dimanche 26 avril 2009

Equateur: le président sortant Rafael Correa se proclame vainqueur


Le président sortant d'Equateur, le socialiste Rafael Correa, a déclaré qu'il avait remporté la victoire de manière écrasante dimanche à l'élection présidentielle, quelques minutes après la fermeture des bureaux de vote.
"Mes premières paroles sont à l'attention du peuple équatorien, de remerciement profond (...) car nous avons gagné de manière écrasante", a déclaré le président depuis Guayaquil, grande ville du sud et bastion de l'opposition.

"Nous avons fait l'histoire", a encore déclaré Rafael Correa, en rappelant qu'avant lui, en dix ans, aucun des sept présidents l'ayant précédé n'avait été réélu et trois avaient été renversés.

"Aujourd'hui on gagne en un seul tour", s'est-il encore félicité en saluant le retour de la stabilité au pouvoir. "Jusqu'à la victoire, toujours", a-t-il encore ajouté.

Auparavant trois sondages réalisés à la sortie des urnes et publiés à peine quelques minutes avant la fermeture des bureaux de vote, l'avaient donné vainqueur, dès le premier tour, avec 54 à 55% des suffrages.

Les Equatoriens étaient appelés à voter dimanche entre 07H00 et 17H00 (12H00 et 22H00 GMT) pour choisir l'ensemble de leurs représentants et élire leur président, un scrutin pour lequel le chef de l'Etat Rafael Correa tenant du socialisme du XXIe siècle comme son allié vénézuélien Hugo Chavez, partait favori depuis de nombreuses semaines.

mardi 21 avril 2009

Le Venezuela a remporté un de ses plus grands succès au sommet des Amériques



Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a estimé, dimanche à Caracas, après le sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago marqué par une volonté de dialogue avec les Etats-Unis, que les valeurs prônées par son pays y avaient remporté "un de leurs plus grands succès".

Le président Chavez de retour de Port of Spain, où il venait de participer au sommet des Amériques, a déclaré que "les valeurs de résistance, de dignité, de souveraineté et d'indépendence défendues depuis toujours défendues par le Venezuela (...) avaient obtenu un de leurs plus grands succès".

M. Chavez s'exprimait lors d'un défilé militaire commémorant le 199e anniversaire du départ du Venezuela du dernier capitaine général nommé par la couronne espagnole, Vicente Emparan.

"Il semble que les changements amorcés au Venezuela à la fin du XXe siècle ont commencé à gagner même l'Amérique du Nord", s'est félicité M. Chavez, en référence à la volonté de dialogue manifestée pendant les trois jours de réunion des présidents d'Amérique latine et du président américain Barack Obama.

A Trinité-et-Tobago, M. Chavez a annoncé avoir désigné le diplomate Roy Chaderton, l'actuel ambassadeur du pays devant l'Organisation des Etats américains (OEA), pour prendre les fonctions d'ambassadeur aux Etats-Unis. Le département d'Etat, de son côté, a indiqué qu'il oeuvrait à la normalisation des relations bilatérales.

En septembre dernier, le Venezuela avait expulsé l'ambassadeur américain à Caracas et les Etats-Unis lui avaient rendu la pareille en renvoyant son représentant diplomatique de Washington.

Sommet des Amériques: une grande victoire de la révolution vénézuélienne (Chavez)


Le Sommet des Amériques qui vient de s'achever à Trinité-et-Tobago a marqué une grande victoire de la révolution vénézuélienne, a déclaré dimanche le président du Venezuela Hugo Chavez lors d'un défilé militaire commémorant le 199e anniversaire de l'indépendance du pays face à la domination espagnole.

"Notre vision des principes de la dignité, de la souveraineté et de l'indépendance a été soutenue au Sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago et constitue une de nos plus grandes victoires de notre histoire", a-t-il indiqué.

Selon M.Chavez, le fait même que le président américain Barack Obama se soit déclaré prêt à organiser les relations avec Venezuela et Cuba d'égal à égal, sur les principes d'un respect mutuel et les intérêts communs est un grand succès de la révolution socialiste au Venezuela.

"Tout porte à croire que les transformations qui s'étaient amorcées au Venezuela à la fin du XXe siècle commencent à gagner les Etats-Unis eux-mêmes", a souligné le président vénézuélien.

Lors du Sommet des Amériques le président américain Barack Obama a proposé aux pays d'Amérique Latine et des Caraïbes de créer une "alliance des égaux" en ces temps difficiles.

Il a reconnu à n'importe quel Etat le droit de suivre la voie qu'il a choisie lui-même, en les exhortant à rejeter toutes les divergences et à se respecter les uns les autres.

Embargo contre Cuba: le début de la fin


C'est le début de la fin de l'embargo américain contre Cuba. Quarante-sept ans et une dizaine de présidents après John F. Kennedy (qui l'avait décrété en février 1962), tout le monde ou presque en 2009 – y compris de plus en plus de gens à Miami et à Washington – convient que cette mesure de boycottage économique appliqué à un ennemi politique, fût-il détestable, ne marche pas, qu'elle est moralement contestable et qu'elle peut même aboutir à renforcer celui qu'elle devait affaiblir.

La méthode Obama

En diplomatie et en politique internationale, la « méthode Obama » commence à être bien connue de par le monde. Elle consiste à tendre la main, à reconnaître qu'on doit écouter ses partenaires, à admettre les erreurs passées...

Ajoutons-y les sourires et les rencontres impromptues d'un rassemblement comme celui du Sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago, le week-end du 17 avril, où l'on a vu l'« effet Obama » jouer à fond: exemple convaincant de ce que peut être une « diplomatie de charme » parfaitement menée.

Mais cette méthode et ce style amènes, sympathiques, ouverts... peuvent-ils régler les problèmes de fond? Pour l'économie internationale au lendemain du G-20 de Londres, cela reste à voir. Pour une OTAN en pleine crise d'identité devant l'impasse croissante en Afghanistan et au Pakistan, c'est plus que douteux. Pourtant, dans ces deux occasions, Obama avait brillé dans son rôle habituel.

Mais sur le front des Amériques? Là, c'est peut-être différent... Durant cette semaine du 13 au 20 avril 2009, à Washington, Caracas, La Havane, Mexico et Port of Spain – semaine au cours de laquelle les paroles engageantes, les oeillades, les poignées de main ont abondé entre Américains, Mexicains, Vénézuéliens et autres latinos – on a eu vraiment l'impression que l'Histoire était en marche. Et que la vieille opposition entre États-Unis « impérialistes » et Amérique latine « résistante » était en train de passer la main...

Le jeudi, Hugo Chavez faisait l'accolade à son pote Raul Castro. Le vendredi, il échangeait, devant les caméras, une chaleureuse poignée de main avec Barack Obama. Face au président américain, tout le monde – de la gauche à la droite, et cela inclut même le président conservateur Alvaro Uribe de Colombie – a répété que l'embargo contre Cuba est un anachronisme qu'il faut absolument répudier, si l'on veut aller de l'avant et réconcilier les Amériques...

La conclusion du Sommet a été paradoxale: absence de consensus sur la déclaration finale (car les États-Unis ne voulaient pas y inscrire la levée de l'embargo), mais des sourires partout, et tout le monde qui parle de « succès ».

Encore un petit effort...

Entre Cuba et les États-Unis, ce mois d'avril 2009 fera peut-être figure de moment décisif au cours duquel les vieilles crispations d'un demi-siècle auront commencé à disparaître. Mais nous n'y sommes pas encore tout à fait. À l'issue du Sommet, Washington a écarté une levée de l'embargo « du jour au lendemain », tandis que le persistant Fidel Castro, dans son éditorial devenu habituel de la Granma (la « Pravda » cubaine), a critiqué le Sommet et repris la chanson: « Levée immédiate de l'embargo! »

Nonobstant les réticences au changement, présentes à Washington comme à La Havane, on peut imaginer, de part et d'autre du détroit de Floride, une évolution graduelle. Par exemple, de la part de Washington, on assisterait à un « strip-tease » lent qui dépouillerait peu à peu l'embargo de son contenu, mais sans rien proclamer officiellement. Pendant ce temps, La Havane donnerait des signes concrets d'ouverture: en acceptant les compagnies américaines dans les télécoms cubaines, en libérant des prisonniers politiques, en tolérant un journal indépendant...

