lundi 29 décembre 2008

Hugo Chavez dit qu'il "préparera ses valises" en cas de défaite au référendum de février 2009


Pour la première fois, le président vénézuélien, Hugo Chavez, a envisagé de se retirer du pouvoir, mardi 23 décembre, en cas de défaite au référendum prévu en février 2009. A cette occasion, les électeurs devront se prononcer pour ou contre la réélection illimitée du chef de l'Etat.
Le mandat de M.Chavez, qui vient de célébrer ses dix ans au pouvoir, s'achève en février 2013. La Constitution l'autorise à se représenter une seule fois, ce qu'il a fait en 2006. Cependant, le leader de la "révolution bolivarienne" a décidé de remettre aux voix la réélection illimitée du président de la République, une possibilité que les Vénézuéliens avaient rejetée lors du référendum constitutionnel de décembre 2007.

"Au cas où [l'opposition] obtiendrait la victoire, je serai le premier à le reconnaître", a assuré M.Chavez, mardi. "Je commencerai à préparer mes valises et à compter les mois et les ans, à travailler intensément et à préparer en même temps celui qui me succédera", a-t-il déclaré.

Après avoir aligné une série de victoires électorales depuis 1998, M.Chavez a subi ses premiers revers dans les urnes lors du référendum constitutionnel de décembre 2007 et au scrutin régional et municipal de novembre 2008. La réforme constitutionnelle avait été rejetée par 50,7% des voix.

Chute des prix du pétrole Aux élections de novembre, les candidats "chavistes" ont perdu les cinq principaux Etats vénézuéliens et les villes de Caracas et Maracaibo, la capitale du pétrole. L'électorat urbain a montré son insatisfaction, y compris dans un quartier populaire comme le Petare, à Caracas, remporté par un jeune opposant. Les électeurs ont fait payer aux candidats de M.Chavez sa sous-estimation de l'inflation (35%) et de l'insécurité publique, deux fléaux qui frappent surtout les plus modestes.

L'opposition a critiqué le projet de référendum sur le mandat présidentiel, lancé par M.Chavez au lendemain du scrutin de novembre. Selon des juristes, le même sujet ne peut pas être soumis une seconde fois à un référendum au cours du même mandat de six ans.

Carlos Malamud, chercheur au Real Instituto Elcano, à Madrid, explique l'empressement de M. Chavez "par sa crainte que le vote populaire l'abandonne à nouveau, comme en décembre 2007". La chute des prix du pétrole compromet les programmes sociaux et frappe de plein fouet le projet "bolivarien", au Venezuela et à l'étranger, ajoute M. Malamud. La politique de M. Chavez est financée par l'usage discrétionnaire des revenus exceptionnels du pétrole.

mardi 23 décembre 2008

Les FARC annoncent la libération unilatérale de six otages


Dans une longue missive, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche) ont annoncé, dimanche 21 décembre, la prochaine libération unilatérale de six otages : deux civils, trois policiers et un soldat. L'ancien gouverneur Alan Jara et l'ex-député Sigifredo Lopez devraient retrouver la liberté après plus de six ans passés dans la forêt. L'identité des quatre militaires n'a pas été précisée.
La lettre des FARC est une réponse adressée aux "Colombiens pour la paix", un groupe d'intellectuels et de personnalités qui, fin octobre, ont décidé d'engager un dialogue épistolaire avec le mouvement armé. Datée du 17 décembre, elle a été publiée, dimanche, sur le site Internet de l'agence Ancol, proche des FARC.

Selon les FARC, la libération de six otages est une "preuve de bonne volonté" de leur part, destinée à favoriser la négociation d'un "échange humanitaire de prisonniers", préalable à un dialogue de paix. Outre les centaines d'otages enlevés pour obtenir le paiement d'une rançon, les guérilleros détiennent encore 28 otages dits "politiques", qu'ils souhaitent négocier avec le pouvoir.

Alan Jara a été capturé en juillet 2001, alors qu'il se déplaçait à bord d'un véhicule des Nations unies dans l'est de la Colombie. Sigifredo Lopez a été enlevé en 2002, en compagnie de onze collègues. En juin 2007, ces élus ont été tués au cours d'un affrontement armé, apparemment entre deux unités des FARC.

