samedi 30 août 2008

“Ken le rouge” conseiller de Hugo Chavez


Les allégeances de Ken Livingstone, le loquace ancien maire de Londres, n’ont jamais été un secret pour les Londoniens. L’homme n’a jamais caché son penchant pour le socialisme (même si paradoxalement, il a privatisé quelques lignes du métro londonien). En 2006, il avait accueilli en héros le président vénézuélien, Hugo Chavez, à Londres. Ce dernier avait accepté d’offrir de l’essence à rabais pour les pauvres de Londres. En échange, Londres devait ouvrir un bureau de consultation à Caracas, la capitale vénézuélienne, pour conseiller le président en matière de recyclage, d’urbanisme et de transport.

Le nouveau maire conservateur, Boris Johnson, a annulé l’entente.

Qu’à cela ne tienne! Ken Livingstone vient d’annoncer qu’il serait conseiller pour “son ami” à Caracas sur des questions de transport et d’urbanisme. Il signe une lettre dans le site du Guardian saluant les réalisations du gouvernement de Chavez, telles que l’implantation d’un système de santé “gratuit” et l’amélioration de l’alphabétisation des Vénézuéliens. Il espère pouvoir aider Caracas à se hisser parmi les “grandes capitales du monde”.

Caucase: Chavez soutient la Russie




Le président vénézuélien Hugo Chavez a apporté vendredi son soutien à la reconnaissance par la Russie de l'indépendance de deux régions séparatistes de Géorgie, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. "La Russie a reconnu l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. Nous soutenons la Russie. La Russie est dans son bon droit et défend ses intérêts", a dit Chavez au cours d'une allocution télévisée, sans préciser si Caracas reconnaissait l'indépendance des deux régions. Le Venezuela est le deuxième pays, après la Biélorussie, à aller dans ce sens.

jeudi 28 août 2008

Les investisseurs étrangers viennent «piller» le Venezuela, selon Chavez


Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a défendu sa politique de nationalisations, en accusant les investisseurs étrangers de vouloir «piller» le pays.
«Nous ne voulons pas et nous n'avons pas besoin de cet investissement empoisonné qui vient, non pas pour impulser le développement du pays, mais pour le piller», a déclaré M. Chavez, dans un discours télévisé diffusé mercredi soir.

«Au contraire, nous le mettons dehors», a poursuivi le président vénézuélien qui faisait une mise au point sur les dernières nationalisations engagées dans le secteur du ciment, contrôlé à 90% par l'Etat.

«Désormais, nous n'acceptons plus les arbitrages internationaux et tout se règle avec les lois vénézuéliennes», a-t-il prévenu, après avoir annoncé que le gouvernement rencontrait des difficultés pour négocier avec le groupe argentin Techint le rachat de ses actions de l'entreprise de sidérurgie Sidor.

Chef de file de la gauche radicale en Amérique latine, le dirigeant socialiste a lancé une politique de nationalisations des secteurs stratégiques comme le pétrole, l'électricité et la téléphonie ou plus récemment l'industrie du ciment.

Cette politique a, selon les experts, freiné l'investissement étranger direct au Venezuela, qui a atteint quelque 400 millions de dollars en 2007, le plus faible de la région selon la Conférence des Nations unies sur le Commerce et le développement (Unctad).

M. Chavez a toutefois rejeté les critiques sur ce point, en affirmant que «de nombreux investissements sont arrivés et continuent de parvenir» au Venezuela, où il est élu depuis neuf ans.

Le président vénézuélien a notamment cité le cas des multinationales qui ont accepté de fonder des entreprises mixtes sous contrôle de l'Etat dans la région de l'Orénoque, où se trouvent les principales réserves de pétrole du pays.

«Nous sommes désormais investisseurs dans d'autres pays, aux Etats-Unis, en Europe et bientôt nous allons investir en Chine», a-t-il lancé, en estimant les réserves pétrolières accumulées à «40 milliards de dollars».

mardi 26 août 2008

Les médias commerciaux se déchaînent contre les nouveaux décrets-lois de Chavez





En janvier 2007, Hugo Chavez a annoncé son projet de “Socialisme bolivarien” pour le 21ème siècle et et expliqué qu’il dépendait de 5 moteurs révolutionnaires :

- la réforme constitutionnelle ;

- l’éducation populaire bolivarienne ;

- la redéfinition et la réforme des organes du pouvoir ;

- l’explosion du pouvoir communal depuis la base ;

- la “Loi-mère” (habilitante) pour rendre tous les autres moteurs possibles

Selon le droit constitutionnel venezuélien, la Loi Habilitante est une habilitation légale mais limitée. Ainsi, malgré les affirmations des médias et de l’opposition, celle-ci n’octroie pas de pouvoir général de “gouvernement par décret” et ne fait pas de Chavez un “dictateur”. Quand l’Assemblee Nationale (AN) a voté la loi habilitante (à l’unanimité), même le sous-secrétaire d’Etat étatsunien pour l’Hémisphère Occidental, Thomas Shannon, a admis la “validité du processus au regard de la Constitution venezuélienne. Comme pour chaque instrument de la démocratie, cela dépend de l’utilisation qui en est faite”. Chavez en a déjà disposé à deux reprises et en a usé de manière responsable selon toute mesure ou standard reconnus. Il est également le cinquième président venezuélien à en faire la requête sous la Constitution de 1961 et celle de 1999, en son article 203. L’habilitation s’étend sur 18 mois et expire après ce terme.

L’habilitation la plus récente a pris fin le 31 juillet et a octroyé à Chavez le pouvoir de légiférer dans les matières suivantes, toutes relatives au fonctionnement interne du pays :

- transformer les institutions bureaucratiques et sclérosées de l’Etat pour les rendre plus efficaces, plus transparentes, plus honnêtes et permettre une plus grande participation citoyenne ;

- réformer le service civil et éliminer la corruption enracinée, qui demeure un problème majeur ;

- faire avancer les “idéaux de justice sociale et d’indépendance économique” à travers un nouveau modèle économique et social basé sur une distribution équitable de la richesse nationale dans le domaine des soins de santé, de l’éducation et de la sécurité sociale ;

- moderniser les secteurs financiers venezuéliens en ce compris les politiques bancaires, d’assurances et d’impot ;

- développer les domaines scientifiques et technologiques pour le bénéfice de tous les secteurs de la société ;

- réformer la santé publique, les prisons, l’identification, les régles concernant les migrations et le système judiciaire pour améliorer la sécurité citoyenne et juridique ;

- développer l’infrastructure nationale, les transports et les services publics ;

- développer et améliorer les forces militaires nationales ;

- établir des normes d’organisation territoriale dans les Etats et les communautés, en ce qui concerne les élections et la taille des circonscriptions électorales ;

- permettre un plus grand contrôle de l’Etat sur le secteur énergétique, vital pour la nation.

Dans tous les domaines susmentionnés, Chavez s’est vu octroyer un pouvoir constitutionnel limité à 18 mois – et ne concernant que les domaines autorisés par l’AN. Il n’avait pas le droit de violer les droits civils ou humains, d’affaiblir ses concurrents ou de les mettre hors-jeu, d’exproprier la propriéte privée ou d’interférer avec le droit des citoyens à demander l’abrogation de toute loi si 10% ou plus des électeurs inscrits en font la demande (le seuil étant fixé à 5% en ce qui concerne les décrets-lois). De plus, l’AN peut modifier ou abroger les décrets-lois par un vote de la majorité de ses membres. Contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, les systèmes de contrepoids entre les pouvoirs existent au Venezuela – ce que nient les médias étatsuniens hostiles. Je développerai ceci plus bas.

Lors du dernier jour de l’habilitation, Chavez a promulgué 26 nouvelles lois par décret – relatives aux forces armées, à l’administration publique, à la sécurité sociale, à l’agriculture, au tourisme, à la réforme de la Loi Financière et Bancaire Nationale et à la nationalisation du Banco de Venezuela. Celle-ci a été une institution privée jusqu’en 1994, date à laquelle l’Etat venezuélien est devenu son actionnaire majoritaire. Après quoi elle a de nouveau été privatisée en 1996 suite au rachat de la majorité de ses actions par la plus grande banque espagnole, Banco Santander.

Cette entreprise désirait vendre le Banco de Venezuela et en a demandé la permission, tel que le prévoit la loi. Chavez a répondu en réclamant les ressources de la banque pour tous les Venezuéliens. Il a assuré au Banco Santander qu’il lui octroierait de justes indemnités, comme cela a été fait dans le cas des autres nationalisations et a demandé aux clients de la banque de ne pas s’inquiéter “Vous serez plus que garantis dans les mains de la République (et) vous savez que le secteur bancaire venezuélien est l’un des plus solides au monde”. Sans doute plus que ça, comparé aux banques branlantes des Etats-Unis qui connaissent de sérieux problèmes.

Chavez a annoncé que les nouvelles lois allaient améliorer le “grand secteur public”, longtemps “subordonné” dans le passé, dans le but de donner la priorité aux domaines sociaux, en accord avec les standards nationaux et internationaux. Mais les dirigeants de l’opposition n’ont pas été convaincus. Ils considèrent ces mesures “autocratiques” et “non consultatives” et ont pressé leurs ouailles de répondre à celles-ci lors des scrutins régional et municipal de novembre prochain.