Divisions latinos

Pourtant, si l'Amérique latine fait montre d'une unanimité réelle et déterminée sur le point précis de l'embargo contre Cuba, et si cette unanimité force aujourd'hui un Barack Obama à s'ouvrir réellement, le sous-continent hispanique n'en reste pas moins divisé sur plusieurs questions, en différents groupes.

Des États comme le Brésil, le Mexique, ou le Chili sont généralement plus proches des positions américaines – et des conceptions occidentales en matière économique – que ne le sont le Venezuela, l'Équateur, la Bolivie ou le Nicaragua. Le Brésil et la Bolivie ont un contentieux énergétique. La Colombie et le Venezuela se sont presque fait la guerre sur la question de la guérilla et des prisonniers politiques. Le Honduras et le Costa Rica sont en froid.

Sur la lutte aux inégalités, le rôle de l'État dans l'économie, l'ouverture aux investissements étrangers, sur le libre-échange en général, il existe – c'est le moins qu'on puisse dire – une énorme diversité des approches. L'ALBA, l'« Alternative bolivarienne » de Hugo Chavez, avec sa petite demi-douzaine de membres, préconise un développement économique qui refuse l'intégration capitaliste, pourtant acceptée par les gouvernements du Brésil, du Chili ou du Pérou, gouvernements étiquetés de « gauche modérée »...

On peut imaginer qu'une résolution de la question cubaine – qui se profile désormais à l'horizon de la présidence Obama – pourrait avoir pour effet pervers de faire ressortir ce qui divise les pays latinos entre eux. D'où l'interrogation: le front commun sur l'embargo est-il une manière d'unifier l'Amérique latine, ou une feuille de vigne qui masque les divisions?

L'embargo américain contre Cuba a eu pour effet, pendant un demi-siècle, de cristalliser les positions et de bloquer l'évolution des esprits. Sa disparition annoncée est une bonne nouvelle, mais qui pourrait avoir des effets pervers.

Les ventes du livre offert par Chavez à Obama explosent


Lors du sommet des Amériques qui se déroulait ce week-end à Trinité-et-Tobago, Hugo Chavez à offert un livre intitulé "Las Venas Abiertas de America Latina" à Barack Obama. Depuis, l'ouvrage cartonne.

En deux jours, "Las Venas Abiertas de América Latina" (Les veines ouvertes de l'Amérique latine) d'Eduardo H. Galeano est passé de la 60.000 à la deuxième place des ventes sur le site Amazon.com.

"Je vais lui offrir en retour un des miens", a déclaré Barack Obama après avoir reçu ce cadeau de son homologue vénézuélien. Voilà une excellente manière, pour le président américain, d'exercer son espagnol, en plus de l'aider à mieux cerner le continent latino-américain.

lundi 20 avril 2009

ACCUSATIONS - Dominique de Villepin défend Ingrid Betancourt





Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et grand ami d'Ingrid Betancourt, assure que le silence de l'ex-otage franco-colombienne était sa "meilleure réponse" à ceux qui l'accusent dans des livres dont ils assurent "la promotion" . Lors du Grand rendez-vous (Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France), l'ancien Premier ministre a parlé, à propos de mémoires de compagnons de captivité d'Ingrid Betancourt, d'"une "logique médiatique collective extrêmement difficile à arrêter". "Pour qu'on parle d'eux, pour que ces livres se vendent, inévitablement, c'est la relation à l'otage la plus connue qui intéresse", a observé l'ancien ministre des Affaires étrangères. L'ex-directrice de campagne d'Ingrid Betancourt, Clara Rojas, enlevée avec elle en 2002, trace dans un livre un portrait parfois dur de la Franco-Colombienne. Quant aux trois otages américains libérés comme Ingrid Betancourt le 2 juillet 2008 qui ont publié leur propre ouvrage, ils l'accusent d'"arrogance" et d'"égoïsme".

"Je connais suffisamment Ingrid pour n'avoir aucun doute sur ce qu'elle est et l'exigence qui est la sienne", a-t-il poursuivi, confirmant qu'elle rédigeait ses propres souvenirs aux États-Unis. "Il faut prendre ces témoignages pour ce qu'ils sont", a-t-il affirmé : ils sont apportés "de façon parfois excessive quand c'est tourné pour les besoins d'une promotion", ce sont "ceux d'hommes et femmes qui ont beaucoup souffert". "Il faut beaucoup de caractère pour ne pas répondre", a-t-il poursuivi. "Ce silence, c'est sans doute la meilleure réponse."

SOMMET DES AMÉRIQUES - Une rencontre sans consensus



Le sommet des Amériques s'est achevé dimanche à Port of Spain sans consensus des 34 pays sur une déclaration finale, a annoncé à la presse le Premier ministre de Trinité-et-Tobago, Patrick Manning. "La déclaration elle-même n'avait pas l'accord de l'ensemble des 34 pays. Plusieurs pays ont émis des réserves sur certains points et c'est compréhensible car il est très difficile (de parvenir à un accord) dans une réunion et une négociation entre 34 pays."

"Le document qui émerge est un document de compromis qui a obtenu l'accord de certains et pas celui d'autres", a précisé le Premier ministre. "Nous avons donc décidé de l'adopter, car en l'adoptant nous reconnaissons qu'il n'y avait pas d'unanimité."

Plusieurs pays de la gauche radicale, emmenés par le président vénézuélien Hugo Chavez, avaient jugé "inacceptable" la déclaration finale faisant l'impasse sur l'embargo américain contre Cuba et sa mise à l'écart du sommet continental. Jusqu'ici les chefs d'État et de gouvernement avaient toujours signé le texte final du sommet des Amériques, depuis sa première édition à Miami en 1994.

Cette déclaration sans unanimité nuit inévitablement au bilan, par ailleurs positif, du sommet au cours duquel les dirigeants des Amériques se sont déclarés séduits par le discours du président américain Barack Obama qui a proposé "une nouvelle ère" dans les relations avec l'Amérique latine. Exclu de l'Organisation des États américains (OEA) depuis 1962, année depuis laquelle l'embargo américain est en vigueur, Cuba n'était pas invité au sommet.

POLÉMIQUE - Ingrid Betancourt : ange ou démon ?


"Hautaine, arrogante, égoïste, distante" ou "leader née, convaincante, tolérante, humble" ? Qui est vraiment Ingrid Betancourt ? C'est la question à laquelle quatre livres - parus ces derniers mois - tentent de répondre. Au final, un portrait pour le moins contrasté, où l'icône franco-colombienne vacille parfois. Qu'elle semble loin l'image de la Madone souvent entretenue par les médias du monde entier durant ses 6 ans et demi de captivité aux mains des Farc...

Pour l'heure, Ingrid Betancourt, actuellement aux États-Unis, reste muette. Lepoint.fr n'a pu entrer en contact avec elle. Plus de neuf mois après sa libération , on sait qu'elle prépare sa seconde autobiographie (la précédente remonte à 2001), un livre "à dimension spirituelle", éloigné de toute polémique, selon son éditeur, Antoine Gallimard. Son entourage semble également prendre ses distances avec toute cette histoire.

dimanche 19 avril 2009

Obama admet l'échec de la politique des Etats-Unis contre Cuba


Le sommet des Amériques s'est achevé dimanche à Port of Spain sans consensus des 34 pays sur une déclaration finale, a annoncé à la presse le Premier ministre de Trinité-et-Tobago, Patrick Manning


Le président américain Barack Obama a admis dimanche, à l'issue du sommet des Amériques de Port of Spain, que la politique menée pendant 50 ans par les Etats-Unis vis-à-vis de Cuba "n'a pas pas marché" mais qu'elle ne changerait pas rapidement.