ONZE ANS DE CAPTIVITÉ

M. Jara et M. Lopez sont les deux derniers civils du groupe des otages "politiques". A l'annonce de leur prochaine libération, leurs proches ont laissé éclater leur joie tandis que l'incertitude s'installait chez les familles des militaires. Pour deux d'entre elles, le drame est d'autant plus vif que leurs fils - Libio José Martinez Estrada et Pablo Emilio Moncayo - ont franchi, dimanche 21 décembre, le cap de leur onzième année de captivité. Les détails concernant "la date, le lieu et les modalités de la libération" seront donnés en temps utile, indiquent les FARC. La guérilla se contente de préciser que cela se fera en deux temps (les militaires d'abord, les deux civils ensuite) et que les otages seront remis à la sénatrice Piedad Cordoba (opposition). Celle-ci a déclaré que les libérations pourraient intervenir début janvier. Elle a évoqué une éventuelle intervention du président vénézuélien, Hugo Chavez. Début 2008, Mme Cordoba et M. Chavez avaient obtenu que les FARC libèrent six otages.

Le 6 décembre, le président Alvaro Uribe avait annoncé que la guérilla était en train de "manigancer une nouvelle libération unilatérale", qualifiée de "piège". En dénonçant "l'illusion d'un accord humanitaire", il avait martelé : "D'avance, nous le disons : c'est non." M. Uribe refuse de négocier avec une organisation qui continue de pratiquer la prise d'otages et des actes terroristes.

mardi 16 décembre 2008

L’ALBA grandit sans renoncer à une seule idée du rêve unitaire


Discours prononcé par le général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, à la clôture de la 9e Commission mixte Cuba-Venezuela, après avoir été décoré de l’Ordre du Libertador, et reçu la réplique de l’épée de Simon Bolivar des mains du président de la République bolivarienne du Venezuela Hugo Chavez Frias



Camarade Hugo Chavez Frias, président de la République bolivarienne du Venezuela.

Camarade Ramon Carrizales, vice-président de la République bolivarienne du Venezuela.

Membres des délégations de Cuba et du Venezuela,

Huit ans se sont écoulés depuis la signature par le président Chavez et le camarade Fidel de l’Accord intégral de coopération entre le Venezuela et Cuba, qui a constitué le point de départ d’un type de relations complètement différentes entre les peuples latino-américains.

Par la suite, l’impact politique, économique et social de cet événement allait être couronné par le succès des missions sociales qui ont démarré en 2003.

Cette décision montrait une nouvelle voie à suivre entre deux pays frères de la région, portait à un niveau supérieur nos liens de coopération, et servit de base à la signature, en décembre 2004, de l’Accord et de la Déclaration conjointe pour l’application de l’Alternative bolivarienne pour Notre Amérique.

Aujourd’hui, ces documents peuvent être considérés à juste titre comme le prélude de la fondation de l’ALBA, et cette première rencontre comme son premier Sommet.

L’ACCORD INTEGRAL DE COOPERATION AFFICHE UNE CROISSANCE SOUTENUE ET SES PROJETS SONT DE PLUS EN PLUS IMPORTANTS ET COMPLEXES

Il est réconfortant de constater qu’au cours des huit ans qui se sont écoulés l’Accord intégral de coopération affiche une croissance soutenue et que ses projets sont de plus en plus importants et complexes.

Un seul exemple: il y a huit ans il y avait au Venezuela 1 600 000 analphabètes. Aujourd’hui le Venezuela est reconnu par l’UNESCO comme un pays sans analphabétisme.

Nous devons aujourd’hui travailler avec empressement pour achever les projets en exécution. Il est indispensable d’identifier, comme nous le faisons, les obstacles susceptibles de retarder la matérialisation des objectifs que nous nous sommes fixés.

Camarade président Chavez,

Camarades,

L’ALBA est une forme supérieure d’association de nos pays, un instrument qui permet aux pays d’Amérique latine et de la Caraïbe de faire face au néolibéralisme et à la crise, et de construire des sociétés plus justes et équitables.

L’ALBA grandit sans renoncer à une seule idée du rêve unitaire de solidarité et de justice pour tous. Hier nous étions deux, aujourd’hui nous sommes six, et demains nous serons davantage.

