mardi 30 juin 2009

Le coup d'Etat "légal" au Honduras : quel gâchis continental !


"On n'écrase pas les mouches à coups de canon" répondit un jour le socialiste Felipe Gonzalez, alors président du gouvernement espagnol, à une question sur l'opportunité de déployer l'armée au Pays basque contre les terroristes indépendantistes de l'ETA.

Si cette sagesse avait inspiré la justice, le Parlement et surtout l'armée du Honduras, le président Zelaya n'aurait pas été évincé le 28 juin par un coup de force calqué jusqu'à la caricature sur les traditionnels putschs militaires latino-américains d'un passé pas encore lointain.

Il aurait suffi de laisser Manuel Zelaya aller seul à la faute définitive, de le laisser régenter le même 28 juin une consultation populaire destinée, malgré l'interdit constitutionnel, à ouvrir la voie à la réélection présidentielle et donc à la sienne. La Cour suprême de justice, le Parquet de la République, le Tribunal suprême électoral et le Congrès national (Parlement) avaient déclaré "illégale" cette consultation. L'armée refusait en conséquence de participer à l'organisation du scrutin.

L'Eglise et même le parti du président Zelaya, le Parti Libéral, assimilaient aussi la consultation à un pied-de-nez à l'Etat de droit hondurien visant à maintenir le pays dans le giron de la gauche bolivarienne du Vénézuélien Hugo Chavez. Manuel Zelaya épousa cette gauche par surprise en 2008. Il avait conquis la présidence en 2005 grâce aux électeurs de la droite libérale.

Plus encore qu'une entorse à l'Etat de droit, c'est le mépris de l'éthique politique élémentaire qu'aurait concrétisé la consultation par l'absence de tout contrôle objectif. Les urnes devaient être réparties non seulement dans les écoles, mais aussi dans des supermarchés, des parcs et des places publiques. Aucune liste des électeurs n'ayant été établie et aucun des grands partis ni aucune organisation internationale telles que l'ONU, l'OEA ou l'Union européenne ne crédibilisant le scrutin par la présence d'observateurs, les sympathisants du président Zelaya auraient pu déposer vingt fois ou plus, le 28 juin, des bulletins de vote dans des urnes différentes, voire dans la même.

Unique arbitre des résultats, Manuel Zelaya aurait proclamé son triomphe en soirée, consommant définitivement la violation de la Constitution et son propre discrédit, sans besoin de la moindre intervention militaire. Nul de bonne foi n'aurait avalisé son présumé triomphe, réel ou non. Le Congrès national pouvait alors ouvrir la procédure légale de destitution présidentielle sans aucun char dans la rue. La communauté internationale aurait observé sans s'émouvoir.

Les cris ne seraient venus que de la gauche radicale régionale alliée au président Zelaya au sein de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques, l'ALBA, qui englobe le Venezuela, Cuba, la Bolivie, le Nicaragua, l'Equateur, le Honduras, la Dominique, Antigua-et-Barbuda, ainsi que Saint-Vincent-et-les Grenadines. L'ALBA aurait peut-être subi le même discrédit que Manuel Zelaya, car lors de son VIe Sommet extraordinaire, le 24 juin au Venezuela, elle s'était solidarisée avec la consultation populaire déjà déclarée illégale au Honduras.

Malheureusement, à Tegucigalpa, c'est avec le canon des chars autour du palais présidentiel qu'on a chassé à l'aube du 28 juin le poids mouche politique qu'était devenu dans son pays le président Zelaya, transformé du coup, hors du Honduras, en héraut du droit et de la liberté. Pire qu'un délit et certes plus grave que les illégalités reprochées à Manuel Zelaya, ce coup d'Etat militaire, déclaré "légal" et "constitutionnel" par la justice et par le nouveau président provisoire du Honduras, Roberto Micheletti, est un gâchis politique continental.

Car alors que le Parlement européen documente et dénonce "la dérive autoritaire inquiétante" du pouvoir au Venezuela, que les plus de 200 dissidents encore emprisonnés à Cuba sont toujours assimilés à des "traîtres" recrutés par "l'impérialisme", qu'en Bolivie des commandos amérindiens empêchent des élus de l'opposition d'accéder au Parlement lors du vote de lois stratégiques, qu'en Equateur, comme au Venezuela et au Nicaragua, la justice combat davantage la presse que la criminalité galopante, voilà que les présidents de ces pays, Hugo Chavez, Raul Castro, Evo Morales, Rafael Correa et Daniel Ortega accueillent à Managua devant les télévisions internationales l'exilé Manuel Zelaya et se présentent comme un conseil des sages défendant la justice, les droits de l'homme et la légalité internationale.

Associée aux Etats-Unis, à l'Organisation des Etats américains, aux Nations unies, à l'Union européenne, à l'Union des nations sud-américaines, etc. dans la juste et nécessaire condamnation du coup d'Etat militaire au Honduras, la gauche radicale latino-américaine en tire une légitimité médiatique providentielle qui camouflera mieux ses propres excès. Gare donc au choix dun modèle inadéquat de chasse-mouche.

le ministre cubain des affaires étrangères donne son appui à l'appel de Fidel Castro au sujet du putsch au Honduras


Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez a appuyé l'appel du leader de la Révolution cubaine, Fidel Castro, au peuple Hondurien à ne pas négocier avec les putschistes.

Bruno Rodriguez qui participe à Managua, au Conseil présidentielle extraordinaire de l'ALBA, convoqué pour analyser les évènements au Honduras, a lu, au cours de son intervention , un article de Fidel Castro intitulé « Une erreur suicidaire » dans lequel le leader de la Révolution cubaine exhorte le peuple hondurien à ne pas négocier avec les putschistes.

Après la lecture de l'article, le ministre des affaires étrangères de Cuba a déclaré qu'il est d'accord avec le point de vue de Fidel Castro et il a souligné que l'ambassade de Cuba au Honduras donne son appui au peuple hondurien face au coup d'état.

« c'est une situation notamment urgente. L'appui et la volonté internationale sont indispensable. La seule solution est de rendre la souveraineté usurpée au peuple hondurien, c'est restituer Manuel Zelaya dans le gouvernement, le seul lègitime président du Honduras », a-t-il relevé.

Honduras:Deux Présidents


"C'est une blague ?" Juan Nadie est un internaute incrédule. Il fait partie des milliers de personnes qui ont réagi, sur le site internet du principal quotidien du Honduras, La Prensa , à la mise en place d'un nouveau gouvernement dans le pays, lundi soir. "Comme si de rien n'était", se désole un autre anonyme, en référence au coup d'État militaire qui a vu la destitution et l'expulsion du président Manuel Zelaya, et l'installation à sa place du président du Congrès Roberto Micheletti. Noyées sous un flot de commentaires globalement favorables à cette action de l'armée, ces deux réflexions témoignent pourtant de l'ubuesque flou institutionnel qui règne actuellement au Honduras, ce petit État d'Amérique centrale de plus de sept millions d'habitants.