Barack Obama a par ailleurs déclaré qu'il n'attendait "pas seulement des mots, mais des actes" de Cuba et du Venezuela.

Relevant les "signaux positifs" dans les relations de Washington avec deux Etats latino-américains hostiles, le président Obama qui s'exprimait à l'issue du sommet des Amériques, a estimé que les paroles devaient être suivies d'actes.

"Pas seulement des mots, mais des actes, c'est le défi pour nous tous", a-t-il a souligné.

Le sommet des Amériques s'est achevé dimanche à Port of Spain sans consensus des 34 pays sur une déclaration finale, a annoncé à la presse le Premier ministre de Trinité-et-Tobago, Patrick Manning.

"La déclaration elle-même n'avait pas l'accord de l'ensemble des 34 pays", a déclaré M. Manning. "Plusieurs pays ont émis des réserves sur certains points et c'est compréhensible car il est très difficile (de parvenir à un accord) dans une réunion et une négociation entre 34 pays".

"Le document qui émerge est un document de compromis qui a obtenu l'accord de certains et pas d'autres", a précisé le Premier ministre. "Nous avons donc décidé de l'adopter, car en l'adoptant nous reconnaissons qu'il n'y avait pas d'unanimité".

Attentif à l'Amérique du Sud, Barack Obama tend la main à Cuba


Barack Obama entouré de la présidente chilienne Michelle Bachelet, de la présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner et du chef de l'Etat brésilien Lula da Silva (de gauche à droite). Lors du sommet des Amériques samedi à Trinidad-et-Tobago, le président américain a prêté une oreille attentive aux idées de coopération régionale et de nouvelle ère des relations avec Cuba

Le président Barack Obama a prêté une oreille attentive aux idées de coopération régionale et de nouvelle ère des relations avec Cuba lors du sommet des Amériques samedi à Trinidad-et-Tobago.


Le chef de l'Etat américain a multiplié les gestes d'ouverture, se déclarant à la fois prêt à apprendre de ses partenaires sud-américains et leur offrant un partenariat pour lutter contre les effets de la crise économique mondiale.

"J'ai beaucoup à apprendre et je suis impatient de voir comment nous allons pouvoir travailler ensemble d'une manière plus efficace", a déclaré Obama avant l'ouverte à Port-of-Spain de la séance plénière de ce cinquième sommet continental.

"Je crois que nous avons fait des progrès lors de ce sommet", a-t-il ajouté.

Signe de la détente qu'il entend proposer à plusieurs Etats qui affichaient une hostilité face à l'administration de George W. Bush, Obama est allé serrer la main du bouillant président vénézuélien Hugo Chavez, vendredi soir peu avant la cérémonie d'ouverture.

Répondant à cette main tendue, Chavez a offert samedi à l'hôte la Maison blanche un ouvrage intitulé "Les veines ouvertes de l'Amérique latine" de l'auteur uruguayen Eduardo Galeano connu pour ses sympathies de gauche.

Obama a accepté le présent en souriant. "J'ai cru que Chavez me donnait un de ses ouvrages", a plaisanté Obama, ensuite. "J'ai failli lui donner l'un des miens."

"Nous avons commencé à discuter avec Obama et je crois que nous sommes sur la bonne voie", a commenté le président vénézuélien, affirmant qu'il ne doutait pas que les relations s'améliorent entre son pays et Washington.

Le Venezuela avait expulsé l'ambassadeur des Etats-Unis à Caracas l'an dernier en raison d'un contentieux à propos de la Bolivie, pays allié.

DISCUTER DE TOUT AVEC CUBA

Le président américain a déclaré aux 33 dirigeants présents vendredi que son administration souhaitait un nouveau départ dans ses relations avec Cuba et que soit mis fin à la guerre idéologique qui a marqué l'histoire de cet hémisphère pendant un demi-siècle.

Cette question des nouvelles relations entre Washington et La Havane a été le sujet principal des discussions, malgré l'absence du président Raul Castro, tenu à l'écart.

Ces nouvelles relations passent pour Obama par un nouveau type de dialogue, incluant les questions des droits de l'Homme et de l'économie, mais également des réformes politiques au sein du régime communiste.

Ces propos du président américain faisaient écho à ceux de Castro qui avait annoncé jeudi au Venezuela que Cuba était prêt à discuter de "tout" avec les Etats-Unis, y compris les prisonniers politiques et la liberté de la presse.

Jusqu'alors La Havane avait toujours refusé de subordonner la reprise du dialogue avec les Etats-Unis à des réformes internes.

Cette amorce de détente répond aux attentes formulées par différents chefs d'Etat sud-américains, dont le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ou encore Chavez.

Avant le début du sommet, Obama avait annoncé l'assouplissement de certaines dispositions de l'embargo américain sur Cuba.

Le sommet qui est prévu jusqu'à samedi devrait également aborder les questions économiques, la coordination pour développer des ressources énergétiques, la lutte contre le réchauffement climatique et les trafics d'armes et de drogue.

Chavez et Clinton discutent d'une éventuelle normalisation des relations diplomatiques


Le président vénézuélien Hugo Chavez a rencontré la secrétaire d'Etat américain Hillary Clinton samedi à Port of Spain, capitale de Trinité-et-Tobago, et discuté avec elle d'une éventuelle normalisation des relations américano-vénézuéliennes.

Le président Chavez a confirmé sa recontre avec Mme Clinton, dans une interview accordée à la télévision publique vénézuélienne, disant que les discussions avaient abordé la nomination de nouvels ambassadeurs dans les deux pays.

Vendredi soir, le président Chavez et son homologue américain Barack Obama se son serré la main, quelques minutes avant la session d'ouverture du sommet des Amériques.

Dans un autre geste de bonne volonté, Chavez a offert samedi matin au président Obama un livre "The Open Veins of Latin America ", oeuvre de l'Uruguyen Eduardo Galeano.

Rappelons que le président Chavez avait ordonné l'expulsion de l'ambassadeur des Etats-Unis le 11 septembre 2008 pour exprimer la solidarité avec la Bolivie, qui a expulsé l'ambassadeur des Etats- Unis à La Paz.

L'administration Bush a réagi en expulsant l'ambassadeur du Venezuela à Washington.

Chavez: L'ALBA crée une monnaie régionale




La création d'une monnaie régionale commune Sucre, serait entérinée lors du 7e sommet de l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), et la monnaie devra être utilisée le 1er janvier 2010, a déclaré le président vénézuélien, Hugo Chavez, à Cumana.

Le ministre vénézuélien des Finances, Ali Rodriguez, a révélé mercredi que le système du "Sucre" sera testé en septembre.

L'idée d'une zone monétaire régionale avec le "Sucre" en tant qu'unité monétaire a été proposée par M. Chavez lors du 3e sommet extraordinaire de l'ALBA à Caracas le 26 novembre 2008, pour réduire la dépendance vis-à-vis du dollar américain dans l'économie mondiale.

Le nom de la monnaie a été choisi par M. Chavez pour commémorer Antonio José de Sucre, un héros de l'indépendance de l'Amérique du Sud. C'est l'acronyme de : système unique de compensation régionale en espagnol.

L'ALBA est une organisation régionale établie en 2004 grâce à l'initiative du Venezuela et de Cuba pour contrecarrer le projet d'une zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) promu par les Etats-Unis.

Clara Rojas tourne la page de ses années d'otage



L'ancienne captive des Farc refuse de révéler l'identité du père de l'enfant, vraisemblablement un guérillero.

Dans son lotissement sécurisé de Bogota, cette ancienne proche d'Ingrid Betancourt a écrit un livre pour exorciser le passé.

