mardi 28 juillet 2009

Cuba et l'UE se pencheront sur les relations bilatérales


Les relations entre le Cuba et l'Union européenne feront l'objet de négociations entre les dirigeants cubains et Benita Ferrero-Waldner, Commissaire européenne chargée des relations extérieures et de la politique de voisinage qui arrive jeudi à Cuba pour une visite de travail, annonce le quotidien Granma.

On s'attend à ce que la Commissaire européenne discute avec les autorités cubaines de l'état actuel des relations entre Cuba et l'Union européenne ainsi que d'autres problèmes de politique internationale", lit-on dans un article de Granma.

A l'automne dernier, l'UE a renoué ses relations diplomatiques avec le Cuba rompues en 2003, lorsque Bruxelles avait lancé des sanctions diplomatiques contre la Havane suite, selon l'UE, "aux arrestations massives de dissidents".
Auparavant, la Havane avait déclaré qu'elle était prête à dialoguer avec l'UE sur les droits de l'homme, les problèmes liés au système pénitentiaire ne pouvant toutefois faire l'objet de discussions, car relevant de la politique intérieure du pays.
Cuba constituera l'étape finale de la tournée latino-américaine de Mme Ferrero-Waldner, qui s'est en outre rendue au Mexique et en Argentine.

La Commissaire européenne estime que la coopération entre le Cuba et l'UE pourrait se faire dans le domaine de la sécurité alimentaire, des relations commerciales, de l'environnement et de la coopération scientifique et technique.
La visite de Mme Ferrero-Waldner s'achève jeudi soir.

Venezuela: Les mensonges de Reporters sans frontières


Par Salim Lamrani
Le 29 mai 2009, Reporters sans frontières a publié une lettre ouverte destinée au président vénézuélien Hugo Chávez dans laquelle l’association dénonce « une véritable charge du pouvoir et de l’administration »contre Globovisión, « une chaîne privée d’information ». Selon l’organisation parisienne, Globovisión « fait l’objet d’une procédure administrative pouvant mener à sa suspension d’antenne pour une durée de soixante-douze heures » pour avoir « relayé l’information [du séisme du 4 mai 2009] en se référant aux données de l’Institut géologique des Etats-Unis1 ».

Les autorités vénézuéliennes reprochent à la chaîne « d’avoir enfreint l’article 29 de la Loi de responsabilité sociale en radio et télévision (Loi Resorte) sanctionnant les médias qui ‘promeuvent, font l’apologie ou incitent à la guerre ; promeuvent, font l’apologie ou incitent aux altérations de l’ordre public ». RSF questionne : « En quoi une information donnée sur un tremblement de terre, pour imparfaite qu’elle puisse être, cadre-t-elle avec la définition de l’infraction2 ?».

Présentée de cette manière, l’affaire a de quoi surprendre l’opinion publique internationale. Mais contrairement à ce qu’affirme RSF, la réalité est autre et soigneusement éludée par l’entité française de « défense de la liberté de la presse ».

Globovisión contre la démocratie

Depuis 1998, Globovisión n’a eu de cesse de s’opposer au gouvernement démocratique d’Hugo Chávez. En avril 2002, la chaîne de télévision avait activement participé au coup d’Etat de Pedro Carmona Estanga. Dans n’importe quel pays du monde, Globovisión aurait été fermée et ses dirigeants condamnés à de lourdes peines de prison. Mais le Tribunal suprême, contrôlé par l’opposition à l’époque, avait refusé de reconnaitre la réalité du putsch et s’était contenté de prononcer une « vacance de pouvoir » pour expliquer le coup de force.

Par la suite, la chaîne a multiplié les appels à l’insurrection3. En mai 2007, Globovisión s’est même rendue coupable d’incitation à l’assassinat du président Chávez en manipulant des images et en lançant des messages subliminaux. Lors de la diffusion du programme Aló, Ciudadano, où une interview de Marcel Granier, directeur de la chaîne RCTV, critiquant fortement Chávez était diffusée, la chaîne a montré simultanément les images de l’attentat contre le Pape Jean-Paul II survenu en mai 1981. Globovisión n’avait pas su expliquer pourquoi elle avait diffusé des images de l’attentat dans un programme traitant du non renouvellement de la concession de RCTV4. Plusieurs experts en sémiotique avait été catégoriques à ce sujet : « On incite à l’assassinat du Président5 ». En France, de tels agissements auraient conduit les journalistes de la chaîne ainsi que leurs dirigeants derrière les barreaux.

Les journalistes de Globovisión ainsi que les présentateurs de la chaîne ont également multiplié les expressions diffamatrices à l’égard du gouvernement en utilisant les termes « dictature » et « tyrannie », afin de justifier les appels à la désobéissance civile et les actes de violence. De telles expressions sont inimaginables en Occident6.

L’affaire du séisme

Le 4 mai 2009, une secousse sismique a frappé l’état de Miranda à 4 heures 40 du matin, suivie de trois répliques (4h50, 6h23 et 6h24), sans faire de dégâts humains. A 5h25, le ministre de l’Intérieur et de la Justice Tarek El Aissami a indiqué que le tremblement de terre avait été ressenti à plusieurs endroits. « Nous recevons actuellement des rapports sur les dégâts. Nous sommes en train de déterminer l’épicentre et la magnitude à travers la Funvisis (Fondation vénézuélienne de recherche sismologique). Nous voulons informer que pour l’instant nous n’avons aucun rapport de dommages matériels ou humains. Nous souhaitons lancer un appel au calme. Nous avons ordonné immédiatement un déploiement de patrouilles afin de protéger les personnes qui ont quitté leur demeure », a-t-il déclaré7. A 5h44, El Aissami a rendu public un second rapport informant qu’il s’était entretenu avec le président ainsi que le vice président Ramón Carrizález, soulignant par la même occasion que Chávez avait ordonné le déploiement de la Garde nationale bolivarienne afin d’assurer la sécurité des citoyens7.

De son côté, Francisco Garcés, président de Funvisis, a informé à 5h40 que deux secousses avaient frappé la capitale Caracas ainsi que la zone métropolitaine et a demandé aux médias de lancer des appels au calme à la population. A 6h05, le ministre des Travaux publics et du Logement, Diosdado Cabello, a indiqué que le métro, le chemin de fer et l’aéroport fonctionnaient parfaitement. Hector Navarro, ministre de l’Education, a également souligné que les écoles et les universités n’avaient pas été touchées par le séisme et qu’elles restaient ouvertes. Jesús Mantilla, ministre de la Santé, a fait part du fonctionnement normal des centres hospitaliers du pays. A 6h47, la ministre des Télécommunications et de l’Informatique Socorro Hernández a informé la population que le réseau de télécommunications n’avait pas été affecté. Alejandro Hitcher, président de Hidrocapital, a expliqué pour sa part que le système des aqueducs fonctionnait normalement. A 7h, Blanca Ekhout, ministre de la Communication et de l’Information, a signalé que l’ensemble des organismes de l’Etat était entré en état d’alerte dès la première secousse. Jacqueline Faría, chef du gouvernement du District de la capitale, ainsi que Rafael Ramírez, ministre de l’Energie et du Pétrole, ont tenu la population informée dans leurs attributions respectives8.

Cependant, à 5h20 du matin, soit à peine 40 minutes après la première secousse sismique, le directeur de Globovisión Alberto Federico Ravell, s’est empressé d’intervenir personnellement en direct sur sa chaîne pour – après avoir fourni une information erronée sur l’épicentre du séisme se basant sur des informations en provenance… des Etats-Unis – s’en prendre directement au gouvernement et l’accuser d’incurie tout en transmettant un message de peur et d’angoisse. « Nous sommes très inquiets, nous n’avons trouvé personne, nous n’avons trouvé aucune autorité susceptible de nous informer de manière précise et exacte […]. Nous sommes dans l’attente d’une information précise et vérace de la part de nos autorités car nous n’avons personne à qui nous adresser. Nous avons appelé Funvisis mais on a été coupé, nous n’avons pas pu entrer en contact avec les pompiers. Le maire [Gerardo] Blay n’indique pas s’il y a des dégâts dans sa région9 ».

A ce moment de la conversation, le présentateur de Globovisión a interrompu son directeur pour lui rappeler une réalité. « Directeur, nous venons d’avoir une nouvelle fois au téléphone le président de Funvisis qui nous informe qu’il se trouve en voiture et que c’est la raison pour laquelle il lui a été impossible de nous fournir des informations. Cependant, il a affirmé que dès qu’il arrivera à destination, il nous informera en direct à la télévision pour nous fournir une meilleure information10 ».

Loin d’entendre l’appel à la raison, Ravell en profita pour stigmatiser de nouveau les autorités : « Les médias officiels qui font tant de propagande devraient être en train d’informer les citoyens en ce moment, sans que nous ayons à recourir aux services météorologiques des Etats-Unis pour informer les gens qu’à Caracas il y a eu un tremblement de terre11 ».

Tarek el Assaimi a dénoncé « l’attitude mesquine et l’utilisation irresponsable d’un moyen de communication ». Ravel, au lieu de transmettre un message de tranquillité, a instrumentalisé une catastrophe naturelle pour des fins politiques et « semer la crainte au sein de la population », selon Cabello, ministre des travaux Publics12. Que se passerait-il en France si le directeur de la chaîne privée TF1 avait attaqué le gouvernement de Nicolas Sarkozy, avec la même virulence, quarante minutes après le début des inondations survenues en 2008, l’accusant d’abandonner les victimes à leur sort ?

La désinformation de RSF

RSF a bien évidemment soigneusement censuré cette réalité et tente de faire passer une grave atteinte à la déontologie journalistique et un sérieux manquement à la responsabilité des médias pour une violation de la liberté de la presse. En référence au coup d’Etat de 2002, l’organisation parisienne reconnait qu’« une procédure judiciaire, assortie d’un débat contradictoire, sur l’attitude de certains médias privés au cours de ces évènements n’était pas sans fondement à l’époque » mais feint d’ignorer les agissements continuels et illégaux de Globovisión en s’interrogeant : « Sur quel contenu repose désormais l’accusation, plus de sept ans après les faits13 ? ».

Enfin, RSF affirme que « Globovisión est le seul média télévisuel du réseau à émettre une voix nettement critique envers votre gouvernement. […].Dans d’autres pays d’Amérique latine, où vos homologues ont été durement confrontés à des médias hostiles ou considérés comme tels, jamais la réplique de l’État n’a pris une tournure aussi extrême. Jamais n’a eu lieu la subordination de la quasi-totalité du secteur télévisuel à la seule voix dirigeante ». Ici, le mensonge est triple : l’entité du président Robert Ménard tente de faire croire que les agissements de Globovisión sont monnaie courante en Amérique latine, que le gouvernement Chávez s’en prend à la chaîne en raison des critiques émises à son encontre et que les autres médias télévisuels du pays sont à la solde du leader bolivarien14.