En effet, dans la capitale hondurienne - Tegucigalpa - le nouveau pouvoir s'est mis en place en moins de 24 heures, en dépit d'une condamnation unanime de la communauté internationale . Et au même moment, à quelques centaines de kilomètres plus au sud, à Managua (Nicaragua), le président déchu Manuel Zelaya s'est affiché toute la journée de lundi aux côtés de tous les chefs d'État et de gouvernement, et des représentants des pays de l'Alba (Alternative bolivarienne pour les Amériques) : le président Daniel Ortega, le ministre des Affaires étrangères cubain Bruno Rodriguez, le président de l'Équateur Rafael Correa, son homologue bolivien Evo Morales, et l'incontournable dirigeant vénézuélien Hugo Chavez. Tous ces dirigeants, incarnant l'aile sociale du continent latino-américain, se sont réunis en urgence pour apporter leur soutien au président hondurien déchu. Lundi, l'ONU, l'Union européenne - qui envisage notamment de rappeler ses ambassadeurs en poste à Tegucigalpa - mais aussi les États-Unis ont, d'une même voix, dénoncé une éviction "illégale", pouvant créer, selon Barack Obama lui-même, "un précédent grave" (c'est également l'avis d'un expert interrogé lundi par lepoint.fr, pour qui " le continent américain craint un effet domino ").

Le limogeage du chef d'état-major de l'armée, étincelle du coup d'État

Résultat, fort de ce soutien international, Manuel Zelaya a tout simplement annoncé qu'il reviendrait dans son pays jeudi... non sans avoir effectué une escale à New York mardi pour défendre sa cause devant l'Assemblée générale des Nations unies. "J'y vais comme président élu", a ajouté le président déchu devant les responsables du Groupe de Rio, lundi. Il a précisé qu'il avait accepté l'offre du président de l'Organisation des États américains (OEA), José Miguel Insulza, de l'accompagner. Une perspective qui ne semble pas effrayer Roberto Micheletti. Le président nommé a assuré mardi à la Radio nationale espagnole qu'il n'y avait "absolument pas eu de coup d'État" contre Manuel Zelaya, et qu'il s'agissait d'une "succession constitutionnelle".

Élu en janvier 2006 pour quatre ans non renouvelables, Manuel Zelaya a souhaité organiser une consultation pour pouvoir se représenter à la prochaine présidentielle, en novembre prochain. La Cour constitutionnelle, le Parlement et l'armée se sont opposés à ce référendum, qu'ils jugeaient trop proche de la prochaine élection présidentielle, programmée le 29 novembre. Le président a voulu passer outre ces interdictions, et a organisé dimanche la consultation, forçant même l'entrée d'une base militaire pour tenter d'y récupérer les urnes. L'étincelle a été le limogeage, en milieu de semaine dernière, du chef d'état-major de l'armée, Romeo Vasquez, qui avait refusé de distribuer le matériel électoral. Lundi soir, des affrontements ont opposé les partisans du chef d'État déchu à des soldats qui gardaient l'accès au palais présidentiel à Tegucigalpa.

Zelaya annonce son retour


Le président hondurien déchu, Manuel Zelaya, a annoncé qu'il comptait rentrer au Honduras jeudi. « Je vais à Tegucigalpa jeudi. J'y vais comme président élu, j'effectuerai mon mandat de quatre années », a-t-il déclaré.

Il a fait cette annonce depuis Managua, au Nicaragua, lundi, dans le cadre du sommet extraordinaire de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) et du bloc centro-américain.

M. Zelaya doit d'abord se rendre à New York, mardi, afin de plaider sa cause devant l'Assemblée générale des Nations unies. Il entend ensuite assister, mercredi à Washington, à des entretiens sur la crise qui secoue son pays.

Le président déchu a ajouté qu'il serait accompagné, jeudi, de Jose Miguel Insulza, secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA). Celui-ci lui a proposé de l'accompagner à Tegucigalpa, offre qu'il a acceptée.

Les putchistes isolés

Pendant ce temps, le Honduras se retrouve avec un nouveau président depuis le coup d'État de l'armée, survenu dimanche. Toutefois, la communauté internationale lui tourne le dos.

Le président du Congrès, Roberto Micheletti, s'est vu nommé à la tête du pays par les parlementaires en remplacement du président Zelaya, arrêté dimanche par des militaires et conduit contre son gré au Costa Rica.

Des heurts ont éclaté lundi devant le palais présidentiel à Tegucigalpa, la capitale, où des policiers et des soldats faisaient usage de gaz lacrymogènes pour disperser des milliers de manifestants contre le coup d'État. Les manifestants ont lancé des pierres et des bouteilles en direction des forces de l'ordre. Des tirs ont été entendus, mais on ignore s'il s'agissait de balles réelles.

La gauche régionale unie derrière Zelaya

M. Zelaya avait quitté le Costa Rica pour le Nicaragua à bord d'un avion mis à sa disposition par le président vénézuélien, Hugo Chavez, dimanche soir.

Les pays de l'ALBA ont décidé de rappeler leurs ambassadeurs au Honduras pour protester contre le coup d'État. « Face au gouvernement dictatorial qui prétend s'imposer, les pays de l'ALBA ont décidé de retirer leurs ambassadeurs et réduire à sa plus simple expression leur représentation diplomatique à Tegucigalpa », lit-on dans une motion adoptée lors du sommet.

Opposé à ce coup d'État, Hugo Chavez a haussé le ton dimanche lors de cette rencontre. Il a affirmé que le Venezuela, son peuple et ses forces armées sont solidaires du Honduras.

Il faut leur donner une leçon. [...] Nous ne pouvons permettre un retour à l'âge des cavernes.

— Hugo Chavez

M. Chavez a toutefois nié des informations faisant état d'une mobilisation de troupes.

Les dirigeants réunis à Managua, pour la plupart de gauche, ont tenu à réaffirmer la légitimité du président évincé Manuel Zelaya. « Le président légitime du Honduras est le président Manuel Zelaya, il n'y a pas de doute », a déclaré le président du Nicaragua, Daniel Ortega, hôte de la réunion. Le président équatorien, Rafael Correa, a évoqué de son côté « un acte de désespoir » de l'oligarchie et des dirigeants de l'armée du Honduras.

La stratégie d'Obama mise à l'épreuve
Du côté des États-Unis, cette crise politique constitue un test pour le président Barack Obama, lui qui promettait une nouvelle ère de collaboration avec l'Amérique latine, à l'occasion du Sommet des Amériques, en avril dernier. Cette région a longtemps été considérée comme la « chasse gardée » du géant américain.