Malgré les plaintes émises par l’opposition, toutes les nouvelles mesures respectent complètement les dispositions constitutionnelles et sont donc parfaitement légales. Nombre d’entre elles ont été proposées plus tôt dans la période d’habilitation, débattues pendant un an à l’AN et 16 autres lois ne sont pas passées et sont toujours à l’étude. En tout, 67 lois ont été décrétées entre janvier 2007 et juillet 2008, et couvrent de nombreux domaines, dont :

- la conversion monétaire ;

- des nationalisations dans les secteurs bancaire, de l’acier, du ciment, du pétrole et de l’électricité ;

- la nouvelle loi sur l’espionnage et le contre-espionnage – révoquée et en phase de réécriture pour éliminer les dispositions susceptibles de controverse ;

- la réorganisation des forces armées ;

- la réorganisation des institutions financières nationales ;

- la réforme des lois concernant l’administration publique ; ainsi que des mesures relatives au contrôle des prix, à la politique agricole, à la sécurité alimentaire et à la souveraineté.

Eruption de constestations de rue mises en scène

Dans ce qui est devenu commun sous Chavez, selon AP [l’Associated Press, ndt], “Les Venezuéliens ont protesté contre ses nouvelles mesures socialistes”, mais il ne s’agit pas vraiment d’une dénonciation basée sur des faits. A Caracas, 1000 personnes, tout au plus, se sont rassemblées pour hurler “liberté” et “la police anti-émeutes a utilisé des gaz lacrymogènes pour bloquer des centaines de Venezuéliens qui protestaient contre ce qu’ils appellent une nouvelle concentration des pouvoirs entre les mains du Président Chavez." Leurs accusations, grotesques et sans fondements, faisaient également état de “listes noires empêchant des candidats de l’opposition de se présenter aux élections et de décrets socialistes détruisant ce qu’il leur reste de démocratie”.

La soi-disant “liste noire” est en réalité un arrêt du Tribunal Suprême de Justice du Venezuela (TSJ) datant du 5 août dernier qui interdit à 272 candidats du gouvernement et de l’opposition de se présenter aux élections de novembre pour cause de corruption, qu’ils aient été condamnés ou qu’ils soient en procès à ce sujet. Le Tribunal a expliqué que son arrêt est “acceptable au regard des lois relatives à l’intérêt général, à la sécurité des citoyens et au bien commun, en accord avec les articles 30 et 32.2 de la Convention Américaine des Droits Humains. Cette interdiction est totalement compatible avec les dispositions des articles 19 et 156 de la Constitution nationale”. Le TSJ a également rappelé le respect de l’article 105 concernant le bureau du Contralor general car les droits de la défense ont été pleinement respectés.

Le Contralor general Clodosbaldo Russian dispose du mandat légal de gardien de l’anticorruption au Venezuela. Il a soumis une liste de 368 noms au Conseil National Electoral du Venezuela (CNE) et a demandé leur inéligibilité pour les élections de novembre car ils sont en procès pour corruption ou détournement de fonds publics ou ont déjà été condamnés à ce sujet. Le CNE a approuvé la liste et a demandé l’avis du TSJ sur la question. Le Tribunal a retenu 272 noms.

Le Venezuela Information Centre (VIC), créé en 2005 et basé à Londres est une organisation “solidaire avec le peuple du Venezuela”. Ses membres sont des ONG, des universitaires, des étudiants, des journalistes et des syndicalistes. Son but est de diffuser “une information objective et précise sur toutes les syndicats, mouvements sociaux et organisations politiques au Venezuela”, contrer les informations mensongères et “soutenir le droit du peuple venezuélien à décider de son propre futur hors de toute intervention étrangère”.

L’évaluation faite par le VIC du travail réalisé par le Contralor general est la suivante :

- il a été conduit strictement selon les dispositions légales et administratives ;

- mis en oeuvre en tant qu’obligation constitutionnelle et légale du Bureau du Contralor general ;

- entrepris selon les arrêts du TSJ de 2005 ;

- autorisé par la Loi Organique du Bureau du Contralor general et par la Constitution venezuélienne ; et

les personnes mentionnées dans la liste ont été dûment informées au cours de la procédure.

Les médias commerciaux répondent – De manière hostile, comme d’habitude

Aux commandes, on retrouve le New York Times et son envoyé spécial Steve Romero, qui, le 5 août dernier, signe un article intitulé “Les nouveaux décrets de Chavez reflètent des mesures impopulaires”. Romero indique que Chavez “utilise ses pouvoirs de décrets pour mettre en place une série de mesures ‘d’inspiration socialiste’ qui semblent basées sur un paquet de réformes constitutionnelles” préalablement rejeté par les électeurs [lors du référendum du 2 décembre 2007 portant sur la révision de la Constitution, ndt]. Ce qui prépare le terrain à de “nouvelles confrontations entre son gouvernement et l’opposition politique”.

Il cite l’éditeur d’opposition Teodoro Petkoff, qui considère que “quand le gouvernement agit, comme c’est le cas actuellement, sans respecter la Constitution, mais en répétant qu’il respecte la loi, un acte de tyrannie est commis”. Romero semble partager ses propos.

Le journaliste s’insurge ensuite contre “une vague de reprises d’entreprises privées”, incluant la nationalisation “d’une grande banque de propriété espagnole”. Il ne s’intéresse pas aux décrets-lois “de moindre importance”, mais se concentrent sur les points d’envergure, dont certains qu’il considère comme des efforts pour “formaliser des politiques d’inspiration socialiste confinant à l’économie informelle, comme une mesure faisant du troc un système légitime de paiement.” Romero a l’espoir que les “prochaines élections régionales peuvent éroder la base du pouvoir du Président” et nous aurons droit à de nouveaux articles de lui durant la campagne.

Fabiola Sanchez, journaliste d’AP, critique les mesures de Chavez “vers une économie sociale” et ses plans destinés à “créer ds milices de quartier... à imposer le contrôle de l’Etat sur l’agriculture”, les nouveaux pouvoirs des militaires, les crédits pour les petites entreprises et cite des critiques pour qui les lois ont été “imposées de force” sans “consulter les cercles d’affaires les plus importants”.

Le journaliste de l’AFP, Carlos Diaz, fait état de “Chavez mett(ant) en oeuvre avec un poing de fer de nouvelles lois affermissant le pouvoir de l’Etat sur l’économie, dans la période précédant les élections régionales”. C’est un signe de son “envie de créer un Etat socialiste, d’agrandir significativement ses pouvoirs et [les décrets-lois, ndt] ressemblent à des dispositions d’une réforme constitutionnelle rejetée par les électeurs lors du référendum de décembre”.

Même le Financial Times (FT) s’y est mis, par le biais de son envoyé à Caracas, Benedict Mander, qui intitule son article “Chavez accusé de faire passer de vieilles réformes” et cite des opposants au gouvernement “qui s’insurgent devant une volée de décrets-lois qui sont, selon eux, des répliques des réformes constitutionnelles” que les électeurs ont rejeté. Il mentionne des critiques “mettant en garde” contre “la peur qu’elle pourrait provoquer chez les investisseurs privés” et considérant que [les décrets-lois, ndt] sont “des symboles de des tendances autoritaires de M. Chavez (et lui permettront) d’exproprier la propriété privée sans devoir demander la permission de l’Assemblée Nationale”. Mander critique également (le 2 août) l’interdiction de participation aux élections de candidats de l’opposition et cite la directrice du Programme Amériques du Centre Carter, Jennifer McCoy, qui s’inquiète de ce qu’elle perçoit comme une décision dégageant la route pour les candidats soutenus par le gouvernement.

Le Wall Street Journal est encore plus hostile. Dans un article signé par José de Cordoba et Darcy Crowe, intitulé “Par le passage de décrets, Chavez s’arroge de nouveaux pouvoirs”, les décrets-lois sont définis comme “ambitieux... qui formalisent la création de milices populaires et consolident encore plus le pouvoir de l’Etat dans des domaines-clés comme l’agriculture et le tourisme”. Les auteurs se réfèrent au “contournement de l’AN par Chavez en faisant des lois et (en revenant) à l’offensive après avoir subi une défaite humiliante en décembre (qui aurait pu lui permettre) de rester au pouvoir à vie”.

Ils citent des “accusations selon lesquelles M. Chavez esquive la volonté du peuple” et reprennent les termes d’une figure de l’opposition, Luis Miquilena, pour qui “nous sommes en présence d’un gouvernement dictatorial qui a mené un coup d’Etat contre la Constitution. Ici, nous n’avons pas de Constitution, pas de lois et le Président fait exactement ce qu’il veut”. On dirait qu’il confond Chavez avec George Bush, car il décrit exactement les conditions de vie sous ce dernier, qui sont en contraste total avec la démocratie venezuélienne.

Les journalistes du Wall Street Journal voit les choses différemment... Ils comparent le gouvernement de Chavez à celui de l’Iran et déchaînent de féroces critiques à ce sujet. Ils mentionnent également une opposition publique au “modèle cubain” en suggérant qu’il le suit, et cite Peter Hakim, du Dialogue Inter-Américain, qui soutient que “tout (ce qu’il fait) est en rapport avec les prochaines élections, et il est difficile d’imaginer qu’il ne considère pas cela important dans ses efforts pour garder le pouvoir”.

