lundi 16 mars 2009

Salvador : la présidentielle hantée par la guerre


Une femme se recueille devant le mémorial du massacre perpétré par les soldats gouvernementaux en 1981 à El Mozote au Salvador

Mauricio Funes, candidat de l'ex-guérilla d'extrême gauche du Salvador, s'est déclaré dimanche soir président élu de ce pays d'Amérique centrale dirigé par la droite depuis 20 ans, alors que les derniers résultats officiels lui donnaient l'avantage. «Je suis le président élu de tous les Salvadoriens», a déclaré le candidat de l'ex-rébellion armée du Front Farabundo Marti pour la libération nationale (FMLN), lors d'une conférence de presse. Le candidat du parti conservateur au pouvoir, Rodrigo Avila, a reconnu sa défaite. Après la victoire du candidat de la gauche Mauricio Funes, les victimes des escadrons de la mort rêvent d'une remise en cause de l'amnistie générale.

Du massacre d'El Mozote, petit village de montagne, il ne reste que peu de choses. Sur la place poussiéreuse, à l'ombre d'un arbre, un amphithéâtre abrite des stèles dédiées aux disparus. Dans les ruines de l'ancienne sacristie, à côté de l'église, d'autres noms sont gravés : Concepcion, 3 jours ; Amilcar, 2 mois… Des mères de famille arrosent aujourd'hui ce jardin du souvenir en portant l'eau du puits communal. Ici,la vie rurale a sombré dans l'indicible le 10 décembre 1981.

«Ce jour-là, les militaires du bataillon Atlacatl ont réuni tous les habitants des hameaux environnants sur la place du village avant de les enfermer dans les maisons, raconte Ana Delfinia, chargée de perpétuer la mémoire d'El Mozote. Le lendemain, les hommes ont été rassemblés dans l'église, torturés, puis tués par balles. Les adolescentes à partir de 12 ans ont été violées et égorgées là-haut sur la colline et toutes les femmes ont été abattues. Puis ce fut au tour des enfants. Les soldats ont ensuite entassé les cadavres pour y mettre le feu. Il y a eu en tout 1 200 morts.»

La guerre civile, qui opposait alors les forces armées salvadoriennes soutenues par les États-Unis au FMLN, une alliance de cinq groupes de gauche appuyée par Cuba, le Nicaragua sandiniste et l'Union soviétique, s'est conclue en 1992 sur un bilan de 75 000 morts. Une amnistie, inconditionnelle et jugée nécessaire pour la future réconciliation, a aussitôt été votée avec l'approbation des deux camps. Une page politique pourrait être tournée avec une victoire de la gauche à la présidentielle d'hier : l'Arena, le parti de droite au pouvoir, est essoufflé par ses vingt années à la tête de l'État ; le FMLN, qui a adouci son discours marxiste, est pour la première fois favori des sondages. Malgré cette promesse d'alternance, et la paix civile ininterrompue, la guerre et ses fantômes continuent de hanter la population. La politique de « terre brûlée », destinée à couper la guérilla de ses bases, a dévasté la campagne. Les escadrons de la mort, en ville, ont décimé les rangs des syndicalistes, religieux, professeurs et étudiants. Selon les témoignages recueillis par la Commission de la vérité, après les accords de paix, cent soixante-dix massacres ont été commis contre les populations civiles. « La vérité, c'est que les victimes n'ont jamais eu de réconfort économique, moral, et encore moins judiciaire», dit Benjamin Cuellar, directeur de l'Institut des droits de l'homme Idhuca.

Pablo Alvarenca, dans le village de Cinquera, attend aussi cette reconnaissance qui ne vient pas. Dans la pièce principale de sa maison, il regarde chaque jour les portraits de ses quatre enfants fauchés par la guerre. «Si la gauche gagne, il faudra modifier cette amnistie. Certains crimes ne peuvent pas être pardonnés.»


Les deux camps impliqués
Il faudra cependant que Pablo, Delfina, et les autres, prennent patience. Rejoignant pour une fois son adversaire de l'Arena, le candidat du FMLN a affirmé qu'il ne reviendrait pas sur la loi d'amnistie. Une déclaration qui a déçu de nombreuses victimes, mais qui n'a pas surpris l'écrivain Geovani Galeas. «L'amnistie a profité aux militaires, mais aussi aux chefs du FMLN impliqués dans des exécutions ou des enlèvements.» Ancien guérillero lui-même, Geovani Galeas vient de publier un livre démontrant l'implication de Salvador Sanchez Ceren - qui postule au poste de vice-président pour le FMLN - dans un massacre au sein même de la guérilla.

