dimanche 22 février 2009

Chavez fête son succès au référendum avec les frères Castro


Raul Castro a accueilli le président vénézuélien Hugo Chavez à son arrivée à Cuba, vendredi 20 février.

Le président vénézuélien Hugo Chavez a effectué une courte visite surprise à Cuba, vendredi 20 et samedi 21 février, afin de célébrer sa victoire au référendum de la semaine dernière, qui lui permet de se représenter indéfiniment. Il a rencontré à deux reprises son mentor Fidel Castro, ainsi que son frère Raul, qui lui a succédé au pouvoir. Leurs discussions ont abordé les "liens fructueux" entre les deux pays, ainsi que sur "la crise économique globale et ses conséquences pour l'Amérique latine et les Caraïbes", selon un communiqué laconique, lu à la télévision cubaine.

Fidel Castro avait estimé dans les éditoriaux qu'il continue d'écrire que l'avenir de Cuba était "inséparable" de la victoire de M. Chavez au référendum. Puissance pétrolière d'Amérique latine, le Venezuela est le plus proche allié politique de l'île, mais aussi son principal bailleur de fonds, lui livrant près de 100 000 barils quotidiens à tarif préférentiel.

dimanche 15 février 2009

Hugo Chavez vainqueur du référendum au Venezuela



Le président vénézuélien Hugo Chavez a obtenu dimanche la levée de toute limitation au nombre de mandats présidentiels consécutifs, et pourra en 2012 en briguer un troisième.

Selon les résultats publiés par le Conseil national électoral, 54,4% des électeurs ont approuvé lors du référendum organisé dimanche la suppression d'un amendement constitutionnel qui limitait à deux le nombre de mandats. A l'inverse, 45,6% y étaient opposés.

"Longue vie à la révolution", s'est exclamé Chavez, vêtu de son emblématique chemise rouge, du balcon de son palais présidentiel, face à une foule de plusieurs milliers de ses partisans qui ont ensuite entonné l'hymne national.

L'ancien parachutiste n'a cependant pas annoncé de nouvelles mesures, contrairement à son habitude lors de ses discours de victoire. Il a préféré promettre une lutte accrue contre la criminalité et la corruption, deux phénomènes qui ont entamé sa popularité, ainsi qu'un renforcement des réformes déjà lancées.

"Si nous renforçons ce que nous avons déjà fait, alors, dès l'année prochaine, nous serons en bien meilleure position pour ouvrir de nouveaux horizons", a-t-il assuré.

L'opposition a reconnu sa défaite, plus large que ce que les sondages avaient laissé anticiper.

"Aujourd'hui, Goliath a gagné", a reconnu le dirigeant d'opposition Leopoldo Lopez, référence biblique à l'avantage détenu par Chavez dans la campagne électorale grâce à la manne pétrolière, qui selon ses détracteurs lui permet de financer de grands rassemblements.

Au pouvoir depuis dix ans, Chavez a récemment estimé avoir besoin d'au moins dix années supplémentaires pour achever la mise en place de sa révolution d'inspiration socialiste.

"Cela ne peut pas s'arrêter, car l'avenir est entre les mains du président", a affirmé Juan Carlos Carillo, vendeur de vêtements quadragénaire de Caracas.

Tandis que des feux d'artifice étaient tirés, des cortèges de voitures et de motos s'élançaient dans les rues de la capitale, saluant par des coups d'avertisseur la victoire du "oui".

FÉLICITATIONS DE CASTRO
Les dirigeants de l'opposition, qui accusent Chavez d'être un autocrate et de vouloir faire du Venezuela une réplique du régime castriste cubain, avaient tenté lors de la campagne de s'appuyer sur le mécontentement lié à la criminalité, à la mauvaise gestion économique et à la corruption.

L'ancien président cubain Fidel Castro a adressé à Chavez un message de félicitations pour sa victoire "incommensurable".

Quelque 17 millions d'électeurs étaient appelés à voter. Aucun incident majeur n'a été signalé lors du scrutin.

Ce n'était pas la première fois que Chavez tentait d'adapter les règles constitutionnelles à son désir d'avenir politique: fin 2007, un précédent référendum avait abouti à une courte défaite.