Encore une fois, il est aisé d’infirmer les propos de RSF. D’une part, aucun média latino-américain n’a appelé au renversement du président élu tel que l’a fait Globovisión. Par ailleurs, il suffit de regarder les chaînes de télévision privées qui occupent plus de 80% de l’espace médiatique du pays pour se rendre contre que la critique à l’encontre des autorités y est acerbe et constante. Enfin, tout analyste sérieux sait pertinemment qu’aucun pays du continent américain ne peut se targuer de disposer d’une liberté d’expression et de la presse similaire à celle qui règne au Venezuela. Ainsi, pour RSF, les médias doivent inciter à l’insurrection et au renversement de l’ordre établi comme le fait Globovisión pour ne pas être considérés comme étant à la botte du pouvoir.

Depuis l’élection d’Hugo Chávez à la présidence de la République bolivarienne du Venezuela, RSF a pris fait et cause pour l’opposition antidémocratique et putschiste et n’a eu de cesse de défendre ses intérêts au niveau international. Ainsi, lors du coup d’Etat du 11 avril 2002, RSF s’était bien gardée de dénoncer le rôle principal joué par les médias privés opposés au président démocratiquement élu. Pis encore, le 12 avril 2002, RSF avait publié un article reprenant sans aucune réserve la version des putschistes et avait essayé de convaincre l’opinion publique internationale que Chávez avait démissionné :

« Reclus dans le palais présidentiel, Hugo Chávez a signé sa démission dans la nuit, sous la pression de l’armée. Il a ensuite été conduit au fort de Tiuna, la principale base militaire de Caracas, où il est détenu. Immédiatement après, Pedro Carmona, le président de Fedecámaras, a annoncé qu’il dirigerait un nouveau gouvernement de transition. Il a affirmé que son nom faisait l’objet d’un \"consensus\" de la société civile vénézuélienne et du commandement des forces armées15 ».

RSF n’est pas une organisation de défense de la liberté de la presse mais une sombre entité à l’agenda politique bien précis chargée de discréditer par tous les moyens possibles les gouvernements progressistes à travers le monde et qui se trouvent sur la liste noire des Etats-Unis. Rien d’étonnant quand on sait que Washington finance substantiellement l’organisation par le biais de la National Endowment for Democracy, une officine écran de la CIA selon le New York Times16.

Venezuela : Chavez contre les bases américaines en Colombie


Le Venezuela considère comme "un acte inamical" l'ouverture par la Colombie de ses bases militaires aux forces américaines et le gouvernement de Caracas "va réviser tous les dossiers" dans ses relations avec Bogota a affirmé le 22 juillet le président Hugo Chavez sur la chaîne de télévision publique vénézuélienne VTV

Après avoir confirmé qu'à sa requête le ministre vénézuélien des Relations extérieures, Nicolas Maduro, avait convoqué le même 22 juillet l'ambassadrice de Colombie à Caracas, Maria Luisa Chiappe, le président Chavez a déclaré: "On a ratifié à l'ambassadrice que cela [l'affaire des bases militaires] nous a lamentablement obligés à réviser tout le schéma. Nous avons suspendu une réunion de la Coban [Commission binationale de haut niveau] prévue pour cette semaine et nous allons réviser le dossier commercial, tout le dossier politique, tous les dossiers, car en vérité nous avons considéré qu'il s'agit d'un acte inamical du gouvernement de la Colombie".

Hugo Chavez a réfuté l'argumentation, "hors de contexte" à ses yeux, du ministre des Relations extérieures colombien, Jaime Bermudez, qui en appelait deux jours plus tôt à la non-ingérence dans les affaires intérieures de son pays. Le gouvernement colombien, remarquait Jaime Bermudez, n'a pas commenté, lui, "la présence russe dans les eaux vénézuéliennes" ni les relations du Venezuela "avec Cuba et la Chine".

"Que je sache, la Colombie a d'excellentes relations avec la Russie et la Russie n'a pas appuyé de coups d'Etat en Colombie ni d'actions contre le gouvernement colombien" a répliqué Chavez, ajoutant aussitôt: "Mais nous, oui, nous avons de nombreuses raisons de considérer le gouvernement yankee comme une menace pour le peuple vénézuélien, une menace d'invasion, d'assassinat, de mercenaires appelés contractants, de narcotrafic, d'espionnage et de contre-espionnage".

Selon le président vénézuélien, les dangers ne viendraient pas seulement des Etats-Unis, mais aussi d'Israël. "Voilà maintenant que des avions d'Israël, avec pilotes israéliens, volent en Colombie" lança Chavez. Il se référait à l'accident, sans dommage pour les pilotes, souffert le 20 juillet à l'atterrissage sur l'aéroport colombien de Cartagena par l'un des quatre chasseurs Kfir livrés le mois dernier par Tel-Aviv à la force aérienne colombienne.

La négociation de l'accord qui fait bondir le Venezuela est très avancée. L'accord offrirait aux Etats-Unis l'utilisation permanente, mais non exclusive, de trois bases militaires qui resteront toutefois colombiennes, celles de Malambo (nord) et de Palanquero et Apiay (centre). Deux bases supplémentaires pourraient s'y ajouter, celles de Larandia (sud) et de Tolemaida (centre), sur lesquelles du personnel américain est déjà présent.

A partir de ces bases, l'US Air Force poursuivrait notamment les missions régionales antidrogue effectuées auparavant depuis la base équatorienne de Manta, d'où les Américains se retirent sur décision du gouvernement socialiste de Quito. Mais d'autres missions s'y ajouteraient, puisque le gouvernement colombien du président conservateur Alvaro Uribe dit vouloir conclure avec Washington un "accord de coopération contre le narcotrafic, le terrorisme et d'autres délits". Cela pourrait signifier un accroissement de l'implication des Etats-Unis dans la lutte contre la guérilla marxiste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), qui jouit de facilités au Venezuela et en Equateur, deux pays frontaliers de la Colombie.

Le 21 juillet, Hugo Chavez avait dénoncé "la trame d'une agression contre le Venezuela" en mettant dans le même sac "l'appui de l'empire au coup d'Etat du Honduras", l'arrivée de "milliers de soldats yankees" sur des bases colombiennes, la désignation par Washington du Venezuela comme "narco-Etat" et les accusations d'Israël contre l'installation de cellules terroristes du Hezbollah dans l'ouest vénézuélien.

Le chef de la diplomatie vénézuélienne, le ministre Nicolas Maduro, estime pour sa part que l'accord militaire négocié par la Colombie et les Etats-Unis est non seulement "une gifle" infligée au Venezuela, mais qu'il risque aussi "de rompre les règles du jeu dans la région". Sur le même registre, l'ex-président colombien Ernesto Samper (1994-1998) croit que l'accord "va empoisonner les relations de la Colombie avec les pays voisins".

Zelaya appelle l'armée hondurienne à la rébellion




Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, déterminé à être rétabli dans ses fonctions, a appelé dimanche les militaires de son pays à la rébellion contre le gouvernement de facto qui dirige le pays depuis le coup d'Etat du 28 juin.

Dans des déclarations diffusées par Radio Globo, antenne qui lui est favorable, Zelaya a exhorté les officiers de l'armée à se rebeller contre leurs généraux qui, selon lui, ont trahi le Honduras pour de l'argent. "En tant que commandant en chef des forces armées, je demande aux officiers patriotes de songer à leurs enfants, de songer à leur famille et de se rebeller contre Romeo Vazquez", a dit Zelaya.
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Romeo Vazquez Velazquez, chef d'état-major de l'armée du Honduras, estime que la destitution de Zelaya est légale dans le mesure où ce dernier a tenté d'enfreindre la Constitution en voulant la réformer pour prolonger sa présence à la tête de l'Etat.

Le président déchu a une nouvelle fois adressé des critiques à l'égard de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, lui reprochant de ne plus employer le terme de "coup d'Etat" pour qualifier sa destitution. "La position de la secrétaire d'Etat Clinton était ferme au départ. Désormais, j'ai le sentiment qu'elle ne dénonce plus vraiment le coup d'Etat et qu'elle ne s'oppose plus fermement à la répression que subit le Honduras", a dit Zelaya.

Le département d'Etat a indiqué que le président hondurien est attendu mardi à Washington, mais ce dernier a déclaré ne pas avoir été invité et ne pas prévoir de se rendre dans la capitale américaine cette semaine.

Honduras: Zelaya organise sa "résistance" au Nicaragua, près de la frontière


Le président destitué du Honduras Manuel Zelaya va rester toute la semaine au Nicaragua, à quelques encablures de la frontière avec son pays, pour organiser un "front civique de résistance contre le coup d'Etat" qui l'a renversé le 28 juin.

"Il n'y a pas de plans pour cette semaine" concernant d'éventuels voyages à l'étranger, a-t-il déclaré dimanche soir dans l'hôtel de la localité d'Ocotal, où il réside depuis vendredi.

Après l'avoir envisagé dans un premier temps, M. Zelaya a donc renoncé à se rendre lundi à San José de Costa Rica pour un sommet régional et à Washington mardi pour un rendez-vous évoqué par le département d'Etat, mais pour lequel le président déchu assure n'avoir "pas reçu d'invitation officielle".

"Je ne peux laisser ici les gens qui sont venus du Honduras", a ajouté M. Zelaya, en référence aux plusieurs dizaines de ses partisans venus de son pays en évitant les barrages de l'armée et de la police.

Il a d'ailleurs demandé pour eux le statut de réfugiés politiques, parce qu'ils "fuient la répression" du gouvernement de facto et craignent d'être arrêtés s'ils rentrent au Honduras.

Il négocie ce statut avec le gouvernement du Nicaragua et le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), selon un de ses proches collaborateurs.

Le président déchu a par ailleurs écarté toute reprise des "négociations avec les putschistes" du gouvernement de Roberto Micheletti, l'ex-président du Congrès hondurien nommé chef de l'Etat après le coup de force du 28 juin.

A Tegucigalpa, le Congrès a commencé à débattre dans l'après-midi de la proposition avancée la semaine dernière par le président du Costa Rica, Oscar Arias, chargé d'une médiation entre les deux parties.

Le gouvernement de M. Micheletti, qui bénéficie du soutien de la majorité du Congrès, a salué le travail de M. Arias mais a jugé "difficile de souscrire" à son projet d'"Accord de San José", qui prévoit le retour de M. Zelaya au pouvoir à la tête d'un gouvernement d'union nationale.

Le gouvernement a soumis le projet aux pouvoirs législatif (Congrès) et judiciaire (Cour suprême), car ce texte comprend certains points "sur lesquels le pouvoir exécutif ne peut et ne doit pas intervenir", a expliqué le ministre de l'Intérieur de facto, Oscar Raul Matute.

Les autorités ont par ailleurs prorogé jusqu'à 18H00 locales (mardi 00H00 GMT) le couvre-feu dans la zone frontalière, où les forces de l'ordre interdisent toujours l'accès au poste frontalier de Las Manos à des milliers de partisans du président déchu.

samedi 25 juillet 2009

Honduras: Zelaya revient à la frontière, un mort parmi ses partisans


Le président destitué Manuel Zelaya est revenu samedi à la frontière nicaraguayenne du Honduras, où un de ses jeunes partisans venus l'attendre a été retrouvé mort, après avoir été arrêté la veille par la police, selon ses compagnons.

