
Changement d'époque au Brésil. Après huit ans de pouvoir, Lula s'en va. La Constitution empêche le bouillonnant président de briguer un troisième mandat. Sans cela, Lula serait réélu sans difficulté. Il caracole dans tous les sondages, une grande majorité de Brésiliens approuve son action. Un enthousiasme populaire qui, sauf surprise, devrait profiter à sa dauphine, Dilma Rousseff, lors du scrutin de dimanche.
L'euphorie passée, que restera-t-il des années Lula ? Sur le plan économique, le président sortant a de quoi être fier. En huit ans, le nombre de Brésiliens vivant sous le seuil de pauvreté a diminué de près de moitié. Le taux de chômage du géant d'Amérique latine n'a jamais été aussi bas. Sa croissance devrait atteindre les 6 % en 2010. Sous perfusion du FMI en 2002, c'est désormais lui qui prête de l'argent à l'institution... De quoi laisser rêveur. D'autant que les perspectives sont tout autant réjouissantes. La huitième puissance économique mondiale a raflé, coup sur coup, l'organisation du Mondial de football de 2014 et les JO de 2016... De véritables poules aux oeufs d'or.
Bilan contrasté sur la scène internationale
Lula n'a pas non plus à rougir de son action sociale. Dès son accession à la présidence, l'ex-syndicaliste a lancé un programme titanesque - Bolsa familia - que beaucoup d'observateurs, à l'époque, jugeaient, irréalisable. Objectif : distribuer un peu plus de huit euros à des familles dont le revenu mensuel est inférieur à 50 euros, pour chacun de leurs enfants scolarisés. Près de 50 millions de personnes en ont bénéficié, sur les 192 millions d'habitants que compte le pays. Résultat, huit ans plus tard, le taux de scolarisation a plus que doublé au Brésil, flirtant avec les 40 % chez les 5-6 ans... Plus marquant encore, le programme a eu un effet bénéfique sur la santé publique. La distribution des allocations est en effet soumise à une vaccination annuelle des enfants scolarisés...
Sur la scène internationale, en revanche, le bilan de Lula est plus contrasté. Certes, le charismatique chef d'État a imposé le Brésil dans le concert des nations. Il a réussi à faire du G20, qui réunit pays riches et émergents, l'enceinte privilégiée des discussions sur le nouvel ordre mondial, au détriment du club des pays industrialisés du G8. Mais l'ambition de la diplomatie brésilienne de s'asseoir à la table du Conseil de sécurité des Nations unies comme membre permanent, et non plus comme simple invité, n'a pas abouti. Et pour cause, Brasilia s'est mis à dos l'ONU en votant, seule avec la Turquie, contre les sanctions internationales visant Téhéran... L'intégration régionale sud-américaine, présentée comme une priorité en 2003, n'est pas plus concluante.
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