Allié de Cuba et de l'Iran, il a adopté au cours des derniers jours un ton plus conciliant à l'égard de ses adversaires, qu'il n'hésite pas à traiter de laquais des Américains.

Après avoir orchestré un coup d'Etat manqué en 1992 contre l'ancien président Carlos Andres Perez, condamné puis gracié, Chavez avait obtenu satisfaction en passant par les urnes six ans plus tard. Il a alors engagé une politique d'inspiration socialiste dans ce pays qui est l'un des pourvoyeurs de pétrole des Etats-Unis.

Nationalisant des pans entiers de l'économie, il s'est attaqué aux vieilles élites politiques, a développé l'habitude de prendre Washington à rebrousse-poil et consacré des milliards de pétrodollars au financement de projets sociaux.

Malgré ces efforts, il n'est pas parvenu à régler le problème d'une corruption chronique, non plus qu'à juguler une violence persistante dans le pays.

L'élection de Barack Obama et le ton plus modéré adopté par les Américains ont affaibli la position de Chavez qui se posait en porte-parole des Etats opposés à l'administration de George W. Bush.

Malgré cette victoire, 2009 s'annonce comme une année difficile pour le président du Venezuela avec un baril aux alentours de 40 dollars, bien en-dessous des 60 dollars pris comme base de référence pour boucler le budget national.

Hugo Chavez joue son avenir politique au Venezuela




Le président vénézuélien Hugo Chavez joue son avenir dimanche lors d'un référendum qui pourrait lui permettre de rester à la tête de son pays au-delà de 2012 ou sceller à moyen terme la fin de sa révolution d'inspiration socialiste.

Chavez demande à ses compatriotes de prolonger son bail à la tête du pays en modifiant la Constitution qui limite le nombre de mandats.
Deux instituts de sondage, Datanalisis, qui travaille pour les secteurs public et privé, et Consultores, qui travaille pour le gouvernement, accordent au "oui" une avance de cinq à sept points, ajoutant que l'écart en faveur du chef de l'Etat s'est légèrement accentué depuis janvier.

Plus de 10% des votants n'ont toutefois pas encore fait leur choix, selon les deux sociétés d'enquête. Les résultats doivent être annoncés dimanche en fin de soirée.

S'il n'obtient pas une modification de la loi fondamentale, Chavez ne pourra pas se présenter aux élections de 2012 et devra quitter la présidence début 2013. Privé de ce personnage charismatique, son Parti socialiste unifié (PSUV) a peu de chance de se maintenir au pouvoir.

Cela fait dix ans que Chavez, ancien militaire de carrière, dirige le Venezuela. Mais, de son propre aveu, une décennie supplémentaire lui est nécessaire pour mener à bien les réformes qu'il a entreprises dans cet Etat producteur de pétrole.

Dépendante des revenus extérieurs, sa popularité a suivi la courbe des prix de l'or noir. Elle était forte quand le baril produisait d'importantes rentrées d'argent, mais depuis la dégringolade des cours, son indice de satisfaction a eu tendance à piquer du nez.

Ce n'est pas la première fois que Chavez tente d'adapter les règles constitutionnelles à son désir d'avenir politique: fin 2007, un précédent référendum avait abouti à une courte défaite.

Les partis de l'opposition ont progressé lors des récents scrutins nationaux, mais ils restent encore trop souvent divisés pour qu'il soit possible d'évaluer leur capacité de mobilisation dans un référendum. La contestation est menée par un mouvement étudiant sous le slogan "Non, c'est non", rappelant la tentative avortée de 2007.

UN TON PLUS CONCILIANT


La seule certitude est qu'un nouveau revers de Chavez aurait pour conséquence de renforcer de manière inattendue cette opposition. Cela signifierait aussi qu'à 54 ans, cet adversaire farouche de l'influence des Etats-Unis en Amérique latine devrait gérer un important tournant de sa carrière.

Allié de Cuba et de l'Iran, il a adopté au cours des derniers jours un ton plus conciliant à l'égard de ceux qu'il n'hésite pas à traiter de laquais des Américains. Il a téléphoné au chef de l'opposition pour lui souhaiter bon courage avant une manifestation et a demandé l'interpellation de militants d'extrême-gauche qui envisageaient de s'en prendre à une chaîne de télévision de l'opposition.