Le corps du jeune homme, âgé d'environ 25 ans, abandonné près d'une plantation de café, portait des traces de coups.

Le jeune homme, venus de Tegucigalpa selon des amis qui l'ont identifié, avait été arrêté la veille alors qu'il manifestait avec des centaines d'autres partisans de M. Zelaya venus l'attendre à El Paraiso, à 10 km de la frontière, où ils étaient bloqués par la police et l'armée.

La police, qui avait lancé des grenades lacrymogènes pour contenir les manifestants, a nié avoir tué le jeune homme. Il avait bien été arrêté, mais seulement parce qu'il fumait de la marijuana, et il avait été remis en liberté, a affirmé un inspecteur.

"Pour l'erreur d'un homme, ce sont les autres qui paient", a commenté M. Zelaya à l'adresse de Roberto Micheletti, le chef du gouvernement de facto qui l'a chassé le 28 juin. Il venait d'apprendre la mort du jeune homme, en arrivant au poste frontière de Las Manos, à une centaine de kilomètres au sud-est de Tegucigalpa.

"Nous organisons la résistance", a-t-il déclaré sur place, se tenant à une centaine de mètres de la ligne de démarcation entre les deux pays.

"Nous n'avons pas peur, en avant pour les réformes sociales, pour la présidence de la République et l'expulsion des putschistes", a-t-il crié.

"Vous ne pouvez gouverner ce pays à la baïonnette, de même que je ne pourrais gouverner moi-même si nous ne trouvons pas un arrangement", avait-il déclaré dans la matinée à l'adresse du gouvernement de facto à l'antenne de la radio hondurienne Radio Globo, avant de quitter le village nicaraguayen d'Ocotal où il avait passé la nuit.

Des centaines de ses partisans sont revenus l'attendre à nouveau samedi, là où il avait effectué la veille une brève incursion en territoire hondurien, sans être arrêté comme il en est menacé.

Ils ont bravé le couvre-feu, à nouveau prolongé jusqu'à dimanche 06h00 locales (12h00 GMT), et malgré quelque 3.000 militaires et policiers déployés pour les contenir.

Le chef du régime de facto de Tegucigalpa, Roberto Micheletti, avait qualifié vendredi d'"irresponsable" la démarche de Manuel Zelaya et affirmé que s'il "rentrait au Honduras il serait, comme le veut la Constitution, arrêté par la police nationale et non par les militaires", pour trahison et corruption.

Vendredi, les forces de l'ordre avaient pourtant fait quelques pas en arrière quand M. Zelaya a pénétré sur le sol hondurien, son emblématique chapeau sur le crâne. Il avait même pu s'entretenir brièvement avec le colonel hondurien du poste-frontière.

M. Zelaya était parti jeudi de Managua, au lendemain de l'échec d'ultimes négociations entre les deux parties au Costa Rica, le gouvernement de facto refusant toujours son retour au pouvoir.

Les Etats-Unis, qui ont fermement soutenu cette médiation, ont jugé la tentative de retour au Honduras du président Zelaya "imprudente", par l'intermédiaire de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

"Elle ne contribue pas à l'effort général engagé pour rétablir la démocratie et l'ordre constitutionnel au Honduras", a estimé la chef de la diplomatie américaine, appelant M. Zelaya à "accepter" les dernières propositions du médiateur costaricien Oscar Arias, présentées mercredi.

Un porte-parole du département d'Etat a par ailleurs indiqué que le président évincé avait l'intention de se rendre une nouvelle fois à Washington mardi pour des discussions avec l'administration américaine.

jeudi 23 juillet 2009

Solidarité pour le président Zelaya




Les syndicats d'enseignants ont lancé un mouvement de grève en appui au président en exil Manuel Zelaya.

Les écoles et plusieurs institutions publiques ont répondu à l'appel comme à l'Université nationale autonome du Honduras, l'Institut national de sécurité sociale et la Société nationale de l'énergie électrique.

Cette vague de protestation intervient au lendemain de l'échec des négociations pour dénouer l'impasse dans laquelle se trouve le pays depuis le coup d'État du 28 juin dernier.

Le président en exil et le gouvernement de facto ne sont pas parvenus à s'entendre sur une solution.

Le Nobel de la Paix Oscar Arias, qui agissait à titre de médiateur, a indiqué que « le gouvernement de facto était complètement isolé. Il est la Corée du Nord et l'Albanie de l'Amérique centrale ».

Le président Zelaya, maintenant réfugié au Nicaragua, envisagerait de se présenter à la frontière du Honduras vendredi.

Il avait déjà tenté un retour en avion. Mais la piste avait été bloquée par l'armée et un partisan du président avait été tué dans les affrontements qui ont suivi.

Honduras : La main d’Obama ?





On commence à mieux comprendre, ce qui s’est passé aux Honduras. Il semble bien, que même sous la présidence d’Obama, la CIA continuent dans l’ombre a fomenter des mauvais coups, c’est du moins ce qui ressort de ce long article d’analyse publié par nos confrères de latins reporter.Com


Le département d'État avait connaissance du coup d’état a priori.

- Le département d'État et le Congrès des États-Unis ont financé et conseillé les acteurs et les organisations au Honduras qui ont participé au coup.

- Le Pentagone a formé, éduqué, commandé, financé et armé les militaires honduriens qui ont exécuté le coup d'État et qui continuent de réprimer le peuple par la force.

- La présence de l'armée américaine au Honduras, qui occupe la base militaire de Soto Cano (Palmerola), a autorisé le coup d'État par sa complicité tacite et son refus de retirer son appui aux militaires honduriens impliqués dans le coup.

- L'ambassadeur des États-Unis à Tegucigalpa, Hugo Llorens, a coordonné l'expulsion du président Manuel Zelaya, de concert avec le secrétaire d'État adjoint Thomas Shannon et John Negroponte, qui est présentement conseiller à la secrétaire d'État Hillary Clinton.

- Depuis le premier jour du coup d'État, Washington parle de « deux partis » et du besoin de « dialoguer » pour rétablir l'ordre constitutionnel, ce qui donne de la légitimité aux chefs du coup en les considérant comme des joueurs égaux au lieu de criminels qui ont violé les droits humains et les principes démocratiques.

- Le département d'État a refusé de considérer légalement les événements au Honduras comme un « coup d'État », il n'a pas suspendu ou gelé l'aide économique et le commerce avec le Honduras et n'a pris aucune mesure pratique pour exercer des pressions sur le régime de facto.

- Washington a manipulé l'Organisation des États américains (OÉA) pour gagner du temps, permettant ainsi au régime du coup d'État de se consolider et d'affaiblir la possibilité d'un retour immédiat au pouvoir du président Zelaya, suivant en cela une stratégie toujours en vigueur qui vise à légitimer le régime de facto et à épuiser la résistance du peuple hondurien.

- La secrétaire d'État Clinton et ses porte-parole ont cessé de parler du retour au pouvoir du président Zelaya après avoir désigné le président costaricain Oscar Arias comme « médiateur » entre le régime du coup et le gouvernement constitutionnel ; et maintenant le département d'État décrit Roberto Micheletti, le dictateur qui s'est emparé du pouvoir durant le coup, comme étant le président intérimaire (« interim caretaker president »).

- La stratégie de « négociation » avec le régime du coup d'État a été imposée par l'administration Obama comme façon de discréditer le président Zelaya (comme s'il avait provoqué le coup) et de légitimer les chefs du coup d'État.

- Des congressistes américains (démocrates et républicains) ont organisé une visite de représentants du régime du coup à Washington, l'accueillant avec les honneurs dans une autre arène de la capitale étasunienne.

- En dépit du fait qu'à l'origine c'est le sénateur républicain John McCain qui a coordonné la visite des représentants du régime du coup à Washington, par l'entremise d'une firme de lobbying liée à son bureau, le groupe Cormac, le régime illégal est maintenant représenté par Lanny Davis, le lobbyiste de renom et avocat de Clinton, qui se sert de son poids et de son influence à Washington pour faire accepter le régime du coup d'État par les congressistes sans considération partisane.

- Otto Reich et un Vénézuélien nommé Robert Carmona-Borjas, qui a joué le rôle de procureur du dictateur Pedro Carmona durant le coup d'État d'avril 2002 au Venezuela, ont aidé à préparer le terrain pour le coup d'État contre le président Zelaya au Honduras.

- L'équipe rassemblée par Washington pour planifier et aider à préparer le coup au Honduras comprend également un groupe d'ambassadeurs américains récemment assignés à l'Amérique centrale, des experts qui ont fait leurs armes dans les efforts de déstabilisation contre la révolution cubaine, et Adolfo Franco, ex-administrateur du programme de « transition vers la démocratie » de l'agence USAID contre Cuba.

Personne ne doute que les empreintes de Washington sont partout dans le coup d'État contre le président Manuel Zelaya qui a commencé le 28 juin dernier. Beaucoup d'analystes, activistes, journalistes et même présidents l'ont relevé. Mais la majorité ont en commun le désir de blanchir l'administration Obama de toute responsabilité dans le coup d'État et de blâmer plutôt les vestiges de l'administration Bush-Cheney et les faucons de la guerre qui continuent de longer les couloirs de la Maison Blanche. Il peut être démontré que si d'une part il est certain que les suspects habituels, qui planifient et exécutent habituellement les coups d'État et les activités déstabilisatrices en Amérique latine, sont dans le coup, il y a aussi amplement de preuves confirmant que la nouvelle administration à Washington a joué un rôle direct dans le coup d'État au Honduras.

Le département d'État
La nouvelle forme de diplomatie des États-Unis, connue sous l'appellation « smart power » (« pouvoir intelligent »), a joué un important rôle avant, durant et après le coup d'État au Honduras. Lors d'un point de presse le 1er juillet, les porte-parole du département d'État ont admis qu'ils avaient une connaissance a priori du coup d'État lorsqu'ils ont dit que des diplomates américains avaient rencontré les groupes et les acteurs qui ont planifié le coup pour les encourager à opter pour une autre « solution » à leur mécontentement envers le président Zelaya. Le département d'État a également confirmé que deux hauts représentants du département, dont le secrétaire adjoint aux Affaires de l'hémisphère occidental Thomas Shannon et le secrétaire d'État adjoint Craig Kelley, étaient au Honduras une semaine avant le coup et qu'ils ont rencontré des groupes civils et militaires qui ont plus tard participé au renversement illégal du président démocratiquement élu. Ils affirment que leur mission était de « déconseiller » le coup (« urge against »), mais que, de toute évidence, la pression verbale n'a pas suffi à dissuader les acteurs du coup, surtout quand on sait que les actions manifestées par Washington ont contredit cette pression verbale.