Cette enquête a fait l'effet d'une bombe en pleine campagne électorale : Geovani Galeas est accusé de trahir son camp, tandis que Salvador Sanchez Ceren fuit les journalistes. Mais pour Benjamin Cuellar, ce travail de mémoire, douloureux, est inévitable : «Les familles de victimes ne sont ni de droite ni de gauche. Elles veulent simplement savoir où sont les corps pour pouvoir les enterrer dignement… Et trouver la paix.»

dimanche 15 mars 2009

Présidentielle au Salvador: victoire du candidat de gauche Mauricio Funes


Mauricio Funes, candidat de l'ex-guérilla d'extrême gauche du Salvador, s'est déclaré dimanche soir président élu de ce pays d'Amérique centrale dirigé par la droite depuis 20 ans, alors que les derniers résultats officiels lui donnaient l'avantage après le dépouillement de plus de 90% des bulletins.


Mauricio Funes, candidat de l'ex-guérilla d'extrême gauche du Salvador, s'est déclaré dimanche soir président élu de ce pays d'Amérique centrale dirigé par la droite depuis 20 ans, alors que les derniers résultats officiels lui donnaient l'avantage après le dépouillement de plus de 90% des bulletins.

"Je suis le président élu de tous les Salvadoriens", a déclaré le candidat de l'ex-rébellion armée du Front Farabundo Marti pour la libération nationale (FMLN), lors d'une conférence de presse.

"Aujourd'hui, c'est la victoire des citoyens qui ont cru en l'espérance et ont vaincu la peur. C'est une victoire de tout le peuple du Salvador", a-t-il ajouté. "A ce moment même, l'Arena (Alliance républicaine nationaliste, parti jusqu'ici au pouvoir, ndlr) passe dans l'opposition, et elle doit avoir la garantie qu'elle sera respectée et écoutée", a-t-il poursuivi.

M. Funes a proclamé sa victoire alors que les résultats officiels quasi-complets --sur plus de 90% des bulletins dépouillés-- lui donnaient 51,2% des voix, contre 48,7% au candidat du parti conservateur au pouvoir, Rodrigo Avila.

La droite agite le spectre d'Hugo Chavez


San Salvador) Grâce à un ancien journaliste vedette de CNN, les ex-guérilleros du FMLN pourraient accéder à la présidence dès demain. Un véritable cauchemar pour le parti de droite Arena, qui dirige ce petit pays d'Amérique centrale depuis 20 ans

Au Salvador, le temps semble s'être arrêté quelque part en pleine Guerre froide. Rodrigo Avila, candidat du parti de droite Arena à la présidentielle de demain, a mis en garde les électeurs contre le «socialisme du XXIe siècle», porté par le Vénézuélien Hugo Chavez, qui n'est autre qu'«une mauvaise caricature du communisme du siècle passé».

Cet ancien ministre de la police, âgé de 44 ans, assure que le vote de demain est un choix entre deux systèmes: «Il faut voter pour défendre nos valeurs: Dieu, patrie, famille, travail, liberté.»

«Si les rouges passent, ils vont nous voler nos maisonset nos enfants», renchérit un de ses supporters, entièrement vêtu des couleurs bleu-blanc-rouge d'Arena.

Représentant de la gauche et candidat du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), parti issu de la guérilla, Mauricio Funes entend pour sa part mettre fin aux quatre mandats consécutifs d'Arena à la tête du pays, un record en Amérique latine: «Arena a échoué, Arena n'a pas réussi à résoudre des problèmes essentiels comme l'insécurité, la pauvreté, la faim,» a-t-il martelé lors de ses derniers rassemblements.

Faire voter les morts

Cet ancien journaliste, qui fut correspondant de CNN au Salvador, met d'ores et déjà ses partisans en garde contre une fraude, demain: «Nous savons tous qu'Arena amène des électeurs des pays voisins. Arena va jusqu'à faire voter les morts.» Une tension qui s'est aussi manifestée pendant la campagne électorale, au cours de laquelle les affrontements entre les militants des deux partis ont été presque quotidiens.

Au Salvador, le débat politique est rarement pacifique. Après des décennies de dictature militaire, ce petit pays d'Amérique centrale a été déchiré par une guerre civile opposant l'armée, soutenue par les États-Unis, et la guérilla, appuyée par le bloc communiste. Le conflit, qui a fait 75 000 morts et des centaines de déplacés, s'est terminé en 1992.