Petrocaribe, fondée dans l’esprit solidaire du Venezuela, tout comme d’autres initiatives de coopération inspirées par des principes semblables, s’érigent comme des exemples qui prouvent qu’un monde meilleur est possible.

Dans les circonstances actuelles où en tant que patriotes latino-américains et caribéens nous redoublons d’efforts pour atteindre un jour l’unité de toutes nos nations, je me souviens des paroles inspirées du jeune soldat bolivarien qui, accompagné par Fidel, arriva il y a exactement 14 ans à l’Université de La Havane pour nous dire:

«Pour nous, le prochain siècle sera le siècle de l’espoir, le siècle de la résurrection du rêve bolivarien, du rêve de Marti, du rêve latino-américain».

Camarade et frère Chavez, tes paroles prémonitoires commencent à se matérialiser; les rêves d’hier commencent à devenir réalité.

Au nom de notre peuple, toute notre reconnaissance pour la solidarité généreuse, pour la tienne et celle de ton peuple, avec la Révolution cubaine. Si les dures années de la période spéciale sont maintenant derrière nous, pendant lesquelles nous avons dû résister seuls face à la crise économique et la recrudescence du blocus, ceci a été dû non seulement à notre unité et à notre esprit de résistance, mais aussi au soutien décisif que nous avons reçu du Venezuela bolivarien.

Nous te sommes aussi reconnaissants pour ton affection et ton respect pour Fidel. Pour ton engagement constant en faveur de l’unité de nos peuples, et pour ton sens de la dignité et de l’honneur.

LA VICTOIRE EN AMERIQUE LATINE DEPEND DANS UNE LARGE MESURE DE LA VICTOIRE AU VENEZUELA

Toutes nos félicitations, à toi et au peuple bolivarien, pour la victoire obtenue aux récentes élections régionales. Tous nos vœux de succès dans les nouvelles batailles à venir. Nous vous rappelons que la victoire en Amérique latine dépend dans une large mesure de la victoire au Venezuela.

Mon admiration et mon amour pour le Venezuela m’ont accompagné depuis que, jeune homme, les idées de Patrie et humanité ont pris corps dans mon esprit.

Et je ne suis pas une exception. C’est un sentiment que je partage avec des millions de mes compatriotes. Il s’est enraciné profondément dans le cœur de nos deux peuples pendant deux siècles d’espoirs, de rébellions et de luttes communes; deux siècles de solidarité et d’engagement avec l’œuvre inachevée des pères de l’indépendance américaine.

Nous autres, Cubains, considérons Bolivar comme nôtre, tout comme Marti se considéra comme un fils et un humble serviteur du Venezuela.

Comme lui, nous ne sommes pas venus sur cette terre sœur en pensant aux honneurs qui nous seraient rendus, mais pour rendre hommage à un peuple qui s’est tenu aux côtés de Cuba dans chaque moment difficile, dans les moments où l’on reconnaît les vrais amis.

Je me souviens combien nous étions angoissés en 1958, alors que nous combattions dans les montagnes de l’est de notre pays, à l’idée de voir ruiné le merveilleux moment que vivait ce peuple frère.

C’est alors que j’ai écris dans mon journal de campagne:

«Dimanche 7 septembre 1958.- Au Venezuela il y a eu aujourd’hui une tentative de coup d’Etat. Une menace terrible pèse sur le Venezuela, notre alliée naturelle dans nos luttes futures, en faveur de la libération économique et de la souveraineté pleine de l’Amérique latine. Pourvu qu’elle puisse tenir jusqu’à ce que nous parvenions à conquérir la liberté, pour pouvoir nous aider mutuellement.

Le peuple, dans une action magnifique et bravant les balles, s’est emparé du poste de police.»

Un autre événement me vient aussi à l’esprit. C’était pendant les premiers jours de 1953. Je venais d’avoir 22 ans et je suis arrivé à Caracas depuis le port de La Guaira, où avait fait escale après avoir fait une halte à Curaçao le bateau à bord duquel je suis retourné à Cuba après avoir assisté à un Congrès de la jeunesse.

J’étais accompagné de deux jeunes révolutionnaires guatémaltèques: Bernardo Lemus et Ricardo Ramirez. Le premier devint un brillant professeur d’économie, mais fut assassiné dans la fleur de l’âge par la tyrannie qui régnait sur son pays. Le second allait être connu dans son pays comme le commandant guérillero Rolando, également décédé.

