lundi 28 septembre 2009

Hugo Chavez : L'Amérique du Sud et l'Afrique sont une grande puissance en pétrole et gaz




Le président vénézuélien Hugo Chavez a appelé samedi à plus d'intégration entre l'Amérique du Sud et l'Afrique, deux continents riches en ressources pétrolières et gazières.

Il a tenu ces propos lors du deuxième sommet de l'Amérique du Sud - Afrique (ASA) ouvert à Porlamar, principale ville sur l'île de Margarita, dans le nord-est du Venezuela.

"L'Amérique du Sud compte 337 milliards de barils de pétrole approuvées, ce qui représente 24% des réserves en pétrole dans le monde.
t 420.000 milliards de pieds cubes de gaz, tandis que l'Afrique dispose de 114 milliards de barils de pétrole et 512.000 milliards de pieds cubes de gaz, ce qui montre que les deux continents sont une grande puissance", a déclaré le président vénézuélien.

De même, le président vénézuélien a déclaré que l'Amérique du Sud et l'Afrique doivent chercher à développer les secteurs petroliers sur la base de plus d'intégration Sud-Sud.

Il a également souligné que le dialogue avec le Nord est nécessaire, et ce pour rompre l'architecture de la domination du monde.

Les représentants de 61 pays des deux régions ont participe au sommet dont le but est de renforcer la coopération des pays participants devant la crise alimentaire, financière, économique et environnemental et d'agrandir les accords et plans d'action qui ont commencé début 2006 lors du premier sommet en 2006 à Abuja, au Nigeria.

dimanche 27 septembre 2009

Amsud et Afrique pour un nouveau système financier international


Soixante pays africains et sud-américains se sont prononcés dimanche en faveur d'un nouveau système financier, fondé sur des institutions régionales et sur une logique de développement, au cours de leur deuxième sommet, dimanche au Venezuela.

Le projet de déclaration finale et le plan d'action adoptés dans l'île de Margarita (nord) couvrent plusieurs autres thèmes, comme la volonté de réaliser des projets énergétiques communs, la lutte contre le trafic de drogue qui affecte les deux régions ou encore le respect de la souveraineté des Etats.

"Nous devons bâtir un système financier international fondé sur une logique de développement et non sur sa logique perverse actuelle", a plaidé le président de l'Equateur, Rafael Correa, président en exercice de l'Unasur (Union des nations sud-américaines).

"Nous devons négocier un accord monétaire régional et birégional pour coordonner nos politiques et éviter que la crise ne s'approfondisse dans nos pays", a-t-il ajouté lors de la deuxième journée des débats du sommet Amérique du Sud-Afrique (ASA) qui devaient s'achever dimanche à 14h00 (18h30 GMT).

Samedi, le président vénézuélien avait déjà proposé la création d'une banque birégionale pour financer les projets de coopération africano-sud-américains.

Sept pays sud-américains ont fait un premier pas indispensable pour la réalisation de ce projet, en signant samedi soir l'acte de naissance officiel de la Banque du Sud. Cet organisme destiné à financer des programmes de développement en Amérique du Sud était resté une coquille vide depuis l'annonce de son lancement fin 2007.

"Nous devons chercher de nouveaux partenaires, de nouvelles relations. Le XXIe siècle peut être le siècle de l'Afrique et de l'Amérique latine. Il faudra que nous dépendions plus de nos décisions que d'hypothétiques aides extérieures", a argumenté le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.

Chavez annonce le lancement officiel de la Banque du Sud


L'acte de naissance officiel de la Banque du Sud, projet resté lettre morte depuis son lancement en grandes pompes fin 2007, sera signé lors du sommet Amérique du Sud-Afrique, organisé ce week-end au Venezuela, a annoncé samedi le président vénézuélien Hugo Chavez.

Selon lui, son capital total sera de 20 milliards de dollars (14 milliards d'euros).

Sept pays sud-américains --Venezuela, Brésil, Bolivie, Equateur, Argentine, Uruguay et Paraguay-- avaient signé un accord de principe fin 2007 pour lancer ce projet présenté comme une riposte latino-américaine au Fonds monétaire international (FMI).

Cette banque destinée à financer des projets de développement dans la région devait voir le jour en 2008, mais sa création officielle a été maintes fois repoussée en raison de désaccords persistants sur les quote-parts de chaque pays au capital de la banque ou encore la répartition des droits de vote.

M. Chavez a profité du sommet ASA pour proposer à ses homologues africains de créer un établissement financier birégional.

"A l'avenir, nous allons créer une structure de financement (rassemblant la Banque du Sud et une banque similaire africaine): la banque Sud-Sud ou la banque de l'ASA. J'ai déjà le nom: la +Bancasa+", a détaillé le dirigeant socialiste.

Hugo Chavez appelle à la création d'un monde multipolaire




Le président vénézuélien Hugo Chavez a exhorté samedi les dirigeants africains et latino-américains réunis pour un sommet sur l'île de Margarita à construire un monde "multipolaire" débarrassé de l'influence économique occidentale.

C'est le début du salut de notre peuple", a lancé le président socialiste dans son discours d'ouverture de la réunion, qui s'achève ce dimanche.

Parmi ses hôtes figurent Mouammar Kadhafi, à la tête de la Libye depuis quatre décennies, ainsi que Robert Mugabe, 85 ans, qui dirige le Zimbabwe depuis son accession à l'indépendance il y a près de trente ans.

Chavez gouverne le Venezuela depuis à peine plus de dix ans, mais il ne fait pas mystère de son désir de se maintenir encore longtemps à la présidence pour transformer le pays en un Etat socialiste.

Il a expliqué que ce deuxième sommet afro-latino américain, auquel participent de nombreux présidents récemment élus, aiderait leurs pays, le plus souvent pauvres, à resserrer leurs liens commerciaux et à réduire leur dépendance envers l'Europe et les Etats-Unis.

