lundi 27 septembre 2010

Pour l'opposition la bataille de 2015 n'est pas gagnée


Pour Chavez, les deux ans qui le séparent de l’élection présidentielle se compliquent sensiblement. Ce qu’il prévoyait comme une course sans obstacle vers le triomphe se fera avec un parlement moins docile qu’il l’a été depuis 2005, année où l’opposition avait pris la décision, difficilement compréhensible et catastrophique politiquement, de se retirer une semaine avant le scrutin, laissant ainsi les Chavistes occuper l’ensemble des sièges au parlement. Détenir plus des 2/3 des sièges avait permis aux Chavistes de désigner l’ensemble de juges de la cour suprême, le procureur général, le défenseur du peuple, l’ensemble des recteurs du Conseil national électoral. Le parlement chaviste avait aussi pu adopter une loi d’habilitation qui a permis pendant plusieurs mois à Hugo Chavez de gouverner par décrets.
C'est une date importante, un véritable tournant dans l’histoire politique du pays :
Pour le Venezuela, c’est le retour de l’opposition au parlement permet de revenir à un fonctionnement démocratique normal. Il faut noter aussi que le scrutin s’est déroulé dans le calme démentant les Cassandre qui annonçaient des affrontements et des irrégularités en nombre. Les Vénézuéliens ont voté et ont choisi en liberté leurs députés. Certes le découpage électoral, le «charcutage» dirait-on en France, a anormalement favorisé le PSUV, mais finalement la stratégie de l’opposition de participer au scrutin a été validée. Désormais les voix de l’opposition se feront entendre au parlement et le pouvoir devra composer avec elle pour les décisions les plus cruciales.
Restera le plus dur pour l’opposition : se mettre d’accord sur un candidat à la présidentielle de 2012.Et là, ce n'est pas gagné.