elle versée à Rajos?

Certains observateurs expliquent cet acte par les divergences de vues qui opposent différentes branches de la guérilla. D'autres jugent que le geste de Rajos a été guidé par l'appât du gain. Bogota a en effet promis une récompense de cinq milliards de pesos pour la capture ou l'élimination d'Ivan Rios. Soit 1 742 175 euros.

Mais en Colombie, le versement d'une rançon d'un tel montant à un guérillero fait débat. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de sa mort. Les autorités soupçonnent en effet Rajos de vouloir profiter du décès "accidentel" d'Ivan Rios pour récupérer la rançon. Le responsable du Haut conseil pour la réintégration [des anciens rebelles, ndlr], Frank Pearl, estime en revanche que cet argent doit être versé au rebelle. "Nous espérons que la récompense sera effective, car c'est un mécanisme qui permet de désarticuler les Farc", a-t-il déclaré sur les ondes de la radio privée colombienne Caracol, précisant que cela faisait partie du processus de démobilisation des anciens rebelles, engagé par le gouvernement colombien.

La division et l'affaiblissement des Farc inquiètent les familles des otages. Et les récentes déclarations de Rajos sur Radio Caracol ne feront qu'amplifier ces inquiétudes. "Pour rien au monde, ils [les Farc, ndlr] ne libèreront Ingrid [Betancourt, ndlr]", a-t-il déclaré lundi, ajoutant: "Que madame Yolanda [Yolanda Pulecio, la mère de la Franco-colombienne, ndlr] le sache." Quant au sort réservé aux trois otages Américains détenus par les rebelles depuis février 2003, le guérillero ne s'est pas montré plus optimiste. Les Farc "vont condamner les gringos comme ces derniers ont condamné Simon", a-t-il déclaré. Simon Trinidad, emprisonné aux Etats-Unis pour trafic de drogue, a été condamné lundi à 60 ans de réclusion par un tribunal fédéral de Washington pour son rôle dans l'enlèvement de ces trois civils américains. Des déclarations à juger toutefois à la mesure de la position du rebelle dans la hiérarchie de la guérilla. Nul doute que pour les Farc, Rajos fait désormais figure de traître.

lundi 10 mars 2008

LES $300 MILLIONS DE CHAVEZ AUX FARC : UNE INVENTION


Raul Reyes et son ordinateur portable magique Rédaction : bien que les événements aient évolué depuis la rédaction de cet article de Greg Palast, ce dernier nous donne un petit - tout petit - aperçu de l’étendue de la désinformation, volontaire ou non, à laquelle les grands médias peuvent se livrer. Bonne lecture quand même.

C’est dingue, non ?

Le semaine dernière, la Colombie a envahi l’Equateur, a tué un chef de la guérilla dans la jungle, puis a ouvert son ordinateur portable et… devinez ce que les Colombiens ont trouvé ? Un message à Hugo Chavez selon lequel il aurait envoyé 300 millions de dollars aux FARC pour acheter de l’uranium et fabriquer une bombe !

C’est ce que Bush nous raconte. Et il le tient de son copain, l’étrange président d’extrême droite de la Colombie, Alvaro Uribe.

Donc : une fois l’acte accompli, la Colombie justifie sa tentative de provoquer une guerre des frontières comme un acte destiné à éliminer la menace d’une Arme de Destruction Massive ! Hum... on a déjà entendu ça, quelque part...

La presse étasunienne a repris l’histoire des « 300 millions de dollars de Chavez aux terroristes » en moins de temps qu’il n’aurait fallu au jeune Bush pour sniffer un rail de poudre colombienne.

Ce que la presse étasunienne a omis de faire [pas que cette presse là, d’ailleurs – NDT] c’est de vérifier l’information fournie par un courrier électronique trouvé dans un ordinateur portable magique. (On suppose que les dernières paroles du dirigeant des FARC furent, « et mon mot de passe est … »)

J’ai lu ce courrier. Et vous aussi vous pouvez le lire, ici : http://www.gregpalast.com/farc-docu...