Après avoir orchestré un coup d'Etat manqué en 1992 contre l'ancien président Carlos Andres Perez, condamné puis gracié, Chavez avait obtenu satisfaction en passant par les urnes six ans plus tard. Il a alors engagé une politique d'inspiration socialiste dans ce pays qui est l'un des pourvoyeurs de pétrole des Etats-Unis.

Nationalisant des pans entiers de l'économie, il s'est attaqué aux vieilles élites politiques, a développé l'habitude de prendre Washington à rebrousse-poil et consacré des milliards de pétrodollars au financement de projets sociaux.

Malgré ces efforts, il n'est pas parvenu à régler le problème d'une corruption chronique, non plus qu'à juguler une violence persistante dans le pays.

L'élection de Barack Obama et le ton plus modéré adopté par les Américains ont affaibli la position de Chavez qui se posait en porte-parole des Etats opposés à l'administration de George W. Bush.

jeudi 12 février 2009

Caracas: rassemblement pro-Chavez

Des milliers de personnes se sont rassemblées jeudi après-midi dans le centre de Caracas, pour manifester leur soutien au président Hugo Chavez et au référendum visant à modifier la constitution notamment pour lui permettre de se représenter en 2012.

"Le coeur me le dit, vous n'allez pas me faire défaut dimanche 15 (jour du referendum, ndlr), je suis sûr que nous allons obtenir une victoire historique", a déclaré le président vénézuélien à une foule compacte et rouge, la couleur des t-shirts pour le "oui", distribués par milliers aux participants.

Le discours, prononcé depuis un extrémité de l'avenue Bolivar, l'une des plus grandes de la ville, marquait la fin de la campagne pour ce référendum, le deuxième sur ce thème depuis qu'Hugo Chavez a accedé au pouvoir en 1999.

En 2007, lors de la première consultation proposant que les présidents vénézuéliens puissent se représenter pour autant de mandats qu'ils le souhaitent, en décembre 2007, le "non" l'avait emporté.

Dimanche, quelque 17 millions d'électeurs sont à nouveau sollicités pour dire s'ils acceptent que présidents, maires, conseillers municipaux, députés et gouverneurs puissent ainsi se représenter et changer la règle qui limite le nombre de mandats à deux.

vendredi 6 février 2009

Marcela Maspero : « Il nous reste peu de temps »


Le Collectif des Travailleurs en Révolution (CTR, Colectivo de Trabajadores en Revolución) est l’un des courants syndicaux membre de l’Union Nationale des Travailleurs (UNT, Unión Nacional de Trabajadores), le mouvement syndical qui se qualifie de bolivarien et soutient le processus de transformation vers le socialisme. Marcela Máspero en est l’une des principales dirigeantes. Interview.


Tu as été députée, tu es militante du Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV) et une leader syndicale de premier plan. Et à l’encontre de certaines opinions émanant du gouvernement, où certains souhaiteraient des syndicats dociles, tu défends une totale autonomie. Je me trompe ?Je crois que les syndicats sont des outils d’organisation des travailleurs pour lutter pour leurs droits et leurs revendications, pour nous défendre contre l’exploitation capitaliste et, dans ce cadre, ils doivent être autonomes de toute force extérieure les déviant de leurs objectifs, y compris du gouvernement.

Au Venezuela, les syndicats ont instauré depuis leurs débuts une tradition de lutte sur la base d’un programme « classiste ». Avec le temps, la conduite de leurs dirigeants les a convertis en instruments à obtenir des privilèges – accéder au pouvoir politique était l’objectif personnel des dirigeants -, et en outils de trafic d’influence et même d’enrichissement et de profit individuels par-delà les intérêts collectifs. On a peu à peu perdu les principes fondamentaux de solidarité de classe, de lutte de classe, d’intérêt collectif, de même que la démocratie syndicale, comprise dans un sens plus large que la seule participation directe des travailleurs.

