jeudi 31 juillet 2008

Venezuela: Chavez annonce la nationalisation de Banco de Venezuela (Groupe Santander)



Le président du Venezuela Hugo Chavez a annoncé jeudi la prochaine nationalisation de Banco de Venezuela, l'une des plus importantes banques vénézuéliennes contrôlée par le groupe espagnol Santander, qu'il a appelé à entamer des négociations sur le prix.

"Nous allons nationaliser le Banco de Venezuela. J'ai appelé (le groupe Santander) pour qu'ils viennent et que nous commencions à négocier", a déclaré M. Chavez dans un discours retransmis par une chaîne de radio et de télévision.

"Ils voulaient vendre la banque à un banquier vénézuélien et moi, le chef de l'Etat, j'ai dit non. A présent qu'ils la vendent au gouvernement, à l'Etat. Nous allons récupérer la Banco de Venezuela, une banque de cette envergure nous faisait grandement défaut", a souligné M. Chavez.

Selon le président du Venezuela, après qu'il eut offert au groupe Santander l'acquisition de Banco de Venezuela, l'offre de vente a été retirée.

"Les propriétaires espagnols étaient en train de vendre Banco de Venezuela, je suis en possession du document de pré-accord entre le groupe Santander et un banquier vénézuélien", a ajouté M. Chavez sans dévoiler le nom de l'acquéreur concerné.

Le chef de l'Etat s'est dit certain que désormais une "campagne" allait avoir lieu en Espagne.

"Les gros titres ne vont pas manquer dans la presse d'Espagne (pour dire) que Chavez s'en prend à l'Espagne (...) endommage les relations qui recommençaient à se recomposer", a souligné le président, en référence à sa rencontre la semaine dernière avec le roi Juan Carlos et le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero.

Leur entretien avait scellé la normalisation des relations entre les deux pays après un sommet ibéro-américain houleux en novembre 2007, où le roi d'Espagne avait sommé M. Chavez de se taire.

Depuis 2007, le président Chavez a initié une série de nationalisations qui ont déjà porté sur des entreprises de télécommunications et d'électricité, de sidérurgie, des cimenteries telles que Cemex (Mexique), Lafarge (France) et Holcim (Suisse) ainsi que des entreprises pétrolières mixtes opérant dans le riche bassin pétrolifère de l'Orénoque.

Toutes les nationalisations ont été jusque-là réalisées dans le cadre d'accords économiques conclus entre les parties.

Chavez aborde les liens avec l'Afrique




Le président vénézuélien Hugo Chavez s'est entretenu jeudi à Lisbonne avec son homologue capverdien Pedro Pires des relations bilatérales et de celles entre l'Amérique latine et l'Afrique.


«Nous avons parlé des relations entre le Venezuela et le Cap-Vert, puis plus largement entre l'Amérique Latine et le continent africain», a déclaré M. Chavez à la presse, à la sortie d'un entretien au siège de la fondation de l'ancien président socialiste portugais Mario Soares.

Le président vénézuélien a rappelé qu'un sommet entre l'Union africaine (UA) et l'Union des Nations sud-américaines (Unasur) était prévu à la fin de cette année à Caracas.

Créée en mai, l'Unasur, une instance de dialogue politique entre douze pays sud-américains (Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Equateur, Guyane, Paraguay, Pérou, Surinam, Uruguay et Venezuela) représente un ensemble de 388 millions d'habitants du continent.

M. Chavez est arrivé au Portugal mercredi soir dans le cadre d'une tournée européenne, après des visites au Bélarus et en Russie. Vendredi, il est attendu en Espagne.

Quant au président du Cap-Vert, il se trouve au Portugal depuis le début de la semaine et doit participer vendredi au VIIe sommet de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) en présence des chefs d'État ou de gouvernement des huit pays membres (Portugal, Timor oriental, Angola, Brésil, Cap-Vert, Guinée-Bissau, Mozambique et Sao Tomé-et-Principe).

RÉFLEXIONS DE FIDEL Le message de Chavez


Signature de Fidel Castro

Il est rentré vendredi de sa tournée en Europe. A peine quatre jours. Volant vers l’ouest, il est arrivé à onze heures du soir à Caracas quand le jour se levait à son point de départ, Madrid. Le coup de fil de Venezuela est arrivé très tôt samedi. On m’a informé qu’il souhaitait me parler ce jour même. J’ai fixé le rendez-vous à deux heures moins le quart de l’après-midi.

J’ai eu le temps de noter plus de vingt-cinq points dont on peut traiter sur une ligne téléphonique internationale quand on sait que l’ennemi écoute, et dont le président vénézuélien lui-même avait abordé certains devant la presse. Il était serein, réflexif et satisfait de sa tournée. Nous avons échangé des vues sur les cours des aliments, le pétrole et les matières premières, les investissements requis, la dévaluation du dollar, l’inflation, la récession, l’escroquerie et le pillage impérialistes, les erreurs de l’adversaire, les risques de guerre nucléaire, les problèmes insolubles du système et d’autres dont il n’est pas besoin de faire un secret. Même ainsi, je n’use qu’exceptionnellement cette voie de communication. Nous avons partagé des détails et des nouvelles. Il n’a pas dit mot de l’excellent message qu’il avait écrit à l’occasion du 26 juillet et dans lequel il analyse ma dénonciation : « La Stratégie de Machiavel ». Je l’ai reçu ce même samedi soir. Les idées de Bolivar se sont réincarnées en Chávez. La seule différence, c’est que les échanges que nous avons eues durant une heure auraient pris des mois à l’époque de Libertador, et sa tournée de quatre jours en Europe, au moins deux ans.

Je l’ai écouté hier sur Allô Président. Son programme d’investissements est impressionnant. Peut-être n’a-t-on jamais pris autant en charge les désirs et les besoins les plus pressants des gens. On a perçoit déjà des fruits.



Quand j’ai allumé la télévision le soir, Chávez se trouvait au milieu du public qui encourageait l’équipe féminine de softball en train de disputer la finale d’une coupe face à celle de Cuba. Les Vénézuéliennes ont gagné 1-0. Et, le comble, sans coup de batte ni aucun point de la part des Cubaines. Le match parfait. Quand la lanceuse vénézuélienne, une jolie fille, a pris conscience de son exploit au dernier retrait, elle n’en croyait pas ses yeux. Et Chávez était là, au milieu de l’équipe en liesse qui sautait sur le terrain, tout près du rectangle du batteur, distribuant des accolades et des embrassades. Si nous n’avions pas été internationalistes, nous en aurions été déprimés. Après y avoir pensé quelques secondes, je me suis réjouis pour lui et pour le Venezuela. Quel homme ! Comment peut-il résister à tant d’efforts ?

Aujourd’hui, c’est son anniversaire. Raúl et moi, nous lui avons envoyé un tableau du Che sortant de terre, une toile impressionnante d’un peintre de Pinar del Río.

Je lui ferai parvenir très tôt ces Réflexions.

Les pays non-alignés soutiennent la position de Chavez contre les Etats-Unis


Des responsables venus de 118 pays participant à la 15e conférence du Mouvement des pays non-alignés (MNA) à Téhéran ont manifesté leur soutien à la position du président vénézuélien Hugo Chavez contre les Etats-Unis, a déclaré mercredi le ministère vénézuélien des Affaires étrangères.

Le MNA a exprimé ses inquiétudes au sujet de la position agressive de l'administration du président américain George W. Bush envers le Venezuela, disant que le peuple vénézuélien a le droit de choisir son gouvernement et son système économique, a indiqué le ministère.

La réunion qui s'est terminée mercredi, a discuté de nouvelles actions et stratégies du MNA.

Les représentants venus de 118 pays, 15 observateurs et 8 organisations internationales et régionales dont 60 ministres des Affaires étrangères ont participé à la conférence.

La réunion a également abordé les questions telles que la sécurité alimentaire et la politique européenne de l'immigration.

Le MNA fondé en avril 1955, est une organisation internationale des Etats qui se réclament indépendants de tout bloc et est destiné à assurer "l'indépendance nationale, la souveraineté, l'intégrité territoriale et la sécurité". Il compte 118 Etats membres, dont la plupart a une opinion négative sur les Etats-Unis et les pays développés en général.

L'Iran a assumé la présidence de la conférence mardi.

lundi 28 juillet 2008

Suites de l'affaire Betancourt: le chef de la diplomatie colombienne à Paris




Le nouveau ministre des Affaires étrangères colombien, Jaime Bermudez, a entamé lundi une visite de trois jours en France, alors que des tensions sont apparues entre les deux pays après la libération début juillet d'Ingrid Betancourt.

Cette première visite à l'étranger de M. Bermudez, qui doit rencontrer mardi son homologue français Bernard Kouchner, est l'occasion de faire "la démonstration que les relations franco-colombiennes sont plus qu'excellentes", a dit le porte-parole du Quai d'Orsay Eric Chevallier.

Lundi soir, le ministre a rencontré des représentants du comité de soutien à Ingrid Betancourt, devenu "Agir avec Ingrid", et de la Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (Ficib), à la résidence de l'ambassadeur de Colombie à Paris.

Les comités ont affirmé à leur sortie avoir souligné leur détermination à rester mobilisés avec Ingrid Betancourt pour trouver une solution négociée au conflit colombien.

Dès sa libération après plus de six ans de captivité, la Franco-Colombienne -actuellement en vacances aux Seychelles avec ses enfants- s'est engagée à lutter pour la libération de tous les otages. Quelque 3.000 personnes en Colombie sont aux mains des guérillas d'extrême gauche, des groupes paramilitaires d'extrême droite et de bandes criminelles.

M. Bermudez, accompagné à Paris de son collègue chargé de l'Economie Luis Guillermo Plata, a souligné avant sa venue le rôle actuel de la France en tant que présidente en exercice de l'Union européenne.

Selon lui, "la Colombie entend développer rapidement ses relations avec l'UE", notamment par un accord avec la Communauté andine (Colombie, Pérou, Equateur et Bolivie).

Mais, selon des sources proches du dossier, sa visite vise aussi à "apaiser les tensions" nées des conditions de la libération le 2 juillet par les forces spéciales colombiennes d'Ingrid Betancourt et de 14 autres otages de la guérilla des Farc, lors d'une opération dont la France a été tenue à l'écart.

Ces sources soulignent que M. Bermudez est un proche du président Alvaro Uribe et que "c'est un spécialiste de la diplomatie de crise".

Paris a affirmé que M. Kouchner "saisira cette occasion pour rappeler la disponibilité de la France à apporter, si les autorités colombiennes le souhaitent, sa contribution aux efforts" en faveur des otages toujours détenus par la guérilla marxiste.