Vous pouvez lire tout le document en espagnol, mais voici la traduction du seul et unique passage qui fait mention des prétendus 300 millions de Chavez :

« … en ce qui concerne les 300, que nous désignerons désormais comme le "dossier", des efforts sont déployés sur instructions du chef au "cojo" (terme d’argot pour "handicapé"), que j’expliquerai dans un autre courrier. Appelons le patron "Angel" et le handicapé "Ernesto" ».

Vous avez compris ? Où est Hugo ? Où sont les 300 millions ? Et de quels 300 parle-t-on ? En fait, remis dans le contexte, la note parle de l’échange d’otages avec les FARC sur lequel Chavez travaillait à l’époque (le 23 décembre 2007), à la demande du gouvernement colombien. En réalité, tout le reste du courrier ne parle que des modalités d’échange des otages. Voici la suite :

« pour accueillir les libérés, Chavez propose trois solutions : Plan A. Recourir à une « caravane humanitaire » qui impliquerait le Venezuela, la France, le Vatican [ ?], la Suisse, l’Union Européenne, des démocrates [société civile], l’Argentine, la Croix-Rouge, etc. »

Pour ce qui concerne les 300, il me faut souligner que le précédent échange des FARC concernait 300 prisonniers. S’agit-il des mêmes 300 dont parle Reyes ? Qui sait ? A la différence d’Uribe, de Bush et de la presse US, je ne vais pas me lancer dans des conjectures ou inventer une histoire fantasmagorique sur Chavez et des courriers envoyés au milieu de la jungle.

Pour apporter de l’eau à leur moulin, les Colombiens affirment, sans aucune preuve, que le mystérieux « Angel » est le nom de code de Chavez. Mais dans le courrier découvert, Chavez est appelé par le nom de code de… Chavez.

Et alors ? Et alors, ceci…

L’invasion de l’Equateur est une violation flagrante du droit international, condamnée par tous les pays latins membres de l’Organisation des Etats d’Amérique. Mais George Bush a tout simplement adoré. Il a appelé Uribe pour soutenir la Colombie contre « les assauts incessants des narco-terroristes ainsi que les manœuvres provocatrices du régime vénézuelien ».

Notre président s’est peut-être bien un peu mélangé les pinceaux, mais Bush sait ce qu’il fait : il soutient son dernier allié vacillant en Amérique du Sud, Uribe, qui est désespéré et dans une situation politique difficile. Uribe affirme qu’il va traîner Chavez devant la Cour Pénale Internationale. Si Uribe s’y rend en personne, je lui suggère d’apporter sa brosse à dents : on vient de découvrir que des escadrons de la mort d’extrême droite on tenu des réunions préparatoires dans le ranch même d’Uribe. Les amis d’Uribe ont été convoqués devant la Cour Suprême colombienne et risquent la prison.

En d’autres termes, c’est le moment où jamais pour Uribe de sortir ce vieux lapin politique de son chapeau, la menace d’une guerre, pour noyer les accusations de crimes portées contre lui. De plus, les attaques d’Uribe ont littéralement mis fin aux négociations en tuant le négociateur des FARC, Raul Reyes. Reyes était en pourparlers avec l’Equateur et Chavez sur un nouvel échange de prisonniers. Uribe avait autorisé les négociations. Cependant, Uribe savait que si ces négociations aboutissaient à la libération de prisonniers, tout le crédit en serait revenu à l’Equateur et à Chavez, et tout le discrédit sur lui.

Heureusement pour un continent au bord d’une explosion, le président de l’Equateur, Raphael Correa, est un des hommes les plus réfléchis et les plus posés qu’il m’est arrivé de rencontrer.

Correa s’est rendu à Brasilia et Caracas pour tenter d’empêcher un embrasement. Tout en plaçant des troupes à la frontière car aucun chef d’état ne peut tolérer de voir des blindés étrangers fouler le territoire national. Correa refuse que l’Equateur serve de sanctuaire aux FARC. En fait, l’Equateur a démantelé 47 bases des FARC, plus même que l’armée corrompue de la Colombie.