Dix-sept ans plus tard, cependant, le paysage politique n'a guère évolué: Arena et le FMLN se retrouvent tous les cinq ans face à face, et le parti de droite n'avait qu'à agiter le chiffon rouge du communisme pour s'assurer une marge confortable à chaque scrutin.

Ce n'est désormais plus vrai. Lors des élections législatives et municipales de janvier, le FMLN est devenu la première force politique du pays. Cette gauche salvadorienne, qui ne parle plus de dénoncer le traité de libre-échange avec les États-Unis ou d'abandonner le dollar comme monnaie nationale, a considérablement recentré son programme.

Une étoile modérée

La gauche a surtout a changé de visage: remisant au second plan ses ex-commandants militaires, elle présente cette fois aux électeurs une étoile de la télé qui s'est forgé une image d'opposant au fil de ses interviews politiques. «L'objectif, c'est de ne plus effrayer la classe moyenne salvadorienne et surtout d'aller au-delà du vote traditionnel de gauche», explique le politologue Danilo Miranda. Une stratégie pour l'instant gagnante: en tête dans les sondages, Mauricio Funes a réussi à réunir autour de sa candidature des personnalités de droite et même d'anciens militaires.

Placé pour la première fois face à une possibilité réelle d'alternance, Arena fait feu de tout bois pour conserver le pouvoir: «Ce parti a l'appui des grands médias, des grands chefs d'entreprise, mais aussi des administrations et de l'appareil d'État», constate Roody Reserve, professeur à l'université UCA.

Arena compte aussi - et surtout - sur l'image sulfureuse d'Hugo Chavez pour effrayer l'électorat plutôt conservateur du Salvador. «Le président Vénézuélien contrôle déjà le Nicaragua et le Honduras. Il n'attend plus que la victoire du FMLN pour mettre la main sur le Salvador», jure Cesar Funes, directeur de la campagne d'Arena.



Le Salvador

Nom officiel> République d'El Salvador.

Population> 5 744 113 habitants selon le dernier recensement de 2007.

Superficie> 20 742 km2.

Monnaie> Le dollar américain est la monnaie officielle depuis 2001.

Régime> République démocratique, président élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans.

Taux de pauvreté> 35%.

Emploi> 40% de chômage et d'emplois précaires.

PIB par habitant> 2867$ en 2007.

Religion> 70% de la population est catholique, le reste se partage entre protestants évangéliques et mormons.

Présidentielle: le Salvador pourrait basculer à gauche, Washington attentif


Les candidats à la présidentielle du Salvador Mauricio Funes (g) et Rodrigo Avila

Le Salvador, petit pays d'Amérique centrale dirigé par la droite depuis 20 ans dans le sillage des Etats-Unis, vote dimanche dans une présidentielle où il n'a jamais été aussi proche de basculer à gauche, comme plusieurs autres pays de la région.

Ce serait un revirement historique, avec l'avènement à la tête du pays de l'ancienne guérilla de gauche du front Farabundo Marti pour la libération nationale (FMLN). Elle l'emporterait ainsi par les urnes contre le camp conservateur qui l'avait vaincue en 1992, grâce à l'appui de Washington, après une guerre civile de douze ans qui a fait 75.000 morts.

Les Etats-Unis sont d'autant plus attentifs que le FMLN a déjà gagné les législatives de janvier dernier. Des parlementaires ont évoqué par écrit des "menaces potentielles" pour les "intérêts de sécurité nationale" des Etats-Unis dans le cas d'une victoire de la gauche, qui rapprocherait le Salvador de leur bête noire dans la région, le président vénézuélien Hugo Chavez.

Depuis l'intervention décisive de Washington contre la guérilla, le Salvador est "américanisé", avec une économie "dollarisée" au sens propre du terme, puisque le billet vert est devenu la monnaie nationale.

Le Salvador, qui vient de rapatrier d'Irak le contingent de 200 militaires qu'il y avait envoyé voici cinq ans et demi, a été le seul pays d'Amérique latine à être resté dans le pays jusqu'à la fin du mandat de l'ONU, le 31 décembre dernier.

Certes, le prochain président du Salvador, qui sera officiellement investi le 1er juin prochain, ne pourra gouverner seul, car le FMLN, désormais première formation à l'Assemblée, n'y a pas la majorité absolue. Il devra donc composer en nouant des alliances avec les partis minoritaires, comme c'était déjà le lot du président conservateur sortant Elias Antonio Saca, absent du scrutin de dimanche car la Constitution lui interdit deux mandats successifs.

