mardi 27 mai 2008

La flambée du pétrole affole la planète, pas le Venezuela




La flambée du pétrole ne cesse d'affoler la planète, mais elle laisse de marbre les automobilistes au Venezuela, le seul pays où une bouteille d'eau minérale vaut plus cher qu'un plein à la pompe.

"Nous avons pris l'habitude du pétrole facile. Au Venezuela, c'est le prix du lait et de la farine qui grimpe, pas celui de l'essence", lance Leandro Otero, un chauffeur de taxi de Caracas, après avoir déboursé 3 bolivars, à peine plus d'un dollar, pour remplir son réservoir.

A raison de quatre centimes de dollar le litre, l'essence est quasi gratuite au Venezuela, le plus grand producteur latino-américain de brut, dont les habitants, véritables drogués de l'automobile, n'hésiteraient pas à déclencher des émeutes en cas de hausse.

Depuis son arrivée au pouvoir il y a plus de neuf ans, le président socialiste Hugo Chavez n'a jamais osé augmenter l'essence, qui est encore moins chère qu'en Arabie saoudite, le premier producteur mondial.

"Le prix devrait augmenter de 50%. Au Venezuela, on met l'argent dans un sac percé. Tout s'évapore", déplore Wilson Briceño, gérant d'une station-service.

Pour maintenir son prix à la pompe, la compagnie pétrolière d'Etat PDVSA doit subventionner l'essence, à hauteur de 19.000 dollars par an, selon l'économiste Jose Guerra.

"Il existe une croyance populaire selon laquelle le pétrole appartient à tout le monde et que que pour cette raison, on ne peut pas le facturer au prix que coûte son exploitation. La conséquence, ce sont ces subventions brutales", explique cet expert à l'AFP.

Le pays est loin d'avoir oublié le "Caracazo", nom donné à une grande révolte populaire suscitée qui embrasa la capitale en 1989, faisant des centaines de morts, après la décision du président Carlos Andres Perez d'augmenter de 50% le prix de l'essence.

"Il sera difficile de stopper la consommation irrationnelle d'essence, quand un dollar suffit à faire le plein. Mais pour PDSA, les revenus pétroliers ne suffisent plus et la compagnie commence à accuser un trou financier important", prévient M. Guerra.

Le prix du combustible présente des effets insolites à Caracas. La vitesse moyenne des voitures ne dépasse pas les 8 km/h dans cette ville qui compte 1,8 million d'automobiles pour 4 millions d'habitants. L'insuffisance des transports publics ne fait qu'aggraver la situation.

"A Caracas, 80% des voies publiques sont occupées par des véhicules particuliers qui transportent seulement 20% de la population", remarque Leopoldo Lopez, maire du quartier de Chacao, interrogé par l'AFP.

L'an dernier, ce dirigeant de l'opposition fut l'artisan d'un plan de limitation du trafic, qui n'a duré que quelques mois, avant d'être suspendu par la justice.

Pour ses détracteurs, à commencer par les Etats-Unis, Hugo Chavez, le chef de file de la gauche radicale, gaspille en dépenses sociales improductives la manne pétrolière que lui rapporte l'exportation de quelque 2,8 millions de barils quotidiens.

Les réserves prouvées s'élèvent à 130 milliards de barils et pourraient selon les autorités atteindre 235 milliards en 2009 au Venezuela, où le prix du baril de brut, un pétrole extra-lourd nécessitant un raffinage important, avoisine actuellement les 116 dollars, pour un coût d'extraction de 9 dollars.

"Nous n'allons pas laisser passer l'occasion de transformer la richesse pétrolière en développement social", a clamé récemment le bouillant président, dont le gouvernement a impulsé un plan de nationalisation des hydrocarbures.

"Si le pétrole dure encore 100 ans, cela fait 100 ans de bonheur. Ce n'est pas la fin pour demain", résume Carlos Rosas, un conducteur de moto.

lundi 26 mai 2008

La "décadence" des Farc



Les Farc ont confirmé dimanche la mort de Manuel Marulanda, à la tête de la guérilla colombienne depuis 45 ans. Un décès qui suscite un regain d'optimisme chez les familles des otages. Bernard Kouchner, lui, parle même d'un "grand espoir". Qu'en est-il vraiment? Daniel Pécaut, directeur d'études à l'EHESS et spécialiste de la Colombie


Les Farc ont confirmé la mort de leur chef historique, Manuel Marulanda. Quelle est votre première réaction?
C'est un événement majeur. Manuel Marulanda incarne cinquante ans d'histoire de la guérilla. C'est donc le symbole de cette guérilla qui disparaît. Depuis les années 1950, les Farc tiennent grâce au rôle légendaire de Manuel Marulanda. Il a toujours maintenu son autorité sur cette organisation, et de ce fait, sa cohésion.

Est-ce un moment critique pour les Farc?
La mort de Marulanda intervient à un moment d'extrême affaiblissement pour la guérilla. Depuis deux ans, les désertions sont extrêmement nombreuses. Les Farc sont passées de 16 000 à 8 000 membres. Les ressources économiques de la guérilla sont en baisse. Il n'y a presque plus d'enlèvements. Leur contrôle sur le trafic de drogue a diminué. Les possibilités de racket sont moindres. Les Farc ont perdu un peu de leur contrôle du territoire. Enfin, des leaders importants ont été capturés. D'autres se sont rendus, comme Karina récemment. La disparition de ce chef légendaire intervient donc à un moment de grande démoralisation pour la guérilla.

Que va-t-il se passer?
Peut-elle dès lors récupérer une certaine présence politique, notamment via son nouveau chef, Alfonso Cano? La réponse ne va pas de soi. Cela passe à coup sûr par la négociation autour des otages et leur libération. Mais va-t-elle les faciliter? Rien n'est sûr. Les Farc exigent toujours la démilitarisation de deux communes [Pradera et Florida, afin de procéder à l'échange otages-prisonniers, ndlr]. Si elles renoncent, cela revient à reconnaître leur faiblesse politique. La question est: comment peuvent-elles désormais obtenir de négocier avec la France, la Suisse et l'Espagne [médiateurs dans le dossier des otages, ndlr] pour libérer Ingrid Betancourt et ainsi obtenir une reconnaissance relative comme acteur politique? Car elles ne peuvent plus exiger, comme il y a quelques mois, d'être reconnues comme un acteur belligérant.

Pourquoi?
Cela suppose des conditions -maîtrise d'un territoire, l'organisation d'une armée, etc. Or, tout montre le contraire.

Comment les Farc pourraient-elles obtenir cette reconnaissance comme acteur politique?
En libérant les otages. Les Farc accepteraient ainsi d'être un acteur politique dans une négociation politique.

"La carte Chavez a été un peu brûlée"

Alfonso Cano est présenté davantage comme un idéologue, avec qui les discussions pourraient être plus faciles.
C'est un homme plus politique que Marulanda. Au début des années 1990, il a dirigé des négociations avec le gouvernement. C'est le chef des organisations politiques clandestines des Farc. Il a été formé à l'université, c'est pour ça qu'on dit que c'est un intellectuel. Mais il n'a jamais rien écrit. Dans la mesure où les Farc n'ont d'autres issues que celle politique, il peut faciliter cela.

Le président colombien, Alvaro Uribe, envisage-t-il toujours une opération militaire, qui pourrait mettre en danger la vie des otages?
Selon Uribe, d'autres guérilleros sont prêts à déserter. Il leur a promis de fortes récompenses s'ils désertent avec leurs otages. Mais si les rebelles entrent dans une course pour se rendre, cela pourrait mettre en danger la vie des otages. D'autre part, la plupart des positions des Farc sont encerclées par l'armée colombienne. Mais Uribe n'a pas intérêt à mettre en danger la vie d'Ingrid Betancourt. Alvaro Uribe est à la fois un président triomphant -il est celui qui a affaibli la guérilla- mais il est aussi en difficulté. Son principal appui politique vient du Congrès, où de nombreuses personnalités ont récemment été mises en examen. Il doit aussi tenir compte de l'opinion internationale.

Quel rôle peut encore jouer Hugo Chavez?

La carte Chavez a été un peu brûlée depuis que des preuves sont venues montrer l'appui du président vénézuélien au Farc [preuves trouvées dans les ordinateurs de Raul Reyes, le numéro deux des Farc, tué en mars dernier, ndlr]. Chavez a désormais intérêt à jouer une carte plus modérée. Il y a huit jours, les dirigeants latino-américains se sont réunis à Brasilia. Chavez et Uribe ont eu des propos presque amicaux. Le Brésil peut aussi jouer un rôle, aux côtés de la France, de la Suisse et de l'Espagne. Cette négociation politique doit se faire en concertation avec le président colombien.

Manuel Marulanda a dirigé les Farc pendant 45 ans. Comment ont-elles évolué sur cette période?
La guérilla s'est d'abord organisée autour d'un système d'autodéfense paysanne, basé sur des revendications agraires, dans le contexte de la première guerre civile politique des années 1950 en Colombie, qui a fait 200 000 morts et qui a touché particulièrement la paysannerie. Ensuite, les Farc ont accompagné le mouvement d'occupation des nouveaux territoires. Dans ces zones où l'Etat était très absent, la guérilla a mis les terres en valeur. Dans un troisième temps, les Farc ont commencé à disposer d'importantes ressources économiques: drogue, enlèvement, racket. En 1985, la guérilla a essayé de créer un parti politique légal, qui s'appelait l'Union patriotique. Ce parti a été exterminé, 2500 militants et cadres ont été tués. A partir de 1991, les Farc n'ont plus songé qu'à la voie de la lutte armée pour prendre le pouvoir, et ce, jusqu'en 2002. A cette date, Alvaro Uribe arrive au pouvoir. Les Farc ne perçoivent pas qu'elles vont perdre du terrain. Enfin, il y a les trois dernières années, marquées par l'immobilisme et l'incapacité. Manuel Marulanda ressemblait de plus en plus aux vieux chefs révolutionnaires. Au sein de la guérilla, il y a un flottement gigantesque. C'est ce que j'appelle l'époque brejnévienne des Farc [du nom de l'ancien président de l'URSS, ndlr], qui a facilité la décadence actuelle.

dimanche 25 mai 2008

Le chef des Farc est mort



Le Président colombien Alvaro Uribe a annoncé la mort du chef des FARC


L'information a été confirmée dans la nuit, par le gouvernement colombien. Le chef historique des Forces révolutionnaires armées de Colombie (Farc) est décédé au mois de mars. Manuel Marulanda Velez, de son vrai nom Pedro Antonio Marin, dirigeait les Farc depuis 1964. Il est à l'origine de l'enlèvement d'Ingrid Betancourt en 2002. Alfonso Cano devrait remplacé Marulanda.

Colombie: les Farc prêts à libérer des otages dont Ingrid Betancourt, annonce Uribe


Le président colombien Alvaro Uribe a annoncé publiquement samedi soir que des chefs de la guérilla marxiste des Farc sont prêts à se démobiliser et à libérer des otages dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

L'armée colombienne a annoncé samedi le décès de Manuel Marulanda, le chef historique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc-marxiste), déjà donné pour mort à au moins 17 reprises.