Conséquents avec l’exemple de Marti, sans prendre le temps de secouer la poussière du voyage nous arrivâmes directement devant la statue du Libertador. C’était deux mois à peine avant l’attaque de la caserne Moncada.

Cinquante-cinq ans plus tard, c’est avec une profonde satisfaction que je suis revenu sur cette terre sœur pour d’abord rendre hommage à Bolivar et aussi pour ratifier l’engagement de concrétiser les rêves qu’il caressait pour Nôtre Amérique.

Je repars animé de ce même esprit, convaincu que beaucoup des choses commencées par Bolivar restent encore à faire, et que c’est à nous, à nos enfants et à nos petits enfants de relever ce défi.

Je réitère, avec Fidel, la phrase de José Marti qui traduit la pensée de tous les Cubains: «Que le Venezuela me dise à quoi je pourrais lui être utile: Il a en moi un fils».

lundi 15 décembre 2008

Venezuela : de la victoire électorale à l’amendement constitutionnel




Les élections régionales et municipales du 23 novembre 2008 ont une nouvelle fois démontré la popularité du gouvernement du président vénézuelien Hugo Chávez. Pour la douzième fois en dix ans, le leader bolivarien a remporté le processus électoral par une écrasante majorité. En effet, le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) a remporté 17 Etats sur 22 et 264 municipalités sur les 328 en jeu dont 18 capitales régionales sur 22, s’affirmant comme la première force politique du pays. Ainsi, Chávez et ses partisans ont remporté 77% des Etats et 80% des mairies. De son côté, l’opposition a ainsi perdu contrôle de deux Etats passant de sept à cinq, même si elle a remporté la mairie de la Caracas, capitale du pays1.


« Il s’agit d’une grande victoire du PSUV », a déclaré Chávez au sujet de son nouveau parti2. La participation a atteint les 65,25%, un chiffre sans précédent pour des élections régionales. « Il s’agit de la victoire du Venezuela et le chemin démocratique choisi par le peuple a été ratifié », a-t-il ajouté3. Ainsi, le PSUV a gagné 1,4 million de voix par rapport au référendum du 2 décembre 2007 sur la réforme constitutionnelle, ce qui représente une hausse de 20%, alors que l’opposition a subi une baisse de 10% par rapport au dernier scrutin4.



Quatre des cinq gouverneurs élus avec les voix du chavisme en 2006 et qui étaient entrés en dissidence par la suite ont été sanctionnés par les électeurs et ont perdu les Etats de Sucre, Guárico, Trujillo et Aragua. « La dissidence a été pulvérisée », a souligné le leader bolivarien, en référence à la trahison politique de ses anciens partisans. Au total, l’opposition a obtenu 25,17% des voix5.



« Le peuple, autant ceux qui ont voté pour les candidats de la révolution que ceux qui ont voté pour les autres candidats, a démontré qu’il y a ici un système démocratique et que l’on respecte les décisions du peuple », a affirmé Chávez. Le président vénézuelien a tenu à féliciter l’opposition : « Je veux féliciter les vainqueurs des partis d’opposition. Je reconnais leur victoire et je leur lance un appel au plus grand engagement démocratique ». Il les a mis en garde contre toute tentative « de reprendre les vieux chemins du putschisme », en référence au coup d’Etat d’avril 20026.



Depuis son arrivée au pouvoir en 1998, le nombre de votes obtenus par Chávez n’a cessé d’augmenter. En 1998, il avait obtenu 32% des voix lors des élections régionales contre 41% pour l’opposition, avec une abstention de 47,6%. En 2000, le chiffre passa à 34% contre 45% pour l’opposition. En 2004, le leader bolivarien a obtenu 68% des voix contre 21% pour l’opposition. Ainsi, d’une mairie en 1998, Chávez est passé à 114 en 2000, 226 en 2004 et 264 en 20087.



Malgré l’écrasante victoire des partisans de Hugo Chávez, malgré le fait que l’opposition ait perdu deux Etats et 38 mairies par rapport au statu quo préélectoral, les médias occidentaux tels que Associated Press, l’Agence France Presse ou Reuters ont tenté d’occulter le nouveau triomphe électoral du leader bolivarien, essayant de transformer une véritable débâcle en un succès pour ses adversaires8.