Barack Obama a déclaré lundi que le renversement de Manuel Zelaya n'était « pas légal » et qu'il demeurait le président du Honduras. Il a indiqué que les États-Unis étaient « au côté de la démocratie » et oeuvreraient avec d'autres pays et des instances internationales pour régler cette affaire de façon pacifique.

Manuel Zelaya avait demandé à Washington de ne pas soutenir le geste des militaires putschistes. « Si [Washington] n'apporte pas son soutien à ce coup d'État, il peut empêcher cette attaque contre notre peuple et contre la démocratie », avait-il fait valoir.

Deux hauts responsables de l'administration ont déclaré aux journalistes que des diplomates américains travaillaient à assurer la sécurité de M. Zelaya.

Au pays, Roberto Micheletti a imposé un couvre-feu de deux jours à compter de dimanche soir. Il a aussi nommé un nouveau ministre des Affaires étrangères, l'avocat et ancien ambassadeur auprès de l'ONU Enrique Ortez Colindres.

Peu après après avoir prêté serment lors d'une cérémonie au Congrès, Roberto Micheletti a affirmé qu'il ne prenait pas ses nouvelles fonctions « sous l'égide d'un coup d'État ».

J'ai accédé à la présidence [à la suite] d'un processus de transition absolument légal.

— Roberto Micheletti

Il a également défendu l'armée, déclarant qu'elle s'était « conformée à la Constitution et aux lois ». Dans la foulée, il a lancé une mise en garde contre toute ingérence à la suite des propos du président vénézuélien Hugo Chavez et a dit que son pays était « prêt à la guerre ».

« Je suis sûr qu'entre 80 % et 90 % de la population du Honduras est heureuse de ce qui s'est passé aujourd'hui », a lancé le nouveau président. Il a également annoncé que Manuel Zelaya serait le bienvenu en cas de retour au Honduras en tant que citoyen à une condition: « sans le soutien de M. Hugo Chavez ».

Un ordre de la Cour suprême

Élu en novembre 2005, Manuel Zelaya avait décidé de maintenir dimanche un référendum non contraignant, malgré l'opposition de l'armée, du Congrès et de la Cour suprême, qui l'a déclaré illégal.

Le chef de l'État demandait à la population de se prononcer sur une éventuelle révision de la Constitution, afin de lui permettre de briguer un nouveau mandat, en novembre.

L'armée et le plus haut tribunal du pays se sont opposés à cette consultation populaire, jugée illégale.

C'est la Cour suprême du pays qui a ordonné de déposer le président Zelaya pour l'empêcher de tenir son référendum. La cour a estimé que l'armée était « intervenue pour défendre la loi ».

Le Congrès du Honduras a approuvé ce qui a été présenté comme une lettre de démission du président Manuel Zelaya, quelques heures après la destitution de celui-ci. La missive attribuerait le départ présumé du chef de l'État à la situation politique et à des « problèmes de santé fondamentaux ».

Manuel Zelaya a déclaré que cette lettre de démission était « totalement fausse », rappelant qu'il était toujours président.

Dénonçant un « coup d'État » et un « enlèvement », Manuel Zelaya a fait part de son intention de poursuivre son mandat jusqu'à son terme prévu, début 2010. Il a souligné qu'il ne reconnaîtrait « aucun gouvernement d'usurpation ».

Le président élu a appelé les militaires du Honduras à résister, exhorté les citoyens à prendre part à des manifestations pacifiques et demandé à la police de protéger les manifestants.

Honduras: le président déchu, à l'ONU mardi, veut revenir jeudi dans son pays


Le président hondurien déchu Manuel Zelaya a déclaré depuis Managua qu'il reviendrait dans son pays jeudi après une escale à New York mardi pour défendre sa cause devant l'Assemblée générale des Nations unies.

"Je vais à Tegucigalpa jeudi. J'y vais comme président élu, j'effectuerai mon mandat de quatre années", a ajouté M. Zelaya lundi devant les responsables du Groupe de Rio réunis dans la capitale nicaraguayenne.

Il a précisé qu'il avait accepté l'offre du président de l'Organisation des états américains (OEA), José Miguel Insulza, de l'accompagner. Il a également indiqué qu'il se rendrait à Washington mercredi.

Lundi, au lendemain d'un coup d'Etat militaire contre le président Zelaya qui, en exil, a obtenu un soutien très ferme des Etats-Unis et de toute l'Amérique latine, la situation s'est dégradée au Honduras où de violents heurts ont éclaté lundi, faisant plusieurs blessés.

Les affrontements ont opposé les partisans du chef d'Etat déchu, expulsé manu militari du pays dimanche, à des soldats qui gardaient l'accès au palais présidentiel à Tegucigalpa.

M. Zelaya, un dirigeant de gauche au pouvoir depuis 2006, avait été destitué pour avoir tenté d'organiser une consultation populaire ouvrant la voie à une possible réélection, un scrutin jugé illégal par la Cour suprême.

Désigné par intérim à la tête du pays de 7,5 millions d'habitants jusqu'à la prise de fonction du prochain chef d'Etat en janvier 2011, le président du Congrès, Roberto Micheletti, a commencé à former son gouvernement, après avoir décrété 48 heures de couvre feu.

Le concert de protestations de la communauté internationale contre le putsch des militaires honduriens n'avait pas faibli lundi. Le président américain Barack Obama a affirmé que l'éviction de M. Zelaya n'était "pas légale", dénonçant "un précédent grave". "Le président Zelaya a été démocratiquement élu. Il n'a pas fini son mandat", a-t-il lancé.

lundi 29 juin 2009

Honduras : heurts entre des manifestants et l'armée


Des heurts ont éclaté, lundi, dans la capitale du Honduras, Tegucigalpa, entre l'armée et des manifestants opposés à la destitution du président Manuel Zelaya, faisant plusieurs blessés. Les échauffourées ont commencé lorsque des soldats ont tenté de déloger des centaines de manifestants qui s'étaient rassemblés devant l'édifice présidentielle, où ils ont édifié des barricades. Les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes sur les partisans du président déchu, qui ont riposté par des jets de pierre. Malgré la condamnation unanime de la communauté internationale, le président du Congrès, Roberto Micheletti, a été désigné comme chef d'Etat par intérim jusqu'en janvier 2011, date de la prise de fonction du nouveau président après les élections de novembre.

Les voisins du Honduras inquiets




Le président Manuel Zelaya, évincé du pouvoir par l'armée,a reçu le soutien de tout le continent sud-américain.
« Un très grave retour en arrière ». C'est ce que représente, selon la présidente chilienne Michelle Bachelet, le coup d'État contre son homologue du Honduras, Manuel Zelaya. Il a été réveillé dimanche « au son des tirs » par des militaires qui l'ont expulsé vers le Costa Rica.