"Le gouvernement a reçu des appels des Farc dans lesquels certains dirigeants ont annoncé leur décision de se démobiliser et de libérer Ingrid Betancourt, si le gouvernement (colombien) leur garantit la liberté", a affirmé le président lors d'une réunion publique en province. Ces dirigeants, a ajouté Alvaro Uribe, "seraient remis aux autorités françaises pour qu'ils puissent profiter dans ce pays de leur liberté".

Alvaro Uribe a également rappelé son offre de payer une récompense pouvant atteindre 100 millions de dollars aux guérilleros qui désertent avec des otages. Le président a fait ces déclarations à l'issue d'un "conseil communautaire" (lieu de rencontre du président avec la population) dans la localité de Florida (sud-ouest) et ses propos ont été retransmis en direct par la télévision d'état.

Ingrid Betancourt, 46 ans, ex-candidate à la présidentielle, est otage de la guérilla colombienne des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) depuis plus de six ans. Depuis plusieurs mois, Mme Betancourt est dans un état de santé alarmant, selon plusieurs témoignages. Les Farc ont proposé d'échanger 39 otages dits "politiques", dont Ingrid Betancourt et trois Américains, contre 500 guérilleros emprisonnés.

Le chef des Farc âgé de 80 ans et vétéran de la guérilla, est décédé le 26 mars, soit depuis près de deux mois et son remplaçant à la tête du mouvement devrait être Alfonso Cano, considéré comme l'actuel responsable idéologique, selon un communiqué lu par un porte-parole militaire du ministère.

Sa mort "est survenue à 18H30 et les circonstances de son décès ne sont pas encore confirmées", a-t-on précisé de même source, alors qu'aucune photographie ou document prouvant cette disparition n'ont été présentés à la presse par le ministère de la Défense.

Samedi le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, a indiqué à l'hebdomadaire Semana que l'information a été donnée au gouvernement "par une source qui ne nous a jamais trompés". "Marulanda doit être en enfer", a ajouté le ministre. Le chef guérillero "est décédé de mort naturelle", a pour sa part déclaré à la télévision privée Caracol le numéro deux de l'armée, l'amiral David René Moreno.

"Maintenant c'est aux Farc de démontrer que cette information n'est pas vraie", a-t-il dit.

L'agence ANNCOL, proche de la guérilla, souligne samedi sur son site internet qu'il n'existe aucune confirmation par la guérilla de ce décès annoncé par le gouvernement. "Jusqu'à présent le Secrétariat (organe dirigeant) des Farc n'a émis aucun communiqué. Et c'est l'unique source véritable", écrit ANNCOL. "Ce qui est certain c'est que, pour Bogota, Marulanda doit être mort ou doit mourir le plus vite possible", ironise l'agence de presse.

Le 1 avril, notent les observateurs, Ivan Marquez, l'un des membres du secrétariat des Farc a rapporté dans une de ses chroniques publiée par l'Agence bolivarienne de presse (ABP - proche de la guérilla), des propos de Manuel Marulanda selon lesquels les autorités colombiennes ont, "en tuant Raul (Reyes - le numéro deux des Farc), gravement compromis l'échange de prisonniers et la paix".

Né le 12 mai 1928, à Genova, dans le Quindio, la région du café à l'ouest de Bogota, Pedro Antonio Marin, de son vrai nom, alias Manuel Marulanda Velez, pseudonyme rendant hommage à un dirigeant colombien de la région d'Antioquia (nord-ouest) des années 30 - est le fondateur de la première guérilla paysanne de Colombie.

Le président Alvaro Uribe qui se trouvait en province dans "un conseil communautaire" (lieu de rencontre du président avec la population) dans la localité de Florida (sud-ouest), s'est déclaré fort mécontent de la divulgation de cette information par le ministère de la Défense. Il a de son coté annoncé publiquement samedi soir que des chefs de la guérilla sont prêts à se démobiliser et à libérer des otages dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancour

samedi 24 mai 2008

Obama et Venezuela: examen des liens Chavez-FARC avant un dialogue


S'il était élu président des Etats-Unis le 4 novembre, le sénateur démocrate afro-américain Barack Obama serait favorable au dialogue avec les pays figurant aujourd'hui sur la liste noire de Washington, y compris Cuba et le Venezuela. Mais avant tout contact "sérieux" avec Caracas, il lui faudrait un "compte rendu total" de la relation, "très nuisible pour la région", de Hugo Chavez avec la guérilla marxiste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie)

Ce préalable à un rapprochement entre Washington et Caracas a été exprimé le 23 mai par Barack Obama à une journaliste de l'agence espagnole EFE. Compte tenu de la révolution que serait aux yeux du monde la première élection aux Etats-Unis d'un président noir, considéré de surcroît comme progressiste, le rejet par Barack Obama des FARC et de ceux qui l'appuient laisse à cette guérilla peu d'espoir d'échapper au statut marginal d'organisation narco-terroriste que lui confèrent les Etats-Unis, les 27 pays de l'Union européenne et la Colombie.

Le 15 mai, l'internationale policière Interpol, qui regroupe 186 pays, certifiait l'authenticité des disques durs d'ordinateurs portables saisis le 1er mars dernier par l'armée colombienne lors d'un raid au nord de l'Equateur contre un camp des FARC. Messages, photos et vidéos extraits de ces ordinateurs dévoileraient l'aide politique, financière et militaire octroyée par le président Chavez à la guérilla, geôlière de près de 800 otages, dont trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

Hugo Chavez nie les accusations. Il avait pourtant réclamé le 11 janvier à la tribune du Parlement vénézuélien une reconnaissance internationale des guérilleros colombiens, louant alors leur "projet bolivarien qui, ici, est respecté".

Estimant désormais "évident" que serait nécessaire "toute une série de pas avant d'ouvrir une conversation diplomatique sérieuse" avec des pays tels que le Venezuela et Cuba, le sénateur Obama rend caduques ses affirmations précédentes, très critiquées au cours de l'actuelle campagne électorale, par lesquelles il se disait disposé à accepter de se réunir "sans conditions" avec le président Hugo Chavez et son homologue cubain Raul Castro.

S'il prierait le Venezuela d'éclaircir et sans doute de couper ses liens avec les FARC, Barack Obama, comme éventuel locataire de la Maison blanche, aurait, a-t-il dit le 23 mai aussi à Miami, "une politique à l'égard de Cuba dirigée par un seul mot: liberté". La libération des prisonniers politiques cubains serait pour lui une priorité.

Le sénateur Obama maintiendrait l'embargo économique américain contre le régime des frères Castro. En revanche, il faciliterait les voyages à Cuba d'exilés et leurs transferts de fonds aux membres de leur famille restés dans l'île.

"Il n'y a pas de meilleurs ambassadeurs de la liberté que les Cubains et les Cubano-Américains. C'est pourquoi je vais permettre les voyages de proches et les envois financiers, afin qu'ils puissent aider leurs parents, leurs frères et leurs oncles, afin que l'argent des Etats-Unis rende le peuple cubain moins dépendant du régime" s'est exclamé Barack Obama vendredi à Miami devant 700 personnes réunies par l'influente Fondation cubano-américaine.

Les mesures adoptées en 2004 par l'administration du président George W. Bush ne permettent aux Américains et aux Cubano-Américains de ne voyager qu'une fois tous les trois ans à Cuba pour n'y visiter que des parents directs, à l'exclusion par exemple d'oncles ou de neveux.

Paradoxe: l'élection de Barack Obama pourrait favoriser la droite démocratique en Amérique latine

Divers analystes politiques consultés par LatinReporters s'accordent à reconnaître que l'impact international de l'élection d'un Afro-Américain à la présidence des Etats-Unis, hypothèse quasi inimaginable aujourd'hui dans tout autre pays occidental, redorerait le prestige de Washington dans le monde, indépendamment ou presque, dans un premier temps, de la politique que suivrait Barack Obama.

Le discours antiaméricain par lequel des leaders de la gauche radicale tentent de mobiliser en permanence leur électorat, particulièrement en Amérique latine, semblerait soudain creux, au moins lors des premiers mois suivant l'éventuelle arrivée à la Maison blanche du sénateur noir.

Conclusion paradoxale: l'élection à la présidence des Etats-Unis du républicain John McCain ou celle de la démocrate Hillary Clinton serait peut-être moins porteuse d'avenir pour la droite démocratique latino-américaine et moins redoutable pour le socialisme dit bolivarien qu'une victoire du "jeune progressiste" (47 ans) Barack Obama.

Hugo Chavez et Raul Castro au secours de Préval!


Le Président Préval aurait bénéficié d’un important geste de solidarité internationale des gouvernements cubains et vénézuéliens dans leur quête pour une vraie relance de la production agricole en Haiti au lendemain du sommet des chefs d’Etat de Managua. Pourquoi précisément Haïti ?



La majorité des émigrés avait donc par la suite décide de rester à cuba au grand bonheur de la production sucrière à la terra roxa, alors que la relation diplomatique entre ces deux pays ( Castro et François Duvalier) abordait une période relativement froide tout juste après la conférence de Punta del Este.

Après les retrouvailles en 1990, entre Préval et Fidel Castro, le leader Maximo se montrait toujours intéressé à Haïti en terme d’assistance technique, jamais en terme d’intérêts économiques communs.

Du coté Vénézuélien, on connaît l’histoire du panaméricanisme et ses origines haïtiennes. Quoique il advienne aujourd’hui d’Haïti, aucun des pays latino américains ne peut se permettre d’ignorer l’apport historique de Haïti dans l'émancipation de cette région.

Le Vénézuela, avec ses mines pétrolières et les prétentions hégémoniques régionales méritées d’un Etat pétrolier a toujours rêvé de retourner à Haïti des civilités inestimables faites aux libertadores F. Mirandar et Simon Bolivar. Carlos Andres Peres l’avait tenté avec le Président Leslie Manigat. Hugo Chavez a récidivé aujourd’hui avec les Gouvernements lavalasse. Est-ce que cette fois cet essai sera le bon ? On l’espère.

C’est dans ce contexte que débarqua en Haïti au début du mois de mai, une mission technique mixte Cubano-vénézuélienne pour étudier avec leurs homologues haïtiens un plan de relance à moyen et a long terme de la production agricole nationale pour les départements du Centre et de l’Artibonite. Cette commission composée de 30 experts cubains et vénézueliens s’est divisée en deux branches, une branche de 22 experts dont 16 cubains et 6 vénézuéliens qui ont établi leur base dans le super hôtel le Roseau à Mirebalais et un autre dans l’Artibonite pour s’occuper de la pêche et de l’aquaculture.

Pendant 35 jours à partir du huit mai les experts du MARNDR en irrigation, infrastructure, mécanisation agricole, électromécanique, électricité, production végétale, phytopathologie, production animale, santé animale, agroindustriel, sol et agroforesterie, ont rencontré et rencontrent leurs homologues étrangers à Mirebalais, pour diagnostiquer concevoir, et élaborer à court et a moyen terme un plan régional de développement agricole des départements du Centre et de l’Artibonité.