L’extraordinaire popularité du président Chávez s’explique principalement par les spectaculaires réformes économiques et sociales entreprises depuis 1998, qui ont singulièrement amélioré le niveau de vie des catégories les plus fragiles de la population. De plus, l’opposition reste profondément divisée et n’a pas d’autre discours à proposer que celui d’une aversion viscérale à l’égard du gouvernement. Elle ne dispose pas de programme crédible et ne doit sa survie politique qu’à la forte campagne de soutien orchestrée par les médias privés, ainsi qu’au financement octroyé par Washington.



Vers une proposition d’amendement constitutionnel



En dix ans, Hugo Chávez n’a souffert qu’un seul revers électoral. Le 2 décembre 2007, sa proposition de réforme constitutionnelle, pourtant progressiste mais complexe et mal expliquée à la population, a été rejetée par une infime majorité de 124 961 électeurs, représentant 1,41% des votants9. L’implacable campagne de désinformation nationale et internationale lancée par l’opposition à ce sujet avait été sous-estimée par les partisans du président. Ces derniers avaient fait preuve d’un excès d’optimisme, pensant que la bataille électorale était gagnée d’avance, et n’avaient pas réussi à mobiliser leurs électeurs, entraînant une abstention de plus de 40%, qui s’est révélée fortement préjudiciable. La victoire étriquée des détracteurs de Chávez fut néanmoins un échec pour le pouvoir en place.



Fort de la nouvelle victoire du 23 novembre 2008, le PSUV a décidé de lancer un référendum en faveur d’un amendement de l’article 230 de la Constitution afin d’abolir la limite des mandats présidentiels et permettre à Hugo Chávez de se représenter en 2013. Pour cela, le projet doit avoir le soutien d’au moins 30% des parlementaires de l’Assemblée nationale ou de 15% des électeurs inscrits. Le PSUV a décidé d’utiliser la voie parlementaire tout en lançant une campagne de collecte de signatures auprès des électeurs10. Pourtant, pour simplifier les choses, Chávez aurait pu présenter lui-même le projet d’amendement en Conseil des ministres et le soumettre à référendum. Mais il a préféré laisser l’initiative aux élus et à la population, suite à l’échec de 200711. Le référendum devrait avoir lieu en février 200912.


L’opposition vénézuelienne a déjà commencé son travail de sape, avec la complicité des médias occidentaux, qui tentent eux aussi de présenter cet amendement comme étant anti-démocratique. Pourtant, la limite des mandats présidentiels est inexistante dans de nombreuses démocraties occidentales telles que la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie ou le Portugal. De la même manière, le Congrès colombien vient d’approuver un projet de référendum similaire permettant la réélection du président Alvaro Uribe en 2014, sans déclencher d’hystérie médiatique13.


Par ailleurs, en mai 2005, les Français avaient rejeté le traité constitutionnel européen à une large majorité. En février 2008, passant outre la volonté populaire, le président Nicolas Nicolas Sarkozy l’a fait ratifier par le Parlement, dans un silence médiatique assourdissant.

Les raisons de cette collusion des transnationales de l’information sont relativement simples : Uribe et Sarkozy sont des dirigeants de la droite dure, farouche défenseurs de l’ordre économique dominant, alors que Chávez est un président progressiste qui prône un modèle d’intégration régionale où l’être humain est placé au centre du projet de société.

Hugo Chavez, dix ans de pouvoir


Publicité chaviste commémorant le coup d’Etat avorté d’avril 2002


Amérique latine. Déjà 10 ans de pouvoir pour Hugo Chavez, le président du Venezuela. Ses succès électoraux aussi abondants que ses puits de pétrole vont-ils se confirmer malgré la baisse du prix du baril ? Bilan synthétique de 10 années à la tête d’un État entré en résistance -du mois dans les mots- contre les États-Unis.

Au début du mois de décembre 1998, un ex-colonel putschiste devenait président du Venezuela. Hugo Chavez accédait à la plus haute instance du pays par les urnes et ouvrait ainsi l’ère du chavisme, après avoir tenté de le faire par les armes. Des redistributions sociales multiples, des nationalisations et une diplomatie extérieure active aux accents anti-impérialistes ont rendu le Venezuela internationalement célèbre, tout ceci financé grâce à un pétrole à haut prix voilà à quoi ressemble à grands traits la politique chaviste.