Clara Rojas aurait pu ne pas accompagner Ingrid Betancourt ce 23 février 2002, jour de son enlèvement par les Farc sur une route du Sud colombien. Elle aurait pu être plus ferme lorsque la veille, elle lui a présenté, inquiète, le rapport des services de sécurité les avertissant des risques du voyage. Elle aurait pu la laisser faire seule ce périple insensé et ne pas y laisser six années de sa vie. Durant toute sa captivité, dans la solitude de la jungle, Clara Rojas n'a jamais cessé d'y penser. Au moment de son enlèvement, cette avocate de Bogota avait 38 ans. Elle était la discrète chef de cabinet d'Ingrid Betancourt, candidate à la présidence colombienne. Six ans plus tard, l'amitié entre les deux femmes n'a pas résisté à l'épreuve. Et Clara Rojas a ramené de la jungle un fils, Emmanuel, conçu et né en captivité en avril 2004.

«Je suis toujours la même Clara. Mais l'enlèvement a coupé ma vie en deux», dit-elle simplement, dans son pavillon d'une banlieue cossue de Bogota. Avec sa mère et son fils, Clara Rojas a refondé un foyer au pied des montagnes, dans un lotissement entouré de barbelés. Un de ces lotissements surveillés par des gardiens où les Colombiens aisés se sentent en sécurité. Car on ne revient jamais indemne d'une telle expérience et, pour les ex-otages, la liberté retrouvée a ses limites. Clara se déplace en voiture blindée, avec des gardes du corps. Cela la rassure, même si les Farc l'ont libérée de leur plein gré. C'était le 10 janvier 2008 : un «geste de dédommagement» envers le président Hugo Chavez, qui avait un temps servi de médiateur auprès des Farc.

Dans sa maison paisible, sur un ordinateur d'un autre âge, Clara Rojas a écrit son livre*, pour son fils d'abord, mais aussi «pour pouvoir tourner la page ». Chaque matin, elle remercie le ciel d'être encore en vie. «J'aime me lever tôt, dans un lit confortable, et prier. J'aime prendre le petit-déjeuner avec mon fils et sortir marcher.» Son visage s'éclaire, puis se durcit en un instant. Comme si en elle bataillaient toujours la joie immense d'être libre et le souvenir ineffable de ces années douloureuses. Dans le petit parc de son lotissement sécurisé, elle savoure une nature rassurante. Rien à voir avec celle qui lui a servi de prison pendant six ans. «Ici, c'est une nature domptée. Le gazon est tondu, les arbres sont taillés, les plantes viennent d'une serre. Dans la jungle, la nature est tellement dense, humide et fermée. Les espaces où l'on peut voir le soleil sont rares… »

Accrochée à sa foi

Clara Rojas, la citadine modèle à la vie bien organisée, n'aurait jamais imaginé passer un jour dans cet autre monde, sauvage et cruel, cernée d'hommes en armes. Les jours qui ont suivi son enlèvement, aux côtés d'Ingrid, elle a d'abord refusé d'y croire. «J'ai compris quand on m'a demandé ma pointure pour me donner des bottes en caoutchouc. » Celles que portent les guérilleros, celles qu'adoptent les otages. Elle se souvient de son premier choc, au beau milieu de la jungle : les cris de joie des guérilleros quand son enlèvement a été officialisé au journal télévisé. Elle qui était la benjamine choyée d'une famille bourgeoise a dû se faire à la boue, aux insectes, à la promiscuité. Aux longues marches quotidiennes, avec la peur permanente d'une attaque de l'armée - dans ce cas, c'était l'exécution assurée. Alors, dans ce cauchemar qui n'en finissait plus, Clara Rojas a voulu conserver un semblant de dignité. Tous les jours, elle s'appliquait à se laver, à ranger sa couche, à faire de la gymnastique.

«Avec le temps qui passait, la routine et la monotonie se sont installées, raconte-t-elle. J'ai commencé à sentir que des rides apparaissaient, que les années filaient. C'était une douleur infinie. » Pour occuper ce temps accablant, Clara Rojas a lu la Bible d'un bout à l'autre, l'un des rares livres à parvenir au campement. La captivité en a fait une fervente pratiquante, tout comme Ingrid Betancourt. Dans son livre, elle raconte qu'un jour un guérillero lui a fait remarquer : «Si Dieu existait, vous ne seriez pas prisonnière ici… » Mais Clara Rojas s'est toujours accrochée à sa foi, s'imposant même des périodes de jeûne.

Des trombes d'eau s'abattent sur Bogota. Clara Rojas emmène Emmanuel dans un parc d'attractions couvert de la capitale. Sa longue silhouette tient par la main son fils, ce «miracle ». Emmanuel, 5 ans, est un enfant vif, enjoué. Sa petite main est à demi-paralysée, séquelle de sa naissance : le guérillero qui a pratiqué la césarienne avec les moyens du bord lui a cassé le bras. À l'âge de neuf mois, les Farc l'ont abandonné à un paysan du coin et, pendant trois ans, Clara Rojas n'a plus rien su de son fils. Ce n'est qu'au moment de sa libération que les autorités l'ont localisé et identifié : Emmanuel vivait sous un faux nom à Bogota, dans un foyer des services d'aide à l'enfance. Plus d'un an après les retrouvailles, «il s'est très bien adapté. Il vit sa vie d'enfant, même s'il est très mûr pour son âge », explique sa mère, sans le lâcher du regard. Mais Clara Rojas garde un secret, que son livre ne révèle pas : l'identité du père d'Emmanuel. Vraisemblablement, un guérillero. Ce n'était pas un viol, ni une histoire d'amour, mais «une histoire de femme », élude-t-elle. «J'ai décidé de ne pas en parler. Il s'agit de ma vie privée, et je la partagerai le moment venu avec mon fils. »

La «blessure » Ingrid

Durant sa captivité, «l'indolence des autres » otages l'a profondément affectée. Toutes ces douleurs qui s'entrechoquaient ne faisaient pas bon ménage. Et Clara Rojas s'est retranchée dans la sienne. «Plutôt que d'essayer de partager ma souffrance, j'ai préféré me taire. Car je savais que nous portions chacun notre croix. Des soldats étaient otages depuis dix ans, comment allais-je leur parler de mon enfant qu'on m'avait enlevé… » La blessure de toutes ces années porte aussi un nom : Ingrid. Clara Rojas ne l'évoque qu'à contrecœur. Les premiers mois, les deux femmes ont pourtant fait ensemble deux tentatives d'évasion. Après la deuxième, elles ont été toutes les deux enchaînées pendant un mois à un arbre. Mais ce fut «une mise à distance progressive et mutuelle liée aux circonstances », écrit-elle, sans plus de précisions. Sur Ingrid, elle ajoute ces quelques lignes, lapidaires : «Je l'avais connue forte, battante, et j'étais déconcertée de la voir s'écrouler au point, je crois, d'avoir perdu toute envie de vivre. (…) Elle qui avait représenté un tel modèle pour moi incarnait maintenant la mort. Elle était devenue totalement apathique et amère. »

Fin 2004, au moment où les deux femmes ont été séparées dans deux groupes d'otages différents, elles ne se parlaient plus. Même les guérilleros n'en revenaient pas et les ont un jour priées de se réconcilier. Aujourd'hui, alors que l'icône Ingrid, critiquée par ses ex-compagnons de captivité, perd son auréole, Clara Rojas ne peut s'empêcher de penser avec mélancolie à cette rupture. «J'espère que le temps se chargera d'arranger les choses entre nous, sourit-elle. Mais j'aurais aimé que cette histoire se termine autrement. »

Un livre, deux poignées de main, et beaucoup de questions


Les deux dirigeants se sont serrés deux fois la main, vendredi soir et samedi matin, en marge du sommet

Ce sont deux poignées de main. Franches, presque amicales. Elles mettent pourtant en scène deux dirigeants que tout oppose : le président amércain Barack Obama et son homologue vénézuélien Hugo Chavez. Ces gestes de détente ont eu lieu vendredi soir et samedi matin, en marge d'une réunion avec les dirigeants d'Amérique latine qui se tient à Trinité-et-Tobago. Samedi, le président vénézuélien a même offert un livre à son homologue américain. Selon la presse présente à l'ouverture d'une réunion avec les dirigeants d'Amérique latine, Hugo Chavez a offert à Barack Obama le livre intitulé "Les Veines ouvertes de l'Amérique latine" (Las Venas abiertas de America Latina).