Dans les coulisses de ces réunions nous avons appris que le président Chavez a décidé de mobiliser 100 millions de dollars pour l’exécution de ce plan, qui se passera de toutes les études de préfaisabilité et de faisabilité dont on est coutumier avec la coopération internationale.En prélude du gros décaissement pour l’achat des équipements et matériels agricoles un premier contingent de 12.000 tonnes de semences de haricot et de mais, un lot de 3000 tonnes d’engrais sur un total de 15 mille tonnes et 50 tracteurs agricoles sont déjà à la douane de l’aéroport pour commencer ce travail.

La phase d’exécution est prévue au mois de juin et les résultats de ces interventions sous forme de récolte doivent se produire dans les premières semaines de novembre 2008. Ce programme de relance de la production agricole dans la région transversale du Centre et de l’Artibonite trop beau pour être vrai et croyable, participe de l’ALBA, une alternative bolivarienne pour les Amériques.

Il sera suivi de près par leurs Excellence Mrs les Ambassadeurs Vénézuélien Pedro Antonio Canino et Cubain Raul Barzada, qui n’ont jamais manqué l’occasion de vanter le pragmatisme de leur approche.

Quelque soit les visées de Chavez sur la scène régionale et quelque soit le degré de totalitarisme ou de populisme dont ses interventions sont marquées, il reste acquis, qu’il a toujours cherché à manifester rapidement dans le concret sa solidarité avec Haïti.



L’accord Petro Caribe en est un point. Assurément son aide de 100 millions de dollars à Haïti devrait être assortie de ces conditions politiques que le commun des mortels ignore aujourd’hui. La vraie question réside dans l’approche que le gouvernement haïtien choisira pour valoriser cette aide.

A notre avis, l’approche devrait être d’abord une approche de renforcement institutionnel et des infrastructures en milieu rural dans la région transversale. Par renforcement institutionnel il faut entendre des cadres fonctionnels au niveau des services essentiels tombant sous la responsabilité de tout état républicain. Il faut renforcer également les institutions décentralisées à travers lesquelles devront transiter l’aide vénézuélienne.

Il ne saurait y avoir de développement dans cette région sans recréer les institutions déconcentrées agricoles du MARNDR et réparer les dégâts des 22 ans de politiques ONGistes sur le terrain. Il est suggéré qu’a travers ce programme les bureaux du MARNDR soient vus et acceptés dans les 27 communes et 97 sections communales les plus potentiellement exploitables de la région transversale a travers ses structures d’irrigation, de recherche développement agricole, de communication et de vulgarisation agricole ,de production et de sante animale pour pouvoir d’abord encadrer les producteurs dans leur production actuelle telle qu’elle est. Même si l’approche par contractualisation sera adoptée, les institutions locales doivent être équipées pour superviser les travaux donnes en contrat aux firmes privées et aux ONGs.

Il faut dans les zones rurales payer les cadres pour qu’ils travaillent. Il ne faudrait pas commettre l’erreur permanente de la coopération bilatérale et multilatérale qui affaiblit les structures de l’état en s’opposant a l’ amélioration de salaire voir le réajustement des salaires des cadres pendant qu’elle facilite le drainage de ces derniers vers des projets ou elle accepte de les payer des salaires 3 à 4 fois supérieurs à ceux offerts par l’état. Mettre à la disposition des cadres le budget de fonctionnement nécessaire pour qu’ils produisent les services essentiels qui tombent dans les compétences de tout état indépendant.

LA QUESTION DES POMPES D’IRRIGATION EST INCONTOURNABLEIl faut que chaque morceau de terre occupant une superficie minimale irrigable d’au moins 10 has de terre bénéficie a crédit d’une pompe d’irrigation dans la région transversale, lorsque l’irrigation par gravité s’avère injustifiée, injustifiable et impossible.

LE CREDIT RURAL EST EGALEMENT INCONTOURNABLE DANS LE DEVELOPPEMENT DE N’IMPORTE QUEL COIN DU PAYS.On ne doit rien donner à quiconque car le don détruit l’engagement et la capacité créative de l’individu. Le don déresponsabilise l’individu. Il faut utiliser le crédit à solidaire pour faire marcher les pauvres. La caution solidaire reste le moyen de choix pour créer la confiance entre pauvres.

Si le crédit doit être solidaire, il doit être aussi doté de capacité pénale pour forcer l’individu à payer ses dettes pourvu que le crédit ait respecté les conditions de sa réussite. Nous savons tous que ces aides d’urgence sont motivées par la force et par la vague de publicité dont elles sont entourées et qui procure un sentiment de satisfaction au pays donateur. La presse fera connaître au monde entier comment le Président Chavez a été généreux à l’endroit du pays le plus pauvre des Amériques.

Au risque de nous tromper nous savons aussi que l’argent ou le contenu de l’aide doit être utilisé dans l’intervalle de temps assigné au programme. Le gouvernement devrait en profiter pour créer le maximum de job en construisant tous les bâtiments publics destinés a héberger les pouvoirs déconcentrés et décentralisés la ou il n’y en a pas dans les 97 sections communales de la région transversaleIl ne faudrait pas commettre a nouveau l’erreur de PURE 1, ou de PURE II, avec Paul Latortue qui même lorsqu’il distribuait des contrats sur appel d’offre, pénalisait systématiquement les structures locales de l’Etat, en ne les donnant aucun moyen de formation, ni de supervision des interventions qui se faisaient dans leurs propres aires d’opération.

Il ne faudrait pas non plus répéter les expériences passées des Israéliens à Ba-bouenn, qui érigeaient des superstructures qui s'écroulent avec leur départ. Il ne faut pas surtout confier la gestion de ces fonds à des organismes comme la MINUSTHA, l’IICA ou la FAO, qui conduisent actuellement des projets parallèles avec leur propre personnel, qui ne s’inscrivent dans aucune solution de continuité en faveur de ceux dont on veut vraiment aider.

Je reste confiant que les experts haïtiens aborderont avec leurs homologues cubains et vénézuéliens les problèmes tel qu’ils sont, que des solutions haïtiennes se dégagent de ces consultations et que les autorités haïtiennes sauront gérer l’aide financière et technique de ces deux pays, sans verser sans un quelconque chauvinisme vide qui voudraient faire croire que les cubains pourraient remplacer les cadres haïtiens sur le terrain. Lorsque la politique aura permis à tous les cadres haïtiens le droit de parler sans crainte de représailles, alors la nation haïtienne saura la vérité.

Le chef des Farc serait mort


L'information n'est pas encore officielle. Mais selon une source gouvernementale colombienne, le chef historique des Forces révolutionnaires armées de Colombie (Farc) serait décédé au mois de mars. Manuel Marulanda Velez, de son vrai nom Pedro Antonio Marin, dirigeait les Farc depuis 1964. Il est à l'origine de l'enlèvement d'Ingrid Betancourt en 2002.

Un coup très dur porté aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Selon une source gouvernementale colombienne, le leader de la guérilla marxiste-léniniste, qui avait fondé les Farc en 1964, serait mort depuis le mois de mars. Le plus vieux révolutionnaire encore en activité aurait fêté ses 78 ans au mois de mai. Les informations détenues pour l'heure ne permettent de dire si le "Tirofijo", son surnom ("Tir précis") en espagnol, est décédé de mort naturelle ou s'il a été tué, à l'instar du numéro 2 des Farc, Raul Reyes, perdant la vie début mars dans un raid de l'armée colombienne en territoire équatorien.

La plus vieille guérilla du monde

Pedro Antonio Marin avait pris pour nom de guerre Manuel Marulanda Velez au milieu des années 50 alors que la "Violencia", la guerre civile qui ensanglantait la Colombie, avait poussé bon nombre de paysans a créé des milices d'autodéfense face à la répression du gouvernement. Influencé par le marxisme-léninisme et par la révolution cubaine, Manuel Marulanda avait fondé les Farc en 1964 et pris le maquis durant plus quarante ans, jouant au chat et à la souris avec les gouvernements colombiens successifs. Il a créé une véritable armée estimée entre 10000 et 20000 hommes, auteurs de nombreux kidnappings, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, otage depuis 2002, et d'attentats à Bogota, la capitale colombienne.

Le mouvement guérillero est affaibli depuis plusieurs mois par les offensives menées par le président Alvaro Uribe qui a fait de la fin des Farc une priorité alors que son père fut lui-même victime de la guérilla. De violents bombardements ont eu lieu dans le secteur de la jungle où les autorités pensent que Marulanda se cachait, mais selon des rebelles, il est mort d'une crise cardiaque, a déclaré par ailleurs le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, dans une interview que publie l'hebdomadaire Semana sur son site internet. Des rumeurs ont déjà circulé sur la mort ou sur l'état de santé du commandant des Farc mais elles n'ont jamais trouvé confirmation.

jeudi 22 mai 2008

La guerrillera Karina : "les FARC n’ont pas de liens avec Chavez ou Correa"


La guerrillera Karina (Nelly Avila), qui s’est rendue cette semaine après 24 ans de militantisme, a affirmé mardi lors d’une conférence de presse à Bogota qu’il n’y avait pas de relation entre les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et les gouvernements du Vénézuela ou de l’Equateur.

Elle a redit qu’elle a pris la décision de rendre les armes sous la pression du gouvernement colombien et la menace de connaître le même sort que celui de son chef Iván Ríos, assassiné contre la "prime" promise par les cow-boys.

Elle a dit aussi qu’elle n’était pas d’accord pour que ses anciens compagnons d’armes soient stigmatisés comme "terroristes" : "Pour moi, les FARC ne sont pas une organisation terroriste, nous sommes en confrontation, et les excès se produisent de part et d’autres."

http://www.aporrea.org/ddhh/n114400.html

Encore un témoignage qui va dans le sens de la fausseté des informations que le gouvernements Colombien prétend avoir tirées d’un ordinateur tellement solide que tout le monde voudrait le même.

L’accusation à l’égard du Vénézuela et de l’Equateur d’abriter des "terroristes" (et donc de pouvoir bombarder ces pays), semblant en voie de faire flop !, la dernière trouvaille en date serait d’accuser le Vénézuela d’avoir des liens avec... l’E.T.A . !!! Oui, oui, les Basques, ici, en Europe ! L’idée n’est pas brévetée, mais il n’y a que dans le cerveau fêlé de AZNAR (très pote avec toute cette maffia) qu’elle a pu germer... Marque d’entêtement peu intelligent? Ca ne lui a en effet guère réussi d’attribuer les attentats de Madrid à l’E.T.A. !

Pendant ce temps, les violations des territoires Vénézueliens et Equatoriens se multiplient : on dirait une guêpe qui agace, nargue... et cherche à pousser à la faute. Pourquoi? Pour avoir un prétexte ou un mensonge pour bombarder son prochain, comme d’habitude.

mardi 20 mai 2008

Le Venezuela convoque l'ambassadeur US pour violation de l'espace aérien


A défaut d'Iran, George W.Bush serait -il tenté par une opération militaire au Vénézuela ? Sous couvert de "bons" sentiments, bien entendu ... Si tel était le cas, les prix du pétrole pourraient atteindre de nouveaux sommets.