Après la libération de Mme Betancourt, Bogota a mis fin à une mission de médiation de la France, de l'Espagne et de la Suisse qui préconisaient une solution négociée avec les Farc, affirmant n'avoir "pas confiance" dans les émissaires français et suisse.

Le président colombien, élu sur la promesse d'éradiquer la guérilla, a affiché sa volonté de reprendre totalement en main le dossier des otages au moment où l'étau se resserre autour des Farc.

Dans ce contexte, la police espagnole a annoncé ce week-end l'arrestation de la représentante présumée des Farc en Espagne, Maria Remedios Garcia Albert et selon le chef de la police colombienne, d'autres arrestations en Europe devraient suivre.

Les familles des otages et les comités de soutien disent quant à eux craindre que les otages ne retombent dans l'oubli ou qu'ils soient les sacrifiés d'une "guerre totale" contre les Farc.

"Je crains qu'il y ait une stratégie pour diviser les Farc en plusieurs petites entités, ce qui ne résoudrait pas le conflit armé en Colombie mais rendrait une solution négociée plus difficile" et favoriserait le développement des bandes criminelles et des trafics, a affirmé le président de la Ficib, à l'issue de son entretien avec M. Bermudez.

samedi 26 juillet 2008

Juan Carlos offre à Hugo Chavez une chemise "pourquoi tu ne te tais pas?"


Le roi d'Espagne Juan Carlos a offert vendredi au président vénézuélien Hugo Chavez une chemisette avec l'inscription "pourquoi tu ne te tais pas?", clin d'oeil à la phrase qu'il avait lancée à M. Chavez, à l'origine d'un coup de froid diplomatique aujourd'hui révolu.

M. Chavez a révélé ce cadeau après avoir rencontré le roi sur l'île de Majorque (Baléares), occasion d'une chaleureuse poignée de main entre les deux hommes.

Après avoir reçu le présent, "je lui ai dit: Don Juan Carlos, vous me devez un peu d'argent", a expliqué M. Chavez, en référence au chiffre d'affaires généré par cette invective transformée en sonnerie de téléphone mobile, en vidéo-clip sur internet, ou imprimée sur des T-shirts.

Mais le roi "n'a pas encaissé les droits d'auteur", a plaisanté le président vénézuélien au cours d'une conférence de presse à Madrid.

Excedé par une prise de bec entre M. Chavez et le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero au sommet ibéro-américain de Santiago du Chili en novembre dernier, le roi Juan Carlos avait lancé un tonitruant "pourquoi tu ne te tais" au président vénézuélien.

Cette apostrophe avait entraîné un coup de froid entre les deux pays. L'incident de Santiago "restera comme une anecdote pour le souvenir, qui nous fera rire", a déclaré M. Chavez à Madrid.

mardi 22 juillet 2008

Betancourt doit rencontrer Villepin aux Seychelles



L'ex-otage des Farc se trouve pour un mois dans l'archipel, où l'ancien Premier ministre doit effectuer une escale la semaine prochaine.

Ingrid Betancourt est depuis lundi 21 juillet en vacances aux Seychelles avec ses enfants, Mélanie et Lorenzo. L’ancienne otage des FARC séjournera dans l’archipel de l’océan indien près d’un mois, jusqu’au 17 août. Elle doit y rencontrer Dominique de Villepin, la semaine prochaine. L'avion de l'ancien Premier ministre, qui doit se rendre à Nairobi, la capitale du Kenya, effectuera une escale technique d'une dizaine d'heures aux Seychelles.
Ingrid Betancourt a un rapport très particulier au Seychelles. Elle y a vécu près de trois années, entre 1985 et 1988, époque où Fabrice Delloye était conseiller économique de l’ambassade de France à Mahé, la capitale du pays. Elle y a donné naissance à sa fille, Mélanie, en septembre 1985. Ingrid Betancourt a gardé de nombreux amis dans cette région, en particulier la famille de l’ancien ministre Jacques Hodoul. L’ancienne candidate à la présidence de la République colombienne a en effet donné le lait, en même temps que Mélanie, au fils de celui qui fut longtemps le chef de l’opposition seychelloise. "Ici, elle a laissé un souvenir exceptionnel, rapporte un proche du chef de l’Etat, James Mitchel. Le fait qu’elle ait nourri au sein un enfant du pays en fait une citoyenne seychelloise."
Cette longue parenthèse, dans le paradis de l’océan indien, est le signe de la grande fatigue physique et nerveuse dans laquelle se trouve Ingrid Betancourt. "Ceux qui la voyaient repartir sur les chapeaux de roue, après l’avoir vue à la télévision, se trompaient, poursuit un de ses proches. Elle a besoin d’un long repos et surtout de calme avec ses deux enfants. Après la tornade médiatique des premiers jours, c’est maintenant qu’elle va vraiment les retrouver. Dans le calme. Dans le pays où Mélanie est née. Ce sont des retrouvailles à la source…"

Chavez à Moscou


Le président Dmitri Medvedev aura des entretiens cet après midi avec le président du Vénézuela, Hugo Chavez, qui effectue une visite de travail de 2 jours en Russie, portant sur la coopération économique, politique, militaire et technique entre les 2 pays.

Le ministère des Affaires étrangères a annoncé lundi 21 juillet 2008 que le premier ministre russe Vladimir Poutine participera à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin, qui se tiendront du 8 au 24 août 2008.

lundi 21 juillet 2008

Hugo Chavez rencontrera Juan Carlos cette semaine




Le roi d'Espagne et le président du Venezuela devraient se rencontrer la semaine prochaine pour la première fois depuis que Juan Carlos a publiquement demandé à Hugo Chavez de "se taire" lors d'un sommet international en novembre, a annoncé vendredi le gouvernement espagnol.

Selon un porte-parole du gouvernement, Hugo Chavez se rendra sur l'île de Majorque le 25 juillet, où il assistera à un petit déjeuner de travail avec le souverain espagnol.

Le chef d'Etat vénézuélien ira ensuite à Madrid où il s'entretiendra avec Premier ministre Jose Luis Rodriguez Zapatero de problèmes politiques et économiques.

Le climat était tendu entre Caracas et Madrid depuis novembre après que le roi d'Espagne ait demandé au président Chavez de "se taire", pendant un sommet au Chili. Le chef d'Etat vénézuélien avait auparavant énervé le monarque en traitant l'ex-Premier ministre espagnol, Jose Maria Aznar, de fasciste

Chavez pourrait acheter des armes à Moscou


Le président vénézuélien Hugo Chavez pourrait signer plusieurs contrats d'armements en Russie où il se rend mardi, notamment pour l'achat de systèmes de missiles sol-air TOR-M1 et de sous-marins, selon une source militaro-industrielle russe citée samedi par l'agence Interfax.

«Lors de cette visite, de nouveaux contrats sont susceptibles d'être signés pour la livraison d'armements et de technique militaire russes à Caracas», a déclaré cette source au sein du complexe militaro-industriel russe.

«Sur un certain nombre de contrats militaires, toutes les questions sont déjà réglées, ils peuvent donc être signés», a-t-elle ajouté.

Selon cette source, le Venezuela envisage d'acheter jusqu'à 20 systèmes de missiles sol-air Tor-M1 russes et trois sous-marins à propulsion mixte diesel et électrique de classe «Varchavianka» pour un total d'un milliard de dollars.

A l'avenir, Caracas prévoit aussi l'acquisition de six sous-marins à propulsion classique et quelques dizaines de bâtiments de surface de différentes catégories, a poursuivi cette source.

La Russie lui propose des vedettes de patrouille, des aéroglisseurs pour le débarquement de troupes ainsi que des systèmes de missiles côtiers d'une portée de sept à 130 km.

«Il est aussi prévu de signer des contrats pour l'installation au Venezuela de centres techniques destinés à l'entretien des armements acquis», poursuit la source citée.

Le Venezuela discute également de l'acquisition de jusqu'à 20 avions de patrouille sur la base d'Iliouchine Il-114. Il a commandé par ailleurs des hélicoptères de combat de dernière génération Mi-28N, dont la livraison ne commencera pas toutefois avant le second semestre 2009.

Toujours selon cette source, Caracas pourrait dépenser plus de 30 milliards de dollars d'ici 2012 pour la modernisation de ses armées.

Le Venezuela est déjà un important client militaire de la Russie, à laquelle il a acheté pour 3,5 milliards de dollars d'équipements - dont 24 avions de chasse Soukhoï, 50 hélicoptères et 100 000 fusils d'assaut Kalachnikov -une coopération très mal vue par les Etats-Unis.

M. Chavez, nouveau chef de file de la gauche radicale en Amérique latine, se rend régulièrement en Russie où il aime à pourfendre «l'impérialisme» américain et saluer le «retour» de la puissance russe. Ses dernières visites à Moscou remontent à juin 2007 et juillet 2006.

Chavez demande à Washington et à l'UE de "respecter" l'Amérique latine




Hugo Chavez a un message à destination des futurs dirigeants américains et européens: traitez l'Amérique latine avec respect.

Le président vénézuélien a estimé samedi que Washington et l'Union européenne "doivent respecter la souveraineté des populations d'Amérique latine".

Hugo Chavez a également précisé que les nouvelles règles contestées de l'UE contre l'immigration clandestine constitueraient l'un des thèmes centraux d'une tournée qu'il doit effectuer en Europe, brandissant à nouveau la menace d'expulser du Vénézuela des investisseurs des pays qui appliquent ces dispositions.

Il a fait ces déclarations lors de la célébration du 29e anniversaire de la révolution sandiniste au Nicaragua. Festivités auxquelles ont participé ses homologues du Nicaragua Daniel Ortega, du Honduras Manuel Zelaya et le président élu du Paraguay Fernando Lugo.

vendredi 18 juillet 2008

Chavez appelle en Équateur à l’unité latino-américaine


Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a appelé à l’union des nations latino-américaines pour construire la grande patrie, peu de temps après son arrivée dans cette ville dans l’ouest de l’Équateur,

Le président vénézuélien part en tournée en Amérique latine et en Europe




Le président vénézuélien Hugo Chavez entame vendredi une tournée qui le mènera en Bolivie et au Nicaragua, puis en Espagne, Russie, Biélorussie et au Portugal, a annoncé jeudi le ministre des Affaires étrangères Nicolas Maduro.

Dans une déclaration à l'agence officielle ABN, le ministre précise qu'il s'agit de resserrer les liens, de rechercher de nouvelles opportunités commerciales et aussi de "neutraliser les forces négatives des élites impérialistes".