Un peu plus tard, Barack Obama a plaisamment confessé un petit moment de confusion quand Hugo Chavez lui a offert ce présent. "J'ai cru que c'était un livre de Chavez lui-même", a-t-il admis devant des journalistes, avant d'ajouter: "J'étais sur le point de lui donner l'un des miens". Le cadeau du président vénézuélien n'est pas passé inaperçu. Côté américain, la question se pose déjà de savoir si ce geste de samedi n'est pas un cadeau empoisonné. "Les Veines ouvertes de l'Amérique latine", ouvrage de l'Uruguayen Eduardo Galeano, grand nom de l'écriture sud-américaine, est un livre de référence sur l'Amérique latine. Il traite du pillage des ressources de l'Amérique latine du XVe siècle au XXe...

Bête noire des États-Unis en Amérique latine sous l'administration de l'ancien président américain George W. Bush, le président vénézuélien a généralement adopté un ton plutôt modéré à l'égard de son successeur à la Maison-Blanche, dont il avait qualifié l'élection d'"historique". Mais plus récemment M. Chavez, qui lui reproche de ne pas lever l'embargo américain à l'encontre de Cuba, l'avait récemment traité de "pauvre ignare" à la suite d'un rapport critique du département d'État américain sur les droits de l'homme. Le Venezuela a expulsé en septembre dernier l'ambassadeur américain à Caracas, entraînant une mesure similaire de la part de Washington.

SOMMET DES AMÉRIQUES - Obama le séducteur




À l'instar de Michelle Bachelet, présidente du Chili, Barack Obama a su séduire les dirigeants sud-américains lors du sommet des Amériques

Vis-à-vis de l'Amérique du Sud, c'est une entrée en matière réussie pour le nouveau locataire de la Maison-Blanche. Plusieurs dirigeants de cette région ont en effet salué samedi la nouvelle relation avec les États-Unis, tout en réclamant des actes, à l'issue d'une première réunion avec le président américain Barack Obama au sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago.

"C'est le début d'une nouvelle ère très intéressante dans la relation entre l'Amérique du Sud et les États-Unis", a déclaré à la presse le président équatorien Rafael Correa, l'un des plus critiques envers Washington avec le Vénézuélien Hugo Chavez, le Bolivien Evo Morales ou le Paraguayen Fernando Lugo. M. Correa a reconnu qu'"il y a une meilleure prédisposition de la part de la nouvelle administration américaine", tout en ajoutant : "Nous n'avons pas encore vu de grands changements vis-à-vis de Cuba."

"Politiques concrètes"

La présidente argentine Cristina Kichner a estimé de son côté qu'"un dialogue différent a été ouvert, plus horizontal entre les pays des Amériques". "C'est une bonne chose", a-t-elle dit. Elle a appelé M. Obama à "être non seulement le produit du changement mais aussi un acteur" et espéré que "ses intentions pourront se traduire en politiques concrètes". La réunion a été "très positive" et l'échange "franc", a résumé son homologue et voisine chilienne Michelle Bachelet. "Tous les présidents se sont dits prêts à tenir compte du passé pour ne pas commettre les mêmes erreurs."

Ce premier contact a été d'autant plus important que ces douze dirigeants, membres de l'Union des nations sud-américaines (Unasur), ont l'espoir, avec leurs différences, d'entamer une nouvelle ère avec les États-Unis. Le Chili de Mme Bachelet fait partie, avec le Brésil de Luiz Inacio Lula da Silva, des pays modérés bien vus à Washington, tandis que l'Argentine de Cristina Kirchner, critique de l'ex-locataire de la Maison-Blanche George W. Bush, tente d'améliorer ses relations avec les États-Unis.

Dès son ouverture, le sommet a été marqué par une poignée de main historique entre Barack Obama et Hugo Chavez . Un geste réitéré samedi matin, en plus d'un cadeau : le président vénézuélien a en effet offert un livre à son homologue américain, Les Veines ouvertes de l'Amérique latine (Las Venas abiertas de América Latina). Côté américain, la question se pose déjà de savoir si ce geste de samedi n'est pas un cadeau empoisonné. Les Veines ouvertes de l'Amérique latine, ouvrage de l'Uruguayen Eduardo Galeano, grand nom de l'écriture sud-américaine, est un livre de référence sur l'Amérique latine. Il traite du pillage des ressources de l'Amérique latine du XVe siècle au XXe...

Sommet - Obama a su séduire l'Amérique latine



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Le réchauffement avec le Venezuela est bien amorcé, avec un retour envisagé d'un ambassadeur américain à Caracas et à celui d'un représentant vénézuélien à Washington.
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Les chefs d'Etat et représentants d'Amérique latine ont souligné le bon climat qui s'est instauré avec Barack Obama, souhaitant qu'il marque le début d'un "dialogue différent".


Le président américain a passé, avec brio semble-t-il, son premier test avec ses homologues d'Amérique latine au sommet de Trinité-et-Tobago. Les commentaires de ceux qui l'ont rencontré à cette occasion sont élogieux : "C'est le début d'une nouvelle ère très intéressante dans la relation", a déclaré le président équatorien Rafael Correa, l'un des plus critiques envers Washington avec le Vénézuélien Hugo Chavez ou le Bolivien Evo Morales. "Si le climat qui prévaut est le même que celui qu'on a vu au cours de la réunion entre Obama et l'Unasur, le résultat sera très positif", a commenté le chef de la diplomatie brésilienne Celso Amorim. La présidente argentine Cristina Kirchner a estimé qu'un "dialogue différent" avait été "ouvert" et a appelé Barack Obama à "être non seulement le produit du changement, mais aussi un acteur", espérant que "ses intentions pourront se traduire en politiques concrètes". La rencontre a été "très positive" et l'échange "franc", a résumé pour sa part son homologue chilienne Michelle Bachelet.



La question de Cuba reste, il est vrai, non réglée. Mais le sommet a vu des gestes concrets importants dans d'autres domaines. Notamment en ce qui concerne le Venezuela. Entre la poignée de mains très médiatisée échangée par Barack Obama et Hugo Chavez, qui s'est fendu d'un "I want to be your friend" en anglais dans le texte, et un ouvrage sur l'exploitation de l'Amérique latine par les Etats-Unis offert au président américain par son bouillant homologue vénézuélien, un réchauffement certain s'est opéré ces derniers jours. Hillary Clinton et Hugo Chavez se sont même entretenus samedi d'une reprise des relations diplomatiques entre Washington et Caracas, suspendues depuis sept mois.



Le Venezuela avait expulsé en septembre l'ambassadeur des Etats-Unis à Caracas en signe de solidarité avec la Bolivie, qui était alors en conflit avec Washington. L'administration américaine avait riposté en expulsant à son tour l'émissaire vénézuélien. Pour reprendre le poste d'ambassadeur à Washington, Hugo Chavez a proposé l'ancien ministre des Affaires étrangères Roy Chaderton. Il a été ministre vénézuélien des Affaires étrangères entre 2002 et 2004 et ambassadeur du Venezuela en France entre 2004 et 2007. Il est depuis 2008 le représentant de Caracas au siège de l'Organisation des Etats américains à Washington. Le gouvernement américain "va maintenant oeuvrer" au retour de son ambassadeur à Caracas et à celui de son homologue vénézuélien à Washington, a annoncé samedi soir le département d'Etat.

jeudi 16 avril 2009

Chavez annonce qu'il s'opposera à la déclaration finale du sommet




Avant même le coup d'envoi du sommet des Amériques, Hugo Chavez a annoncé la couleur : "Cette déclaration, le Venezuela met son veto dès maintenant. Nous disons, avec d'autres pays, que nous ne sommes pas d'accord avec ce texte (...) Nous n'avons pas de grandes espérances pour ce sommet", a lancé le président vénézuélien, depuis la localité amazonienne de Cumana, où il reçoit plusieurs de ses alliés de la gauche latino-américaine. L'éternel opposant à Washington reproche au texte de ne pas dénoncer l'exclusion de Cuba du sommet ainsi que l'embargo des Etats-Unis imposé depuis 1962 à l'île communiste.