Le candidat du FMLN, Mauricio Funes, 49 ans, ancien journaliste vedette de la télévision, a promis lors de sa désignation que, s'il l'emportait, le Salvador demeurerait un allié convaincu de Washington. L'arrivée au pouvoir du président Barack Obama lui rendrait cet engagement plus facile à tenir si ce dernier instaure effectivement avec l'Amérique Latine le nouveau dialogue qu'elle attend des Etats-Unis.

Le souci majeur des Etats-Unis dans ce dossier est de voir le Salvador "basculer dans le camp du Venezuela de Hugo Chavez".

Le candidat du président Saca, son ancien directeur de la Police nationale, Rodrigo Avila, un ingénieur de 44 ans, a martelé l'argument tout au long de sa campagne. Une victoire de M. Funes ouvrirait la porte au "socialisme du XXIe siècle" préconisé par le président vénézuélien, a-t-il répété, soulignant que c'était déjà le cas au Nicaragua de Daniel Ortega et au Honduras de Manuel Zelaya.

"La gauche que je représente est la gauche salvadorienne" et le FMLN a "évolué", affirme M. Funes pour rassurer Washington en se démarquant de M. Chavez. L'ex-guérilla tient compte des "exigences de l'époque" et a choisi pour slogan le "changement dans la sécurité", a-t-il répété.

Dimanche, les bureaux de vote seront ouverts de 07h00 locales (13h00 GMT) à 17h00 (23h00 GMT). Le Tribunal suprême électoral espère annoncer les premiers résultats à 20h00 (lundi 02h00 GMT).

Le scrutin se déroulera en présence d'observateurs de l'Union européenne (UE) et de l'Organisation des Etats américains (OEA).

Des bombardiers russes à Cuba et au Venezuela





Un des principaux responsables des forces aériennes russes a annoncé que Moscou envisageait la possibilité de déployer des bombardiers stratégiques à Cuba ou au Venezuela, rapporte samedi l'agence russe Interfax.

Selon le général Anatoli Jikhariev, commandant des forces aériennes stratégiques russes, il existe à Cuba des bases aériennes avec quatre ou cinq pistes utilisables.

L'île castriste pourrait donc servir de base: si les deux pays "font état d'une volonté politique, nous sommes prêts à y voler", a ajouté le général.

Par ailleurs, le président vénézuélien Hugo Chavez, a proposé à Moscou "la totalité d'une île, avec un aérodrome, que nous pouvons utiliser comme base temporaire", a-t-il ajouté. "S'il y a une décision politique (...), alors l'utilisation de l'île (...) est possible".

Il s'agit d'une "possibilité technique, c'est tout", a déclaré Alexei Pavlov, un responsable du Kremlin, interrogé sur ces déclarations et se refusant à plus de commentaires sur une situation hypothétique.

Cuba n'a jamais hébergé de manière permanente des avions russes ou soviétiques. Mais pendant les années de la Guerre froide, les bombardiers russes faisaient fréquemment escale sur l'île.

Les patrouilles de bombardiers stratégiques ont repris en 2007 après une suspension de 15 ans.

Pour l'analyste militaire indépendant Alexander Golts, une telle mesure n'aurait "aucun sens" d'un point de vue militaire. "Ce n'est qu'un geste de représailles", Moscou n'ayant pas apprécié les patrouilles de la marine américaine en Mer noire.

lundi 9 mars 2009

Hugo Chavez répliquera par les armes en cas d'incursion militaire colombienne


Le président vénézuélien Hugo Chavez a affirmé dimanche en réaction à des déclarations du ministre colombien de la Défense qu'il répondrait par les armes à une éventuelle incursion militaire de son voisin sur son territoire contre des camps de guérilleros.

En cas d'incursion armée colombienne, "malheureusement, et ce serait une grande douleur, je mobiliserais immédiatement les avions (de chasse) Soukhoï et les chars de combat", a déclaré M. Chavez au cours de son émission télévisée hebdomadaire, "Alo, presidente".

"Je ne permettrai pas que quiconque dans le monde manque de respect à la souveraineté, la dignité du Venezuela", a-t-il poursuivi.

"J'ai parlé hier (samedi) avec le président (colombien Alvaro) Uribe pour réaffirmer que nous ne voulions pas de conflit avec la Colombie", a poursuivi Hugo Chavez, qui réagissait pour la première fois à des déclarations du ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos.

M. Santos avait déclaré dans une interview en début de semaine que "frapper des terroristes qui s'en prennent systématiquement à une population, même s'ils ne se trouvent pas sur notre territoire, est un acte de légitime défense".