Si je comprends bien, c’était ce qui se passait quand la Confédération des Travailleurs du Venezuela (CTV, Confederación de Trabajadores de Venezuela) était la première centrale syndicale et qu’elle est allée jusqu’à se prononcer en faveur du coup d’État de 2002…
Oui, maintenant c’est différent, particulièrement en ce qui concerne le programme des syndicats ou de la classe ouvrière qui peut très bien converger avec le programme ou projet du processus révolutionnaire. Dans la pratique, aujourd’hui, au Venezuela, nous, les travailleurs, on est d’accord avec le programme de libération nationale, d’éradication de l’exploitation, de justice sociale, d’égalité, de participation active, de monde multipolaire, de socialisme, défendu par le président Chávez. Mais il y a un secteur très important au sein du gouvernement qui entraîne le processus vers le « guépardisme » [1], c’est-à-dire changer pour que rien ne change, et ce sont eux qui commettent les principales violations des droits des travailleurs et du peuple vénézuélien.

Pourquoi ?Essentiellement parce que cette nouvelle caste bureaucratique est terrorisée à l’idée que la classe ouvrière devienne un sujet historique, parce que ce serait la fin des énormes privilèges et des parcelles de pouvoir dont elle bénéficie aujourd’hui. C’est pourquoi elle divise, elle confisque et étouffe toute possibilité de participation réellement indépendante des travailleurs ou des mouvements sociaux.

Parmi ses grands apports, ce processus a permis qu’aujourd’hui, nous, les travailleurs, on ait conscience de l’exploitation à laquelle nous soumettent les capitalistes et l’oligarchie, et c’est pour cela que nous occupons des usines, que nous nous mobilisons, que nous nous organisons. Cependant, nous n’avons pas encore compris combien il est important que nous transformions réellement cette société bourgeoise et que nous finissions par la renverser afin de laisser place au nouveau modèle que nous devons construire.

Ce combat syndical se mène-t-il également dans les entreprises publiques ? Vu de l’extérieur, on aurait l’impression que les travailleurs devraient avoir de bien meilleures conditions dans le secteur public que dans le secteur privé, et je ne me réfère pas seulement au salaire.
Bien sûr qu’on livre aussi ce combat dans les entreprises du secteur public, et cela tout en respectant les nombreux dirigeants de gauche de toujours, qui ont lutté pour ce processus et qui ont même été persécutés, je tiens à dire, hélas, qu’au moment d’assumer des responsabilités dans le gouvernement, beaucoup semblent happés et transformés par la structure bourgeoise. Et ils deviennent des roitelets qui, pour défendre leur royaume, suivent leurs propres agendas, dans une attitude toujours anti-syndicale et anti-ouvrière.

Par ailleurs, dans la majorité des entreprises publiques on conserve le modèle capitaliste, avec des aberrations comme l’ « externalisation » et la flexibilisation du travail, propres au modèle néolibéral.

On pourrait dire sans ambiguïté aucune qu’un secteur du gouvernement est réformiste, mais qu’un autre, plus important, fixe le cap vers la droite et conspire ouvertement contre le programme du président Chávez.

Le cas de SIDOR en est un exemple éclairant avec 4 000 travailleurs fixes et 9 000 « externalisés ». Après la nationalisation (avril 2008), même les secteurs les plus radicaux et de gauche du pays, politiquement et syndicalement, se sont tus misérablement et ont fermé les yeux sur ce fléau. Nous, on a relevé ce défi et on continue à le faire.

Quant au salaire, le président Chávez a lui-même affirmé la nécessité de revoir les salaires disproportionnés des hauts fonctionnaires dans l’administration publique, mais ces derniers ont fait comme si de rien n’était et cette fracture salariale n’a pas été comblée. Aujourd’hui, de nombreux maires et gouverneurs perçoivent des fonds du gouvernement national pour couvrir, entre autres choses, des passifs sociaux et détournent ces ressources vers de grossiers privilèges personnels, des véhicules, des logements, des gardes du corps, etc. Des fonctionnaires de l’administration publique nationale se conduisent de la même manière.