Les diatribes les plus hallucinantes et dénuées de fondements du quotidien coulent cependant de la plume de Mary O’Grady. Dans son dernier article, du 11 août, intitulé “Chavez considère Cuba comme un modèle”, elle indique que “le dictateur venezuélien agit de plus en plus comme Fidel” et j’en passe. Ses accusations incluent “l’annihilement” de ses opposants politiques, “la mise hors-jeu, par la force si nécessaire, de ceux qui défient son pouvoir”, la transformation du pays en “une économie planifiée”, l’utilisation [par Chavez] de “sa propre version de la loi”, la déclaration des opposants “coupables (de corruption) par décision de justice”, “l’agrandissement de sa collection de prisonniers politiques” et condamnent presque Jimmy Carter et le Sénateur Chris Dodd qui appellent “le Venezuela de Chavez une démocratie”. Selon elle : “Mettez-vous dans le chemin des aspirations caudillistes de M. Chavez à vos risques et périls”.

Des commentaires de ce genre ne sont pas surprenants quand on considère son parcours : des années à Wall Street pour de grands groupes financiers, la collaboration avec la “Heritage Foundation”, organisation de la droite dure. Elle a rejoint le Wall Street Journal en 1995 et est devenue éditorialiste sur les Amériques en 1999. Elle est très douée pour l’agit-prop, mais peu soucieuse de rapporter les faits.

Pas de surprises à avoir donc si aucun de ces critiques de Chavez n’explique la loi venezuélienne, ni l’interpétation de celle-ci dans les arrets du TSJ. Ils n’expliquent pas non plus comment fonctionne la Loi Habilitante, que la Constitution l’autorise, que cinq autres présidents l’ont utilisée, que Chavez respecte scrupuleusement ses dispositions et que l’Assemblée Nationale (par un vote à la majorité) et le peuple venezuélien (par référendum) peuvent abroger ces décrets. Mais comment pourraient-ils parler de cela ? Cela montrerait la falsité de leurs accusations et jetterait le discrédit sur leurs arguments, qui risquent de se radicaliser encore à l’approche des élections de novembre. Restez en ligne.

Pour régler le problème du logement, le Venezuela nationalise les cimentiers




Le gouvernement d'Hugo Chavez poursuit pas à pas l'étatisation de l'économie vénézuélienne. Au fil des ans, il a nationalisé l'électricité, les télécommunications et le principal aciériste et il a contraint les grandes compagnies pétrolières étrangères à devenir des actionnaires minoritaires dans la production du brut de l'Orénoque. L'Etat vient maintenant de prendre le contrôle de l'industrie du ciment, qu'il détient désormais à 90 %.Trois sociétés étrangères occupaient ce secteur. Le groupe mexicain Cemex, troisième cimentier mondial, assurait 50 % de la production. Le français Lafarge et le suisse Holcim se partageaient le reste. En avril, M. Chavez a annoncé son intention de mettre la main sur les cimenteries. En juin, il a signé le décret de nationalisation, assorti d'une promesse d'indemnisation.

Lafarge et Holcim se sont entendus avec Caracas, au terme d'un accord de cession rendu public le 18 août. Le groupe français recevra 267 millions de dollars (182 millions d'euros) et ne conservera que 5 % de la nouvelle entreprise publique. Le cimentier suisse cède 85 % de sa filiale, pour 552 millions de dollars.
Avec Cemex, cela s'est mal passé. Le groupe mexicain a contesté les calculs du gouvernement. Il demande 1,3 milliard de dollars, le double de l'estimation de la valeur de sa filiale faite par Caracas qui pense lui attribuer 650 millions de dollars seulement.

Faute d'accord, Cemex a été exproprié sans compensation. Jugeant "illégale" cette nationalisation, le groupe a dit vouloir présenter une demande d'arbitrage international. Dernier rebondissement : M. Chavez a accepté le 23 août de rouvrir les négociations avec l'entreprise, à la demande du président mexicain, Felipe Calderon. Mais il a fustigé une nouvelle fois les dirigeants "très arrogants" de Cemex.

"NOUVEAU PAS VERS LE SOCIALISME"

La nationalisation du ciment, qualifiée par M. Chavez de "nouveau pas vers le socialisme", est un dossier très politique. Pour la justifier, le président avait accumulé les griefs à l'égard des trois compagnies. Il leur reprochait de privilégier l'exportation au détriment du marché local. Les cimentiers ont répondu que 60 % de leur production était écoulée au Venezuela.

M. Chavez accuse Cemex de "piller" la richesse nationale en vendant "le ciment le plus cher au monde", et, sans apporter de preuves précises, d'avoir pollué l'environnement et rendu "malades" des enfants vénézuéliens. Refusant de répondre à ces accusations, Cemex affirme, sur son site Internet, et détails à l'appui, utiliser "la technologie la plus moderne" pour protéger l'environnement.

Le fond du problème réside dans la grave crise du logement dont souffre le Venezuela. L'offre n'y répond qu'à la moitié des besoins annuels, qui augmentent vite. La pénurie de logements est estimée à 1,8 million. M. Chavez a promis de "produire la plus grande quantité de ciment possible et de l'envoyer dans les quartiers pauvres", ajoutant : "C'est notre peuple qui va résoudre ce problème, pas les sociétés privées."

Le Honduras rejoint l'Alternative bolivarienne de Hugo Chavez




Le Honduras, qui était depuis longtemps un allié des Etats-Unis en Amérique centrale, a rejoint lundi le pacte latino-américain promu par le Venezuela pour contrer l'influence de Washington dans la région.

Le Honduras est d'ores et déjà signataire d'un accord de libre échange entre l'Amérique centrale et les Etats-Unis. Mais le président Manuel Zelaya, considéré comme un homme de gauche modéré, s'est rapproché du président vénézuélien Hugo Chavez, grand adversaire de la politique de Washington en Amérique latine.

Lundi, le Honduras a rejoint l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), qui s'appuie sur un commerce complémentaire et la coopération plutôt que sur la concurrence capitaliste.

Le Venezuela se sert de ce pacte et de sa manne pétrolière pour étendre son influence à travers l'Amérique latine.

"Tout l'énergie dont il a besoin, le Honduras en a la garantie pour les cent ans à venir", a lancé Chavez, en faisant allusion au pétrole vénézuélien, devant une foule de 50.000 personnes réunies dans la capitale hondurienne, Tegucigalpa.

L'ALBA regroupe, outre le Venezuela et désormais le Honduras, Cuba, la Bolivie, le Nicaragua et la Dominique.

lundi 25 août 2008

Chavez débloque 186 millions de dollars pour les "communes socialistes"




Quelque 186 millions de dollars (126 millions d'euros) vont être investis dans le programme "Mission 13 avril" au Venezuela, une initiative destinée au développement des infrastructures dans les communautés défavorisées et à la création des "communes socialistes", a annoncé dimanche le président Hugo Chavez.
"J'ai approuvé il y a trois jours (l'investissement de) 400 millions de Bolivars forts (équivalents à 186 millions de dollars, 126 millions d'euros)) pour le lancement de la Mission 13 avril", a annoncé M. Chavez, dans son programme radio-télévisé dominical "Allô, président !", en direct de La Bombilla, dans la banlieue est de Caracas.
Le président a livré quelques détails sur ses "communes socialistes" qui qualifient la nouvelle organisation administrative socio-territoriale formée dans le cadre du programme gouvernemental de développement du "Socialisme du XXIe siècle".
Accompagné de ministres, militaires et dirigeants de son Parti révolutionnaire du Venezuela (PSUV), M. Chavez a annoncé que la première étape de ce programme de développement social porterait sur quelque 74 municipalités du pays.
Dans un premier temps, il s'agira pour la "Mission 13 avril" de répondre aux besoins d'infrastructures des communautés les plus défavorisées et poursuivre un "développement intégral de la société" en fournissant un effort particulier en matière d'éducation et de formation de la population à faibles ressources.
Le plan prévoit le développement d'une "économie communale" avec l'installation de micro-entreprises et la création de "communautés socialistes".
Le nom de "Mission 13 avril" est une commémoration de ce jour de 2002 où le gouvernement Chavez avait échappé à une tentative présumée de coup d'Etat dans le cadre de grandes manifestations populaires qui s'étaient déroulées dans les rues du Venezuela.

vendredi 22 août 2008

Fidel, Chavez et les Farc




Les réserves exprimées par Fidel Castro vis-à-vis des FARC dans son article intitulé la Paix Romaine ont suscité un vif débat au sein de la gauche critique. Chavez est allé bien plus loin en admonestant la guérilla colombienne de façon contondante et en déclarant sans ambages que la lutte armée avait vécu.

Fidel propose une analyse nuancée là où Hugo Chavez use d’un ton péremptoire et hautain. Fidel se proclame pour la paix : « j’ai dit clairement que nous étions partisans de la paix en Colombie. Mais nous ne sommes pas en faveur de l’intervention militaire étrangère ni de la politique de force que les Etats-Unis prétendent imposer coûte que coûte, quel que soit le prix que doive payer le peuple colombien qui a déjà tant souffert ». Entre le faible et le fort, il n’existe pas de paix équitable mais un rapport de force implacable. Dans une relation asymétrique, il n’est pas possible que le faible impose la paix au fort qui s’y refuse. Fidel condamne les méthodes de rétention pratiquées par les FARC qu’il qualifie de « cruelle » sans pour autant leurs enjoindre de déposer les armes. Il développe assurément un argumentaire fouillé et digne d’intérêt. Ceci dit, sa critique a servi à la contre-insurrection à dénigrer et isoler encore plus la guérilla. Sans présumer de la pertinence des propos souvent éclairés de Fidel, la publication de ses réflexions est sans aucun doute inopportune. Ses conseils avisés ont plus servi les intérêts de l’oligarchie que les guérilleros. Il aurait été plus inspiré d’adresser sa note à la direction des FARC par un canal diplomatique.