"Le XXIe siècle ne sera pas un monde bipolaire, il ne sera pas unipolaire. Il sera multipolaire. L'Afrique sera un pôle géographique, économique et social important, tout comme l'Amérique du Sud", a-t-il ajouté dans son discours.

Le modèle d'ouverture à la libre entreprise alliée des préoccupations sociales, cher au Brésil et à l'Afrique du Sud représentés par leurs présidents respectifs, semble toutefois attirer de nombreux pays africains davantage que l'approche plus radicale de Chavez.

Les dirigeants doivent signer dimanche un document approuvant le renforcement des liens entre les deux continents et appelant les institutions internationales comme l'Onu ou la Banque mondiale à leur accorder plus de poids.

Certains analystes estiment que des économies émergentes telles que le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine pourraient éclipser les économies des pays les plus riches d'ici 2050.

Kadhafi, qui a fait venir spécialement une limousine blanche au Venezuela, n'est pas passé inaperçu. Il est venu accompagné d'une suite remplissant deux Airbus et il a planté une grande tente de bédouin à côté de la piscine du Hilton.

"Le monde n'est pas les cinq pays du Conseil de sécurité", a déclaré le dirigeant libyen. "Les puissances mondiales veulent continuer à préserver leur pouvoir. Quand ils ont eu l'occasion de nous aider, ils nous ont traités comme des animaux, ils ont détruit nos terres. Nous avons aujourd'hui la chance de construire notre propre puissance."

jeudi 24 septembre 2009

Afrique-Amérique du Sud: plus de 20 pays africains participeront au sommet (Chavez)




Plus de 20 pays africains ont confirmé leur participation au 2e Sommet Afrique-Amérique du Sud qui se déroulera sur l'île Margarita, au Venezuela, les 26 et 27 septembre

"Les dirigeants de plus d'une vingtaine de pays d'Afrique ont déjà confirmé leur participation au sommet. Le leader de la révolution libyenne Mouammar Kadhafi, qui ne s'est jamais rendu en Amérique, traversera l'Atlantique pour la première fois", a indiqué M.Chavez à Caracas lors de la remise du prix de 150.000 dollars au théoricien marxiste européen Istvan Meszaros.

Le processus d'intégration des deux continents contribuera à la création d'une nouvelle carte géopolitique du monde multipolaire, selon le président.

Le premier sommet Afrique-Amérique du Sud s'est tenu à Abuja, au Nigéria, en novembre 2006.

vendredi 18 septembre 2009

Venezuela: Chavez veut construire une raffinerie en Mauritanie


Le président du Venezuela Hugo Chavez a annoncé qu'il voulait construire une raffinerie en Mauritanie, pour distribuer du pétrole dans ce pays africain, mais aussi au Mali et au Niger voisins.

"Nous allons construire une raffinerie en Mauritanie pour raffiner tout ce qu'ils produisent et si l'on ne trouve pas assez de pétrole là-bas, pour apporter du pétrole du Venezuela", a déclaré le dirigeant du premier exportateur de brut latino-américain.

"La Mauritanie produit 18.000 barils par jour et une multinationale les raffine je ne sais où (...) Nous allons distribuer du pétrole par cet axe: Mauritanie, Mali, Niger (...) Certains pays sont alliés du Venezuela ou en train de se rapprocher de l'alliance bolivarienne (Alba)", a-t-il ajouté.

Il fait référence au bloc économique antilibéral créé en Amérique latine par Caracas et La Havane.

M. Chavez est de retour d'une tournée à l'étranger, au cours de laquelle il a notamment participé à un sommet de l'Union africaine (UA) en Libye et il doit accueillir à la fin du mois le 2e sommet Afrique-Amérique du Sud.

Le Venezuela, qui produit trois millions de brut par jour selon des chiffres officiels contestés, figure parmi les pays possédant les plus grandes réserves d'hydrocarbures. Il fournit déjà du brut à des tarifs privilégiés à 17 pays d'Amérique centrale et des Caraïbes depuis 2005.

Important accord pétrolier entre le Venezuela et la Chine




Le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé la signature d'un accord d'investissement d'un montant de 16 milliards de dollars avec la Chine.

Cet accord triennal, signé mardi, permettra d'augmenter de plusieurs centaines de milliers de barils par jour (bpj) la production d'"or noir" dans le bassin de l'Orénoque.

Le chef de l'Etat vénézuélien est resté avare de détails sur ce contrat, laissant entendre à la télévision nationale qu'il s'agissait d'un nouvel investissement, distinct de celui d'un montant similaire que les Chinois ont promis à Caracas en échange de futures livraisons de pétrole.

Hugo Chavez a indiqué qu'avec le projet récemment signé avec la Russie et ce contrat chinois, la production de brut vénézuélien augmenterait de 900.000 bpj.

La semaine dernière, Caracas et Moscou avaient créé une co-entreprise pour la mise en valeur du gisement Junin 6 avec 20 milliards de dollars d'investissement. Selon les Vénézuéliens, ce projet permettra de pomper 450.000 bpj.

La Russie met le pied au Venezuela


En signant un contrat d'armement de plus de deux milliards de dollars avec la Russie, Hugo Chavez entend rappeler sa souveraineté vis-à-vis des Etats-Unis. Décryptage d'un jeu à plusieurs niveaux entre les deux puissances amies.

Hugo Chavez, de retour au Venezuela ce week-end après une tournée en Europe, est revenu les valises bien chargées. Le leader de la révolution bolivarienne a conclu un achat d'armements russes d'une valeur de 2,2 milliards de dollars (1,5 milliard d'euros). La Russie livrera ainsi 92 chars T-72 et «un puissant système antiaérien», sur la base d'un prêt qu'elle accorde au Venezuela.