Le jour du coup, la secrétaire d'État Hillary Clinton a publié une déclaration sur la situation au Honduras. Si les gouvernements partout dans le monde ont vite déclaré qu'il s'agissait d'un coup d'État, Mme Clinton ne considérait pas ces événements comme un « coup d'État » et n'a pas demandé le retour au pouvoir du président Zelaya. Ce qui est remarquable, c'est que dès le début les déclarations de Mme Clinton ont fait référence à « tous les partis concernés », prêtant ainsi de la légitimité aux chefs du coup d'État et rejetant en quelque sorte, publiquement, le blâme sur le président Mel Zelaya, qui aurait provoqué la situation : « Le geste contre le président hondurien Mel Zelaya viole les préceptes de la Charte démocratique interaméricaine et doit par conséquent être condamné par tous. Nous faisons appel à tous les partis au Honduras à respecter l'ordre constitutionnel et la primauté du droit, à réaffirmer leur vocation démocratique et à s'engager à résoudre les conflits politiques pacifiquement et par le dialogue. Le Honduras doit épouser les principes de la démocratie que nous avons réaffirmés au sommet de l'OÉA dont il a été l'hôte il y a moins d'un mois. »

Et depuis, bien qu'il ait parlé à plusieurs reprises d'un « coup », le département d'État a refusé de préciser que ce qui s'était produit était en effet un coup d'État. S'il le faisait, il serait obligé de suspendre l'aide économique, diplomatique et militaire au Honduras, ce qu'il n'est semble-t-il pas prêt à faire, puisque cela affecterait de façon considérable les intérêts américains dans ce pays et dans Amérique centrale en général. Le 1er juillet, des porte-parole du département d'État ont expliqué leur hésitation concernant la désignation des événements : « En ce qui concerne le coup comme tel, je crois qu'il serait préférable de dire que c'était un effort coordonné entre militaires et quelques acteurs politiques civils. L'armée est évidemment l'entité qui a exécuté le retrait forcé du président et qui a agi comme défenseur de l'ordre public durant ce processus. Mais pour que le coup devienne plus qu'un insurrection ou une rébellion, il doit y avoir un effort de transfert de pouvoir. Et à cet égard, le congrès, la décision du congrès d'assermenter son président, Micheletti, comme président du Honduras indique que le congrès et des membres clés du congrès ont joué un important rôle dans ce coup. »

Cette ambiguïté, qui consiste à qualifier les événements du Honduras de violation de l'ordre constitutionnel mais sans aller jusqu'à les désigner comme un coup d'État et sans appeler au rétablissement du président Zelaya dans ses fonctions, a été réitérée après la rencontre entre la secrétaire d'État Clinton et le président Zelaya le 7 juillet. Mme Clinton a fait la déclaration suivante : « Je viens de conclure une rencontre fructueuse avec le président Zelaya. Nous avons parlé des événements des neuf derniers jours et de ce qui va se produire. Je lui ai répété que les États-Unis sont en faveur du rétablissement de l'ordre constitutionnel au Honduras. Nous continuons de soutenir les efforts régionaux par l'entremise de l'OÉA pour un règlement pacifique qui correspond aux dispositions de la Charte démocratique interaméricaine. Nous faisons appel à tous les partis à renoncer aux actes de violence et à rechercher une solution pacifique, constitutionnelle et durable aux graves divisions au Honduras par le dialogue. À cette fin, nous collaborons avec plusieurs de nos partenaires dans l'hémisphère pour créer une négociation, un dialogue qui puisse mener à une résolution pacifique. »

Il était clair, après cette rencontre, que Washington ne considérerait plus le retour de Zelaya à la présidence comme une solution nécessaire et qu'il ferait plutôt pression en faveur d'une « négociation » avec le régime du coup, ce qui à la fin favorise les intérêts américains. Selon des sources présentes aux réunions de l'OÉA qui ont eu lieu après le coup d'État, la présence d'une délégation américaine de haut rang a accru les pressions sur les autres États en faveur d'une solution « négociée » qui ne comprend pas nécessairement le retour au pouvoir du président Zelaya.

Cette méthode qui consiste à contourner l'enjeu principal, à manipuler la situation pour obtenir un résultat précis et à donner l'impression qu'on défend une certaine position alors que les actions démontrent le contraire, fait partie de la nouvelle doctrine Obama, le « smart power », qui se propose d'atteindre les objectifs impérialistes sans démoniser le gouvernement. Le « smart power » est « la capacité de combiner le \"pouvoir dur\" et \"le pouvoir mou\" (\"hard power with soft power\") pour donner une stratégie victorieuse. Stratégiquement, le \"smart power\" utilise la diplomatie, la persuasion, le renforcement de la capacité, le pouvoir militaire et l'influence économique et politique en les concertant de manière efficace à une légitimité économique et politique. » Il s'agit essentiellement d'associer la force militaire à toute forme de diplomatie, en mettant l'accent sur la « promotion de la démocratie » comme tactique principale pour influer sur la destinée des sociétés, par opposition à l'invasion militaire. [Note : Le « smart power » met l'accent sur l'utilisation d'agences comme USAID et le National Endowment for Democracy (NED) pour faire le « sale travail » de pénétrer et d'infiltrer silencieusement les organisations de la société civile pour faire la promotion des politiques des États-Unis. Cela explique pourquoi Obama a demandé 320 millions $ de plus pour un fonds de « promotion de la démocratie » dans le budget 2010 uniquement pour l'Amérique latine. Il s'agit d'une somme considérablement plus élevée que celle demandée et utilisée pour la « promotion de la démocratie » en Amérique latine durant les huit années combinées de l'administration Bush.]

L'ambassadeur

Le journaliste Jean-Guy Allard a révélé les origines de l'ambassadeur actuel des États-Unis au Honduras, Hugo Llorens. Selon lui, Llorens, qui est né à Cuba et qui est arrivé aux États-Unis dans le cadre de l'Opération Peter Pan, est « un spécialiste du terrorisme ». « La Maison Blanche de George W. Bush va nommer le rusé Llorens en 2002 comme ni plus ni moins que directeur des Affaires andines au Conseil national de sécurité à Washington, ce qui fait de lui le principal conseiller du président sur le Venezuela. Il se trouve que le coup d'État en 2002 contre le président Hugo Chavez s'est déroulé alors que Llorens était sous l'autorité du sous-secrétaire d'État aux Affaires de l'hémisphère, Otto Reich, et du très controversé Elliot Abrams. » En juillet 2008, Llorens a été nommé ambassadeur au Honduras.

Le 4 juin 2009, quelques semaines à peine avant le coup d'État contre le président Zelaya, l'ambassadeur Llorens a déclaré à la presse hondurienne : « On ne peut pas enfreindre la constitution pour créer une autre constitution, parce que si l'on ne respecte pas la constitution, nous vivons tous sous la loi de la jungle. » Ces déclarations ont été faites en référence au sondage d'opinion national sur la possibilité de convoquer une assemblée constitutionnelle en 2010, plébiscite qui devait avoir lieu le 28 juin s'il n'y avait pas eu un coup d'État contre le président Zelaya. Les commentaires de Llorens démontrent non seulement son opposition au sondage, mais aussi son ingérence dans les affaires intérieures du Honduras.

Mais Llorens n'était pas seul dans la région. Après sa nomination au poste d'ambassadeur des États-Unis au Honduras (position qui lui a été assignée à cause de l'urgence de neutraliser la présence grandissante de gouvernements de gauche dans la région et de freiner la croissance potentielle de l'ALBA), plusieurs autres ambassadeurs américains ont été nommés dans des pays voisins, tous des experts dans les techniques de déstabilisation contre la révolution cubaine et de la guerre psychologique.

Le diplomate Robert Blau est d'abord arrivé à l'ambassade des États-Unis au Salvador le 2 juillet 2008, comme second en chef. En janvier 2009, il est devenu chargé d'affaires à l'ambassade. Avant son arrivée au Salvador, Blau était directeur adjoint du département d'État aux affaires cubaines à Washington, après avoir passé deux années à l'emploi de la Section des intérêts américains à La Havane comme conseiller politique. Il a eu tellement de succès auprès des dissidents cubains qu'il s'est vu décerner le prix d'excellence James Clement du département d'État. Llorens et Blau sont de vieux amis, ayant travaillé ensemble au sein de l'équipe d'Otto Reich au département d'État.

Peu après, le 5 août 2008, Stephen McFarland a été nommé ambassadeur des États-Unis au Guatemala. McFarland, un diplômé du National War College aux États-Unis, comme Hugo Llorens et Robert Blau, et ancien membre du Combat Team Number 2 de la marine américaine en Irak, était le deuxième responsable à l'ambassade des États- Unis au Venezuela durant le mandat de William Brownfield. Brownfield est connu pour avoir obtenu une augmentation considérable du financement et de l'appui stratégique du département d'État pour l'opposition au Venezuela. Après le Venezuela, McFarland a été envoyé à l'ambassade américaine au Paraguay pour superviser la construction de la grande base militaire des États-Unis dans ce pays qui est voisin de la Bolivie. Il a également été directeur des Affaires cubaines au département d'État et dans son curriculum vitae il affirme être un expert en matière de « transitions démocratiques, droits humains et sécurité ».

L'ambassadeur Robert Callahan est également arrivé à Managua, au Nicaragua, au début d'août 2008. Il a été attaché à des ambassades américaines à La Paz, en Bolivie, et à San José, au Costa Rica, et il a été professeur émérite au National War College. En 2004, il a été envoyé en Irak comme attaché de presse de l'ambassade américaine à Bagdad. À son retour, il a établi le bureau de presse et de propagande au niveau Directorate of National Intelligence (DNI) à Washington, qui est aujourd'hui le bureau qui a le plus de pouvoir dans la communauté du renseignement aux États-Unis.
Ensemble, ces ambassadeurs, experts en coûts d'État, déstabilisation et propagande, ont préparé le terrain pour le coup d'État contre le président Zelaya au Honduras.

Le financement des chefs du coup d'État
Un mois seulement avant le coup d'État contre le président Zelaya, une coalition de différentes organisations, associations d'affaires, partis politiques, haut-placés de l'Église catholique et médias privés a été formée en opposition aux politiques de Zelaya. La coalition a été nommée l'« Union civile démocratique du Honduras ». Son seul objectif était d'écarter le président Zelaya du pouvoir pour faire obstacle à la possibilité future d'une convention constitutionnelle de réforme de la Constitution, qui permettrait à la population d'avoir une voix et un rôle dans son processus politique.

L'« Union civile démocratique du Honduras » est composée d'organisations incluant le Conseil national contre la corruption, l'archevêque de Tegucigalpa, le Conseil hondurien de l'entreprise privée (COHEP), le Conseil de l'université Deans, la Fédération des travailleurs du Honduras (CTH), le Forum national de convergence, la Fédération nationale du commerce et de l'industrie du Honduras (FEDECAMARA), l'Association of Communication Media (AMC), le Groupe paix et démocratie et le groupe étudiant Génération pour le changement.

La majorité de ces organisations ont bénéficié annuellement de plus de 50 million de dollars déboursés par l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et la Fondation nationale pour la démocratie (NED) pour la promotion de la démocratie au Honduras. En fait, le rapport du USAID concernant son financement et son travail avec COHEP décrit comment la discrétion entretenue par USAID dans ce projet a permis d'assurer la crédibilité de COHEP en tant qu'organisation hondurienne et non comme un bras de USAID. En fait, cela signifie que COHEP est un bras de USAID.