Les déclarations d’Hugo Chavez sont d’un tout autre ordre. Lui qui réclamait il y a peu la reconnaissance du statut de belligérant pour les FARC déclare ni plus ni moins la mort de la guérilla : «la guérilla relève de l’histoire ancienne » ; « un mouvement de guérilleros armés n’a plus sa place dans l’Amérique latine d’aujourd’hui ». Les FARC ont répondu qu’ils poursuivront la lutte tant que les raisons constitutives de la guérilla perdureront. Chavez a même reçu dans la foulée le narco-paramilitaire Alvaro Uribe avec fraternité : "Il sera reçu comme toujours, comme un frère et un ami. Nous nous sommes dit des choses dures. Cela arrive entre frères (...) mais c’est du passé et espérons que cela le soit pour toujours".

Ce sont les plus forts qui imposent le choix des armes aux plus faibles. C’est la répression indistincte de la bourgeoisie qui a donné naissance à un front de résistance armé et c’est les méthodes criminelles de l’oligarchie qui obligent le peuple à prendre le maquis. S’il existait des espaces d’expression politique en Colombie et que les syndicalistes pouvaient revendiquer des droits sociaux sans danger de mort, une autre option pourrait être envisagée. Le mot d’ordre impérieux d’Hugo Chavez n’a pas force de loi universelle et ne s’ajuste aucunement au cadre historique colombien. La violence y est depuis des décennies une stratégie de domination politique et économique de l’oligarchie.

Il est facile de vaticiner que l’existence de la guérilla convient aux ennemis qui peuvent de la sorte justifier la répression envers toutes les forces d’opposition. La sophistique impérialiste tire certainement avantage de la situation actuelle mais avec ou sans guérilla elle parviendrait à justifier son intrusion (sous couvert par exemple de lutte contre narcotrafic). Bien qu’élus au suffrage électoral, les présidents Evo Morales ou Hugo Chavez ne sont pas à l’abri des menées séditieuses et de l’ingérence des forces impérialistes.

Il est inconvenant de donner des leçons de morale de l’extérieur tout comme il est inconvenant de prétendre que Cuba est en défaut par rapport aux droits de l’homme ou aux libertés fondamentales. Chaque peuple doit trouver motu proprio son chemin vers l’émancipation et défendre ses droits par les voies qui lui semblent les plus opportunes.

La méthode d’action jaillit d’une situation donnée et non de la volonté d’une direction politique. La pratique révolutionnaire doit bien entendu faire l’objet d’un examen approfondi pour servir au mieux les objectifs assignés. Les intéressés eux-mêmes sont les mieux placés pour évaluer et adapter la praxis au contexte. Ce sont les faits et non les intérêts nationaux du pays voisin qui doivent arbitrer ce débat.

Le Venezuela lance un projet de développement dans le bassin pétrolier d'Orinoco




Le président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré jeudi que le gouvernement lancerait un projet stratégique pour le bassin d'Orinoco, riche en pétrole, incluant des plans ambitieux pour le développement énergétique, agricole et industriel.

Lors d'une rencontre avec les directeurs de State's Petroleos de Venezuela et le ministre de l'Energie et du Pétrole Rafael Ramirez, M. Chavez a indiqué que l'objectif de ce projet était de diversifier le potentiel dans la zone stratégique du pays.

L'Orinoco, situé dans le sud-est du pays, est considéré comme un des plus vastes gisements de pétrole du monde entier.

Le projet inclut des installations agricoles et industrielles, dont un complexe avicole industrialisé d'une capacité mensuelle de production de 30 000 tonnes de nourriture, soit environ 30% de la demande nationale.

Le projet comprend également un système de bétail avec plus de 60000 têtes de bétails élevées dans un champ de 1,486 hectares.

M. Chavez a expliqué que le projet comporterait 5 centres pour la production agricole, incluant l'haricot, le yucca, le soya, le blé, et le sorgho.

Les installations seront construites près des camps de pétrole de Junin, d'Ayacucho et de Garabobo pour le traitement du pétrole et la production d'aluminum, de bois, et de soufre notamment.

Le projet comprendra une autoroute de 660 km reliant le bassin de pétrole et la ville de San Fernando de Apure (300km au sud de Caracas) à Tucupita (la capitale de l'état de Delta) sur la côte caribéenne.

jeudi 21 août 2008

Colombie : Carrefour victime des Farc




Le ministre de la Défense colombien, Juan Manuel Santos, a affirmé que des supermarchés, dont deux succursales du groupe français Carrefour à Bogota, étaient victimes d'extorsion de fonds de la part de la guérilla des Farc.

"Nous allons convoquer une réunion avec les présidents des grandes surfaces commerciales car il y a un problème d'extorsion plutôt sérieux que nous entendons régler", a déclaré M. Santos, dans des déclarations à la radio Caracol de Bogota.
Samedi, des engins incendiaires, allumés dans deux succursales de Carrefour dans le nord et dans le sud du pays, ont été rapidement maîtrisés par les services de sécurité des hypermarchés où seuls des dégâts matériels ont été déplorés.

Mario Acevedo, le porte-parole de Carrefour, avait nié devant la presse que le groupe français en Colombie ait fait l'objet de tentatives d'extorsion et que ces actes aient été commis en représailles.

mercredi 20 août 2008

Un pas de plus




Le Président Chavez a fait un pas de plus dans le processus de prise de contrôle des secteurs stratégiques de l'économie vénézuelienne .Le pays détient désormais 90 % de l'industrie du ciment du pays.

Hugo Chavez en Afrique du Sud



Le Président Hugo Chavez se rendra en Afrique du Sud le mois prochain à l'invitation du Président Thabo Mbeki.Les questions énergétiques figuent au coeur de son agenda et des dioscussions bilatérales.

mardi 19 août 2008

Au Venezuela, accord de nationalisation des filiales de Lafarge


Le gouvernement vénézuélien a conclu un accord pour la nationalisation des filiales locales du cimentier français Lafarge et du suisse Holcim mais n'a pu se mettre d'accord sur les termes de l'expropriation avec le mexicain Cemex.

Début avril, Caracas avait annoncé qu'il entendait prendre le contrôle d'au moins 60% des filiales de Cemex, Lafarge et Holcim, après avoir fait de même dans le secteur pétrolier, la sidérurgie et l'électricité.

Un accord avec les cimentiers devait être trouvé avant ce lundi sous peine d'expropriation autoritaire. La prise de contrôle des filiales des trois groupes a pris effet à minuit lundi.

Selon l'accord, annoncé lundi soir, l'Etat vénézuélien versera 267 (BIEN 267) millions de dollars (176 millions d'euros) à Lafarge pour acquérir 89% de sa filiale, le français conservant 5%. Le solde, soit 6%, reste en Bourse.

Holcim, pour sa part, cèdera 85% de sa filiale pour 552 millions de dollars et en conservera 15%.

"Nous avons un accord avec deux entreprises mais malheureusement les négociations n'ont pas abouti avec Cemex (...) et la procédure d'expropriation va être engagée", a déclaré à la presse le ministre de l'Energie et du Pétrole, Rafael Ramirez.

Les responsables de Cemex "demandent un prix très élevé par rapport à la valeur réelle", a-t-il affirmé. "Ils demandaient 1,2 milliard de dollars", a-t-il précisé.

Le vice-président Ramon Carrizalez a pour sa part expliqué que le gouvernement était disposé à indemniser Cemex à hauteur d'environ 819 millions de dollars, soit le cumul des sommes prévues pour Lafarge et Holcim.

Les filiales vénézuéliennes de Cemex assurent 50% de la production de ciment du pays, celles de Holcim et Lafarge le reste.

La filiale de Lafarge produit 1,6 million de tonnes de ciment par an sur un total de 7 millions de tonnes pour le marché vénézuélien.

"Cet accord officialise le transfert de notre filiale au gouvernement vénézuélien. C'est une étape de plus dans le processus de nationalisation annoncée par le président Chavez il y a quelques mois", a déclaré à Paris un porte-parole de Lafarge.

M. Ramirez a souligné que le gouvernement disposait des fonds nécessaires pour racheter les filiales et que le président Hugo Chavez demandera l'exécution de la transaction dans un délai de 60 jours.

lundi 18 août 2008

Prochain lancement d'un satellite vénézuélien de communications par la Chine




Un satellite de communications vénézuélien sera lancé le 1er novembre à partir de la Chine, a annoncé dimanche le président vénézuélien Hugo Chavez.

Le Venezuela, "avec l'aide de la Chine", lancera le 1er novembre le satellite géostationnaire de communications "Simon Bolivar", qui sera placé sur sur une orbite à 36.000 km d'altitude, a indiqué M. Chavez au cours de l'émission "Allo Président".

Le président vénézuélien s'exprimait depuis la base aérienne de El Sombrero, à 231 km au sud-ouest de Caracas, où se trouvent les installations principales terrestres du sytème de satellites Venesat 1.