Le président Chavez commencera son périple par une rencontre à trois en Bolivie, avec ses homologues bolivien Evo Morales et brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. Puis il se rendra samedi au Nicaragua pour participer à la commémoration des 29 ans de la révolution sandiniste avant de s'envoler pour l'Europe, où il sera du 20 au 23 juillet.

Le président vénézuélien avait annoncé la semaine dernière qu'il se rendrait en Russie pour évaluer de nouveaux achats d'armement, y compris des chars.

Quito et Caracas vont construire la plus grande raffinerie d'Amérique du Sud



L'Equateur et le Venezuela vont conjointement construire la plus grande raffinerie de pétrole sur le Pacifique en Amérique du Sud, a annoncé à El Aromo (province de Manabi, Pacifique) le président du Venezuela Hugo Chavez.

"Ce projet permettra au pétrole brut du Venezuela d'être transformé dans la région et non plus aux Etats-Unis", a ajouté le dirigeant socialiste

"Au lieu d'avoir des raffineries aux Etats-Unis, nous avons décidé de les avoir içi dans notre environnement géopolitique", a indiqué M. Chavez lors d'une cérémonie d'inauguration du complexe pétro-chimique d'El Aromo en compagnie de ses homologues d'Equateur Rafael Correa et du Nicaragua Daniel Ortega.

Le projet qui devrait être prêt en 2013, permettra de raffiner 300.000 b/j, a précisé le président Correa.

Un investissement de de 6,6 milliards de dollars est prévu pour construire la raffinerie qui sera dirigée par une société mixte composée de l'entreprise nationale vénézuélienne PDVSA qui détiendra 49% des parts et de Petroecuador qui sera majoritaire avec 51%.

Le Venezuela exporte actuellement 2,79 millions de barils par jour.

Sous l'effet des cours internationaux, les recettes pétrolières du Venezuela, premier exportateur latino-américain ont explosé pour atteindre 75 milliards de dollars cette année contre près de 44 milliards l'an dernier.

L'Equateur est le cinquième producteur sud-américain avec un peu plus de 500.000 barils de brut par jour.

Une Croix sur les conventions


Nouvelle polémique autour de la libération d'Ingrid Betancourt. Après les rumeurs de rançon parues dans la presse helvétique, c'est l'armée colombienne qui se retrouve dans le collimateur. Le commando spécial chargé de l'opération de libération a en effet utilisé l'emblème de la Croix rouge ce qui, au regard de la Convention de Genève, constitue un délit. Alvaro Uribe a dû s'excuser.

On ne badine pas avec les conventions internationales. Et surtout pas celles de Genève qui régissent la protection des personnes en cas de conflit armé, notamment les soldats, les blessés et prisonniers, mais aussi les civils et leurs biens. C'est pourtant ce qu'a fait l'armée colombienne lors de l'opération de libération de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt et de 14 autres otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Le 2 juillet dernier, l'un des officiers colombiens participant à l'opération arborait en effet l'emblème du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) sur le bras. La vidéo de l'opération militaire en a apporté la preuve.

Les autorités colombiennes ont reconnu mercredi que l'un des militaires portait ce sigle distinctif en violation des conventions internationales. Le président Uribe, visiblement gêné, a tenu une conférence de presse pour s'excuser. "Je demande pardon au Comité international de la Croix-Rouge mais par respect pour nos forces armées, je demande que le nom de l'officier qui a commis cette erreur ne soit pas communiqué", a déclaré Alvaro Uribe pour qui le militaire, "nerveux et contrairement aux ordres donnés" n'a pas voulu "se substituer aux organisations humanitaires". Une volte-face du maître de Bogota qui avait démenti, juste après la libération, l'utilisation d'un sigle du CICR. La vidéo de l'opération est venue affirmer le contraire et a plongé une nouvelle fois Uribe dans l'embarras.

"La confiance, c'est notre seule protection"
Un embarras qui pourrait également rejaillir sur l'organisation internationale qui pourrait dorénavant être suspectée de partialité lors d'intervention en zone de conflit ou ses membres pris pour cibles, le doute pesant désormais sur leur qualité. L'usage de l'insigne de la Croix-Rouge durant une opération militaire est en effet interdit par la Convention de Genève, afin de protéger la crédibilité de l'organisation en tant qu'acteur neutre dans les conflits armés, et de protéger ainsi ses personnels médicaux présents sur les champs de bataille. Le porte-parole de la Croix-Rouge, Florian Westphal, a néanmoins déclaré depuis Genève que l'organisation acceptait les excuses de la Colombie.

Interrogé par le quotidien helvétique Le Temps, Florian Westphal estime qu'"il est important que le président colombien ait clarifié la situation car il y avait beaucoup de rumeurs. Nous avions entendu parler d'une possible utilisation de notre emblème, or nous n'étions pas du tout impliqués dans cette opération de libération d'otages", a déclaré le porte-parole de l'organisation qui souligne l'importance de la neutralité du CICR, seul gage de confiance. "En Colombie ou ailleurs, il est primordial que le symbole du CICR soit connu et respecté car il sert à protéger le personnel humanitaire qui apporte une assistance aux victimes de conflits. Il est important que les gens puissent distinguer le CICR des autres ONG car nous insistons plus que d'autres sur l'indépendance et la neutralité. Nous dépendons totalement de la confiance que les gens nous portent, c'est notre seule protection; nous ne portons pas d'armes."

Ce n'est sans doute pas la première fois qu'un groupe armée ou rebelle utilise le sigle de la Croix-Rouge pour mener des opérations militaires même si Florian Westphal indique que jusqu'ici il s'est surtout agi de "rumeurs difficiles à vérifier". Y'a-t-il eu délit, crime de guerre ? Selon le procureur général de Nation, Mario Iguaran, le "délit de perfidie" ne peut s'appliquer en l'espèce. "L'objectif de l'opération militaire était de libérer des otages et non d'attaquer ou de nuire à l'adversaire", a déclaré Mario Iguaran sur la chaîne de télévision Caracol.

jeudi 17 juillet 2008

Hugo Chavez juge improbable un réchauffement des relations avec Washington en cas de victoire de Barack Obama

Le président du Venezuela Hugo Chavez juge improbable un réchauffement des relations avec Washington en cas de victoire du démocrate Barack Obama à la présidentielle américaine du 3 novembre prochain.

S'exprimant mercredi devant un rassemblement de ses partisans, Chavez a estimé qu'Obama aussi bien que son rival républicain John McCain représentent tous deux les intérêts de "l'empire" américain.

Pour le président vénézuélien, Obama ne doit pas s'attendre à ce que la diplomatie "du carotte et du bâton" ne permettra pas aux Etats-Unis d'exercer leur influence en Amérique latine.

S'adressant directement au sénateur de l'Illinois, Hugo Chavez a déclaré: "Une révolution a été lancée sur cette terre"

lundi 14 juillet 2008

Un gazoduc entre la République dominicaine et Haïti


Dans la foulée de l'escalade des prix du pétrole et des céréales, les chefs d'Etat et dignitaires des pays de la Caraïbe et de l'Amérique latine se sont réunis dimanche dans la capitale vénézuélienne pour participer au cinquième Sommet Petrocaribe. "Examiner le panorama énergétique de la région et rechercher des formules effectives pour assurer la stabilité et la sécurité énergétiques", tel est l'objectif visé par les organisateurs de ce sommet à l'heure de la flambée des prix du brut sur le marché mondial.

Fortement concernée par la crise énergétique, Haïti a marqué sa présence à cette assise extraordinaire par le biais du président René Préval qui a laissé Port-au-Prince, sans tambour ni trompette, samedi dernier, pour se rendre à Maracaïbo.

Plus de deux ans après l'intégration officielle d'Haïti à ce programme, beaucoup de gens commencent à se montrer sceptiques quant aux capacités du Petrocaribe d'aider la Caraïbe et particulièrement Haïti à faire face au problème de la stabilité et de la sécurité énergétiques.

Dans le cadre de ce programme, il est prévu la construction d'un gazoduc terrestre de 300 kilomètres en tuyau de 10 pouces pour transporter le gaz naturel liquide de la République Dominicaine vers Haïti sous l'impulsion du Venezuela à travers le Petrocaribe. C'est ce qui a été convenu lors de la IV réunion ministérielle d'accord régional. Cela ouvre la possibilité pour que la République dominicaine de se convertir en un centre multiple de distribution de gaz naturel pour les grandes Antilles.

La République dominicaine devra mettre en branle une équipe technique compétente avec les facilités techniques et les structures qu'il faut pour l'importation et la régularisation du gaz naturel qui doit se faire simultanément avec la construction du gazoduc.

Le projet embrasse non seulement le gaz naturel liquide mais aussi le gaz naturel compressé. La construction de ce gazoduc devra commencer à partir de l'année prochaine et s'étendra sur deux à trois ans.

Les organisateurs de ce sommet ont annoncé tout un train de mesures pour aider les petits pays face à l'envolée du prix du pétrole. Parmi ces mesures, il convient de signaler l'assouplissement de la tarification pour 16 pays concernés par le programme.

En effet, le président vénézuélien Hugo Chavez a proposé que les membres de Petrocaribe paient 40% de leur facture pétrolière dans les 90 jours suivant la livraison et les 60% restants dans un délai de 25 ans avec un taux d'intérêt de 1%, si le prix du baril dépasse les 100 dollars. Des conditions qu'Haïti bénéficie déjà.

Jusqu'à présent, le mécanisme prévoit le paiement de 50% de la facture à 90 jours et le financement des 50% restants à 25 ans avec un taux d'intérêt de 1% et deux ans d'exemption.
Dans le cas où le prix du baril dépasserait les 200 dollars, les pays de Petrocaribe paieraient au Venezuela 30% de la facture à 90 jours et le solde serait financé à long terme, a ajouté M. Chavez. "Cela pourra compenser la hausse horrible des prix du pétrole", a-t-il dit.

Petrocaribe, créé en 2005 à l'initiative du Venezuela, vend quelque 200.000 barils par jour de brut et de dérivés à Cuba, République dominicaine, Belize, Jamaïque, Surinam, la Guyane, Grenade, Bahamas, Dominique, Saint-Vincent et Grenadines, Saint Kitts and Nevis, Antigua et Barbade, Nicaragua, Honduras et Haïti.
Le cinquième sommet a vu l'intégration du Guatemala alors que le Costa Rica était invité comme observateur.

Petrocaribe: Caracas assouplit la tarification du brut pour 16 pays



Le Venezuela a décidé d'assouplir immédiatement le mode de tarification du brut qu'il vend à 16 pays des Caraïbes et d'Amérique centrale, et ce afin de limiter la hausse des cours, a-t-il annoncé dimanche lors du cinquième sommet de Petrocaribe à Maracaibo

Le président vénézuélien Hugo Chavez a proposé que les membres de Petrocaribe paient 40% de leur facture pétrolière dans les 90 jours suivant leur livraison et les 60% restants dans un délai de 25 ans avec un taux d'intérêt de 1%, si le prix du baril dépasse les 100 dollars.

