
Le Président Préval aurait bénéficié d’un important geste de solidarité internationale des gouvernements cubains et vénézuéliens dans leur quête pour une vraie relance de la production agricole en Haiti au lendemain du sommet des chefs d’Etat de Managua. Pourquoi précisément Haïti ?
La majorité des émigrés avait donc par la suite décide de rester à cuba au grand bonheur de la production sucrière à la terra roxa, alors que la relation diplomatique entre ces deux pays ( Castro et François Duvalier) abordait une période relativement froide tout juste après la conférence de Punta del Este.
Après les retrouvailles en 1990, entre Préval et Fidel Castro, le leader Maximo se montrait toujours intéressé à Haïti en terme d’assistance technique, jamais en terme d’intérêts économiques communs.
Du coté Vénézuélien, on connaît l’histoire du panaméricanisme et ses origines haïtiennes. Quoique il advienne aujourd’hui d’Haïti, aucun des pays latino américains ne peut se permettre d’ignorer l’apport historique de Haïti dans l'émancipation de cette région.
Le Vénézuela, avec ses mines pétrolières et les prétentions hégémoniques régionales méritées d’un Etat pétrolier a toujours rêvé de retourner à Haïti des civilités inestimables faites aux libertadores F. Mirandar et Simon Bolivar. Carlos Andres Peres l’avait tenté avec le Président Leslie Manigat. Hugo Chavez a récidivé aujourd’hui avec les Gouvernements lavalasse. Est-ce que cette fois cet essai sera le bon ? On l’espère.
C’est dans ce contexte que débarqua en Haïti au début du mois de mai, une mission technique mixte Cubano-vénézuélienne pour étudier avec leurs homologues haïtiens un plan de relance à moyen et a long terme de la production agricole nationale pour les départements du Centre et de l’Artibonite. Cette commission composée de 30 experts cubains et vénézueliens s’est divisée en deux branches, une branche de 22 experts dont 16 cubains et 6 vénézuéliens qui ont établi leur base dans le super hôtel le Roseau à Mirebalais et un autre dans l’Artibonite pour s’occuper de la pêche et de l’aquaculture.
Pendant 35 jours à partir du huit mai les experts du MARNDR en irrigation, infrastructure, mécanisation agricole, électromécanique, électricité, production végétale, phytopathologie, production animale, santé animale, agroindustriel, sol et agroforesterie, ont rencontré et rencontrent leurs homologues étrangers à Mirebalais, pour diagnostiquer concevoir, et élaborer à court et a moyen terme un plan régional de développement agricole des départements du Centre et de l’Artibonité.
Dans les coulisses de ces réunions nous avons appris que le président Chavez a décidé de mobiliser 100 millions de dollars pour l’exécution de ce plan, qui se passera de toutes les études de préfaisabilité et de faisabilité dont on est coutumier avec la coopération internationale.En prélude du gros décaissement pour l’achat des équipements et matériels agricoles un premier contingent de 12.000 tonnes de semences de haricot et de mais, un lot de 3000 tonnes d’engrais sur un total de 15 mille tonnes et 50 tracteurs agricoles sont déjà à la douane de l’aéroport pour commencer ce travail.
La phase d’exécution est prévue au mois de juin et les résultats de ces interventions sous forme de récolte doivent se produire dans les premières semaines de novembre 2008. Ce programme de relance de la production agricole dans la région transversale du Centre et de l’Artibonite trop beau pour être vrai et croyable, participe de l’ALBA, une alternative bolivarienne pour les Amériques.
Il sera suivi de près par leurs Excellence Mrs les Ambassadeurs Vénézuélien Pedro Antonio Canino et Cubain Raul Barzada, qui n’ont jamais manqué l’occasion de vanter le pragmatisme de leur approche.
Quelque soit les visées de Chavez sur la scène régionale et quelque soit le degré de totalitarisme ou de populisme dont ses interventions sont marquées, il reste acquis, qu’il a toujours cherché à manifester rapidement dans le concret sa solidarité avec Haïti.
L’accord Petro Caribe en est un point. Assurément son aide de 100 millions de dollars à Haïti devrait être assortie de ces conditions politiques que le commun des mortels ignore aujourd’hui. La vraie question réside dans l’approche que le gouvernement haïtien choisira pour valoriser cette aide.
A notre avis, l’approche devrait être d’abord une approche de renforcement institutionnel et des infrastructures en milieu rural dans la région transversale. Par renforcement institutionnel il faut entendre des cadres fonctionnels au niveau des services essentiels tombant sous la responsabilité de tout état républicain. Il faut renforcer également les institutions décentralisées à travers lesquelles devront transiter l’aide vénézuélienne.