Les porte-parole de l'Union civile démocratique du Honduras représentant, selon eux, la « société civile », ont déclaré à la presse hondurienne le 23 juin — cinq jours avant le coup d'État contre le président Zelaya — qu'ils « avaient confiance que les forces armées se conformeront à leur responsabilité de défendre la Constitution, le droit, la paix et la démocratie. » Lorsque le coup a eu lieu le 28 juin, ils ont été les premiers à déclarer immédiatement qu'un coup n'avait pas eu lieu, mais plutôt que « la démocratie avait été sauvée » des mains du Président Zelaya, dont le crime a été de tenter de donner une voix et une visibilité à la population. Représentant la haute bourgeoisie, l'Union civile démocratique du Honduras a qualifié les supporteurs de Zelaya de « hordes ».

L'International Republican Institute (IRI), une entité qui reçoit des subventions de la NED, a reçu plus de 1,2 million de dollars en 2009 pour travailler avec des groupes politiques au Honduras. Le travail de l'IRI a été consacré à appuyer les « think tanks » et les « groupes de pression » à influencer les partis politiques et à « soutenir les initiatives visant à mettre en oeuvre des positions politiques durant les campagnes en 2009. » C'est un exemple clair de l'intervention dans la politique interne du Honduras et la preuve que la NED et l'IRI ont financé les groupes impliqués dans le coup.

Le lobby de Washington
Le sénateur républicain John McCain, ex-candidat à présidence des États-Unis, a aidé à coordonner la visite d'une délégation du régime putschiste à Washington la semaine dernière. McCain est bien connu pour son opposition aux gouvernements du Venezuela, de Bolivie et des autres pays de la région considérés comme « anti-impérialistes ». McCain maintient aussi des liens très étroits avec la communauté exilée cubaine à Miami. McCain est aussi le président du conseil d'administration de l'IRI qui a financé les participants au coup d'État au Honduras. McCain a offert les services d'une firme de lobby de Washington, liée à lui de très près, le Groupe Cormac, qui a organisé une conférence de presse pour la délégation du régime putschiste au Club de la presse nationale le 7 juin. McCain a également contribué à l'organisation de plusieurs réunions du Congrès avec les représentants traditionnels cubano-américains ainsi que des personnes connues comme « ennemis de Chávez », comme Connie Mack, Ileana Ros-Lehtinen et Mel Martinez.

Mais au-delà de la connexion républicaine au coup d'État au Honduras, il y a un lien encore plus accablant à l'actuelle administration démocrate à Washington. L'avocat Lanny Davis avait été embauché par le Conseil des entreprises de l'Amérique latine (CEAL) pour faire pression en faveur du régime putschiste et convaincre les pouvoirs à Washington d'accepter et de reconnaître de facto le gouvernement au Honduras.

Lanny Davis a été conseiller spécial pour l'ex-président Bill Clinton à partir de 1996-1998 et il est un ami intime et conseiller de la secrétaire d'État Hillary Clinton. Davis est l'organisateur d'une offensive diplomatique et de relations publiques éclair en faveur du régime putschiste, y compris la stratégie de placement de publicités dans des médias américains qui cherchent à légitimer de facto le gouvernement hondurien ; il organise aussi des réunions et des auditions avec les membres du Congrès, le Département d'État et la Maison Blanche.

Le CEAL représente la communauté d'affaires conservatrice d'Amérique latine, incluant ceux qui ont encouragé et participé à de précédentes tentatives de renverser des gouvernements démocratiques par des coups d'État et / ou d'autres formes de sabotage. Par exemple, le représentant du CELA au Venezuela est Marcel Granier, président de RCTV, la station de télévision qui a participé activement en 2002 au coup d'État contre le président Chávez et qui a toujours violé la loi vénézuélienne dans le but de promouvoir son programme politique.

Dans le cadre de cette offensive, Lanny Davis a organisé la tenue d'une audience spéciale devant la Commission des relations extérieures de la Chambre, en présence des membres haut placés du Congrès, supervisée par Elliot Engel (un membre du Congrès de New York). À l'audience, les témoignages ont été faits par les représentants du régime putschiste du Honduras et d'autres qui ont soutenu le coup d'État - directement et indirectement - dont Michael Shifter du Dialogue interaméricain, Guillermo Pérez-Cadalso, ex-ministre des Affaires étrangères du Honduras et juge de la Cour suprême, et le fameux Otto Reich, un Cubano-Américain bien connu pour son rôle dans la majorité des activités de déstabilisation des gouvernements progressistes et de gauche en Amérique latine tout au long des années 80. Reich, qui a été nommé conseiller spécial sur l'Amérique latine pour le président George W. Bush, a également joué un rôle clé dans le coup d'État de 2002 contre le président Chávez. Depuis la tenue de cette audience, le Congrès américain tente actuellement d'adopter une résolution qui reconnaît le régime putschiste au Honduras en tant que gouvernement légitime.

Une autre conséquence des activités de lobby de Lanny Davis a été la réunion organisée par le Conseil des Amériques au bureau de Washington le 9 juin. Jim Swigert, directeur des programmes en Amérique latine et aux Caraïbes pour l'Institut démocratique national (NDI), l'entité qui reçoit son financement de la NED et USAID, Cris Arcos, ancien ambassadeur des États-Unis au Honduras, et Adolfo Franco, ex-administrateur de l'USAID pour l'Amérique latine et les Caraïbes et directeur du programme de « transition à la démocratie » pour Cuba ont participé à cet événement. Ces trois personnages travaillent comme conseillers auprès de l'administration Obama sur la crise au Honduras. Franco, qui était auparavant conseiller sur la politique étrangère pour John McCain au cours de sa campagne présidentielle de 2008, a été accusé de corruption pour sa mauvaise gestion des fonds du USAID destinés au programme « Démocratie » à Cuba. Franco a détourné une grande quantité de ces fonds, totalisant plus de 40 millions de dollars, à des groupes tels que le Comité pour une Cuba libre et l'Institut d'études cubaines à Miami, sans suivre un processus transparent de distribution des fonds.

Negroponte et Reich, une fois de plus
Plusieurs analystes et spécialistes de l'Amérique latine ont spéculé sur le rôle joué par l'ancien ambassadeur au Honduras John Negroponte qui a dirigé les forces paramilitaires et les escadrons de la mort connus sous le nom de « contras » contre des mouvements de gauche en Amérique centrale pendant les années 1980. Negroponte a occupé plusieurs postes de haut niveau sous l'administration Bush, dont ceux d'ambassadeur des États-Unis en Irak, ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies, Directeur du renseignement national, et finalement secrétaire d'État adjoint, second seulement derrière Condoleeza Rice. Après avoir quitté le département d'État en janvier 2009, Negroponte a joint le secteur privé comme le font souvent les anciens hauts personnages du gouvernement. On lui a offert un emploi de vice-président du cabinet de conseil le plus influent et le plus puissant de Washington, le McLarty Associates. Negroponte a accepté l'offre. Le McLarty Associates a été fondé par Thomas « Mack » McLarty, l'ancien chef de cabinet du président Bill Clinton et l'envoyé spécial de Clinton en Amérique latine. Depuis la fin de l'administration Clinton, McLarty a dirigé le cabinet de conseil le plus puissant à Washington qui s'appelait jusqu'à l'année dernière le Kissinger-McLarty Associates à cause de la fusion entre Thomas McLarty et Henry Kissinger. Ce partenariat a été un exemple évident des unions bi-partisanes qui déterminent les politiques les plus importantes à Washington.

Dans son nouveau rôle, John Negroponte travaille présentement comme conseiller de la secrétaire d'État Hillary Clinton. Rappelons-nous que l'actuel ambassadeur américain au Honduras, Hugo Llorens a travaillé de très près sous Negroponte pendant la plus grande partie de sa carrière. Il est donc vraisemblable que John Negroponte, l'expert dans l'écrasement des mouvements de gauche en Amérique centrale, ait joué un rôle dans le récent coup contre le président Zelaya au Honduras.

Otto Reich a également investi ses énergies ces dernières années dans une campagne contre le président Zelaya. Le président hondurien a même menacé de poursuivre Reich pour diffamation en avril 2009 après que Reich ait accusé le président Zelaya d'avoir volé 100 millions $ à Hondutel, la compagnie de télécommunications possédée par l'État. Il n'y a jamais eu de preuves pour soutenir cette accusation et la vérité a été vite révélée sur les motifs de l'intérêt de Reich dans Hondutel. Le Cubano-Américain, à travers son cabinet de conseil et de lobbying Otto Reich Associates, représentait une compagnie multinationale qui cherchait à privatiser Hondutel, ce à quoi Zelaya s'opposait. Maintenant que la président Zelaya n'est plus dans son chemin, Reich est en mesure d'aller de l'avant avec cette offre de plusieurs millions de dollars.

Reich a aussi été le co-fondateur d'une organisation à Washington appelée la Fondation Arcadia, avec un vénézuélien du nom de Robert Carmona-Borjas, un avocat spécialisé dans le droit militaire lié, selon son propre curriculum vitae, au coup d'État d'avril 2002 au Venezuela. Robert Carmona-Borjas était au palais présidentiel de Caracas, au Venezuela, en compagnie du dictateur Pedro Carmona pendant les jours du coup d'État les 11 et 12 avril 2002, et il s'est enfui avec Carmona quand le palais a été repris par la garde présidentielle et l'ordre constitutionnel rétabli. Il a fui plus tard aux États-Unis après que des accusations aient été portées contre lui pour sa participation au coup d'État, et il est devenu professeur d'université à l'université George Washington à Washington DC (c'est beau de voir l'accueil chaleureux que les États-Unis réservent aux dirigeants de coups et aux violateurs de la démocratie). Reich et Carmona-Borjas mènent depuis l'an dernier une campagne contre le président Zelaya, l'accusant de corruption et d'entrave aux droits de propriété privée. À travers leur Fondation Arcadia, ils ont produit une série de vidéos, que plusieurs médias ont montré, qui essaient de dépeindre Zelaya comme un président corrompu qui viole les droits fondamentaux du peuple du Honduras.

Carmona-Borjas a fréquemment voyagé au Honduras ces derniers mois et a même tenu des meetings publics qui ont ouvertement discuté du coup contre Zelaya. Lors d'une de ces rencontres, le Défenseur public du Honduras, Ramon Custodia, qui a participé au coup d'état, a déclaré à la presse en présence de Carmona-Borjas que « les coups sont possibles et peuvent se produire dans un environnement politique. » Après le coup, soit le 3 juillet, Robert Carmona-Borjas a participé à un rassemblement en appui au régime issu du coup et il y a reçu les honneurs et les applaudissements des responsables du coup qui se sont référé à lui comme à un « acteur important » ayant « aidé à rendre possible » le renversement du président Zelaya et l'installation du dictateur Roberto Micheletti comme président imposé.

Le pouvoir militaire
Les États-Unis maintiennent une vaste présence militaire au Honduras à la base de Soto Cano (Palmerola), située à environ 50 milles de la capitale Tegucigalpa, qui a été très active depuis 1981 lorsque l'administration Reagan l'a occupée et utilisée pour ses opérations en Amérique centrale.