Pour sa gestion calme et posée de la crise, je vais pardonner à Correa de s’être excusé d’avoir qualifié Bush de « Président crétin (dimwitted - NDT) qui a causé beaucoup de dégâts dans son pays et dans le monde. » (voir un extrait de mon interview de Correa ).

L’heure des amateurs a sonné

Nous pouvons faire confiance à Correa pour maintenir la paix au sud de la frontière. Mais pouvons-nous faire confiance aux futurs ex-présidents ? L’actuel occupant du bureau ovale, George Bush, ne peut tout simplement pas s’en empêcher : une invasion illégale par un promoteur des escadrons de la mort lui conviendrait parfaitement.

Mais devinez qui n’a pas pu s’empêcher d’imiter Bush ? Hillary Clinton, qui en est encore à expliquer que son vote en faveur de l’invasion de l’Irak n’était pas un vote en faveur de l’invasion de l’Irak, a fait une déclaration en termes quasi identiques à ceux de Bush, qualifiant l’invasion de l’Equateur comme le droit de la Colombie « à se défendre ». Elle ajouta, « Hugo Chavez doit cesser ses provocations ». Ah bon ?

Je pensais qu’Obama éviterait ce terrain miné – surtout après avoir été accusé d’être un amateur en politique étrangère pour avoir suggéré qu’il franchirait la frontière Pakistanaise pour pourchasser les terroristes. Il est embarrassant de voir Barack répéter pratiquement mot pour mot les phrases de Hillary en déclarant « le gouvernement Colombien a tout à fait le droit de se défendre ».

(Je suis certain que la position de Hillary n’a rien à voir avec le prêt pour sa campagne électoral accordé par Frank Giustra. Giustra a versé plus de 100 millions de dollars aux projets de Bill Clinton. L’année dernière, Bill Clinton a présenté Giustra à Uribe, le président Colombien. Aussi sec, Giustra a signé un accord juteux avec Uribe sur le pétrole colombien.)

Sans oublier Héros de la Guerre, John McCain, qui en tient déjà une sacrée couche, et qui a déclaré que « Hugo Chavez est en train d’instaurer une dictature » probablement parce que, contrairement à Bush, Chavez, lui, fait compter tous les bulletins de vote lors des élections vénézueliennes.

Mais voici que les choses deviennent vraiment vicieuses.

Le critique des medias Jeff Cohen m’avait dit qu’il fallait guetter le moment où la presse allait commencer à qualifier McCain d’expert en politique étrangère et les Démocrates d’amateurs. Et ça n’a pas loupé. Le New York Times, dans son édition de mercredi, qualifia McCain de « pro de la sécurité nationale ».

McCain, c’est ce « pro » qui avait affirmé que la guerre en Irak ne coûterait pratiquement rien en terme de vies et d’argent.

Mais, parlant de l’invasion de l’Equateur par la Colombie, McCain a dit « j’espère que les tensions baisseront, que le président Chavez retirera ces troupes de la frontière – de même que les Equatoriens – et que les relations continuent à s’améliorer entre les deux. »

Ce n’est pas tout à fait de l’anglais (les approximations grammaticales de McCain ont été plus ou moins rendues dans la traduction française – NDT), mais ce n’est définitivement pas du Bush. Et bizarrement, ce n’est définitivement pas du Obama ou du Clinton en train de saluer bruyemment l’agression Colombienne contre l’Equateur.

Démocrates, entendez-vous ? Il y a quelque chose de pire que de voir les medias accuser Obama et Clinton d’être des amateurs, et c’est de voir les candidats Démocrates se démener comme des fous pour leur donner raison.