Des manifestants bravent le couvre-feu
Dans l'après-midi, les députés du petit pays de 7,6 millions d'habitants, un des plus pauvres de la région, nommaient à sa place le président du Parlement, le libéral Roberto Micheletti. Il a aussitôt instauré un couvre-feu, bravé dimanche soir par un millier de manifestants.

Le putsch, premier de l'après-guerre froide en Amérique centrale, a provoqué la condamnation unanime des voisins, effrayés par le retour « de pratiques qui avaient heureusement été bannies », selon Michelle Bachelet. De l'Organisation des États américains (OEA) au bloc centro-américain (Sica), tous tentaient hier d'empêcher une rupture après vingt ans de stabilité démocratique régionale. « Nous espérions qu'au XXIe siècle, les différends se règlent dans les urnes », déclarait, pour sa part, l'infortuné président du Honduras.

Ce dirigeant atypique, élu sur un discours de centre-droit en 2005, a viré à gauche une fois au pouvoir pour adhérer à l'union douanière « socialiste » de l'Alba, impulsée par le président vénézuélien Hugo Chavez et ses pétrodollars. Zelaya avait appelé dimanche à un référendum pour réviser la Constitution et être en mesure de se faire réélire, décision rejetée par ses anciens alliés conservateurs, la justice et l'armée.

Les États-Unis, qui disposent d'un détachement militaire au Honduras, ont condamné le coup d'État. Un tournant « important », selon Hugo Chavez : George W. Bush avait soutenu un bref putsch contre le Vénézuélien, en 2002...

La gauche sud-américaine réclame le rétablissement de Zelaya


Les dirigeants de gauche d'Amérique latine, réunis à Managua au Nicaragua, appellent les militaires putschistes à rétablir dans ses fonctions le président du Honduras Manuel Zelaya, renversé la veille par un coup d'Etat.

Le groupe, présidé par le Vénézuélien Hugo Chavez et composé de plusieurs présidents de gauche, comme l'Equatorien Rafael Correa ou le Nicaraguayen Daniel Ortega, ont annoncé qu'ils allaient retirer leurs ambassadeurs en poste à Tegucigalpa.

Le coup d'Etat, le premier en Amérique latine depuis la fin de la Guerre froide, a pris une dimension internationale lundi, les présidents de la région faisant front autour du socialiste Zelaya, un proche de La Havane de et Caracas.

Les Etats-Unis continuent de suivre l'évolution de la situation avec attention et la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a précisé que Washington faisait du rétablissement de l'ordre démocratique au Honduras une priorité absolue.

"Les Etats-Unis travaillent avec leurs partenaires de l'OEA (Organisation des Etats américains) pour dégager un puissant consensus condamnant l'expulsion du président Zelaya et pour appeler au rétablissement complet de l'ordre démocratique au Honduras", a dit Clinton.

L'Union européenne, l'Onu et l'OEA ont toutes condamné le renversement de Manuel Zelaya.

"Nous n'autoriserons pas un retour au passé", a déclaré Hugo Chavez qui a placé les troupes vénézuéliennes en alerte au cas où le Honduras menacerait l'ambassade du Venezuela. Cuba a condamné un putsch "criminel et brutal".

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a également refusé de reconnaître la nouvelle donne. "Nous ne pouvons pas accepter ni reconnaître un autre gouvernement que celui du président Zelaya", a-t-il dit.

Manuel Zelaya, qui a rejoint le sommet des dirigeants sud-américains dans la capitale du Nicaragua, a été invité à se rendre "aussitôt que possible" devant l'assemblée générale des Nations unies.

GRENADES LACRYMOGÈNES À TEGUCIGALPA
A Tegucigalpa, l'armée et la police anti-émeutes ont pris position autour du palais présidentiel devant lequel se sont rassemblées lundi quelque 1.500 personnes pour protester contre le coup d'Etat.

Plusieurs manifestants, portant des masques et armés de bâtons, ont provoqué les forces de l'ordre et brûlé des pneus devant les grilles du palais. Dans l'après-midi, les forces de sécurité sont intervenues à coups de grenade lacrymogènes.

La veille, des coups de feu, apparemment tirés en l'air, avaient éclaté alors que 200 personnes bravaient le couvre-feu décrété par les militaires.

La plupart des habitants de Tegucigalpa se sont toutefois enfermés chez eux par crainte de violence, après avoir envahi les magasins pour se ravitailler en vivres.

De son exil, le président déchu a appelé les Honduriens à la résistance pacifique face aux putschistes.

UN TEST POUR OBAMA
La crise couvait depuis des jours au Honduras, où Manuel Zelaya avait destitué le chef d'état-major, le général Romeo Vasquez, parce que ce dernier refusait de l'aider à organiser un référendum, dimanche, sur une modification de la Constitution visant à lui permettre de briguer un second mandat de quatre ans.

La Cour suprême du Honduras s'était prononcée contre le limogeage du général Vasquez et avait demandé au chef de l'Etat, au pouvoir depuis 2006, de le rétablir dans ses fonctions. Elle a indiqué avoir elle-même demandé à l'armée de l'évincer en raison de son intention d'organiser un référendum "illégal".

Manuel Zelaya a été arrêté dimanche à l'aube par des militaires qui l'ont envoyé au Costa Rica. Sous bonne garde des soldats postés devant le parlement, les députés du Honduras ont ensuite nommé à main levée le président du Congrès, Roberto Micheletti, au poste de chef de l'Etat.

Ce dernier a décrété un couvre-feu nocturne pour dimanche et lundi et déclaré qu'aucun dirigeant étranger, "que ce soit Barack Obama ou, encore moins, Hugo Chavez, n'a le droit de venir menacer le Honduras".

Le coup de force de Tegucigalpa constitue le premier test sud-américain de Barack Obama, déterminé à renouer avec les pays de la région un dialogue mis à mal par les années Bush.

"C'est une occasion en or (pour Obama) de rompre avec le passé et de montrer qu'il se range sans équivoque dans le camp de la démocratie, même si les gens de Washington n'apprécient guère l'homme (Zelaya)", juge l'ancien vice-président du Costa Rica Kevin Casas-Zamora.

Les Etats-Unis disposent au Honduras de 600 militaires stationnés à la base aérienne de Soto Cano.

Ce pays de sept millions d'habitants, ancien allié des Etats-Unis pour combattre les gouvernements marxistes d'Amérique centrale, a connu la stabilité politique depuis la chute du régime militaire au début des années 1980.

Jeux de pouvoir au Honduras


Le président du Honduras, Manuel Zelaya, a été arrêté par l'armée puis expulsé du pays dimanche. Ce "putsch" militaire annule de fait le référendum prévu ce week-end sur une réforme qui devait permettre au chef de l'Etat en exil de briguer un nouveau mandat en novembre prochain. Hugo Chavez condamne le coup d'état et se dit prêt à intervenir militairement.