Jusqu'à présent, le mécanisme prévoyait le paiement de 50% de la facture à 90 jours et le financement des 50% restants à 25 ans avec un taux d'intérêt de 1% et deux ans d'exemption.

Dans le cas où le prix du baril dépasserait les 200 dollars, les pays de Petrocaribe paieraient au Venezuela 30% de la facture à 90 jours et le solde serait financé à long terme, a ajouté M. Chavez.

"Cela pourra compenser la hausse horrible des prix du pétrole", a-t-il dit.

Petrocaribe, créé en 2005 à l'initiative du Venezuela, vend quelque 200.000 barils par jour de brut et de dérivés à Cuba, la République dominicaine, le Belize, la Jamaïque, le Surinam, la Guyane, Grenade, les Bahamas, l'île de la Dominique, Saint-Vincent et Grenadines, Saint Kitts and Nevis, Antigua-et-Barbade, le Nicaragua, le Honduras et Haiti.

Le cinquième sommet a vu l'intégration du Guatemala alors que le Costa Rica était invité comme observateur.

vendredi 11 juillet 2008

Les Farc accusent de trahison les gardiens d'Ingrid Betancourt



Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont accusé de trahison les gardiens de leurs quinze otages qui ont retrouvé la liberté dont Ingrid Betancourt, selon un communiqué rendu public vendredi par l'état-major du mouvement rebelle.

"La fuite des 15 prisonniers de guerre, le mercredi 2 juillet, a été la conséquence directe de la conduite méprisable de 'Cesar' et d''Enrique' qui ont trahi leur engagement révolutionnaire et la confiance qui leur a été accordée", affirme le communiqué des Farc daté du 5 juillet et rendu public sur le site internet de l'Agence bolivarienne de presse (proche de la guérilla).

Gerardo Aguilar, alias "Cesar", et Alexander Farfan, alias "Enrique", étaient les deux principaux responsables des Farc chargés de surveiller les otages.

Ils ont été fait prisonniers lors d'une opération militaire héliportée colombienne et doivent être prochainement extradés aux Etats-Unis.

"Indépendamment de cet épisode, inhérent à toute confrontation politique et militaire qui connaît des victoire et des échecs, notre politique pour parvenir à des accords humanitaires est toujours en vigueur. En poursuivant la libération par des voies militaires comme unique moyen, le gouvernement devra assumer les conséquences de cette téméraire et aventureuse décision", déclare le communiqué des Farc.

La franco-colombienne Ingrid Betancourt, trois Américains et onze militaires colombiens ont retrouvé la liberté le 2 juillet lors d'une opération héliportée d'un commando de l'armée colombienne.

Il s'agit de la première réaction de la guérilla depuis la libération des 15 otages.

Dégel diplomatique entre Chavez et Uribe après la crise liée aux otages des Farc


Des accords de coopération économique et commerciale vont, après des mois de gel lié au dossier des otages des Farc, sceller la normalisation des relations entre Bogota et Caracas avec la réunion vendredi du président Alvaro Uribe et de son homologue Hugo Chavez.

"Ce sera une réunion franche car ce que j'éprouve du fond de mon âme pour la Colombie est affection, amour et engagement fraternel (...) Nous sommes confrontés à la nécessité de reprendre notre chemin, de réactiver les relations mais tout cela dépend de beaucoup de choses", a déclaré M. Chavez quelques minutes avant d'acccueillir Alvaro Uribe pour la première fois depuis la fin 2007 et des mois d'échanges verbaux acerbes.

En mars au plus fort de la crise, Chavez avait même envoyé des troupes sur leur frontière commune. Aussi cette réunion signifie-t-elle surtout, "le rétablissement d'un dialogue constructif et respectueux" ainsi que l'a formulé mercredi le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolas Maduro en parlant de "retrouvailles politiques".

"Cette réunion représente toute l'intention de rapprochement, de coopération, de paix et d'intégration de l'Amérique latine", a également estimé M. Chavez vendredi.

Peu après, M. Uribe est arrivé et les deux hommes ont échangé une poignée de mains, devant les caméras.

Cette rencontre est aussi l'occasion de discuter de quatre accords de type économique et commerciale, a déclaré le ministre colombien du Commerce, de l'Industrie et du Tourisme Luis Guillermo Plata, jeudi soir à Bogota.

Le Venezuela et la Colombie ont traversé plusieurs mois d'une profonde crise politique après que M. Uribe eut relevé fin 2007 M. Chavez du rôle de médiateur qu'il lui avait confié quelques mois auparavant pour oeuvrer auprès des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc - marxiste) à la libération de dizaines otages dits "politiques".

Malgré cela, la guérilla avait remis unilatéralement et sans conditions, six otages à Hugo Chavez entre janvier et février, accentuant davantage encore la tension entre les deux voisins.

La crise avait atteint son paroxysme le 1er mars après une incursion de l'armée colombienne en territoire équatorien contre un camp des Farc où le numéro deux de la guérilla, Raul Reyes, avait été tué.

M. Chavez, allié le plus proche de l'Equateur, avait alors envoyé des soldats sur sa frontière avec la Colombie et rappelé son ambassadeur à Bogota.

Aussi, vendredi, dix jours après la libération de 15 otages des Farc, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, cartes maîtresses de la guérilla, c'est un Uribe renforcé qui se présente face à un Chavez en position de faiblesse, estiment cette semaine des analystes vénézuéliens.

Vendredi, dans un communiqué rendu public par l'Agence bolivarienne de presse, la guérilla a réagi pour la première fois à l'opération colombienne qui a permis cette libération.

"La fuite des 15 prisonniers de guerre, le mercredi 2 juillet, a été la conséquence directe de la conduite méprisable de "Cesare et "Enrique" qui ont trahi leur engagement révolutionnaire et la confiance qui leur a été accordée", affirment les Farc dans le document daté du 5 juillet.

Jeudi, Luis Eladio Pérez, ancien sénateur colombien, et compagnon de captivité de Betancourt, libéré par la guérilla en février, a appelé M. Uribe à considérer la possibilité de rétablir la médiation de Chavez pour obtenir la libération des autres otages encore aux mains des rebelles.

Après un entretien téléphonique avec Mme Betancourt mercredi sur la question des autres otages, M. Chavez a dit espérer contribuer "en coordination avec elle" à leur libération et à des négociations de paix avec les guérilleros.

"L'heure est venue pour la Colombie de parler non pas de guerre ou de mort, mais de vie et de paix", a-t-il estimé.

jeudi 10 juillet 2008

Betancourt: Le mari oublié...


L'image a choqué plus d'un téléspectateur. A la descente de l'avion qui la ramenait à la civilisation après plus de six ans de captivité aux mains des Farc dans la jungle colombienne, Ingrid Betancourt s'est montrée très distante avec son mari, Juan Carlos Lecompte. Digne, celui-ci a accepté de s'effacer. Une situation difficile qu'il évoque aujourd'hui.

Pas un mot. Depuis sa libération, Ingrid Betancourt a remercié beaucoup de monde. Ses enfants bien sûr, et leur père, Fabrice Delloye, sa mère, les comités de soutien en France et ailleurs, Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, Jacques Chirac, Bertrand Delanoë, ses compagnons d'infortune, Dieu... Mais pas son mari. Revenue de l'enfer, la Franco-Colombienne semble avoir oublié celui qui, à Bogota, en dépit de sa mésentente avec la famille Betancourt et notamment avec la mère, Yolanda Pulecio et la soeur Astrid, a entretenu la flamme de l'espoir, menant, souvent seul, ses actions pas toujours appréciées. Comme celle consistant à larguer au-dessus de la jungle des portraits de Mélanie et Lorenzo, les enfants d'Ingrid Betancourt...

Il était pourtant le premier arrivé sur la base militaire de Catam mercredi dernier, sitôt la libération de son épouse confirmée. Mais à sa descente de l'avion, Ingrid Betancourt après s'être jeté dans les bras de sa mère, s'est montrée très distante avec lui. A peine un geste tendre avant qu'il ne soit relégué au second plan. L'image a étonné, voire choqué. Quelques heures plus tard, l'ex-otage, qui avait retrouvé ses enfants, sa soeur et son premier mari, Fabrice Delloye, s'envolait vers Paris. Juan Carlos Lecompte n'était pas du voyage. Après six ans et demi d'attente et d'angoisse, le mari n'aura été en contact avec son épouse que pendant moins de 48 heures...

Dans une interview accordée au quotidien colombien El tiempo, Juan Carlos Lecompte masque mal son amertume. S'il n'a pas fait le voyage à Paris, c'est, affirme-t-il, d'un commun accord avec Ingrid Betancourt qui souhaitait être seule avec ses enfants. "Je savais qu'elle allait me demander du temps seule avec ses enfants. Je lui ai répondu que je m'étais intérieurement préparé à cela pendant toutes ces années. Elle a beaucoup souffert et maintenant qu'elle est libre il ne faut pas l'embêter, et j'ai été parfaitement d'accord", explique-t-il.

Bonne figure

Pour faire bonne figure, il assure que "voir Ingrid heureuse (l)e rend heureux". "Mais, ajoute-t-il aussitôt, le bonheur n'est pas complet parce qu'en ce moment j'aimerais être avec elle (...) je suis troublé, je ne sais pas quoi penser". Pas question pour Juan Carlos Lecompte de condamner l'attitude de son épouse avec qui, rappelle-t-il, il a vécu pendant trois ans avant qu'elle ne soit enlevée. Son épouse qui, confie-t-il, avait un cadeau pour lui, un bracelet... Drapé dans une posture digne, Lecompte accepte, non sans résignation, ce qui pourrait être interprété comme de l'ingratitude. Il accepte de rester dans l'ombre, de passer derrière Mélanie et Lorenzo, derrière Yolanda et Astrid et même derrière Fabrice Delloye, "le père de ses enfants"...

"Bien sûr, poursuit-il, j'aurais préféré qu'elle soit un peu plus affectueuse avec moi, pas si froide, mais une captivité est une chose très compliquée, et il ne faut pas calculer l'amour de cette manière", se persuade-t-il. Mais, alors qu'il dénonce les calomnies qui ont circulé sur compte concernant de prétendues liaisons qui ont pu arriver jusqu'aux oreilles d'Ingrid Betancourt au fond de la jungle, il reconnaît que son histoire d'amour avec la Franco-Colombienne est peut-être terminée. "Je ne dois pas exclure que tout soit terminé avec Ingrid. Ça se peut. Je le pense maintenant, mais je le pensais déjà avant. Son amour pour moi pourrait avoir pris fin dans la jungle. (...) Que puis-je faire? (...) il faut laisser du temps aux choses. Je l'ai déjà attendue six ans et demi".