Greg Palast

Piedad Cordoba convaincue que les FARC ont l'intention de continuer à libérer des otages unilatéralement


a sénatrice colombienne Piedad Cordoba c'est montrée convaincue ce lundi que les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) veulent continuer à faire des livraisons unilatérales d'otages et informe qu'elle entamera un voyage passant l'Amérique latine, l'Europe et les Etats-Unis pour qu'on constitue une commission de pays amicaux, proposé par le président vénézuélien Hugo Chávez, issu du Groupe de Rio tenue vendredi à Saint-Domingue.
Elle a annoncé qu'elle portera personnellement à son pays les preuves de vie de neuf des dix militaires et des policiers retenus par les Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC) qu'ont été livrées au Gouvernement du Vénézuéla jeudi passé, stipule le compte rendu de Efe.
Elles correspondent au capitaine de l'Armée de la Colombie Edgar Duarte Valero, au lieutenant Elqui Hernández Rivas, le sergent de la Policier Nationale Luis Alberto Eraso Maya et l'intendant Álvaro Brun.
Ainsi que José Martínez Estrada, le soldat William Giovanni Domínguez Castro, les patrouilleurs de la Police Nationale Juan Fernando Galicio Uribe, Walter José Lozano Guarniso et Alexis Torres Zapata et l'extrémité Pablo Emilio Moncayo Cabrera.
Les preuves de vie de Pablo Emilio, Cordoba les a livrée à Gustavo Moncayo, le père du militaire, dans la même conférence de presse.

dimanche 9 mars 2008

La mère d'Ingrid Betancourt salue la "qualité humaine" de M. Chavez


Yolanda Pulecio, la mère d’Ingrid Betancourt, a salué samedi la "qualité humaine" du président vénézuélien Hugo Chavez, en le remerciant pour ses efforts pour obtenir la libération de sa fille, otage de la guérilla colombienne des Farc.


Depuis le premier jour que je suis venu lui parler, j’ai senti la qualité humaine qui est la sienne, sa solidarité", a déclaré Mme Pulecio, qui participait avec M. Chavez à une cérémonie organisée pour la journée des femmes. "Que vous soyez mères ou non, vous comprenez la situation que j’ai dû vivre et vous comprendrez pourquoi je suis profondément reconnaissante envers M. Chavez", a-t-elle souligné, au bord des larmes, la voix nouée par l’émotion. Le dirigeant vénézuélien, qui a obtenu la libération de six otages depuis le début de l’année, a été privé en novembre dernier de sa mission de médiation auprès des Farc par son homologue colombien Alvaro Uribe. Mme Pulecio, dont la fille a été capturée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) en février 2002, a souligné qu’elle avait "passé six ans à lutter dans son pays pour demander de l’aide à M. Uribe". "Je me sentais sans protection, je ne savais pas qui recourir lorsque j’ai reçu l’appui de votre président", a-t-elle lancé, devant un public féminin, qui l’a chaleureusement applaudi. "Tout ce que je souhaite, c’est que nous n’ayez jamais à vivre une chose pareille, que vous puissiez profiter de vos enfants", a-t-elle ajouté, en rappelant que sa fille était "malade et très faible".

samedi 8 mars 2008

Chavez : "Les Farc doivent rendre les armes..."


Campement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Cette guérilla enrôle aussi des femmes


Face aux Farc, Hugo Chavez hausse le ton. Du moins, en apprence. Vendredi, le président vénézuélien a en effet appelé la guérilla à "rendre les armes, former un parti politique et ne plus tuer". Plus encore, il a également demandé aux Farc "d'humaniser la guerre et de ne pas utiliser les enlèvements comme arme de guerre". Une exigence inédite de la part d'un des rares médiateurs acceptés par la guérilla. Et une manoeuvre qui permet à Chavez de conserver toute sa respectabilité sur la scène internationale, sans se désolidariser du combat idéologique des Farc, assez proche du sien .

Le chef d'Etat vénézuelien s'exprimait en marge du sommet des chefs d'État latino-américains du Groupe de Rio, qui s'est ouvert vendredi à Saint-Domingue. Un sommet secoué par la crise entre la Colombie et ses voisins d'Équateur et du Venezuela , depuis l'incursion, le 1er mars, de l'armée colombienne en territoire équatorien, "sans que les autorités équatoriennes n'en aient été informées", a admis Alvaro Uribe vendredi.