Le président Chavez était accompagné au cours de sa visite par l'ambassadeur de Chine au Venezuela Zhang Tuo qui a souligné la volonté de son gouvernement d'approfondir la coopération avec le Venezuela.

samedi 16 août 2008

Venezuela/Montréal-Nord




Il y a quelques semaines, sur la chaîne de TV5, on diffusait, dans le cadre de l’émission Faut pas rêver, un reportage sur le Venezuela, réalisé par des Français. Si, au départ, j’étais un peu méfiant (en général, dans ce genre d’émission, on a droit à toute la panoplie des clichés bon marché, à des opinions savantes sur les us et coutumes des autochtones et surtout à des conseils frisant l’arrogance sur comment les autochtones devraient faire ou réagir dans telle ou telle circonstance, etc.), je me suis rapidement rendu compte que ce reportage échappait à la règle.

Grosse surprise, donc! Rien dans les propos du journaliste qui tendait à dénigrer le président Hugo Chávez, si souvent démonisé dans la presse occidentale. On donnait la parole à plusieurs secteurs de la population, mouvement des femmes, coopératives de production, éleveurs de bétail, chômeurs, et j’en passe, le tout enrobé de description de paysages à couper le souffle. Tous étaient ainsi appelés à donner leur opinion sur le processus de la révolution bolivarienne en cours et, ma foi, Chávez avait la cote.

On parlait même de cette pépinière de «reines de beauté» qu’est le Venezuela. Il existe, en effet, dans ce pays plusieurs écoles où de jeunes filles peuvent apprendre l’art de séduire et de parader en public. Pourquoi pas, si cela se fait dans le respect, ce que semblaient confirmer les femmes interviewées, futures candidates ou ex, toutes fières d’affirmer que la femme vénézuélienne, produit d’un heureux métissage, est à la fois belle et intelligente. Des paroles auxquelles nous ne sommes pas habitués ici.

Mais ce qui a frappé le plus mon imagination, ce fut de découvrir qu’au Venezuela existe une école de formation en musique pour de jeunes délinquants, appelée «Sistema». Alors qu’ici on a souvent vanté les mérites des écoles de boxe comme méthode de réinsertion sociale pour décrocheurs ou jeunes délinquants, comme si le fait de se défouler et de taper sur l’autre constituait la méthode miracle pour apprendre à vivre en société, là-bas, au Venezuela, dans ce pays où l’eau est de loin plus chère que le pétrole et où le taux de pauvreté, malgré les politiques sociales du gouvernement socialiste, oscille autour de 35% de la population, on enseigne par la musique classique les valeurs de solidarité, d’écoute et le respect de l’autre.

Des jeunes de 11 à 17 ans, qui bien souvent n’ont connu que la rue, la délinquance, la drogue et la prison, mais qui dans tous les cas n’ont pas eu accès aux bonnes écoles, découvrent à travers «Sistema» des instruments de musique — violon, contrebasse, flûte, etc. — dont ils n’avaient jamais entendu parler auparavant, de même que les grandes symphonies des Beethoven, Tchaïkovski ou autres.

Depuis que cette école a été mise en place en 1975 par un idéaliste comme il s’en fait peu, José Antonio Abreu, donc bien avant l’arrivée de Hugo Chávez au pouvoir, des professeurs enseignent à ces jeunes la musique classique, plusieurs heures par jour. On va même jusqu’à leur offrir un instrument de musique de leur choix (je trouve que c’est mieux qu’une paire de gants de boxe), de même qu’une aide financière et on leur promet qu’au terme de leur apprentissage, ils pourront jouer dans un orchestre de façon professionnelle.

Certains de ces musiciens connaissent même une carrière internationale. C’est le cas du contrebassiste Edicson Ruiz, embauché par l’Orchestre philharmonique de Berlin à l’âge de 17 ans ou du chef de l’Orchestre Simon Bolívar, Gustavo Dudamel, qui vient d’être édité chez Deutsche Grammophon et qui a joué, en 2007, au prestigieux Carnegie Hall, ou encore de Lennar Acosta, un clarinettiste de 23 ans, qui avant de devenir musicien s’était retrouvé en prison près d’une dizaine de fois pour trafic de drogue et vols à main armée. Ces ex-délinquants sont devenus au Venezuela des vedettes aussi populaires que certains joueurs de football dans les pays voisins. Entre 200 000 et 300 000 jeunes sont passés par cette École d’action sociale par la musique, qui, entre-temps, a fait des petits et a des ramifications dans tout le pays. Baptisée par les jeunes eux-mêmes «El Sistema», la devise est «jouer et lutter». «La musique m’a sauvé la vie», ont affirmé plus d’un qui ont fréquenté cette école «alternative». Il y a actuellement au Venezuela une centaine d’orchestres de jeunes musiciens qui ont appris à vivre en société à travers «El Sistema».

Je ne dis pas qu’on devrait bannir les écoles de boxe comme lieu possible de réinsertion sociale pour délinquants et jeunes de la rue, elles ont sans doute leur raison d’être, comme l’a déjà expliqué l’ex-champion du monde de boxe Joachim Alcine, qui représente certainement une image d’espoir pour les laissés-pour-compte de la société. Mais je pense que le gouvernement québécois devrait sérieusement s’inspirer de l’exemple vénézuélien et favoriser l’émergence de ces écoles et de ces centres de diffusion de la culture.

Les événements récents qui se sont produits à Montréal-Nord devraient nous inciter à y songer sérieusement. Pourquoi ne pas imiter l’expérience vénézuélienne, qui a largement fait ses preuves? Nous avons ici suffisamment de chefs d’orchestre qui pourraient battre la mesure. Une école qui ouvrirait, à ces laissés-pour-compte, de nouveaux horizons et donnerait à rêver tout en leur assurant un travail rémunéré de musicien au terme de leurs études, n’est-ce pas un rêve merveilleux? D’autres pays se sont montrés intéressés, pourquoi pas le Québec? Qui osera poser la première pierre? La musique adoucit les mœurs, entend-on souvent, cela devrait aussi valoir pour la police.

Fernando Lugo investi à la présidence du Paraguay


Surnommé « l’évêque des pauvres » par ses admirateurs, l’ex-évêque catholique Fernando Lugo a été investi ce vendredi soir à la présidence du Paraguay. Son élection met fin à plus de 60 ans d’hégémonie des conservateurs. Neuf chefs d’Etat ont assisté à la cérémonie, dont les chefs de file de la nouvelle gauche latino, Chavez, Morales, Correa, Ortega, Kirchner et Lula… Fernando Lugo devrait essayer de se distinguer de ses aînés.

Surnommé « l´évêque des pauvres » par ses partisans, Fernando Lugo est pour ses adversaires « l´évêque rouge ». Son cheminement est d’abord marqué par son combat contre la dictature du Général Stroessner, puis aux côtés des pauvres et des paysans sans terre, où, en chasuble, il défend la théologie de la Libération.

Enfin, il a répondu à l´appel de formations de gauche, une coalition de partis, syndicats, mouvements sociaux et organisations d´indiens guaranis.

Pauvreté, corruption et trafics

Mais la réalité paraguayenne est selon lui « unique » : 35% de pauvres, une corruption au sommet de l´Etat, des trafics en tout genre… Fernando Lugo affirme qu´il gouvernera au nom de cette réalité, sans s´obliger à appliquer des thèses ou idées copiées sur certains voisins. Il se donne pour exemple le Brésil de Lula, plus modéré.

« L’évêque des pauvres » rejoint cependant le groupe des présidents de la nouvelle gauche sud-américaine, qui disent agir au nom des plus humbles. Fernando Lugo veut commencer par une grande réforme agraire, où il affrontera les plus riches, la plupart complices du parti Colorado qui était au pouvoir depuis 61 ans, et dont les alliés gardent encore la main mise sur une administration gangrénée par l´affairisme.

jeudi 14 août 2008

Fidel Castro fête son 82e anniversaire loin des caméras


Fidel Castro a fêté son 82e anniversaire en privé, plus de deux ans après avoir quitté la scène publique en raison de problème de santé.

Aucune célébration officielle n'était prévue, mais des messages de sympathie lui ont été envoyés par la population par l'intermédiaire des médias nationaux.

A Pékin, les sportifs cubains participant aux Jeux olympiques l'ont salué en évoquant "le coach de l'équipe, le plus grand auteur de home-runs (en référence au base-ball, très populaire à Cuba, NDLR), et un gladiateur invincible".

Le président vénézuélien Hugo Chavez, ami personnel du "lider maximo", lui a envoyé un portrait de Simon Bolivar, héros de l'indépendance des pays d'Amérique du Sud.

Fidel Castro a officiellement transmis ses pouvoirs à son frère cadet Raul en février dernier, après les lui avoir "provisoirement" cédés en juillet 2006 en raison de problèmes de santé qui lui avait valu une intervention chirurgicale d'urgence aux intestins. Il n'a plus été vu en public depuis cette date.

Hugo Chavez a rencontré des représentants de la communauté juive mondiale




Cette rencontre inédite s’est déroulée au palais présidentiel à Caracas, à la suite d’une médiation menée par la présidente argentine Cristina Kirchner.


Pour la première fois en dix ans de pouvoir, le président vénézuélien Hugo Chavez, un fervent allié du régime iranien, a reçu mercredi des représentants de la communauté juive mondiale, a annoncé la télévision publique VTV.

Cette rencontre inédite s’est déroulée au palais présidentiel à Caracas, à la suite d’une médiation menée par la présidente argentine Cristina Kirchner, dont le pays accueille la plus grosse communuaté juive dans la région latino-américaine.