Le gouvernement du Venezuela a dénoncé lundi la violation de son espace aérien par un appareil militaire américain et a annoncé la convocation de l'ambassadeur des Etats-Unis à Caracas pour réclamer des explications sur l'incident. Le Venzuela semble voir dans cette affaire l'ombre d'une provocation ourdie avec la Colombie.

Si les relations entre le Président vénézuelien Hugo Chavez et le Président américain n'ont jamais été très "amicales", il n'en demeure pas moins que le Vénézuela constitue un des premiers fournisseurs de pétrole des Etats-Unis.


"Samedi 17 (mai) à 20H40 (00H10 GMT locales), notre système de défense aérien a repéré dans notre espace aérien, spécifiquement au-dessus de l'île de la Orchila (nord), un avion militaire de l'Armée des Etats-Unis", a déclaré lundi le ministre de la Défense vénézuélien, Gustavo Rangel, lors d'une conférence de presse conjointe avec le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Nicolas Maduro.

"Nous allons convoquer pour demain l'ambassadeur (des Etats-Unis) Patrick Duddy pour des explications sur cette situation", a ajouté M. Maduro.

Le ministre de la Défense vénézuélien a souligné que l'avion américain "avait pratiquement survolé l'île (vénézuélienne) de Aves" avant de "se réorienter jusqu'à l'île de Curaçao", ancienne colonie néerlandaise utilisée par les Etats-Unis pour des vols d'entraînement. "L'avion a été sommé de s'identifier (...) nous avons les preuves enregistrées de la conversation entre le contrôle à terre au Venezuela et le pilote de cet appareil", a assuré M. Rangel.


Le Venezuela dispose d'une base militaire sur l'île d'Orchila, où se trouve également une résidence présidentielle. De ce fait seuls les appareils militaires venezueliens sont autorisés à survoler ce lieu pour le moins "symbolique" puisque le président Hugo Chavez y avait été brièvement détenu en 2002 lors d'une tentative de coup d'Etat.


A Washington, le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack, a assuré que les Etats-Unis n'avaient pas l'intention de violer l'espace aérien vénézuélien. "Nous respectons la souveraineté du Venezuela", a déclaré M. McCormack à la presse. "Je suis sûr que nous allons vérifier ces allégations et leur apporter une réponse."

Un porte-parole du commandement militaire américain chargé de l'Amérique centrale et du Sud (SOUTHCOM), Jose Ruiz, a indiqué lundi qu'un passage en revue des vols opérés au cours du week-end dans le cadre de la lutte anti-drogue dans les Caraïbes était en cours. "Toute ce que je peux vous dire, c'est que nous faisons très attention à respecter l'espace aérien de tous les pays dans la région", a-t-il commenté.

L'armée de l'Air américaine possède une base sur l'île de Curaçao, d'où partent la plupart des missions aériennes anti-narcotiques dans les Caraïbes, selon lui.

M. Maduro a ajouté qu'en plus de ses explications sur cet incident, l'ambassadeur américain Patrick Duddy devra aussi donner des "explications sur d'autres conduites et déclarations de hauts-fonctionnaires des Etats-Unis ayant trait au gouvernement du Venezuela".

Washington avait qualifié vendredi de "très préoccupants" les liens présumés du Venezuela avec la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), que des documents saisis par l'armée colombienne tendraient à mettre en évidence. Ces documents que Caracas estime falsifiés, ont en revanche été qualifiés d'authentiques par des experts d'Interpol.

"Nos experts n'ont trouvé aucune altération des données figurant sur ces ordinateurs", a déclaré à Bogota lors d'une conférence de presse le secrétaire général d'Interpol, Ronald Noble. "Les experts étrangers d'Interpol n'ont découvert aucune preuve d'altérations, d'ajouts ou de suppressions dans ces archives", a ajouté M. Noble.

Les ordinateurs appartenaient à Raul Reyes, numéro deux des Farc abattu le 1er mars lors d'un raid en territoire équatorien de l'armée colombienne.
Des informaticiens australiens, sud-coréens et singapouriens de l'Organisation internationale de police criminelle (OIPC, Interpol) ont participé à cette expertise, qui prouve selon les autorités colombiennes, que la guérilla est "financée et armée par le président vénézuélien Hugo Chavez" et que les Farc "ont participé au financement" de la campagne présidentielle du chef de l'état équatorien Rafael Correa.

Les spécialistes, a indiqué M. Noble, ne se sont pas prononcés sur "la précision, les sources, ou le fond des documents" incriminés.

Toutefois, l'interprétation de ces documents, dont certains ont été publiés dans la presse, est sujette à caution car les noms des dirigeants de la guérilla mais également ceux de leurs interlocuteurs avaient été changés et codés par Raul Reyes.

Le président vénézuélien a qualifié jeudi lors d'une conférence de presse de "show de clowns" l'annonce par Interpol de l'authenticité des documents.

"C'est un show de guignols qui ne mérite de mon point de vue aucun commentaire sérieux", a ainsi déclaré à M. Chavez qui a longuement dénoncé la partialité du patron américain d'Interpol, mettant l'accent sur les contradictions entre ses déclarations et un document technique remis aux journalistes à l'issue des ses déclarations.


Hugo Chavez accuse fréquemment Washington et Bogota de chercher à envahir son pays, ce qu'ont toujours démenti jusqu'à présent les intéressés. La Colombie a nié dimanche avoir effectué une incursion terrestre en territoire vénézuélien, comme l'en accusait samedi le gouvernement de Caracas.

lundi 19 mai 2008

Un front des Farc se fissure




Karina a rendu les armes. Cette commandante des Farc, Nelly Avila Moreno de son vrai nom, s'est livrée à la police dimanche, fatiguée par près de trente années passées dans la jungle. La guérillera craignait aussi pour sa vie depuis que son chef, Ivan Rios, avait été tué par l'un de ses sbires en mars dernier. Un nouveau coup dur pour le 47e front des Farc, auquel elle appartenait.

Rien ne va plus chez les Farc. Du moins au sein du 47e front. Cette branche de la guérilla colombienne, créée en 1995, était pourtant l'une des plus puissantes il y a quelques années. Mais coup sur coup, elle vient de perdre deux figures "historiques". D'abord celle d'Ivan Rios, tué par l'un de ses sbires en mars dernier. Ensuite celle de Karina. Dimanche, la guérillera, Nelly Avila Moreno de son vrai nom, a déposé les armes. Et s'est livrée à la police colombienne.

Selon la responsable du DAS, le Département administratif pour la sécurité, citée par le quotidien colombien El Tiempo, Karina craignait de subir le même sort qu'Ivan Rios. Il faut dire que l'exemple de Rojas, son meurtrier, fait rêver certains guérilleros, dont les conditions de vie dans la jungle se dégradent chaque jour. En tuant son chef, le rebelle a gagné la jolie somme de 1 742 175 euros, le montant de la récompense promise par Bogota.

Dans la guerre qu'elles livrent au Farc, les autorités colombiennes ont bien compris que l'argent était un levier, la guérilla ayant depuis longtemps fait fi de son idéologie marxiste. "C'est un mécanisme qui permet de désarticuler les Farc", avait ainsi déclaré sur les ondes de la radio privée Caracol, le responsable du Haut conseil pour la réintégration [des anciens rebelles, ndlr], Frank Pearl, à l'époque de la mort de Rios.

"La sanguinaire"

Pour les autorités, la reddition de Karina est bien la preuve que la guérilla va mal. Et Bogota compte bien se servir de cette nouvelle pour rappeler à la population, fatiguée par cette lutte interminable contre les rebelles, qu'elle est en train de gagner la guerre. "Cela fait longtemps que nous étions sur ses traces, elle nous avait toujours échappé", a assez sobrement commenté le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos. Mais à Bogota, cela fait un moment qu'on oeuvre en coulisses pour obtenir cette reddition. Il y a quinze jours, alors qu'enflait la rumeur de la volonté des chefs du 47e front de quitter les rangs rebelles, Alvaro Uribe avait même directement lancé un appel à Karina, lui garantissant sa sécurité en cas de désertion.

Nelly Avila Moreno était l'une des rares femmes à occuper un poste de commandement au sein des Farc. Si les femmes représentent plus du tiers des effectifs des rebelles, très peu sont en effet si haut gradées. Cette femme noire, dont on ne connaît pas vraiment l'âge - 45 à 50 ans selon les sources -, est connue à travers tout le pays. Surnommée "la sanguinaire", elle avait perdu un oeil en 1998 lors de l'attaque d'une base militaire. Les balafres sur son visage et la balle logée dans son bras sont les témoins de la violence des affrontements avec l'armée.

Son premier fait d'armes? Le massacre de la femme et des huit enfants d'un officier de police. En 2002, c'est elle qui avait dirigé l'opération commando contre le village de Pensilvania. Treize militaires et quatre civils avaient trouvé la mort. Ses troupes semaient la terreur dans les départements d'Antioquia et Caldas, situés dans l'est du pays. Les médias colombiens la tiennent pour responsable de l'assassinat d'Alberto Uribe Sierra, le père de l'actuel président colombien, en 1983. Mais son implication dans ce meurtre n'a jamais été prouvée. Accusée d'homicides, de terrorisme, d'extorsion de fonds et d'enlèvements, sa tête avait été mise à prix à un million de dollars. Mais Karina n'aura pas attendu que l'armée colombienne la capture. Un départ qui marque donc la déconfiture du 47e front des Farc, passé de 350 à quelque 70 hommes en peu de temps. Leur chef, Hernan Gutierrez Villada, plus connu sous le nom de "Kadhafi", est désormais bien seul.

dimanche 18 mai 2008

Fillon ne veut "négliger aucune piste" pour libérer Ingrid Betancourt



Le Premier ministre François Fillon a mis à profit vendredi un voyage-éclair à Lima à l'occasion du sommet Union européenne/Amérique latine pour tenter d'obtenir la libération d'Ingrid Betancourt en rencontrant plusieurs dirigeants dont Hugo Chavez, au coeur d'une polémique sur ses relations avec les Farc.

"La France ne négligera aucune piste pour essayer de renouer les fils du dialogue avec les Farc", a déclaré M. Fillon soulignant que la France parle avec tous "les chefs d'Etat légitimes" parmi lesquels le président vénézuélien.

Pour tenter "de sauver la vie d'une femme qui est sans doute en train de mourir", M. Fillon a également rencontré le président colombien Alvaro Uribe.

Les relations de M. Uribe et de M. Chavez sont au plus mal après l'authentification technique par Interpol, rendue publique la veille du sommet, de documents prouvant, selon Bogota, des liens notamment financiers entre Caracas et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) qui détiennent Mme Betancourt depuis six ans.

En déclarant dans l'après-midi que les conditions d'un dialogue avec son homologue colombien nétaient pas réunies, M. Chavez, qui a obtenu la libération de six otages depuis janvier en dialoguant directement avec les Farc, a douché les espoirs d'une libération prochaine.

"C'est un sujet qui doit dépasser les querelles régionales, les querelles politiques (...) que par ailleurs nous comprenons et nous respectons", a plaidé de son côté M. Fillon qui a regretté de ne pas disposer de "nouvelles" récentes de l'otage.

Le Premier ministre a également évoqué le cas de la Franco-colombienne avec les présidents mexicain Felipe Calderon et équatorien Rafael Correa.