Ambassades fermées, déploiement de troupes aux frontières, les tensions sont exacerbées entre les trois pays. Lors du sommet, Hugo Chavez a d'ailleurs refusé d'asseoir aux côtés de ses homologues Alvaro Uribe (Colombie) et Rafael Correa (Équateur). Le président colombien a pour sa part évité de rencontrer ses deux rivaux en déclinant toute figuration sur la photo officielle du sommet, prise avant l'ouverture des débats.

Dans ce climat, Hugo Chavez tient donc à faire savoir qu'il reste incontournable dans la gestion du dossier des Farc. Avec ou sans Raul Reyes. La mort, le 1er mars, du n°2 des Farc et principal interlocuteur de la guérilla avec la communauté internationale avait douché de nombreux espoirs. Au moment où il a été tué, Reyes était, semble-t-il, en train de négocier la libération d'une dizaine d'otages, dont Ingrid Betancourt . Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait ainsi estimé que sa mort n'était pas une "bonne nouvelle" . Vendredi soir, l'armée colombienne a annoncé avoir tué un autre membre du secrétariat des Farc, Ivan Rios. Pas sûr que ce soit une meilleure nouvelle pour une libération des otages.

Chavez à Cuba pour sa première visite depuis l'accès à la présidence de Raul Castro



La mère d'Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio est arrivée à Cuba samedi avec le président vénézuélien Hugo Chavez et la sénatrice colombienne Piedad Cordoba. Ils ont été accueillis vendredi soir à l'aéroport de La Havane par le président Raul Castro, en provenance de Saint-Domingue où ils avaient participé au sommet du Groupe de Rio qui a mis fin à la crise entre la Colombie et l'Equateur.

Arrivés à l'aéroport de Cuba vendredi soir, le président vénézuélien H. Chavez, la sénatrice colombienne P. Cordoba et la mère d'I. Betancourt Y. Pulecio ont été accueillis par le président Raoul Castro, le chef de la diplomatie cubaine, Felipe Perez Roque, et le vice-président cubain Carlos Lage.

Hugo Chavez et la sénatrice colombienne Piedad Cordoba ont travaillé comme médiateurs entre le gouvernement colombien et les Farc jusqu'à ce que le président colombien Alvaro Uribe mette fin en décembre à la mission du président vénézuélien.

Yolanda Pulecio et Piedad Cordoba ont accompagné Hugo Chavez à Saint-Domingue, où s'est tenu samedi le sommet qui a apaisé le crise provoquée par l'incursion militaire colombienne en Equateur, au cours de laquelle le numéro deux des Farc, Raul Reyes, a été abattu.

Selon la guérilla, Raul Reyes a trouvé la mort au moment où il cherchait à organiser une rencontre avec le président français Nicolas Sarkozy pour préparer la libération d'Ingrid Betancourt.

Les raisons du séjour de la mère d'Ingrid Betancourt à Cuba n'ont pas été fournies par les autorités de Cuba dont le gouvernement s'est déclaré en faveur d'une solution pacifique à la crise des otages et au conflit colombien.