Le 30 avril 2006, le président Chávez a décrété l’élimination des entreprises de travail temporaire, de sous-traitance. Il a ordonné aux fonctionnaires de son gouvernement d’oeuvrer à l’intégration des travailleurs sous-traitants au personnel fixe. Tous les travailleurs, sous-traitants et fixes, devaient bénéficier des mêmes avantages mais ceci aussi s’est arrêté en chemin.

Les inégalités dépendent également de l’institution où tu travailles. Ainsi, les fonctionnaires du Tribunal suprême de justice ou du Comité national électoral, ceux de PDVSA ou de la Corporation vénézuélienne de Guayana, avec les mêmes fonctions, les mêmes responsabilités sur le papier, ont des salaires plus élevés que les fonctionnaires d’autres ministères. Cela n’a rien à voir avec le socialisme. Le changement doit être personnel pour influer ensuite sur le collectif.

Pourrais-tu préciser ce qu’est exactement un travailleur « externalisé » ? Quels sont ses droits ? Y a–t-il des travailleurs « externalisés » dans les entreprises publiques ?Les travailleurs « externalisés » sont ceux qui sont en sous-traitance, que le patron emploie à moindre coût, en violant leurs droits et comme tactique pour affaiblir les organisations syndicales et ne pas respecter les conventions collectives. C’est ce que l’on appelle communément la flexibilisation du travail. La plupart d’entre eux ont des salaires inférieurs, ils n’ont ni accès à la sécurité sociale ni aux droits des travailleurs fixes.

C’est devenu, hélas, une pratique très courante dans l’administration publique et dans les entreprises de l’Etat. Même les coopératives [2] se sont perverties. Elles ne sont pas, dans leur grande majorité, tournées vers l’économie sociale et solidaire mais sont des entreprises capitalistes qui se sont données le nom de coopératives et qui « externalisent » les travailleurs.

Comme je le disais, à SIDOR, depuis la privatisation, il y a 4 000 travailleurs fixes qui bénéficient de la convention collective et de tous les droits, mais il y en a 9 000 qui sont « externalisés », employés par plus de 300 entreprises sous-traitantes qui, bien qu’elles facturent à SIDOR des coûts de main d’œuvre élevés, ne concèdent pas à ces travailleurs les mêmes droits qu’au personnel fixe de SIDOR.

Mais le plus grave est qu’il semblerait que nous, le mouvement syndical « révolutionnaire », on n’ait pas évolué non plus sur ce sujet et la plupart des « externalisés » dans le pays sont également exclus des organisations syndicales, parmi lesquelles le SUTISS (Sindicato Único de Trabajadores Siderúrgicos y sus Similares), le syndicat des travailleurs de SIDOR.

Sous quel motif ? Pourquoi le syndicat ne les admet-il pas ?Il ne les admet pas parce que son combat s’est limité à la lutte revendicatrice, économiciste et il ne lutte jamais pour l’intégration de ces travailleurs.
Chez SIDOR il y a une division interne de la classe ouvrière. On trouve, en effet, des travailleurs de première catégorie qui possèdent des actions de classe « B », résultat de la privatisation et qui sont des travailleurs fixes avec tous les privilèges de la convention collective. Ce sont quasiment les 4 000 permanents à peu d’exceptions près. On a ensuite les travailleurs de deuxième catégorie : ce sont les fixes qui bénéficient de la convention collective mais qui ne possèdent pas d’actions (ils sont très peu).
Ensuite, il y a les travailleurs de troisième catégorie : des travailleurs appartenant au personnel d’encadrement (ladite « nómina de conducción »), qui ne bénéficient pas de la stabilité et sont considérés comme personnel « de confiance », c’est-à-dire très qualifié, même quand les postes qu’ils occupent ne le sont pas. Ceux-ci ne bénéficient pas de la convention collective.
Il y a enfin les exclus : des emplois que la multinationale a sous-traités avec l’assentiment du syndicat, lors de chaque discussion de la convention collective. Comme je l’ai dit, ils sont presque 9 000, employés par environ 300 entreprises sous-traitantes liées à la transnationale [le groupe Amazonia contrôlé par Ternium/ Techint avant la nationalisation] et à des fonctionnaires de la Corporation vénézuélienne de Guyana [entreprise de l’État].
Ces sous-traitants facturent jusqu’à 5 fois le prix qu’ils payent réellement à leurs travailleurs. Ceux-ci entrent dans l’entreprise par une autre porte, ils ne peuvent pas monter dans les bus des travailleurs fixes et encore moins manger dans leurs cantines. Ils n’ont pas de sécurité sociale et ne bénéficient pas des avantages de la convention collective. Ils n’ont pas de stabilité et aujourd’hui les entreprises sous-traitantes commencent à les renvoyer, et la nouvelle direction [de SIDOR après la nationalisation] a recours à d’autres entreprises sans tenir compte de ces travailleurs.
Le syndicat ne les affilie pas parce que, entre autres choses, cela modifierait le rapport de forces au sein du SUTISS, qui est en ce moment en plein processus électoral.