Dans le même temps, on a appris que le Consortium pétrolier national russe a payé 1 milliard de dollars au Venezuela pour «avoir accès à l'exploitation des réserves» du bassin pétrolier de l'Orénoque, celui même dont Caracas prétend qu'il est le plus grand du monde.

Ce genre d'accord n'est pas nouveau. Les deux puissances avaient déjà signé, entre 2005 et 2007, douze contrats d'armement d'un montant total de 4,4 milliards de dollars. Celui de la semaine dernière, d'une ampleur plus importante, a été justifié par Chavez par la nécessité de défendre le «trésor» énergétique venezuelien.

Stock d'hydrocarbures

C'est également une nouvelle illustration de la présence «plus affirmée» de la Russie au Venezuela, comme l'explique Fabrice Andréani, doctorant au Ceri et thésard sur la politique étrangère venezuelienne. Une influence grandissante que l'on retrouve plus généralement en Amérique latine, un continent qui suscite, après de longues années de désintérêt, l'appétit de nombreuses puissances (Chine, retour des Etats-Unis...).

La République bolivarienne de Chavez constitue à cet égard une cible privilégiée, en raison notamment de ses réserves d'hydrocarbures. «Depuis que Chavez a rompu les accords de coopération militaire avec les Etats-Unis, en 1999, il est obligé de trouver d'autres fournisseurs», raconte Fabrice Andréani. Après avoir essuyé le refus de l'Espagne - sous pression des Etats-Unis - de lui fournir des armes, Caracas s'est tourné vers la Russie, pragmatique sur la question.

«En échange des livraisons d'armes, la Russie a exigé le soutien politique de Chavez. Une des conditions, notamment, étant qu'il reconnaisse l'Ossétie du sud et l'Abkhazie». Conséquence: lors de sa tournée à Moscou, l'ancien colonel reconnaît l'indépendance des deux régions séparatistes de Géorgie.

Affirmer sa souveraineté

Un autre aspect, plus conjoncturel, entre également en ligne de compte. La récente mise à disposition par la Colombie de sept bases militaires à l'armée américaine, dont une à la frontière venezuelienne, a suscité de vives réactions partout en Amérique latine, et particulièrement à Caracas. Ce contexte local est loi d'être négligeable: «Chavez avait besoin de ce matériel militaire pour affirmer sa souveraineté et son indépendance vis-à-vis des bases américaines», détaille Fabrice Andréani.

Enfin, en soignant ses relations avec des acteurs clés des relations internationales (la Russie, mais aussi la Libye, important producteur pétrolier), Chavez s'assure un rapport de force favorable au sein de l'Opep (organisation des pays exportateurs de pétrole): «Tant que Chavez aura la garantie que l'Opep maintient ses quotas, il pourra continuer sa politique sociale», souligne le chercheur.

Un autre aspect ne doit pas être négligé: la conviction de Chavez de défendre «une vision multipolaire des relations internationales». Avec Poutine, le président venezuelien a trouvé un interlocuteur tout aussi convaincu «d'être dans une phase de restructuration des relations internationales, avec un Empire américain en décadence». Et Fabrice Andréani de conclure: «pour Chavez, il est logique de multiplier les partenariats nuisant à l'hégémonie militaire et politique américaine. L'idée est que chaque Etat puisse voir qui bon lui semble et s'armer où il veut».

mardi 15 septembre 2009

Armes russes au Venezuela: les USA redoutent une course aux armements





Les Etats-Unis ont dit redouter lundi une course aux armements en Amérique latine, au lendemain de l'annonce d'un contrat de 2,2 milliards de dollars entre la Russie et le Venezuela pour l'achat d'armes russes.

"Nous sommes inquiets, de façon générale, de l'objectif avoué du Venezuela d'accroître son arsenal militaire, ce qui pose à notre avis un grave défi à la stabilité du continent américain", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, Ian Kelly.
"Nous redoutons une course aux armements dans la région", a-t-il déclaré devant la presse en réponse à une question sur l'annonce du contrat entre Moscou et Caracas et sur les craintes de coopération nucléaire du Venezuela avec l'Iran.

M. Kelly a estimé que les importations d'armes du Venezuela "dépassent celles des autres pays d'Amérique latine" et appelé ce pays à la transparence sur ces achats et leur destination.

"A nos yeux, il est très important qu'ils mettent en place des procédures claires et des garde-fous pour faire en sorte que ces armes ne soient pas détournées au profit d'organisations irrégulières ou clandestines", a souligné le porte-parole.

Le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé dimanche que la Russie avait accordé un crédit de 2,2 milliards de dollars à son pays pour l'achat d'armement russe, dont 92 chars T-72 et des systèmes antiaériens.

Dans le cadre de son émission hebdomadaire de radio et télévision "Alo Presidente", M. Chavez a par ailleurs annoncé son intention d'"installer un puissant système antiaérien", alors que Caracas a mis en garde son voisin colombien contre l'ouverture prévue de plusieurs bases militaires aux Etats-Unis.

"Nous avons déjà signé le contrat pour ces petits appareils", a ajouté le président vénézuélien en montrant la photographie de lance-roquettes multiples mobiles 300mm Smerch, d'une portée de 90 km.

"Avec ces fusées, cela va leur être difficile de venir nous bombarder", a dit M. Chavez, qui a justifié ces acquisitions par l'existence au Venezuela de réserves de gaz et de pétrole importantes à protéger.