Aujourd’hui le chavisme fête ses 10 ans de succès électoraux dans un contexte d’effondrement du prix du baril de pétrole. Electoralement parlant, les rojos rojitos (les "rouges tout rouges", militants pro-Chavez) ont perdu un référendum qui proposait la possibilité de réélection indéfinie, mais ont stabilisé leur poids politique aux dernières élections.

Sa politique fut confirmée plusieurs fois dans les urnes : en 1999 (ratification référendaire d’une nouvelle Constitution), en 2000 (élection à la présidence), en 2004 (les Vénézuéliens le confirment à son poste de président en disant Non au référendum révocatoire, et en 2006 lorsqu’il se fait réélire avec 61% des voix, malgré un coup d’État et des les campagnes de presse internationale contre lui.

Comme en Colombie et en France

Chavez le dictateur, Chavez le populiste, Chavez l’antisémite, Chavez le gorille. Sa grande gueule gêne, son style militariste néo socialiste écœure, sa culture de l’affrontement déçoit. Certes le leader bolivarien veut retenter sa chance pour modifier la Constitution qu’il a lui-même mise en place et que le peuple n’a pas voulu modifier au dernier référendum, malgré les proposition du gouvernement.

Mais pourquoi la presse continue-t-elle de l’incriminer en lui reprochant de vouloir se faire "réélire indéfiniment" ? Faut-il rappeler inlassablement que la réélection existe en France, en Colombie ou en Espagne, alors qu’elle est limitée ou interdite aux Etats-Unis et au Mexique ? Pour autant est-ce un critère décisif sur le baromètre démocratique ?

Lorsqu’Alvaro Uribe le président colombien a fait passer une réforme constitutionnelle pour pouvoir se faire réélire, personne ne s’est ému qu’il ait opéré un coup politique entaché de scandale de corruption. Les vrais démocrates sauront observer un peu plus loin en observant si, réélection ou pas, le peuple a encore un pouvoir de décision effectif et si le pluralisme des partis est respecté. Il semble que ce soit encore le cas au Venezuela.

dimanche 14 décembre 2008

Oliver Stone a l'intention de tourner un film sur Hugo Chavez


Le cinéaste Oliver Stone, après avoir croqué George W. Bush dans "W, l'improbable président", va tourner un documentaire sur l'un des adversaires les plus virulents de celui-ci, le président vénézuélien Hugo Chavez, a rapporté jeudi le quotidien Variety.

Stone a déclaré au journal spécialisé que ce documentaire s'intéresserait au chantre de la "révolution bolivarienne" et à d'autres dirigeants sud-américains se réclamant de la gauche radicale, arrivés au pouvoir ces dernières années.

Oliver Stone, 62 ans, est l'auteur de plusieurs films prenant comme arrière-plan des moments charnière de l'histoire: la guerre du Vietnam avec "Platoon", l'assassinat de Kennedy ("JFK"), la démission de Richard Nixon ("Nixon"), la vague de révolte de la jeunesse par la musique à la fin des années 1960 ("The Doors") ou encore les attentats du 11-Septembre ("World Trade Center").

Il a remporté trois Oscars: meilleur scénario pour "Midnight Express" en 1979 et meilleur réalisateur en 1987 et 1990, respectivement pour "Platoon" et "Né un 4 juillet".

Il a aussi tourné récemment un documentaire sur un allié de Chavez et ennemi de George W. Bush, l'ancien dirigeant cubain Fidel Castro.

Raul Castro chaleureusement accueilli par son "neveu" Chavez


Le président cubain Raul Castro est arrivé samedi à Caracas où il a été chaleureusement accueilli par son homologue vénézuélien Hugo Chavez, à l'occasion de son premier voyage officiel depuis qu'il a pris les rênes de son pays en février.

Chavez est venu personnellement accueillir Castro sur le tarmac de l'aéroport lors d'une cérémonie en grande pompe, avec tapis rouge, coups de canon, hymnes nationaux et garde d'honneur de la marine en uniforme blanc.

Raul Castro, 77 ans, frère cadet de Fidel Castro, considère Chavez comme son "neveu", ce dernier ayant apporté un important soutien à l'économie cubaine, toujours soumise à un embargo américain.