"Nous ne baisserons jamais les bras. Tant qu'il y aura de l'espoir, nous n'abandonnerons jamais Ingrid Betancourt", a martelé le chef du gouvernement.

"Toutes les pistes sont explorées, toutes les propositions qui nous sont faites sont regardées, tous les interlocuteurs pour nous sont des interlocuteurs valables parce qu'il s'agit d'une petite flamme qui brille dans la nuit et nous ne voulons pas que cette flamme s'éteigne", a fait valoir le Premier ministre.

La dernière tentative française pour faire libérer Mme Betancourt remonte à fin avril avec une tournée en Amérique latine du ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner, qui n'avait donné aucun résultat.

L'absence du Président Nicolas Sarkozy à ce sommet de plus de 50 chefs de gouvernements et d'Etat pour des raisons d'agenda chargé et qui a "beaucoup déçu" à Lima selon une source à l'ambassade de France, illustre simplement pour M. Fillon un "partage des rôles" normal sur la scène internationale.

A un mois et demi de la présidence française de l'Union européene, le Premier ministre a ainsi remplacé au pied levé le chef de l'Etat qui était vendredi en banlieue parisienne.

Après 12 heures à Lima, M. Fillon doit s'envoler en début de soirée pour Paris après avoir signé la déclaration commune du Ve sommet UE/Amérique latine. Elle prévoit des recommandations en matière de lutte contre le réchauffement climatique, ainsi que des propositions pour tenter de résoudre le trafic de drogue et la crise alimentaire.

M. Fillon s'est félicité d'un "dialogue fructueux" avec les pays d'Amérique latine sur tous ces thèmes qui doivent avoir "toute leur part dans la gouvernance du monde". Pour montrer l'exigence "d'une prospérité partagée", le Premier ministre avait visité dans la matinée un centre du Samu social à Huaycan, un bidonville de la banlieue est de la capitale péruvienne.

La Paz en America



Le Président du Pérou Alan Garcia



Il est absolument désolant de penser que les bruits de botte entre la Colombie et le Venezuela risquent effectivement de se transformer en escalade qui pourrait déboucher sur le pire. La guerre, entre deux pays si proches qu'ils ont le même fondateur, un métis né au Venezuela, qui donna toute sa mesure en Colombie. Sous l'égide de Simon Bolivar, les deux pays ne firent qu'un, avec le Panama et l'Equateur en prime: la Gran Colombia.

Les connivences des FARC avec Chavez, ou de Chavez avec les FARC, sont d'une telle évidence stratégique que les révélations de l'ordinateur de Raul Reyes, confirmées par les spécialistes d'Interpol, n'ont fait que sortir au grand jour ce que tous les observateurs de l'ombre et autres spécialistes des guerres secrêtes subodoraient depuis longtemps. La Colombie de Uribe est comme une verrue dans l'Amérique andine gauchisante de Chavez. Une verrue qui clignote comme un phare, car non seulement elle est un coin libéral enfoncé dans ce bout de continent s'loignant lentement mais sûrement de l'économie de marché, mais le développement et l'amélioration des conditions de la vie quotidienne y sont bien meilleures et plus rapides que dans les terres chavistes. Alors même que la Colombie n'a pas de pétrole et doit affronter les rebéllions armées. Les Vénézueliens qui de plus en plus manquent de produits de première nécessité et s'enfoncent lentement mais sûrement dans la pénurie communiste sont idéalement placés pour le savoir.

Penser une seconde que Chavez, qui lui-même a commencé sa carrière politique par un coup d'Etat militaire, se contente de rester les bras croisés en observant les efforts d'une guérilla visant à renverser son principal ennemi et rival, guérilla dont il accueille les chefs à bras ouverts en les traitant de "frères d'armes" et de "Combattants de la Liberté", c'est faire preuve d'un rare aveuglement ou d'une sacrée dose de mauvaise foi. Ils sont assez rares les pseudo journalistes qui osent encore risquer ce genre de fariboles, indépendamment de tout ce que l'on peut dire ou écrire sur l'histoire des manipulations et de la guerre secrète.

Les plus grands journaux européens, El Païs, le Monde, ont eu accès aux informations trouvées dans les ordinateurs de Reyes et quelle que soit leur opinion auparavant, certainement pas uribiste dans le cas de la correspondante du Monde à Bogota, Marie Delcas, leurs conclusions furent limpides. Chavez est mouillé. Jusqu'à la moëlle. Et autant la divergence idéologique fondamentale entre Al Qaïda et Saddam Hussein sautait aux yeux de tous les observateurs éclairés, jettant de sérieux doute sur les soi-disant preuves brandies à l'ONU par Washington, autant la convergence de vues et d'intérêt ente Chavez et les FARC est claire, nette et sans bavure.

Le constater et l'admettre ne fait pourtant pas avancer le schmilblick. Comment éviter l'escalade, qui ne profiterait à personne ? La France de Sarkozy et Fillon est sérieusement discréditée dans cette histoire. On ne gère pas un pays et ses relations internationales comme on gère un parti politique, en jouant des muscles. Or c'est toute l'expérience que possède Paris en la matière, ce qui lui vaut de se vautrer dans le ridicule. Autre membre de la triplette des négociateurs, l'Espagne est rejetée par le Venezuela, depuis l'accrochage de Juan Carlos, qui n'a jamais aimé les militaires putchistes, avec le parachutiste de Caracas. Reste la Suisse, qui jusqu'à présent a su rester discrète. Qu'elle continue son travail pour les otages. Et si intermédiation il doit y avoir entre les gouvernements, laissons plutôt faire les diplomates brésiliens. Eux peuvent réellement avoir du poids sur place, et de la légitimité auprès des deux gouvernements.

Le sommet UE/Amérique latine s'achève sur fond de crise alimentaire


Le Ve sommet entre l'Union européenne et l'Amérique latine s'est achevé vendredi à Lima dans une atmosphère apaisée, au terme d'une journée de travail consacrée à la lutte contre la pauvreté et le réchauffement climatique, sur fond de préoccupation pour la crise alimentaire.

La cinquantaine de présidents et de chefs d'Etat réunis à Lima vendredi se sont séparés dans la soirée après une journée de travaux.

Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, dont le pays est le deuxième producteur de biocarburants après les Etat-Unis, grâce à l'éthanol issu de la canne à sucre, défend leur utilisation, y compris dans le contexte de cette crise alimentaire mondiale.

"On veut décontaminer la planète, combattre le réchauffement global, signer le protocole de Kyoto et quand le Brésil offre un combustible qui n'émet pas de CO2, on préfère en utiliser un, qui en produit, c'est une contradiction", a déclaré le président Lula.

Le chef du gouvernement espagnol Jose Luis Rodriguez Zapataro s'est efforcé de calmer le débat, assurant que c'était encore prématuré: "Je crois que c'est encore un peu tôt pour entamer le débat sur l'impact (des biocarburants) sur la hausse des prix des aliments, compte tenu du fait qu'il y a aussi de nombreux types de biocarburants", a-t-il expliqué devant la presse.

A la clôture du sommet la présidente chilienne Michelle Bachelet et son homologue argentine Cristina Kirchner ont proposé une alliance entre l'Amérique latine et l'UE pour affronter la crise alimentaire mondiale.

L'Europe, très préoccupée par les conséquences du réchauffement climatique, défend l'utilisation de ces biocarburants que certains pays latino-américains, dont la Bolivie ou le Venezuela, rejettent totalement.

Les divisions entre les pays de la gauche latino-américaine, emmenée par le bouillant président vénézuélien Hugo Chavez, et ceux défendant une vision plus libérale, ont marqué les différentes interventions de ce sommet.

Les accords de libre-échange entre l'UE et l'Amérique latine, ardemment défendus par les Européens, se sont ainsi heurtés aux réticences de la Bolivie ou de l'Equateur. La "déclaration de Lima" publiée à l'issue du sommet estime néanmoins que leur conclusion est une "priorité politique".

Les discussions ont eu lieu dans une atmosphère apaisée en dépit de la tension récente entre la Colombie d'une part et le Venezuela et l'Equateur.

La publication cette semaine d'un rapport d'Interpol authentifiant le contenu informatique des archives contenues dans l'ordinateur d'un chef de la guérilla des Farc abattu par l'armée colombienne début mars ont suscité des réactions véhémentes du Venezuela et de l'Equateur, mais sans provoquer de crise à Lima. Bogota affirme que ces archives prouvent l'existence de liens entre les Forces armées révolutionnaires de Colombie et les gouvernements de l'Equateur et du Venezuela.

M. Chavez a dénoncé à Lima une "manipulation" de la part du président colombien Alvaro Uribe, avec qui il a refusé de reprendre le dialogue.

Il s'est également excusé vendredi auprès de la Chancelière allemande Angela Merkel acusée d'être membre d'un mouvement politique ayant soutenu Hitler, l'embrassant même devant les photographes.

Le président français Nicolas Sarkozy s'est fait remplacer par son Premier ministre François Fillon, tandis que les chefs de gouvernement italien Silvio Berlusconi et britannique Gordon Brown se sont fait excuser.

Dans la nuit quelque 20.000 personnes se sont réunies "contre le libéralisme" dans le centre à l'occasion d'un concert pour la clôture du "sommet des peuples". La sphère altermondialiste s'était donnée rendez-vous pour conspuer le sommet.

Le président bolivien Evo Morales y a fustigé "l'industrialisation à outrance qui ne permettra jamais de préserver l'environnement" et prédit qu'on "n'éliminera pas la pauvreté tant que l'on ne renversera pas le capitalisme inhumain".

M. Chavez a quitté Lima juste après la fin du sommet.

samedi 17 mai 2008

LE PRÉSIDENT SORTANT LEONEL FERNANDEZ RÉÉLU POUR UN TROISIÈME MANDAT EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE



Le président dominicain sortant, Leonel Fernandez, a obtenu un troisième mandat à l'issue de l'élection présidentielle de vendredi, selon un sondage sortie des urnes.
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Selon le sondage de l'agence Penn, Schoen & Berland, Fernandez, du Parti de la libération dominicaine (centriste), obtiendrait au moins 56% des suffrages, plus qu'il n'en faut pour être élu dès le premier tour.

Les sondages pré-électoraux prédisaient tous la victoire de Fernandez, juriste et universitaire de 54 ans, sur son plus proche rival, Miguel Vargas Maldonado, du Parti révolutionnaire dominicain (centre-gauche), qui aurait obtenu 39% des voix selon le sondage sortie des urnes.

Le scrutin a été marqué par des flambées sporadiques de violence et huit personnes au moins, dont deux responsables du parti au pouvoir, ont été blessées par balles.

Dans la ville rurale de Bonao, à 83 km au nord de la capitale, des témoins ont rapporté que des électeurs avaient fui un bureau de vote où un député représentant le parti de Varga a ouvert le feu sur Candido Caba, un dirigeant local du Parti de la Libération dominicaine.

Trois autres personnes, dont un ancien élu, ont été tuées par balles au cours d'un affrontement mercredi soir entre partisans de Fernandez et de Vargas à Villa Vasquez, à 200 km au nord-ouest de la capitale, ont rapporté les autorités.