La "conscience tranquille", Juan Carlos Lecompte entend maintenant "refaire sa vie" et travailler dans ce qu'il aime faire, la publicité, sans pour autant abandonner le combat pour les autres otages, ceux qui sont toujours séquestrés par les Farc. Un combat qu'il espère mener au côté d'Ingrid Betancourt...

mercredi 9 juillet 2008

Les sénateurs debout pour saluer Ingrid Betancourt


Avec le Président Poncelet

Otages: Betancourt :" Chavez détient une clé"



L'ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt s'est dite prête lundi à Paris à jouer un rôle d'émissaire entre les présidents rivaux colombien Alvaro Uribe et vénézuélien Hugo Chavez pour tenter de régler la crise des otages en Colombie.

"J'espère que je peux aider, que je peux faire quelque chose pour rétablir l'amitié, la confiance" entre MM. Chavez et Uribe, a déclaré Ingrid Betancourt lors d'une heure d'émission spéciale en espagnol et en français qui lui était consacrée sur Radio France Internationale (RFI).

Ingrid Betancourt, en pull léger beige et pantalon blanc, pull jaune sur les épaules, s'est adressée en espagnol aux otages qui écoutent l'émission dans la jungle, témoignant une nouvelle fois de sa volonté de se battre pour ceux qui vivent "avec la mort constamment à leur côté".

"Je veux être un soldat de cette cause" "Je ne sais pas comment le faire parce que Chavez détient une clef que personne d'autre ne possède. Les Farc l'écoutent. Chavez est un allié pour nous", a-t-elle poursuivi, ajoutant: "Chavez, je l'adore".

Elle a également dit vouloir rencontrer le président équatorien Rafael Correa, qui s'est investi dans le dossier des otages.

L'ex-otage de la guérilla marxiste des Farc, libérée mercredi par l'armée a de nouveau appelé toute la Colombie à participer à une grande marche pour les otages le 20 juillet à Bogota, jour de célébration de l'indépendance en Colombie, et tous les pays d'Amérique latine à poursuivre leur mobilisation.

Elle a réaffirmé qu'elle ne sera pas à la marche, évoquant même la possibilité de ne pas être en Colombie à cette date. Mme Betancourt est rentrée vendredi à Paris après plus de six ans de captivité.

Sur ses conditions de détention, elle a répété que pour elle, le commandant "Gafas" qui la détenait n'avait pas été acheté mais qu'à "plus haut niveau", il y a "certainement quelqu'un qui a reçu de l'argent".

L'émotion l'a une nouvelle fois envahie lors de la rediffusion par RFI du premier message radio sur cette antenne de son fils Lorenzo, fin 2007. "Je me déteste lorsque je pleure mais je n'arrête pas de pleurer", a-t-elle dit.

lundi 7 juillet 2008

Ingrid Betancourt appelle Uribe à "changer de vocabulaire"


Ingrid Betancourt estime que le président colombien Alvaro Uribe devrait "changer de vocabulaire" afin d'engager un dialogue avec les Farc pour obtenir la libération des otages toujours aux mains de la guérilla marxiste.

Tout en reconnaissant l'adresse du chef de l'Etat colombien, qui a selon elle "beaucoup de ficelles dans sa politique de sécurité", la sénatrice franco-colombienne a jugé sur Radio France internationale qu'Uribe devait aussi "rectifier" son discours vis-à-vis des Farc.

"Le président Uribe, non seulement le président Uribe mais la Colombie entière, doit aussi rectifier certaines choses", a-t-elle déclaré.

"Je pense qu'on est arrivé au moment où il faut changer ce vocabulaire radical, extrémiste, de haine, de mots très forts qui blessent intimement l'être humain", a déclaré sur RFI l'ex-otage pour qui il faut donner "à l'autre l'espace de respect et de tolérance pour qu'il garde la face et pour qu'il puisse à moment donné accepter de parler avec celui qu'il haït".

Uribe, qui a adopté depuis son entrée en fonctions une politique de fermeté à l'égard des Farc, a fait de "très bonnes choses pour la Colombie", a souligné Ingrid Betancourt dans un entretien sur la chaîne de télévision France 24, tout en assumant ses divergences politiques avec le président colombien.

"Nous ne sommes pas du même bord", a-t-elle expliqué.Priée de dire si elle avait l'intention de rentrer en Colombie pour participer à nouveau à la politique de son pays, la sénatrice, qui était candidate à l'élection présidentielle pour son propre parti lorsqu'elle a été enlevée en 2002, a déclaré sur RFI qu'il était encore prématuré de répondre à cette question.

Sur l'antenne de la radio qui avait diffusé des messages de ses enfants au cours de sa captivité, elle a adressé un message aux otages toujours aux mains de la guérilla colombienne.

"Je veux être un soldat de cette cause", a-t-elle expliqué, indiquant qu'une marche serait organisée le 20 juillet en Colombie pour demander la libération des otages. Elle n'y participera pas car sa famille craint pour sa sécurité et parce que les Farc "pourraient avoir envie de se venger".

La sénatrice a par ailleurs plaidé pour une implication du président vénézuélien Hugo Chavez, qu'elle trouve "génial", dans les négociations pour tenter de faire libérer les otages, soulignant qu'il est le seul à être écouté par les Farc.

dimanche 6 juillet 2008

Juan Manuel Santos : «Aucune rançon n'a été payée»


Comment a été élaboré le scénario de libération des otages des Farc ?
Juan Manuel SANTOS. Nous collectons depuis longtemps des informations sur tous les prisonniers. Nous les avons suivis depuis de nombreux mois, nous savons où ils se trouvent, quand et comment ils se déplacent. Nos troupes ont vu les captifs américains se baigner dans un fleuve en mars. Nous attendions un plan sûr pour intervenir. Concrètement, l'opération de mercredi a été préparée par des responsables du renseignement militaire. Quand ils nous ont présenté leur plan, nous l'avons trouvé très audacieux, voire trop. Mais ils nous ont convaincus de sa faisabilité. J'ai présenté le plan au président Uribe, qui n'a eu qu'une exigence : les otages devaient courir le minimum de risque. Le projet prévoyait qu'il n'y aurait aucun combat entre militaires colombiens et guérilleros. En effet, si ces derniers avaient détecté le piège avant que nous atterrissions sur le site, ils se seraient échappés, comme cela s'est passé lors d'opérations similaires. Nous avions donc la garantie que les otages ne courraient aucun risque.

Pourquoi utiliser deux hélicoptères, au risque d'inquiéter la guérilla ?
Cela fait partie de la subtilité du plan. La guérilla ne pouvait pas imaginer une opération militaire parce que, justement, nous utilisions des hélicoptères, ce que l'armée ne fait jamais pour une telle opération. C'est apparu non comme une opération de libération mais comme un déplacement des otages demandé par Alfonso Cano (le nouveau chef des Farc). Nous avons profité du changement de direction des Farc, des informations diffusées par les médias expliquant que Cano serait plus ouvert à un échange. Cela a rendu crédible l'opération pour les guérilleros.

Un membre des services secrets aurait téléphoné à Cesar, le chef du groupe de preneurs d'otages, en imitant la voix de Cano…
Non. Les instructions qu'a reçues Cesar devaient venir de Mono Jojoy (un chef des Farc qui avait la responsabilité des otages dits «politiques »). Cesar a cru à l'opération parce que, sur les radios, on évoquait des discussions sur un échange humanitaire. Nous avons utilisé la dégradation des communications au sein des Farc pour les faire tomber dans le piège.

Les émissaires français et suisses qui prenaient au même moment contact avec les Farc ont-ils été utilisés pour faire diversion ?
Non. C'était une heureuse coïncidence que la mission franco-suisse arrive le jeudi précédent et que nous les autorisions à entrer en contact avec les Farc. Cela a permis que les membres des Farc qui retenaient les otages ne s'étonnent pas de l'opération que nous avions montée.

Y avait-il des Israéliens ou des Américains dans les hélicoptères de l'opération ?

Non. L'opération était à 100 % colombienne, pensée par les Colombiens et exécutée par les Colombiens. Les États-Unis ont seulement donné des renseignements qui ont permis l'opération et fourni des équipements installés dans les hélicoptères permettant de donner l'alerte en cas de problème. Il n'y a pas eu d'aide d'Israël.

Qui était informé avant l'opération ?

Le président George W. Bush a été informé le jour qui a précédé l'opération, et le candidat républicain John McCain aussi, parce qu'il était en visite à Bogota la veille de l'opération.

Y a-t-il eu paiement d'une rançon ?

Il n'y a eu aucun versement de rançon à qui que ce fût cette fois. Rien n'a été payé et rien ne sera payé. Nous avons mis à profit les rivalités, les haines entre les membres des Farc. C'est comme cela que certains membres de la guérilla nous ont «aidés ».

Ce succès annonce-t-il la fin des Farc ?

Ce que nous espérons, c'est que les Farc entendent enfin raison. S'ils ne négocient pas maintenant la paix de bonne foi, demain il n'y aura plus de sujet. Nous ne permettrons pas une négociation qui leur permettrait de reprendre de l'oxygène. S'ils veulent négocier, nous sommes prêts, sinon, la pression militaire se renforcera.

L'ONU dit que les surfaces cultivées de coca augmentent en Colombie. Est-ce un échec du plan «Colombie » de lutte contre le trafic de cocaïne ?

Non, c'est tout le contraire. Le fait qu'une agence de l'ONU dise que les surfaces de coca ont augmenté ne veut pas dire que le plan «Colombie » a échoué. Les méthodes de l'agence pour comptabiliser les surfaces cultivées en feuilles de coca ne sont pas forcément totalement fiables. D'autres agences arrivent à des résultats un peu différents.

La prochaine élection présidentielle va-t-elle opposer Ingrid Betancourt à vous-mêmes ?

(Rire) Non, je suis totalement au service de celui qui m'a nommé ministre. Je n'ai pour l'instant aucune aspiration présidentielle. Si le président Alvaro Uribe se représente, il aura mon appui total. Sinon, il sera temps de penser à ce que je vais faire. Pour l'instant, j'ai d'autres occupations importantes

Bogotá a réinventé le cheval de Troie


L'armée de Bogotá a réalisé, en libérant Ingrid Betancourt le 2 juillet, un exploit qui restera dans les annales militaires.