Hugo Chavez était mercredi et jeudi en visite en Russie, qu'il considère comme un allié stratégique. La Russie et le Venezuela ont signé entre 2005 et 2007 douze contrats d'armement d'un montant total de 4,4 milliards de dollars.

vendredi 11 septembre 2009

Découverte de gaz au large du Venezuela





Le groupe pétrolier espagnol Repsol YPF a découvert un important gisement de gaz au large du Venezuela, sur un site qu'il prospectait avec l'italien Eni, a-t-on appris aujourd'hui auprès du groupe, confirmant une déclaration du président vénézuélien Hugo Chavez. Le gisement pourrait contenir aux alentours de 1,4 milliard de baril équivalent pétrole (bep), a déclaré un porte-parole de Repsol, précisant que les tests n'étaient pas finis et que ce chiffre était à prendre au conditionnel.
La découverte a été faite dans un gisement off-shore dans le golfe du Venezuela baptisé Cardon 4, et il est prospecté à parts égales de 50% par Repsol YPF et par Eni. Il s'agit de la plus grande découverte de gaz jamais effectuée par Repsol. Le porte-parole confirmait des déclarations faites par le président du Venezuela Hugo Chavez au quotidien El Pais lors de son passage à Madrid vendredi. Au cours la journée, M. Chavez a rencontré le président de Repsol Antoni Brufau.
Cette importante découverte va renforcer le poids du Venezuela sur la scène gazière internationale, alors que le pays est déjà un important producteur de pétrole.
"Les réserves de gaz du Venezuela, au rythme où vont les découvertes scientifiques certifiées, vont nous placer parmi les cinq grands géants du monde du gaz", a déclaré M. Chavez à El Pais, selon le site internet de ce dernier.

mercredi 9 septembre 2009

Chavez: l'Iran aide le Venezuela à se doter d'un programme nucléaire civil


L'Iran aide le Venezuela à développer un programme nucléaire civil car ces deux pays ont le droit de se doter de l'énergie atomique, a déclaré le président vénézuélien Hugo Chavez, dans un entretien au journal français Le Figaro publié mercredi.

Hugo Chavez, allié du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, a effectué les 5 et 6 septembre une visite à Téhéran.

"Je remercie (Mahmoud Ahmadinejad) pour les transferts de technologie de l'Iran au Venezuela. Nous avons signé un nouvel accord la semaine dernière à Téhéran. L'Iran a le droit de développer son énergie nucléaire comme le font la France, de nombreux pays et le Venezuela, pourquoi pas", a-t-il indiqué.

Il s'est dit opposé à un programme à des fins militaires. "Je parle au nom du Venezuela et, pour moi, l'usage de la bombe serait une catastrophe. C'est pourquoi il faut en finir et aller vers un désarmement généralisé".

Le Venezuela travaille à un projet préliminaire pour la construction d'un "village nucléaire" avec l'aide de l'Iran, "afin que le peuple vénézuélien puisse compter à l'avenir avec cette extraordinaire ressource utilisée à des fins pacifiques", avait indiqué Hugo Chavez en Iran.

"Je suis certain que l'Iran n'est pas en train de produire la bombe. Personne d'ailleurs n'en a apporté la preuve". "Si l'Europe et les États-Unis sont inquiets, à mon avis à tort, qu'ils soient cohérents et proposent un pacte sous les auspices de l'ONU pour aboutir à l'élimination totale des armes nucléaires", a poursuivi le président vénézuélien.

Les Occidentaux soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous couvert de son programme civil, ce que Téhéran dément.

Après la Libye, l'Algérie, le Turkménistan et le Belarus, Hugo Chavez était attendu mercredi en Russie.

mardi 8 septembre 2009

«Ma main reste tendue vers Obama et son peuple»


Lundi soir, Hugo Chavez a volé la vedette aux stars du cinéma en apparaissant au festival de la Mostra de Venise. Il a aussi accepté de répondre aux questions du Figaro, exprimant notamment ses positions sur l'Iran et Israël.

LE FIGARO. - Monsieur le président, vous terminez une grande tournée diplomatique qui vous a mené à Tripoli, Alger, Damas, Téhéran et qui se termine par Moscou et Madrid. Vous qui êtes allié et ami du président iranien Ahmadinejad, avez-vous la certitude et les preuves que l'Iran n'est pas sur le point d'acquérir une bombe atomique ?
Hugo CHAVEZ. - Je suis effectivement ami avec le président Ahmadinejad. Je suis son allié. Je le remercie d'ailleurs pour les transferts de technologie de l'Iran au Venezuela. Nous avons signé un nouvel accord la semaine dernière à Téhéran. L'Iran a le droit de développer son énergie nucléaire comme le font la France, de nombreux pays et le Venezuela, pourquoi pas. Je parle au nom du Venezuela et, pour moi, l'usage de la bombe serait une catastrophe. C'est pourquoi il faut en finir et aller vers un désarmement généralisé.

Vous ne répondez pas sur l'Iran ?
Je suis certain que l'Iran n'est pas en train de produire la bombe. Personne d'ailleurs n'en a apporté la preuve.

Mais, si c'est le cas, pourquoi l'Iran ne répond-il pas aux demandes formulées par les Européens et les Américains ?
Je ne peux pas répondre pour l'Iran, mais le président Ahmadinejad et le guide suprême Khamenei ont accepté les visites et les contrôles de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Mais ils n'accepteront jamais qu'on les mette sous tutelle. Si l'Europe et les États-Unis sont inquiets, à mon avis à tort, qu'ils soient cohérents et proposent un pacte sous les auspices de l'ONU pour aboutir à l'élimination totale des armes nucléaires.

Vous avez, il y a quelques jours, à propos d'Israël, parlé d'un État «génocidaire» ; ces propos sont inacceptables car ils signifientque le gouvernement israélien a un plan d'extermination des Palestiniens comparable à celui d'Hitler vis-à-vis des Juifs...
Ce n'est pas que les Israéliens veulent exterminer les Palestiniens. Ils le font ouvertement. Rappelez-vous la dernière agression israélienne contre Gaza. De quoi s'agit-il sinon d'un génocide.