Mais Fernandez, qui a obtenu son premier mandat en 1996 et a été réélu en 2000, a assuré après avoir voté à Saint-Domingue que le scrutin s'était dans l'ensemble déroulé dans le calme.

vendredi 16 mai 2008

Betancourt: Fillon doit rencontrer Chavez au sommet UE-Amérique latine


François Fillon doit rencontrer vendredi à Lima Hugo Chavez pour évoquer le sort d'Ingrid Betancourt au moment où le président vénézuélien est au centre d'une polémique sur ses rapports avec la guérilla marxiste des Farc qui détient la Franco-colombienne, a-t-on appris de source gouvernementale.

Le Premier ministre français, présent dans la capitale péruvienne à l'occasion du 5e sommet Union Européenne-Amérique latine, évoquera également le cas de Mme Betancourt vendredi après-midi avec les présidents péruvien Alan Garcia, colombien Alvaro Uribe et équatorien Rafael Correa, selon cette même source.

Un rapport d'Interpol, dévoilé jeudi à Bogota, atteste l'authenticité de documents liant M. Chavez, chef de file de la gauche radicale latino-américaine, à la guérilla marxiste, inscrite sur les listes des organisations terroristes de l'Union européenne et des Etats-Unis.

Ces documents ont été retrouvés dans l'ordinateur d'un chef des Farc, abattu lors d'un raid colombien en Equateur qui a provoqué une crise diplomatique en mars dernier.

"C'est un show de guignols qui ne mérite de mon point de vue aucun commentaire sérieux", a rétorqué M. Chavez, qui a longtemps fait planer le suspens sur sa présence à Lima.

Avant la révélation du document d'Interpol, le président vénézuélien avait assuré mercredi son homologue Nicolas Sarkozy qu'il ferait "tout son possible" pour obtenir la libération d'Ingrid Betancourt et de "tous les otages" des Farc.

Plus de 50 chefs d'Etats et de gouvernements sont attendus les 16 et 17 mai à Lima pour le sommet UE-Amérique latine consacré notamment à la lutte contre la pauvreté, le réchauffement climatique et les relations commerciales.

Le réchauffement touche particulièrement l'Amérique latine; les grands glaciers fondent inéxorablement et les fôrets diminuent à cause de l'exploitation à outrance et la contrebande des bois exotiques.

Les chefs d'Etat et de gouvernement devraient adopter vendredi soir la "déclaration de Lima" dont un projet envisage un certain nombre de résolutions sur le changement climatique, le trafic de drogue et la crise alimentaire.

De son côté, l'Union européenne veut renforcer ses liens commerciaux avec cette région en pleine expansion économique et qui a doublé ses exportations vers l'union européenne entre 2000 et 2007, atteignant plus de 142 milliards de dollars.

Cependant l'Amérique latine détient encore le record d'inégalité de la planète avec 194 millions de pauvres soit 36,5% de ses habitants ainsi que 71 millions d'indigents (13,4%).

Eva Golinger : la révolution bolivarienne, pour moi, est une révolution mondiale.


Son nom et son accent sont du cinéma. Son style d’adolescente incorrigible, son regard moqueur et l’ironie de son sourire ne laissent personne indifférent. De père nord-américain et de mère vénézuélienne, Eva Golinger a tout pour surprendre.

Avocate formée à New York, elle s’est spécialisée en droits de l’homme internationaux et a quitté la métropole yankee pour s’installer dans la Venezuela qu’elle ne cesse de défendre avec passion.

Son premier livre, "Le code Chavez", qui déchiffre l’intervention des États-Unis dans cette nation sud-américaine, a été qualifié par l’ex vice-président José Vicente Rangel, de « rappel hallucinant de ce que le Venezuela a vécu de 2001 à 2003 ».

Son œuvre la plus récente, "Bush contre Chávez : La guerre de Washington contre le Venezuela", documente l’escalade constante des attaques impériales contre la Révolution bolivarienne.

Elle affronte sans sourciller, indistinctement, la CIA, le Pentagone, la NED, RSF, la USAID, la mafia vénézuélienne de Miami ou le paramilitarisme colombien, avec la fougue du procureur qui affronte le tribunal avec des preuves irréfutables dans son dossier.

Depuis Caracas, l’avocate et chercheuse vénézuélienne-nord-américaine Eva Golinger répond à nos questions :

par JEAN-GUY ALLARD


On affirme que le coup d’État contre Chavez porte la signature de la CIA. Tu as largement étudié la question : comment, pour toi, ce fait apparait-il dans toute son évidence ?

Il y a différents facteurs que j’ai pu détecter et dénoncer tout au long d’une recherche que j’ai commencée il y a plus de cinq ans en utilisant la Loi d’accès à l’information (FOIA) pour démontrer comment la CIA et les autres agences du gouvernement étasunien ont été impliquées dans le putsch contre Chavez. Les faits et les preuves les plus évidents ont été classés top secret par la CIA et portent les dates du 5 mars 2002 au 17 avril 2002, là où il est clairement question des plans de coup d’État contre Chavez : le qui, le comment, le où et le quand, en clair. Un en particulier, du 6 avril 2002, c’est-à-dire cinq jours avant le coup, signale comment les secteurs de l’opposition, la CTV, Fedecámaras, les militaires dissidents, les médias privés et même l’église catholique, allaient descendre dans la rue durant ces premières semaines d’avril et comment les conspirateurs putschistes provoqueraient de la violence avec des francs tireurs, en faisant des morts avec l’intention ensuite d’arrêter le président Chavez et des membres importants de son cabinet. Ils mettraient alors en place un gouvernement de transition civico-militaire. Quiconque sait ce qui s’est passé les 11 et 12 avril, sait que ce fut ainsi, et après qu’on ait fait Chavez prisonnier, ce ne sont que les porte-paroles du gouvernement étasunien qui ont reconnu le gouvernement putschiste de Pedro Carmona et qui ont de plus tenté de faire pression sur d’autres pays pour qu’ils fassent de même.



Alors, ces documents qui montrent clairement la connaissance et les plans détaillés du coup contre Chavez, écrits par la CIA, demeurent la preuve la plus catégorique qui démontre le rôle de la CIA dans le coup. Le fait que des entités financières et conseillères comme la National Endowment for Democracy (NED), l’Institut républicain international (IRI), l’Institut démocrate national (NDI) et le Centre pour l’entreprise privée internationale (CIPE) ont financé touts les groupes, ONG, syndicats, entrepreneurs, partis politiques et médias impliqués dans le coup, fournit aussi une preuve catégorique sur le rôle de la CIA et des autres agences étasuniennes dans le coup contre Chavez. Après le coup, ces entités ont même augmenté leur financement à ces mêmes putschistes, ce qui reconfirme leur engagement avec eux et leur intention de continuer l’effort pour renverser Chavez.

Nous pourrions aussi parler du rôle du Pentagone et des militaires étasuniens qui ont entrainé les putschistes, les ont équipé avec de l’armement et encouragé leur action.

De quelle façon l’ambassade nord-américaine à Caracas poursuit-elle son ingérence ?

L’ambassade des États-Unis au Venezuela est très active. Aujourd’hui, sa principale stratégie est la subversion. Cela se manifeste par le financement de la USAID, la NED, el IRI, la NDI, el Freedom House, CIPE, etc, à des groupes de l’opposition, mais il y a aussi une tentative de pénétration des secteurs et communautés chavistes. Cette dernière tactique est une des plus dangereuses et efficaces. En 2005, l’ambassadeur des USA d’alors à Caracas, William Brownfield (il est maintenant ambassadeur en Colombie) a commencé à ouvrir ce qu’ils appellent les "American Corners" dans différentes villes vénézuéliennes. Actuellement, ils sont à Maracay, Margarita, Barquisimeto, Maturín, Lecherías et Puerto Ordaz. Ce sont de petits centres de propagande et de conspiration qui servent de cellules pour recruter et réunir l’oposicionismo. Le gouvernement vénézuélien n’a pas encore pris de mesures concrètes pour éliminer cette initiative illégale (elle viole la Convention de Vienne puisqu’il s’agit de sièges consulaires sans autorisation du Ministère des relations extérieures).

La CIA et le Département d’État entretiennent plusieurs façades dans le pays, comme ils le font toujours. Nous avons la Development Alternatives, Inc (DAI), corporation étasunienne ayant son siège dans le secteur El Rosal de Caracas, qui fonctionne comme filtre de l’argent de la USAID pour les secteurs d’opposition. Il y a aussi l’Instituto de Prensa y Sociedad qui fait partie du réseau de Reporters sin frontières (RSF), qui reçoit des fonds de la NED, de USAID, de la CIA, etc., pour exécuter leur politique néo-libérale, pro-étasunienne et tenter d’accuser le gouvernement vénézuélien d’être répressif et de violer les droits de la libre expression et de la presse libre.

Avec la Freedom House et la USAID, ils financent les leaders et les mouvements étudiants de la droite, et les envoient à Belgrade s’entrainer avec les experts de la Révolution Orange (Ukraine) et d’autres supposés processus pour « renverser les dictateurs ». Il y a peu de temps, l’Institut Cato, "think tank" de la droite néo-libérale qui conseille le gouvernement Bush et reçoit le financement de Exxon Mobile et Phillip Morris, a accordé un « prix » à l’étudiant vénézuélien de l’opposition Yon Goicochea, au montant de 500 000 dollars. Le prix qui porte le nom de "Milton Friedman", qui fut conseiller de Nixon, Reagan et Pinochet, et est l’architecte de la politique néo-libérale et de la doctrine de choc, sert à financer un nouveau parti politique de « visages frais » au Venezuela – un groupe de jeunes entrainés depuis 2005 par les agences étasuniennes qui ont eu de l’influence sur certains secteurs au cours de la dernière année. Ils croient que ce groupe pourrait arriver à être une force politique puissante pour ne pas appartenir à la vieille classe politique corrompue du pays. Nous avons cependant pu démasquer la grande majorité d’entre eux et démontrer leur relation avec Washington tout autant qu’avec les politiciens et l’élite qui gouvernait auparavant ici.

Avec la Mission spéciale de la CIA pour le Venezuela et Cuba (créée en 2006), nous savons que l’Agence est plus active que jamais dans le pays. Plus Chavez et la Révolution sont forts, plus grandes sont les ressources qu’ils consacrent pour les neutraliser.

Les résidus de différentes dictatures latino-américaines sont installés à Miami. Les Cubains batistiens dominent depuis des années la ville mais le nombre des antichavistes augmente sans cesse. Quelles sont tes observations à ce sujet ?

Miami n’est pas une vilaine ville. Malheureusement, les Cubains batistiens en ont pris le contrôle depuis des décennies et ils accueillent maintenant à bras ouverts les Vénézuéliens antichavistes, beaucoup d’entre eux putschistes. On parle de Westonzuela, une zone de la banlieue de Miami où vivent les Vénézuéliens auto-exilés.