Parmi les invités figuraient notamment le président du Conseil juif mondial (CJM) Ronald Lauder et son représentant pour l’Amérique latine, Jack Terpins, ainsi que des membres de la communauté juive au Venezuela.

«Ce fut une rencontre très importante pour la communauté juive mondiale», a a déclaré M. Terpins, estimant que tous les malentendus avaient désormais été levés.

«Maintenant, nous savons que nous avons un ami de plus, ici en Amérique latine», a-t-il ajouté, en citant les présidents brésilien Luiz Inacio Lula et bolivien Evo Morales.

Le chef de la diplomatie vénézuélienne Nicolas Maduro s’est déclaré «très satisfait» de cette rencontre, promettant de «maintenir une relation permanente» avec la communauté juive. «L’Amérique latine doit être un territoire libéré de toute discrimination», a-t-il assuré.

Chef de file de la gauche anti-américaine, M. Chavez a entretenu des relations houleuses avec la communauté juive qui l’a accusé à plusieurs reprises d’avoir tenu des propos antisémites, ce qu’il a toujours nié.

Ce différend s’était aggravé après que le président vénézuélien eut condamné les actions menées par l’armée israélienne au Moyen-Orient et affiché son soutien au programme nucléaire défendu par l’Iran.

dimanche 10 août 2008

Référendum : Morales donné vainqueur malgré les divisions


Le président indien de la Bolivie devrait rester à la tête de l'Etat, mais doit faire face à d'importants mouvements de contestation, notamment dans l'est du pays.

La neige est tombée, samedi 9 août, sur la dernière réunion de campagne d'Evo Morales, ce qui dans la tradition de son peuple est de bon augure, alors qu'un référendum est organisé dimanche sur la question de son maintien à la tête de l'Etat.

Mais il faudra plus que la probable victoire du premier président indien de Bolivie pour espérer renouer le dialogue avec l'est du pays, violemment opposé aux réformes socialistes.

Deux ans après l'élection d'Evo Morales, la Bolivie progresse mais reste le pays le plus pauvre d'Amérique du Sud. "A bien des égards, l'Etat bolivien a échoué. Nous sommes en train de devenir une sorte de rassemblement d'Etats-cités", estime le politologue bolivien Eduardo Gamarra, de l'Université internationale de Floride.

Barrages de pneus en feu


Evo Morales et son gouvernement ont d'ailleurs de plus en plus de mal à simplement se rendre dans l'Est du pays au capitalisme triomphant. Des manifestations ont forcé le président à renoncer à ses déplacements dans près de la moitié du territoire cette semaine, et des barrages de pneus en feu ont entraîné l'annulation d'un sommet sur l'énergie avec ses homologues du Venezuela et d'Argentine dans le département gazier de Tarija.

"On pourrait bien se réveiller lundi matin avec un président soutenu par 55% des électeurs mais incapable de poser son avion dans quatre des neuf départements", prévient Jim Shultz, analyste politique au Centre pour la démocratie, un cercle de réflexion à but non lucratif installé à Cochabamba.



Contestation attendue


Le référendum de ce dimanche concerne également le vice-président et tous les préfets, à l'exception d'un seul récemment élu. La plupart devraient conserver leur poste, mais les sondages suggèrent une probable révocation du préfet de l'opposition dans le département de Cochabamba, bastion des cultivateurs de coca pro-Morales. Or le préfet Manfred Reyes rejette la légitimité de la consultation populaire et devrait donc en contester les résultats.

Au coeur de la crise se trouvent la terre et surtout le gaz naturel. Le président Morales s'est engagé à ne pas toucher à la propriété privée, sauf pour les terres en friches de l'Est, arguant qu'elles servent à la spéculation et devraient être redistribuées aux Indiens, pauvres dans leur grande majorité. Sa réforme agraire ne progresse guère, rencontrant une féroce résistance des grands propriétaires.



Manne économique


Les recettes du gaz naturel et des métaux précieux divisent encore plus le pays. Depuis que le président a nationalisé les gisements de gaz et renégocié les contrats d'exploitation, dans le cadre de son programme énergétique lancé en 2006, la Bolivie touche environ 85% des revenus, somme d'autant plus importante que les marchés s'envolent. Les exportations rapportent quasiment deux fois plus qu'en 2005, pour atteindre 4,7 milliards de dollars (3,13 milliards d'euros) en 2007.
Cette manne a alimenté une croissance économique de 4,7% l'an dernier, ainsi que des réserves de devises étrangères de 7,5 milliards de dollars (5 mds d'euros), tandis que la dette extérieure reste modérée, à US$3,8 mds (2,5 mds d'euros).



Victoire probable


Evo Morales voudrait exploiter cette richesse pour mettre en place un régime national de retraite s'appliquant aussi aux mères au foyer ou aux travailleurs de l'économie parallèle, mais ses efforts de centralisation du contrôle des recettes se heurtent aux réticences des départements. Quatre d'entre eux ont déclaré leur autonomie depuis le début de l'année dans des référendums largement symboliques.

A ces scrutins locaux, le président oppose la consultation nationale de dimanche. Plusieurs sondages réalisés fin juillet le créditent d'environ 54% des votes, comme à la présidentielle de décembre 2005, et une enquête Gallup va jusqu'à 61%, avec plus ou moins 2,3 points de marge d'erreur et un échantillon plus rural que les autres.

Evo Morales, 48 ans, et son Mouvement vers le socialisme (MAS) risquent malgré tout de n'en avoir pas les coudées plus franches.


Coups de feu


Un projet de Constitution accordant davantage de pouvoir aux peuples indigènes et autorisant le président à briguer deux mandats consécutifs de cinq ans reste bloqué, tandis que l'hostilité des départements orientaux grandit.

Jeudi, les opposants ont empêché la venue d'Evo Morales dans les départements de Pando, Santa Cruz et Beni, et récemment des coups de feu étaient tirés dans les roues d'un ministre chassé du Santa Cruz. Les Vénézuéliens sont encore plus mal venus, l'opposition accusant le président Hugo Chavez d'ingérence dans la politique intérieure bolivienne.

Evo Morales a mis en garde les préfets de l'Est dans son dernier discours de campagne jeudi soir, les soupçonnant de vouloir manipuler les foules et biaiser le référendum: "Il n'y aurait pas de dictature civile."

samedi 9 août 2008

Hugo Chavez a achèté de nouvelles armes en Russie



La modernisation de l'armée entreprise par Caracas met mal à l'aise les États-Unis et le Brésil.

La visite que le président vénézuélien, Hugo Chavez, vient d'achever à Moscou a laissé comme un parfum de guerre froide. Venu rencontrer pour la première fois son homologue Dmitri Medvedev, Hugo Chavez a revendiqué une «alliance stratégique» avec la Russie pour faire face à «la menace des États-Unis» : une banque commune, pour financer les échanges commerciaux, des accords éner­gétiques, permettant aux géants russes du gaz et du pétrole d'explorer les réserves vénézuéliennes, et ­surtout, des achats d'armes.

Entre 2005 et 2007, Moscou a vendu l'équivalent de 2 milliards de dollars d'armes à Caracas, notamment des avions de combats, et 100 000 fusils d'assaut Kalachnikov. Cette fois, le Venezuela projette d'acquérir des hélicop­tères MI 28, des avions de surveil­lance des côtes, des tanks, des systèmes de défense aériens ainsi que des sous-marins non atomiques. Hugo Chavez a même proposé à la Russie d'installer une base sur son territoire.

Le président Medvedev a affiché son soutien sans ambiguïté à Hugo Chavez. Le Venezuela est le troisième client de l'industrie d'armement russe, après la Chine et l'Inde, et le premier en Amérique latine. Pour la Russie, le renforcement de cette alliance est aussi un pied de nez à Washington. Elle répond aux exercices conjoints de troupes américaines avec l'armée de Géorgie, la semaine dernière, ainsi qu'aux manœuvres diplomatiques de la Maison-Blanche pour installer un bouclier antimissiles en Tchécoslovaquie et en Pologne.

Cependant, les achats du Venezuela ont relancé le débat sur une course aux armements en Amérique latine. Depuis 2005, Caracas a investi 4 milliards de ­dollars dans la modernisation de son armée. Un appétit qui rend les compagnies américaines d'autant plus mécontentes qu'elles ne peuvent pas en profiter : Washington a annoncé en 2006 un embargo sur les ventes d'armes au Venezuela, considérant que le pays ne «collaborait pas totalement» dans la lutte antiterroriste.

Le Venezuela n'est pas seul à s'armer sur le continent. Le Chili investit des sommes colossales tous les ans, principalement au­près de fournisseurs américains. C'est aussi le cas de la Colombie, puisqu'une bonne partie des 6 milliards de dollars, alloués par les États-Unis pour combattre le trafic de drogue, est dédiée à l'achat d'équipements américains. Au total, les dépenses de défense en Amérique latine sont passées de 25 milliards de dollars en 2003 à 38 milliards en 2007, selon l'Institut international d'études stratégiques (IISS) de Londres.

Réactivation de la IVe Flotte

L'augmentation s'explique par le boom des exportations de ressources naturelles hydrocarbures, minières et agricoles dont l'Amérique latine est riche, et par le souci croissant de les protéger. En ce sens, plus qu'inquiéter ses voisins, le Venezuela suscite leur envie, et notamment celle du Brésil. La réactivation en avril, par le Pentagone, de la IVe Flotte, un corps de la marine américaine chargé de sillonner les eaux d'Amérique du Sud et des Caraïbes, provoque une irritation croissante au sein de la puissance régionale.