Vous savez parfaitement que l'action israélienne était la réplique aux tirs de roquette du Hamas contre les populations civiles d'Israël.
Je pense que c'est difficile à croire. C'était une attaque sauvage contre un peuple innocent. Les Israéliens cherchaient une excuse pour exterminer les Palestiniens. Je connais Jimmy Carter, c'est un homme d'honneur, il est allé en Cisjordanie récemment et il a dit : «J'ai envie de pleurer.»

Jimmy Carter n'a jamais parlé de génocide de la part des Israéliens.
Jimmy Carter, c'est Jimmy Carter, et Hugo Chavez, c'est Hugo Chavez. Moi je pense qu'il faut condamner cette agression et prononcer des sanctions contre Israël.

Une question simple, monsieur le président. Reconnaissez-vous le droit d'Israël de vivre dans des frontières sûres et reconnues ?
Je reconnais le droit d'Israël à vivre, comme celui de tous les autres pays. Ils ont tous les mêmes droits, y compris le futur État palestinien. Mais Israël doit respecter ce principe d'autodétermination pour les Palestiniens.

L'arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche a marquéun tournant de la politique étrangère américaine que l'on peut résumer par le mot « ouverture ». Il semble que vous n'ayez pas vraiment répondu à cette ouverture ?
À la main tendue de Barack Obama, j'ai offert la mienne. Je lui ai dit, comme je l'avais fait avec George Bush, « je veux être votre ami ». Nous avons parlé et je lui ai offert un beau livre sur l'Amérique latine. Malheureusement, l'arrivée d'Obama a entraîné beaucoup d'espoir, mais peu de changements. Si nous regardons l'Amérique, c'est l'opposé qui se passe. Ainsi, sur le coup d'État au Honduras, la position de M. Obama et de Mme Clinton n'est pas claire. Le président destitué du Honduras a été sorti de sa résidence et transféré sur une base américaine. L'installation des Américains sur sept bases militaires en Colombie est un signal très négatif. Je pense que le président Obama devrait réfléchir à ce que lui a proposé aussi bien le président brésilien Lula que la présidente argentine Kirchner : la mise en place d'un grand plan Marshall en faveur de l'Amérique latine.

Pensez-vous que ce projet ait des chances d'aboutir ?
J'ai des doutes. Je ne vois pas aujourd'hui de réponse positive alors que la crise économique mondiale a durement frappé notre continent : il y avait 42 millions de pauvres il y a un an, il y en a aujourd'hui 53 millions. Mais j'espère qu'Obama mettra ses idées au clair et qu'il entendra la voix de la vérité. Je ne perds jamais l'espoir, mais on ne m'empêchera pas d'être critique. Cela dit, ma main continue à être tendue vers Barack Obama et vers le peuple américain.

Vous êtes un chaud partisan de l'union puis de l'intégration de tous les pays d'Amérique latine. Pensez-vous qu'à un horizon raisonnable cet objectif puisse être atteint ?
J'estime que nous sommes sur la bonne voie. Nous avons cette envie d'unité dans nos gènes. Dès 1826, Simon Bolivar a lancé l'idée forte d'une union pour la liberté ; une confédération allant de l'Argentine jusqu'au Mexique. Et, depuis, la lutte n'a jamais cessé entre la vision de Bolivar en faveur d'un continent libre et uni et les thèses américaines de Monroe et Jefferson visant à faire de l'Amérique du Sud le prolongement des États-Unis. La pensée de Bolivar est à nouveau à l'ordre du jour. Quand je suis arrivé au pouvoir il y a dix ans, j'étais seul, puis sont arrivés Lula au Brésil, Kirchner en Argentine, Correa en Équateur et tous les autres. Nous avons réussi l'union des 12 pays d'Amérique du Sud dans l'Unasur. Nous rassemblons 9 pays d'Amérique centrale, des Caraïbes et d'Amérique du Sud dans l'Alliance bolivarienne. Les relations bilatérales et multilatérales se développent fortement. Ce projet d'union qui date de deux cents ans va devenir, en tenant compte des circonstances actuelles, un grand projet du XXIe siècle.

Le Venezuela dispose de réserves de pétrole et de gaz considérables. Vous êtes un acteur important de l'Opep. Quel est, pour vous, le juste prix du baril du pétrole ?
Il faut d'abord être conscient que le pétrole est une ressource naturelle non renouvelable. À la fin du siècle, il n'y aura plus de pétrole. Le monde à besoin de plus en plus de pétrole et les coûts de production augmentent ; il y a besoin de lourds investissements. Il est évident qu'un pétrole à 20 dollars ne permet pas d'augmenter la production. Aujourd'hui, le pétrole à 60 dollars et quelque s'approche d'un prix équitable. Il me semble, pour utiliser une fourchette, qu'un minimum de 80 dollars et un maximum de 100 constituerait un juste prix.

Il y a toujours eu des bonnes relations entre la France et le Venezuela. Avez-vous la volonté de poursuivre dans cette voie? Et que pourrons-nous faire de plus ensemble ?
C'est exact, nos deux pays ont depuis très longtemps de grandes affinités. Depuis que je suis arrivé au pouvoir, j'ai contribué à renforcer encore cela. Avec l'ancien président Chirac, j'avais d'excellentes relations sur le plan personnel, mais aussi au niveau politique et économique. Avec le président Sarkozy, nous avons continué. Il est devenu mon ami. C'est un homme étonnant. Un jour, il m'a dit en plaisantant : « Tu es l'ami de Fidel Castro, je suis l'ami de Bush. À nous deux, nous pouvons être les maîtres du monde. » Plus sérieusement, nous sommes de bons amis, nous nous sommes rencontrés plusieurs fois. Il y a un potentiel important de coopération en matière pétrolière. Dans beaucoup d'autres domaines, la France est présente chez nous. Le métro de Caracas a été construit par Alstom. Vous êtes présents au Venezuela dans le chemin de fer et dans l'automobile. Je souhaite un renforcement de nos relations économiques avec la France car nous respectons son histoire, ses idées et la grande Révolution française. Liberté, égalité, fraternité : votre devise a un grand retentissement dans toute l'Amérique latine.