Chávez demande à Marulanda de libérer Ingrid Betancourt



L'appel de Caracas:Hugo Chavez en direct sur TeleSur


A l'occasion de la journée Internationale de la Femme, le président vénézuélien a demandé au chef des FARC la libération d'Ingrid Betancourt. Il a souligné le résultat obtrenu lors du Sommet de Rio tenu vendredi, où selon lui seul l'empire américain a été mis en échec. Il a aussi annoncé le retrait des troupes, déployés à la frontière colombienne durant la crise.
Le président du Vénézuéla, Hugo Chávez, a demandé ce samedi au commandant en chef des Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie (FARC), Manuel Marulanda, de permettre la libération de l'ex candidate à la présidentielle colombienne, Ingrid Betancourt.
"Depuis ici j'envoie une demande Manuel Marulanda : libère Ingrid, en ce Jour International de la Femme demande expressément, au nom des femmes vénézuéliennes, des femmes colombiennes, au nom de Yolanda (Pulecio, mère d'Ingrid)", a exprimé le chef de l'état, à l'occasion de la journée Internationale de la Femme, à Caracas en présence de la mère d'Ingrid Betancourt et de la sénatrice colombienne Piedad Cordoba.
"Marulanda je te demande quand tu disposeras des conditions nécessaires, que tu libères Ingrid Betancourt, c'est la seule femme qui reste entre les mains des FARC, il n'y a aucune raison pour la maintenir dans la forêt", a t-il souligné.
L'empire américain a été mis en échec.
En soulignant les résultats du Sommet de Rio, qui s'était tenu vendredi à Saint-Domingue, Chávez a assuré que "ce qui est grand, c'est la mise en échec de l'empire américain".
Le mandataire vénézuélien a rejoint le chef cubain, Fidel Castro, qui dans sa réflexion publiée ce samedi, intitulée "le seul perdant", souligne que l'impérialisme américain a perdu par "KO" avec l'accord obtenu vendredi entre les gouvernements Équateur, le Nicaragua, la Colombie et du Vénézuéla.
"C'est lui qui a été mis en échec d'hier", a dit Chávez. "Parce que personne ne doute et personne ne doit douter que l'empire cherche chaque jour à élaborer des plans, en perpétrant différents types d' actions, pour essayer de freiner le processus de changement en Amérique latine et empêcher la véritable union entre nos peuples", a t-il souligné.
"Nous avons démontré à l'empire américain et à ses agents dans ces terres qu'il n'y a pas seulement Cuba qui soit disposée à faire face aux volontés de l'empire, que Vénézuéla n'est pas seul plus disposé à faire face à ces intimidations de l'empire. Nous démontrons que nous sommes capables et que nous pouvons nous mettre debout".
Yolanda Pulecio : Je me sentait "parfaitement menacée" par le gouvernement colombien
Yolanda Pulecio, mère de l'ex candidate à la présidentielle colombienne retenue par les FARC, Ingrid Betancourt, a remercié pour "l' occasion" que lui a offerte le président Chávez pour s'adresser à l'auditoire et elle a félicité "de tout coeur" les femmes vénézuéliennes à leur tour.
"Je sais que chacune de vous, qu'elles soient mères ou non, comprennent la situation que j'ai dû vivre", a t-elle affirmé.
Pulecio a remercié le président Chávez pour sa gestions en vue de la libération de sa fille, Ingrid Betancourt, et a assuré que durant six années "elle a demandé" au président de la Colombie, Álvaro Uribe, qui l'aide "à l'heure de la situation tellement difficile que vit la Colombie".
"Je me sentais parfaitement menacée, je ne savais plus où m'adresser quand j'ai eu l'appui de votre président. Depuis le premier jour où je suis venu converser avec lui j'ai senti toute la qualité humaine qu'il a, sa solidarité, et il avait promis de m'aider et il m' a aidé, il a aidé à toutes les familles des otages colombiens ", a t-elle assuré.