Oliver Stone en rêvait, l'armée colombienne l'a fait. Le réalisateur de Platoon était l'an dernier à Caracas, lors d'une libération ratée d'otages des Farc, sur l'invitation du président vénézuélien, Hugo Chavez. Il voulait filmer l'opération. Mais c'est finalement le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos (1), qui a réalisé le scénario à grand spectacle de l'opération «Jaque» («échec et mat» en français), cet époustouflant remake sud-américain du Cheval de Troie.

Mercredi 2 juillet, quelque part dans la jungle amazonienne, un hélicoptère peint en rouge et blanc atterrit dans une clairière. Il ressemble à un appareil d'une organisation de secours internationale. Il ne lui manque qu'une croix rouge. Les membres de l'organisation non gouvernementale (ONG) qui descendent de l'hélicoptère forment une curieuse bande. Le chef est un humanitaire italien, son assistant, un Australien. Leurs compagnons ont l'un un accent arabe, l'autre celui des Caraïbes. Ils sont vêtus de vestes blanches avec un pigeon orange sur le côté et l'inscription «Mission humanitaire» dans le dos. Un membre de l'équipe porte même un tee-shirt à l'effigie de Che Guevara. Chaque participant a autour du cou la carte d'accréditation d'une «brigade de mobilisation» fictive avec son nom et sa nationalité présumés. Un journaliste et un cameraman d'une télé tropicale les accompagnent.

Certains otages sont furieux. Ils ont les poignets liés par des menottes en plastique. «J'aime ma famille» lance l'Américain Keith Stansell. «Je suis un militaire de la glorieuse armée colombienne», atteste l'un de ses compagnons d'infortune. Gerardo Aguilar, alias Cesar, chef des geôliers et patron du Front 1 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), et son acolyte Enrique Gafas se taisent. Ils ne se doutent visiblement de rien. La petite troupe de prisonniers traîne les pieds pour monter à bord. Elle a peur. L'opération prend du retard. Son timing est de sept minutes, elle va en durer quinze de plus. Enfin, les moteurs vrombissent.

À l'extérieur de la carlingue, les hommes des Farc assistent en rang d'oignons au décollage. Les deux chefs de la guérilla montés à bord sont maîtrisés grâce des prises d'arts martiaux. Cesar est empêché par trois «brigadistes» de s'emparer de son arme. Il est essentiel qu'aucune balle ne transperce une paroi. Les otages pleurent de joie. Ingrid Betancourt et William Perez, le petit caporal qui l'a sauvée lorsqu'elle était au plus mal, s'étreignent. Le cauchemar est fini. Il a duré des années pour les quinze otages. Cela vaut bien les coups de pied au visage administrés par les victimes à Cesar le tortionnaire.

L'exploit du commando des services spéciaux colombiens repose sur un coup de génie : le montage d'une fausse opération humanitaire. Il s'agit de faire croire aux geôliers que des facilitateurs internationaux proches de la guérilla doivent transférer les prisonniers de la forêt tropicale de la province de Guaviare, dans le sud amazonien, jusqu'au refuge d'Alfonso Cano, le nouveau chef des Farc.


L'émissaire français hors jeu

Proposé voici plusieurs mois, le plan est accepté par le président Alvaro Uribe le 30 mai. L'état-major est convaincu que son audace est le gage de sa réussite. Une sorte de studio de cinéma est monté pour entraîner des membres du commando des services spéciaux dans des conditions proches de la réalité. Les soldats d'élite préparent «le film de leur vie» selon l'expression d'un militaire. De vrais professeurs leur donnent des cours de théâtre et de sports de combat. Chacun son rôle.

Avec le bobard de la «commission internationale», les concepteurs du projet comptent exploiter la surmédiatisation de l'affaire et la multiplication des émissaires pour enfumer les Farc. Deux précédents servent d'exemple. En février, quatre otages, dont la sénatrice Consuelo Gonzalez et Clara Rojas, la conseillère d'Ingrid Betancourt, ont été libérés dans la même zone. Puis, le mois suivant, des membres du Congrès colombien sont sortis de leur cage dans des circonstances analogues. Le ministre de la Défense du Venezuela, Gustavo Rangel, et la sénatrice Piedad Cordoba les ont exfiltrés devant les caméras de Telesur, la télévision du président Chavez. Les forces de sécurité entendent aussi rendre à la guérilla la monnaie de sa pièce. Les Farc avaient en effet kidnappé en avril 2002 près de Cali douze membres du Congrès en se déguisant en policiers.

La phase finale commence par un leurre, lundi, avec la reprise de contacts directs entre des émissaires français et suisse et les Farc. L'ex-consul de France à Bogotá, Noël Saez, et l'universitaire franco-suisse Jean-Pierre Gontard rencontrent un proche de Cano, membre du secrétariat général des Farc. Le gouvernement colombien facilite le rendez-vous et rend l'événement public pour mieux accréditer une effervescence autour des otages dans la jungle. En prenant bien soin de ne pas alerter les Français et les Suisses sur leurs réelles intentions. Les Colombiens se méfient particulièrement de Gontard, qu'ils soupçonnent d'avoir porté récemment une valise de 500 000 dollars au Costa Rica pour le compte de la guérilla. Quant à Noël Saez, il est hors jeu en raison des réticences affichées par Paris devant les projets d'intervention militaire. En dépit de son implication dans le dossier, l'émissaire français apprendra en même temps que le monde entier l'heureux dénouement, alors qu'il s'apprêtait à monter à bord du vol d'Air France Bogota-Paris.

Dans le Guaviare, les gardes-chiourme ont reçu l'ordre de rassembler les trois groupes d'otages vingt jours avant le coup de force. Les Colombiens, le groupe Betancourt et les trois Américains étaient jusque-là dispersés dans un diamètre de quatre-vingts kilomètres. La raison du regroupement est mystérieuse pour les combattants du front numéro 1 mais l'injonction vient d'en haut. De Mono Jojoy en personne, l'un des principaux chefs des Farc. Donnée par un canal crédible, elle ne souffre aucune contestation. De son côté, Cesar doit se sentir flatté. Le voici appelé, lui l'obscur gardien de prisonniers, aux côtés d'Alfonso Cano.

Désorganisées, les Farc ont subi des revers militaires qui ont mis du mou dans la chaîne de commandement. L'organisation marxiste a perdu au cours des derniers mois son chef historique, Manuel Marulanda, l'un de ses principaux adjoints, Ivan Rios, abattu par son garde du corps, et son responsable des relations internationales, Raul Reyes, l'homme chargé de monnayer les prisonniers de valeur. En cette période d'incertitude, les responsables des prisons des Farc ne savent plus quelle est la ligne d'un mouvement en quête d'une nouvelle stratégie. Le moment est venu de frapper fort. L'ambassadeur des États-Unis est prévenu. Le président George W. Bush donne son aval.


Rumeurs de rançon

À en croire l'armée, Cesar a été alerté par un messager qu'il pensait au-dessus de tout soupçon, mais le front numéro 1 ainsi que l'entourage de Mono Jojoy sont infiltrés par des combattants retournés. Le geôlier en chef a pour consigne de ne pas utiliser sa radio haute fréquence pour conserver la confidentialité du transfert.

D'ordinaire, les opérateurs radio des Farc établissent une liaison verbale puis transmettent des données cryptées via des ordinateurs portables. Du matériel de brouillage est donc prévu au cas où, pour empêcher une éventuelle tentative de communication. D'une grande valeur, le matériel aurait été prêté par les États-Unis, qui l'utilisent habituellement en Irak et en Afghanistan.

Des gadgets sont aussi livrés aux James Bond colombiens. Un appui aérien est fourni. Un avion de surveillance américain est en vol géostationnaire au-dessus de la zone pendant l'opération.

Bien sûr, cinq jours après les libérations, des zones d'ombre demeurent. Les Colombiens n'ont diffusé que trois des quatorze minutes de la vidéo tournée sur place. Des interrogations subsistent sur le volet financier du plan. Une rançon de 20 millions de dollars a-t-elle était remise à Cesar ?

L'hypothèse parait peu probable puisque l'armée promettait 100 millions de dollars pour la libération des otages étrangers. Elle n'aurait en théorie aucune raison de cacher le versement d'une prime.

Enlisée durant des années dans une guerre de positions contre la guérilla, l'armée a su déplacer depuis deux ans avec succès le combat sur le terrain du renseignement. Au sommet de son art, elle signe avec l'opération «Jaque» un exploit sans précédent depuis le raid israélien d'Entebbe.

Ingrid Betancourt réapprend


Elle sera invitée à la tribune officielle pour le 14 Juillet et recevra la Légion d'honneur.

Pleinement rassurée sur son état de santé, Ingrid Betancourt a enfin pu consacrer dimanche quelques heures à sa famille et à ses amis, s'écartant un peu du tourbillon médiatique déclenché par sa libération.

En ce premier jour de repos depuis son arrivée à Paris vendredi, elle a d'abord tenu à s'adresser aux otages toujours détenus par la guérilla des Farc, dans la jungle colombienne. «Je sais que la liberté est pour très bientôt», a-t-elle lancé, depuis Paris, au micro de la radio colombienne Caracol, à ses anciens compagnons de captivité. Elle leur a rappelé que le gouvernement français lui avait promis d'accorder des visas et des facilités à ceux qui souhaiteraient venir étudier en France.

Ingrid Betancourt a ensuite déjeuné dans un restaurant parisien avec l'ex-premier ministre Dominique de Villepin, son ami et ancien professeur à Sciences Po. Très pieuse, elle a, à de nombreuses reprises, remercié Dieu pour le «miracle» de sa libération.

L'ex-otage affirme désormais vouloir passer plus de temps «toute seule» avec ses enfants, Mélanie, 22 ans, et Lorenzo, 19 ans. «Je vais rentrer en Colombie dans quelques jours, a-t-elle annoncé dans un entretien au Journal du dimanche. En attendant, je veux voir la France, toute la France. Mais je veux aussi être avec mes enfants toute seule.» Interrogée sur l'éventualité d'un livre racontant son expérience, elle répond : «Je ferai une pièce de théâtre».


Moment «d'angoisse»

Après une série d'examens, samedi, à l'hôpital du Val-de-Grâce, elle a confié au Journal du Dimanche que «pour l'hépatite, le foie fonctionne parfaitement. On attend maintenant une seconde étape de résultats qui nous diront s'il y a eu un virus et, si oui, s'il y est encore. À part ça, des petites choses sans importance : vraiment, tout est bon».