Illustrant les liens d'amitié qui unissent les deux pays, Chavez a brièvement pris Castro dans ses bras avant de l'escorter, main sur l'épaule.

Lors de sa visite, Castro doit signer plusieurs accords économiques et déposera une gerbe sur la tombe de Simon Bolivar, figure emblématique de l'émancipation de l'Amérique latine de la tutelle espagnole.

Très critiques à l'égard de l'administration Bush, Castro et Chavez ont adopté un ton plus diplomatique et conciliant à l'égard du prochain président américain Barack Obama.

mercredi 3 décembre 2008

Venezuela: Chavez repart à l'assaut de la réélection

Après un succès aux élections régionales, le président du Venezuela, Hugo Chavez, a repris l'offensive, en relançant un projet de réforme constitutionnelle afin d'obtenir le droit de se représenter indéfiniment.
"Je donne mon autorisation au PSUV (le parti socialiste unifié du Venezuela) et au peuple vénézuélien pour lancer le débat et les actions pour obtenir cet amendement constitutionnel et la réélection du président", a annoncé dimanche M. Chavez, lors d'une cérémonie publique à Caracas.

Le dirigeant socialiste de 54 ans, qui ne cache pas son admiration pour la longévité politique de son mentor cubain Fidel Castro, s'est dit "prêt" à gouverner "jusqu'en 2021", date symbolique qui marquera le bicentenaire de la dernière grande bataille d'indépendance au Venezuela.

"Je suis prêt à être avec vous, si Dieu le veut et me donne la santé, jusqu'en 2019, jusqu'en 2021", a clamé M. Chavez, qui fêtera jeudi prochain les dix ans de sa première élection à la tête de ce puissant Etat pétrolier.

La législation actuelle interdit au président de briguer un nouveau mandat. Réélu il y a deux ans, ce dernier doit en principe abandonner les rênes du pouvoir en 2013.

Il y a un an, l'homme fort du Venezuela, qui a récemment renforcé ses liens avec l'Iran et la Russie, avait déjà proposé aux électeurs d'adopter une nouvelle Constitution d'inspiration socialiste qui jetait les bases d'un modèle collectiviste et surtout supprimait la limite des mandats présidentiels.

Cette tentative avait été rejetée d'une courte tête par référendum, constituant le premier revers électoral et un échec cuisant pour le chef de l'Etat qui avait reproché aux électeurs d'avoir "une dette" à son égard.

A l'époque, il semblait avoir accepté le verdict des urnes, assurant qu'il n'"insisterait pas sur ce thème".

Les élections régionales du 23 novembre dernier, présentées par les observateurs comme un test pour sa révolution "bolivarienne", ont marqué un revirement.

Le gouvernement, dont les partisans contrôlent le parlement, avait averti à l'avance qu'en cas de succès probant, le PSUV présenterait un nouveau projet de révision constitutionnelle.

Le parti gouvernemental n'a remporté qu'une victoire relative à ce scrutin local, gagnant dans la plupart des Etats, mais essuyant des défaites dans les plus peuplés et les plus riches, ainsi que dans la capitale.

Selon le politologue vénézuélien Luis Vicente Leon, de l'institut privé Datanalisis, "les symboles remportés par l'opposition sont plus importants que prévus" car les Etats qu'elle dirige représente 70% de l'activité économique du pays.

Ces résultats ont ravivé la détermination du chef de l'Etat qui accuse régulièrement ses détracteurs de conspirer contre lui avec l'aide des Etats-Unis, depuis un coup d'Etat avorté à son encontre en avril 2002.

"Maintenant, on voit plus clairement la grande menace qui s'avance devant le peuple vénézuélien avec ces fascistes", avait-il commenté après le scrutin régional.

Le calendrier et les modalités de la future réforme constitutionnelle, qui promet d'ores et déjà une bataille d'experts juridiques, n'ont pas été précisés.

M. Chavez, qui jouit toujours d'une forte popularité de plus de 50% auprès de la population selon les sondages, a appelé ses partisans à prendre les "actions nécessaires au Parlement et dans la rue".

L'un des responsables du PSUV, le général Alberto Müller, a justifié ce projet, en estimant que le président vénézuélien jouait "un rôle symbolique dans l'unité et la stabilité du système".