Pendant les années 1980, Soto Cano a été utilisée par le colonel Oliver North comme base d'opérations des « contras », les forces paramilitaires entraînées, armées et financées par la CIA et chargées de mener la guerre contre les mouvements de gauche en Amérique centrale et surtout le gouvernement voisin sandiniste du Nicaragua. À partir de Soto Cano, les « contras » ont mené des attaques terroristes, de la guerre psychologique (supervisée par le Bureau de Diplomatie publique d'Otto Reich), des attaques d'escouades de la mort et des missions spéciales secrètes dans lesquelles des dizaines de milliers de paysans et de civils ont été assassinés, et des milliers de personnes ont été enlevées, torturées, blessées alors que toute une région a été soumise à un régime de terreur.

John Negroponte, l'ambassadeur américain au Honduras de l'époque, de concert avec Oliver North et Otto Reich, ont dirigé et supervisé ces opérations. Ils ont plus tard été impliqués dans le scandale Iran-Contra lorsque le Congrès américain a coupé les fonds des groupes paramilitaires et des escouades de la mort utilisés par l'administration Reagan pour neutraliser les mouvements de gauche de la région et l'équipe Negroponte-North-Reich a alors vendu des armes à l'Iran pour continuer de financer ses opérations secrètes.

La base de Soto Cano est le siège de la Force opérationnelle mixte « Bravo composée d'effectifs de l'armée de terre, de l'armée de l'air, de forces de sécurité communes et du premier bataillon du 228ème régiment de l'aviation américaine, ce qui représente environ 600 personnes au total et 18 avions de combat, dont des hélicoptères UH60 Black Hawk et CH47 Shinock. Soto Cano est également le siège de l'Académie aérienne hondurienne, Plus de 650 citoyens américains et honduriens vivent en permanence à l'intérieur de la base.

La constitution du Honduras ne permet pas légalement la présence militaire étrangère dans le pays. Un accord « par poignée de main » semi-permanent entre Washington et le Honduras autorise cette présence stratégique et importante de centaines — parfois de milliers — de membres du personnel militaire américain sur la base. Cet accord a été conclu en 1954 en échange de l'aide américaine de millions de dollars aux forces armées du Honduras qui comprend des programmes d'entraînement, des armes et de l'équipement militaire de même que des exercices conjoints et des opérations en sol hondurien. La base a été utilisée la première fois par l'armée américaine et la CIA comme base de lancement du coup d'État contre Jacobo Arbens au Guatemala en 1954.

Washington autorise chaque année des centaines de millions d e dollars en aide militaire et économique au Honduras, le troisième pays le plus pauvre de l'hémisphère occidental après Haïti et le Nicaragua. Cet « échange » qui assure la présence militaire américaine dans ce pays d'Amérique centrale peut être abrogé par le gouvernement du Honduras à n'importe quel moment sans avis préalable.

Le 31 mai 2008, le président Manuel Zelaya a annoncé que Soto Cano (Palmerola) allait être convertie en un aéroport civil international. La construction de son terminal devait être financée par des fonds provenant de l'Alliance bolivarienne des Amériques (l'ALBA — dont sont membres la Bolivie, Cuba, l'Équateur, la Dominique, le Honduras, le Nicaragua, St-Vincent, Antigua-et-Barbuda et le Venezuela). Cela constituait évidemment une menace très sérieuse pour la présence militaire américaine au Honduras.

Les deux généraux qui ont joué un rôle clé dans le coup contre le président Zelaya sont tous deux diplômés de l'École des Amériques, célèbre pour son entraînement de dictateurs, tortionnaires et d'oppresseurs en Amérique latine, et ils maintiennent des liens très étroits avec les forces militaires américaines basées au Honduras. Le commandant des Forces armées du Honduras, le général Luis Javier Prince Suazo, a étudié à cette sinistre École des Amériques en 1996. Le chef d'État-major hondurien, le général Romeo Vasquez, qui a été congédié par le président Zelaya le 24 juin 2009 pour avoir désobéi à ses ordres et est réapparu comme l'acteur principal du coup militaire quelques jours plus tard est lui aussi un diplômé de l'École des Amériques. Ces deux militaires de haut rang entretiennent aussi des liens étroits avec le Pentagone et le Southern Command.

L'ambassadeur américain au Honduras Charles Ford, en poste jusqu'à son remplacement par Hugo Llorens en septembre 2008, a par la suite été transféré du Honduras au Southern Command en Floride pour donner « des conseils stratégiques » au Pentagone sur l'Amérique latine, un poste qu'il occupe encore aujourd'hui.

Les militaires du Honduras sont financés, entraînés, instruits et commandés par les militaires des États-Unis. Ils ont été endoctrinés depuis le début de la Guerre froide par une mentalité qui est contre la gauche, le socialisme et pour l'empire. Les généraux et les officiers de haut rang impliqués dans le coup d'État au Honduras ont dit publiquement qu'ils avaient « l'obligation » de chasser le président Zelaya du pouvoir parce qu'il était une « menace » avec son idéologie « gauchiste » et son alignement sur les pays socialistes de la région comme le Venezuela et Cuba. Comme le disait un colonel hondurien : »Nous avons combattu les mouvements subversifs au pays et nous avons été le seul pays à ne pas avoir vécu de guerre fratricide comme les autres en ont connue. Cela serait difficile pour nous, compte tenu de notre entraînement, d'être en relations avec un gouvernement gauchiste. C'est impossible. Personnellement j'aurais pris ma retraite parce que ma façon de penser, mes principes ne m'auraient pas permis de participer à cela. »

Tous les faits ci-haut mentionnés — en plus des autres qui viendront certainement s'y ajouter — prouvent de façon indéniable le rôle de Washington dans le coup d'État contre le président Zelaya au Honduras.

Le gouvernement de facto hondurien envisage le retour de Zelaya






Pour la première fois depuis le coup d'Etat du 28 juin, le gouvernement de facto du Honduras envisage la possibilité d'un retour du président déchu Manuel Zelaya.

Lors d'une réunion de médiation mercredi au Costa Rica, le gouvernement intérimaire a donné le sentiment d'être sensible aux pressions internationales et a annoncé l'envoi au Congrès et à la Cour suprême d'une proposition de conciliation sur le retour de Zelaya.

"Nous transmettrons ce projet d'accord à nos autorités afin que le dialogue puisse se poursuivre", a dit Mauricio Villefa, délégué hondurien.

La Cour suprême et le Congrès, à l'origine de la destitution de Zelaya, ont jusqu'à présent refusé de revenir sur la nouvelle donne politique au Honduras.

Le gouvernement intérimaire a clairement affirmé que Zelaya ne pourra pas revenir au Honduras en tant que président et qu'il sera arrêté s'il pose un pied sur le sol hondurien.

Menant les négociations, le président du Costa Rica, Oscar Arias, avait proposé que Zelaya puisse rentrer chez lui en tant que président et que des élections présidentielles soient avancées d'un mois en octobre.

"Aucun des partis en présence dans ce conflit ne va l'emporter. Chaque camp devra faire des concessions, sinon personne ne sortira vainqueur", a expliqué Arias.

MANIFESTATIONS

Malgré ce discours conciliant, Zelaya a répété qu'il avait l'intention de revenir dans son pays qu'un accord soit ou non trouvé.

"Nous appelons le peuple qui est avec nous à se rendre à la frontière pour nous accompagner quand nous entrerons dans le pays où les forces armées ont annoncé qu'elles nous abattraient", a déclaré Zelaya sur une station de radio espagnole mercredi.

Plusieurs milliers de partisans du gouvernement issu du coup d'Etat ont défilé dans le calme à Tegucigalpa. Vêtus de blanc, ils brandissaient des drapeaux honduriens bleu et blanc et des banderoles portant les inscriptions "Zelaya est un traître" ou "Paix".

Le camp rival soutenant Manuel Zelaya avait également organisé un rassemblement d'un demi-millier de personnes à la périphérie de la ville afin de réclamer son retour.

Le gouvernement américain a condamné le coup d'Etat et suspendu son aide au Honduras, l'un des pays les plus pauvres d'Amérique centrale.

A Washington, un assistant parlementaire ayant entretenu des contacts avec les représentants du président par intérim Roberto Micheletti a dit croire que le gouvernement hondurien commençait à se montrer plus pragmatique.

"Je pense qu'ils ne ferment désormais plus la porte à une série de mesures qu'ils n'envisageaient même pas auparavant", y compris la possibilité d'un gouvernement d'union nationale, a-t-il dit.

Cette idée propose de former un gouvernement qui comprendrait à la fois Zelaya, Micheletti et le président de la Cour suprême hondurienne, a précisé cette source.

Lire aussi:

jeudi 16 juillet 2009

Le président d'une chaîne d'opposition interdit de quitter le Venezuela


Le président d'une chaîne d'opposition au Venezuela, menacée de fermeture par le président socialiste Hugo Chavez, s'est vu interdire par la justice de quitter le pays afin de répondre d'un délit de fraude.

Directeur de la chaîne d'information Globovision, Guillermo Zuloaga, qui s'estime victime d'une persécution politique, est poursuivi pour commerce illégal après la découverte de plusieurs voitures à son domicile.

Le parquet vénézuélien a annoncé qu'il s'agissait d'une mesure de précaution avant la comparution de ce dernier devant le tribunal, dans un communiqué jeudi soir. "A aucun moment, je ne quitterai le pays", a réagi M. Zuloaga, qualifiant cette décision de "terrorisme judiciaire".

Plusieurs procédures ont déjà été été entamées par les autorités à l'encontre de la chaîne privée, qui critique ouvertement l'action de M. Chavez, chef de file de la gauche antilibérale en Amérique latine.

La commission nationale des Télécommunications (Conatel) a annoncé en juin l'ouverture d'une enquête visant à déterminer si Globovision avait commis un délit pour avoir permis à un intervenant de comparer le président vénézuélien à l'ancien dictateur italien Benito Mussolini.

Le ministre des Télécommunications, Diosdado Cabello, a rappelé jeudi que la chaîne pourrait perdre sa licence, estimant qu'elle constituait un "laboratoire de la sale guerre" contre le gouvernement.

La chaîne, qui existe depuis une quinzaine d'années et compte quelque 500 salariés sur l'ensemble du territoire, a dû aussi récemment s'acquitter d'une amende de 9 millions de bolivars (3 millions d'euros) pour un usage d'antennes non autorisé et pour fraude fiscale.

En mai, Hugo Chavez a reproché à Globovision de "mettre du poison dans la tête" du public, la menaçant de lui faire subir le même sort que RCTV (Radio Caracas Television).

Cette chaîne, la plus ancienne et la plus populaire du pays pour ses feuilletons sentimentaux, avait été privée de licence en 2007 en raison du ton acerbe de ses bulletins d'information

L'Equateur reprend les activités du pétrolier français Perenco


La compagnie pétrolière publique Petroecuador a pris le contrôle des opérations de sa consoeur française Perenco en Equateur. Les autorités équatoriennes saisissaient depuis mars l'essentiel de la production de Perenco pour solder 350 millions de dollars d'arriérés impôts que Quito impute à la compagnie et le pétrolier français, qui conteste la légalité des dispositions fiscales équatoriennes, a suspendu sa production jeudi.