La mère d'Ingrid Betancourt a remercié Chávez et la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, puisque " car grâce à eux sept personnes ont été libérées, et je demande à Dieu tous les jours, je lui demande qu'il vous aide et que la guérilla libère ma fille".
"Vous connaissez toute sa situation. Elle est malade, elle est très faible. Je ne veux pas vous rendre tristes avec ce sujet, je ne veux pas, la seule chose que je veux, c'est que vous n'ayez jamais à vivre une chose semblable, à vous qui jouissez de vos enfants, de votre toit, que vous jouissiez de tout de ce que vous avez aujourd'hui, et se rendent compte réellement de de ce qu'elles ont, parce il y a des choses de la vie et l'on ne se rend pas compte ", a t-elle assurée.
"Je les remercie dans l'âme pour leurs manifestations, et je sais que vous êtes solidaires avec moi", a ajouté Pulecio.
Piété Cordoba : "Je ne me reposerai pas tant que je n'obtiendrai pas la paix en colombie"
La sénatrice Piedad Cordoba a entamé ses mots en remerciant "de tout coeur" le président Chávez pour "son apport" et pour "pour l'accompagnement de tout le pays à contribuer à dépasser le drame énorme que vit la Colombie, ma Patrie".
"Je veux dire au peuple vénézuélien, à ces femmes qui ont la chance et la possibilité de construire un Vénézuéla différent, un Vénézuéla qui jouit aujourd'hui de nouvelles dispositions et pas seulement la Constitution, mais aussi cette démocratie contruite à travers la V République, ils peuvent dire qu'on peut, que des avancées peuvent être obtenues, qu'en effet il peut y avoir une Révolution, qu'il peut y avoir transformation, qu'en effet il y a changement, qu'en effet il y a le socialisme", a t-elle assuré.
Cordoba a aussi demandé des "excuses" au mandataire vénézuélien pour "l'avoir embarqué" dans "une tâche tellement difficile face au conflit colombien".
"Je savais que c'était difficile, et face à ces difficultés je lui ai demandé qu'il m'aide, mais jamais je n'aurai pensé que celà allait lui enlever tant de moments de tranquillité, tant l'approche est compliqué, tant de préoccupations, mais, pardessus tout, je sais aussi que sa solidarité, son affection, son amour, sa foi, son espoir, sa lutte pour la justice, son amour pour la paix en Colombie, font qu'il se soit entièrement consacré à nous aider", a t-elle affirmé.
"Aujourd'hui, nous combattons pour la liberté d'Ingrid et de beaucoup d'autres, mais il y a aussi dans mon pays beaucoup de prisonniers politiques, des victimes de la persécution de l'État, et des victimes de l'inégalité, de l'injustice et de l'incomprensión", a ajouté Cordoba.
La sénatrice colombienne a assuré qu'elle ne se reposerai pas tant qu'elle n'obtiendra pas la paix en colombie, l'égalité et que "puisse voir le jour une colombie, différente, différente, la Colombie de l'inclusion, la Colombie sans déplacés, une Colombie sans disparues, sans pauvreté, sans injustice".
"La Colombie où les hommes et les femmes qui devraient être dans les écoles, dans les universités, construire la paix, la Patrie, ne soient plus obligés d'être dans la forêt reclus dans des conditions cruelles mais, comme nos frères, contribuent aussi à cette Révolution qui unifie l'Amérique latine avec le socialisme et qu'au sein de l'Amérique latine il y aussi la Colombie et que la Colombie fait aussi partie de l'Amérique latine", a conclu Cordoba.