Barack Obama tend la main à l'Amérique latine



Les Etats-Unis veulent nouer un "nouveau partenariat" avec l'Amérique latine, parler "avec" elle, et non plus "pour" elle, "écouter, échanger, consulter", d'égal à égal, et non plus "dicter" ses choix, "apprendre d'elle" aussi, afin de poursuivre ensemble des objectifs communs.
Ces bouts de petites phrases, glanés dans les discours récents du vice-président américain Joe Biden, résument l'esprit dans lequel Barack Obama participe, du vendredi 17 avril au dimanche 19 avril, à Trinité-et-Tobago au 5e Sommet des Amériques, qui rassemble 34 pays du continent. Humilité, dialogue, coresponsabilité, désir de comprendre. Il s'agit, dans cette région comme ailleurs, de rompre avec l'unilatéralisme, réel ou supposé, de l'administration Bush et de désarmer l'antiaméricanisme qu'elle laisse en héritage.

RENOUVEAU SALUTAIRE

Il s'agira aussi de combler le déficit d'intérêt que manifestait Washington envers le sud du continent. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, l'Amérique latine n'apparaissait plus que faiblement sur le "radar" de la Maison Blanche. Excepté à propos de l'immigration ou de la lutte contre le trafic de drogue.

Après avoir, pendant plus d'un siècle et demi, multiplié les ingérences en Amérique latine, le plus souvent pour le pire, dans le sillage de la doctrine Monroe (1823) qui avait fait du sous-continent leur "arrière-cour" exclusive, les Etats-Unis ne la tenaient plus pour un enjeu stratégique primordial, et l'avaient délaissée. L'ouverture de "l'ère Obama" offre l'occasion d'un renouveau salutaire.

D'autant que le président américain est, dans cette région, politiquement vierge, puisqu'il n'y a jamais mis les pieds. Dans ce dialogue qu'il inaugure avec l'Amérique latine, il a pour atouts sa popularité, sa légitimité, son style cordial et direct, et le fait qu'il soit perçu comme un progressiste soucieux "d'équité" et "d'inclusion sociale" dans un continent en majorité gouverné par des hommes qui se réclament de la gauche.

Les Latinos ont bien accueilli la nomination au département d'Etat d'une Hillary Clinton qui, elle, a visité dans le passé une quinzaine de pays de la région et rencontré plusieurs chefs d'Etat. Ils ont apprécié le maintien à son poste de Thomas Shannon, le sous-secrétaire d'Etat chargé de l'Amérique latine, et possible prochain ambassadeur à Brasilia, un homme qu'ils estiment.

Avant ce Sommet des Amériques, Barack Obama n'a guère eu le temps de lier connaissance avec ses voisins du Sud. Il a reçu le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, et croisé au G20 les présidentes argentine, Cristina Kirchner, et chilienne, Michelle Bachelet. Il a surtout privilégié son homologue mexicain, Rafael Calderon, en le recevant à Washington avant même d'entrer à la Maison Blanche et en se rendant jeudi au Mexique.

Ce traitement de faveur reflète l'inquiétude accrue que suscitent aux Etats-Unis les éruptions de violence liées au narcotrafic mexicain, qui débordent sur leur territoire. A cet égard, l'Amérique latine a accueilli favorablement les propos de Mme Clinton reconnaissant, au Mexique même, que son pays avait une responsabilité dans cette poussée de violence, notamment en ne contrôlant pas assez étroitement le commerce des armes, et que la drogue "était un problème commun".

Faute de pouvoir recevoir chacun en tête à tête, Barack Obama aura trois rencontres collectives avec ses homologues dans le cadre des regroupements régionaux auxquels ils appartiennent, le Marché commun des Caraïbes (Caricom), le Système d'intégration d'Amérique centrale (SICA) et l'Union des nations sud-américaines (Unasur).

Ce premier rendez-vous de M. Obama avec le sous-continent y suscite une forte attente sur le principal sujet commun d'inquiétude : la crise mondiale. Le président s'efforcera de rassurer ses partenaires sur son désir de voir réformer le système financier international et de soigner vigoureusement l'économie américaine sans sombrer dans le protectionnisme, un danger sur lequel le Brésil attire l'attention presque chaque jour.

L'Amérique latine se voit en victime innocente de la crise, même si certains de ses acteurs économiques ont profité des dérives qui l'ont provoquée. A Rio de Janeiro, le président Lula en a une nouvelle fois rendu responsable, mercredi 15 avril, "certaines personnes aux yeux bleus" (les technocrates occidentaux). Selon les prévisions des Nations unies, le sous-continent connaîtra sa première récession après six ans de croissance. Pour qu'il ne souffre pas plus, il faut que les Etats-Unis, premier investisseur et premier partenaire commercial dans la région, recouvrent une bonne santé.

Le "Obama World Tour" en Amérique latine


Après le Canada, l’Europe, la Turquie et un petit détour par l’Irak, la "tournée mondiale" de Barack Obama fait une étape au Mexique, avant de terminer la semaine à Trinidad-et-Tobago pour le cinquième Sommet des Amériques jusqu’en fin de semaine.


Au menu du voyage présidentiel au Mexique, coopération anti-drogue, immigration et commerce. L’arrivée de Barack Obama à Mexico confirmera le changement de politique de Washington face au trafic de cocaïne dont les cartels mexicains inondent les Etats-Unis, premier client mondial. A la différence de ses prédécesseurs, pour lesquels la lutte contre le narcotrafic était essentiellement circonscrite au Mexique, Obama a déjà évoqué sa ferme intention de s’attaquer au fléau sur le territoire américain.

Le commerce bilatéral constituera un autre thème majeur de la visite de Barack Obama. Le Mexique, deuxième économie d’Amérique latine derrière le Brésil, dépend de Washington pour 80% de ses exportations, et les dollars envoyés à leurs familles par les quelque 12 millions de Mexicains émigrés aux Etats-Unis, dont la moitié clandestinement, représentent la deuxième source nationale de devises. Ces travailleurs mexicains, la plus grande communauté d’immigrés aux Etats-Unis, espèrent beaucoup du président américain, qui aurait l’intention, selon le New York Times, de légaliser les travailleurs clandestins dès cette année.

Le Nicaragua a accordé un passeport diplomatique à Thaksin




Le gouvernement du Nicaragua a annoncé mercredi qu'il avait accordé un passeport diplomatique à l'ex-Premier ministre thaïlandais en exil Thaksin Shinawatra, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt dans son pays en relation avec les récentes manifestations violentes à Bangkok.

Le président Daniel Ortega "a demandé au ministère des Affaires étrangères d'accréditer (M. Thaksin) en tant qu'ambassadeur du Nicaragua en mission spéciale, afin de lui faciliter la tâche pour attirer des investissements dans notre pays", indique dans un communiqué la porte-parole du gouvernement Rosario Murillo, qui est également la première dame du Nicaragua.

"Pour qu'il puisse accomplir sa mission, l'ex-Premier ministre Shinawatra a reçu le passeport diplomatique que requiert sa haute fonction", ajoute-t-elle, précisant, photo à l'appui, que ce passeport a été établi au début de l'année à l'occasion d'une visite de M. Thaksin à Managua.