Hugo Chavez a également mis en garde son homologue colombien, déclarant ne "pas vouloir imaginer que le ministre Santos aurait la folie de faire ce qu'ils ont fait à l'Equateur".

Le 1er mars 2008, l'armée colombienne a mené une attaque contre un camp des Farc en Equateur, où 25 personnes dont le numéro deux de la guérilla marxiste Raul Reyes avaient été tuées.

Chez Chavez, futur restaurant bon marché pour amoureux




Inquiet de la valse des étiquettes, le président vénézuélien Hugo Chavez a proposé vendredi de créer des "restaurants populaires" d'Etat bon marché.Evoquant les statistiques mensuelles des prix à la consommation (+ 30% en 2008), le chef de l'Etat populiste a noté que le coût des hôtels et restaurants avait augmenté deux fois plus en février que le taux d'inflation mensuel.

"Je vais devoir inventer des restaurants pour le peuple", a-t-il dit en direct à la télévision. "Vous souhaitez dîner aux chandelles avec votre femme le jour de la Saint-Valentin ? Essayez le restaurant 'Chez Chavez'!. Je vous donnerai tout ce que vous voulez, y compris des vins vénézuéliens, chiliens ou brésiliens".

Cette semaine, le chantre de la "révolution bolivarienne" a ordonné à l'armée de prendre le contrôle de la filière riz et nationalisé une plantation d'eucalyptus appartenant à une société irlandaise pour renforcer le poids économique de l'Etat et resserrer les contrôles sur l'approvisionnement en produits alimentaires.

Alimentaire: Chavez renforce son contrôle




Le président vénézuélien Hugo Chavez a donné deux semaines dimanche au groupe mexicain Coca-Cola Femsa, principale société d'embouteillage de sodas en Amérique latine, pour libérer un terrain de Caracas où elle gare ses véhicules.

"Je donne deux semaines à Coca-Cola pour que ce terrain soit libéré de façon volontaire", a déclaré le chef de l'Etat vénézuélien dans son programme télévisé hebdomadaire "Allo président".

Le président Chavez veut utiliser ce terrain, d'une surface d'un hectare, pour construire des logements dans le quartier très peuplé de Libertador à Caracas.
Jeudi, une filiale mexicaine du céréalier américain Cargill produisant du riz a été directement expropriée par l'Etat vénézuélien, et vendredi une plantation d'arbres de 1.500 hectares du papetier irlandais Smurfit Kappa a été placée sous le contrôle de l'Etat.

Le président vénézuélien est ainsi passé à la manière forte pour s'assurer un plus grand contrôle sur les entreprises du secteur alimentaire.
M. Chavez, dont le gouvernement a impulsé depuis 1999 une série de nationalisations dans les secteurs clés comme l'énergie ou les télécommunications, a décrété il y a six mois une loi sur la souveraineté alimentaire qui renforce le contrôle de la production des entreprises du secteur.

lundi 2 mars 2009

Venezuela : nouvelle nationalisation





Le gouvernement du Venezuela a pris aujourd'hui le contrôle d'une deuxième usine de riz, une mesure destinée à lutter contre les problèmes de pénuries et l'explosion des prix alimentaires.

L'armée a été envoyée dans l'Etat de Portuguesa (centre) afin d'occuper la fabrique de la société Mary, qui fournit près du tiers du marché, selon les images diffusées par la télévision publique vénézuélienne.

"C'est une mesure de supervision et de contrôle car il est nécessaire de garantir que le riz parvienne aux consommateurs", a déclaré le gouverneur de l'Etat, Wilmar Castro.

La prise de contrôle de la filière du riz a été annoncée samedi dernier par le président vénézuélien Hugo Chavez, qui a menacé les industriels de les "exproprier" pour n'avoir pas respecté le prix des denrées de base, régulé depuis 2003 par les autorités.

"Nous n'allons pas les laisser se moquer du peuple", avait averti M. Chavez, un dirigeant socialiste, dont le gouvernement a impulsé depuis dix ans une vague de nationalisations dans les secteurs clés comme l'énergie, le ciment ou les télécommunications.

Une première usine de riz, appartenant au groupe Alimentos Polar, a été placée sous le contrôle des forces de l'ordre ce week-end, dans l'Etat de Guarico (centre).
La direction de Polar a annoncé lundi son intention de déposer un recours en justice, rappelant que le gouvernement gère 48% de la production nationale de riz, contre 6% pour l'entreprise privée.

Le problème est d'autant plus crucial au Venezuela que la hausse des denrées de base a atteint 41% l'an dernier, un taux record en Amérique latine.