Le Venezuela va renormaliser ses relations avec la Colombie (Chavez)



Le président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré que son pays allait renormaliser ses relations diplomatiques avec la Colombie.

M. Chavez qui doit regagner Caracas après avoir participé au sommet du groupe de Rio à Saint-Domingue, a annoncé qu'il convoquerait une réuion de son cabinet vendredi soir pour renormaliser les relations de son pays avec la Colombie.

Au cours du sommet de Saint-Domingue, plusieurs dirigeants d'Amérique du Sud ont accusé le raid de l'armée colombienne sur le territoire équatorien. Le président colombien Alvaro Uribe a présenté ses demandes de pardon pour cette opération militaire.

L'Equateur a rompu ses relations diplomatiques avec la Colombie après ce raid, et le Venezuela a aussi annoncé le même geste vis à vis de la Colombie et expulsé l'ambassadeur colombien. Ces deux pays ont renforcé des troupes à leurs frontières avec la Colombie.

Etabli en 1986, le groupe de Rio, une organisation régionale d'Amérique du Sud et d'Amérique centrale, a pour objectif de promouvoir la coordination politique et la coopération économique.

L'Amérique latine soulagée après l'éloignement d'un conflit armé


Les présidents colombien Alvaro Uribe (g) et vénézuélien Hugo Chavez (d) se serrent la main sous les yeux du président de la République dominicaine Leonel Fernandez,à Saint-Domingue

L'Amérique latine était soulagée samedi après la réconciliation spectaculaire entre la Colombie et l'Equateur, grâce aux bons offices du président vénézuélien Hugo Chavez, qui a éloigné le spectre d'un conflit armé.

Réputé pour ses diatribes enflammées, le chef de file de la gauche anti-américaine s'est imposé à la surprise générale comme l'artisan clé de la détente en prônant la paix, lors du sommet du Groupe de Rio à Saint-Domingue, qui a scellé la veille la fin de la crise.

"Nous ne pouvons pas continuer à faire souffler un vent de guerre", s'est justifié M. Chavez, avant de regagner Caracas dans la nuit de vendredi à samedi.

Après des échanges très vifs entre le président colombien Alvaro Uribe et son homologue équatorien Rafael Correa, ces derniers ont annoncé la fin de la crise, déclenchée il y a une semaine par une incursion de l'armée colombienne en territoire équatorien.

L'attaque, menée le 1er mars dans un camp des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), avait provoqué la mort d'un haut dirigeant de la guérilla marxiste et d'une vingtaine de rebelles.

Après avoir dénoncé les "mensonges" de M. Uribe sur ses liens avec les Farc, M. Correa a accepté de considérer comme "dépassé un grave incident qui a fait tant de mal".

Les dirigeants se sont serré la main publiquement lors du sommet en République dominicaine, avant de se congratuler avec M. Chavez.

Une délégation de l'Organisation des Etats Américains (OEA) est désormais attendue dans les prochains jours dans la région andine, avant une nouvelle réunion des chefs de diplomatie du continent américain, prévue le 17 mars à Washington.

"Tout s'est déroulé comme une thérapie de groupe qui a commencé avec des bruits de guerre et s'est terminée par un rameau d'olivier", a expliqué à l'AFP l'ancien ambassadeur vénézuélien Edmondo Gonzalez Urrutia.

"Mais les problèmes de fond demeurent toujours" dans la région, a estimé M. Urrutia, qui dirige le Centre d'analyse diplomatique et stratégique à Caracas.

M. Chavez, qui entretient des relations exécrables avec le gouvernement américain, a vu dans la fin de la crise "une grande défaite pour l'empire", un avis que ne partage évidemment pas M. Uribe, allié traditionnel des Etats-Unis.

Le Venezuela n'a d'ailleurs pas rappelé les dix bataillons de l'armée, qui avaient été envoyés en renfort à la frontière avec la Colombie, au plus fort de la crise.

Près de 6.000 soldats vénézuéliens continuaient de patrouiller samedi le long des 2.200 kilomètres qui séparent les deux pays.

"Les troupes ne se retireront jamais, car c'est leur rôle de surveiller la frontière", a averti M. Chavez, qui a commencé à normaliser ses relations diplomatiques et commerciales avec son voisin.

Un incident s'est produit vendredi dans le nord de la Colombie à un poste-frontière, franchi par un détachement de la Garde nationale du Venezuela, entraînant un bref échange de tirs. Mais les deux pays ont aussitôt minimisé l'événement.

Autre motif de souci, M. Chavez n'a toujours pas, loin s'en faut, la même vision des Farc que son homologue colombien, de "bons révolutionnaires" pour le premier, "les pires terroristes de l'histoire de l'humanité" pour le second.

L'épineux dossier des otages que retient toujours la guérilla, dont l'ancienne candidate à la présidence colombienne Ingrid Betancourt, reste entier.

Le ministre vénézuélien de l'Intérieur Ramon Rodriguez Chacin a admis à Caracas que la libération de Mme Betancourt, qui possède aussi la nationalité française, n'était pas "prévu dans les prochains jours".

Les Farc, en rébellion contre la Colombie depuis 1964, proposent la libération de 39 otages en échange de 500 guérilleros emprisonnés.