Le gouvernement thaïlandais avait annoncé mercredi qu'il avait annulé le passeport thaïlandais de M. Thaksin, réfugié dans un pays inconnu, et contre qui un tribunal de Bangkok a lancé mardi un mandat d'arrêt en l'accusant d'avoir attisé les graves désordres du début de la semaine à Bangkok.

Les autorités thaïlandaises entendaient ainsi entraver les déplacements de l'ex-Premier ministre où qu'il se trouve.

Renversé en 2006 par des généraux royalistes, M. Thaksin a fui la Thaïlande en août 2008 pour échapper à une condamnation à deux ans de prison pour corruption. Il est l'inspirateur du mouvement antigouvernemental thaïlandais des "chemises rouges", à l'origine des désordres des derniers jours.

A Bangkok, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Tharit Charungvat, a indiqué que la Thaïlande n'avait "pas encore" l'intention de protester auprès de Managua.

"Le Nicaragua peut accorder ce que bon lui semble", a-t-il ajouté, en précisant que les deux pays entretiennent des relations diplomatiques, mais ne sont liés par aucun traité d'extradition.

mercredi 15 avril 2009

Obama au Mexique, pour sa 1er visite de chef d'Etat en Amérique latine




Le président américain Barack Obama arrive jeudi au Mexique, pour sa première visite de chef d'Etat en Amérique latine, dans un pays qui attend beaucoup dans la coopération anti-drogue.

Un contentieux commercial et peut-être une nouvelle politique d'immigration aux Etats-Unis seront également à l'ordre du jour.

L'arrivée de M. Obama confirmera le changement de politique de Washington face au trafic de la cocaïne dont les cartels mexicains inondent les Etats-Unis, premier client mondial.

M. Obama a déjà fait part de sa résolution à s'attaquer au trafic sur le territoire américain, à la différence de ses prédécesseurs, pour lesquels cette lutte était essentiellement circonscrite au Mexique. Il a renforcé les contrôles sur la frontière longue de 3.000 km y compris, cette fois, à la sortie des Etats-Unis, d'où proviennent armes et argent à destination des cartels.

La venue de M. Obama a été notamment précédée de la visite en mars de sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton venue confirmer les engagements de son président. Elle a offert au Mexique, à titre d'aide d'urgence, deux hélicoptères de combat pour combattre les cartels dans le nord frontalier, où se concentrent leurs activités meurtrières: 2.400 des 5.300 morts violentes qu'on leur a imputées en 2008 dans l'ensemble du pays.

"Pour la première fois depuis des dizaines d'années, les Etats-Unis ont accepté au plus haut niveau de reconnaître une responsabilité partagée dans le trafic de drogue", souligne Rosanna Fuentes-Berain, de l'édition espagnole du magazine américain Foreign Affairs.

Certes, la coopération américaine contre la drogue au Mexique a été organisée avant l'élection de M. Obama, mi-2008, avec "L'Initiative de Merida", qui prévoit une aide de 1,6 milliard de dollars en trois ans à la région, dont 1,4 milliard au Mexique et le reste à l'Amérique centrale et aux Caraïbes. Près de 200 millions de dollars avaient déjà été dégagés pour Mexico fin 2008, et Washington en prévoit 700 autres en 2009.

"La différence compte peu en termes financiers, ce qui est important, c'est le ton", selon Mme Fuentes-Berain. Le président mexicain Felipe Calderon pour qui la lutte anti-crime est la priorité des priorités, a salué "l'attitude constructive" de M. Obama.

Le commerce bilatéral constituera un autre thème majeur de la visite de M. Obama, en cette période de crise mondiale et de récession américaine.

Le Mexique, deuxième économie d'Amérique latine derrière le Brésil, dépend en effet de Washington pour 80% de ses exportations, et les dollars envoyés à leurs familles par les quelque 12 millions de Mexicains émigrés aux Etats-Unis, dont la moitié clandestinement, représentent la deuxième source nationale de devises, derrière le pétrole et devant le tourisme.

Ces travailleurs mexicains, la plus grande communauté d'immigrés aux Etats-Unis, espèrent beaucoup de M. Obama qui aurait l'intention, selon le New York Times, de légaliser les travailleurs clandestins dès cette année.

Autre sujet, un contentieux commercial avec l'augmentation de droits de douanes mexicains sur près de 90 produits industriels et agricoles américains pour une valeur de 2,4 milliards de dollars en 2007. Mexico a répondu ainsi à l'annulation par le Congrès américain d'un accord bilatéral sur la circulation des poids-lourds au-delà des zones commerciales frontalières.

mardi 7 avril 2009

Chavez veut remettre à plat les relations avec les Etats-Unis



Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a déclaré samedi vouloir remettre à plat les relations avec les Etats-Unis lors du prochain sommet des Amériques à Trinidad et Tobago, du 17 au 19 avril.

En dépit de ses critiques récentes du président Barack Obama, Chavez souhaiterait ramener les relations entre les deux gouvernements à un niveau "rationnel". Le dirigeant sud-américain avait qualifié le mois dernier son homologue nord-américain d'"ignorant", après qu'Obama lui ait reproché d'exporter le terrorisme" et d'être un obstacle au progrès en Amérique latine.

"Je voudrais pouvoir presser le bouton 'reset' (remettre à zéro)" a indiqué Hugo Chavez dans une interview donnée à la télévision publique vénézuélienne depuis l'Iran. "J'espère que ce sera la politique du président Obama".

Les relations entre Caracas et Washington se sont dégradées sous la présidence de George W. Bush, quand Chavez a expulsé l'ambassadeur américain et retiré son envoyé à Washington. Sa visite en Iran est une tentative de construire des liens avec les pays les plus opposés aux Etats-Unis.

Chavez en Chine



Le président vénézuélien Hugo Chavez effectue une visite de deux jours en Chine à compter d'aujourd'hui.
Le bref communiqué du ministère chinois ne donne aucun autre détail, même si Hugo Chavez a plusieurs fois déclaré avoir l'intention de rencontrer le président chinois Hu Jintao.

Le Venezuela voit la Chine comme un débouché potentiel pour son pétrole. Les deux pays prévoient notamment de construire en Chine trois raffineries capable de traiter le pétrole brut vénézuélie

jeudi 2 avril 2009

Venezuela : l'ex-ministre de la Défense arrêté pour corruption




Un des chefs de file de l'opposition au Venezuela, l'ex-ministre de la Défense Raul Baduel, a été placé en détention dans le cadre d'une enquête pour corruption, a annoncé jeudi le procureur chargé des affaires militaires, Ernesto Cedeno, à la télévision publique.

Ce général en retraite et opposant au président vénézuélien Hugo Chavez avait déjà été brièvement détenu pour ces faits en octobre. Il s'était dit victime à l'époque d'une "persécution politique".

L'ex-ministre est accusé du "détournement d'une grande quantité d'argent" durant sa gestion au ministère de la Défense entre 2002 et 2007, a indiqué M. Cedeno. Il a affirmé diposer de "charges suffisantes" pour justifier son incarcération.

En octobre, il avait été interpellé pour avoir refusé de répondre à des convocations judiciaires. Le parquet avait alors indiqué qu'il était soupçonné d'avoir détourné au ministère de la Défense l'équivalent de 14 millions de dollars.

Ancien proche de M. Chavez - il l'avait soutenu lors du putsch avorté d'avril 2002 -, M. Baduel s'était converti en l'un de ses plus féroces opposants après son départ du gouvernement.

Il avait fait campagne contre le projet de nouvelle Constitution d'inspiration socialiste, défendu par le président vénézuélien, chef de file de la gauche radicale en Amérique latine. Le texte avait été rejeté par référendum en décembre 2007.

L'annonce de son arrestation intervient alors qu'un autre chef de file de l'opposition, Manuel Rosales, ancien adversaire malheureux de M. Chavez à la présidentielle, est également poursuivi pour enrichissement illicite.