La compagnie pétrolière publique Petroecuador a annoncé jeudi avoir pris le contrôle des opérations de sa consoeur française Perenco en Equateur en raison de la suspension de sa production.

Les autorités équatoriennes saisissaient depuis mars l'essentiel de la production de Perenco pour solder 350 millions de dollars d'arriérés impôts que Quito impute à la compagnie.

Le pétrolier français, qui conteste la légalité des dispositions fiscales équatoriennes, a porté plainte contre Quito et Petroecuador en 2008. L'arrêt de la production a été décidé jeudi.

"Ils ont pris le contrôle des installations, des gisements et des opérations (...) Cela s'appelle une expropriation", a déclaré Rodrigo Marquez, directeur de Perenco en Amérique latine, interrogé par Reuters.

Les représentants de Petroecuador "ont parlé avec les membres du personnel et leur ont dit clairement qu'ils prenaient le contrôle", a-t-il ajouté.

Perenco extrait 22.000 barils par jour (bpj) de la forêt amazonienne équatorienne, soit 4,5% environ de la production totale du pays.

Le président Rafael Correa, proche de son homologue vénézuélien Hugo Chavez, promoteur de la "révolution bolivarienne", cherche à accroître la part des revenus pétroliers dans les recettes publiques, mais s'est jusqu'ici refusé à nationaliser les compagnies de ce secteur essentiel de l'économie nationale.

Bolivie: la gauche d'Amérique latine célèbre et se nourrit du bicentenaire


La gauche radicale d'Amérique latine a célébré jeudi à La Paz une première vague de soulèvements, il y a 200 ans, menant aux indépendances sur le continent, commémorations dont la Bolivie a avidement pris les devants.

Hier la Couronne espagnole, aujourd'hui "l'Empire" américain, a lancé le président bolivien Evo Morales, un dirigeant d'origine indigène qui entretient des relations tendues avec les Etats-Unis.

Présent lors de la cérémonie, ses homologues vénézuélien Hugo Chavez, équatorien Rafael Correa et paraguayen Fernando Lugo ont établi un parallèle avec la crise politique au Honduras, où leur allié Manuel Zelaya a été renversé par un coup d'Etat le 28 juin dernier.

"Les peuples frères d'Amérique latine luttent aujourd'hui pour la deuxième et définitive indépendance", a lancé le président équatorien Rafael Correa, dans une allusion à l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), bloc antilibéral auquel s'était rallié le Honduras.

"Je suis convaincu que ce coup d'Etat va échouer au Honduras. Tout notre soutien va au peuple hondurien qui lutte pour sa libération", a déclaré Morales, qui de nouveau accusé Washington d'avoir "dirigé" le coup d'Etat.

Même constat affiché par M. Chavez qui a estimé que le président américain Barack Obama, partisan d'une relation apaisée avec ses voisins du sud, était désormais "au pied du mur".

Patricia Rodas, ministre des Affaires étrangères de M. Zelaya, avait été conviée participait aux célébrations à La Paz. "Notre hommage (va) au peuple hondurien qui résiste", a-t-elle déclaré.

Sur fond de fermeture, vendredi, d'une base américaine antidrogue à Manta en Equateur et son transfert en Colombie, les gouvernants de gauche ont appelé à la fin de la dépendance militaire de l'Amérique latine vis-à-vis des Etats-Unis.

Morales a qualifié de "traître à son pays" quiconque "accepte une base militaire nord-américaine dans un quelconque pays d'Amérique latine".

Les cérémonies à La Paz étaient centrées sur le bicentenaire d'un soulèvement, le 16 juillet 1809, dont le héros Pedro Domingo Murillo fut pendu par les forces espagnoles en 1810.

La Bolivie ne conquit l'indépendance qu'en 1825 grâce à l'armée de Simon Bolivar.

Mais elle a pris les devants, sans attendre ce bicentenaire-là pour commémorer les premiers "gritos" (cris) de liberté : rébellions locales, souvent éphémères, mais qui allaient déclencher une vague de soulèvements, onde de choc jusqu'aux premières indépendances (Colombie, Argentine de facto, 1810).

La référence à la libération est cruciale chez Morales, au pouvoir depuis 2006, qui a inscrit son projet politique dans la "refondation" post-coloniale de la Bolivie. Et a lui aussi appelé récemment les peuples amérindiens -dont les Aymaras, comme lui- à réaliser la "deuxième et définitive indépendance".

Ce penchant messianique a trouvé un écho chez certains gouvernants de droite ou de centre-droite de la région, en une surenchère parfois inquiétante.

Ainsi au Pérou voisin, où le président libéral Alan Garcia s'est dit récemment convaincu que l'Amérique latine vit actuellement "une sorte de guerre froide", un "conflit continental idéologique et de modèles".

"D'un côté la démocratie politique et économique qui avance avec le progrès du monde, et de l'autre, l'étatisme économique et la démagogie qui bloquent les pays", en référence aux gouvernements Chavez et Morales. Qui ont été accusés par Lima d'alimenter les durs conflits sociaux des derniers mois au Pérou.

La crise politique bien installée au Honduras


Deux semaines après le coup d'état qui a renversé le président Manuel Zelaya, le nouveau gouvernement a levé le couvre-feu. Mais le dialogue entre les deux parties semble rompu.

La crise politique au Honduras semble bien installée, malgré la levée du couvre-feu par le gouvernement de facto. L'équipe de transition dirigée par Roberto Micheletti, non reconnue par la communauté internationale, refuse toujours catégoriquement le retour du président déchu Manuel Zelaya, évincé pour avoir voulu organiser une consultation populaire malgré le veto de la Cour suprême.

Après l'échec d'une première tentative de médiation au Costa Rica, jeudi et vendredi, le dialogue pourrait reprendre «dans une huitaine de jours», a espéré samedi le président costaricien Oscar Arias, alors que le pape Benoit XVI a lancé un appel dimanche au «dialogue et à la réconciliation».

Contrôle sur les médiasA Tegucigalpa, les autorités ont justifié la «suspension du couvre-feu», qui était en vigueur depuis le 28 juin, par le fait que ses «objectifs» avaient été «atteints», malgré des jets de grenades contre deux bâtiments publics dans la nuit.

Les autorités continuent par ailleurs à exercer un contrôle relatif sur les médias. Des journalistes de la chaîne latino-américaine Telesur, dont le siège se trouve au Venezuela, ont quitté le Honduras dimanche après avoir été, selon eux, placés en garde à vue pendant deux heures et menacés par les autorités. Une accusation démentie par le gouvernement de facto, qui a dénoncé à plusieurs reprises les tentatives d'ingérence du gouvernement socialiste du Venezuela, proche allié de Manuel Zelaya.

Les Etats-Unis temporisentCelui-ci est retourné à Washington samedi pour rencontrer le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Jose Miguel Insulza, et le secrétaire d'Etat adjoint américain pour l'Amérique latine, Thomas Shannon.

Les Etats-Unis, qui abritent une nombreuse diaspora hondurienne et ont toujours une base au Honduras, ont dénoncé le coup d'Etat mais ont pour l'instant laissé l'initiative diplomatique à l'OEA et au Costa Rica. Ils ont aussi coupé une partie de leur aide au Honduras et menacé de geler le reste.

Hugo Chavez a quant à lui coupé le robinet du pétrole au Honduras, qui doit en outre se passer de 200 millions de dollars de crédits gelés par la Banque mondiale et de la Banque interaméricaine de développement.

Honduras: le médiateur va suggérer un gouvernement d'union nationale


Le médiateur dans la crise au Honduras, le président du Costa Rica Oscar Arias, va proposer la constitution d'un "gouvernement de réconciliation nationale" dirigé par le président destitué Manuel Zelaya, a-t-il déclaré jeudi à San Jose.

M. Arias, prix Nobel de la paix en 1987 pour son action contre les conflits civils en Amérique centrale, attend samedi les délégations de M. Zelaya et du chef de l'Etat de facto Roberto Micheletti, dans un climat tendu par un appel à "l'insurrection" du président destitué et un rétablissement du couvre-feu par le gouvernement de facto.

Une première réunion, vendredi dernier, avait tourné court quand M. Micheletti avait quitté San Jose après un entretien avec M. Arias mais sans attendre la rencontre prévue avec son rival.

"Je vais proposer diverses idées", a déclaré M. Arias à la radio, "pour qu'on puisse constituer un gouvernement de réconciliation nationale" présidé par M. Zelaya.

Dans un entretien à la télévision officielle vénézuélienne, le président déchu a considéré jeudi soir à Caracas qu'il existait "encore un espoir, une porte ouverte" pour résoudre la crise. Mais il a aussi répété qu'en cas d'échec de la réunion de samedi, il préparait "différentes alternatives, aériennes, terrestres et autres pour rentrer au Honduras".

Au Honduras, l'appel à "l'insurrection" lancé mardi par M. Zelaya s'est traduit jeudi par des barrages routiers aux accès à Tegucigalpa et en d'autres secteurs stratégiques du pays, comme à Puerto Cortes, le principal port maritime. Barrages et manifestations continueront vendredi, selon les pro-Zelaya.

La mission de médiation de M. Arias est d'autant plus délicate qu'un retour de M. Zelaya à la présidence, généralement souhaité par la communauté internationale, est rejeté catégoriquement par M. Micheletti.

M. Micheletti s'est bien déclaré prêt à démissionner, mais seulement si M. Zelaya renonçait au pouvoir, option que ce dernier a toujours écarté.

Cette déclaration constitue toutefois "une avancée", a estimé le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Jose Miguel Insulza.

Les autorités de Tegucigalpa, non reconnues par la communauté internationale, ont justifié le retour du couvre-feu en invoquant la menace de "désordres" de la part de groupes fidèles à M. Zelaya, chassé manu militari par un coup d'Etat le 28 juin.

M. Micheletti, ancien président du Congrès désigné à la tête du pays, a évoqué des rumeurs de projet de retour de M. Zelaya au Honduras samedi "par la frontière sud" et à l'aide d'un "groupe armé".

Le président vénézuélien Hugo Chavez, allié de M. Zelaya, a répété jeudi que le président déchu était "prêt à rentrer au Honduras".

"Hier (mercredi), j'ai parlé au téléphone avec lui (Zelaya) et il m'a dit: Hugo je ne sais pas si je vais mourir, mais je vais au Honduras", a déclaré Chavez à la presse à La Paz.

M. Chavez a également sommé le président des Etats-Unis, Barack Obama, de réagir, en affirmant que le coup de force des militaires honduriens avait reçu "l'aval du département d'Etat américain".

La communauté internationale, qui soutient le processus de médiation, a encore répété son soutien au chef d'Etat déchu.

L'Union européenne a réclamé à nouveau son retour à la présidence.

Les dirigeants de la gauche radicale en Amérique latine, proches alliés de M. Zelaya, ont profité jeudi de la commémoration du bicentenaire de l'indépendance de la Bolivie pour fustiger son éviction.