Au sujet d'éventuelles séquelles psychologiques, l'ex-otage a fait part d'un moment «d'angoisse» vendredi soir dans son hôtel à Paris. «J'ai pris une douche chaude pour me relaxer, et mon fils, qui tournait autour comme une abeille, a par mégarde éteint la lumière. Je me suis retrouvée dans la salle de bains, sans lumière, dans le noir complet, et j'ai perdu la notion d'où j'étais, et j'ai eu l'angoisse de me dire “mon Dieu, ils sont arrivés, les Farc sont revenues”. J'étais dans le cauchemar», a-t-elle raconté.

Dans les prochains jours, l'emploi du temps d'Ingrid Betancourt devrait cependant rester chargé. Elle pourrait être reçue rapidement à l'Assemblée nationale. Elle a également émis le souhait de se rendre la semaine prochaine à Lourdes, ainsi qu'au Vatican, pour y rencontrer le pape Benoît XVI.

Enfin, l'ex-otage a été conviée par Nicolas Sarkozy à assister au défilé du 14 Juillet, aux côtés d'une quarantaine de chefs d'État et de gouvernement. Elle devrait être décorée, ce jour-là, de la Légion d'honneur.

La libération de Betancourt suscite un début de rapprochement Uribe-Chavez


Le gouvernement du Venezuela a approuvé dimanche une rencontre entre le président Hugo Chavez et son homologue colombien Alvaro Uribe, qui aura lieu à Caracas le 11 juillet, a annoncé dimanche le ministre vénézuélien de l'Information Andres Izarra. "Nous confirmons la rencontre du président Chavez avec le président Uribe ce 11 juillet au Palais (présidentiel) de Miraflores" à Caracas, a déclaré M. Andrés Izarra qui a annoncé en outre que M. Chavez avait annulé la tenu de son émission radio-télévisée dominicale "Allô président" pour "préparer l'ordre du jour" de cette réunion.

Alvaro Uribe sera reçu comme un frère lors de sa prochaine visite au Venezuela, leur première rencontre bilatérale depuis la fin 2007, avait déclaré M. Chavez jeudi en estimant que la tension entre les deux pays était "passée". "Il sera reçu comme toujours, comme un frère et un ami. Nous nous sommes dit des choses dures. Cela arrive entre frères (...) mais c'est du passé et espérons que cela le soit pour toujours", avait-il déclaré depuis Isla Margarita, dans le nord du Venezuela, où il participait à une réunion des pays du Mouvement des non-alignés.

Hugo Chavez avait obtenu la libération de 6 otages des Farcs
Les relations entre les deux pays s'étaient détériorées en novembre 2007 à la suite de la décision de M. Uribe de retirer à Hugo Chavez le mandat de médiation qu'il lui avait confié dans la crise des otages détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Puis la situation s'était encore envenimée en raison de l'attaque d'un camp de la guérilla sur le territoire de l'Equateur, proche allié du Venezuela, en mars dernier.

Le chef de l'Etat vénézuélien, qui a obtenu la libération de six otages des Farc au début de cette année, a une nouvelle fois appelé la guérilla à renoncer à la violence et à libérer tous les otages qu'elle détient encore. Après la libération mercredi par l'armée colombienne de quinze otages, la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, trois Américains et onze Colombiens, les Farc détiennent encore plusieurs centaines de personnes.

La prière et la Bible ont permis à Ingrid Betancourt de tenir



La Bible a été pour de nombreux otages des Farc, dont Ingrid Betancourt, la meilleure compagne pour résister pendant les années de captivité dans la jungle aux humiliations des geôliers, à l'absence des proches et à la maladie.

Au moment de sa libération mercredi, les premières paroles de l'otage franco-colombienne ont été des prières de remerciement à Dieu et à la Vierge de Guadalupe.
La Bible a été pour de nombreux otages des Farc, dont Ingrid Betancourt, la meilleure compagne pour résister pendant les années de captivité dans la jungle aux humiliations des geôliers, à l'absence des proches et à la maladie.

Au moment de sa libération mercredi, les premières paroles de l'otage franco-colombienne ont été des prières de remerciement à Dieu et à la Vierge de Guadalupe.
La "spiritualité", les prières et la lecture de la Bible en compagnie de son meilleur compagnon de détention, l'ancien sénateur Luis Eladio Perez, ont empêché, selon ses propres aveux, Ingrid Betancourt de sombrer dans la dépression pendant ses six années aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), la guérilla marxiste colombienne.

Comme plus de 90% des Colombiens, Ingrid Betancourt a reçu une éducation catholique, mais avant son enlèvement, elle se déclarait publiquement non pratiquante.

Face à l'adversité, la foi est souvent un atout. "Si on ne s'accroche pas à quelque chose, on meurt. Rien ne parvient là-bas, dans la jungle, sinon Dieu", explique à l'AFP Olga Gomez, directrice de Pays libre, une ONG spécialisée dans l'aide psychologique aux personnes enlevées et à leurs familles.

Olga Gomez souligne les références à Dieu omniprésentes dans les premières déclarations d'Ingrid Betancourt, 46 ans, que l'on a vu prier en public agenouillée et se signer fréquemment, comme dans celles d'autres otages.

Ingrid Betancourt a affirmé que la "spiritualité" l'avait aidée à ne pas sombrer dans "l'abîme".

"J'ai senti la tentation de s'abandonner aux comportements démoniaques (...) Je crois qu'il faut garder une grande spiritualité" pour résister, a confié la Franco-colombienne, qui dès sa libération a annoncé son intention d'aller prier à Lourdes et de rencontrer le pape Benoît XVI.

Pour Luis Eladio Perez, libéré le 27 février après six ans de détention, la prière a aussi été "un soulagement et une lumière d'espoir".

Le Nouveau Testament, en particulier le "sermon de la Montagne", a été un "stimulant" extraordinaire pour ne pas perdre espoir, a déclaré l'ex-sénateur à l'AFP.

Dans ce sermon qui, pour de nombreux catholiques, résume la doctrine de Jésus et démontre sa générosité, on peut lire "aimez vos ennemis" ou "rendez le bien pour le mal".

Dans un pays où même les tueurs à gage possèdent leur propre Vierge et bénissent leurs victimes avant de les exécuter, où le pouvoir de Dieu était inscrit dans la Constitution jusqu'en 1991, les signes religieux font partie du quotidien.

L'écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez raconte dans son livre "Journal d'un enlèvement" (1996) comment les geôliers et assassins au service du narco-trafiquant Pablo Escobar font vivre un calvaire à l'un de leurs otages, la journaliste Majura Pachon de Villamizar, pour la punir d'être laïque.

"Dès que l'on abordait entre les otages les thèmes religieux, il y avait souvent d'âpres discussions et parfois même des bagarres", témoigne Luis Eladio Perez.

Il raconte que d'autres otages ont, dans les pires moments de détresse, perdu leur foi en Dieu "qui les avait abandonné".

Ainsi John Pinchao, un policier qui avait réussi à s'évader, affirme dans son livre "Ma fuite vers la liberté" avoir "perdu la foi en détention, ne plus croire en Dieu" et avoir pensé que si Dieu existait "il n'aurait jamais laissé commettre tant d'injustices".

Alors qu'il vouait un véritable culte à Ingrid Betancourt, sa compagne d'infortune, Pinchao écrit qu'elle n'a jamais réussi à le convaincre de la véracité de la Bible mais que la lecture des Ecritures saintes lui a donné un véritable goût pour les livres.

Ingrid Betancourt s'adresse aux otages restés en Colombie


La Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, libérée mercredi après six ans et demi de captivité dans la jungle colombienne, s'est adressée dimanche depuis Paris aux otages restés aux mains de la guérilla marxiste des Farc et leur parlera à nouveau lundi.

Selon son entourage, elle s'est exprimée sur l'antenne de la radio colombienne Caracol -qui a créé un programme destiné aux otages, "Voces del secuestros" (la voix des prisonniers)- pour dire à ses anciens compagnons d'infortune que "la liberté (était) pour très bientôt".

Elle s'exprimera de nouveau sur Radio France Internationale lundi. Cette radio avait mis son antenne en espagnol à disposition de Mélanie et Lorenzo, les enfants d'Ingrid Betancourt qui s'adressaient à leur mère chaque lundi, mercredi et vendredi à 05h10 (heure Colombienne).

"Ingrid Betancourt choisit à son tour RFI pour adresser un message de soutien à ceux qui sont restés prisonniers dans la jungle colombienne", annonce RFI. Elle parlera en espagnol puis en français à la mi-journée.

La radio est le seul lien avec l'extérieur des personnes détenues par les Farc dans la jungle colombienne, a confirmé Ingrid Betancourt après sa libération.

Ces otages sont au nombre de plusieurs centaines, voire de plusieurs milliers, selon les sources. Certains sont détenus depuis plus de dix ans par ce mouvement qui a pris les armes dans les années 1960.

Pressé par Ingrid Betancourt d'oeuvrer en faveur de ces personnes, Nicolas Sarkozy avait assuré vendredi que la France poursuivrait ses efforts et a réitéré la proposition de la France d'accueillir les membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie qui choisiraient de quitter la guérilla, une idée controversée.

EXAMENS MÉDICAUX

Dès sa libération, Ingrid Betancourt a parlé pour ses anciens compagnons de captivité. "J'ai laissé derrière moi des êtres humains qui sont encore dans les mains des Farc. Alors j'ai besoin de vous encore, parce qu'on ne peut pas les laisser là ou ils sont", a-t-elle déclaré.

Elle a subi samedi à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris une série d'examens médicaux destinés à évaluer son état de santé. Elle en est sortie rassurée. Les résultats sont attendus ultérieurement, notamment concernant le virus de l'hépatite.

"Les médecins sont comme moi très étonnés parce qu'il y a évidemment des traces de tout ce que j'ai vécu, mais leur conclusion c'est que le corps résiste vraiment d'une manière assez extraordinaire à beaucoup de choses", dit-elle dans un entretien accordé au Journal du dimanche.

Elle déclare cependant montrer des signes de traumatisme psychologique, ressentis notamment lorsqu'elle s'est retrouvée dans le noir sous sa douche à Paris et qu'elle s'est alors crue un instant revenue dans la jungle.

Elle annonce au JDD qu'elle va rentrer en Colombie "dans quelques jours". Elle a aussi l'intention d'écrire une pièce de théâtre pour raconter ce qu'elle a vécu. "Là, je montrerai des choses que les gens doivent sentir", dit-elle.

Concernant les conditions de sa libération avec 14 autres otages, présentée comme une ruse militaire réussie, la Colombie nie avoir versé une rançon et organisé une mascarade de libération avec des responsables des Farc "achetés", comme l'a affirmé une source anonyme à la presse suisse.

Paris assure n'avoir versé aucun argent. Ingrid Betancourt dit ne pas croire à une mascarade de libération en raison de l'attitude des miliciens des Farc apparemment capturés lors de sa libération.