Si le syndicat les exclut, n’est-il pas possible qu’ils s’organisent en marge du syndicat « officiel » ? Après tout, dans une entreprise telle que SIDOR, et peut-être dans beaucoup d’autres, les « externalisés » sont majoritaires.
Nous avons analysé cette possibilité. Aujourd’hui, il y a presque autant de syndicats et de contrats différents qu’il y a d’entreprises sous-traitantes à SIDOR. Il faudrait unir les « externalisés », parce qu’à l’heure où on étudie l’intégration de ceux qui travaillent dans la chaîne productive, il devrait y avoir une seule organisation des « externalisés », en marge du SUTISS, qui ne les a jamais affilliés. Ils ont le droit de bénéficier des mêmes conditions de travail que le personnel fixe de SIDOR.

Récemment, le président Chávez a réaffirmé que le recours aux entreprises sous-traitantes et aux travailleurs « externalisés » devait disparaître des entreprises publiques. C’est bien cela ? Tu crois qu’on va procéder à cette suppression ?
Comme je l’ai dit auparavant, le président Chávez a toujours eu cette volonté, et il l’a confirmée récemment en se référant spécialement au cas de SIDOR. Oui, je crois que l’on va faire disparaître cette situation, mais la volonté politique et l’orientation donnée par le président Chávez ne suffisent pas.
Dans notre pays, chaque jour, la lutte des classes s’exprime contre un secteur du gouvernement, réformiste et de droite, qui conspire contre la libération de la classe ouvrière. C’est pourquoi, au-delà de la volonté du président, nous, les travailleurs, on doit vraiment prendre conscience de ce problème et s’organiser pour faire face à ce fléau dans chaque institution publique. Par exemple, à l’heure actuelle, au CONAC (Conseil national de la culture), on est en train de liquider l’institution et la seule solution pour les travailleurs fixes est de passer en sous-traitance, c’est-à-dire un retour en arrière. Seules l’organisation et la mobilisation de la classe ouvrière, accompagnées par la volonté politique du président Chávez et de son gouvernement, viendront à bout de ce fléau.

Tu as mentionné précédemment le processus électoral du SIDOR. Divers courants syndicaux, y compris le tien, s’y affrontent. A quand l’unité syndicale ?Chez SIDOR, le CTR, notre collectif, n’a pas présenté de liste pour les élections du SUTISS. C ‘est la conséquence de la lutte contre l’« externalisation » et de l’incompréhension du personnel fixe (les adhérents du SUTISS) devant la position prise par notre camarade Juan Valor (dirigeant du SUTISS, maintenant au CTR, travailleur permanent) en soutenant l’intégration des « externalisés » au personnel de SIDOR. Quant à l’unité de la classe ouvrière, elle ne se construira que sur la base d’un programme que nous devons élaborer davantage, sur notre rôle dans ce processus révolutionnaire.

Au sein des différents courants du mouvement syndical qui soutient le processus, nous avons des divergences politiques, idéologiques et même morales et éthiques. Les six courants du mouvement syndical du PSUV (le CTR, la Force bolivarienne des travailleurs socialistes, Autonomie syndicale socialiste, Mouvement Maneiro, Marée socialiste et Educateurs bolivariens) ont participé à une table ronde avec le ministre du Travail et le PSUV. Le débat a été intéressant.