Hugo Chavez, star à Venise


C'est une véritable ovation qu'a reçu Hugo Chavez, lundi soir à la 66e Mostra de Venise. Le président vénézuélien a volé la vedette aux stars de cinéma après la projection de "South of the border", un documentaire au ton hagiographique où l'Américain Oliver Stone défend sa "révolution pacifiste".

Chavez a signé des dizaines d'autographes, envoyant des baisers à ses partisans contenus par des barricades, avant d'être ovationné dans la salle.

Il s'agit pour Stone de démontrer qu'Hugo Chavez n'est pas "l'ennemi public numéro un" qu'ont fait de lui les médias des Etats-Unis. "La pauvreté a été divisée par deux, ce que reconnaît la Banque mondiale, et les progrès sociaux ont été énormes au Venezuela", a affirmé Oliver Stone devant la presse.

"Il reste des problèmes, mais c'est un magnifique changement, un important phénomène historique dont on ne parle pas".

Le réalisateur américain Oliver Stone s'est dit par ailleurs convaincu que le roi Juan Carlos "devrait se taire" et écouter plus Hugo Chavez, dans un entretien au quotidien El Pais. "Votre roi devrait se taire et écouter plus Chavez", a déclaré Oliver Stone au quotidien espagnol. Le 10 novembre 2007, lors du sommet ibéro-américain de Santiago au Chili, le roi Juan Carlos avait lancé "Pourquoi tu ne te tais pas?" à Hugo Chavez alors que ce dernier ne cessait d'interrompre le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez ...

Hugo Chavez, le "héros" d'Oliver Stone


L'admiration du réalisateur américain pour le président vénézuélien est telle qu'il lui a consacré un documentaire. Un film "très réussi", d'après Chavez... Les deux hommes le présentaient ensemble, ce lundi, à la Mostra de Venise.

Tapis rouge, "standing ovation", bain de foule: Hugo Chavez a bu du petit lait à la Mostra de Venise, ce lundi, lors de la présentation de "South of the Border" (Au sud de la frontière), le documentaire hagiographique que le cinéaste américain Oliver Stone (Platoon) consacre au lieutenant-colonel putschiste devenu président du Venezuela voilà plus d'une décennie.

En provenance du Turkménistan, Chavez avait débarqué quelques minutes avant le début de la projection du film, vêtu d'un costume noir, d'une cravate rouge et entouré d'une équipe de gardes du corps. Sur le tapis rouge, le président vénézuélien savoure alors ce moment de glamour, faisant durer le plaisir pendant 20 minutes au cours desquels il signe des autographes et devise avec des admirateurs.

"L'on assiste à une renaissance de l'Amérique latine et, grâce à son génie, Stone l'a captée avec sa caméra", a estimé Chavez qui - on s'en doute - juge le film "très réussi". De son côté, Oliver Stone n'hésite pas à qualifier Hugo Chavez de "héros".

Pour le président vénézuélien, soucieux de soigner son image internationale, Oliver Stone est un allié précieux. A l'image de Jean-Paul Sartre en 1960 qui était revenu émerveillé et fasciné par Cuba et Fidel Castro au point d'en tirer un récit (Ouragan sur le sucre) qui avait fortement influencé l'opinion publique européenne (notamment française), le réalisateur américain a lui aussi succombé à l'attraction envoûtante du "charmeur de serpent" que sait être Hugo Chavez.

En 1971, après avoir découvert l'ampleur des violations aux droits de l'homme commise par Fidel Castro et son régime, Jean-Paul Sartre avait définitivement tourné le dos à la révolution cubaine.

Aveuglé par son antiaméricanisme (mais il faut dire que le documentaire a été tourné sous l'ère Bush...) Oliver Stone, n'a, lui, pas encore eu le temps de remarquer que le président vénézuélien était l'auteur d'une tentative de putsch sanglante en 1992 (plusieurs dizaines de morts). Que le Venezuela était devenu, depuis son avènement en 1998, une autocratie gérée comme une hacienda. Que la pauvreté n'avait pas reculé sous son règne. Que la criminalité avait explosé. Que les emprisonnements politique arbitraires se multipliaient. Que les atteintes à la liberté d'informer était devenu la norme. Ni que la guérilla "bolivarienne" des Farc (coupable de crimes odieux et d'enlèvements par centaines) comptait avec l'appui déclaré du président "bolivarien" Hugo Chavez.

Question: si l'éminent philosophe Jean-Paul Sartre a mis onze ans à comprendre la vraie nature de la "romantique" révolution cubaine, combien de temps faudra-t-il au réalisateur de Conan le Barbare pour découvrir celle du chavisme?

Hugo Chavez, tête d'affiche pour Oliver Stone


Le réalisateur américain a invité à la Mostra le président vénézuélien, protagoniste de son documentaire mediatico-politique, «South of the Border».

Après Michael Moore, un autre réalisateur américain très engagé à gauche utilise le cinéma documentaire comme une arme politique offensive : Oliver Stone est venu présenter en avant-première mondiale à la Mostra South of the Border, accompagné de son «interprète» principal : le président du Venezuela, Hugo Chavez, qui a fait escale au Lido après sa visite à Téhéran. Il est assez rare qu'un chef d'État se produise en tant que star dans un grand festival de cinéma. Dans une Mostra très politisée, Oliver Stone réussit un crescendo spectaculaire.