Les Brésiliens soulignent que cette décision a été prise juste après l'annonce de la découverte des gisements de pétrole susceptibles de contenir 90 milliards de barils, bouleversant la donne géopolitique de la région. Après les protestations du président Luiz Inacio Lula da Silva, le Sénat brésilien a envoyé des émissaires auprès de l'ambassadeur américain pour lui dire que les navires de la IVe Flotte n'étaient pas les bienvenus dans les eaux brésiliennes. Le diplomate a protesté, dans une tribune publiée par la presse brésilienne, que les intentions de la marine américaine étaient seulement «humanitaires».

Une Colombie des plus hostiles attend Micheline Calmy-Rey



La conseillère fédérale part dimanche pour Bogotá. Officiellement, pour célébrer le 100e anniversaire du traité d'amitié. Mais les relations sont au plus mal. Normal: fort de ses succès militaires, le président Alvaro Uribe coupe tous les ponts avec la guérilla. La Suisse des bons offices n'est que l'une des nombreuses cibles.

Etre Suisse à Bogotá par les temps qui courent, ce n'est pas une bonne idée. Non seulement le gouvernement accuse le médiateur Jean-Pierre Gontard de sympathies coupables avec la guérilla des FARC, mais on reproche également à notre pays d'héberger impunément le délégué en Europe des forces rebelles, un certain Omar Arturo Zabala Padilla, alias Lucas Gualdron. Difficile alors de ne pas avoir une pensée émue pour Micheline Calmy-Rey. La cheffe de la diplomatie suisse part dimanche pour Bogotá, où le président Alvaro Uribe l'attend lundi pour célébrer le 100e anniversaire du traité d'amitié entre les deux pays. Ça ne s'invente pas.

Maigre consolation: la Suisse n'est pas seule dans la ligne de mire de Bogotá. Surtout depuis la libération spectaculaire, le 2 juillet, d'Ingrid Betancourt et de 14 autres otages. Le président Uribe, qui n'a jamais caché sa préférence pour la manière forte, voit sa cote atteindre les 90% et en profite pour imposer une politique plus ferme.

Lui qui avait malgré tout toléré, depuis son élection en 2002, des initiatives prises pour relancer le dialogue avec les FARC saisit maintenant l'occasion d'anéantir cette voie qu'il juge mauvaise. Si officiellement il affirme vouloir le contact direct avec la guérilla, tous ceux qui pourraient le rendre possible sont systématiquement attaqués. L'un après l'autre, tous les ponts sont brisés. Voyez plutôt.

La fin des facilitateurs?

Que Jean-Pierre Gontard soit reconnu innocent ou non, une chose est sûre: il ne remettra pas les pieds en Colombie. Son collègue français Noël Saenz, aussi accusé de collusion, ne fera plus le médiateur. Tous deux avaient été officiellement mandatés par Bogotá en 2005.

Mais des facilitateurs colombiens sont également incriminés, comme Carlos Lozano, patron du quotidien de gauche Voz Proletaria (mandaté en 2002), l'ancien magistrat Lázaro Viveros Paniza, l'ancien ministre Alvaro Leyva et même la sénatrice Piedad Córdoba qui avait aidé le président vénézuélien Hugo Chavez à obtenir la libération d'otages en janvier et février.

Quant aux prêtres facilitateurs mandatés en 2006 par Bogotá, ils ont été jugés inefficaces et ont reçu d'autres fonctions dans l'Eglise catholique.

La Croix-Rouge entravée?

Le CICR s'est inquiété hier d'une vidéo montrant «l'usage abusif délibéré de l'emblème de la Croix-Rouge» par le commando colombien qui a libéré Ingrid Betancourt en trompant la guérilla. Cet emblème protecteur garantit la neutralité et donc la sécurité du personnel humanitaire qui porte secours depuis quarante ans aux populations victimes du conflit.
? Les journalistes en péril

Les journalistes, eux aussi, courent des risques accrus depuis que deux soldats du commando du 2 juillet se sont fait passer pour un journaliste et un cameraman arborant le logo de la chaîne TeleSUR. Par ailleurs, William Parra, qui fut journaliste de cette chaîne, est cité à comparaître le 20 août à cause de ses contacts avec la guérilla.

Les interlocuteurs traqués?

Dans une logique de dialogue, on préserve les interlocuteurs. Ce n'est évidemment plus nécessaire dans l'optique d'un affrontement. Bien au contraire. Voilà qui explique le lancement par Bogotá d'une vaste offensive pour démanteler le réseau des FARC en Europe. A commencer par la Suisse, où il n'existe aucune liste rouge d'organisations terroristes. La Colombie aimerait que la Suisse l'aide à faire arrêter Lucas Gualdron, considéré comme le délégué de la guérilla sur le Vieux-Continent. Il est accusé de trafic d'armes turques et de contact avec les terroristes basques.

vendredi 8 août 2008

Venezuela pousse Trinidad hors du marché pétrolier des Caraïbes.




La vente d’Hugo Chavez, Président vénézuélien, de pétrole subventionnée aux pays de la Caraïbe, grâce à l'initiative PetroCaribe pousse les fournisseurs traditionnels de Trinidad-et-Tobago à rechercher de nouveaux marchés, hors de la région.

La compagnie pétrolière de Trinidad, les ventes caribéennes habituelles de Petrotrin sur le marché de près de 60 000 barils par jour (b/j) ont diminué de moitié depuis 2005, avec la création de PetroCaribe, qui vend du pétrole et du carburant à des conditions avantageuses dans les Caraïbes et les nations de l'Amérique centrale.

"Nous avons perdu un marché dans la région (Caraïbes), mais nos produits irons désormais vers d'autres marchés", y compris les États-Unis, a déclaré Kenneth Allum, le vice-Président de la raffinerie Petrotrin.

Le Venezuela vend à peu près 190 000 barils de pétrole et de produits par jour dans les Caraïbes et l'Amérique centrale, par le biais de l'initiative PetroCaribe. La région Caraïbe importe environ 450 000 barils de pétrole par jour, d'après les données du Département d’Energie des Etats Unis.

Quatorze pays des Caraïbes et de l'Amérique centrale ont signé l'accord originale de PetroCaribe, qui permet aux gouvernements d'acheter du pétrole vénézuélien et du carburant par le biais de paiements de nature et de financer 40% de leurs factures à 1% depuis 25 ans.

Riches en énergie Trinidad-et-Tobago, et le petit producteur de pétrole, Barbade, n'y ont pas adhéré. Trinité a mentionné des préoccupations selon lesquelles PetroCaribe serait en concurrence avec ses propres ventes, bien que Trinidad ait soutenu la suppression d'une tarification régionale pour faciliter les ventes de PetroCaribe dans la région.

mardi 5 août 2008

Petrocaribe assouplit encore ses conditions de paiement



Face à la hausse mondiale des prix du pétrole, le 5ème Sommet de PetroCARIBE a approuvé un assouplissement des conditions de paiement des livraisons. Des mesures pour contrecarrer la hausse des prix des aliments ont aussi été adoptées lors de la rencontre.

Les participants au Sommet, qui a rassemblé dans la ville vénézuélienne de Maracaibo, les représentants des 17 pays membres de PetroCARIBE, ont adopté une proposition du président Venezuelien, Hugo Chavez. Cette proposition implique une amélioration immédiate des conditions préférentielles de paiement dont jouissent actuellement les pays associés à l’initiative d’intégration régionale en matière d’énergie.

En vertu de la nouvelle forme de paiement, les pays associés à PetroCARIBE paieront désormais 40% de leurs achats de pétrole vénézuélien dans les 90 jours suivant la livraison, les 60% restants devant être payés dans un délai de 25 ans avec un taux d’intérêt annuel de 1%, si le prix du baril est supérieur à 100 dollars.

La proposition vénézuélienne, adoptée pendant le sommet, améliore donc de 10% les conditions précédentes, déjà nettement avantageuses par rapport à celles couramment pratiquées sur le marché mondial.

En cas de hausse de prix, dépassant 150 dollars par baril, les pays membres de PetroCARIBE paieraient 30% de leurs achats d’hydrocarbures vénézuéliens dans un délai de 90 jours après la livraison et le solde serait financé à long terme.

Les participants au Sommet ont également approuvé une autre proposition du Venezuela visant la mise en place d’une société mixte – avec la participation de tous les membres de PetroCARIBE – dans la frange pétrolière vénézuélienne de l’Orénoque, récemment nationalisée.

Au cours du Sommet, le président Hugo Chavez avait appelé les participants à faire de PetroCARIBE « un bouclier contre la crise et contre la faim ».

Précisément en ce qui concerne la crise des aliments, le Sommet de PetroCARIBE a décidé de mettre en place un Conseil des ministres de l’Agriculture des pays membres, dont la première réunion aura lieu le 30 juillet à Honduras, et un organisme commun chargé de coordonner des politiques en matière de production agroalimentaire.

Les participants au Sommet de PetroCARIBE ont aussi décidé de mettre 100 000 tonnes d’urée à la disposition de la région Amérique centrale-Caraïbes. Celle-ci jouira d’une réduction de 40% sur le prix de ce produit, destiné à la fabrication d’engrais chimiques, dont le coût augmente aussi sur le marché mondial.