Le président Manuel Zelaya, au pouvoir depuis 2006, a été arrêté par l'armée dimanche matin dans l'une des ses résidences par des militaires, puis expulsé dans l'après-midi au Costa Rica. Selon la chaîne CNN et le site internet de La Prensa, principal quotidien du Honduras, un avion de l'armée de l'air hondurienne a conduit Zelaya, homme de gauche allié au régime vénézuélien d'Hugo Chavez, à San José (Costa Rica), où le président déchu a appelé les Honduriens à la résistance pacifique face aux putschistes. Plusieurs centaines de militaires ont parallèlement été déployés dans la capitale Tegucigalpa, dans le quartier du palais présidentiel notamment. Quelques dizaines de partisans de Zelaya ont tenté de freiner l'avancée des chars. En vain.

Ce putsch, le premier à réussir en Amérique centrale depuis la fin de la guerre froide, est le point d'orgue d'une semaine de tensions, entre l'armée et la présidence de la République. Les militaires, soutenus par une opposition politique relativement censurée, s'opposaient à la volonté de Manuel Zelaya d'aller de l'avant avec une réforme présidentielle qui l'aurait autorisé à briguer un second mandat, le 29 novembre prochain. Une consultation populaire prévue à cet effet devait avoir lieu ce dimanche, mais la Cour suprême a fait valoir plus tôt cette semaine qu'elle n'aurait aucun caractère légal.

L'armée vénézuélienne prête à intervenir

Le chef de l'Etat en exil voulait alors passer en force, se prévalant d'un référendum en sa faveur. Pour ce faire, il a tenté de limoger le chef d'état-major des forces armées, Roméo Vasquez. Grâce au soutien de la Cour suprême, garante de la liberté politique, le chef d'état-major est resté officieusement en poste. Une situation paradoxale qui a contraint le ministre de la Défense à la démission. Les hauts-gradés militaires ont annoncé parallèlement leur intention d'intervenir. Après avoir contrôlé la capitale, dimanche, l'état-major des forces armées a désigné le président du Congrès, Roberto Micheletti, comme nouveau chef de l'Etat. L'instance électorale hondurienne a assuré que l'élection présidentielle serait maintenue à la date prévue du 29 novembre.

De son côté, Hugo Chavez, principal allié de Zelaya, a dénoncé dès dimanche après-midi un "coup d'État". Menaçant, il a même annoncé avoir placé ses troupes en alerte, faisant savoir qu'il riposterait militairement au cas où son ambassadeur au Honduras serait attaqué. Or, selon quelques sources, le dit ambassadeur aurait été enlevé, frappé puis abandonné au bord d'une route, durant le coup de force des militaires.

L'Union européenne condamne aussi un "putsch militaire". Plus prudent, Barack Obama s'est déclaré "préoccupé" et a demandé aux "acteurs politiques et sociaux" du pays de respecter la démocratie et l'état de droit. Des propos sur lesquels Manuel Zelaya en personne a rebondi: interrogé par la chaîne de télévision vénézuélienne Telesur, le chef de l'Etat a invité Washington à spécifier si oui ou non les Américains avaient joué un rôle dans les événements en cours. Dimanche, dans la soirée, la Maison blanche a nié avoir joué le moindre rôle dans les événements. Les Etats-Unis disposent de 600 militaires stationnés à la base aérienne de Soto Cano, au Honduras.

Putsch au Honduras : Chavez place son armée en état d'alerte


Le président vénézuélien Hugo Chavez a placé, dimanche 28 juin, ses troupes en état d'alerte à la suite du coup d'Etat survenu au Honduras et a fait savoir qu'il riposterait militairement au cas où son ambassadeur dans ce pays serait attaqué ou enlevé. Il a également annoncé qu'il ferait tout pour "faire avorter" le putsch. "Nous ferons tomber" tout gouvernement hondurien investi après le putsch au Honduras, a-t-il assuré.
Dimanche à l'aube, des militaires ont arrêté le président du Honduras, qui était sur le point d'organiser le jour-même une consultation populaire jugée illégale par la Cour suprême. Elle devait lui permettre de se présenter pour un second mandat. Conduit de force par des militaires honduriens au Costa Rica, où il a demandé l'asile politique, Manuel Zelaya a déclaré à la chaîne latino-américaine Telesur avoir été victime d'un "enlèvement", d'un "coup d'Etat". Il s'agit du premier putsch militaire réussi en Amérique centrale depuis la fin de la guerre froide (voir aussi le porte-folio : "Coup d'Etat militaire au Honduras").

Chavez, dont Zelaya est un récent allié, a affirmé que des soldats honduriens avaient emmené l'ambassadeur cubain et abandonné celui du Venezuela au bord d'une route après l'avoir frappé durant le coup de force de l'armée. Le représentant du Venezuela auprès de l'Organisation des Etats américains avait déclaré un peu plus tôt que des soldats avaient "enlevé" les ambassadeurs alliés de Zelaya - à savoir ceux de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua - ainsi que le chef de la diplomatie hondurienne.

OBAMA "PROFONDÉMENT PRÉOCCUPÉ"
"Derrière les militaires putschistes se cachent la bourgeoisie hondurienne, les nantis, les riches qui ont transformé le Honduras en une république bananière, en une base politique, militaire et terroriste de l'empire nord-américain", a ajouté Hugo Chavez. "L'empire yankee a beaucoup à voir avec cela". En écho, le président hondurien a déclaré à une chaîne de télévision : "Si [Washington] n'apporte pas son soutien à ce coup d'Etat, il peut empêcher cette attaque contre notre peuple et contre la démocratie".

Interpellé par les deux chefs d'Etat, le président américain Barack Obama s'est dit "profondément préoccupé" par la situation, a annoncé la Maison Blanche dans un communiqué. Il a appelé "tous les acteurs politiques" au Honduras à "respecter les règles démocratiques et la loi".


La présidente argentine Cristina Kirchner a quant à elle qualifié le coup d'Etat de "retour à la barbarie" en Amérique latine et exigé que le président Manuel Zelaya "soit rétabli dans ses fonctions". "C'est un moment très sombre qui nous rappelle les pires moments de l'histoire de l'Amérique latine", a-t-elle ajouté faisant allusion aux nombreux coups d'Etat qui ont eu lieu dans les pays sud-américains pendant des décennies. L'Organisation des Etats américains (OEA), qui devait tenir une réunion d'urgence au siège de l'organisation régionale à Washington, a elle aussi condamné le "coup d'Etat", tout comme l'Union européenne.

mercredi 24 juin 2009

Chavez: «Nous demandons au monde de respecter l'Iran»


Le président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré dimanche que certains tentaient de «miner la forteresse de la révolution iranienne» et a demandé au monde de «respecter l'Iran», dans son allocution télévisée hebdomadaire.