Je pense qu’ils sont totalement dissociés de la réalité tout comme ces Cubains qui continuent à vivre dans les années 50. Ils sont agressifs de loin et prétendent conspirer mais je ne crois pas qu’ils représentent une menace sérieuse contre notre Révolution. Ils font leur tapage là-bas et travaillent avec les congressistes cubano-américains tout autant qu’avec le débranché Connie Mack, en tentant de sataniser le président Chavez et la Révolution. Leur dernière initiative a été de placer le Venezuela dans la liste des pays terroristes du Département d’État. Malgré les pressions qu’ils ont exercé et les contes qu’ils ont inventé sur un prétendu lien entre le gouvernement vénézuélien et des groupes terroristes, ils ont échoué : le Venezuela n’a pas été classé parrain du terrorisme. Mieux encore, plusieurs congressistes et membres de la société étasunienne ont rejeté cette initiative et, d’une certaine manière, cette communauté putschiste s’est retrouvée discréditée.

Bien sûr qu’il ne faut jamais oublier qu’ils continueront à conspirer et à inventer de nouvelles façons de déstabiliser le Venezuela, tout comme ils ont fait avec Cuba durant 50 ans. Et ils compteront sur l’appui de l’appui de la USAID, la NED et autres entités impériales, mai je ne crois pas qu’ils affecteront beaucoup les acquis de la Révolution. Ce sont de vrais tigres de papier.

John McCain se vantait récemment à Miami, devant un groupe de cubano-américains à qui il tentait de dire qu’il avait toujours été sensible à la situation de Cuba, qu’il se trouvait à bord du USS Enterprise face aux côtes cubaines durant la Crise des missiles. Qu’est ce qui retient ton attention dans la position de McCain sur le Venezuela, Cuba et l’Amérique latine ?

McCain mènerait une politique beaucoup plus hostile et agressive envers le Venezuela et Cuba, et envers les autres pays de l’ALBA, s’il parvient à se faire élire comme président des États-Unis. Son discours est déjà plus ponctuel envers la région et ne il ne cesse de mentionner comment il endurcirait la politique envers ce qu’il qualifie de dictatures et de menaces au Venezuela et à Cuba. Il va plus loin que simplement chercher les votes de la Floride. McCain est un homme de guerre et est un impérialiste pur dans le sens où il n’accepterait pas que les États-Unis perdent leur influence et leur domination dans leur cour arrière. Il souffre de ce même complexe qu’ont les autres Républicains avec Cuba et Fidel Castro, par exemple. Ceux-ci n’acceptent pas que Cuba a vaincu l’agression impériale et les cinquante ans de blocus et d’attentats. Ils continuent avec leurs attitudes mal élevées et infantiles qui ne leur permettent pas de passer à autre chose et d’accepter la réalité : l’empire le plus puissant du monde n’a rien pu contre la Révolution cubaine.

Alors, avec un McCain, nous serons pire encore qu’avec un Bush, et croyez-moi que cela est difficile à dépasser.

L’orientation des Démocrates n’est pas toujours évidente. Serait-elle tellement différente de celle de McCain et son clan ?

Je ne crois pas que ce soit bien différent, peut-être dans la forme, mais pas dans l’action finale. Les démocrates adorent utiliser la NED, la USAID et les autres entités au « joli visage » comme Freedom House ou l’Institut pour la paix, pour exécuter leurs politiques interventionnistes. Je crois qu’une ou un démocrate à la Maison blanche changerait peu la politique envers l’Amérique latine. Peut-être y aurait-il plus de dialogue mais je ne crois pas que l’ingérence cesserait. En outre, touts les candidats ont dit que le président Chavez est un dictateur et que leur administration, au cas où ils seraient élus, se concentrera davantage sur les « problèmes » de la région.

Rappelez-vous qu’il ne s’agit pas de qui occupera le fauteuil du bureau ovale mais bien de qui se trouve autour. Et cela ne change pas beaucoup qu’il soit démocrate ou républicain. Ce qui gouverne réellement les États-Unis, c’est le complexe militaro-industriel, les grands banquiers et les multinationales. Et eux ne quittent pas le pouvoir en novembre.

La visite récente de la SIP au Venezuela pour provoquer qui a récolté une avalanche de critiques montre que l’on peut contre-attaquer face à la diffamation médiatique. Tu es peut-être celle qui a le mieux dénoncé la guerre de propagande du nord envers le sud : quelle stratégie favorises-tu pour rendre plus efficace cette lutte contre les multinationales de l’information ?

C’est une lutte difficile parce qu’ils ont le pouvoir médiatique massif. Je crois pour cela qu’il nous revient d’être plus créatif avec nos stratégies. Nous devons usurper leurs espaces pour transmettre nos messages et nos vérités, et en même temps créer de nouveaux espaces qui soient aussi attrayants et simples que les leurs. Nous saturons parfois l’opinion publique avec des messages compliqués ou répétitifs qui utilisent un langage que beaucoup rejettent déjà.

Par exemple quand le gouvernement ici a décidé de ne pas renouveler la concession du canal RCTV, eux ont monté une bonne campagne de communication dirigée vers deux points principaux : la liberté de presse et le liberté du public à voir ce qu’il veut (dans ce cas, ses émissions favorites). Tout a été confus, on a dit qu’ils étaient putschistes, qu’ils ne payaient pas leurs impôts, ou qu’ils violent les droits de leurs travailleurs, etcetera. Laisse-moi te dire qu’au niveau international, notre message était peu entendu, tandis que le leur l’a été. Maintenant, si on avait encadré le sujet comme une bataille entre un média corporatif qui abuse du spectre radioélectrique contre un peuple (droit d’une corporation contre droit du peuple), nous aurions obtenu l’appui de centaines de mouvements sociaux et des mouvements alternatifs qui luttent pour la démocratisation des médias. Mais comme le message n’a pas été transmis clairement, nous n’avons pas eu l’appui de plusieurs alliés naturels.

Alors, il faut parfois penser « hors de la boite » comme disent les gringos, être créatifs et créatives, utiliser leurs outils mais en inventant quelque chose de nouveau. Utiliser davantage nos réseaux et alliés à l’extérieur pour communiquer et informer sur ce qui survient dans nos luttes et communautés. Nous avons besoin d’encourager la recherche et l’étude sur la communication et l’information comme champ de bataille. Je monte une fondation qui est un Centre d’études stratégiques sur des sujets liés comme l’ingérence, la sécurité, la défense de la Révolution, les menaces régionales aux pays de l’ALBA et, bien sûr, la guerre de l’information et de la communication. L’idée est de promouvoir la formation de ressources humaines, d’experts de ces sujets, pour ensuite encourager des politiques plus efficaces pour combattre les grandes menaces de l’impérialisme.

De manière plus personnelle, l’accession au pouvoir du président Hugo Chavez a, de façon évidente, marqué ta vie. Comment as-tu découvert le personnage, comment est-il apparu dans ta vie comme acteur de la vie politique vénézuélienne ? Comment as-tu vécu les heures du coup d’État ?

Le coup d’État, je l’ai vécu depuis New York, bien que la grève ou le sabotage pétrolier, je l’ai vécu à Mérida – c’était à l’époque de Noël et je visitais ma famille. Je suis parti du Venezuela, de Mérida, en 1998, après avoir vécu quasi cinq ans là-bas. J’ai vécu l’époque de la répression, de la suspension des garanties, sous Carlos Andrès Pérez, puis Caldera. Je sais comment était le pays avant de la Révolution et, croyez-moi, que les choses ont changé profondément pour le mieux-être de tous.

Puis, quand Hugo Chavez l’emporte, nous avions tous l’espoir de changements, mais personne ne savait exactement comment cela allait se manifester dans la vie réelle. Plusieurs peuvent dire de jolies choses et captiver le public avec des paroles, mais peu changent et améliorent les choses avec leurs actions. Chavez a démontré qu’il était différent quand il a lancé le processus de l’assemblée constituante. Je me suis intéressée depuis New York à ce processus. Je finissais mon doctorat en droit international et en droit humains internationaux. J’ai commencé à observer davantage la politique de Chavez et les changements qui se produisaient dans le pays. Les attaques des médias qui commençaient contre son gouvernement, ont retenu mon attention quand la nouvelle constitution a été approuvée par referendum national en 1999.

Au moment du coup d’État, j’étais si loin que je pleurais parce que je ne pouvais faire davantage pour aider les amis et les victimes de cette atrocité. Je me souviens de l’appel que nous avons reçu depuis Mérida, où on nous racontait que l’on avait "sorti" Chavez. Nous ne pouvions y croire. Il n’y avait rien à la télévision gringa. Des heures plus tard, un bandeau sur CNN disait que Chavez avait démissionné après avoir ordonné une tuerie de manifestants dans la rue. J’ai appelé des amis, mais il était difficile de communiquer parce que les lignes étaient congestionnées. Ils m’ont conté après qu’il s’agissait d’un coup d’État et que les gens étaient dans la rue et que cela n’allait pas finir ainsi.

L’échec du coup, le sauvetage de Chavez et la révolution du peuple et des forces armées loyales, m’ont fait rentrer au pays. Quand j’ai terminé mon doctorat en 2003, j’ai commencé à travailler fortement avec la Révolution et j’ai commencé mes recherches en utilisant la loi FOIA pour découvrir le rôle de Washington dans le coup. Pour moi, c’était ma responsabilité comme citoyenne étasunienne d’utiliser mes connaissances et privilèges comme avocate pour obtenir justice. J’ai connu Chavez pour la première fois en janvier 2003, aux Nations Unies à New York. Il m’a signé une Constitution bolivarienne et il m’a dit que comme son frère s’appelait Adam (Adan), on aurait voulu qu’il soit Ève, mais il est né Hugo, et je dis tant mieux.

Après je l’ai vu de nouveau dans son avion quand il m’a invité à mon premier "Allô Président", en avril 2004. C’était le 11 avril 2004 et il m’a invité à présenter les documents qui prouvaient le financement des groupes de l’opposition de la part de la NED et du gouvernement des États-Unis. C’est peu après que j’ai décidé de consacrer ma vie entière à la recherche et à la lutte révolutionnaire, laissant derrière ma chère ville de New York et plusieurs choses qui étaient importantes et précieuses pour moi. Mais la lutte pour la justice sociale était encore plus imporante et c’était mon devoir de contribuer au maximum à ce processus.

On dit que Chavez t’a appelé la « Fiancée de la Révolution » - d’autres ont dit, avec un clin d’œil et un sourire, que tu étais le sexe-symbole de la Révolution bolivarienne – et tu es pour beaucoup la Pasionaria de ce processus. Étant à la fois nord-américaine et Vénézuélienne, qu’est-ce qui t’a amenée, aussi jeune, attrayante, talentueuse et promise à une brillante carrière à New York avec la gloire que cela comporte, à t’installer à Caracas et à jouer le tout pour le tout dans cette lutte ?

Ha ha, sexe-symbole de la Révolution ? Imagine, je n’ai même pas d’homme dans ma vie. Bon, ce sera sans doute que mon fiancé, c’est la Révolution. Ce qui est sûr, c’est que je suis mariée avec la lutte pour la justice. Ce qui est également certain, c’est qu’une fois, le président Chavez m’a appelé la « Fiancée de la Révolution », mais c’était lui, affectueux comme il l’est, reconnaissant mon engagement et ma passion envers le processus. Je ne crois pas que ce fut davantage.