PetroCARIBE mettra aussi en place une commission de planification, chargée de promouvoir le commerce entre ses membres par l’adoption de formules de compensation dans le cadre du système de financement auquel ils ont accès au sein de cette association régionale.

lundi 4 août 2008

PetroCaribe crée des fonds alimentaires pour lutter contre les crises mondiales




Dans un effort de garantir la sécurité alimentaire régionale, les représentants des 18 pays membres de PetroCaribe, ont créé, mercredi 30 juillet, un fond alimentaire avec un solde initial de 450 millions de dollars, d'après Prensa Latina.

Au cours d'une réunion des ministres de l'agriculture et d'autres autorités de la PetroCaribe, les pays membres réunis au Honduras, le 30 juin, à l'initiative du Président vénézuélien Hugo Chavez, ont créé un fond destiné à réactiver le secteur agricole en Amérique latine.

Le Fond Alimentaire PetroCaribe, qui fait partie de l'Alternative bolivarienne des Amériques, sera alimenté par les exportations de pétrole vénézuélien, à un taux de cinq cents pour chaque baril de pétrole brut vendu à rabais aux membres de PetroCaribe, à un prix supérieur à 100 dollars.

En outre, les participants au sommet de l'agriculture ont créé un Conseil des ministres de l'Agriculture qui siègera au Venezuela. Le conseil sera chargé de définir les procédures, les lois et les règlements pertinents pour le secteur.

Au cours de la réunion, le Président de la République de Hondura, Manuel Zelaya, a annoncé l'intégration de son pays à l'Alternative bolivarienne des Amériques.

La prochaine réunion PetroCaribe se tiendra à Cuba, comme convenu par les participants du sommet, selon AP.

Les délégations des pays membres de PetroCaribe ayant participé à la collecte : Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Belize, Cuba, Dominique, Grenade, Guatemala, Guyana, Haïti, Honduras, Jamaïque, Nicaragua, République Dominicaine, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent et les Grenadines, le Surinam et le Venezuela.

Et ceux ayant participé en qualité d'observateurs : les représentants de la Bolivie, du Costa Rica et de l'Équateur.

samedi 2 août 2008

Chavez absent de Colombie par sécurité




Le président vénézuélien Hugo Chavez n'est pas venu vendredi à un sommet des dirigeants latino-américains sur les narcotiques. Selon son gouvernement, cette absence est due à des raisons de sécurité. Chavez, qui ne ménage pas ses critiques envers les Etats-Unis et leurs efforts de lutte contre la drogue dans la région, avait déclaré jeudi qu'il assisterait au sommet réunissant la Colombie, le Mexique et d'autres pays d'Amérique latine et des Caraïbes afin de discuter de la coopération contre le trafic de drogue et les violences qu'il engendre.

vendredi 1 août 2008

Expiration de la possibilité de légiférer par décret pour Hugo Chavez


Assemblée Nationale Venezuelienne

La possibilité, pour le président Hugo Chavez, d'adopter des mesures radicales par décret présidentiel, a expiré jeudi. Mais l'Assemblée nationale (Congrès) pourrait la renouveler si nécessaire, ont précisé des juristes.

Hugo Chavez avait reçu du Congrès il y a 18 mois les pleins pouvoirs. Cela lui a permis de prendre des parts majoritaires dans quatre projets pétroliers majeurs, ainsi que de nationaliser les plus importantes entreprises de téléphonie, d'électricité, d'acier et de ciment, ainsi que de créer une force de police fédérale et d'imposer de nouveaux impôts - en tout plus de 30 nouvelles lois. Il a annoncé jeudi la nationalisation de la troisième banque du Venezuela.

Il pouvait légiférer par décret dans 11 des domaines les plus sensibles de la politique nationale, pour la troisième fois depuis son arrivée au élection en 1999. Jamais auparavant des pouvoirs spéciaux navaient été accordés à un mandataire vénézuélien pour une période aussi étendue.

Les trois façons de tuer un homme par Jacques Lanctôt


L'éditorialiste Québecois Jacques Lanctôt


Vous vous souvenez de la chanson de Félix Leclerc, sur les cent mille façons de tuer un homme? Pour Félix, il y en avait une qui semblait la pire des façons: «C’est de le payer pour être chômeur.»

George W. Bush, lui, en a trouvé trois pour tuer son ennemi juré, Hugo Chávez, celui qu’il qualifie d’éminence grise du terrorisme en Amérique latine. C’est une véritable course contre la montre qu’il a entreprise: aux États-Unis, les élections présidentielles sont prévues pour le 4 novembre et au Venezuela, les élections auront lieu 19 jours plus tard, soit le 23 novembre.

On a vu tout récemment le président Chávez demander publiquement aux FARC colombiennes de libérer leurs prisonniers et d’abandonner la lutte armée, qui, selon lui, représente une forme de lutte qui a fait son temps. Sa position lui a valu de nombreuses critiques, mais il semble que le président vénézuélien ait ainsi voulu ouvrir une première brèche dans le refus du gouvernement colombien de reconnaître les FARC comme étant non pas des terroristes, mais plutôt une force belligérante.

La question sémantique a ici son importance puisqu’elle couperait l’herbe sous les pieds à la Maison Blanche de considérer la guérilla comme une organisation terroriste qu’il faut combattre avec les grands moyens, y compris, dans la logique du gouvernement Bush, d’attaquer ses bases arrières et ses principaux alliés, soit les gouvernements vénézuélien et équatorien. Chávez a justement ajouté, lors de cette sortie publique, que les États-Unis cherchaient à tout prix un prétexte pour intervenir dans la région, et ce prétexte était de toute évidence les FARC.

Chávez ayant donc pris les devants pour parer à toute possible justification d’intervention directe contre son pays, il semble bien que le président américain ait décidé de recourir à d’autres moyens, tout aussi efficaces. Selon le journaliste et ex-vice-président José Vicente Rangel, Bush aurait demandé à la CIA de travailler sur trois scénarios possibles, dont le plus simple et le plus efficace serait un franc-tireur posté au bon endroit au bon moment. On a vu avec John Kennedy qu’une telle action spectaculaire a très bien fonctionné.

Les services secrets américains savent fort bien que Chávez n’est pas un «homme d’intérieur», il multiplie les sorties publiques et s’adresse à des foules de partisans presque tous les jours. Une telle opération serait relativement facile à organiser, étant donné que le président Chávez ne contrôle pas à 100% son appareil de sécurité.

Le plan B consiste à entraîner, quelque part sur le territoire d’un pays frontalier ami, la Colombie ou le Pérou, des commandos spéciaux, composés de mercenaires vénézuéliens et colombiens et d’officiers mécontents de l’armée du Venezuela, et dieu sait qu’il y en a un bon nombre.

Ces hommes seraient chargés de mener une opération éclair, comme on l’a vu récemment lorsque des forces combinées colombiennes et américaines ont attaqué, en territoire équatorien, une base des FARC et tué le numéro deux de la guérilla, Raúl Reyes. De tels commandos pourraient attaquer le palais de Miraflores, la résidence présidentielle de Chávez, une cible relativement facile, et tuer le président.

Un journaliste vénézuélien a d’ailleurs affirmé tout récemment que les services secrets vénézuéliens étaient parfaitement au courant que de tels commandos sont actuellement entraînés en vue d’une pareille attaque. Ils compteraient sur l’aide précieuse d’officiers du Mossad, le service secret israélien, un allié inconditionnel des États-Unis. Ce genre d’opération serait, toutefois, plus risqué et plus sanglant puisqu’il y aurait combats et morts d’hommes, inévitablement, malgré son côté «attaque surprise».

Le plan C a lui aussi déjà été expérimenté ailleurs, et avec succès dans certains cas. Il s’agirait de lancer un missile contre l’avion du président Chavez, au moment du décollage ou de l’atterrissage. Chavez multiplie les voyages à l’étranger puisqu’il est un des principaux promoteurs de la grande république bolivarienne et ce sont là autant d’occasions, pour les putschistes et la CIA, d’intervenir rapidement et de l’éliminer sans causer trop de dommages collatéraux. Et puis, entre-temps, il y a toujours le bon vieux plan Z, celui de la guerre médiatique de quatrième génération, qui, lui, n’a jamais de cesse. Il consiste à discréditer la gouverne du président légitimement élu, en l’attaquant de toutes parts dans les médias, en créant un mécontentement populaire, en suscitant des pénuries alimentaires, en propageant toutes sortes de rumeurs concernant des violations des droits humains et de la liberté d’expression ou de son implication dans le trafic de drogue et des armes avec les FARC, etc. On veut, en fait, le priver de sa base populaire. v Tuer Chávez, c’est tuer la révolution bolivarienne, croit la CIA, puisqu’il n’y a apparemment, au Venezuela, aucun vrai numéro deux pour prendre rapidement la relève, contrairement à Cuba où la Révolution cubaine avait été un puissant incubateur de dirigeants potentiels, dès le départ.

Au début, il y a eu la peur des Indiens, et les Américains ne sont pas gênés pour les exterminer. Puis ce fut la peur des Noirs, la menace japonaise, la menace soviétique et la guerre froide, la menace cubaine à 145 kilomètres des côtes de la Floride, le péril jaune avec la Chine, l’axe du mal et le terrorisme international, puis l’Iran.

Et c’est maintenant le tour de Chávez, le président élu du Venezuela, de faire son entrée dans le grand délire paranoïaque américain.