Au cours de son émission «Alo Presidente», M. Chavez a une nouvelle fois apporté son soutien chaleureux au président iranien Mahmoud Ahmadinajed, réélu pour un second mandat le 12 juin lors d'un scrutin contesté. «Le triomphe d'Ahmadinejad a été un triomphe sur toute la ligne», a-t-il estimé.

«Nous saluons Mahmoud Ahmadinejad, le grand président de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei (Guide suprême de la République islamique iranienne, ndlr) et le peuple iranien», a déclaré M. Chavez.

«Nous demandons au monde de respecter l'Iran, parce certains tentent de miner la forteresse de la révolution iranienne», a poursuivi le président vénézuélien, sans préciser qui était visé par ses propos.


«On tente de salir le triomphe d'Ahmadinejad et par ce moyen d'affaiblir le gouvernement et la révolution islamique, mais je sais qu'ils n'y parviendront pas», a dit M. Chavez.

Depuis l'élection présidentielle, suivie par des accusations de fraude portées par les concurrents de M. Ahmadinejad et par des manifestations réprimées avec violence, M. Chavez a assuré à plusieurs reprises le président iranien de son soutien.

Au cours de la semaine écoulée, il a indiqué qu'il s'était entretenu au téléphone avec son homologue iranien pour lui exprimer sa solidarité, et le ministère vénézuélien des Affaires étrangères a condamné dans un communiqué «la campagne féroce et infondée de discrédit qui a été déclenchée depuis l'étranger contre les institutions» iraniennes.

Plusieurs pays occidentaux ont critiqué la répression violente des manifestations contre le pouvoir iranien et ont demandé que le résultat de l'élection présidentielle soit rééxaminé comme le réclament les opposants.

Le Venezuela posera un câble optoélectronique vers Cuba (ordonnance)




Aux termes d'une ordonnance signée par le président Hugo Chavez, 70 millions de dollars seront dépensés pour poser un câble optoélectronique entre le Venezuela et Cuba, ont rapporté jeudi les médias mexicains.

D'une longueur de 1.555 km, le câble passera sur le fond la mer des Caraïbes. Ses possibilités techniques permettront d'effectuer simultanément 20 millions d'appels téléphoniques, de transmettre 26.000 chaînes de télévision et d'ouvrir à Cuba l'accès à Internet à large bande.

Selon les médias mexicains, l'accord ad hoc entre La Havane et Caracas a été signé dès 2006 mais sa réalisation dans les délais prévus a été entravée par la nationalisation du réseau téléphonique vénézuélien lancée par le président Chavez.

Après la pose du câble, les Cubains auront un accès à Internet à large bande. Actuellement, la Toile n'est accessible que par satellite dans l'île. En toute logique, il serait moins cher de poser un câble sous-marin de la Floride (Etats-Unis), distante de 120 km seulement.

Ceci est toutefois impossible en raison de l'embargo décrété par Washington en 1961, après une tentative d'invasion avortée qui était destinée à renverser le régime de Fidel Castro.

Russie-Venezuela: Chavez veut accélérer la création d'une banque conjointe (TV)




Le Venezuela envisage de discuter avec la Russie des détails concrets de création d'une banque à capital russo-vénézuélien, a indiqué le président vénézuélien Hugo Chavez cité lundi par la chaîne sud-américaine Telesur.

Les pays ont convenu de la création de la banque russo-vénézuélienne en novembre 2008. Au cours du programme hebdomadaire "Allô, président" M.Chavez a espéré dimanche que les détails concrets de la coopération dans ce domaine seraient déterminés prochainement.

Selon lui, le président de Banco del Tesoro Cesar Giral s'est rendu en Russie pour évoquer avec ses collègues russes les détails techniques de l'institution de la nouvelle banque.

"M.Giral est arrivé Russie pour prendre part à l'élaboration du document qui sera déterminant pour le développement de la banque russo-vénézuélienne", a noté Hugo Chavez.

La semaine dernière, M.Chavez a indiqué que le vice-président vénézuélien Ramon Carrizales se rendrait en Russie et en Biélorussie, et transmettrait des lettres aux présidents de ces pays.

Selon le président vénézuélien, les lettres évoquent "l'épouvantable crise qui sévit sur la planète et menace le monde entier".

Venezuela : un prix de "journalisme alternatif" pour Hugo Chavez


Le président du Venezuela, Hugo Chavez, épinglé à l'étranger pour ses attaques contre la liberté de la presse, a reçu lundi un prix du "journalisme alternatif" remis par un conseil municipal dirigé par son parti pour ses éditoriaux et son émission de télévision hebdomadaire.
Le dirigeant socialiste a récemment fêté les dix ans de son show radio-télévisé "Alo presidente (Allo président)", redoutable outil de communication pouvant durer des heures, au cours duquel il peut aussi bien limoger un ministre et annoncer une mesure politique que pousser la chansonnette.

Depuis janvier, il écrit aussi toutes les semaines une tribune intitulée "Les lignes de Chavez", qui est publiée dans plusieurs quotidiens vénézuéliens.

Chavez a été récompensé par le conseil municipal socialiste de Libertador, le plus gros quartier de la capitale Caracas, "pour sa capacité à transmettre simplement le message des valeurs du socialisme et de la transformation en cours dans le pays", rapporte l'agence officielle ABN.

Cela fait trois ans que ce conseil municipal remet ce prix à des "médias communautaires et alternatifs".

Il y a deux semaines, une association, l'Institut international de la presse (IPI), a dénoncé la détérioration de la liberté de la presse au Venezuela et en particulier le "harcèlement" de l'administration Chavez contre la chaîne privée Globovision.

Le dirigeant antilibéral a menacé ce canal d'information continu, très critique à l'égard du pouvoir, de connaître le même sort que RCTV (Radio Caracas Television), la plus ancienne et populaire chaîne privée, dont la licence n'avait pas été renouvelée en mai 2007 en raison de son ton acerbe.

Cette décision avait entraîné une vague de protestations, incarnée par le mouvement étudiant, ainsi que l'indignation d'organisations internationales comme Reporters sans frontières (RSF).

Chavez appelle à "applaudir" Obama pour sa fermeté vis-à-vis d'Israël



Plus coutumier des philippiques que du compliment à l'égard des Etats-Unis, le président vénézuélien Hugo Chavez a changé radicalement de ton en réclamant... des "applaudissements" pour son homologue américain Barack Obama, dont il a loué la fermeté à l'égard d'Israël et la modération envers l'Iran.
"Obama, tu te rends compte ? Tu es en train de sentir l'aspiration au changement dans ta propre chair. Des applaudissements pour Obama", a lancé M. Chavez au cours d'une cérémonie retransmise par la télévision publique dans la nuit de jeudi à vendredi.