Le "coup d'Etat" va échouer, a notamment affirmé jeudi le président bolivien Evo Morales, lors d'une cérémonie à La Paz.

Au pouvoir depuis 2006, M. Zelaya, un magnat de l'industrie du bois qui a opéré un virage à gauche durant son mandat, a été destitué pour avoir tenté d'organiser un vote ouvrant la voie à une possible réélection, contre l'avis de la Cour suprême de justice et de la majorité de la classe politique.

mercredi 15 juillet 2009

Honduras: couvre-feu rétabli, Micheleti prêt à renoncer au pouvoir


Le gouvernement de facto du Honduras a rétabli le couvre-feu à compter de jeudi, entre 00H00 (05H00 GMT) et 05H00 locales, pour prévenir des "désordres" de la part de groupes fidèles au chef de l'Etat destitué Manuel Zelaya, selon un communiqué officiel.

"Le gouvernement de la République, en raison des menaces permanentes et déclarées de groupes cherchant à provoquer des troubles et des désordres dans certaines parties de notre pays et pour assurer la sécurité et la protection de l'ensemble des personnes et des biens, a décidé de rétablir le couvre-feu", indique le texte.

Les autorités en place depuis le renversement du président Zelaya le 28 juin avaient immédiatement instauré un cessez-le-feu avant de le suspendre le 12 juillet. Des partisans du président destitué, qui ont organisé plusieurs manifestations depuis son renversement, ont annoncé une série d'actions jeudi telle que l'occupation des rues, dans diverses régions du pays.

Dans son communiqué, le gouvernement demande "la compréhension de la population hondurienne" et l'appelle à "se conformer à cette disposition, adoptée dans le but de protéger la sécurité des personnes et des biens et d'assurer l'ordre et la paix sociale".

Le président de facto au Honduras, Roberto Micheletti, s'est dit mercredi disposé à renoncer au pouvoir si le président destitué Manuel Zelaya n'y revient pas.

"Je suis prêt à prendre cette décision, pour la paix et la tranquillité dans le pays, à la condition, que cela soit bien établi, que l'ex-président Zelaya ne revienne pas", a déclaré M. Micheletti en conférence de presse.

M. Micheletti, président du Congrès, a été désigné à la tête de l'Etat le 28 juin, peu après l'arrestation, l'envoi en exil et la destitution de M. Zelaya, élu en novembre 2005. M. Micheletti est "préoccupé", a-t-il déclaré, par des rumeurs sur un projet de retour de M. Zelaya au Honduras samedi "par la frontière sud" et à l'aide d'un "groupe armé", pendant une deuxième réunion de médiation à San Jose de Costa Rica chez le président Oscar Arias.

M. Micheletti a précisé qu"il ne se rendrait pas personnellement à la réunion de médiation samedi à San Jose. Mais les deux camps, le sien et celui de M. Zelaya, ont donné la composition de leurs délégations respectives pour ce rendez-vous. Une première réunion, vendredi dernier, avait tourné court quand M. Micheletti avait quitté San Jose après un entretien avec M. Arias mais sans attendre la rencontre prévue avec M. Zelaya.

M. Micheletti a demandé à la population de "ne pas s'engager dans des actions violentes", après l'appel lancé mardi par M. Zelaya à "l'insurrection du peuple" contre les nouvelles autorités au Honduras.

Chavez demande à Obama de durcir sa position sur la crise au Honduras


Le président vénézuélien Hugo Chavez a appelé les Etats-Unis à faire pression en faveur de la chute des instigateurs du coup d'Etat au Honduras.

Dimanche, au cours de son émission télévisée hebdomadaire, Chavez a vivement conseillé au président des Etats-Unis, Barack Obama, de durcir sa position contre le gouvernement hondurien par intérim de Roberto Micheletti. Chavez a demandé à Obama de prouver qu'il ne soutenait pas le coup d'Etat au Honduras, en retirant les troupes américaines basées là-bas. Les Etats-Unis comptent toujours 600 soldats stationnés à la base aérienne de Soto Cano. Chavez a déclaré que son gouvernement ne reconnaîtrait aucun gouvernement généré par le coup d'Etat, pas même un gouvernement qui proviendrait des élections organisées par le gouvernement d'interim. Chavez a également déclaré que le président évincé Manuel Zelaya retournerait bientôt au Honduras de manière étonnante.

La médiation pour le Honduras tarde à produire des effets


Levée du couvre-feu, nomination d'un ministre des affaires étrangères plus présentable que le précédent qui avait insulté le président des Etats-Unis, Barack Obama : le gouvernement au pouvoir depuis le coup d'Etat qui a renversé le président Manuel Zelaya, le 28 juin, s'efforce de présenter une image normalisée du Honduras et de rompre son isolement international.
Le président de facto, Roberto Micheletti, s'est dit prêt à reprendre le dialogue engagé, jusqu'à présent sans résultats, sous l'égide du président costaricain, Oscar Arias. Il a déclaré que M. Zelaya pourrait bénéficier d'une amnistie s'il rentrait au Honduras et se soumettait à la justice. Les autorités l'accusent de corruption et d'avoir tenté de violer la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

"Alors que nous restons ouverts au dialogue, ils nous trompent pour instaurer un régime terroriste", a affirmé M. Zelaya, lundi 13 juillet, au Nicaragua. De passage à Saint-Domingue, vendredi, il avait assuré qu'il rentrerait au Honduras cette semaine et s'était félicité "du message extrêmement positif envoyé par le président américain", qui a fermement condamné le coup d'Etat. M. Zelaya avait tenté de rentrer au pays le 5 juillet. Les militaires honduriens avaient empêché l'avion vénézuélien à bord duquel il se trouvait de se poser à l'aéroport de Tegucigalpa.

Selon Silvia Ayala, une députée qui appartient à l'équipe de négociateurs de M. Zelaya, "le seul but du gouvernement de fait est de gagner du temps". Proche allié de M. Zelaya, le président du Venezuela, Hugo Chavez, a durement critiqué la médiation, qualifiée de "piège pour la démocratie".

Une partie des militaires honduriens "n'est pas engagée dans le coup", selon M. Chavez, qui a appelé M. Obama à prendre des mesures concrètes contre les putschistes : suspension de leurs visas américains, gel de leurs avoirs bancaires et fermeture de la base militaire de Palmerola que les Etats-Unis maintiennent au Honduras.

M. Chavez a accusé le gouvernement de "Goriletti" (surnom qu'il a donné à M. Micheletti) d'avoir expulsé deux équipes de télévision vénézuéliennes. La télévision nationale hondurienne consacre une grande partie de sa programmation à dénoncer "l'ingérence de Chavez" et ses liens avec M. Zelaya. Les programmes des stations de radio et de télévision sont fréquemment interrompus par des messages de M. Micheletti.

AGGRAVATION DE LA PAUVRETÉ
Le Front de résistance contre le coup d'Etat, qui organise des manifestations quotidiennes pour le retour de M. Zelaya, a annoncé un durcissement de ses actions si les négociations traînent en longueur. Le député Marvin Ponce, du parti Unification démocratique (UD, gauche), a dénoncé l'assassinat de deux militants de son parti, Roger Bados et Ramon Garcia, au cours du week-end.

L'activité commerciale a repris timidement à Tegucigalpa, mais les écoles sont toujours paralysées par la grève du principal syndicat des enseignants. Favorable au coup d'Etat, le patronat a annoncé un gel des prix des produits de première nécessité pour atténuer l'impact des sanctions économiques internationales. Près du tiers du budget hondurien dépend de l'aide étrangère. Or, plus de 200 millions de dollars de crédits ont été suspendus.

Troisième pays le plus pauvre des Amériques, le Honduras a été durement touché par la crise mondiale, notamment par la baisse des transferts des émigrés (moins 8 % au premier semestre). Selon des économistes, les réserves ne permettront pas de tenir plus de six mois, et la pauvreté, qui touche 70 % de la population, risque encore de s'aggraver.

Conflit du Honduras : Chavez critique Obama


Le pays s'enfonce dans l'impasse politique après l'échec de la médiation du Costa Rica. L'initiative, défendue par Washington, a été qualifiée de «grossière erreur» par le président du Venezuela.

La situation semble se normaliser à Tegucigalpa, la capitale hondurienne. Le président par intérim Roberto Micheletti a levé le couvre-feu et les démonstrations pro ou anti-Zelaya réunissent de moins en moins de manifestants. Mais plus de deux semaines après la destitution et l'exil forcé de Manuel Zelaya, la situation politique est dans une impasse. La médiation du président du Costa Rica, Oscar Arias, prix Nobel de la paix pour son rôle dans les règlements des conflits en Amérique centrale dans les années 1980, n'a pas permis de rapprocher les points de vue. Roberto Micheletti et Manuel Zelaya ont refusé de se rencontrer à San José, la capitale du Costa Rica, jeudi, et les négociateurs se sont séparés vendredi sur une vague promesse de se retrouver en cette fin de semaine.

Roberto Micheletti a certes quelque peu assoupli sa position. Il a notamment remplacé son ministre des Affaires étrangères, Enrique Ortez Colindres, qui avait qualifié Barack Obama de «petit Noir qui ne sait même pas où est Tegucigalpa». Après avoir affirmé pendant la première semaine de sa prise de pouvoir que «la place de Zelaya, comme tous les délinquants, est en prison», il envisage désormais de lui accorder une amnistie.

Manuel Zelaya a, de son côté, entendu les appels du département d'État américain à changer de stratégie, après son rocambolesque survol en avion de la capitale hondurienne dimanche 5 juillet, une équipée peu appréciée à Washington. «Il doit y avoir de meilleurs moyens (pour revenir au pouvoir)» avait déclaré Hillary Clinton à l'issue d'un entretien avec le président déchu.

Plus de deux mois après la très médiatique poignée de main entre Barack Obama et Hugo Chavez au sommet des Amériques de Trinité-et-Tobago, Washington peine à définir une réponse appropriée au coup d'État hondurien du 28 juin dernier. L'Administration américaine a trouvé en Chavez et ses alliés des «partenaires compliqués». Si tous s'accordent pour condamner le putsch, les soupçons et l'animosité contre «l'empire yankee» perdurent.


Sanctions économiques
Ainsi Chavez a estimé que les négociations de San José, soutenues activement par Washington, étaient «une erreur grossière». En appelant Washington à évacuer leur base militaire de Palmerola au Honduras, il a interpellé le président Obama : «Faites-le et montrez ainsi que vous ne soutenez pas le coup d'État.»

Le président bolivien Evo Morales, fidèle allié de Chavez, a accusé le commandement militaire des États-Unis d'être derrière le coup d'État : «Je dispose d'informations selon lesquelles l'empire, par le biais du commandement sud des États-Unis, a fait le coup d'État au Honduras.»

La seule réaction coordonnée porte pour l'instant sur l'économie : les États-Unis ont bloqué une partie de leur aide au Honduras. Le Venezuela a suspendu ses livraisons de pétrole à prix subventionnés. La Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement ont gelé 200 millions de dollars de crédits.