Dénonçant une attaque du gouvernement, le parti social-démocrate Un Nuevo Tiempo, dont il est le dirigeant, a annoncé cette semaine que M. Rosales, actuel maire de Maracaibo (ouest), la seconde ville du pays, s'était lui-même mis en lieu sûr, afin d'assurer sa sécurité.

Chavez, l’homme qui valait 270 milliards



Après 10 ans passés à la tête du Venezuela, Hugo Chavez vient d’obtenir le droit de se représenter indéfiniment à l’élection présidentielle. Son avenir politique dépend des cours du brent et de la générosité de ses nouveaux alliés attirés par des réserves supplémentaires de l’ordre de 270 milliards de barils de brut.

« Une véritable victoire historique qui appartient à tous les peuples d’Amérique latine, c’est notre Amérique ». C’est en ces termes que le président du Venezuela, Hugo Chavez, a savouré au mois de février la majorité de 54,36% des votes en faveur du référendum d’amendement constitutionnel l’autorisant à se représenter indéfiniment devant le peuple.
Du côté de l’opposition, qui redoute autant la perspective d’un « Roi élu à vie du Venezuela » que celle d’un régime à la Castro, on se rassure en constatant qu’un million de voix lui ont fait défaut.
« Commandez-moi et je saurai comment vous obéir. Je suis un soldat et vous êtes mes patrons » a déclaré, fidèle à son style, le leader de la révolution bolivarienne depuis son palais présidentiel de Miraflores.
Pourquoi autant de reconnaissance de la part du président Chavez ? En premier lieu parce qu’une première tentative de réforme constitutionnelle par voie référendaire s’était soldée par un échec en décembre 2007, suivie par d’autres défaites électorales. Or cette victoire du « Oui » clôt le débat national sur sa supposée chute de popularité détectée par des sondages, tout en lui ouvrant enfin les portes de l’élection présidentielle de 2012 et même au delà.
« Votre soldat est déjà candidat » a déclaré Chavez, élu pour la première fois en 1998. Entré en fonction l’année suivante, il avait imposé la réforme constitutionnelle autorisant un président à effectuer deux mandats de six ans consécutifs. A cette date, le baril de pétrole valait 9 dollars.
Sans parler de l’envolée des prix du brut, Chavez a ensuite surfé, comme tous ses homologues latinos, sur des taux de croissance exceptionnels.
Le maître de Caracas peut aujourd’hui savourer son pied de nez à Washington qui a d’abord réagi en saluant « le plein processus démocratique qui a entouré le référendum ».
Et même si le Département d’Etat US n’a pas réprimé une petite pique au passage, faisant remarquer que « les bonnes pratiques démocratiques impliquent aussi qu’un gouvernement gouverne bien et dans l’intérêt de tous », la première réaction était intéressante, voire surprenante : « Nous avons toujours cherché à lier une relation positive avec le Venezuela. Et nous continuerons. Mais leur processus démocratique doit être pris en compte de notre part » reconnaissait l'un des porte-parole de la ministre Hillary Clinton. Cet enthousiasme spontané a vite été revu à la baisse une semaine plus tard.
Hugo Chavez et Barack Obama devraient faire connaissance au mois d’avril prochain à Trinidad. Cette île antillaise, voisine du Venezuela, accueillera le cinquième sommet des Amériques.
Selon le prix du baril à ce moment-là, le président vénézuélien sera le représentant d’une nation au destin économique et politique plus ou moins stable.
Le leader de la révolution bolivarienne va devoir notamment résoudre cette équation : comment financer un plan économique, d’aucuns diront populiste, d’autres staliniste, de l’ordre de 150 milliards d’euros sur 4 ans, avec un prix du baril de pétrole dévalué de 72% depuis le mois de juillet dernier, une inflation galopante de 30 à 50% et une croissance minimale de l’ordre de 4 points en moyenne sur les années à venir ?
La réponse se trouve évidemment dans le cours du baril de pétrole dont Chavez a toujours estimé le prix « juste » à 100 dollars. A ce stade, nous en sommes loin. Et encore plus loin du cours record de 156 dollars atteint l’an dernier.
Fonction des fluctuations du brent, Chavez disposera de plus ou moins de moyens pour contenter ses partisans et ses fidèles votants.
Et ce sans pouvoir invoquer son traditionnel joker, l’excuse « impérialiste ». Depuis l’élection d’Obama, Chavez ne peut plus répéter à la télévision à tout bout de champ que tout ce qui arrive au Venezuela « est la faute des Etats-Unis ».
Sans surprise, les détracteurs fervents du président vénézuélien prédisent le pire : une stagnation du prix du baril autour des 40-50 dollars US obligeant le chef de l’Etat à radicaliser sa gouvernance, entraînant toute la nation dans la spirale de la faillite économique, de l’austérité et de la violence politique.
Dans ce scénario de planche à billets, d’inflation et de dévaluation, Chavez perdrait les prochaines élections au Congrès plongeant le pays dans une vague de confrontations politiques violentes, le poussant à ressortir la théorie du complot national et international et l’autorisant à mobiliser les forces de sécurité et les esprits contre tous ses ennemis y compris à l’étranger.
Les partisans de Chavez préfèrent souligner les 10 ans passés et, pourquoi pas, à venir de leur champion à la tête de l’Etat, un sacré bail pour un président latino. Au point de presque oublier que cet ancien putschiste avait lui-même été écarté du pouvoir pendant quelques jours en 2002.
Une troisième voie d’une gestion « internationale » de l’impact de la crise financière mondiale au Venezuela est plus que probable concernant Chavez. Il multiplie justement les signes et les accords dans ce sens, avec la Russie, l’Iran, tout dernièrement encore avec la Chine pour un montant de 12 milliards de dollars, lui permettant d’annoncer « l’indépendance technologique » de son pays.
Quand on a des réserves supplémentaires de 270 milliards de barils de brut, on a aussi les moyens de trouver des alliés prêts à vous aider à produire 5 millions de barils jour d’ici à 2013. Reste à les convaincre que vous serez encore président à cette date.

Israël: Hugo Chavez parle de génocide


Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a de nouveau traité aujourd'hui le gouvernement israélien de "génocidaire et d'assassin", en référence à la récente offensive dans la bande de Gaza. "Le peuple juif ne mérite pas ce gouvernement génocidaire, assassin", a-t-il dit sur la chaîne du Qatar Al-Jazira.

Il y était interrogé par un téléspectateur se présentant comme un porte-parole du mouvement palestinien Hamas à Damas et qui l'a remercié pour sa solidarité lors du conflit qui a fait plus de 1.300 morts chez les Palestiniens en décembre-janvier.

Chavez à Téhéran: Caracas pour une alliance stratégique avec l'Iran




Le président Hugo Chavez qui se trouve en visite officielle à Téhéran s'est dit prêt à développer le partenariat stratégique avec l'Iran, annoncent les médias russes jeudi.

"Nous sommes déterminés à développer le partenariat stratégique entre le Venezuela et l'Iran", a déclaré le président vénézuélien aux journalistes, avant d'ajouter que les deux pays sont les protagonistes de la création d'un nouveau monde multipolaire.

Le programme de la visite de Hugo Chavez comprend des entretiens avec l'ayatollah Ali Khamenei et le président iranien Mahmoud Ahmadinejad ainsi que la signature de nouveaux accords et l'examen des projets en cours de réalisation dans les domaines énergétique, financier et agroalimentaire.

Le 2 avril, une banque irano-vénézuélienne au capital social de 1,2 milliard de dollars sera inaugurée à Téhéran qui aura pour mission de financer les projets économiques conjoints dans le secteur énergétique, pétrolier, agroalimentaire et technique, ainsi que dans le domaine touristique, culturel et social", a noté le président.

Par le passé inféodée à Washington, la politique étrangère de Caracas s'est affranchie de l'emprise americaine au cours des dix dernières années, a résumé Hugo Chavez.