Suis-je pour plusieurs la Pasionaria de ce processus ? Bon, passionnée, je le suis – il n’y a pas de doute là-dessus. Je me considère une combattante révolutionnaire engagée jusqu’à la mort dans la lutte pour la justice sociale. Cela signifie que pour moi, la lutte passe au dessus de tout. Pour d’autres, cela ne fonctionne pas bien dans leur vie personnelle, comme on peut l’imaginer. Autrefois, j’ai été mariée – avec un Vénézuélien dont je suis divorcée – j’avais un cabinet à New York, je gagnais bien ma vie, et il est certain que j’aurais pu profiter de cette opportunité, là-bas, dans le système capitaliste. Mais cela ne m’a jamais plu. J’ai rejeté l’establishment. Toute ma vie, depuis que j’ai pris conscience des injustices et de la possibilité de changer les choses, j’ai consacré ma vie à cela, coûte que coûte.

Mes premiers travaux ont été dans le domaine social et politique. J’ai été activiste de Greenpeace, puis j’ai défendu les droits des animaux. Plus tard j’ai opté pour les humains et commencé à étudier l’ingérence de la CIA et du FBI dans les mouvements révolutionnaires aux États-Unis comme en Amérique latine. Je me suis passionnée pour le sujet. Mes amis universitaires se souviennent de moi ainsi, et pour eux il n’est pas surprenant que je fasse ce que je fais aujourd’hui, J’ai toujours été ainsi. Bien entendu, j’ai été (et je suis) musicienne, chanteuse, et cela je le serai toute ma vie, mais pour moi la vie est toujours en mouvement, la forme change mais l’esprit demeure. Si je peux contribuer à la justice sociale en chantant, je le ferai, s’il me revient de le faire comme avocate en faisant des dénonciations et de la recherche, je le ferai aussi. Je ne me considère pas « commune », je vois la vie de l’extérieur mais je la vis de l’intérieur. Je crois à la sincérité, à l’honnêteté, au respect, à la loyauté et à l’amour. Plus que tout, je crois à la justice.

La Révolution bolivarienne pour moi est une révolution mondiale, une des plus importantes de l’histoire. Je me sens extrêmement fortunée de pouvoir être témoin et participante de ce processus. Il me semble que je suis née pour être ici, luttant pour la justice, dénonçant les ingérences et les violations de l’empire, contribuant de mon grain de sable à la lutte pour un monde meilleur.

Le Venezuela est ma patrie, tant de sang que de lutte. Mon grand-père et toute sa famille sont nés ici au Venezuela ; leur sang court dans mes veines et leurs racines se sont semées en moi dès la première fois où j’ai foulé cette terre magique, il y a plus de quinze ans. Je ne l’abandonnerai jamais. Attaquer le Venezuela et cette Révolution, c’est attaquer le plus profond de mon être, et je lutterai avec tout ce dont je dispose pour les défendre.

Betancourt : une opération militaire d'envergure serait en cours


L'armée colombienne prépare-t-elle le premier "siège humanitaire" de sa guerre contre les Farc ? Le quotidien colombien El Tiempo révèle, vendredi, qu'une grande opération militaire serait en cours entre les départements du Guaviare et du Vaupés, dans le sud-est de la Colombie.

C'est dans cette région, une jungle grande comme trois fois la Suisse, que se trouveraient les otages "échangeables" de la guérilla, parmi lesquels figurent Ingrid Betancourt et trois soldats américains. L'hypothèse avancée par El Tiempo est, semble-t-il, crédible : c'est en effet depuis San José del Guaviare qu'avaient été libérés, en janvier et février dernier, six otages de la guérilla.

D'après El Tiempo , les services secrets colombiens auraient localisé un campement des Farc au début du mois de mai, avec la certitude qu'un des trois otages américains se trouverait à l'intérieur. L'armée aurait donc entamé des opérations pour tenter de se rapprocher du secteur et, in fine, d'encercler les guérilleros. 15.000 militaires auraient été déployés pour mener cette mission périlleuse.

"Une opération militaire donnerait l'occasion aux Farc d'exprimer toute leur barbarie" (Hervé Marro)

Le président colombien Alvaro Uribe a déjà créé la surprise. Avant d'arriver à Lima (Pérou), où se tient vendredi le 5e sommet Union européenne-Amérique latine, il a dit "espérer que les Farc annoncent, maintenant, la libération d'Ingrid Betancourt et des autres otages". Faute de quoi "les forces armées chercheraient la localisation humanitaire", moyen selon Uribe de faire pression sur les Farc pour obtenir une libération "humanitaire" , conformément à ce qui avait déjà été annoncé la veille.

Ce tour de vis des autorités colombiennes a de quoi surprendre, alors même que la guérilla n'a jamais accepté de mission humanitaire, même médicale, dans la jungle. L'échec de l'opération française , début avril, en est le dernier exemple. Sans compter sur le risque que ferait courir aux otages un encerclement de leur campement. Pour Luis Eladio Perez, libéré en février dernier, une telle opération "signifierait condamner à mort les otages". Contacté par lepoint.fr, le porte-parole du comité de soutien à Ingrid Betancourt , Hervé Marro, indique "redouter fortement une opération militaire qui donnerait l'occasion aux Farc d'exprimer toute leur barbarie. Cela ne fait pas de doute : ils exécuteraient les otages".

Le précédent est dans tous les esprits : en 2003, le gouverneur du département d'Antioquia, Guillermo Gaviria, et l'ancien ministre de la Défense Gilberto Echeverri, tous deux otages des Farc depuis un an, avaient été exécutés par leurs geôliers alors que l'armée avait encerclé leur campement. La France, pour sa part, s'est toujours opposée à une solution militaire dans la crise des otages colombiens.

lundi 12 mai 2008

Chavez à Angela Merkel : « Vaya usted… »


Le président du Venezuela Hugo Chavez a vivement réagi dimanche aux récentes déclarations de la chancelière allemande, Angela Merkel, selon lesquelles « l'Amérique Latine devrait prendre ses distances avec le gouvernement d'Hugo Chavez ».

Après avoir traité de « diable » le président américain George Bush devant l'Assemblée des nations unies en 2006, le président du Venezuela a commis un nouvel excès de langage dimanche à l'encontre d'un autre dirigeant politique international : la chancelière allemande Angela Merkel.

« Vaya usted… señora cancillera, y como es una dama no le digo más » a déclaré Hugo Chavez à propos de Merkel. Les propos confirmés par le service de presse du palais présidentiel peuvent se traduire par « Madame le Chancelier, vous pouvez aller en…. Comme c'est une Dame, je n'en dirai pas plus ».

Mais le service de presse ne confirme pas d'autres mots plus graves attribués au président vénézuélien toujours à propos de Merkel et rapportés par AP et Reuters: « Elle est de la droite allemande, la même qui a soutenu Hitler, qui a soutenu le fascisme, c'est ça le chancelier de l'Allemagne d'aujourd'hui ».

En 2007, Chavez avait proféré en public les mêmes accusations de fascisme à l'encontre de l'ancien Premier ministre espagnol José Maria Aznar lors du sommet ibéro-américain organisé au Chili. Le roi d'Espagne Juan Carlos était alors sorti de sa réserve pour demander à Chavez : « Pourquoi tu ne te tais pas ? »

Chavez et Merkel pourraient éventuellement se croiser en fin de semaine au Pérou à Lima qui accueille le 5e sommet Union européenne - Amérique Latine et Caraïbes (UE-LAC).

L'objectif du sommet est « le renforcement du partenariat stratégique birégional fondé sur le respect mutuel et la confiance ainsi que sur des valeurs communes, des liens économiques, politiques, historiques et sur des relations humaines ». C'est bien parti !

dimanche 11 mai 2008

Le président vénézuélien Chavez accuse la Colombie de vouloir déclencher une guerre


Le président vénézuélien Hugo Chavez a affirmé dimanche que le gouvernement colombien tentait de provoquer le Venezuela pour déclencher une guerre et justifier une intervention des Etats-Unis.

"J'alerte le continent, le peuple vénézuélien, les forces armées, sur l'intention du gouvernement de la Colombie de nous provoquer pour déclencher une guerre", a déclaré M. Chavez au cours de son émission radiotélévisée hebdomadaire "Alo Presidente".

Selon lui, "le gouvernement de Colombie est capable de provlquer une guerre contre le Venezuela pour justifier l'intervention des Etats-Unis au Venezuela".

"Cela est planifié, cela se produirait à partir des Etats de Zulia et de Tachira (dans l'ouest du Venezuela, ndlr). (...) Ce serait une guerre dans laquelle les paramilitaires joueraient un rôle de pénétration et de renseignement", a affirmé M. Chavez.

S'adressant au président colombien Alvaro Uribe, il a lancé: "Président Uribe, demandez-vous bien jusqu'où cela peut aller, je vous lance publiquement un appel à la réflexion".

M. Chavez a lancé de violentes attaques verbales contre le président colombien. "Uribe est un irresponsable, un redoutable irresponsable, je ne sais pas comment il peut être président d'un pays. C'est un menteur, un manipulateur", a-t-il déclaré.

"Uribe est très dangereux", a poursuivi M. Chavez, l'accusant d'avoir été "l'ami de Pablo Escobar Gaviria", le chef du trafic de drogue abattu en 1993 par les forces spéciales colombiennes.

Plus tôt dimanche, au cours d'une cérémonie devant le haut commandement de l'armée, M. Chavez a accusé l'opposition vénézuélienne d'avoir des visées séparatistes dans certains Etats de l'ouest du pays, en liaison avec des intérêts étrangers.

Debout en présence des chefs de l'armée, M. Chavez, la main levée, a déclaré: "Devant les prétentions de l'impérialisme nord-américain, de l'oligarchie vénézuélienne et de mouvements qui tentent d'encourager le séparatisme, nous jurons de défendre de notre vie l'intégrité de la patrie".

Son discours, prononcé dans l'Etat de Zulia, a été diffusé au cours de l'émission "Alo Presidente".

"La patrie est une ou elle n'est rien. La patrie, le socialisme ou la mort ! Nous vaincrons !", a lancé le président. "Ce serait une cause de guerre si quelqu'un venait ici pour tenter de diviser le Venezuela. Nous avons une seule patrie libre et souveraine", a-t-il insisté.

La semaine dernière, M. Chavez a affirmé que l'opposition vénézuélienne comptait remporter les élections régionales de novembre prochain dans cinq Etats de l'ouest du Venezuela (Zulia, Merida, Apure, Barinas et Tachira) afin d'y promouvoir des statuts autonomistes, à l'exemple de ce que veulent faire en Bolivie les autorités de la province de Santa Cruz.

Ces propos de M. Chavez ont été tournés en dérision par le gouverneur de l'Etat de Zulia, Manuel Rosales, qui a déclaré qu'il s'agissait d'"un accès lunatique" du président vénézuélien et que le prétendu plan sécessionniste au Venezuela existait "uniquement dans son esprit".

Actuellement, sur les 24 Etats que compte le Venezuela, seuls deux sont gouvernés par l'opposition, Zulia, dans l'ouest, et Nueva Esparta, dans le nord-est.