Il ne saurait y avoir de développement dans cette région sans recréer les institutions déconcentrées agricoles du MARNDR et réparer les dégâts des 22 ans de politiques ONGistes sur le terrain. Il est suggéré qu’a travers ce programme les bureaux du MARNDR soient vus et acceptés dans les 27 communes et 97 sections communales les plus potentiellement exploitables de la région transversale a travers ses structures d’irrigation, de recherche développement agricole, de communication et de vulgarisation agricole ,de production et de sante animale pour pouvoir d’abord encadrer les producteurs dans leur production actuelle telle qu’elle est. Même si l’approche par contractualisation sera adoptée, les institutions locales doivent être équipées pour superviser les travaux donnes en contrat aux firmes privées et aux ONGs.
Il faut dans les zones rurales payer les cadres pour qu’ils travaillent. Il ne faudrait pas commettre l’erreur permanente de la coopération bilatérale et multilatérale qui affaiblit les structures de l’état en s’opposant a l’ amélioration de salaire voir le réajustement des salaires des cadres pendant qu’elle facilite le drainage de ces derniers vers des projets ou elle accepte de les payer des salaires 3 à 4 fois supérieurs à ceux offerts par l’état. Mettre à la disposition des cadres le budget de fonctionnement nécessaire pour qu’ils produisent les services essentiels qui tombent dans les compétences de tout état indépendant.
LA QUESTION DES POMPES D’IRRIGATION EST INCONTOURNABLEIl faut que chaque morceau de terre occupant une superficie minimale irrigable d’au moins 10 has de terre bénéficie a crédit d’une pompe d’irrigation dans la région transversale, lorsque l’irrigation par gravité s’avère injustifiée, injustifiable et impossible.
LE CREDIT RURAL EST EGALEMENT INCONTOURNABLE DANS LE DEVELOPPEMENT DE N’IMPORTE QUEL COIN DU PAYS.On ne doit rien donner à quiconque car le don détruit l’engagement et la capacité créative de l’individu. Le don déresponsabilise l’individu. Il faut utiliser le crédit à solidaire pour faire marcher les pauvres. La caution solidaire reste le moyen de choix pour créer la confiance entre pauvres.
Si le crédit doit être solidaire, il doit être aussi doté de capacité pénale pour forcer l’individu à payer ses dettes pourvu que le crédit ait respecté les conditions de sa réussite. Nous savons tous que ces aides d’urgence sont motivées par la force et par la vague de publicité dont elles sont entourées et qui procure un sentiment de satisfaction au pays donateur. La presse fera connaître au monde entier comment le Président Chavez a été généreux à l’endroit du pays le plus pauvre des Amériques.
Au risque de nous tromper nous savons aussi que l’argent ou le contenu de l’aide doit être utilisé dans l’intervalle de temps assigné au programme. Le gouvernement devrait en profiter pour créer le maximum de job en construisant tous les bâtiments publics destinés a héberger les pouvoirs déconcentrés et décentralisés la ou il n’y en a pas dans les 97 sections communales de la région transversaleIl ne faudrait pas commettre a nouveau l’erreur de PURE 1, ou de PURE II, avec Paul Latortue qui même lorsqu’il distribuait des contrats sur appel d’offre, pénalisait systématiquement les structures locales de l’Etat, en ne les donnant aucun moyen de formation, ni de supervision des interventions qui se faisaient dans leurs propres aires d’opération.
Il ne faudrait pas non plus répéter les expériences passées des Israéliens à Ba-bouenn, qui érigeaient des superstructures qui s'écroulent avec leur départ. Il ne faut pas surtout confier la gestion de ces fonds à des organismes comme la MINUSTHA, l’IICA ou la FAO, qui conduisent actuellement des projets parallèles avec leur propre personnel, qui ne s’inscrivent dans aucune solution de continuité en faveur de ceux dont on veut vraiment aider.
Je reste confiant que les experts haïtiens aborderont avec leurs homologues cubains et vénézuéliens les problèmes tel qu’ils sont, que des solutions haïtiennes se dégagent de ces consultations et que les autorités haïtiennes sauront gérer l’aide financière et technique de ces deux pays, sans verser sans un quelconque chauvinisme vide qui voudraient faire croire que les cubains pourraient remplacer les cadres haïtiens sur le terrain. Lorsque la politique aura permis à tous les cadres haïtiens le droit de parler sans crainte de représailles, alors la nation haïtienne saura la vérité.