On connaît la puissance de feu du réalisateur de Platoon, qui a commencé à s'intéresser à l'Amérique latine avec Salvador (1986), film de fiction sur la participation des États-Unis aux escadrons de la mort du Salvador, suivi dans les années 2000 de deux documentaires, Commandante et Looking for Fidel.

«Vaste changement politique»

Pour South of the Border, l'idée de départ était d'étudier la façon dont les médias nord-américains portraiturent Cha­vez, en confrontant leur vision très négative au modèle réel. «Chavez était-il réellement cet opposant radical aux États-Unis qu'on représente partout ? La question m'intéressait parce que j'avais eu l'occasion de le rencontrer pour la première fois lors de sa tentative avortée pour libérer les otages colombiens des Farc, en 2007. Et comme il arrive souvent, l'homme que j'ai vu ne ressemblait pas à celui dont j'avais entendu parler», explique Oliver Stone.

Au début de l'année 2009, le réalisateur s'est donc rendu au Venezuela pour interviewer le président et analyser la contradiction entre l'hostilité médiatique et la popularité de Chavez, «qui a donné à son pays la Constitution la plus démocratique, puisque les citoyens ont la possibilité d'interrompre son mandat», dit Tariq Ali, coscénariste du film. «Mais je me suis rendu compte que le phénomène était plus vaste, reprend Oliver Stone. Il se produit dans le monde latino-américain un vaste changement politique que les États-Unis ignorent.»

Du coup, le film s'est étoffé, élargi, et Oliver Stone a poursuivi son voyage chez les leaders de gauche en Amérique du Sud. Si Chavez reste le protagoniste, Stone rend aussi visite à plusieurs de ses homologues latino-américains : la présidente d'Ar­gentine, les présidents brésilien, bolivien, équatorien, paraguayen, et Raul Castro à Cuba. «Ils vont dans le même sens, reprenant la vision de Bolivar d'unir l'Amérique latine pour en faire une puissance aussi forte que l'Amérique du Nord.»

Réactions mitigées

Son documentaire médiatico-politique est un bombardement d'images télévisées, entrecoupées de brèves déclarations des divers chefs d'État. South of the Border suscite déjà des réactions mitigées. Pour : le film fait bien sentir le poids des États-Unis sur l'Amérique latine. Contre : une vision superficielle et un peu trop hagiographique à l'égard de Chavez.

Oliver Stone, qui ne s'attend pas à voir ce film diffusé aux États-Unis, se prépare déjà à repartir à l'assaut. Cette fois-ci pour une fiction d'envergure : une suite de son célèbre Wall Street, réalisé en 1987. Il avait décliné le projet, avant la crise. Depuis, le scénario a été réécrit, sous le titre Wall Street 2 : Money Never Sleeps. «Cela vaut la peine, dans le contexte actuel, de reprendre le personnage de Gordon Gekko et de regarder ce qui s'est passé depuis vingt-trois ans», dit le cinéaste.

vendredi 4 septembre 2009

Hugo Chavez invite Sonatrach à investir au Venezuela


M. Chavez, qui effectue une visite de travail et d’amitié, a ajouté que les entretiens ont porté également sur la coopération financière, soulignant la possibilité de créer un fonds d’investissement pour encourager des projets mixtes dans les secteurs de l’agriculture, du commerce, de l’habitat, de la pêche, du transport maritime et du tourisme.

Le président Chavez a indiqué que les deux pays vont établir un nouveau plan de travail pour développer la coopération, rappelant dans ce contexte la tenue, en octobre prochain, de la réunion de la commission mixte algéro-vénézuélienne. Il a, en outre, indiqué que les deux pays peuvent collaborer dans l’industrie pétrochimique, qu’il a qualifiée de « secteur très important » pour l’Algérie et le Venezuela, et dans la production de gaz naturel liquéfié (GNL) pouvant être transporté en Algérie avant d’être acheminé en Europe.

Uribe fait comme ses ennemis




Après le Vénézuélien Hugo Chavez, l'Equatorien Rafael Correa, le Bolivien Evo Morales… le Colombien Alvaro Uribe. La liste détone tant on connaît l'inimitié qui domine les relations entre les trois premiers dirigeants latino-américains et le dernier. Pourtant, le conservateur colombien, l'ami de Washington, a fait voter une réforme identique à celle de ses homologues. Alors qu'Alvaro Uribe est contraint au repos, car atteint par le virus de la grippe A-H1N1, le Parlement a adopté mardi le texte qui devrait lui permettre de se présenter à sa propre succession. Après aval de la Cour constitutionnelle, les électeurs colombiens seront donc convoqués pour se prononcer sur la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels consécutifs. En cas d'approbation populaire, Alvaro Uribe pourra donc briguer un troisième mandat lors de la présidentielle de mai 2010.

Pour le président colombien, ce n'est pas vraiment une première. Elu pour la première fois en 2002, Alvaro Uribe avait en effet déjà bénéficié d'une modification constitutionnelle pour se présenter à un second mandat en 2006. Le conservateur jouit d'une grande popularité dans son pays, notamment en raison des progrès réalisés ces dernières années en matière de sécurité. Et les nombreux coups durs portés aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ces derniers mois, dont la mort de leur chef historique, Manuel Marulanda Velez, en mai 2008 et la libération de leur otage le plus populaire, Ingrid Betancourt.