II semblerait parfois que la plus grande divergence soit la soif de pouvoir de chaque secteur pour asseoir son hégémonie sur la direction du mouvement syndical, souvent en tournant le dos au riche processus de conscientisation qui se déroule au sein de la classe ouvrière. On a parfois l’impression que l’ouvrier de maintenance de n’importe quelle entreprise du pays a une maturité plus importante que nous qui militons dans les courants. C’est ce qui se passe dans cette révolution à tous les niveaux, lors des élections, dans les partis, au niveau social, etc., et le mouvement syndical n’y échappe pas.

Je crois qu’il nous reste peu de temps ; si nous n’arrivons pas à construire l’unité entre courants en partant d’en bas, il n’y aura pas de processus révolutionnaire à défendre ou alors le reste des travailleurs se passeront de nous.

La guérilla colombienne libère son dernier otage politique


Douze familles attendaient Sigifredo Lopez sur le tarmac de l'aéroport de la ville de Cali jeudi 5 février : la sienne et celle de ses 11 collègues massacrés en captivité. Sixième otage colombien libéré cette semaine, Sigifredo Lopez est également un rescapé. Et un témoin très attendu. Pourquoi et comment les autres députés régionaux, enlevés en même temps que lui, ont-ils été assassinés ? Pourquoi Sigifredo a-t-il survécu et été libéré ?
A 14 h 02, M. Lopez est descendu de l'hélicoptère brésilien aux couleurs de la Croix rouge internationale. Il venait de passer 6 ans et 10 mois aux mains des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC). Comme les 4 militaires libérés dimanche et comme l'ex-gouverneur Alan Jara, relâché mardi, Sigifredo a été remis à une commission humanitaire.

Le gouvernement colombien avait ordonné à l'armée de cesser toute opération dans la région pendant 36 heures. Les premières larmes de Sigifredo Lopez ont été pour ses deux fils et sa femme, Patricia, qu'il a longuement embrassés. Puis en silence, il a serré dans ses bras les enfants et les femmes de ceux qui ne sont pas revenus.

Le 11 avril 2002, simulant une alerte à la bombe, des guérilleros déguisés en policiers font évacuer les locaux de l'Assemblée régionale à Cali. Douze élus montent docilement dans le bus qui allait les embarquer pour la jungle. "Je reviens de l'enfer ", rappellera Sigifredo Lopez au cours de sa longue conférence de presse.

Cinq ans plus tard, un communiqué laconique de la guérilla annonce que 11 députés sont morts. A en croire le document, ils ont été victimes de "tirs croisés " au cours d'un affrontement avec un "groupe armé non identifié ". Le gouvernement colombien a toujours contesté cette version des faits. Sigifredo Lopez lui a donné raison : "Les FARC ont assassiné les députés ", a martelé l'ex-otage. C'était le 18 juin 2007.

TERRIBLE "MÉPRISE"

Pour avoir été insolent avec un de ses geôliers, Sigifredo était ce jour-là puni, isolé de ses camarades et enchaîné à un arbre. Deux coups de fusils éclatent, puis des rafales de mitraillettes. Les tirs ne durent pas 10 minutes. Sigifredo n'a rien vu. Il a juste entendu le chef hurler : "ne les laissez pas partir".

Il apprendra 10 jours plus tard la mort de tous ses camarades - "mes amis, mes frères ", répète-t-il - et la terrible "méprise" dont ils ont été victimes. Un détachement de guérilleros s'est, par mégarde, approché du camp où les otages étaient détenus. Les guérilleros qui les gardaient ont cru à un raid de l'armée. Ils ont exécuté leurs otages. C'était la consigne.

Comme Alan Jara, Sigifredo Lopez a supplié le président Alvaro Uribe d'engager des pourparlers avec la guérilla pour faire libérer les derniers otages et éviter qu'un tel drame ne se reproduise. A la différence de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt - spectaculairement récupérée par l'armée le 2 juillet 2008 -, les deux hommes se sont montrés très critiques envers Alvaro Uribe et sa stratégie sécuritaire. "Un raid militaire est un arrêt de mort pour les otages ", ont-ils répété.