Le pape Benoît XVI va recevoir Ingrid Betancourt



Le Vatican a annoncé que le pape recevrait l'ex-otage franco-colombienne dès que son emploi du temps le lui permettrait.

Le Vatican a annoncé, vendredi 4 juillet, que le pape Benoît XVI recevrait Ingrid Betancourt dès que son emploi du temps le lui permettrait.
Selon le Vatican, le souverain pontife a adressé à la Franco-Colombienne un télégramme pour lui exprimer sa joie dès qu'il a appris la nouvelle de sa libération.
Le message papal précise que le "désir noble et compréhensible" d'être reçu en audience par le pape, exprimé par Ingrid Betancourt, sera exaucé dans les plus brefs délais. Benoît XVI a récemment rejoint sa résidence d'été de Castel Gandolfo, près de Rome, et prévoit de se rendre en Australie le 12 juillet prochain. Le pape avait reçu en février au Vatican Yolanda Pulecio, la mère d'Ingrid Betancourt.
L'ex-candidate à l'élection présidentielle colombienne a été libérée mercredi lors d'une opération de l'armée après avoir passé plus de six ans aux mains de la guérilla des Farc.

Val-de-Grâce : Ingrid Betancourt est en bonne santé



L'ex-otage franco-colombienne s'est dite "comblée de bonnes nouvelles" par les médecins après toute une batterie d'examens médicaux. Elle ne devrait garder aucune séquelle de sa détention de plus de six ans dans la jungle aux mains des Farc.

A l'issue d'un examen médical samedi à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris, Ingrid Betancourt s'est dite "comblée de bonnes nouvelles", laissant entendre qu'elle ne garderait aucune ou peu de séquelles de sa détention de plus de six ans dans la jungle colombienne aux mains des Farc.
"Les médecins (...) m'ont comblée de bonnes nouvelles", a déclaré l'ex-otage sur le plateau de France-3. "J'avais pendant toutes ces années une série d'inquiétudes", a-t-elle reconnu, mais "là, bonheur total".
Parmi ces craintes, elle a notamment évoqué un de ses compagnons d'infortune, qui fut parmi les otages libérés cette année, et qui "est sorti pour découvrir qu'il avait une tumeur au cerveau".

"Aucune séquelle"

Confirmant une affirmation de la journaliste de France-3 selon laquelle elle n'a "aucune séquelle" après six ans et demi passés aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie, la Franco-colombienne s'est dite tout aussi surprise que ses médecins.
"Nous en parlions avec les médecins, nous étions tous surpris de nous dire 'le corps est une machine qui a une résistance extraordinaire'", a-t-elle déclaré à l'issue de cette visite médicale de plus six heures au Val-de-Grâce.
Arrivée vendredi en France, Ingrid Betancourt avait déjà été examinée par le médecin de l'Elysée Christophe Fernandez à bord de l'avion officiel qui l'emmenait à Paris.

Prendre du temps pour se reposer

Se basant sur des informations relayées par des otages libérés cette année, sa famille avait laissé entendre fin mars qu'elle était gravement malade, et qu'elle souffrait notamment d'une hépatite B récurrente. Cette affectation n'a cependant jamais été confirmée.
L'ancienne candidate à la présidentielle, libérée mercredi dernier à la faveur d'une opération d'infiltration de l'armée colombienne, a déclaré samedi ne pas avoir dormi depuis sa libération, mais qu'elle allait désormais prendre du temps pour se reposer.
"Là je vais être très raisonnable, et je vais vraiment suivre toutes les indications de mes médecins. Et je veux le faire en plus parce que je veux prendre le temps de vraiment vivre ce bonheur avec mes enfants, donc ce repos c'est un repos dont je rêve", a-t-il déclaré.

Hugo Chavez demande à l'OPEP de subventionner les pays pauvres


Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a demandé aux autres pays de l'OPEP d'assumer les coûts de la facture pétrolière des 50 pays les plus pauvres du Monde, estimant que le cours du brut, qui a dépassé jeudi la barre des 145 dollars, "va continuer à augmenter".




"Il faut que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), ou certains de ses membres, se charge de l'approvisionnement de ces pays à travers des mécanismes spécifiques, subventions, donations ou accords. Nous n'en serons ni plus riches, ni plus pauvres" pour cela, a lancé le président Chavez, lors de l'ouverture d'une conférence du groupe des pays non-alignés sur l'île Margarita, au nord du Venezuela.

Selon M. Chavez, le prix du baril de pétrole brut "va continuer à augmenter, non pas parce que nous, les pays pétroliers, voulons qu'il augmente. Ce n'est pas notre faute". Il a estimé qu'un prix de seulement 100 dollars le baril, serait un prix juste, mais "il existe des facteurs extérieurs aux pays producteurs, qui augmentent les prix", telle la baisse du dollar, les spéculations financières ou les tensions géopolitiques.

"Ce n'est pas notre faute. Qu'ils retirent les troupes d'Irak et ils verront comment, immédiatement, le prix du baril baissera de plusieurs dollars. Qu'ils cessent leurs menaces contre l'Iran et le Venezuela et ils verront comment le prix baissera", a-t-il dit à l'adresse des Etats-unis.

Hugo Chavez renoue avec le président de la Colombie


Deux guérillos des Forces armées révolutionnaires de la Colombie ( FARC) qui ont été capturés ont été photographiés hier à Bogota.

Le président Hugo Chavez, du Venezuela, a appelé hier son homologue Alvaro Uribe, de Colombie, pour le féliciter de l'opération qui a permis, sans effusion de sang, de libérer 15 otages la veille, dont l'ancienne candidate à la présidence du pays Ingrid Betancourt.

La guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), ravisseurs des otages, était toujours muette hier sur ce nouveau coup dur pour elle. Bogota a présenté la libération comme le résultat d'une opération d'infiltration et de ruse au plus haut niveau des FARC.

Chavez, dont la médiation auprès des FARC a déjà fait libérer six otages mais qui était à l'écart de l'exploit de mercredi, a dit hier «rester disponible pour aider jusqu'à ce que le dernier otage de la guérilla colombienne soit libéré et que l'on parvienne à la paix, la paix complète, en Colombie».

Ingrid Betancourt, qui a réitéré ses ambitions politiques, a appelé hier Chavez et ses collègues d'Amérique latine à renouer avec Uribe pour que «tous les otages des FARC soient enfin libres».

«Comme un frère»

Elle a aussi souhaité que ces dirigeants exercent «l'influence» qu'ils peuvent sur les commandants des FARC afin qu'ils «aident aux changements que nous souhaitons apporter à la Colombie par la voie démocratique» et «obligent les FARC à abandonner le terrorisme et à emprunter la voie de la négociation».

Prenant la balle au bond, Hugo Chavez a réitéré son appel aux FARC à renoncer à la violence et à libérer les 750 otages qu'elles détiennent encore.

«De mon point de vue, le temps des fusils est passé. Espérons qu'il ne revienne jamais. Je lance de nouveau un appel à la guérilla pour qu'elle réfléchisse», a-t-il dit, ajoutant: «Je suis sûr que les pays du continent seraient disposés à former un groupe garant d'un accord de paix, où les parties et les engagements seraient respectés.»

Chavez, participant à une réunion des pays non alignés à Isla Margarita, dans le nord du Venezuela, a aussi dit qu'Alvaro Uribe «sera reçu comme un frère» à sa prochaine visite. Il est prévu qu'ils se rencontrent la semaine prochaine à Caracas, pour une première rencontre bilatérale depuis sept mois.

«Nous nous sommes dit des choses dures. Cela arrive entre frères. Mais c'est du passé. Espérons que cela le soit pour toujours», a déclaré Chavez.

L'Équateur et les FARC

Les relations s'étaient détériorées en novembre 2007 après la décision d'Uribe de retirer à Chavez le mandat de médiation qu'il lui avait confié dans la crise des otages des FARC. Les choses s'étaient aggravées après l'incursion de l'armée colombienne en Équateur, fin février, où un chef des FARC avait été tué.

L'Équateur, qui refuse toujours de renouer avec la Colombie, s'est félicité de la libération des 15 otages et réclamé celle «de tous les autres, sans conditions». Quito a aussi réaffirmé sa «condamnation de la prise d'otages par les FARC et les autres groupes irréguliers pour financer leurs activités».

Les FARC n'ont fait aucune déclaration. Mais elles réclamaient hier sur leur site web la libération de tous leurs combattants détenus par le régime, affirmant que «l'unique issue du conflit en Colombie passe par un règlement politique». Elles libéraient en même temps Onshuus Nino, un otage norvégien enlevé en janvier.


Outre Ingrid Betancourt, 14 otages des FARC ont été libérés mercredi dans le cadre de l'opération Jaque (Échec) de l'armée colombienne. Il s'agit de Keith Stansell, Marc Gonsalves et Thomas Howes, trois citoyens des États-Unis et sous-traitants du Pentagone en Colombie, où Washington a injecté 7 milliards de dollars dans le Plan Colombie. Les 11 autres sont trois officiers de police et huit officiers de l'armée. L'un de ceux-ci, le caporal William Perez, s'est dévoué en captivité à soigner Mme Betancourt quand elle était gravement malade.

Ceux qui restent

Il reste aux mains des FARC encore au moins 24 otages «politiques» que la guérilla compte échanger contre quelque 500 à 700 maquisards détenus par le régime. Le président Alvaro Uribe, coincé par des scandales de corruption et de paramilitaires, a invité hier les FARC à «faire la paix»; l'évolution du dossier des otages et des détenus politiques donnera la mesure de «la paix» qu'il souhaite. Les FARC détiennent aussi entre 400 et 700 autres otages, désignés le plus souvent comme «économiques», car la plupart d'entre eux ont été enlevés pour des rançons. Il y a parmi eux des dizaines de policiers et de militaires, certains captifs depuis plus de 10 ans.

Chavez menace d'expulser les banques européennes en représaille





Le président vénézuélien Hugo Chavez a menacé samedi d'expulser des filiales de banques européennes et d'autres entreprises si l'Union européenne applique la controversée «directive retour» sur l'immigration.

La menace est «sérieuse», a affirmé le chef de l'État dans un discours prononcé en ce jour d'indépendance pour le Venezuela.

Le Parlement européen a adopté en juin la directive dite du «retour», qui dote l'Union européenne de lois communes en matière d'expulsion de clandestins et permet notamment aux gouvernements des 27 Etats-membres de maintenir les immigrants illégaux dans des centres de détention pendant 18 mois avant de les expulser.

Hugo Chavez avait déjà menacé de ne plus vendre de pétrole aux pays européens qui appliqueraient ces nouvelles règles.