Héraut de la lutte contre l'"impérialisme" en Amérique latine, le président vénézuélien a notamment salué le fait que l'administration américaine ait réclamé un gel de la colonisation juive dans les territoires palestiniens."Je crois qu'il (Obama) veut vraiment un changement. Considérez ce qu'il a dit aux Israéliens, il leur a parlé clairement", a estimé M. Chavez, qui avait ordonné en septembre dernier l'expulsion de l'ambassadeur de l'Etat hébreu à Caracas en signe de dénonciation contre les raids aériens dans la bande de Gaza.

"OPTEZ POUR LE SOCIALISME"
Grand allié du régime communiste de Cuba, M. Chavez entretenait des relations exécrables avec l'ex-président américain George W. Bush. Avec l'arrivée au pouvoir de Barack Obama, en janvier, il a assoupli sa rhétorique, allant même jusqu'à lui proposer de devenir son "ami" lors de leur première rencontre au sommet des Amériques de Trinité-et-Tobago, en avril.

Pas avare de conseils, le dirigeant vénézuélien, qui soutient le régime islamique de Téhéran, a également exhorté, dans son allocution, son homologue à abandonner le capitalisme, source, selon lui, de "perdition du monde". "Come on to the socialism (convertissez-vous au socialisme)", lui a-t-il lancé en anglais.

samedi 13 juin 2009

Cuba: la dissidente Hilda Molina salue la décision de la laisser quitter le pays


La dissidente cubaine Hilda Molina a qualifié vendredi d'"acte civilisé" la décision du gouvernement cubain de l'autoriser à quitter ce pays pour se rendre en Argentine, après 15 ans de refus.
"Il s'agit d'un acte civilisé, logique et rationnel", a déclaré à l'AFP Mme Molina, une neurochirurgienne de 66 ans, qui doit quitter La Havane samedi pour gagner l'Argentine où vivent son fils et sa mère.

"Cela aurait été très mal vu que le gouvernement cubain ne m'autorise pas à voyager (...) parce que ma mère est très malade", a-t-elle dit en précisant que cette dernière, âgée de 90 ans, souffrait d'une "insuffisance cardiaque".
Mme Molina a assuré avoir l'intention de revenir dans son pays mais que son retour dépendait de l'état de santé de sa mère.
A Buenos Aires, la présidente argentine Cristina Kirchner avait elle même annoncé la "très bonne nouvelle" un peu plus tôt et "remercié le geste du gouvernement de Raul Castro".
Mme Kirchner avait effectué en janvier dernier une visite à La Havane où elle avait abordé avec les autorités cubaines le cas de Mme Molina tout en refusant de rencontrer des dissidents.
Un diplomate étranger parlant sous couvert de l'anonymat a estimé qu'il s'agissait d'un "petit geste diplomatique" de Cuba envers l'Argentine qui réclame à l'instar de tous les pays latino-américains la fin de 47 ans d'embargo américain contre l'île et a soutenu la récente levée de la suspension de Cuba au sein de l'Organisation des Etats Américains (OEA).
Interrogé par l'AFP, Elizardo Sanchez, le président de la Commission cubaine pour les droits de l'Homme et la Réconciliation nationale, une organisation illégale mais tolérée, a lui qualifié la décision des autorités cubaines de "grimace sardonique".
"Nous sommes contents pour le médecin, mais cela met en relief la dure situation des droits de l'Homme à Cuba. Le gouvernement refuse de donner des permis pour sortir du pays à des centaines et des centaines de personnes. Ce sont des gens séquestrés", a-t-il affirmé.
Célèbre pour ses travaux en neurochirurgie, Hilda Molina demande depuis 1994 l'autorisation de pouvoir quitter l'île communiste pour rendre visite à son fils, Roberto Quinones, un médecin installé à Buenos Aires et marié à une Argentine.
La mère de Mme Molina, Hilda Morejon, a été autorisée à quitter Cuba pour l'Argentine en mai 2008.

jeudi 11 juin 2009

Le Venezuela suspend la vente de Coca-Cola Zero



Le géant américain Coca-Cola a suspendu, jeudi 11 juin, la vente de son produit Coca-Cola Zéro au Venezuela, conformément à un ordre du ministre local de la santé, même s'il assure qu'il ne contient aucun ingrédient dangereux pour la santé.
"Ce produit doit être retiré de la circulation pour préserver la santé des Vénézuéliens", car il contient un "composant qui peut être préjudiciable à l'homme", avait déclaré mercredi le ministre, Jesus Mantilla, cité par l'agence d'Etat ABN.

Le géant américain a aussitôt obtempéré, tout en réaffirmant dans un communiqué publié jeudi dans la presse locale que "le Coca-Cola Zéro ne contient aucun composant pouvant être préjudiciable à la santé des personnes" et que sa boisson sans sucre répond à toutes les normes en vigueur au Venezuela.

Ce n'est pas le premier problème auquel est confronté l'entreprise américaine au Venezuela. En mars, Hugo Chavez lui a ordonné de libérer un terrain à Caracas pour y construire des logements, et en 2008, des centaines d'anciens salariés lui avaient réclamé des indemnisations.

Le gouvernement vénézuélien a renforcé le contrôle étatique sur la filière agro-alimentaire ces derniers mois, multipliant les interventions publiques et les expropriations, alors que le pays fait face à des problèmes de pénuries et à l'explosion des prix des denrées de base.

lundi 8 juin 2009

REFLEXIONS DE FIDEL


CHAVEZ est un éducateur inlassable. Il n’hésite pas à décrire ce que signifie le capitalisme. Il démonte ses mensonges l’un après l’autre. Il est implacable.

Il décrit le sens de chacune des mesures que le socialisme apporte au peuple.

Il sait combien vous souffrez quand vous-même, votre femme, vos enfants, vos parents, vos voisins n’ont rien, tandis que quelques-uns ont de tout.

Il démontre l’égoïsme des riches qui subordonnent tout aux lois aveugles et inexorables du marché, opposées à toute rationalité dans l’emploi des forces productives. Il le démontre constamment par l’œuvre en cours au Venezuela.

Il inonde le pays de livres. Il avait fait en sorte, auparavant, que tous les citoyens sachent lire et écrire. Il a ouvert des écoles pour tous les enfants ; des établissements secondaires et techniques pour tous les adolescents et les jeunes, des possibilités d’enseignement supérieur pour eux tous.

La crème de la pensée oligarchique et contre-révolutionnaire est réunie à Caracas pour déclarer par tous les moyens que la presse n’est pas libre au Venezuela. Chavez l’a défiée de participer à Allô Presidente, dont c’est le dixième anniversaire, pour en discuter avec les intellectuels vénézuéliens ; il serait assis dans le public, écoutant le débat. Au moment où j’écris ces Réflexions, il n’y a toujours pas de réponse.