Mais, partisan de la manière forte, le chef de l'Etat se montre d'autant plus rétif à négocier avec les "narcoterroristes" des FARC qu'il les juge en complète débandade. Aux yeux du gouvernement, la libération sans contrepartie de 6 otages est un signe de plus de la faiblesse de la guérilla.

Alan Jara et Sigifredo Lopez étaient les deux derniers otages politiques aux mains des FARC qui détiennent encore 22 militaires capturés au combat. Certains sont dans la jungle depuis plus de 10 ans. Les FARC prétendent les utiliser comme monnaie d'échange contre la libération de 500 guérilleros incarcérés.

"La libération de Jara et de Lopez est un constat d'échec pour les FARC, contraintes d'admettre aujourd'hui que séquestrer des politiques n'a servi a rien, juge l'analyste Alfredo Rangel. Pire, les otages civils ont contribué à discréditer définitivement les FARC sur la scène internationale ".

Il n'est pas exclu que la libération des otages obéisse aussi à des impératifs militaires : acculée par l'armée, la guérilla doit, pour redevenir très mobile, se débarrasser des "boulets" que sont les otages . "En libérant les civils, les FARC ouvrent la voie à la négociation d'un échange de prisonniers, conforme au droit international humanitaire", souligne Alvaro Villaraga, avocat défenseur des droits de l'homme.

Les Colombiens pour la paix les plus optimistes veulent croire qu'une telle négociation pourrait déboucher sur un véritable processus de paix. Selon le sociologue Alejo Vargas, le contexte international s'y prête "avec l'arrivée à la Maison blanche d'un président moins guerrier que son prédécesseur; la pression positive exercée par les gouvernements latino-américains de gauche - à commencer par le Brésil - et la mobilisation de la société civile colombienne en faveur de la paix ".

Mais l'optimisme reste mesuré. "Affaiblis militairement, les guérilleros des FARC tentent de récupérer un espace politique, juge la politologue Maria Cristina Delatorre. Tactiquement, ils jouent de la libération des otages pour faire miroiter la possibilité d'un accord de paix. Mais les FARC n'ont pas abandonné et ne sont pas près d'abandonner le dogme de la lutte armée ". Ni, semble-t-il, la prise d'otages civils à des fins économiques.

dimanche 1 février 2009

Anniversaire de la Révolution




L'AMBASSADE DE LA
REPUBLIQUE BOLIVARIENNE DU VENEZUELA
en France

vous invite à venir célébrer avec nous

le 10ème. anniversaire
de la Révolution Bolivarienne
l
lundi 2 février 2009 à 16h00

11 rue Copernic 75016 PARIS

Le président Lula appuie la possible réélection de Hugo Chávez.


Le président du Brésil a écarté ce samedi les critiques sur l'amendement constitutionnel soumis prochainement au référendum populaire par son homologue vénézuélien Hugo Chávez, pour permettre aux électeurs de réélire un mandataire qui aurait déjà assumé plusieurs mandats, parmi d´autres candidats au suffrage universel.

Lula a indiqué que de telles critiques surgissent toujours quand ces projets sont présentés par des mandataires d'idéologie progressiste. "Quand le président colombien aspire à un troisième mandat personne ne lui demande pourquoi. La même possibilité existe en Europe. Combien de temps sont restés au pouvoir Margaret Thatcher, Helmut Kohl ou Felipe González?", s´est interrogé le chef d´État brésilien.

Il n'a pas exprimé le moindre doute au sujet de la consolidation de la démocratie au Venezuela. Lula a félicité Chávez, habituellement qualifié de "caudillo" par l'opposition, en rappelant que "durant son mandat s´est déroulée une grande quantité d'élections et de référendums, et le jour où le peuple décidera de ne pas le réélire il lui suffira de voter pour un autre candidat. C´est cela la démocratie ".

Le dirigeant brésilien a exigé plus de respect pour les processus politiques latino-américains, "chaque pays construit le sien à partir de son degré de conscience et de sa culture politique". Peu avant de conclure sa visite de deux jours au Vénezuéla, Lula s'est engagé à intercéder auprès de la nouvelle administration américaine pour dépasser l´actuelle et "néfaste" relation entre les deux pays. "C´est important dans ce processus d'intégration régionale incontournable", a conclu le président du géant latino-américain.