Reste qu'au sein de l'opposition, la réforme a du mal à passer. Plusieurs élus ont dénoncé le procédé. "Le référendum est illégal et illégitime", a ainsi estimé Rafael Pardo, candidat déclaré pour 2010. Pour l'ancien ministre Jaime Castro, la réforme est tout simplement "une preuve de sous-développement politique majeur". Et même aux Etats-Unis, où Alvaro Uribe bénéficie de puissants soutiens - lutte contre le trafic de drogue oblige - certains redoutent que son éventuel maintien au pouvoir ne provoque un déséquilibre dans ce pays aux institutions démocratiques stables depuis 45 ans.
Réformes similaires chez ses voisins

Et ce d'autant plus, que le message est brouillé. Ses voisins andins, tant décriés par Alvaro Uribe, ont en effet adopté le même type de réforme controversée. En Equateur, Rafael Correa a fait voter un texte qui lui permet de briguer deux nouveaux mandats, soit la possibilité de présider son pays jusqu'en 2017. En Bolivie, sous la pression de l'opposition, Evo Morales n'a pu, lui, obtenir la possibilité de briguer qu'un seul mandat supplémentaire de cinq ans, au lieu de deux dans le projet initial. Enfin, au Venezuela, Hugo Chavez s'y est pris à plusieurs reprises mais a fini par faire approuver, par référendum, la supression de la limitation à deux du nombre de mandat présidentiel successif.

Ironie de l'histoire, Alvaro Uribe suit donc la voie tracée par ses voisins honnis. Les relations entre Bogota, d'un côté, et Quito, La Paz et Caracas, de l'autre, sont en effet régulièrement marquées par des épisodes de tension, avec renvois d'ambassadeurs à la clé. La Colombie accuse régulièrement ses voisins de soutenir la guérilla marxiste. Cette tension avait connu son apogée en mars 2008, après une intrusion de l'armée colombienne en territoire équatorien, afin de détruire un camp provisoire des Farc. A l'époque, seule une réunion de l'ensemble des dirigeants latino-américains avait permis de débloquer la situation.

Cette sincère fraternité entrel e dictateur algérien et le président vénézuélien


Hugo Chavez, est arrivé il y a quelques jours à Alger pour une visite de travail et d’amitié de deux jours. Il a été accueilli par le son homologue Abdelaziz Bouteflika, avec lequel il s’était déjà entretenu la veille en Libye. Chavez était accompagné par une forte délégation ministérielle. Il est arrivé en provenance de Tripoli, en Libye, où il a assisté aux festivités commémorant le 40e anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Mouammar El Kadhafi. Après Alger, Chavez se rendra, dès cet après-midi, en Syrie, puis en Iran, en Biélorussie et, enfin, en Russie.
Cette visite d’Hugo Chavez, la quatrième qu’il effectue en Algérie après celles de 2000, 2001 et 2006, est le couronnement d’une relation solide entre les deux pays. Eloigné par la géographie, les deux pays partagent cependant beaucoup de points communs. Le système dictatorial en est un (autant de mandat possible pour les deux hommes, des élections peu claires, etc...)
Pays pétroliers et membres très influents de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), l’Algérie et le Venezuela ont souvent des intérêts partagés et ont fait bloc à chaque fois que l’occasion s’est présentée. Surtout à l'encontre d'Israël. «Nous avons des objectifs politiques et économiques qui démontrent la dynamique de la révolution bolivarienne en politique étrangère», avait soutenu Hugo Chavez juste avant d’entamer sa visite. Cela pour soigner son ego. Mais plus sérieusement, le président vénézuélien sait qu’il peut compter sur Abdelaziz Bouteflika et l’Algérie dans sa lutte contre ce qu’il appelle «l’impérialisme». Il a besoin de soutiens des pays qui ne font pas forcément partie des bons soldats des Etats-Unis. Et ce n’est pas par hasard, d’ailleurs, qu’il a choisi des pays comme l’Algérie, la Syrie, l’Iran, la Biélorussie et, surtout, la Russie.
Pour l’Algérie, le signe des bonnes relations est visible notamment à travers les multiples visites échangées au plus haut niveau.
A commencer par les quatre visites de Chavez à Alger. De son côté, Abdelaziz Bouteflika se rendra prochainement à Caracas pour assister au sommet des chefs d’Etat d’Amérique latine et d’Afrique qui se rencontreront pour la deuxième fois. Le président de la République profitera de cette occasion pour signer «pas moins de quinze accords» dans différents domaines, selon un responsable diplomatique vénézuélien à Alger. Avant cette visite présidentielle, la haute commission bilatérale se réunira dans la capitale vénézuélienne entre les 22 et 25 octobre pour discuter des accords à signer. Même sur le plan politique, les deux pays montrent des similitudes.
Ainsi, les deux chefs d’Etat sont arrivés au pouvoir la même année, en 1999, et ont été réélus trois fois. Chavez et Bouteflika ont, tous deux, changé les Constitutions de leurs pays respectifs qui limitaient à deux le nombre de mandats présidentiels. En plus de tout cela, Alger et Caracas ont deux économies basées essentiellement sur les hydrocarbures. Là aussi, les deux pays tentent depuis plusieurs mois –avec la primeur pour Chavez- de renationaliser les richesses, en imposant un contrôle sur le transfert des bénéfices des sociétés étrangères présentes, pour l’Algérie, et la nationalisation pure et simple pour le Venezuela. Considéré comme l’un des plus grands pays d’Amérique latine, avec le Brésil et l’Argentine, le Venezuela connaît, en effet, une profonde mutation depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez en 1999.Se réclamant de la gauche révolutionnaire et s’identifiant au père de l’indépendance, Simon Bolivar, le chef de l’Etat vénézuélien a rapidement conquis ses concitoyens et réussi à devenir l’icône des militants de gauche de toute l’Amérique latine et au-delà. Son
élection –qui a rencontré des oppositions féroces ayant même conduit à des tentatives de coups d’Etat- a fait des émules, puisque la majeure partie des pouvoirs d’Amérique latine est issue de la gauche, excepté la Colombie de Alvaro Uribé, avec qui Caracas est en conflit.
Hugo Chavez s’est également fait connaître par ses formules incendiaires contre les Etats-Unis qu’il traite de peuple de «putain de yankees».