Allô Presidente a repris à 18 h 40. On écoute de nouveau le verbe enflammé de Chavez au second jour de cet anniversaire. Y assistent aussi les ministres de la Culture des pays de l’ALBA, qui participent à une réunion internationale.

On écoute de brillants discours qui enrichissent la pensée politique.

Chavez lance de nouveau son défi, invitant les lumières de l’oligarchie internationale à discuter, mais aucune n’a encore répondu. Il est sept heures du soir passées.

Je me concentrerai sur les discours brillants et sincères. Qu’on m’en excuse.



Fidel Castro Ruz

Le fisc du Venezuela taxe la télévision anti-Chavez



L'agence des impôts du Venezuela a ordonné à une chaîne de télévision opposée au gouvernement Chavez de payer 2,3 millions de dollars d'arriérés d'impôts vendredi, au lendemain de l'inculpation de son président sur un autre dossier, et après que la troupe ait été envoyée à son domicile.

L'agence explique dans un communiqué que Globovision doit des impôts sur du temps d'antenne accordé à des ONG il y a six ans. Les réseaux de télévision sont taxables sur leurs revenus potentiels, qu'ils fassent payer ou non leurs clients, selon le fisc vénézuélien.

"Nous combattons l'impunité, quoi qu'en disent ceux qui sont affectés" a résumé le président Hugo Chavez sur les médias publics. "Ils doivent se conformer à la loi".

Globovision a diffusé en direct l'arrivée des services fiscaux dans ses locaux de Caracas. Elle doit 5 millions de bolivars (1,6 million d'euros) d'arriérés d'impôts, d'amende et d'intérêts, d'après Fanny marquez, du service fiscal.

Globovision est le seul média gratuit à s'opposer ouvertement au leader vénézuélien, depuis la fermeture en 2007 de la chaîne d'opposition Radio Caracas Television, contrainte de passer sur réseau câblé. Radio Caracas Television se voit également réclamer le paiement d'une dette fiscale pour le même motif.

Venezuela: Chavez fait taire les rumeurs en réapparaissant en public


Le président vénézuélien Hugo Chavez a fait taire les rumeurs sur les raisons de son absence inhabituellement longue de la scène publique, en faisant une sortie mardi après-midi filmée par les caméras de la télévision officielle.

La dernière apparition publique du dirigeant socialiste datait de vendredi soir, au deuxième jour du marathon de quatre jours promis pour les 10 ans de l'émission hebdomadaire "Alo Présidente" (Allo Président).

Il avait ensuite annulé à la dernière minute l'émission de samedi et celle de dimanche avait également été supprimée, en raison de "problèmes techniques", selon le gouvernement.

Lundi, il avait aussi renoncé à son voyage au Salvador, pour la cérémonie d'investiture du président Mauricio Funes. La décision a été prise en raison d'une menace d'attentat fomenté par des "putschistes vénézuéliens", a affirmé mardi Hugo Chavez.

"L'information était très exacte. Nous allions être victimes d'un attentat à notre arrivée à San Salvador. Je n'accuse pas le gouvernement sortant et encore moins le nouveau, dirigé par un ami, le président Funes", a-t-il ajouté.

Il a en revanche montré du doigt les services de renseignement américains.

"Je n'accuse pas (Barack) Obama. Je crois que le président américain a de bonnes intentions. Mais au-dessus de Obama, il y a un empire, la CIA et toutes ses tentacules", a-t-il déclaré.

"Je n'ai aucun doute sur le fait que les services de renseignement des Etats-Unis sont derrière tout ça", a-t-il ajouté.

M. Chavez a par ailleurs qualifié de "vague de rumeurs" les spéculations de la presse locale -maladie, problème familial, voyage à Cuba...- sur son absence des derniers jours.

Il est réapparu dans l'état de Vargas, dans le nord du pays, en compagnie de plusieurs ministres. Des images l'ont aussi montré en train de donner des instructions au chef de la diplomatie, Nicolas Maduro, qui représente le Venezuela à l'assemblée annuelle de l'Organisation des Etats américains (OEA), ces mardi et mercredi au Honduras.

M. Chavez en a profité pour critiquer la position des Etats-Unis, qui exigent que Cuba se conforme à la charte démocratique de l'OEA, avant de pouvoir être réadmise au sein de l'organisation.

"C'est indigne", a-t-il estimé.

jeudi 4 juin 2009

Venezuela - L'Etat prend le contrôle de cinq usines à gaz


Les autorités vénézuéliennes ont pris jeudi le contrôle de cinq usines à gaz appartenant à la compagnie américaine de services pétroliers Exterran (EXH.N: Cotation), sur fond d'accentuation du mouvement de nationalisations à travers le pays.
Le président Hugo Chavez a annoncé mercredi que l'Etat allait prendre le contrôle de stations de compression de gaz réparties à travers le pays, qui est membre de l'Opep. (

Caracas prépare la nationalisation des hydrocarbures




Les autorités vénézuéliennes s'apprêtent à nationaliser le secteur pétrochimique et ont annoncé jeudi avoir pris le contrôle de cinq usines à gaz appartenant à la compagnie américaine de services gaziers et pétroliers Exterran (EXH.N: Cotation), sur fond d'accentuation du mouvement de nationalisations à travers le pays.
L'Assemblée nationale examine actuellement un projet de loi visant à nationaliser l'ensemble des activités pétrochimiques du pays.
L'Etat vénézuélien contrôle déjà une importante société pétrochimique, Pequiven, propriété de la compagnie nationale des pétroles PDVSA. L'Etat vénézuélien construit, en association avec l'entreprise brésilienne Braskem (BRKM5.SA: Cotation)(BAK.N: Cotation) une usine chimique au Venezuela ainsi qu'une autre à Salvador, dans le nord-est du Brésil.
PDVSA a annoncé avoir pris le contrôle de cinq usines à gaz appartenant à Exterran, de même que le siège administratif de cette société au Venezuela, pays membre de l'Opep.
"Avec la prise de contrôle de cinq autres usines dans la région orientale qui produit 224 millions de mètres cubes de gaz et 35.000 barils de pétrole par jour, nous poursuivons le plan de renationalisation des activités liées à la compression du gaz", a déclaré un responsable de PDVSA, Pedro Coronil.
Mercredi, le président Hugo Chavez avait annoncé que l'Etat prenait le contrôle de 70 stations de compression de gaz dans 14 usines du pays, notamment à Maracaibo et Orinoco, deux grandes régions pétrolières.
Le projet de loi en discussion à l'assemblée nationale autoriserait les coentreprises avec le secteur privé, dans la mesure où l'Etat serait majoritaire.
On ignore pour l'instant quelles sociétés privées seront touchées par la loi, qui sera débattue en seconde lecture la semaine prochaine et devrait être facilement adoptée au sein de l'assemblée, où les partisans de Chavez sont majoritaires.